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[SF] Seconde Rébellion

Cyberpunk
Cyberpunk
Niveau 10
19 janvier 2013 à 23:11:53

:salut: voici le prologue d'un texte de space opera rédigé à la première personne. J'aimerais savoir si ça donne envie de lire la suite et s'il y a des trucs à corriger. :)

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Ce que nous avons vécu ces dernières années n'était pas une simple guerre. Bien sûr, la majorité de la civilisation a été exterminée, mais je ne fais pas référence à ce fait tragique. En réalité, il s'agit presque d'une trivialité par rapport aux enjeux qui ont gouverné cette longue et sanglante route vers la liberté. C'est ce dont nous devons prendre conscience, et j'ose espérer que ce modeste ouvrage nous permettra de retrouver la foi en notre capacité à préparer un monde viable, en nous unissant dans des projets communs pour sortir de la débâcle que nous subissons actuellement. Notre principal problème est que nous ne savons pas, en définitive, ce qui s'est passé dans les hautes sphères qui ont déclenché, organisé, entretenu, et mis un terme à ce conflit. D'où les inquiétudes qui se sont vite répercutées d'un esprit humain à l'autre : qu'avons-nous fait pour mériter ça ? Cela n'aurait-il pas pu être évité ? Quelle est la cause de cette catastrophe ? Cela a-t-il été déclenché par inadvertance, volontairement, par qui ? Ceux d'entre nous qui se posent ces questions se retrouvent face à un voile totalement opaque, et sont condamnés à conjecturer vainement. Si vous faites partie de ceux-là, je vous prie de ne pas vous vexer. Il est admirable de chercher à reconstituer la vérité, et dans le cas présent, tout à fait nécessaire, mais c'est absolument impossible pour tous ceux qui n'ont pas vécu des événements qui auraient pu être à jamais cachés au public.

J'ai vécu ces événements, et conformément à ce que j'estime être mon devoir d'historien, je vais vous révéler la vérité, du moins tout ce que j'en connais. C'est une lourde responsabilité qui pèse sur mes épaules, car la connaissance de ces faits redéfinit le rôle de l'humanité vis-à-vis de notre univers. Notre propre nature est en jeu, et la vérité sera dure à assimiler. Moi-même, j'ai longtemps refusé de croire des faits que j'ai pourtant constatés par moi-même tant ils me semblaient aberrants. La cruauté, la démence et la démesure des moyens mis en œuvre au noms d'objectifs abstraits et insaisissables qui se sont joué de nous comme des pièces d'échecs à la merci d'un sombre destin sont à peine concevables. Encore aujourd'hui, je me demande si toute cette histoire n'est pas autre chose que la conséquence d'une paranoïa dramatique et grotesque. Je ne vous en voudrai donc pas si vous niez en bloc tout ce que je vais vous raconter, mais j'espère au moins que cela éveillera en vous une pointe d'intérêt. J'ai aussi quelques raisons de me montrer résolument optimiste : je n'étais pas la seule personne impliquée, et j'espère que ce livre aura du succès, et agira comme aimant envers les autres qui connaissent les rouages de ce génocide. Certaines sont des personnes célèbres et respectables, alors j'ose imaginer qu'elles se joindront à moi pour dévoiler ces mystères.

Afin de bien clarifier les choses, il est nécessaire de remonter aux sources de notre civilisation, car c'est là que tout se joue. Par là, j'entends la période précoloniale, à l'époque où Yalda était la seule planète habitée. Aussi intéressante que soit l'ensemble de l'histoire précoloniale, je n'ai pas le temps de la détailler ici, et je vous conseille de vous reporter à l'ouvrage de ma collègue Sémia Rengasis, De l'Aube à l'Eveil, si vous voulez quelque chose d'exhaustif sur le sujet. Je me propose plutôt de commencer par relater la chaîne d'événements qui a précipité cette crise. Cela a commencé aux alentours de l'an 1320 alors que l'astronautique florissait et que les expéditions spatiales étaient devenues communes. La population était d'environ 2,5 milliards d'habitants, et une sombre vérité commençait petit à petit à émerger : d'ici quelques décennies, l'optimisation de l'espace vital ne suffirait peut-être plus à maintenir l'ensemble de la population humaine dans des conditions décentes. L'intérêt du public pour les programmes spatiaux gouvernementaux allait croissant, et cet état d'esprit favorable associé à des campagnes médiatiques menées par les divers gouvernements impliqués ont vite fait passer l'idée d'injecter des milliards issus de nos impôts dans la colonisation d'aberration à quelque chose de tout à fait raisonnable.

De plus, un nombre conséquent de compagnies privées s'étaient aussi intéressé à l'idée : pour certaines, cela permettait de décupler le chiffre d'affaires issu des ventes de véhicules et d'équipements spatiaux, tandis que d'autres comptaient exploiter cette opportunité directement en produisant et exploitant leurs propres machines, principalement pour l'extraction minière. Parmi les premières, Dolerantios-E, Laïas-Arvonsky, Exoskunta. Parmi les autres, Global Mining Inc, The Gaïa Group et NADROM. Ces noms nous vous disent probablement rien, mais ces sociétés étaient alors au devant de la scène et figuraient parmi les plus riches, tous secteurs confondus.

Il y en a cependant une qui sort du lot, Leinowitz Industries, qui a su tirer son épingle du jeu grâce à une idée novatrice et audacieuse. Avant d'être la gigantesque institution tentaculaire exerçant son influence à travers l'Alliance, il s'agissait d'une compagnie minière parmi d'autres, ce qui est actuellement ignoré de beaucoup de gens. Plutôt que d'extraire des métaux et minéraux pour les renvoyer sur Yalda via des vaisseaux de transport, le choix fut fait de bâtir des installations de recherche et d'ingénierie sur les planètes exploitées, quand les gisements se révélaient suffisamment intéressants pour pouvoir produire du matériel sur place. Cela épargnait une partie coûteuse du processus : l'envoi discontinu de robots de forage sur les lieux depuis la planète mère était un gouffre financier qui impliquait de lourds délais.

On pourrait naïvement penser qu'il suffisait d'envoyer une armée de robots en prévention, juste au cas où ils se révèleraient utiles, mais cela relevait de l'utopie en raison des divers facteurs à prendre en compte : les techniques de cartographie interne n'étaient pas très avancées, et il était difficile voir impossible de dévoiler avec certitude le taux de ressources rares enfouies dans le sol des planètes ou des lunes. On ne pouvait donc pas envoyer des robots dépouiller de façon uniforme les profondeurs des astres, mais le principal obstacle résidait dans la course à l'espace qui avait lieu alors : chaque compagnie avait en tête de trouver les sources les plus intéressantes pour se les approprier avant ses concurrents, et envoyait des sondes fouiller les dizaines voire centaines de ces coffres à trésors potentiels pour repérer celles qui avaient de la valeur. Une fois que c'était fait, il fallait jauger le nombre de robots foreurs à envoyer en fonction des données fournies par les sondes : il était proportionnel à la quantité de ressources enfouie repérée et à la difficulté à y accéder. Les robots coûtaient très chers aux compagnies, et elles ne pouvaient se permettre d'en envoyer trop à la fois s'il se présentait un risque de coup à l'eau trop important, car elles ne pouvaient pas décider de les renvoyer sur une autre planète plus intéressante directement.

Le système de navigation par pilote automatique manquait cruellement de souplesse : il s'agissait d'un algorithme qui calculait la position des astres au moment où le véhicule l'attendrait, et de même lorsque le véhicule devait revenir sur la planète mère. Cependant tout le système était géré par des superordinateurs se trouvant dans des stations spatiales appartenant aux compagnies, et transmettaient leurs résultats au pilote automatique, qui agissait directement en fonction d'eux ; le système fonctionnait également dans le sens du retour, et le signal subissait donc un décalage de plusieurs minutes à plusieurs heures (il voyageait presque à la vitesse de la lumière) qui était prévu et corrigé dans les calculs. La limitation de ce système était que le trajet était calculé par un ordinateur qui prenait en compte sa propre position par rapport au soleil dans ses équations, les calculs devenaient bien trop longs et, après leur obtention, rapidement déphasés par rapport à la réalité, faisant de l'intégration de trois corps dans les calculs un élément impossible (les positions de deux astres étant toujours calculées par rapport à la planète mère) de sorte qu'il n'était possible de voyager d'une planète à l'autre qu'en passant par Yalda. De plus, si le voyage d'un astre à l'autre impliquait que l'un des deux soit très éloigné de Yalda, il n'aurait pas pu transporter assez de carburant pour revenir : les seuls voyages autorisés étaient donc les allers-retours incluant la planète mère, impliquant une perte de temps et de carburant précieux.

L'exploitation se déroulait de ce fait en plusieurs phases. Tout d'abord, il y avait bien sûr l'envoi de sondes, puis l'arrivée des premiers robots. Ceux-ci creusaient un puits dans lequel ils allaient récupérer des ressources, et lorsqu'ils étaient remontés, on profitait pour y renvoyer les sondes qui avaient servi à scanner l'astre en première instance. Descendues jusqu'au point que les robots avaient atteint, elles pouvaient détecter ce qui se trouvait dans les profondeurs de l'astre d'une distance augmentée de la hauteur du puits par rapport au premier scan qu'elles avaient effectué. Si le résultat était de nouveau satisfaisant, on répétait le processus, encore et encore jusqu'à la confirmation d'un résultat : il fallait que la concentration en ressources sur une certaine profondeur soit suffisamment élevée pour qu'on juge l'investissement utile, et dans ce cas on envoyait un grand nombre de robots creuser horizontalement sur la profondeur déterminée. Le processus ne s'arrêtait cependant pas là, puisqu'il fallait de nouveau effectuer des scans au fur et à mesure de l'avancée horizontale des robots de forage : l'uniformité de la répartition des matériaux sur une sphère concentrique avec l'astre était une hypothèse valable sur quelques kilomètres, mais la situation pouvait se résumer à ça, à moins que la chance ne sourisse à la compagnie exploitante, dans le cas où les matériaux seraient équitablement répartie sur une majorité de la planète, voire sa totalité.

Il s'agit donc, dans l'ensemble, d'un processus très long, avec beaucoup de phases successives, nécessitant à chaque fois d'attendre le temps de trajet des robots de la planète-mère jusqu'à l'astre colonisé, impliquant de plus de grands coûts en carburants. Leinowitz Industries a complètement sabordé cette logique : les bâtiments qu'ils construisaient étaient uniquement sur les astres à hauts potentiels (en particulier les lunes, dont une des nôtres, Niva) et permettaient de construire sur place les nouveaux groupes de robots nécessaires à la poursuite de l'exploitation, à l'aide des matériaux trouvés dans le sol. Seuls les robots de la première vague devaient être importés, permettant à l'aide des sondes une estimation jugée suffisante, les autres pouvaient être développés après, cette tactique supprimant évidemment les délais de voyage habituellement nécessaires, les remplaçant par des délais de construction bien plus courts. L'exploitation pouvait donc se dérouler beaucoup plus rapidement qu'avec les méthodes classiques. L'idée paraît simple, et on pourrait se demander pourquoi les autres compagnies n'y ont pas pensé, et ne l'ont même pas adoptée par la suite en constatant son succès : la raison est triple.

Premièrement, l'investissement nécessaire pour construire les bâtiments permettant le fonctionnement autonome de l'exploitation demandait une somme gigantesque, et des mois de construction, ce qui n'était pas acceptable dans une logique d'expansion rapide : tels des rapaces, les compagnies cherchaient surtout à se développer le plus vite possible avant qu'on ne leur dérobe les sources les plus intéressantes, et le long terme ne les intéressait guère pour le moment. Comme les lois récemment mises en place pour limiter la colonisation sauvage attribuaient la propriété d'un astre non à son découvreur, mais au premier qui l'aura déclarée comme source exploitable (avec obligation par la suite de fournir des chiffres comme preuve en conséquence sous peine d'une lourde amende), les compagnies ne pouvaient pas se permettre d'éparpiller leurs ressources sur tous les astres existants.

Deuxièmement, cette pratique reposait beaucoup sur le hasard, car Leinowitz Industries ne disposait pas plus que les autres compagnies de moyens d'analyser rapidement et totalement la composition d'un astre : son succès s'est bâti sur une série de colonisations, la plupart d'entre elles fructueuses, qui auraient tout aussi bien pu conduire au désastre si les choix faits s'étaient révélés trompeurs. Du point de vue du leader d'une grosse société, il est évident qu'il est tout à fait irresponsable de tenter de faire des bénéfices de cette façon, car la ruine de toute la société en question peut en résulter sans qu'on puisse y faire quoi que ce soit. On comprend que le grand public comme les industriels se soient montrés sceptiques, voire hostiles à cette méthodologie, mais les résultats ont fini par se montrer : la rapidité de l'exploitation était exponentielle par rapport aux méthodes habituelles, et les coûts investis ont vite été compensés. Leinowitz Industries est donc devenu, de manière si rapide que c'en était incroyable, la compagnie privée la plus riche du système solaire. Les autres compagnies ont été trop lentes à réagir : il a fallu que le succès de cette entreprise devienne complètement insolent pour que certaines d'entre elles décident finalement que le risque valait le coup d'être pris, mais c'était désormais trop tard. L'expansion de Leinowitz Industries était devenu si rapide qu'elle exerçait désormais un quasi-monopole sur l'ensemble du système solaire. En quelques années, l'humanité était devenu dépendante de leurs travaux, et les quelques compagnies qui réussirent à survivre furent celles qui exploitaient des astres avec des gisements de métaux rares en quantité suffisamment exceptionnelle pour ne pas paraître négligeable par rapport à ce qu'amassait leur grand concurrent. Tous ces détails permettent de comprendre la position que la société a ensuite occupé le long de son règne : les raisons de son succès s'étaient presque noyées dans les abysses de l'Histoire, mais vous savez désormais d'où proviennent les fonds qui leur ont permis de financer le projet ayant abouti au déploiement du réseau Vacnet.

Cyberpunk
Cyberpunk
Niveau 10
19 janvier 2013 à 23:12:10

En effet, la troisième raison pour laquelle Leinowitz Industries fut la seule à déployer son modèle, qui éclipse finalement toutes les autres, est celle qui fait le lien avec notre époque actuelle : le soudain changement d'activité de la compagnie, qui a surpris tout le monde par la révolution que cela a apporté. L'événement marquant fut le dévoilement du premier téléporteur Vacnet, ou plutôt, de la première paire fonctionnelle. Se basant sur l'exploitation de l'énergie du vide quantique et la déformation contrôlée de l'espace-temps, cette technologie permettait à de la matière inerte ou des êtres vivants de se téléporter d'un point à l'autre du monde instantanément. Bien sûr, cela s'est aussi développé sur les astres colonisés, permettant la colonisation d'autres planètes habitables dans de lointains systèmes solaires, la nouvelle civilisation galactique, nommée Alliance, étant structurée par Leinowitz Industries et se développant selon son rythme.
C'est à cette époque qu'un étrange phénomène se produisit au sein de la population de Yalda : certaines personnes commençaient à éprouver une sorte de communication télépathique, captant des bribes de pensées issues d'êtres se trouvant à des milliers de kilomètres d'eux. Cela a touché tout d'abord quelques dizaines de personnes, puis des centaines, des milliers, et la situation semblait incontrôlable. En plus de se répandre, ce phénomène devenait de plus en plus nuisible au fur et à mesure que les transmissions, si l'on peut appeler ça ainsi, gagnaient en netteté et en fréquence, puisque les pensées devenaient plus envahissantes pour ceux qui les recevaient, et plus embarrassantes voire compromettantes pour ceux qui les émettaient. Diverses thèses furent avancées vis-à-vis de ce sujet, mais l'une d'entre elles remporta l'adhésion de la communauté scientifique par sa simplicité et son élégance : il s'agissait juste du réveil d'une partie inconnue du cerveau qui s'est activée lorsque l'homme a commencé à se répandre à travers la galaxie, un mécanisme récessif conservé dans nos gènes qui se serait déclenché pour combler le fait que nous ne vivions plus désormais à l'échelle de distance que la nature nous avait imposé, et que nos capacités de communications devaient être améliorées en conséquence. Récessif, et non pas développé sur le coup, car il était quasiment impossible qu'un mécanisme évolutif ait lieu sur seulement quelques années pour apporter quelque chose d'aussi complexe. Ce fut Leinowitz Industries qui a remédié au problème avant que la situation ne dégénère complètement : ils avaient désormais des fonds quasi-illimités, et avaient diversifié leur département R&D dans à peu près tous les domaines de la science de l'époque. En particulier, une de leur équipe de neurologues et biologistes s'est chargé de déterminer quelle était la zone du cerveau relative à ce problème, et quel était le moyen d'y remédier : ils ont rapidement développé une gélule vendue sous le nom d'Arbiter, contenant un composé permettant d'inhiber la zone du cerveau responsable de ce dysfonctionnement. Ainsi, tout est rentré dans l'ordre et la civilisation de l'Alliance a pu continuer à se développer de façon prospère.

Le développement de cette civilisation et les acteurs qui y ont joué un rôle sont précisément l'objet de cette chronique historique : je vais maintenant vous dévoiler ce que j'ai vécu dans l'ordre chronologique ou cela s'est produit.

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
19 janvier 2013 à 23:12:36

Je m'attaque à ça, dès que tu te seras présenté et qu'on aura un peu discuté :-) .

Cyberpunk
Cyberpunk
Niveau 10
19 janvier 2013 à 23:18:39

Est-ce que c'est une règle de ce forum de se présenter ? (j'ai pas lu les règles je l'avoue désolé :hap: )

Je sais pas trop quoi dire sur moi alors je vais faire bref : je suis étudiant en DUT STID (info-stats), très solitaire je passe mon temps sur les JV et diverses sources d'intérêt culturels, je lis des bouquins de science, philosophie, histoire, beaucoup de romans surtout de la SF, mes auteurs préférés sont Peter Hamilton, Dan Simmons et Isaac Asimov, j'aime beaucoup les anime japonais aussi, ce sont les principales influences que j'ai eues pour écrire ce texte :-p

J'ai pas tellement une vocation d'écrivain mais ça me frustre tellement d'avoir plein d'idées de scénario qui me passent par la tête, que je me sens obligé de canalyser ça en rédigeant quelque chose sinon je suis constamment frustré.

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
19 janvier 2013 à 23:20:43

Il y a un topic dédié aux nouveaux, si le coeur t'en dit de faire plus long.
En tout cas je suis heureux de trouver un autre fan de SF ici. En ce moment, je suis sur du Alastair Reynolds tiens. Et j'essaye tant bien que mal de finir mon troisième opus qui - ô surprise - est une SF tendant vers le space op'.

On va bien s'entendre :-) .

Cyberpunk
Cyberpunk
Niveau 10
19 janvier 2013 à 23:23:52

J'ai acheté Janus de Alastair Reynolds je connais pas cet auteur, j'espère que ça vaut le coup :hap:

Tu as déjà écrit des romans, il y a des liens :question:

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
19 janvier 2013 à 23:31:22

Alter Ego est sur le forum. Quand il sera posté en intégral (ce qui ne saurait tarder), j'enchainerais avec Rêves Mécaniques. Et pour conclure, Semper et Ubique.

Là, je me relis et je me dis que c'est peut-être une connerie monumentale de qualifier ça de roman :o)) ...

Cyberpunk
Cyberpunk
Niveau 10
19 janvier 2013 à 23:41:35

Parce que c'est mauvais ou parce que c'est trop court ? :hap: Je vais aller lire ça même si je devrais plutôt réviser pour mes partiels. :noel:

Cyberpunk
Cyberpunk
Niveau 10
19 janvier 2013 à 23:42:52

En fait ça m'arrangerait si tu avais le fichier original du texte comme ça je le convertis en epub et je le fous sur mon Kobo. :hap:

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
19 janvier 2013 à 23:48:59

J'évite de passer le fichier original. Question de confiance. Sorry :hap:

Cyberpunk
Cyberpunk
Niveau 10
19 janvier 2013 à 23:50:35

Ah ? Je comprends pas :pf: c'est juste pour avoir le texte sans les autres posts qu'est-ce que tu veux que je fasse avec :noel:

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
20 janvier 2013 à 00:04:05

je suis soupçonneux de nature :hap: ...
Bon, je file me coucher, je lirais ça demain. Bonne nuit :-)

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
21 janvier 2013 à 10:59:20

Lu.

Bon alors, déjà, sur la forme, j'ai quelques petits trucs à souligner. Le jonglage des temps de la narration ne me parait pas génial. Te fixer sur un mode passé ou présent serait plus appréciable que l'alternance de l'un vers l'autre. Ensuite, quelques abus de langage et défauts avec des expressions gâchent certains passages. Une petite relecture permettraient de les revoir. Enfin, il me semble avoir vu quelques fautes, mais je ne vais pas m’appesantir dessus, car je ne suis guère plus efficace de ce coté là ...

Sur le fond maintenant. On a un récit historicisant, pas encore trop fixé, avec une intrigue encore claire. Un gros morceau technique sur le pourquoi du comment de l'exploration spatiale de ton univers, et je dois avouer que c'est un choix que je ne cautionne pas trop. Pourquoi ? Parce que c'est lourd, et qu'il faut beaucoup de volonté pour entrer dans le récit. Au milieu d'autre chose, ça passerait crème. Mais pour un incipit, ça manque cruellement de rythme.
Je pense que ce n'est pas nécessairement un problème structurel. C'est un choix que tu as fait, et la suite ne sera (ce n'est qu"une hypothèse) aussi dense et informative.

Bref. Texte dense, un peu indigeste, mais qui promet de bonnes surprises :-) .

Cyberpunk
Cyberpunk
Niveau 10
21 janvier 2013 à 15:38:38

Merci pour ton avis, je suis d'accord je pense que j'ai abusé sur les détails techniques mais au moment de l'écriture j'avais seulement en tête d'apporter un maximum de cohérence alors j'ai pas pris de recul vis a vis de ça ^^

Concernant le reste en fait je compte faire une narration assez classique agrémentée d'explications et de réflexions qui permettent de mieux saisir l'histoire du monde.

Le chapitre que je suis en train d'écrire montrera ce changement d'orientation et le rythme sera plus soutenu.

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 22 janvier 2013 à 19:12:46

Yop, j'ai lu également. Je suis pas très SF d'ordinaire, et encore moins space opera, mais j'ai dit que je me remettais à lire ici, et puisque ton récit est en première page et n'est pas encore trop long, c'est un bon moyen de commencer, d'autant plus que c'est pas désagréable à lire. :noel:

Autrement je n'ai rien à dire que crazy n'ai déjà exprimé, sachant que j'ai sans doute dû trouver ça moins digeste que lui, du fait que j'ai moins d'affinités à la base avec le genre de ton texte. J'attends tout de même la suite pour m'exprimer, en espérant que je ne me fasse pas doubler par crazy ou alors que je trouve quelque chose à ajouter. :hap:

Cyberpunk
Cyberpunk
Niveau 10
22 janvier 2013 à 23:18:35

La suite est en cours, ça sera un peu plus digeste promis :-p ^^ Mais je dois penser en avance la cohérence du truc dans une certaine mesure, donc ça me prend du temps... j'espère arriver avec quelque chose bientôt. :hap:

Cyberpunk
Cyberpunk
Niveau 10
24 janvier 2013 à 23:31:20

CHAPITRE 1 : Enlèvement

Mon histoire commence sur la planète Avalon, délicieux paradis touristique et surtout, raison de ma présence ici, pôle universitaire concentrant les élites intellectuelles de l'Alliance. D'ici à considérer que la seconde raison découle de la première, il n'y a qu'un pas ; il ne serait guère honnête d'affirmer que nous autres professeurs, nous étions différents du commun des mortels et nous fichions de la chaleur de l'océan, de l'air marin vivifiant et des heures d'ensoleillement sans le moindre nuage venant perturber l'harmonie céleste qui succédaient inévitablement aux nuits fraîches mais ô combien agréables. Certains n'hésitaient d'ailleurs pas à l'affirmer — entre eux, bien sûr — qu'ils le méritaient, car après tout, les chercheurs et les scientifiques n'étaient-ils pas le moteur de la civilisation ? N'avaient-ils pas droit à une compensation ? Sans partager ce trait d'orgueil, j'avoue que je m'y sentais bien et je n'avais vraiment pas envie de remettre ces idées en question au nom d'une conception égalitaire. Si des gens comme moi pouvaient se frayer un chemin ici en y débloquant un poste et vivre parmi les touristes fortunés qui constituaient quasiment la totalité du reste de la population, hé bien, tant mieux pour moi.

Aller bronzer n'était toutefois pas au centre de mes préoccupations le jour où ma vie a pris un nouveau cours. Je devais rejoindre un forum se déroulant à quelques milliers de kilomètres du bureau dans lequel je passais le plus clair de mon temps ; il s'agissait d'une réunion interdisciplinaire, où les historiens côtoieraient sociologues, économistes et autres hommes politiques dans le but de comprendre notre civilisation en revenant à ses bases, c'est-à-dire la période où la mise en place de mondes habités a démarré. C'est un besoin qui se faisait ressentir de façon globale, pas seulement par les érudits, car la situation était floue, et l'on pressentait que relater clairement les événements du passé via leurs causes et leurs conséquences au sein d'un processus historique contribuerait à clarifier la situation, et remettrait un peu d'ordre dans tout le bordel auto-entretenu qu'était l'espèce de guérilla spatiale généralisée qui se jouait actuellement. Les droits que les planètes-nations se donnaient, quand c'était au détriment des autres, attaquaient la cohésion globale de l'Alliance en résultant sur des embargos, du racisme, des politiques autarciques et des manquements à la loi. Il n'y avait pas encore de gros conflits, mais rien ne garantissait que ça n'allait pas finir par se produire : en effet, c'était dû au fait que la production de vaisseaux de combats était plutôt faible, et personne n'avait les moyens de mener une attaque à grande échelle contre une planète, mais la situation commençait à s'inverser à cause des pirates de l'espace.

Ces groupes de rebelles, mercenaires, terroristes ou criminels s'évertuaient à semer le chaos pour toutes sortes de causes et s'en donnaient les moyens. A cause de ça, les gouvernements devaient prendre des mesures répressives contre les parasites qui distillaient la peur dans le cœur des citoyens ordinaires et les demandes en armement étaient de plus en plus fortes, au grand bonheur des sociétés militaires. Il fallait au moins se débarrasser de la menace des conflits interplanétaires pour qu'on puisse espérer vivre paisiblement de façon durable, plutôt que d'attendre que la situation dégénère et que toutes les nations se mettent à se taper dessus par le jeu des pactes et des alliances tout en gérant la menace des pirates de l'espace.

J'étais dans mon bureau, petite pièce accueillante avec des meubles en bois d'un brun vif, volets fermés, une lumière orange émanant d'un néon au plafond garant de l'atmosphère crépusculaire que j'aimais tant, en train de vérifier que j'avais rassemblé tout ce dont j'avais besoin pour la rencontre à venir : essentiellement, il s'agissait de ma tablette, que j'avais remplie des bouquins et autres documents de recherche dont je pourrais citer des passages, et de mon Omnicard — oui, j'étais un de ces jeunes vieux cons ayant du mal avec le modernisme et n'ayant vraiment pas envie de se balader avec une puce sous-cutanée, même si c'était bien pratique ; je me sentais bien plus à l'aise en sortant une carte de ma poche lorsqu'il s'agissait de prouver mon identité ou d'accéder à mon compte en banque, qu'en passant mon poignet sous un scanner qui identifiait cette puce que j'avais du mal à considérer comme autre chose qu'une sorte d'insecte vivant à l'intérieur de moi, malgré toute ma rationalité. Heureusement, j'étais loin d'être le seul, et la demande était suffisamment grande pour que la société publique qui fabriquait ces cartes continue d'entretenir l'offre pour versions externes que l'on n'avait pas besoin de greffer en soi.

Ayant pris les affaires dont j'avais besoin, je sortis de la pièce pour me retrouver dans un des couloirs aux murs immaculés qui encerclaient l'étage, m'éloignant de la porte portant l'inscription Jacob Neveon, professeur . Je me dirigeai vers l'ascenseur, attendit deux bonnes minutes qu'ils parvienne au rez-de-chaussée, sans que la conversation avec les collègues que je croisai ne dépasse le cadre des salutations ; sorti du grand bâtiment, je marchai jusqu'à la station α-Vac. Je montai le long des escaliers en marbre menant au hall de la structure quand je vis un message affiché sur le panneau électronique au-dessus du bâtiment : « Station actuellement inopérante pour cause de panne ». Mon sang ne fit qu'un tour, pas seulement parce que ce type d'événement était improbable au point d'être jugé quasiment impossible, mais parce que, bon sang, comment étais-je censé arriver à l'heure si je ne pouvais pas me téléporter ? Je me précipitai vers un des guichets et m'adressai à une employée pour des éclaircissements sur la situation.

— Qu'est-ce qui se passe ici ? demandai-je alors que la panique devait se lire sur mon visage.
— Désolée, panne générale. Nos équipes de techniciens sont actuellement en train d'enquêter sur le problème.
— Oh, s'il vous plait, pas la peine de me balancer les bonnes vieilles réponses génériques. Vous savez ce qui se passe, non ?
— C'est tout ce que j'ai eu comme message à transmettre de la part de la direction aux clients, continua-t-elle impassible.
Je rassemblai mon calme en tentai de formuler une hypothèse.
— L'Etoile de Xanak ?
Alors que je prononçais ses mots, je perçus chez elle un léger froncement de sourcils. Le genre de truc qui se produit quand on touche là où ça fait mal. Je ne lui laissai pas le temps d'improviser une réaction conforme à ses ordres.
— Qu'est-ce qu'ils ont encore fait ce coup-ci ? Il me semble qu'on arrivait à les stopper, d'habitude.
— Puisqu'on en est là... Autant vous raconter tout ce que j'ai appris. Mais ça ne va pas vous plaire.
Elle abandonna toute sa retenue lorsqu'elle décida que vu ce que je savais, il était devenu inutile de chercher à cacher la vérité. Je me rendis compte qu'elle était tout à fait charmante, lorsqu'elle parlait sans ce balai dans le cul réglementaire. Mais mon goût pour les blondes aux yeux bleus n'était pas à l'ordre du jour et je me contentai d'écouter son bref exposé.
— Vous devriez regarder les infos, ça tourne en boucle depuis trois heures. Il y a eu une surcharge qui a paralysé le routeur-T dans les installations de la Cité Lemnis, et comme il s'agit du seul nœud que nous avons sur cette planète pour faire fonctionner le réseau Vacnet, voilà qu'on se retrouve avec un tas de gens comme vous sur les bras.
J'explosai quand je compris ce que ça impliquait.
— Vous êtes en train de me dire que c'est tout le réseau de cette foutue planète qui est fichu en l'air ? Comment une chose pareille peut se produire ? Mais allez-y, si c'est de notoriété publique alors la partie confidentielle risque de m'en dire plus à ce sujet, n'est-ce pas ?
— En fait, c'est ce que la version officielle prétend. Mais laissez-moi vous raconter un secret que je tiens d'un ami haut placé.
Lorsqu'elle prononça ces mots, ce fut sur un ton espiègle, amusé, celui de l'enfant tout fier d'être rendu momentanément exceptionnel par la connaissance semi-exclusive d'un fait qui le distingue du commun des mortels. Je dois avouer que je trouvais cette innocence naïve particulièrement charmante, bien qu'assez puérile, tout comme cette espèce de broche en forme de fleur qu'elle avait dans les cheveux. Elle avait une espèce de légèreté que j'enviais presque.
— En réalité, ce sont des membres de l'Etoile de Xanak qui sont responsables de tout ça, comme vous l'avez deviné. Mais il y a une vérité qu'on a préféré garder cachée, vous comprendrez bien pourquoi : ce n'est pas une panne, le routeur a carrément été flingué à la bombe IEM ! Rien de moins que ça !
—Et vu le temps qu'il faudrait pour faire venir un vaisseau avec un nouveau routeur en stock via un saut à l'aveugle dans le cosmos, voilà qu'une jolie vague de frayeur viendrait secouer les esprits de nos concitoyens s'ils apprenaient qu'ils devraient attendre plusieurs jours avant de pouvoir de nouveau voyager ou même quitter cette planète. Cela dit, j'imagine que des terroristes sont tout à fait capables de se procurer ce genre d'équipement, mais bousiller un routeur-T avec ? Les couches des structures où ils sont enterrés ne laissent même pas passer ce genre d'ondes.
— C'est le cœur du problème, tout ça vient d'un sabotage interne. On dirait bien qu'un d'entre eux a réussi outrepasser tous les protocoles de sécurité et à faire rentrer la bombe IEM à l'intérieur du bâtiment sans rencontrer de problème.
— Bordel, ces enfoirés deviennent bons. Mais ce que j'ai du mal à comprendre, c'est pourquoi tout ça est resté secret ? Ils auraient dû demander une rançon ou je ne sais quoi avant ou après avoir foutu en l'air le système, pourquoi se contenter de tout démolir sans rien réclamer ?
— Désolée mais il semble que personne n'en sache plus à ce sujet. On ne peut vraiment pas faire grand-chose, alors la direction a décidé d'improviser un réseau de voyage secondaire, à l'aide des vaisseaux de transports qui nous servent habituellement à ramener des ressources ici... Pas terrible, mais j'imagine que c'est mieux que rien. Il ne faudra pas compter arriver à l'heure, par contre.
— Bon, j'imagine que quelques heures de retard ne seront pas si dramatiques, tentai-je de me rassurer. Une jolie opportunité de carrière brisée par une bande de guignols de l'espace, ce serait un comble. Est-ce qu'il y aura bientôt un vaisseau en partance pour Tan-Gedis ?
— Vous êtes arrivé à temps, le prochain part dans 20 minutes. Piste d'atterrissage C14, l'accès se trouve derrière cette porte, là-bas.
Elle pointa du doigt une sortie au fond du grand hall.
— Bien sûr, on ne vous fera pas payer le voyage, ce coup-ci.
— Merci, conclus-je avant de me diriger vers la sortie.

Réflexion faite, je me dis que j'aurais dû l'inviter à prendre un café quitte à retarder mon départ d'une heure ou deux, vu le point où j'en étais, ça n'aurait d'ailleurs pas changé grand-chose. Samantha, car c'était son nom — bien que je ne l'ai appris qu'à notre seconde rencontre — me pardonnerait-elle de ne pas avoir sauté sur l'occasion si nous devions nous retrouver dans l'au-delà ? Quand je l'ai revue, c'était n'était malheureusement pas dans des conditions propices au démarrage d'une relation, qu'elle soit d'une nuit ou d'une vie. Ca s'est produit lorsque j'ai dû revenir sur cette planète, bien plus tard. La nuit avait des airs apocalyptiques. Ce paradis était devenu une ruine, comme si Dieu l'avait abandonné à la merci de la grande force destructrice du destin. Les bâtiments à la finesse architecturale si réputée n'étaient plus que de grotesques empilements de matière éventrés. Le sol tremblait et les immeubles se coupaient en deux au rythme des bombardements, tandis que les armes des légions démoniaques transformaient les citoyens en viande hachée et que les incendies qui se répandaient à travers la ville illuminaient cette terrible nuit. Splaf, splof, pouitch. Je ne sais pas quelle était l'onomatopée correcte pour décrire le bruit que l'on faisait lorsqu'on posait malencontreusement le pied dans une flaque de sang, ou dans une bouillie qui pouvait être le type qu'on avait rencontré la veille, dans un bar, avec qui on s'était retrouvé à débattre passionnément de l'issue du championnat d'aérofootball national en cours. Mais quand les mondes-nations se faisaient massacrer les uns après les autres, cela n'avait plus guère de sens, n'est-ce pas ? Je l'ai revue, Samantha, à ce moment-là. J'aurais aimé pouvoir dire qu'elle était toujours aussi mignonne, mais le fait que son corps avait été carbonisé ne jouait pas vraiment en sa faveur. La broche avait survécu, par contre. Je m'étais souvenu de ce détail pour une raison ou pour une autre, et ce coup-ci, j'ai vu le badge qu'elle avait accroché à son uniforme. Celui-ci se situait à quelques mètres du cadavre : elle avait dû l'ôter, bien sûr, dans le vain espoir de changer quelque chose à la douleur fulgurante qui la consumait. Pas vraiment de temps pour penser clairement, dans ce genre de situation.

Il s'agit, certes, d'une anecdote : mais elle est loin d'être anodine, dans le sens où elle nous renseigne sur le degré de liberté que nous pouvons exercer au sein de cet univers. Comme vous l'aurez peut-être déjà compris, cher lecteur, il varie selon le bon vouloir de Dieu, des forces cosmiques ou de quelque entité transcendante de votre choix, avec une méchante tendance à tourner autour de zéro, en particulier en temps de guerre. Ignorants que nous sommes des causes et des effets, on s'étonne que ceci implique cela alors qu'il n'y a pas de lien logique a priori, pour nos esprits limités ne captant le problème qu'en surface. Par liberté, j'entends simplement la capacité de produire des conséquences conformes à une somme de causes, internes et externes à nous, que nous avons décidé de prendre en compte au moment de la réalisation d'un acte donné. Voilà le grand drame : tout ceci est totalement arbitraire, car l'univers se fiche bien d'accorder la réalité avec ce que nous en attendons. Si nous sommes trop bêtes, ignorants, naïfs pour comprendre qu'il en sera toujours ainsi, nous n'allons jamais pouvoir nous remettre de cette crise et bâtir un socle stable pour la civilisation que nous devons remettre sur pied. Les destinées individuelles ne sont guère que des brindilles flottant à la surface du fleuve de l'Histoire, qui, nous le savons, peut être particulièrement déchaîné et impitoyable. Mais au moins, si nous nous unissons, et élaborons notre politique et notre science de façon commune, nous serons capables de reprendre notre destin en main, dans une certaine mesure. Il faudrait que nous devenions des dieux pour réaliser pleinement cet idéal ; nous n'allons peut-être jamais arriver jusqu'à ce point, mais ce qui est sûr, c'est qu'un progrès constamment auto-entretenu nous mènera à un avenir bien plus radieux que tout ce que nous avons pu vivre en tant qu'espèce. Encore faut-il que nous fassions les efforts nécessaires.

Cyberpunk
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Niveau 10
24 janvier 2013 à 23:31:38

Ces réflexions faites, revenons à notre chronologie : j'étais dans le vaisseau, accompagné de quelques infortunés voyageurs dans la même situation que moi avec qui je ne me sentais toutefois pas l'envie de démarrer une conversation. Lorsque celui-ci décolla, j'étais affalé sur un canapé dans une cabine du quartier d'équipage : il y avait un écran encastré dans le mur, avec une sélection de films à louer. Je naviguai machinalement à travers les menus quand un des types qui s'étaient retrouvés dans la même pièce que moi m'adressa la parole.
— Cinéphile ?
— Pas vraiment, répondis-je négligemment. J'ai toujours préféré la littérature, mais de temps en temps, je préfère me divertir en laissant mes neurones se reposer un peu.
—Hé, mon vieux, le cinéma, ça va bien au-delà de toute cette saloperie qui inonde le marché ! C'est un art d'une grande noblesse, ou je ne m'appelle pas Semni Lapar !
Il avait prononcé ces paroles sur un ton qui me semblait faussement offusqué, mais le voilà qui adoptait une attitude semblable à celle de ces vendeurs prosélytes adeptes du porte-à-porte.
— Mon bon ami, j'ai le remède à votre ignorance. Allez-y, prenez, prenez, ordonna-t-il en me tendant une carte mémoire. C'est une pièce rare, ça, monsieur. Un authentique morceau d'un passé depuis longtemps oublié. Ca fait un moment qu'il a acquis une réputation dans le milieu du cinéma underground, une vraie perle qui mérite d'être vue et revue, pas seulement pour le côté pittoresque, mais aussi parce que c'est un authentique chef-d'œuvre intemporel, et pas parce qu'on peut y changer la tête des acteurs, les angles de vue ou l'éclairage à notre convenance, non monsieur ! Nulle interactivité nécessaire ! Et entre nous soit dit, il a de quoi stimuler les esprits créatifs des fanatiques de mystère, car ses origines se situent à la frontière entre le mythe et la réalité.
— En tant qu'historien, j'ai du mal à voir ce que la provenance d'un quelconque film peut avoir de si intéressant, objectai-je perplexe.
— Quelconque ? Quelconque ?! Il est bien loin de ça ! Expliquez-moi donc une chose, monsieur l'historien. Le cinéma a été inventé vers les années 230, n'est-ce pas ?
— Certes.
— Et les techniques de recensement global avaient déjà lieu depuis 80 ans à cette période, n'est-ce pas ?
— J'ai du mal à voir où vous voulez en venir.
— C'est très simple : comment pourriez-vous expliquer qu'une personne ait existé sans subir ce recensement ? On est fichés dès la naissance, et même si à l'époque la nécessité s'en faisait moins ressentir qu'aujourd'hui, on pouvait faire une croix sur tous ses droits de citoyens si on n'était pas inscrits dans les registres. En particulier, jamais un film n'aurait été autorisé à la diffusion si un acteur sans identité faisait partie du casting. Surtout quand il s'agit de la vedette du film. Il aurait été déclaré illégal et une enquête aurait été menée pour trouver le type en question. Et pourtant, c'est ce qu'il semble s'être passé.
— Si j'ai bien saisi, récapitulai-je alors que ma curiosité s'était éveillée, vous êtes en train de me raconter qu'une sorte de fantôme a joué dans ce film en passant à travers les mailles du système ? J'ai beau me creuser la tête, j'ai du mal à y comprendre quelque chose.
— Mais personne n'y comprend rien, très cher ! Voilà le souci !
— Dites-moi de qui il s'agit, peut-être que ça me dira quelque chose, hasardai-je sans conviction.
— Hmpf, vous croyez vous y connaître mieux que moi ? lança-t-il sur un ton de défi. Très bien. Il s'appelle Clint Eastwood, en tout cas, c'est comme ça qu'il est crédité au générique.
— Clint Eastwood ? Jamais entendu parler... lâchai-je dépité d'être mis face à mon ignorance.
— Je le savais. Bon, si on le regardait, ce film ?

J'acquiesçai, et il inséra sa carte mémoire dans le port du téléviseur prévu à cet effet. Il m'a instantanément frappé par son côté rustique, à l'ancienne. Les maisons en bois et pierre grossièrement taillée, des lieux désertiques et une histoire de chasse au trésor et de vengeance. Même si c'est déstabilisant, on se fait à l'ambiance en quelques minutes et là, on se rend vite compte qu'on a affaire à un chef-d'œuvre, ce qui rend son absence d'origine définie d'autant plus curieuse. Le Bon, la Brute et le Truand. Encore aujourd'hui, je n'ai pas plus d'infos à son sujet, et si jamais quelqu'un en sait plus, je vous serai très reconnaissant si vous acceptiez de me contacter via les coordonnées disponibles à la fin de cet ouvrage. Pourquoi est-ce qu'on ne fait plus de films de cette qualité ?

Je passai le reste du voyage allongé dans une couchette, consultant les actualités depuis ma montre-holo, plus pour passer le temps qu'en y portant un réel intérêt. Alors que j'apprenais le renversement du dictateur de Sanriquion, modeste planète vivant en autarcie grâce à ses sols fertiles, et de ce fait sans raison d'être évoquée par les médias jusqu'à maintenant, une voix issue du haut-parleur situé dans l'angle du plafond nous informa d'un curieux changement de trajectoire.

— C'est allumé ? Ouais ? Bon, ici votre nouveau commandant de bord ! Vous êtes désormais des otages, propriétés de l'Etoile de Xanak ! On vous ramène chez nous ! Et si vous êtes pas contents, allez vous plaindre au service client ! conclut l'homme avec un rire tonitruant.

La situation était claire, et pourtant, je n'étais pas envahi par un sentiment de panique comme je me disais que ça aurait du être le cas. Les faits allaient bientôt me montrer si c'était à tort ou à raison.

Cyberpunk
Cyberpunk
Niveau 10
24 janvier 2013 à 23:33:22

J'ai momentanément oublié que les forums ne prennent pas en compte les caractères spéciaux il faut lire "alpha" à la place de α :(

Gulliman_Bis
Gulliman_Bis
Niveau 10
27 janvier 2013 à 12:35:53

Salut Cyber,

Bon, mon commentaire ne portera que sur tes deux premiers post. Pour ce qui est de la forme : Je ne suis personnellement pas fan de la narration à la première personne car cela pousse souvent à adopter un ton plus familier que je trouve, pour ma part, assez désagréable. Deuxième petit soucis (comme souligné par Crazy) c'est l'alternance régulière de plusieurs temps qui gêne un peu à la lecture. Pour être honnête, je ne suis pas vraiment convaincu par tes choix "formels".

Pour ce qui est du fond, c'est autre chose : L'idée est intéressante, bien que cette première partie soit assez froide, quasi encyclopédique. C'est à la fois un aspect positif et négatif que d'avoir tenté de contextualiser ton texte d'une manière aussi précise. Positif car cela lui confère une envergure non-négligeable, négatif car ça fait un sacré paquet d'informations à traiter en si peu de temps, et dés l'ouverture de ton récit.

En conclusion : Un projet qui a clairement du potentiel, mais qui nécessitera surement une révision de la forme choisie.

Bonne journée. :-)

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