L’abandon
Oh ma douce
Partons vers le méridional
Là où poussent
Les herbes provençales.
Au Nord je tousse
Allons au canal
D’eau de source
De l’amont vers l’aval.
On fait la course
Sur les rails
Dans la brousse
Et dans les mottes de pailles.
Le soir la frousse
Nous rend pâles
Mais la grande ourse
De ses étoiles, éclaire le val.
Sans la bourse
Tout est ripaille
Sans ressources
Rien n’est mal.
On se mousse
On se lave d’ail
Corps et frimousse
De l’urbain qui nous rends sales.
Adelphos
Cher et tendre ami
Nous tenons tous à la vie
Baisse ton pauvre glaive
Et vient croquer la trêve
La lumière coule de nos ponts
Elle accepte le pardon
Après tant de vaines sueurs
Elle réchauffe enfin nos cœurs
Laisse ta haine avec tes armes
Ton drapeau, ton hymne et tes larmes
Rejoint notre table, prend donc du vin
Qui charrie de nos terres, déguste notre pain
Amène donc ta femme et tes enfants
Qui depuis la guerre, t’attendent
Offrons leurs enfin la paix
Une poignée de mains, à jamais.
Il y a mieux à faire, c’est certain
Qu’une guerre qui pourrit nos destins
Quelque fois je pense à d’anciennes âmes
Qui regrettent leurs pensées infâmes
Je ne veux plus être seul
Que repoussent donc les feuilles
Je ne veux plus tuer l’autre
Tout le monde est des nôtres
Assez de gens ont péris
Reprenons nos orgies
Supprimons nos frontières
Embrasse moi, mon frère
Que scintillent les cloches
Fêtons l’amour proche
Inaugurons un jardin
Un monde plus humain
Et si à tout hasard, un triste jour
Nous devions renoncer à l’amour
Et rétablir de sombres desseins
Pour moi, ce ne sera jamais la fin.
Car en mon sein, jamais ne sera l’usure
Et je respirerai encore de l’air pur
Ceux qui nous remplaceront
Apprendront à leur tour la leçon
L’utopie damnante
Sommes nous donc parti sur de tristes impostures ?
Toi et moi rêvant tout les deux d’azur
Exprime comme tu peux ta déception
Nous, qui haissons les fanfarons
Nos visions ne sont que des flaques océanes
Qui jamais ne s’étendront comme s’étendent les platanes
Des pensées peuplées de civilisations désertiques
Qui resteront toutefois comme ces terres arctiques
Notre lucidité est un miasme irrespirable
Une faible fumée totalement impalpable
L’or est décidément les quatre pieds
D’un royaume de tristes damnés
Des flammes dorées brûlent nos cerveaux
De bouillants tridents nous transpercent la peau
Affreux antres caverneux où nous survivons
Tous, maladifs et couverts de bubons
Pestiférés par une peine grandiose
Ne pensant plus qu’à une seule chose :
La douleur d’avoir pensé meilleur
LE FOU
Sujet à d’affreuses hallucinations
Je sursaute souvent dans mes haillons
De plus, dormant dans mes draps humides
Un maudit rayon blême m’intimide
Il se glisse tel un voleur par mon vitrail
Et s’incruste, déchire mes entrailles
Il me brûle impitoyablement de froid
De son sadisme, je suis sa proie
Des gouttes de sueurs et de larmes
Dans cette chambre sans charme
Sortent de ma peau magmatique
Ces larmes de lave me piquent
Que dis je ? Elles me font fondre !
Serait ce le chagrin qui m’encombre ?
Ou la folie tourbillonnante ?
Damnée entité qui me hante !
Oui , c’est la folie infâme !
Qui torture mon âme !
Mais pourtant, ma seule amie
Je t’aime, ô folie !
Je ne pensais pas mes dires
Désolé, je veux rester ton martyr
Pardonne-moi, sans toi je suis seul
Mieux vaut souffrir qu’être entouré d’aveugles
Tu es mon amour, un peu étrange
La seule m’appréciant dans ma fange
Et je suis en totale transe
Quand je ressens ta présence
Le monde m’a oublié depuis longtemps
Les femmes m’ont trouvé répugnant
Les hommes m’ont exclus de leur société
Je n’implore pourtant pas leur pitié
Je les hais comme ils me haissent
Et je vis à présent avec ma persécutrice
M’offrant des sentiments inexpliqués
Et des gestes sans pensées
Mais au diable la norme et la décence !
Le temps est pour moi à la démence
Sensation atroce et jouissante à la fois
Qui m’accompagnera tout en bas
Le suicidé
Après un furieux coup de tonnerre,
Un homme, blanc comme le néant, était à terre.
La mort avait choisi de le prendre ce jour-ci,
Laissant son corps, gisant sous la pluie.
Ses défuntes mains étaient gelées par la brise,
Mais aussi par la faux, aucune femelle ne lui refera bise.
Mort, femme fatale, tu as traîné tant de tes prétendants à la tombe,
Et aucun ne résista à tes baisers, espérant quitter ce monde.
La tristesse fut sa maîtresse pendant un temps :
Une farouche rivale de la reine des crânes,
Et forçant le mâle à rester son amant.
Mais Dame Mort a fini par obtenir son corps.
Lui, ne supportant plus l’amour de Dame Chagrin,
Il préféra le lit mortuaire aux sombres remords :
Une litière fleurie de blêmes chrysanthèmes,
Sur un cousin noir, il oubliait ses problèmes.
La faucheuse est venue s’allonger à ses côtés,
Et d’une paradoxale beauté, lui rendit sa gaieté.
Le jugement
Une pluie fluide s’écoula timidement
Dans les gouttières, et sous le vent
Des sceaux, dans un bruit sourd
Se fracassaient d’un ton lourd
Les arbres se fouettaient entre eux
Sous un ciel noir et orageux
Les bêtes hurlaient sur les plaines
L’arrivée de la mort, d’une triste peine
Parmi cette bagarre d’éléments chaotiques
Un vieil homme était sur son portique
Il regardait la genèse du cataclysme
Et murmura d’un insolent cynisme :
« Ainsi donc s’instaure la punition de Gaia
Emportant avec elle les Hommes dans son trépas
Eux, défrichant ceux qui leurs offraient l’air
Fertilisant le sol du sang de leurs frères »
Le cœur de tout un monde est usé
Et il en est finit de sa bonté
Gaia pleure de l’encre noire
Et ne sait plus croire.
Mille pardons et pitiés
Son enfant reste tout taché
Des pires infamies
Enlevant tant de vies
Maintenant, c’est leur tour
La justice n’est que le retour :
Un jugement des accusés
De la pomme croquée.
Pourtant de ces primates eurent des exceptions
Des bons, des altruistes méritant le pardon
Ceux là qui rêvèrent d’un jardin plus fraternel
Hériteront d’un salut éternel.
Hymne à l’amour
Je te regarde sans que tu ne t’en aperçoive,
Par ma fenêtre, dans la matinée turquoise,
Tel un chat guettant l’oiseau
Sur lequel il sautera de haut.
Tu passes souvent devant ma demeure.
Par les saisons ensoleillées, comme celles qui se meurent.
Mon cœur semble battre aussi fort que les volets qui claquent.
Et je ne trouve comme seuls coupables tes yeux écarlates.
La pureté de ton âme semble s’exprimer de ton extérieur.
Et l’ardeur de ma flamme montre bien ma douleur.
Jamais je pense n’être tomber amoureux.
Et c’est avec toi que je deviendrais heureux.
Ta chevelure dorée couronne avec perfection.
Ton visage céleste et sa blancheur des monts.
Tes mains de cristal avec lesquelles je veux jouer.
Ne pourraient pourtant elles pas se briser ?
Ah, et ces jambes des pays de l’Est !
Qu’elles ne te font pas retourner à Budapest.
Je t’en pris, écoute moi.
Je t’en supplie, regarde moi.
Mais tu m’ignores, et je me rend compte
Que cet amour n’est qu’un conte
Une histoire que j’aurais bien voulu connaître.
Mais qui n’aura jamais lieu d’être.
(A)Mère Afrique
Venu des tropiques lointains,
Il accosta au matin.
Venu d’Afrique,
De dictatures squelettiques.
Là où la liberté se décide
Dans des cerveaux avides,
Les mains pleines de billets
Venus des riches contrées.
En échange de terrains,
D’actions et d’humains
De cafés, d’autoroutes.
Le Sud reste en banqueroute.
Les enfants meurent de faim et du sida,
Et de ceux là, on ne s’occupe pas.
Le gain ne doit pas se perdre, c’est important,
Et le despote gagne encore de l’argent.
Où sont les écoles ?
Qui a le monopole ?
Où est la justice ?
Il n’y a que préjudice .
Le Nord est bien joufflu
De ses accords vendus.
Au nom de mère fortune, on assassine
Pour la domination et la machine.
On revient hélas au commerce triangulaire.
La position des pauvres reste toujours secondaire.
Des conservateurs font campagne contre l’immigration,
Alors que leurs esclaves travaillèrent pour leur coton.
Si on se préoccupe de l’homme sur son radeau,
Les journalistes n’écriront que peu de mots.
La hausse et la récession le couvre.
Il ne faut pas que l’on découvre
L’abandon de gens comme lui,
Qui implorent qu’on leur sauve la vie.
Mais on les laisse en fait sans nourriture,
Ni eau, ni feu, ni mur.
L’homme cité à la première strophe
Pensait échapper à la catastrophe
Mais son ventre était trop creux.
Et la soif lui éteignit les yeux.
La fête
Dans la nuit fraîche des sudètes
Eut lieu une grande fête
Composée de feux d’artifices.
Faisant éclater du rouge vif.
Des hommes costumés
Avec d’étranges jouets
Faisaient crier les gens
Moi, j’étais là, ignorant.
Certains de ces étranges messieurs
Choisissaient des volontaires anxieux
Moi tout content je montais sur des caisses pleines de briques
Regardant ces mêmes personnes rentrer dans ce défilé magnifique.
A un moment, je vis des personnes avec des étoiles
On mit ces magiciens dans de grandes cages
Allaient-ils disparaître?
Oui, peut être.
Le grand défilé se mit enfin en marche.
Mais il faut que je rentre, sinon mon père se fâche.
Tout à coup, certains de ces étranges mimes.
Firent étinceler leurs instruments anonymes.
Et un grand canon de saltimbanque tira.
Ce n’était pas un homme cette fois.
J’attendis que cette folle ambiance
Se termina dans le silence.
Puis je rejoignis ma maison.
Mais elle brûlait sans raison.
Dîtes, où est mon père?
Maman, que fais tu par terre ?
JE ME SENS LAS
Je me sens las,
Je me sens las,
Las de tous ces gens.
Qui marchent dans les rues.
Qui marchent tous perdus.
Obéissant à leurs pâtres.
Restant dans leur désastre :
Un chaos plaisant.
Une folie attirante.
Un profond précipice.
Succombants à leurs délices.
Je me sens las,
Je me sens las,
Las, de ces débilitants.
Les rendants impuissants,
Equipés au mieux de l’anticulture.
N’ayant plus notion de lecture.
Ni souvenir de leurs parents.
Je me sens las,
Je me sens las,
Las, fini l’espérant.
Ne plus apercevoir dans l’obscurité
Que quelques rares entités
Prêchant désespérément
Quelques pauvres rayons blancs.
Pour tenter de percer les ténèbres.
Dénoncer de faux célèbres.
N’ayant pour réputation que leurs diamants.
Et leurs beaux glands.
Je me sens las,
Je me sens las,
Las, des inconscients.
Confiants de leurs politiques.
Sûr, le problème vient d’Afrique.
Je suis d’accord sur ce point.
Mais pour la misère et la faim.
Quand les grands, les billets dans les poches.
Ecrasent les petits, c’est vrai c’est moche.
Pour cesser cette pérennité,
Il faudrait peut être se remuer.
Mais je me sens las,
Je me sens las,
Oui, las tout simplement.
Ma mère, s’il te plaît, ne me pleure pas.
Je m’en vais comme soldat
Servir une poignée de gens
Aux mains pleines de sang
Mais pense avant tout à l’honneur
De notre patrie, ô bonheur
De notre empire, ô malheur
Mais non, je n’ai pas peur
Peu importe si je meurs
Toi tu seras devant mon cercueil
Et y déposeras des glaieuls
Gloire au drapeau
Bleu blanc sang chaud
Mon père, par pitié, ne baisse pas la tête
Qu’elle soit haute et, de tout ton être
Chantonne notre glorieux hymne
Non l’hymne à l’amour mais à celui du crime
Mes frères, suivez l’exemple
Partez vous repentir au temple
Et, fleur au fusil
Allons lancer nos torpilles
Mes sœurs, occupez vous du foyer
A l’arrière, allez travailler
Nous nous retrouverons aux cieux
Allez, je m’en vais, adieu
Je pars avec mes amis
Combattre l’ennemi
Détruire leurs familles
Et leur vie
Rendons leurs l’appareil
Je suis le clairon de l’oreille
Oh, que je suis gai
Oh, Pourquoi la paix ?
Mon Robert Louis Stevenson
Annonce à tout les braves qui veulent survivre.
A tout les intellectuels qui veulent sauver les livres.
Aux femmes qui ont encore en leur sein un orgasme de révolte.
A ces moussaillons qui plaident à rester désinvoltes.
Bienvenue dans mon arche sauvons-nous.
Gardons intact notre courroux
Et protégeons-nous du raz de bêtise
Sur laquelle ces corsaires misent !
Préservons nos chères valeurs.
Expédions sur la planche ce qui nous écœure
Et faisons huer nos cœurs.
Hissons les voiles !
Tout le monde à la cale !
Cap vers la lumière !
Attention à la fougueuse mer !
Le navire est solide, mais tangue.
Courage, montrons à ces marins d’eaux douces nos langues !
Et même si les vagues de l’idiotie sont fortes,
Moi, votre capitaine, vous escorte !
Repoussons l’envahisseur.
Prêtez attention à ce qu’ils meurent
Et rendons à leurs prisonniers le véritable bonheur.
Ramons courageux galériens !
Ces flibustiers veulent nous rendre vauriens !
Mais nous remporterons s’ils nous abordent,
Car l’hymne à la résistance tonne !
Passons les par le fil de l’épée !
Par le sabre, le canon ou tout ce que vous voulez !
Nous ne nous jetterons pas à ces requins,
Car notre équilibre restera saint.
Notre coque ne ressent pas la douleur,
Et infinie est notre ardeur !
Et grande est notre rancœur !
Balançons leurs nombreux trésors
Et eux aussi, par-dessus bord !
Rendons justice à leurs captifs
Et rejoignons enfin les récifs.
Chacun à son poste !
Forte sera notre riposte !
Ils nous accostent à tribord !
Notre seule issue est bien à bâbord !
Nous luttons avec labeur
Et nombreux sont les pleurs.
Mais jamais nous nous plierons à leur terreur !
C’est moi, Pierre l’insurgé
Et mon équipage de révoltés !
Nous vaincrons les Rackams !
Ces hideuses personnes sans âmes !
Abominables pirates
Aux luxueux pénates.
Laissant mourir de malheureux humains
Sur leurs radeaux, sans eau ni pain.
Mais nous ne laisserons plus ces horreurs
Ce produire sans clameurs
Rejoignez-nous chers lecteurs !
RIGA
Je marche dans les rues de Riga.
Sur les vieux pavés, sur les nouveaux toits.
Les pieds dans la neige
Au gré du cortège.
Je m’assois sur les bancs de Riga.
A la grande place, et je te regarde, toi.
Les cheveux blonds.
A l’abandon.
Je me baigne dans les bassins de Riga.
Dans l’eau chaude, dans l’air froid.
Tu rentres à ton tour.
Dans ta veste de velours.
Je me perd dans tes yeux, ma Riga.
Dans tes seins, c’est l’émois.
Tu m’emportes d’ici à Cracovie.
De Russie en Moravie.
Je m’accole à ton corps, Ksenia.
Puisque c’est ton nom, et dans tes bras.
Je m’imagine avec toi vers les pays chauds.
Vers de nouveaux joyaux.
L’enterrement
Dans la chapelle par cette soirée
Parmi les stèles on fit allumer
De tristes cierges pleurant leur cire
Devant la vierge seule à sourire
Des vies animaient les catacombes
Et toutes sanglotaient sur une tombe
Pleinement vide mais à sa droite
Un riche guide de ses mains moites
Tenait un livre près d’un cercueil
Par le ciel cuivre il donna le deuil
Suite au calme crièrent les cloches
Après sésame partirent les proches
Dans la nuit noire dorment les défunts
L’usure prépare et pose des couvains
Qui viendront fondre la froide chair
Et iront pondre sous d’autres terres
Univers 21
Aujourd’hui les gens ne pensent plus,
Les conflits d’Irlande continuent.
Chaque seconde, un enfant du tiers monde meurt
C’est la poursuite de la peur.
Les maladies achèvent leur travail,
Encore des millions d’hommes sur la paille.
La femme est redevenue objet,
Le prix de l’essence a encore explosé.
Les intégristes sont omniprésents.
Bagdad est encore en sang.
L’impérialisme prend les rennes du monde.
L’humanisme pleure l’univers immonde.
Répression de manifestants en Chine.
Domination intégrale de la machine.
Attentats en Afghanistan.
Pornographie sur tout les plans.
Forêts et air pur détruits.
Vies humaines dans l’oubli.
Montée continue du nationalisme.
Hausse permanente du racisme.
Perte de quelques mots :
Frère, autrui, amour, hommes égaux…
Prolifération de certains :
Haine, pluie, combat, assassin…
Anéantissement des démocraties
Mise en place des ploutocraties et des oligarchies.
Prise du pouvoir par le nucléaire.
Soudan toujours en guerre.
Détermination à la sécurité.
Les pays du Nord gavés.
Contrôle total
Des terres du Sénégal.
Propriété aux grand patrons :
Les revenus du café et du coton.
Régression des droits humains.
Engouffrement de la faim.
Poubelles brésiliennes.
Amérique centrale : Une benne.
Augmentation de leur population.
Aucune pensée, aucun pardon.
L’argent est roi.
Les traders font loi.
Bombe dans les métros de Paris.
Tant de personnes perdent leur vie.
Mali : Refus d’installation des écoles.
Le froid tue les enfants mongols.
Cannibalisme sur les océans qu’on polluent.
Noyade des immigrants perdus.
Les baleines sont rayées de la carte
Tandis que les glaciers s’écartent.
-24 degrés celsius à Edimbourg.
+ 47 à Saint Petersbourg.
Les pluies sont désormais acides
Multiplication des fratricides.
Les Corées s’entrechoquent
Et les enfants du soleil suffoquent.
Récessions
Fluctuations
Baisses
Business.
Aliénation de l’être
Puissance des guêtres.
Grand retour de la religion
Plus de solutions.
Constat simple d’une personne
Que le monde abandonne.
Qui à l’envie de changer les choses.
De sauver la bonne cause.
LE CHEVAL
Dans les plaines sauvages
Ils remarquent un passage :
Des empreintes prononcées
Furent tracées dans ces prés
La crinière au gré du vent
Il galope cet étalon blanc
Et sans étrier ni selle
Il entend des voix qui l’interpelle
Ces cris viennent au loin : ce sont les hommes
Voulant sans doute faire de lui une bête de somme
Le cheval exprime alors toute son énergie
Et détale telle une flèche dans les prairies
Les traqueurs le poursuivent avec fatigue
Montés sur ses cousins, moins rapides
Et prirent dans leurs mains de grands lassos
Dans le cas où ne suffiraient les mots
Le canasson a de l’avance
Mais là est sa malchance
Car il s’enfonce dans le canyon
Où le bruit de ses pas résonnent
D’autres dresseurs y sont cachés derrières des roches
Et attendent que la fougueuse bête approche
Soudain, ils lui coupent la route et l’encercle
A la vieille manière des anciens siècles.
De ces pattes fortes robustes
Il se cabre et expose tout son buste
D’un œil effrayé il tente de s’échapper
Mais impossible étant lié
Les hommes sont autours de lui
Et lui font perdre tout son appui
Munis de leurs cordes solides
Ils le mettent à terre d’un geste rapide.
Le pauvre cheval est maîtrisé et attaché
Lui croyant n’être jamais un destrier
Il ne sera pas libre comme un volatile
Car sa vie sera destiné à être servile.
Ainsi l’homme dispose de ses libertés
Mais avec la faune ne seront jamais partagées
Car l’humain est un animal malgré tout
Et la loi du plus fort est la même partout.
UN COIN DE PARADIS
Que j’aime cet endroit !
Là où le silence est roi
Malgré le monde important
Autour de mon banc
Grâce, ils ne sont pas bavards
Contrairement à cet univers avare
Qui me tue un tout petit peu chaque jour
Où il faut courir et se morfondre toujours
Je me plais à contempler une pierre
Comme elle est belle et sincère !
Couronnée par une mousse fraîche
Et par une herbe interdite aux calèches
Une légère brume envoûtante
De manière taquine, me hante
Et m’oblige à rester dans ce lieu
Où beaucoup de gens font leurs adieux.
Je me conforte de penser qu’à un moment
Là où viendront mes derniers instants
Je pourrais enfin vivre sous terre
Dans ce jolie cimetière
Vanité
Les aiguilles tournent
Tournent et retournent
Le temps s’écoule
Et les années en découlent
Je suis là, en face de toi.
Et je tends le bras.
La montre est dans ma main
J’enclenche le refrain
Tu es né.
Tu es mort.
Tu renais.
Tu meurs encore.
La vie n’est qu’un éternel recommencement.
Tout est du à la puissance du temps.
Je suis Chronos et je te gouverne
Tu t’y prosternes.
Tu es un idiot
Car tout les maux
Que tu t’infliges
Sont en constant vertige.
Tu es né.
Tu es mort.
Tu renais.
Tu meurs encore.
Bien d’autres naquirent avant toi.
Et de ceux là, aucun ne fit sa loi.
Bien d’autres mourront à l’avenir.
Et je leur annoncerai ce que je viens de te dire.
Homme, regarde-toi
Penses tu régner sur le roi?
Crois tu à l’éternité
De tes fastes beautés ?
Tu es né.
Tu es mort.
Tu renais.
Tu meurs encore.
Elles sont vaines, tout comme ton ego.
Leurs chairs, comme la tienne se retireront de leurs os.
Tu es né néant et tu mourras néant.
Qu’importe tes sentiments !
Tes vastes connaissances acquises avec labeur
Sont éphémères et disparaîtront à l’heure.
Tout comme ton corps, beau ou laid.
Il Pourrira cependant en paix.
Tu es né.
Tu es mort.
Tu renais.
Tu meurs encore.
Cependant, tu es sans aucun doute une misérable entité
Que je torture avec gaieté
Mais rassures toi de ton fugace destin car tu n’es pas le seul
A qui je me plaît de préparer son cercueil.
Penses, infâme égoïste, aux autres solides
Les bêtes, les roches, et même le liquide
Eux aussi se forment et se déforment
Eux aussi leur existence est morne.
Tu es né.
Tu es mort.
Tu renais.
Tu meurs encore.
Le Dictateur
La Terre est à mes pieds
Mes détracteurs, assassinés
Si ce monde m’est trop petit
J’irais conquérir les galaxies
J’ai les femmes dans mes bras
Je leur déclare ma loi
A elles comme aux hommes
Moi seul écris les psaumes
Qui pour se lever contre un Dieu ?
Qui est là pour faire mieux ?
Ou qui est là pour faire pire
Que moi, pour bâtir un empire ?
J’ai mes hommes, tous en rangs
Prêts à faire verser le sang
Et à réprimer de pauvres idiots
Luttant pour de futiles idéaux
Je ne suis pas fou du pouvoir
Je suis là pour faire valoir
Les droits du plus fort
Sans aucun remords
Qui ose s’avancer sera reculé
Qui ose se soulever sera réprimé
Je construis, et je détruis
Je décide de la mort et de la vie
Si je veux épargner, j’épargne
Si je veux gagner, je gagne
Et si je veux être immortel
Je dresserais une stèle
Un hymne, un honneur
A ma puissance, à ma grandeur
Aux dés que je tiens dans mes mains
Le hasard décidera du destin
Mais le hasard, c’est moi
Je suis au dessus des rois
Au dessus même du divin
De l’avenir dont je suis certain
J’ai mes temples, mes châteaux
Moi seul suis le credo
La masse meurt de fin ?
C’est qu’elle le veut bien !
LE VETERAN
Dans ma cabane au fond des Landes.
Là où les canons ne se font entendre.
sur mon fauteuil, face à la rivière
J’oublie mes années passées à la guerre.
Maintenant je pêche la silure
Et je referme mes blessures
Causées par les lointains combats.
Et par les horribles éclats.
Ma jambe et moi nous nous sommes séparés.
Dans les terres terribles des tranchées.
J’ai perdu un œil dans la boue.
Mais j’en ai fini avec le garde à vous.
Car je fus rapatrié sur mon herbe natale.
Et j’ai gagné une belle médaille
Pour mon courage et ma vaillance.
A tuer un homme sans défense.
J’exhorte les jeunes d’aujourd’hui
Ne jamais rentrer dans les conflits
Je les harangue de bonne heure.
Comme on m’incita à devenir tueur.
Honte aux grands des bureaux.
Honte à ces tristes bourreaux
Qui ont arrachés l’amant à sa chérie
Qui ont détruit leur vie.