— Heu, je ne voudrais pas t'alarmer, Sanphi mais pour ce que j'en ai compris, Say parle de toi. J'ai pas vraiment l'impression que son cas s'arrange...
— Je crois aussi...Et si on enchaînait de suite pour le faire penser à autre chose ?
— On peut toujours essayer...Tant qu'il ne prend pas la personnalité d'un tueur en série, ça me convient. A ton tour de choisir un texte.
— Vous croyez vraiment que ce serait possible, un tueur ? intervint Rachel avec une note de frayeur dans la voix.
— Qui peut savoir avec Say ? Personne... Bon allez, je choisis Wilson D Croco avec "le portable du temps".
— Pas d'inquiétude Rachel, je veille au grain. Allez, Sanphi !
SANPHI : D'accord. En fait, je ne vais pas beaucoup m'attarder sur ce texte.
HIC : Surprenant venant de toi mais ça me va bien. J'ai encore une tonne de choses à faire et le temps file à une de ces vitesses !
SAY : Bah tout est relatif, mon cher.
SANPHI : Hum, donc je commencerai par le respect du sujet. Oui, l'histoire est centrée autour d'un objet. Donc de ce point de vue, pas de souci. Cependant, j'aurais aimé que le background de l'objet, sa personnalité si vous préférez, soit plus fouillée, plus dense quoi.
SAY : Nebensache !
HIC : Il veut dire un détail, Sanphi. S'il faut que je joue les traducteurs, on n'a pas fini ! De l'allemand maintenant... mais bon passons. Je voudrais revenir sur l'idée même du texte. Je trouve que le concept de l'objet qui fait voyager dans le temps et qui met en évidence les répercussions du présent dans le futur n'est pas très original. Un peu vu et revu quoi.
SANPHI : Je plussoie, pareil pour la fin qui est très classique dans son dénouement. il aurait fallu pousser un peu plus loin la réflexion de base.
SAY : Enfin voyons, vous savez bien qu'un problème créé ne peut être résolu en réfléchissant de la même manière qu’il a été créé.*
SANPHI : ...Tiens, cette phrase me dit quelque chose. Une minute, ça va me revenir...
HIC : Tu t'amuseras plus tard avec tes théories, d'accord ? Le temps court, figure toi !
SANPHI : Wow, Docteur Jekyll et Mister Hyde, Monsieur Busy, je suis servie ! Qu'est-ce que je disais ? Ha oui, Le concept. En le détournant, l'auteur aurait pu obtenir quelque chose de bien.
SAY : Ha, nous touchons au cœur du problème. Rien n'est plus proche du vrai que le faux*, vois-tu.
SANPHI : Attends, tu insinues que j'ai tout faux, c'est ça ?
SAY : Mais non, mais non... je dis seulement qu' il faut parfois savoir regarder avec un angle différent. C'est tout.
HIC : Heu, terrain miné là...
SANPHI : C'est ce que je disais. J'ai tort, Say ? Prouve-le !
SAY : Et me voilà encore à expérimenter un paradoxe. Soit, faisons le. Hum, je vais avoir besoin de ...toi là-bas !
Avec une tranquille assurance Say s'approcha d'une Rachel passablement effarée pour démarrer un conciliabule à voix basse.
HIC : Vous êtes chiants, vous savez ça ? Dis-moi Sanphi, tu étais obligée de le pousser dans son délire ? Tu vois pas qu'il se prend pour un mathématicien ou un scientifique ?
SANPHI : Ha... Ces phrases, j'aurais dû percuter tout de suite. Il se prend pour Einstein, c'est évident.
HIC : Génial ! Ça te fait quoi de savoir que tu vas servir de cobaye dans l'une de ses expériences ? Je te rappelle qu'on parle de Say, tout de même, un gars qui est resté à parlementer avec des trolls toute une soirée, par exemple...Où il est passé d'ailleurs ?
SAY : Derrière vous et je suis prêt. Vous aussi ? Non, ne vous retournez pas !
HIC : Abrège dans ce cas, tu veux ? On est fin prêts.
SAY : T'inquiète. Ça va être du rapide et percutant. Sanphi, dis-moi où on est ici.
SANPHI : Bah, chez moi, pourquoi ?
SAY : Vrai. Et maintenant ? Le noir complet envahit la pièce à l'exception de l'ordinateur qui éclairait d'une lueur blafarde les visages de Sanphi et Hic, qui souriaient de toutes leurs dents.
SANDRA : Je n'ai pas bougé, je vois toujours Rachel qui se pavane, donc oui, on est chez moi.
SAY : J'avais oublié, pardon. Fermez les yeux et sans tricher. Je vais me concentrer.
Le silence se fit quelque secondes. L'obscurité gagna encore du terrain lorsque le portable s'éteignit à son tour.
SAY : Alors, on est toujours chez toi ?
SANPHI : Quelle question, je vois pas où tu veux en venir...Oui, Say, on est chez moi.
SAY : Faux ! Concentre-toi et tu verras.
Tout d'abord, ce ne fut rien de plus palpable que des souris trottinant sur le plancher ; à peine un doux frisson qui envahissait peu à peu l'espace, persistant, semblable à un feuillage bruissant sous l'élan d'une brise légère. Puis vinrent les craquetements du bois, bientôt couverts par un grésillement lancinant qui semblait sourdre du sol comme si soudain le cœur d'une forêt s'était mis à battre sous leurs pieds. Hic et Sanphi sursautèrent lorsque la lumière revint leur piquer les paupières. La voix de Say proche d'eux, s'éleva par-dessus le chant de grillons qui s'éteignait lentement.
SAY : Et voilà ! Vous pouvez ouvrir les yeux.
HIC : Et ?
SAY : Ben rien d'autre. Je vous ai transporté, non ? La conclusion est évidente, voyons !
HIC : Et si tu nous transportais à la fin de ton raisonnement, ce serait pas plus simple ?
SANPHI : Hic ! Hey, t'as vu ? Rachel a enlevé sa veste... D'accord Say, la réalité alternative, je comprends mais tu pointes justement du doigt, ce qui manque dans ce texte.
SAY : Hem...Peut être mais fais comme tout à l'heure. Oublie ce que tu sais. Dis-moi juste ce tu as ressenti.
SANPHI : ...L'attente. Lorsque le clochard est apparu avec cette proposition de portable / machine à voyager dans le temps, j'imaginais bien le truc de l'histoire qui paraît conventionnelle de prime abord et qui part finalement dans un tout autre sens. Oui, j'ai eu l'impression d'attendre quelque chose tout au long de ma lecture.
SAY : Ah, tu vois ! pas d'ennui ou de déception mais de l'attente... Alors pose-toi la question de ce qui a créé cette "attente". Il a bien fallu un facteur... Moi, par exemple le dialogue avec sa mère à propos de son anniversaire, j'ai trouvé ça marrant.
SANPHI : Moi, c'est le truc du réveil qui roule. Même si ce n'est pas de l'inédit, ça m'a arraché un sourire... D'ailleurs, c'est typiquement ce genre de détail qu'il aurait fallu travailler davantage pour étoffer le cadre de l'histoire mais aussi les personnages.
SAY : Mais il y a de bonnes idées quand même, quelque chose de...
HIC : Attends, on n'a jamais dit que le texte était foncièrement mauvais, Say. Simplement il pêche par son manque d'originalité et le style n'est pas assez travaillé.
SANPHI : Je plussoie. Il manque une touche personnelle. En prenant plus de temps et en travaillant un peu plus, ne serait-ce que l'ambiance, le registre, il aurait pu en sortir quelque chose de pas trop mal. Là, il s'est trop précipité et ne nous a pas montré ce dont il était capable.
SAY : Vous avez peut être raison mais je sais pas, derrière tout ça, on sent un flegme général, une sorte d'imaginaire permanent que je trouve assez marrant. Si c'était voulu.
SANPHI : Un souvenir de piment Sayesque peut être ?
HIC : Ouais, hé bien, j'attends de voir ça à la prochaine session dans ce cas ! Allez, les blablateurs en rond, je brise le cercle. On se réveille, on se secoue, de l'efficacité quoi ! Plus que trois et on a bouclé, les amis. Alors au suivant !
Les premières notes d'un chœur en latin s'élevèrent, nobles, majestueuses dans le silence relatif qui suivit. Rachel s'empressa d'attraper son sac sur la table et entreprit de fouiller à l'intérieur pour trouver son portable, sous le regard surpris du jury. Hic résuma leur pensée à haute voix :
— Libera Fatali... qui aurait cru. Fan de Final Fantasy, Rachel ?
— Final quoi ? De quoi tu parles ? Ha, la musique ! Non, c''est juste pour appâter ceux qui aiment faire du lèche-vitrines. On est sur JV, donc...Ha, le voilà ! Brandissant son téléphone, elle rajouta :
— Au fait, Pour ta gouverne, il s'agit de la musique de FFVIII pas de Final trucmuche. Tu devrais savoir ça quand même ! Et sans transition, elle décrocha, non sans avoir levé les yeux au ciel.
— Ah ouais... ! Marrante, la journaliste, marmonna Hic.
— Et elle adore le shopping, en tous genres d'ailleurs. Sanphi fit un clin d'œil à Say qui enchaîna, goguenard :
— M'est avis que Hic ne serait pas contre faire du lèche-vitrines
— Bah, la devanture est pas mal, tu crois pas ?
Say observa un instant la jeune femme toujours en ligne et qui montrait tous les signes d'une exaspération intense.
— Hum oui et non... Tout dépend de l'angle de vue, en fait. Je préfère...
— Argh, Retiens-moi Sanphi. S'il me refait le coup de la téléportation sensorielle. je sens que je vais m'énerver pour de bon.
— Hum...Désolée de vous interrompre mais j'ai, non. Nous avons un problème, là.
Tous les regards se braquèrent sur Rachel qui regagnait son siège. Un rose soutenu sur les joues, elle s'assit et se mit en devoir d'expliquer.
— Il semble qu'un forumeur mécontent se soit introduit dans la régie de JVSAT. Il a décidé d'occuper les locaux tant qu'il n'aura pas obtenu les résultats de son texte. Il m'a chargé de vous transmettre un message, mot pour mot. Il a bien insisté là-dessus.
Rachel prit une profonde inspiration et lut quelques lignes griffonnées à la hâte sur un carnet.
— Cela fait presque un mois qu'on attend ! Alors, à quand les résultats ? Je m'y étais préparé comme un lion...alors si je n'ai pas mon commentaire dans les prochaines minutes, je me plains en direct à l'antenne. On est plus à ça près, hein alors magnez-vous le train. J'attends moi !
Rachel reprit à mi-voix, passablement gênée :
— Nous sommes face à une situation délicate qui ne s'était encore jamais produite chez JVSAT. Je veux dire qu'il ne s'agit pas d'une simple prise d'otage de la régie. Je suis certaine que le problème peut se régler sans violence. A vrai dire, il en va surtout et avant tout, de la réputation de la chaîne qui risque d'en pâtir si cela prend trop d'ampleur. Vous comprenez ?
— Ha, Tritchou qui s'impatiente. Ça faisait longtemps ! commenta Sanphi avec un grand sourire.
— "Magnez-vous le train" ! Tri-tchou la triple locomotive qui démarre au quart de tour ! Mouhaha... Heu, désolé Rachel, c'est pas drôle, pas drôle du tout...C'est sorti tout seul, en fait.
Rachel qui fusillait du regard un Say s'efforçant de recouvrer son sérieux, répliqua d'un air pincé :
— Le forumeur devait rester anonyme. C'est la raison pour laquelle, je n'ai pas mentionné son nom.
HIC : Anonyme dans un concours, mais bien sur ! ... Allez, on en enchaîne sur Tritchou, ça nous évitera de dire bien des conneries. Alors "le Diamant du diable"... Je dirais que le sujet est appliqué à la lettre. Trop.
SAY : Pétrolette ! vous saisissez ? trop lettre...Ouais, il y a une lettre en moins. C'est nul.. Heu, moi j'ai l'impression qu'il s'est inspiré du Seigneur des Anneaux, niveau scénario. Je sais pas, un bijou qui a sa volonté propre, qui passe de main en main en détruisant tout sur son passage...ça vous rappelle rien ? Enfin, c'est surtout la façon dont l'histoire est présentée qui y fait penser.
SANPHI : Je suis d'accord avec Say. En soi, reprendre un vieux classique ne me dérange pas à condition qu'il se distingue sur la manière dont il est traité : un style avec du caractère, une approche différente, etc. L'ennui ici, c'est que ce n'est pas assez étoffé.
HIC : Il y a pourtant une succession d'idées qui émergent mais elles sont plus ou moins obscures et sans grand lien entre elles. Bref, c'est assez confus.
SAY : Fébrèze fusa, c'est con.
HIC : Quèsaco ?
SANPHI : Un anagramme. Ne fais pas attention, ça va lui passer. Mais je vois ce que tu veux dire. Une phrase ou deux par action, c'est maigre quand même. Je crois en fait qu'il a voulu caser à toutes force ses idées les unes après les autres. C'est ce qu'on appelle le syndrome du résumé.
SAY : C'est ça ! l'ennui de cette histoire, c'est qu'elle ne peut être bien qu'en étant étalée sur le long terme...ici, en deux pages Word, ça rend moyen.
SANPHI : hum... pas de jeux de mots à l'horizon. Il y a du progrès. Sur ce point donc, on est d'accord.
SAY : Tir top, Duc ! Sans dec, on concorde.
HIC : Duc !? Ha oui, garder son calme et continuer... Un truc en passant qui m'a paru un peu contradictoire. On sait que le diamant est l'objet d'une guerre ancestrale des clans, ça suppose donc qu'il soit à peu près passif. Alors pourquoi il se réveille un jour en décidant de tout casser ?
SAY : Tu as ce sort : le fait que le diamant entre dans la poitrine, puis en ressort aussitôt sans qu'on sache pourquoi.. Ah et aussi, un diamant qui "aspire goulûment" un cœur, sans plus d'explication. C'est...Heu, rat gens.
SANPHI : Irrécupérable... mais j'aime bien "tu as ce sort". Not so bad, Say !
HIC : C'est ça, encourage le pendant que tu y es... Garder son calme et continuer...
SANPHI : Désolée, Hic ! Promis, j'arrête et je me concentre.
SAY : Roh ! Compris mec, j'enterre, je note raté.
HIC : J'ai envie de .... Garder son calme et continuer...hum, parlons de la forme. Bon, il y a quelques fautes mais rien d'horrible, ça reste dans la moyenne.
SANPHI : Je te rejoins assez. Il s'agit essentiellement de problèmes d'accent et de ponctuation. Pas mal de verbe être qui se retrouvent aussi dès qu'il décrit quelque chose.
HIC : Parfait. Say, une chose à rajouter ?
SAY : Un écho fait par Say : teaser à jour !
HIC : Mais c'est pas vrai ! Il l'a refait !
SANPHI : Rachel, un coup de main ne serait pas de trop, je crois.
HIC : Ah oui, grader son clame... et... tuerticon, argh... j'en peux plus...
SANPHI : Mais non tu vas pas le tuer, enfin... Rachel, c'est quand tu veux ! Hey ! qu'est-ce tu fous ? j'y crois pas, tu prends des photos ! Say, do something !
Rachel sentant le danger, se baissa mais beaucoup trop tard. Rapide comme l'éclair, Say lui jeta la tête d'ail qu'il avait gardée depuis le début de la soirée, avec la dextérité et l'entrain d'un joueur de base-ball. Sanphi eut à peine le temps de voir le projectile improvisé voler à travers la pièce, venir frapper la poitrine de la journaliste pour disparaître ensuite dans les méandres de son décolleté, qu'aussitôt, une ceinture de robe de chambre claqua dans l'air, aussi acérée qu'un fouet. Tel un serpent, elle s'enroula autour de l'appareil, mordant au passage les doigts de sa propriétaire hébétée, avant de l'arracher brutalement de sa main. C'en fut trop pour Hic qui se redressa, la figure congestionnée, prêt à en découdre. Sous l'impulsion, sa chaise se renversa bruyamment sur le sol. Inquiète pour de bon à présent, Sanphi suivit le mouvement, plus calmement néanmoins. Son cerveau, quant à lui en ébullition, élaborait d'un côté mille scénarios pour se sortir de ce guêpier, de l'autre, analysait avec minutie la progression du réseau de veines bleues qui enflait à vue d'œil le long du cou de Hic, tout en calculant froidement les probabilités que la lourde table en verre séparant les adversaires, souffrît de la confrontation qui apparaissait inéluctable. Say, complètement inconscient de ce qu'il avait provoqué, leur tournait le dos. Il ramassa l'appareil photo et le fourra dans sa poche, non sans gratifier d'un large sourire de satisfaction, une Rachel, encore rouge de fureur contenue.
— Hmpf, gar...hmpf...cal..hmpff...con... écho...fait par...ha teaser... teaser ! Ha, haha... à jour ! hah aha... l'image est, haha...hahaha !
A la surprise générale, Hic, de furieux incontrôlable, était passé à hilare inoffensif, et ce, d'une seconde à l'autre. Après quelques minutes occupées à recouvrer un semblant de calme, il leva les derniers doutes de chacun.
— Lamentable... Je crois que ça fait trop longtemps que je suis avec vous et ça ne me réussit pas. Pfff... Allez, je vais nous chercher un truc à boire, ça va me détendre. Viens m'aider Rachel.
Rachel le suivit à contrecœur. Avant de tourner les talons cependant, elle se paya le luxe de fusiller Say d'un regard meurtrier. Après leur départ, Sanphi s'autorisa enfin un soupir de soulagement.
— Ben je suis bien contente. Je nous voyais franchement mal partis là. Enfin surtout toi. Tu réalises au moins ?
— Mouaf, il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. Comme on dit chez moi : argent facile !
— Ça t'est toujours pas passé, hein ? D'accord. A nous deux. On va voir si tu tiens la distance : face intégral ?
— pff ! T'es pas de taille : farce antigel !
— On verra, Say : face triangle ?
— Hum, angle créatif
— Cigare et flan
— Je suis sûr que tu commence à être à court, hum... agile et franc
— Désolée mais non : ce fier galant
— Arf, je les entends revenir. Attends...je sais ! Ange, ça flirte. Pas mal pour finir en beauté non ?
— Une seconde, tu n'as pas encore gagné Say. Je vais trouver...
Mais les secondes défilaient et le sourire triomphant de Say s'élargissait. Rachel fut la première à rentrer dans la pièce chargée d'un plateau. Alors qu'elle disposait les verres sur la table, Sanphi se pencha légèrement vers Say et lui souffla à l'oreille :
— Pas mal la serveuse, tu ne trouves pas ? Pour finir en beauté, je dirais : garce et final!
Say en oublia le jeu et éclata de rire. Rachel, devinant qu'elle devait être la cible d'une mauvaise plaisanterie, lui lança un regard mauvais.
— De quoi vous parlez tous les deux ?
— Mais de toi, bien sur !
Rachel s'apprêtait à rétorquer lorsque Hic lui coupa l'herbe sous le pied en appelant à trinquer à la ronde. L'idée semblait bonne à tous points de vue, car personne ne leva le nez de son verre avant de l'avoir pratiquement éclusé.
— Hum, je ne me rendais pas compte à quel point j'avais soif ! C'est très bon, un peu acidulé peut être... mais je n'arrive pas à déterminer ce que c'est, commenta Hic
— Bah, c'est plutôt à ma sœur qu'il faudrait poser la question. Elle adore préparer des jus de fruits qui sortent de l'ordinaire... Mais je crois me rappeler pour le dernier qu'il contient de la goyave, de l'ananas et un troisième truc avec un nom imprononçable. En tout cas, pas une once de liquide vaisselle là-dedans, pas vrai, Say ? ... Say ! Tu te sens bien ?
— Un peu fatigué mais très bien, pourquoi ?
Caprice du corps humain ou sort mystérieux, le visage de Say changeait de couleur comme si une main invisible étalait peu à peu une crème jaunâtre sur sa peau. En quelques secondes à peine, la figure ronde du garçon prit l'aspect d'un coing bien mûr ; Hic, bien que secoué par le spectacle, fut le premier à se ressaisir et il enchaîna d'un ton qui se voulait à la fois rassurant et convaincant.
— Pour rien, tu es juste un peu blême. La fatigue sans doute. Allez, la pause est finie, on s'active ! Je vous rappelle que j'ai des tas de révisions qui m'attendent, entre autres. Tiens Sanphi, choisis le prochain texte.
— On devrait peut être...elle se tut sous le regard assassin de Hic et changea de sujet.
SANPHI : D'accord, je propose Le Maître et son texte "il savait"... Ce texte m'a donné bien du mal, Je suis très partagée à dire vrai. Commençons par le sujet. J'ai bien aimé l'idée du dialogue qui s'instaure entre Marc et son frère outre-tombe par le biais d'une lettre. C'est à la fois simple et original parce que la lettre en devient un véritable personnage en campant les pensées et les réactions d'un autre - Eric - jusqu'à le rendre vivant. Bref, pour moi, le sujet donné est vraiment respecté et très bien exploité pour le coup. Plus encore quand on songe qu'en réalité, ce n'est pas Eric qui se dévoile vraiment à travers la lettre mais l'opinion que s'est forgée Marie sur son mari, son mariage et la relation qu'elle entretient avec Marc. Quelque part, la lettre traduit donc son analyse lucide sur sa vie et explique aussi ses mobiles. L'objet est donc vraiment au centre de l'intrigue, c'est le cas de le dire. Bon, après, je vous l'accorde, C'est une idée capillotractée, mais j'aime beaucoup la manière de réfléchir de l'auteur...Ha, je ne sais pas pourquoi mais je sens que je vous ai filé un mal de crâne carabiné, là.
SAY : T'inquiète, on est rodés. Pour ma part, au contraire, l'idée de départ n'est pas forcément très originale mais, bon point tout de même, ce phénomène est rattrapé par le rythme donné par l'enchaînement "lettre/Eric" et l'envie de savoir la suite qui est produite. Autre chose qui concerne l'objet, un point faible dans le scénar : le fait que le narrateur lise la lettre au bon rythme, c'est légèrement abusé.
HIC : Tiens, c'est marrant, je ne vois pas ça pareil. J'ai vraiment beaucoup aimé les allers-retours entre la lettre et le narrateur ; et, justement la quasi-prescience d'Éric, le fait que le narrateur s'aperçoive que l'autre le connaissait beaucoup mieux que ce qu'il croyait, etc.
SANPHI : Tant qu'on est dans les personnages, il y a du bon et du moins bon. Dans les bons, je parlerai d'Eric qui bizarrement, m'a paru plus consistant que Marc. Enfin, je dis ça parce que la plupart du temps dans un récit à la première personne, c'est plutôt le narrateur qui prend le pas. Là, c'est presque l'inverse et c'est un joli coup. Et il y a Marc aussi. Le fait que Marc soit très loin d'être un saint mais plutôt un joli petit pourri avec un complexe d'infériorité en plus. Je trouve que ça change agréablement du narrateur qui a tendance de manière générale à être quelqu'un de neutre, l'observateur ou le gentil de service. Dans les moins, je citerai Le personnage de Valéry qui est fantomatique et sert juste de support à l'intrigue... Marie aussi est floue. Son passage est trop court et les pensées de Marc ne la dépeignent pas suffisamment pour lui donner une réelle crédibilité. Néanmoins je nuance mes propos quand même, rapport à la lettre et ce que j'ai expliqué à son sujet.
SAY : Fiou ! le jus de goyave t'a donné la pêche, on dirait. Bon, les personnages, on a fait le tour, je crois bien, donc place à l'histoire. Je dois dire que de manière générale, j'ai bien aimé. Le récit est rempli de petites anecdotes, qui rendent véritablement l'histoire intéressante, et montre que l'auteur y a réfléchi, comme le fait que le frère ne veuille pas être banal, ou encore ses petites phrases pleines d'ironie assez bien placées. Bref, je ne vais pas tout citer. Ensuite, la chute quand même. Honnêtement, je ne m'y attendais pas.
SANPHI : Il y a des trucs que j'ai bien aimé aussi comme le fait que le récit soit la conclusion d'une histoire commencée bien avant. C'est sympa parce que ça laisse de l'ouverture sur les interprétations. Idem pour la phrase de fin qui laisse entendre que ce n'est pas fini. Bon, je ne reviens pas sur le coté traps qui m'a beaucoup plu aussi.
HIC : Ben, pour moi, c'est un avis en demi-teinte. Autant la première partie, jusqu'à ce que Marie arrive en fait, est vraiment pas mal, c'est vrai. Par contre après, ça se gâte. L'intrigue devient tarabiscotée et la cohérence ne suit pas.
SAY : C'est vrai que l'intrigue est un peu tirée par les cheveux... Mais bon, je n'ai jamais dit que tout était rose, non plus. Une chose qui m'a dérangé. le fait que la femme ait écrit une lettre où elle finissait elle-même par être poursuivie. Quel intérêt ? Par souci de crédibilité ? Et pourquoi avoir continué à la lire jusqu'au bout ?
SANPHI : Ouais, ce n'est pas simple. Je suis assez partagée, moi aussi. Il y a là un bel effort de ficeler une intrigue bien serrée et de surprendre le lecteur mais ce n'est pas encore assez maîtrisé.
HIC : Exactement. Une intrigue pleine de dénouements et de faux-semblants peut être sympa, mais je pense que l'auteur a trop voulu chercher la complication. Il serait resté dans les limites de ce qu'il maîtrisait, il s'en serait très bien sorti.
SANPHI : Alors là, je ne suis pas d'accord avec toi. C'est vrai, on peut toujours choisir la sécurité et rester dans ce qu'on maîtrise. Mais au final, on n'évoluera pas de cette façon. Il faut, et c'est essentiel, savoir se lancer sur des choses où on n'est pas sûr de soi, quitte à se planter. Je dirais même que c'est nécessaire de se planter pour s'améliorer. Tout ça pour dire que, oui il y a des défauts, mais sincèrement, je salue la tentative de l'auteur de sortir des sentiers balisés.
SAY : Hum, je suis en train de penser que pour le coup de la lettre qu'elle lit jusqu'au bout, on peut raisonner ainsi : la fille a lu sa lettre, histoire de faire vraiment comme si elle n'avait pas organisé tout ça, non ?
SANPHI : Alors que Marc agonise et qu'elle est seule ? Non, franchement il n'y a plus aucun intérêt. Mais bon, il y a d'autres points qui m'ont chiffonné. Le message tracé avec le sang sur le mur qui est un peu too much. Je crois que l'auteur voulait faire un effet de rappel avec ce que décrit "Eric" dans la lettre mais je trouve que ça apporte surtout un effet de théâtre. Il y a le paragraphe aussi où Marc s'exprime après sa mort. Ça donne un peu l'impression d'avoir été placé là pour donner des explications au lecteur, beaucoup trop d'explications pour que ça passe. Il aurait fallu diluer davantage. Dernier point et j'arrête là : la mort de Marc. J'aurais aimé que ce passage soit plus fouillé. Je parle du moment où Marie le poignarde. Le récit ne marque pas la rupture qui devrait être brutale et contraster avec le moment de douceur qui le précède. Là, les sensations sont trop minimisées, trop "intellectuelles", surtout pour un texte à la première personne. Pour reparler de Marie aussi, on ne voit pas ses sentiments se traduire sur son visage, dans ses gestes.
HIC : Ouais, je remarque que tu critiques pas mal quand même pour quelqu'un qui loue les efforts de l'auteur.
SANPHI : L'un n'empêche pas l'autre, tu sais. Ce qui me fait penser que j'ai oublié de parler du dessin au dos de la lettre. Ce n'est pas le procédé en lui-même qui peut être sympa mais plutôt ce que le dessin décrit et la petite remarque de Marc juste derrière. C'est trop révélateur. Dès ce moment là, l'intrigue m'est devenue claire pour une bonne partie. Et ça, c'est très énervant !
SAY : Bon et si on parlait du style ? Je sais que ça ne fait pas l'unanimité, mais j'aime ce style parlé, que l'on entend en lisant. Ici, pas de problème de ce coté. Bien sur, il n'est pas parfait. Mais bon, la première personne est maîtrisée, le but de l'auteur est atteint à ce niveau, à mon avis.
HIC : Comme Say. J'ai bien aimé et j'ai trouvé que le choix d'un style assez oral collait bien avec l'intrigue. Bon après c'est pas exceptionnel. Il y a quelque fautes d'étourderie mais ça reste correct.
Ceci dit, moi j'aurais quand même vu plus percutant au niveau du style, ça n'engage que moi mais ça aurait grandement relevé le niveau.
SANPHI : Je suis d'accord. Le style de manière générale est honnête et efficace. Le ton est épuré, posé aussi. Je m'attarderai juste sur un truc que Hic a aussi relevé. L'oralité du texte qui n'est pas assez assumée. Il y a quelques tournures qui se rapprochent plus du registre classique de l'écrit et ça enlève du naturel au récit. Avec un style oral plus prononcé, il aurait pu donner un ton plus percutant à certains passages clés.
SAY : Mouais, moi, un seul truc m'a gêné mais c'est un détail. Les parties "lettres" et les parties "réelles" auraient dû être différenciées, par de l'italique pour la lettre, par exemple, ou encore des guillemets pour JV.
SANPHI : Tu l'as dit, c'est un détail...J'ai l'impression qu'on a fait le tour du sujet, non ?
Elle jeta un coup d'œil à Rachel qui raccrochait au même instant et l'interrogea du regard. La journaliste soupira, puis se réfugia derrière son verre, n'ayant manifestement aucune envie de répondre.
— Tritchou est toujours là-bas, c'est ça ? devina Sanphi.
— J'avais dit pas de nom. C'est quand même pas sorcier ! Bon... pour tout te dire, il est en train de rendre fou la rédaction. J'ai mon patron qui commence sérieusement à grincer des dents. Toute cette comédie le fatigue et moi aussi, figure-toi. On ne pourrait pas aller au principal et donner le classement, franch...
Rachel s'interrompit brusquement et se leva, comme prise de court. Machinalement elle leva la main, effleura l'une de ses boucles d'oreille mexicaines en or. La seconde d'après, la moue suspicieuse mêlée d'un brin d'anxiété, elle sommait d'un ton haut perché à chacun de répéter une phrase, toujours la même. Trop surpris pour protester et sentant sans doute qu'il ne s'agissait pas d'un pur caprice, Sanphi, Say et Hic s'exécutèrent les uns après les autres. A chaque fois, la tête de la jeune femme s'agitait avec le même hochement bref, ce même geste de dénégation nerveux, comme pour dire qu'elle ne comprenait pas, qu'elle n'acceptait pas ce qu'elle entendait. Sa voix tremblait légèrement lorsqu'elle conclut enfin.
— Je n'arrive pas à... Pourtant je devrais après tout ce temps passé avec vous...
— Tu devrais quoi ? demanda gentiment Say qui s'était légèrement avancé vers elle. Rachel sursauta et aussitôt se rencogna sur son siège. Le souvenir de ses derniers démêlés avec lui était encore bien trop frais pour l'autoriser à se détendre en sa présence.
— La voix... Je n'arrive pas à la reconnaître.
— Comment ça, quelle voix?
— Celle que j'entends depuis tout à l'heure. Au départ, je croyais que vous me faisiez une blague mais non, c'est... Je ne sais pas ce que c'est, en fait. C'est ça le pire.
— Hum, pourquoi pas la voix de ta conscience, hein Rachel ? plaisanta Sanphi
— C'est pas drôle !
— Et qu'est-ce qu'elle racontait ? la voix, je veux dire.
— Voyons hic, réfléchis ! rétorqua Say, elle disait "t'inquiète, c'est presque fini", n'est-ce pas Rachel ?
— La dernière fois, oui mais je l'ai entendu aussi s'énerver et puis rire quand tu..heu, m'a pris l'appareil. En toute franchise, vous n'avez rien entendu, rien du tout ?
— Moi si, depuis le début en fait, répondit Say si sérieusement que personne n'aurait pu douter de sa sincérité.
Sanphi et Hic, très synchrones dans leur réaction, après avoir considéré une seconde le jaune éclatant de son teint, s'entre-regardèrent l'espace d'un frisson et d'un même mouvement, repoussèrent leurs verres avec répugnance. Rachel, elle, se contenta de dévisager Say d'un air ahuri, attendant simplement.
— Regarde sous ton siège, fut la seule réponse de Say. D'un seul geste, tout le monde se pencha sous les jupes de Rachel, elle la première ; Elle fut aussi la première aussi à se relever, furibonde.
— Dis, tu me prends vraiment pour une débile ? Tu crois que ce vieux magné...Titimathy aurait pu m'abuser ?
— Nan, mais c'est pas une blague, hein. Il prenait trop de place sur la table, donc voilà quoi ! Bon c'est vrai que j'aurais pu lui couper la chique mais ça n'aurait plus été la même ambiance après. Je pouvais quand même pas deviner que tu avais des tendances Jeannesques, hé hé.
— Jean—nesque ! tu... laisse tomber. Je ne vais pas m''amuser à discuter avec le jaune de service. Il reste un texte en lice, n'est-ce pas ? Alors allons-y. Tout plutôt que d'entendre des conneries pareilles.
— Jaune ? mumura Say à Sanphi, son cas se confirme, on dirait...
— Fais pas attention. Elle a un cheveu sur la langue et sa tête fourche par moments. C'est Rachel quoi... Allez, à toi l'honneur du dernier.
SAY : Ok, PotagerDePapa, donc... Une fois n'est pas coutume, on va commencer par le style. Je dirais que dans l'ensemble c'est bon, agréable a lire, on le lit sans le voir passer.
HIC : Bah, de ce côté là, je n'ai rien de vraiment particulier à ajouter. Quelques fautes, un ou deux verbes au mauvais temps, mais à part ça c'est plus que correct. L'écriture est maîtrisée sans que l'auteur n'essaye d'en faire des tonnes, pour moi c'est bon.
SANPHI : Tu as déjà relevé le principal et je suis globalement d'accord. Je souligne juste la concordance des temps qui peine un peu, avec du présent au milieu du passé, un conditionnel au lieu de l'imparfait et du passé simple qui mériterait d'être à l'imparfait dans certains passages. Ce n'est pas catastrophique mais ça reste un point à surveiller.
SAY : Mais scénaristiquement, je suis moins enthousiaste...bien que ça se lise vite, le scénario est assez pauvre et finalement pas assez accrocheur au fond.
HIC : L'idée de départ est assez bonne, je trouve.
SANPHI : C'est vrai. Elle est relativement simple et bien exploitée, elle aurait pu donner quelque chose d'excellent. Cependant, je dois avouer qu'au final, ma lecture m'a laissé un peu sur ma faim. L'ensemble est correct mais manque de relief, je dirais. C'est dommage, j'aime assez la cuillère dans le rôle de bourreau /sauveur.
HIC : Et puis on remarque quelques incohérences : par exemple, s'il a les cheveux grisonnants, on peut penser que John accuse un certain âge. En tout cas qu'il n'est plus un ado. Pourtant la situation rappelle parfaitement les lendemains de fête où il faut tout ranger avant que papa-maman rentrent, vous voyez le tableau ? Alors forcément, c'est bizarre de voir un "vieux" dans cette situation.
SAY : Moi, c'est surtout la chute qui m'a paru un petit peu tirée par les cheveux, tout de même.
HIC : Ha oui, sa réaction face à la mort, j'avoue que moi aussi j'ai tiqué. Je sais pas si John est toujours sous l'influence d'une quelconque substance quand il avale sa cuillère – ce qui est déjà improbable en soi – mais je trouve que ça n'a pas l'air de lui causer trop de soucis. On peut comprendre que son monde s'écroule si sa femme le quitte, mais de là à être heureux de mourir...
SANPHI : Bah, la cuillère qui se coince, la comédie du teenager vieillissant fliqué par sa femme, seraient mieux passées je pense, si l'auteur avait choisi de traiter le récit sur le plan de l'humour, juste un brin décalé.
HIC : Par contre, j'ai bien aimé le fait que l'auteur laisse une fin ouverte. Pas vous ?
SANPHI : Je plussoie. L'intro aussi m'a plu, presque davantage. Cette entrée en matière par une description qui laisse place à l'imagination, tout en demeurant fidèle à l'objet, de même l'effet de conclusion apportée en début de récit. C'est pas mal amené, je trouve.
SAY : Bon si je résume, c'est globalement bon pour Hic avec un bémol pour les incohérences, Sanphi est séduite par l'idée mais ça manque de relief et moi, un style bon mais je n'ai pas vraiment accroché... Et vous savez quoi ? on a ...Fi-ni !!!
— Cela fait presque un mois qu'on attend ! Alors, à quand les résultats ? Je m'y étais préparé comme un lion...alors si je n'ai pas mon commentaire dans les prochaines minutes, je me plains en direct à l'antenne. On est plus à ça près, hein alors magnez-vous le train. J'attends moi !
Rachel reprit à mi-voix, passablement gênée :
— Nous sommes face à une situation délicate qui ne s'était encore jamais produite chez JVSAT. Je veux dire qu'il ne s'agit pas d'une simple prise d'otage de la régie. Je suis certaine que le problème peut se régler sans violence. A vrai dire, il en va surtout et avant tout, de la réputation de la chaîne qui risque d'en pâtir si cela prend trop d'ampleur. Vous comprenez ?
— Ha, Tritchou qui s'impatiente. Ça faisait longtemps ! commenta Sanphi avec un grand sourire.
— "Magnez-vous le train" ! Tri-tchou la triple locomotive qui démarre au quart de tour ! Mouhaha... Heu, désolé Rachel, c'est pas drôle, pas drôle du tout...C'est sorti tout seul, en fait
=> J'ai rit!
Et j'accepte les critiques, sauf le fait que je ne me suis pas inspiré du seigneur des anneaux en fait et je n'y avais pas pensé.
Alors pourquoi il se réveille un jour en décidant de tout casser ?
SAY : Tu as ce sort : le fait que le diamant entre dans la poitrine, puis en ressort aussitôt sans qu'on sache pourquoi.. Ah et aussi, un diamant qui "aspire goulûment" un cœur, sans plus d'explication. C'est...Heu, rat gens.
=>Il sort en fait souvent, je ne l'ai peut être pas assez dévellopé!
On sait que le diamant est l'objet d'une guerre ancestrale des clans, ça suppose donc qu'il soit à peu près passif
=> Passif quand il n'est pas bradé à prix d'or ou qu'il n'en fait pas voir de toutes les couleurs à sa victime! ![]()
Pour la première fois de la soirée, Rachel esquissa un vrai sourire. Les affaires reprenaient. Il y allait y avoir enfin du concret exploitable à mettre en boîte, ce qui signifiait quitter définitivement cette maison de fous où elle avait gaspillé un dimanche entier. Son enthousiasme perdit en fraîcheur cependant, lorsqu'elle réalisa que loin de se presser, les membres du jury bavardaient à bâtons rompus. Elle réfréna son envie de hurler, jugeant préférable de s'en prendre à un seul d'entre eux plutôt que de faire front à trois personnes en même temps. Sa patience fut récompensée lorsque Hic et Say se levèrent, l'un pour aller aux toilettes, le second pour se réapprovisionner en jus de fruit. A choisir, Rachel n'aurait pas opté pour Sanphi mais le moment était parfait pour attaquer. Et sans plus attendre, elle s'y attela.
— Ça serait bien d'avoir les résultats maintenant, tu crois pas ?
— T'inquiète, c'est presque fini.
— Ça n'a rien de drôle, Sanphi !
— Ha ? Ça l'était pour moi.
— Oh, tu m'en veux encore pour tout à l'heure ! Ecoute désolée, elle marqua une pause pour se rapprocher, ne le dis à personne mais le journal JV.Scuttlebutt paye très bien les bonnes photos et j'ai parfois besoin d'arrondir mes fins de mois, tu sais...D'ailleurs, si je pouvais récupérer mon appareil, ça serait bien.
— Le Scuttle-beurk ! J'aurais dû le deviner... Tu veux ton appareil ? Demande à Say !
— Je sens que je perds patience, là...
— Toi, toujours toi...Tu as comploté pour être ici ? Bien ! Alors assume, Rachel.
— Il y a un prob... Hic, qui revenait tout juste, fut brutalement interrompu par Say, qui d'un geste le tira en arrière et lui intima le silence ; précaution inutile car les deux filles, toutes à leur dispute, n'avaient rien remarqué. Instinctivement, Hic baissa d'un ton.
– Qu'est-ce qu'il y a ?
– Rien, rien du tout. Installe-toi et profite du spectacle. Tu veux à boire ?
– Heu...non merci. Le spectacle ?
– Ouais, si j'avais su, j'aurais ramené du pop corn aussi ... c'est trop tard maintenant. Je veux pas rater une seule seconde !
– Rater quoi, Say ?
– Roh mais la bagarre, tu vois pas ? Une baston de filles en plus, c'est trop bien !
– Une baston, et puis quoi encore ? Tu oublies que Sanphi est over zen.
– Peut être bien mais, tu vois la petite veine qui palpite sur le cou de Rachel ? Ça, mon pote, ça signifie qu'elle est über furax. Moi, je te le dis : dans dix secondes, elle se jette sur Sanphi.
– Au risque de se casser un ongle ? plaisanta Hic.
– Ha...j'avais pas pensé à ça... Il y avait de belle tomates dans le frigo, bien rouges, bien mûres...elles auraient mis l'ambiance, dommage !
– Tu sais, Say, tu me ferais presque peur parfois...
– Chut ! on va rater le début.
— Ce que tu oublies Sanphi, c'est que je ne suis pas la seule à attendre, tous les participants à ce concours attendent leur score depuis des semaines, des semaines !
— Je le sais bien et je m'en veux. Vraiment. Je sais qu'on a cafouillé, qu'on a abusé de la patience des gens. On s'en est excusé plus d'une fois d'ailleurs, même si on reste inexcusable. Mais – et là j'assume entièrement ce que je dis – ce n'est pas une raison pour bâcler.
— Attends, vous avez perdu des heures à commenter mais les gens s'en foutent, Sanphi. Ce qu'ils veulent, c'est le résultat, point.
— Je crois que tu n'as pas bien compris la signification d'un concours sur Ecriture. Je te la refais avec le dico de Sanphi. Le but est d'essayer de remporter la mise, c'est vrai, mais il s'agit également, et c'est tout aussi essentiel si ce n'est davantage, de confronter son texte à d'autres dans l'optique de s'évaluer de façon impartiale, de jauger ses points forts comme ses points faibles. C'est en ayant conscience de ce qui est à retravailler qu'un auteur peut avancer, envisager de s'améliorer. Certains partent de loin, d'autres un peu moins, mais dans tous les cas, la critique est nécessaire pour arriver à progresser ; d'où l'importance d'avoir des commentaires et de ne pas se contenter d'un classement brut de coffrage. Tu vois la nuance ? Enorme quand même...
— Ouais ben le préchi précha, le dragueur sans parler du jaune de service, schizo par dessus le marché, et qui m'agresse, hein, c'est bon, j'ai eu ma dose ! Je veux le score et je le veux maintenant !
— Hey ! je suis pas dans vos histoires, moi, s'écria Say.
Rachel fit volte-face, pas vraiment confuse de découvrir la présence de Say, encore moins celle de Hic. Elle était au-delà de ses appréhensions, bien trop furieuse pour ça. Au moment ou elle s'apprêtait à rétorquer, Say la devança.
— Au fait, tu devrais vraiment consulter pour ce truc là, tu sais.
Du doigt, il pointait sa bouche et Rachel eut le réflexe machinal de porter les mains à ses lèvres comme par crainte d'y trouver soudain une difformité innommable, puis secoua la tête, fortement agacée d'avoir accordé un tant soit peu de crédit aux propos du garçon.
— Non parce que ça relève plus du psychiatre que de l'orthophoniste, à ce niveau là. M'enfin bref...je vais profiter de cette pause, aller chercher quelques tomates bien rouges... des fois que...
Say lança un clin d'œil à Hic, fit mine de se lever et retomba assis presqu'aussitôt. Intrigué, Hic se tourna vers lui et ressentit à son tour une sensation de vertige. Une voix sortie de nulle part coassa à ses oreilles avec un timbre métallique :
— Ha, il va être l'heure d'aller dormir les papotiers du dimanche...
A côté de lui, Say s'écroula sur la table. Sanphi dans un soupir, murmura le nom de Rachel à son attention, puis s'effondra à son tour sur le plateau de verre. Hic s'évertuait à rester éveillé mais la torpeur le gagnait insensiblement, tandis qu'une brume semblait émerger du sol ; une brume argentée qui stagnait autour de la table. D'une manière étrange, seule la silhouette de la journaliste à trois pas de lui, demeurait nette à ses yeux. Plus aucune trace d'aigreur ne subsistait sur ses traits. Au contraire, elle lui souriait avec un mélange de compassion et de triomphe sauvage.
— Désolée mon vieux, ça n'a rien de personnel mais j'ai une mission à remplir.
Quasi somnolent, Hic se fit la remarque que la jeune femme avait un nez bien lisse, décidément trop lisse pour une humaine. La réflexion saugrenu lui arracha un hoquet de rire qui lui fut fatal. La sensation abrupte qu'une main géante pesait contre sa nuque et son crane, eut raison de ses dernières pensées cohérentes. La table se précipitait à sa rencontre à une allure affolante mais l'inconscience le cueillit en plein vol, et lui épargna le désagrément d'éprouver le choc de la collision.
— Vous étiez obligé de recourir eux effets spéciaux, genre brouillard et lumière ? dit Rachel. Elle paraissait s'adresser au mur.
— Héhé, c'est que j'aime réussir mes entrées, reprit la voix métallique.
— Mais où êtes vous d'ailleurs ?
— Oh, ici et là...Mais quelle importance ?
— J'aime savoir à qui j'ai affaire...et les forumeurs aussi d'ailleurs.
— Vous avez raison Rachel. C'est qu'il y a une telle pression que j'en oublie les bonnes manières...Qui je suis ? Je suis celui qui a ouvert ce concours et celui qui le clôturera... Je suis le quatrième mousquetaire du jury, celui qui se retranche dans l'ombre et agit au moment opportun pour aller à l'essentiel.
— Très jolie, la présentation, Titimathy.
— Merci mais trêve de bavardage. Il y en a eu assez, je crois...Ils sont mignons là tous les trois à dormir, inconscients de ce qui se passe... Je crois que ça va me manquer toutes leurs bêtises, leur insouciance, ha et puis leurs projets loufoques...Ha, quels rêveurs ! Pardon, je deviens nostalgique, c'est l'heure qui veut ça, sans doute. Allez, je me reprends et c'est partiiiiiii !
Pour cette première session, donc, nous avons eu sept candidats en lice, sept textes aux qualités et défauts plutôt variés, ce qui a donné beaucoup de fil à retordre au jury pour les départager, ce que vous avez pu constater, par ailleurs. Je rappelle que le gagnant se verra offrir par le modérateur un épinglage pour un de ses textes, ce qui est un coup de pub non négligeable. Pour les second et troisième, le jury propose de lire une fic de leur choix sur le forum. Un commentaire, c'est toujours bon à prendre, alors n'hésitez pas !
Un dernier mot avant de donner les résultats. Le jury tient à remercier les candidats pour leur participation, cela va sans dire, mais aussi pour la patience exceptionnelle dont ils ont fait preuve à son égard. Nous espérons qu'ils ne nous en tiendront pas rigueur et que nous les reverrons lors d'une prochaine session. En attendant, il est temps de clore celle-ci !
Et après un suspense insoutenable, voici le classement général ! Ca se joue à vraiment peu de choses au final ! Nous avons :
Dans le peloton de fin
– PotagerDePapa
– Wilson D Croco
– Tritchou
En troisième place
– Le Maître
En seconde place
– Kléor
Et, pour finir en première place, quelle surprise, des ex-æquo !
– FakeIsShit3
– Gromnax
Félicitation FakeIsShit3 et Gromnax !
Nous vous invitons à vous rendre sur le topic du modérateur pour faire part des textes que vous souhaitez épingler.
Félicitation aussi à Le Maître et Kléor !
Pensez à nous faire savoir sur ce topic les textes qui doivent être commentés.
Voilà, un grand bravo à tous ! Nous vous donnons rendez-vous pour la prochaine session, tout aussi nombreux, nous l'espérons, voire davantage, soyons fous !
— Et... c'est dans la boîte ! s'exclama Rachel soulagée, je félicite le jury comme les participants, et je vous dis à très bientôt pour un nouveau reportage, chers forumeurs, sur JVsat, la chaîne qui vous informe 24h/24 !
Un travail exemplaire, et une note digne de ce dont je me savais capable (Il est en effet temps que je vois ce que je sais faire, plutôt que ce que je ne sais pas faire).
J'aimerai longuement commenter ma critique, mais je laisserai simplement planer deux détails qui ne se veulent pas conséquents.
J'ai indiqué en réalité les passages des lettres par un encadrement de petites étoiles, ce qui n'a sans doute pas été pris en compte par JV.com ou la boîte mail (au début, ça mettait le texte en gras, mais je croyais que ça se mettrait sous forme de petites étoiles au final).
Et pour ce qui est de la fin, il y aurait un soucis de crédibilité avec ma fin alternative, car en effet, j'étais au départ parti sur l'idée que Eric soit le tireur de ficelles, pour qu'ensuite l'idée me vienne de compliquer la chose (mal m'en prit, j'imagine) et ayant pris conseil auprès de vous, j'ai fini par l'ajouter de façon à ce que les deux fins soient présentes. En réalité, il est vrai que j'aurai du éviter de tout compliquer, mais dans ma tête, ça marchait ^^.
Je tiens ensuite à citer un paragraphe qui m'a énormément plu :
" Je crois que tu n'as pas bien compris la signification d'un concours sur Ecriture. Je te la refais avec le dico de Sanphi. Le but est d'essayer de remporter la mise, c'est vrai, mais il s'agit également, et c'est tout aussi essentiel si ce n'est davantage, de confronter son texte à d'autres dans l'optique de s'évaluer de façon impartiale, de jauger ses points forts comme ses points faibles. C'est en ayant conscience de ce qui est à retravailler qu'un auteur peut avancer, envisager de s'améliorer. Certains partent de loin, d'autres un peu moins, mais dans tous les cas, la critique est nécessaire pour arriver à progresser ; d'où l'importance d'avoir des commentaires et de ne pas se contenter d'un classement brut de coffrage. Tu vois la nuance ? Enorme quand même... " Sanphi, 2011.
Et pour ce qui est de mon texte à commenter. Eh bien, je l'offre au plus rapide des membres du peloton de fin à s'en saisir. J'espère simplement recevoir un nouveau sujet sur lequel plancher, pour ne plus commettre mes erreurs et me hisser aux rangs de maîtres écrivains comme vous.
Waw, je m'attendais vraiment pas à gagner. Un grand merci aux organisateurs, avec non pas un mais deux grands G. GG donc
Je suis pris au dépourvu pour le topic à épingler, j'ai donc décidé de publier un texte qui aurait dû rester bien plus longtemps dans mon vieux PC pourri. Très flou (mais très clair à mes yeux), j'espère qu'il sera bien accueilli ![]()
Eh bien mes aïeux, on a mit le temps, mais ça y est, that's it !
C'est la fin de la première campagne de l'EWND ! On aurait pu mieux s'organiser, c'est vrai, on a mit du temps à vous satisfaire. Je pense qu'on pourra faire plus rapide.
Mais dans tout les cas, content de voir que cette experience vous as plu. Elle nous as plu a nous aussi (en tout cas à moi).^^
Donc, bravo aux gagnants !
PS : Le_maitre, toi qui parlais de toujours finir dernier...tu vois !
PPS : Envoyez du Sayesque !!!
Yeah, encore un bravo à tous !
Et je le redis, Le Maître, c'était bien de jouer le jeu et de tenter ! Keep going !
Tritchou, je suis contente si ton rôle special guest star, t'a fait rire. C'était le but recherché. J'espère que tu seras là pour la prochaine session et que tu t'y préparera "comme un lion", en prenant tout ton temps pour nous développer une intrigue d'enfer ![]()
Croco...
C'est Crono
Sinon, pour le réveil, je me suis inspiré du mien ![]()
Bravo aux autres concurrents, ma place m'importe peu!
Et pour ce qui est de mon texte à commenter. Eh bien, je l'offre au plus rapide des membres du peloton de fin à s'en saisir. J'espère simplement recevoir un nouveau sujet sur lequel plancher, pour ne plus commettre mes erreurs et me hisser aux rangs de maîtres écrivains comme vous.
=> Je préfère le gagner par moi même, donc non merci!
Tritchou, je suis contente si ton rôle special guest star, t'a fait rire. C'était le but recherché. J'espère que tu seras là pour la prochaine session et que tu t'y préparera "comme un lion", en prenant tout ton temps pour nous développer une intrigue d'enfer
=> Ok, on va essayer de vous sortir une intrigue "Digne de ce nom", la prochaine fois!
Je serais sûrement au rendez-vous!
Et si je les taquinait un peu!
A quand le prochain sujet? ![]()
Bientôt.
Et d'ailleurs, c'est évidemment moi qui ais tout écrit, donc toutes ces félicitations me reviennent, bien sur ! ![]()
Pas commencé qu'il est déja impatient le filou.
Le prochain sujet arrivera quand il arrivera !
Titi, ils vont te croire ! Il a rien glandé, ce soi disant vieux de la vieille ! ![]()
Je supervisais de mon statut de vieux manitou ![]()
Ouah ! Enfin les résultats ! ![]()
Un grand bravo, j'avoue que j'ai trouvé l'annonce des résultats et les commentaires très amusants ! ![]()
J'avoue que je ne m'attendais pas vraiment à gagner... Ca fait un choc ! ![]()
De grandes félicitations aux autres candidats, et à FakeIsShit3 !
J'espère que nous aurons l'occasion de nous départager à la prochaine session ! ![]()
Un énorme merci aux organisateurs pour ce concours palpitant ! ![]()
Alors là Wilson, I'm really Sorry. Egratigner un pseudo pour un concours, c'est mal, très mal ! Pour le réveil, je compatis aussi
Tritchou, Si tu veux te faire les dents, il y a toujours le concours "Faites moi" qui plonge gentiment. Profite-en, c'est Say qui régale ! Moi, je prends des vacances et en plus, j'ai un truc à écrire, je crois bien...
"Titi, ils vont te croire ! Il a rien glandé, ce soi disant vieux de la vieille !"
Mais si, Say, tu ne te rappelles pas ? Il faisait Chronos, et égrenait le compte à rebours dépassé de la bombe prête à exploser à chaque seconde.
Mais moi, j'ai ma citation collector, faite par un frère d'anniversaire, en plus, et toi, ton style inimitable, as well as mine
KidNovae = Gromnax, je présume ? Merci bien ! Félicitation à toi aussi by the way et n'oublie pas que tu as droit aussi à un épinglage ^^.
Si tu as l'occasion, passe aussi faire un tour sur le topic "Et si on écrivait un roman...", qu'on fasse un peu le point sur JV Tram. On t'a réclamé à corps et cris, là bas...C'est ça, d'être une star
Un grand hello à Hic aussi. On ne t'a pas oublié et on pense bien à toi. Bon courage, Mr Overburdened. On te mailera, c'est promis !
Tritchou, Si tu veux te faire les dents, il y a toujours le concours "Faites moi" qui plonge gentiment. Profite-en, c'est Say qui régale
=> J'ai déjà bien commencé cette chose là! ![]()
Oui, c'est bien moi, j'ai eu quelques démélés avec jeuxvideo.com et j'ai perdu mon pseudo pour 30 jours...
Pour le JVtram, je m'en occuperais très certainnement bientôt, mais vous pouvez faire encore quelque capitres sans moi ; j'ai encore pas mal de pain sur la planche. ![]()
Quant à ce topic... J'ai bien ma petite idée sur la question, mais y aura-t-il suffisament de place ? ![]()