CONNEXION
  • RetourJeux
    • Sorties
    • Hit Parade
    • Les + populaires
    • Les + attendus
    • Soluces
    • Tous les Jeux
    • Gaming
  • RetourActu Gaming
    • News
    • Astuces
    • Tests
    • Previews
    • Toute l'actu gaming
  • RetourBons plans
    • Bons plans
    • Bons plans Smartphone
    • Bons plans Hardware
    • Bons plans Image et Son
    • Bons plans Amazon
    • Bons plans Cdiscount
    • Bons plans Decathlon
    • Bons plans Fnac
    • Tous les Bons plans
  • RetourJVTech
    • Actus High-Tech
    • Intelligence Artificielle
    • Smartphones
    • Mobilité urbaine
    • Hardware
    • Image et son
    • Tutoriels
    • Tests produits High-Tech
    • Guides d'achat High-Tech
    • JVTech
  • RetourCulture
    • Actus Culture
    • Culture
  • RetourVidéos
    • A la une
    • Gaming Live
    • Vidéos Tests
    • Vidéos Previews
    • Gameplay
    • Trailers
    • Chroniques
    • Replay Web TV
    • Toutes les vidéos
  • RetourForums
    • Hardware PC
    • PS5
    • Switch 2
    • Xbox Series
    • Switch
    • Pokemon pocket
    • FC 25 Ultimate Team
    • League of Legends
    • Tous les Forums
  • PC
  • PS5
  • Xbox Series
  • Switch 2
  • PS4
  • One
  • Switch
  • iOS
  • Android
  • MMO
  • RPG
  • FPS
En ce moment Genshin Impact Valhalla Breath of the wild Animal Crossing GTA 5 Red dead 2
Liste des sujets

Liés

-Achene-
-Achene-
Niveau 10
06 avril 2010 à 13:27:28

Lu. Toujours sympa, beaucoup de belles descriptions luxuriantes qui nous font découvrir ce pays étrange. C'est un peu trop court pour faire avancer l'histoire, mais ça plante parfaitement le décor, donnant envie de découvrir la suite.

Deux détails :

Paupières closes, il prit une grande inspiration, puis il caressa l’écorce d’une rugosité familière, mais elle avait un touché différent, légèrement élastique
=> mais au touché différent me semble plus élégant.

Parfois, il s’arrêtait, l’examinait, puis repartait tournoyer dans l’air.
=> comment peut-on savoir qu'un insecte nous examine ? Peut être mettre un "comme si il l'examinait" ? De même, le fait que l'insecte s'arrête me gêne un peu. Peut être parler de vol stationnaire, ou un truc du genre ?

apoloj
apoloj
Niveau 7
07 avril 2010 à 09:36:34

"mais au touché différent me semble plus élégant. "
=> Bien vu.

"comment peut-on savoir qu'un insecte nous examine ? Peut être mettre un "comme si il l'examinait" ? De même, le fait que l'insecte s'arrête me gêne un peu. Peut être parler de vol stationnaire, ou un truc du genre ?"
=> Vol stationnaire, j'aime pas. ça briserait un peu la phrase, ici. Je vois pas trop comment modifier ça, mais je vais y réfléchir. Je pense voir ce qui te gêne. Pour ce qui est de se faire examiner par un insecte, je pense que tu as raison. Je vais reformuler avec l'idée : "semblant porter son attention sur"

Sinon, merci d'avoir lu.
Oui le but des premiers chapitres est surtout de planter le décor et d'expliquer un peu où il se trouve. ça n'a jamais été mon fort de décrire des décors, des paysages, de montrer un environnement détaillé autour des personnages. J'avoue que cette histoire est un gros terrain d'entraînement.
La suite arrive bientôt. :-)

yugoski
yugoski
Niveau 7
10 avril 2010 à 00:49:35

J'ai lu la suite et j'aime beaucoup. Des tas de descriptions certes, mais des descriptions fluides. La musicalité, la poésie de tes lignes sont comme des montagnes russes. On croit que c'est un rêve : la descente commence. On se dit que ça s'arrange : en fait ce n'est que le début.

Vraiment, beaucoup de classe, beaucoup de maîtrise. On reconnaît les chtis quoi lol.

Je n'ai pas repéré de faute d'inattention où de répétition, on te sent franchement impliqué dans ton texte et ça fait plaisir d'assister à ton "retour" si je puis me permettre.

Par contre, je me pose deux questions : quand allons nous connaître la suite et surtout Quel lien y'aura-t-il avec le prologue ?

apoloj
apoloj
Niveau 7
10 avril 2010 à 13:14:07

Merci de ta lecture, Yugo.
Content que ça te plaise.

La suite ? Elle arrive bientôt. :-)
Pour le lien avec le prologue... ça viendra plus tard. J'essaie d'écrire un roman et de développer au maximum l'histoire du monde et des personnages. ça risque d'être une fic' très longue. On reverra les personnages du prologue dans quelques chapitres.

Suledhel
Suledhel
Niveau 10
10 avril 2010 à 13:22:08

« Lilian tituba en direction d’un arbre pour l’examiner de plus près. Il était haut d'environ quatre mètres, recouvert d’une écorce aux teintes jaunes-orangées et il ressemblait vaguement aux saules pleureurs de son enfance. » jaune orangé, je dirais plutôt, les adjectifs de couleur composés restent toujours invariables

« Il n’eut pas peur d’être perdu, il ne fut plus inquiet d’avoir pu, par un horrible concours de circonstance, causer douleurs et peines à un quelconque individu, non, la peur qui le paralysa à cet instant était sa pensée, que, peut-être, il ne pourrait sustenter son envie d’alcool. Cette réaction le violenta au plus profond de son amour propre, comme une lame aiguisée qui se serait enfoncée dans son âme. » concours de circonstances, amour-propre

« Les cimes des arbres étaient immobiles, comme une photographie accrochée à l’arrière plan » arrière-plan

« Son ombre courait à ses côtés, s’étalant loin sur la plaine, se confondant parfois à celles des saules pleureurs. » se confondant avec celles, non ?

« Il sentit presque la rugosité de l’appui de la fenêtre sous ma main, le délicat parfum de la campagne de ses six ans, la voix rauque de son père emplie de ces sonorités agréables de conteurs talentueux. » de conteur, je dirais plutôt, ou « des conteurs talentueux »

« Les sifflements mélodieux dans l’air s’accentuaient et se faisaient l’écho de ses symphonies épiques qui accompagnent les plus grandes aventures. » ces symphonies

« Lilian tendit les bras bien haut vers le ciel et se tint sur la pointe des pieds, comme s’il eut voulu caresser ces animaux inconnus… » A nouveau je pense que « s’il avait voulu » serait sans doute préférable.

« ( Par delà le temps et l’espace, ce monde existe… ) » Par-delà

Sinon, j’adore ta façon de décrire cet univers dans lequel on se laisse totalement emmener. Un univers très beau, féérique, oui, et tes descriptions empreintes de poésie, fluides et musicales, ne font que renforcer cette impression. Et les sentiments et sensations de Lilian, également, sont toujours aussi bien dépeintes elles aussi, grâce à tous ces petits détails qui construisent peu à peu cette sensation de peur quand il est poursuivi, de malaise face à ces fleurs qui semblent l’observer et les propos tenus par cet étrange vieil homme, de nostalgie et d’émerveillement quand il repense aux histoires de son père… On découvre ce monde en même temps que Lilian, et pour le moment, j’adore ce voyage ^^ D’ailleurs j’ai toujours autant hâte de découvrir la suite, qui ou quoi est ce mystérieux Sydo ? Est-ce une coïncidence si le monde dans lequel Lilian se retrouve plongé ressemble tant à celui que son père lui avait décrit, tout en lui assurant à une ou deux reprises que ce monde existe ? Tout ça m’intrigue de plus en plus, je dois dire.

-Achene-
-Achene-
Niveau 10
11 avril 2010 à 11:49:22

Poy poy ! Toujours aussi bien, mention spéciale au paragraphe où tu alternes avec des phrases en Italique, qui rend extrêmement bien.
Que dire ? Hum, vraiment rien, continue ! Ah si, peut être l'histoire du paysage flou quand il court au début...ça signifie quand même qu'il court très vite, et donc ça ne va pas du tout avec le fait qu'il ai une démarche hésitante, comme tu le décris un peu plus loin.

apoloj
apoloj
Niveau 7
11 avril 2010 à 20:07:30

Sule :
--------

"se confondant avec celles, non ?" Oui, c'est même beaucoup plus mélodieux je crois. Merci ^^

J'ai apporté les autres corrections, notamment le "ses". Je sais pas comment j'ai pu passer à côté de ça. :rouge:

Merci de ta lecture. La suite arrive bientôt :-) Content que tout ça te plaise, en tout cas.

Ach' :
--------

"ça ne va pas du tout avec le fait qu'il ai une démarche hésitante"
=> C'est pas vraiment une *démarche* hésitante qu'il a, mais une course. Il court vraiment vite ( il est quand même poursuivit par un truc pas très engageant ), mais juste qu'il manque d'équilibre à cause de la peur, du manque, de son état de fatigue. De même le flou et le manque de détails dans le décor sont liés à ça. 'fin c'est peut-être pas assez clair en même temps. Je verrai si je peux pas améliorer ce point sans alourdir.

Sinon merci à toi aussi de rester fidèle à la lecture. :-)

apoloj
apoloj
Niveau 7
14 avril 2010 à 13:10:06

Chapitre troisième : Obscurité Glaciale.

Les doigts puissants du vieil homme s’enfonçaient dans les épaules de Lilian et le tiraient à l'intérieur de la maison. La jeune femme les suivit de près, claquant la porte dans une inquiétante précipitation. Lilian ne comprenait pas pourquoi ces mains d’une force étonnante trituraient son corps meurtri. Au fond de son esprit torturé s’agitaient une multitude d’états opposés et nombre de souvenirs qu’il aurait tant aimés perdus à jamais. Le conte de son père lui semblait avoir pris une dimension tout autre, comme ces cartes de vœux en relief qui s’érigent lorsque nos mains d’enfant les ouvrent, fébriles. Il avait aimé ces secondes de contemplation béate lorsque les créatures avaient déchiré la nuit, mais comme tous les instants heureux de sa vie, elles s’étaient tâchées de souvenirs sanglants. Il aurait voulu, à ce moment précis, sentir l’alcool glisser en lui et donner à sa vie le trouble de l’oubli salvateur, mais non, deux pouces écrasaient ses omoplates et l’emmenaient vers un lieu dont il ne savait rien.
- Léna ! Hurla le vieil homme. Le tapis ! Tu vas aller te réfugier à la cave avec lui.
Elle acquiesça d’un signe de tête et traversa le salon à grandes enjambées. Lilian restait bloqué par la douloureuse étreinte de son hôte, mais se débattit. Il secoua ses épaules pour se défaire de son détracteur, mais il sentit bientôt les doigts s’enfoncer plus avant dans ses muscles. La douleur lui arracha un cri violent et l’homme se pencha à son oreille.
- Cessez donc de vous débattre, imbécile ! Nous vous sauvons la vie !
Quelques faisceaux lumineux se dressèrent, pressants, au travers de la vitre du salon.
- Fais-vite, Léna. Ils seront bientôt là.
Lilian fut de nouveau traîné sur le parquet et il découvrit que la jeune femme avait retiré le tapis du salon et ouvert une large trappe où descendait un escalier sombre et lugubre. Il s’agrippa aux poignets du vieil homme et tenta de se libérer.
- Qu’est-ce que vous foutez ?!
- Désolé, Lilian, mais je serai plus prompt à répondre à vos interrogations lorsque nous serons en sécurité.
L’homme souleva Lilian et le jeta la tête la première dans l’obscurité. Il dévala une vingtaine de marches en roulant sur lui-même pour finir sa course sur un sol en pierre. Il se releva en gémissant et leva son regard vers la lumière du salon. Il se précipita sur les marches pour fuir l’obscurité, mais Léna se profila à contre-jour.
- Laissez-moi passer ! Cria-t-il en stoppant sa course.
Mais la jeune femme refusa et descendit les marches. Elle posa une main contre son torse et murmura quelques mots.
- N’ayez crainte. Je vous expliquerai tout lorsque le danger sera plus éloigné. Il en va de votre vie, Lilian. Il en va de NOTRE vie.
Il ne sut pourquoi, mais la voix assurée de Léna l’apaisa. Peut-être n’avait-il pas le choix après tout. Peut-être avait-il atterri dans une maison de fous furieux et épargnait-il sa vie en leur obéissant. Peut-être aussi avait-il besoin de croire ce qu’il voyait et entendait, de se sentir rassuré par une voix calme et posée, bien loin de sa probable folie. Peu importait quelle raison était la bonne, il décida de suivre la jeune femme dans la noirceur de la cave. Il sentit la main de Léna s’agripper à la sienne et la trouva d’une douceur exquise lorsque leurs doigts se mêlèrent, d’une tendresse comme il n’en avait plus senti depuis des années.
- La trappe va se fermer et nous serons dans le noir complet. Vous allez devoir me faire confiance, Lilian.
Sur ces mots, l’ombre du vieil homme s’abattit sur eux. Il vaporisa quelque chose dans l’air une sorte de gaz opaque, parcourant avec application le pourtour de cette trappe qui allait l’enfermer. Lilian et Léna se faisaient face, et lui, ne voyait que le visage ombré de la jeune femme, ses yeux bleus agréables et son sourire délicat. Puis la trappe se ferma sans bruit, et les ombres envahirent les traits de la jeune inconnue, dévorant son apparente tranquillité jusqu’à la plonger dans l’obscurité totale.
Ils entendirent le tapis glisser contre le parquet, scellant leur destin dans un timide bruissement. Lilian n’osait pas bouger de peur de se cogner et d’alerter ce qui allait bientôt débarquer chez son hôte, mais la main de la jeune femme se fit plus dure et l’entraîna dans les profondeurs du sous-sol.
- Ne parlez pas, Lilian. Il pourrait vous entendre… Suivez-moi, écoutez ma voix et il ne vous arrivera rien.
Rassurante. Sa voix avait une mélodie emprunte de calme et de beauté. Elle prononçait chaque syllabe avec minutie pour bien se faire comprendre. Chacun de ses mots chantait une musique apaisante. Lilian serra sa main, plus fort, pour s’imprégner de ce contact charnel au goût de lointain souvenir et y accrocha, sans s’en apercevoir, sa vie tourmentée et tous ses espoirs.

Léna marchait d’un pas assuré, presque mécanique. Elle guidait Lilian par ses doux murmures, lui indiquant où se baisser et les obstacles à enjamber. Elle marchait, frappée d’obscures réminiscences. Elle vagabondait dans son labyrinthe de ténèbres et de glaces, inscrivant en photographies mentales chaque recoin, chaque danger. Elle était le guide d’un homme qu’elle ressentait perdu et imbibé de souffrances hurlantes, un homme que la vie avait souvent frappé sans jamais l’aider à se relever.
- Attention à votre tête, Lilian.
Et elle entendit le froissement d’un vêtement dans l’obscurité, et les doigts tremblants de l’homme qui la suivait enserrèrent son poignet. Elle l’amena à son abri, celui qui l’avait tant aidée par le passé, et ils s’installèrent sur le sol de pierre, en tailleur.
- Nous resterons ici, le temps qu’Il s’en aille… en espérant qu’Il reparte sans nous. Vous pouvez chuchoter, ici, Lilian. Je ne pense pas qu’Il puisse vous entendre.
- Très bien…
Elle posa sa seconde main tout contre celles de son compagnon d’infortune et sentit ce qu’elle crut d’abord être toute la rugosité des paumes d’un artisan, mais très vite sa première impression s’évanouit lorsqu’elle s’égratigna sur un petit morceau de verre planté dans la peau de Lilian.
- Que lui est-il arrivé ? Pourquoi ses mains ont-elles tant souffert… ?
- Je suis tombé, lança-t-il comme un enfant qu’on réprimande.
- Pardonnez mon indiscrétion… Je me suis habituée à penser tout haut.
Mais ils n’eurent pas le temps de prononcer d’autres mots.

Un craquement sec, suivit d’un grondement sourd. La porte d’entrée s’écrasa sur le parquet dans un vacarme déconcertant. Ils entendirent des bruits de pas étouffés au-dessus de leur tête durant de longues secondes, puis tout cessa. Une voix rauque, froide et menaçante, s’éleva dans la noirceur de la cave.
- Bonjour, vieil homme.
Au son de cette voix, le cœur de Lilian s’emballa. Une douleur poignante, incisive, transperça son muscle cardiaque et failli lui arracher un cri de souffrance. Sa main écrasa celle de Léna qui ne parut pas réagir. La respiration du jeune homme se fit plus forte, plus lourde, emprunte d’une peur incohérente.
- Bonjour Sydo, hésita le vieil homme.
Il lâcha la main de Léna et roula sur le côté. Ses bras heurtèrent un objet, du métal froid.
Il sentit les doigts de la jeune femme courir sur ses jambes, puis il entendit sa voix, moins assurée.
- Que vous arrive-t-il, Lilian ?
- Vous n’auriez pas vu un étranger, vieil homme ? Reprit la voix rauque. Un homme perdu. Un homme aux pupilles bleues, bercées de folie.
Haletant, Lilian tâtonna le sol à la recherche de cet objet glacial qu’il avait senti contre sa peau et trouva bientôt de gros anneaux métalliques imbriqués les uns dans les autres, les maillons d’une chaîne à ce point épaisse qu’il eut des difficultés à en soulever l’extrémité.
- Non, Sydo… Aucune visite depuis des années… Nous vivons seuls, ici.
- Votre fille… Léna. Où est-elle ?
- A Séra. Elle y est allée en urgence. Sa tête bourdonnée de douleurs. Elle se devait de voir un guérisseur.
- Ils ne peuvent rien pour elle et vous le savez.
A cet instant, Lilian souffrait un martyr comme il n’en avait jamais connu. Loin de lui ces douleurs perpétuelles qui l’écrasaient lorsqu’il buvait. Encore plus loin de lui ces souvenirs qui hantaient chaque parcelle de son être. Ici, chaque objet qu’il sentait entre ses doigts ankylosés semblait lui lacérer la peau. Chaque son étouffé provenant de la conversation du dessus résonnait et cognait dans sa tête. La main de Léna, s’agrippant à lui avec force, était comme une lame qui l’éventrait. Cette noirceur qui les enveloppait pesait sur ses épaules, s’enroulait autour de sa gorge et tendait chacun de ses muscles jusqu’à leur dernière limite, semblant presque les déchirer en lambeaux.
Son esprit était devenu le pantin de ses peurs irrationnelles, et, cloisonné dans d’absurdes pensées, il s’égarait dans les méandres de sa déraison. Son bras s’empêtra dans la chaîne et il ne parvint pas à s’en dégager.
- Je le sais bien, reprit le père de Léna. Pourquoi êtes-vous là, Sydo ?
- Je cherche un fugitif. Il est… dangereux. ( Quelques pas chuintèrent sur le parquet, puis la voix de Sydo reprit dans un murmure. ) J’espère qu’il ne vous viendrait pas à l’esprit de cacher un étranger, vieil homme.
- Pourquoi ferais-je cela ? Vous êtes si bon… Vous êtes notre guide à tous. Je vous dois fidélité.
- Ah. Très bien. Dans ce cas vous ne verrez aucun inconvénient à ce qu’elle inspecte votre demeure, non ?
- Non bien sûr, allez-y.
Lilian sentit quelque chose s’agripper à sa gorge, puis serrer fermement jusqu’à ce qu’il ne puisse plus respirer. Son corps se souleva sans qu’il n’ait aucun contrôle sur ce qui lui arrivait et bientôt ses pieds ne furent plus capables d’effleurer le sol. Quelque chose le précipita très vite dans une direction, son dos vint finalement se plaquer contre un mur, avec délicatesse. La pression sur sa nuque se relâcha. Une chaleur près de son oreille capta son attention. Il ne pensait plus à l’obscurité.
- Vous devez vous calmer, chuchota la voix de Léna. Elle arrive. Ne bougez plus, ne parlez plus, ne respirez plus. Si elle sent votre présence, nous sommes morts… Elle arrive…
Un bruit violent suivit d’un petit claquement sec. Puis encore le même bruit et la même série de sons étouffés par les lattes du parquet. Quelque chose cognait le sol, juste au-dessus d’eux, une chose à la démarche lourde et pesante. Deux à deux, les sons se déplacèrent comme les pas réguliers d’une bête pataude et bien plus énorme que tout ce qu’il aurait pu connaître. Dans le silence éloquent de leur peur commune, une respiration saccadée s’éleva et se mêla aux cognements réguliers. Quelque chose reniflait. Quelque chose les cherchait.
- Une Odori, poursuivit-elle. Elle… sent… les êtres vivants. Et même les morts. Elle est capable de sentir un homme et de le suivre sur de longues distances… Mais mon père… mon père est un génie.
- C’est dangereux ?
Léna libéra sa violente étreinte, et les pieds de Lilian foulèrent à nouveau le sol. Elle plaqua l'une de ses mains sur la bouche de l'étranger. Il attrapa l'autre main de son amie d’infortune, et la serra comme si chaque seconde de sa vie n’avait été que le prélude à cet instant. Il s’agrippait à elle avec plus de conviction encore qu’à l’une de ses bouteilles d’alcool.
- Au bout de ses pattes, il y a de longues griffes… tranchantes comme la plus aiguisée des épées. Leurs dents sont à ce point acérées qu’il ne suffirait que de les effleurer pour se faire trancher la main. Leur odorat n’a rien d’égal dans le monde, surtout celle-là. L’Odori de Sydo est la plus dangereuse de toute. Je vous en prie… Ne dites plus un mot.
L’Odori marchait, juste au-dessus d’eux. A chacun de ses pas, le parquet craquait, vibrait et de fines pellicules de poussières glissaient sur le visage du jeune homme. Lillian ne bougeait pas. Il restait là, au creux des bras d’une inconnue, bercé par la chaleur de son corps, écoutant sa respiration calme et posée souffler à son oreille. Son étreinte le rassurait. Il se sentait enlacé d’un cocon salvateur qui le protègerai jusqu’à la fin de ses jours. Là, perdu au cœur d’un monde qu’il aurait aussi bien pu rêver, il se sentait bien.
Le cliquetis des pas réguliers de la bête s’arrêta. Une respiration rauque et saccadée se fit entendre, et, dans l’obscurité glaciale de leur abri, ils perçurent un frottement énergique le long de la trappe. L’Odori inspectait le tapis.

apoloj
apoloj
Niveau 7
14 avril 2010 à 13:10:49

- Qu’y a-t-il sous ce tapis, vieil homme ?
- Rien que lattes de bois, Sydo. Rien d'intéressant.
De nouveaux pas, plus légers, se dirigèrent vers la trappe.
- Puis-je ? Lança la voix de Sydo.
- Bien sûr.
Lillian reconnut alors le même chuintement qu’il avait entendu lorsque le père de la jeune fille avait remis le tapis en place. Sydo retirait le tapis.
- Non… non… non…
Les mots de Léna résonnaient dans sa tête. Tout contre lui, il perçut le cœur de la jeune femme s’emballer. Les battements de son cœur pulsèrent si fort qu’il se sentit gêné. Il discernait le déferlement de son sang, la peur qui faisait suinter son visage et les doigts de Léna s’accrochèrent à lui, comme un geste de désespoir un peu vain, animés d'une violente puissance qui imprima en lui une horrible douleur. Faisant cas de sa souffrance, mécaniquement, comme s’il avait agit ainsi toute sa vie durant, il laissa ses propres mains s’égarer dans le dos de l’inconnue et il les glissa, le long de son échine, d’un geste qu’il voulut rassurant. Lillian entrouvrit les lèvres, prêt à dire quelque mot réconfortant. Il voulut lui dire de ne pas s’en faire, lui dire que tout allait bien se passer, qu’ils seraient bientôt sauvés, mais Léna l’interrompit avant même qu’il n’eût le temps de prononcer une seule syllabe.
- Ne dites rien… On ne m’entend pas. Vous, par contre, vous êtes aussi bruyant que le plus strident des hurlements.
Alors Lillian ferma les yeux et vida son esprit. Les murmures de la jeune fille résonnaient dans sa tête, et la chaleur de son souffle tout contre son visage fit de son coeur un tambour puissant. L’Odori, au-dessus d’eux, sembla immédiatement se désintéresser de la trappe lorsque Sydo eut complètement terminé de retirer le tapis. Les pas de la bête s’éloignèrent et allèrent claquer de tout leur poids, plus loin dans la maison. Le cœur de Léna s’apaisa. Ses doigts libérèrent leur étreinte.
- Mon père est un génie…
- Vous voyez, Sydo, il n’y a rien sous ce tapis.
Des pas de course. Il y eut comme un bruit de lutte. Quelque chose tomba et se brisa en morceaux sur le parquet.
- Ecoutez-moi bien, vieil homme. Si vous cachez l’étranger, je ferai souffrir votre fille à un point tel que le monde entier entendra ses cris de douleur. Je vous laisse une chance de vous en sortir.
Un autre bruit de chute.
- Sydo… Je vous suis et vous resterai fidèle. Vous avez ma parole.
- La parole d’un homme comme vous n’a pas plus de valeur que la vie de ce stupide animal. ON RENTRE !
Les pas de l’Odori se firent plus pressés et ceux de Sydo les emboitèrent.
- Je crains pour vous que nous nous reverrons, vieil homme.
Le calme revint. Le silence oppressa à nouveau Lillian qui sentit au fond de lui, les ressacs acides de ses peurs les plus folles.

Léna sentait la main de Lilian, tout contre la sienne. Il avait posé sa tête sur ses cuisses et s'était endormi là, dans l'obscurité de la cave, sans doute épuisé par la journée qu'il venait de vivre. Il était différent, de cela elle était sûre. Elle ressentait en sa compagnie une forme indescriptible d'attachement, comme s'ils étaient liés, comme si les routes qui venaient de les amener à se rencontrer allaient finir leur vie ensemble. Elle était certaine qu'il allait jouer un rôle important dans sa vie, même si elle n'en comprenait pas encore bien la raison. Sa respiration à lui était apaisée. Sa poitrine se soulevait à intervalle régulier et venait effleurer les jambes de Léna. Elle se sentait bien, presque en sécurité, depuis qu'il s'était endormi contre elle. Elle aimait la chaleur de son corps, sa main électrisée des soubresauts de la nuit et le son un peu grave de sa voix.
La Présence était là, elle aussi. Léna la sentait, là, au plus profond de son corps. Elle pulsait dans ses veines au rythme des battements lents de son coeur. Elle la ressentait glisser sous sa peau, se perdre dans ses veines corrompues, repasser par son coeur avant d'être propulsée dans son crâne. Elle était en vie. Elle était là. Elle attendait son heure. Léna maîtrisait sa respiration, laissait l'air pénétrer lentement ses poumons et oxygéner son sang. Elle expirait toujours avec la plus grande délicatesse, prenant soin de ne pas lui donner ce qu'elle attendait, de ne pas lui offrir cette opportunité d'exploser au grand jour. Elle savait à quel point elle était dangereuse. Sa Présence d'ébène serpentait en elle, se nourrissait de sa propre vie, jour après jour, consumait jusqu'à la moindre parcelle de son être.
Bien que l'obscurité l'aveuglait complètement, elle voyait clairement où elle se trouvait. Elle connaissait ces lieux comme l'on connaît la moindre dénivellation de son matelas ou la douceur presque exquise de son oreiller. Juste à leur côté se trouvaient ses chaînes, seule entrave possible à sa Présence d'ébène. Du bout de sa main gauche, elle effleura l'un des épais anneaux de ces liens d'aciers et elle sentit ressurgir en elle ces indescriptibles horreurs que l'autre avait commis. Ces douloureuses réminiscences explosaient dans sa tête en flashs brumeux et s'érigeaient en son sein comme l'énigmatique étendard d'une vie qui n'était pas la sienne. Alors que les heures de la nuit défilaient, Léna, à son tour, s'endormit tout contre cet inconnu qui allait bientôt changer sa vie.

apoloj
apoloj
Niveau 7
19 avril 2010 à 09:02:34

:up:

Si jamais ça intéresse quelqu'un :-)

-Achene-
-Achene-
Niveau 10
22 avril 2010 à 23:33:31

Yep ça intéresse quelqu'un ! Je vais lire. Mais pas ce soir :sleep:

C'était le commentaire utile et constructif du moment ! :bravo:

-Achene-
-Achene-
Niveau 10
25 avril 2010 à 12:52:05

Lu !

Déjà deux petits détails :

Les doigts puissants du vieil homme s’enfonçaient dans les épaules de Lilian et le tiraient à l'intérieur de la maison
=> j'imagine que c'est une action rapide, un passé simple me semble plus adapté.

Il vaporisa quelque chose dans l’air une sorte de gaz opaque,
=> manque une virgule après air.

...je suis sûrement passé à côté de pleins d'autres fautes, mais on ne fait pas attention à ce genre de de détail quand on est pris par un texte !

Sinon que dire. C'est toujours bien ! Apparemment Léna abrite le même genre de démon que Lillian, et il est tombé pile sur sa maison à son arrivé dans le pays magique ! Le hasard fait bien les choses.

Un petit détail qui m'a chiffonné quand même, c'est que Sydo se déplace en personne. Soit c'est juste le chef dictatorial du village ou de la garde locale, et dans ce cas ça passe, mais la phrase "Vous êtes si bon… Vous êtes notre guide à tous. Je vous dois fidélité." qui sent bon la propagande suppose quand même une certaine envergure, au minimum empereur, qui ne colle pas trop avec le fait qu'il se salisse lui même les mains.

apoloj
apoloj
Niveau 7
25 avril 2010 à 22:43:21

Hé !

Merci de ta lecture.
J'ai bien noté les fautes.
Content que ça te plaise toujours ^^ Pour répondre à tes réactions, je dirais que tout est dans le titre. :-)

Y'a une raison pour laquelle Sydo se déplace en personne, comme il est sensé y avoir une raison pour la majorité des choses qu'on voit. Bon, y'aura sûrement des détails qui m'échapperont et qu'il faudra retravailler après coup... je ferai sûrement des conneries ^^

Je pense pas réussir un truc parfait au premier jet, donc hésites pas à ressortir tout ce qui te semble bizarre, mais pour le moment c'est voulu, ça va. \o/

Suledhel
Suledhel
Niveau 10
28 avril 2010 à 11:09:21

Mieux vaut tard que jamais, j'ai enfin lu la suite aussi :)

« Il avait aimé ces secondes de contemplation béate lorsque les créatures avaient déchiré la nuit, mais comme tous les instants heureux de sa vie, elles s’étaient tâchées de souvenirs sanglants. » tachées

« Fais-vite, Léna. » Fais vite

« Une douleur poignante, incisive, transperça son muscle cardiaque et failli lui arracher un cri de souffrance. » faillit

« L’Odori de Sydo est la plus dangereuse de toute. » toutes

« Il se sentait enlacé d’un cocon salvateur qui le protègerai jusqu’à la fin de ses jours. » protégerait

« Bien que l'obscurité l'aveuglait complètement, elle voyait clairement où elle se trouvait. » l’aveuglât

« Du bout de sa main gauche, elle effleura l'un des épais anneaux de ces liens d'aciers et elle sentit ressurgir en elle ces indescriptibles horreurs que l'autre avait commis. » commises

A part ça, ben, j'aime toujours autant, on se laisse totalement prendre dans l'histoire, et le mystère et le suspense sont toujours au rendez-vous... A chaque nouveau chapitre, on a des réponses, mais aussi...d'autres questions :fou: J'espère qu'on va avoir droit à quelques explications quant au fait que le père est un génie et que l'Odori ne pouvait pas entendre Léna, mais Lilian si... Parce qu'elle prend soin de réprimer son "démon", elle ? Ou bien ça n'a rien à voir et c'est lié au fait que personne ne l'entende ?
Bon, ben j'attends la suite, là dessus ^^

-Achene-
-Achene-
Niveau 10
14 juin 2010 à 20:44:17

Bon alors, et la suite ?

apoloj
apoloj
Niveau 7
15 juin 2010 à 15:32:49

Achene, merci pour ce up :-)
Le chapitre 4 est en fignolage. Je bloque un peu sur un dialogue. ça me fait un peu ch***, mais je corrige une ou deux répliques par jour. je devrais y arriver d'ici la fin du mois, si tout va bien...

Ho, mais j'avais une lecture de Sule.
Je prends bien note de tes remarques ^^ Pour l'odori qui n'entends pas Léna, oui, c'est lié au fait que personne de l'entende. Je ne pense pas que le chapitre suivant va répondre à beaucoup de questions, cela dit, pour moi c'est toujours le strict début de l'histoire, là. Oui, c'est long....

Sous forums
  • Ecriture
  • Modélisation 3D
  • Montage vidéo
  • Arts Graphiques
  • Modélisme
La vidéo du moment