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Liste des sujets

Alter Ego .

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
29 avril 2012 à 00:46:17

Ca a été compliqué ... J'ai pas fixé les règles avant d'écrire, juste une grande ligne directrice (Suivre Kris et son ascencion ... )

Pour les éclaircissemnts, lesquels voulais-tu ?

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
29 avril 2012 à 01:10:06
  • ascension
  • éclaircissements

Désolé pour les fautes, on mettra ça sur le compte d el'heure tradive :hap: ...

bluelab
bluelab
Niveau 5
29 avril 2012 à 01:30:26

Des éclaircissements dans une discussion avec le chef ennemi, un flash back... Bref, je ne m'attendais pas forcément a une scène 100% action, cela dit, c'est bien aussi mais comme je n'aime pas trop la violence gratuite... Et pour les fautes, ne t'inquiète pas, tant qu'on te comprend sa n'est pas gênant (pour moi après je sais pas pour les autres).

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
29 avril 2012 à 07:53:06

La scène avec le chef ennemi est "simplement" l'illustration d'une monté en puissance de l'ordo Humanis, qui passe par une "purge" des concurrents ...

Je posterais une suite dans l'après-midi.

Vinmole
Vinmole
Niveau 10
30 avril 2012 à 00:35:09

Je suis pas très doué en commentaire, je me contenterai donc de dire que j'ai beaucoup apprécié ton récit. Le personnage principal prend des décisions parfois imprévisibles (mais cohérentes avec sa personnalité) ce qui rend les rebondissement intéressants. Le thème du récit me parle, la façon dont tu décris la ville dévastée par une guerre est excellente. on ressent toute la désolation du lieu et on ne peut s'empêcher de se demander comment on a pu en arriver là (mais en même temps on sait que l'enjeu du récit n'est pas là). Bref le lecteur est attiré dans ton monde.

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
30 avril 2012 à 00:47:04

Merci pour cet avis, Vinmole :-) .

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
30 avril 2012 à 18:15:44

Nous avons traversé des couloirs, lui devant, moi le suivant d'un pas froid et mécanique. Mon esprit s'était éveillé à un état de perception si intense que mon corps semblait se refermer sur toute sa puissance, toutes ses possibilités. Il redevenait la marionnette de mon esprit, une enveloppe commode où masquer sa réalité devenait chose aisée.
La lumière entrecoupée des néons qui défilaient semblait perturber mon guide. Son regard dérivait de droite à gauche, et la peur perlait de son esprit comme la sueur le faisait de son cou. C'était là la seule manifestation objective de ce qui étreignait sa petite conscience. J'eus une bouffée de pitié envers lui, un court instant.
Mais lorsque la lourde porte de la salle du Conseil s'ouvrit au-devant de nous, cette empathie provisoire s'envola, définitivement. Au bout d'une longue table rectangulaire qui occupait la pièce haute et étroite, mon père se tenait assis, droit et raide. Son visage ne reflétait aucune émotion. À sa droite, Grammard relisait des notes sur un support holographique qui distillait ses taches de couleurs tout autour de lui. À sa gauche, Gorynovitch ne disait rien, le regard tourné vers nous, rempli d'amertume et de fureur. Le Magister fit un signe. Nous nous avançâmes, et nous installâmes. Mais je restai seul, assis à l'autre bout de la longue table.
— Qu'y a-t-il ?
Raclement de gorge gêné. Gorynovitch se leva. Il posa ses mains grasses et noueuses sur la table, bien à plat, et me planta de son regard bleu et acier.
— Vous avez accompli bien des choses, Regalium. Des choses que nous croyions réservées aux légendes, aux rêves et aux chimères de papier. Vous avez fait bien plus que prouver vos qualités de combattant et de dirigeant. Aussi est-il temps pour vous de connaître ce en quoi nous vous sommes redevables, avant qu'il ne soit trop tard.
— Redevables de quoi ?
Silence.
— De vérité, lâcha Hasqueniet. De la vérité de votre existence, de la vérité de cette association que nous formons, nous quatre, et bientôt, nous cinq.
Je ricanai cyniquement. Ils me dévisagèrent avec colère, Gorynovitch semblait prêt à me bondir dessus, les muscles tendus malgré son âge.
— Et pour quoi faire ? Jusqu'à présent, personne ne s'est soucié de ça. Personne ne s'est demandé si j'avais besoin d'apprendre. Personne n'a jugé bon de savoir, de connaître mes besoins.
J'imposai un court silence, mais pas pour reprendre mon souffle. Le jeu que j'allais mettre en place était risqué, mais j'avais tant à y gagner que le doute était absent de ma conscience.
— Je me suis élevé tout seul ici. J'ai appris vos règles, seul. J'ai accepté les missions, les assassinats, les meurtres. J'ai tué pour une cause dont...
Je fixais le Magister. Mais son regard ne bougea pas davantage.
— Dont je croyais ignorer la véritable motivation.
Le silence s'abattit à nouveau. Ils me fixaient, et les paroles qui avaient résonné sous la voûte semblaient avoir plongé le lieu sous le poids du plomb.
— Regalium, ça suffit.
Marcus avait parlé. Le ton était net sans être sec. Mais l'ordre était clair. La limiter était sous mes pieds. Délibérément, je l'avais effleurée, et visiblement, j’avais réveillé de vieux démons auxquels ils ne croyaient guère plus.
— Nous avons fait une erreur, continua-t-il. Nous avons sous-estimé vos facultés, et nous ne paierons jamais assez cher pour cela. Mais, au nom de la sagesse, écoutez-nous.
J'aurais pu lui répondre. Mais j'aurais tout perdu. Ils s'engluaient dans la toile que je venais de tendre. Leur dernier instant de liberté arrivait. J'en savourais la saveur aigre.
— Votre retour ici n'était pas aussi bien préparé qu'il aurait dû l'être. Nous avons modifié vos souvenirs et votre passé, mais c'était une erreur. Vous devez savoir.
— Je sais déjà tout cela, répondis-je d'une voix distante et froide. Je sais déjà, et je ne compte pas revenir dessus.
Avant d'ajouter.
— Ce qui fut doit être accepté. Par moi comme par vous. Et à remuer le passé, on y trouve peu de choses agréables.
— Alors...
— Dites-moi pourquoi moi ?
Aucun ne répondit. Hasqueniet, qui avait tenté de prendre la parole juste avant, détourna son regard de peur que je ne le fixe. Être friable, pensai-je. Une proie idéale. Mais Gorynovitch se décida à reprendre la parole que je ne cessais de leur dérober.
— Nous vous devons la vérité, Regalium.
Il fixa les autres, je pouvais lire l'approbation au fond de leurs yeux, qu'ils fussent de chair ou de silice.
— Bien. Notre Magister, Marcus Standberg, n’est pas un parfait inconnu pour vous. Lui et votre défunt père étaient camarades d’études, et, malgré l’éloignement lié à leurs situations fort différentes, ils ont repris contact au moment de votre naissance. Marcus est alors devenu votre parrain civil, à la demande de son camarade.
— Vous avez connaissance des conditions socio-économiques avec lesquelles vivaient vos parents, j’imagine ?
— Oui, effectivement, répondis-je.
— Bertrand Dernaz, votre père était dans une situation financière déplorable au moment de votre naissance. Pour s’assurer de votre éducation et obtenir des rentrées d’argent régulières, et sur les conseils avisés de votre parrain, il vous confia à l'Eurotech. Néanmoins, il réussit à conserver un lien régulier avec vous. Tous ces souvenirs furent effacés de votre mémoire au moment de votre cybernétisation, voilà six ans. Mais ce seul lien, aussi affectif soit-il, possédait sa contrepartie.
Il avait capté mon attention, mais il restait entre mes doigts. À tout moment, je pouvais achever ce jeu sans règles.
— Continuez.
— Bien. Le professeur Standberg travaillait sur un projet de connexion Homme-ordinateur, notamment dans le but d’améliorer et de faire évoluer l'ancien réseau internet. Le projet avançait rapidement, et Eurotech vendit les premiers produits de ses découvertes quelques années plus tard. Mais Marcus avait omis un détail dans le rapport final. Un détail concernant certains individus dans leur relation au système internet.
Il reprit son souffle, un court instant.
— Certains individus, dont vous faisiez partie, semblaient posséder d'étranges facultés à intégrer et assimiler de façon conséquente le contenu de dizaines, voire de centaine de pages internet, en quelques secondes. Au début, Marcus fut effrayé. Mais Eurotech se montra persuasif, et il continua les investigations sur cette frange de cobayes. Certains, hélas, décédèrent au cours de la seconde expérience.
— L'effet Zebulon.
— Exactement. Ce maudit virus informatique les toucha, et peu d'entre eux survécurent. Mais vous étiez des survivants. Alors l'expérience continua.
À présent, le flou devenait plus épais encore.
— Les médics d'Eurotech suivirent les consignes de Marcus à la lettre. Implanter du matériel nanocybernétique dans le cortex d'une dizaine d'individus n'était pas une chose courante à l'époque. En revenir indemne, encore moins. Et quant à survivre à une connexion au réseau mondial, cela tenait du pur miracle scientifique. Mais vous avez été du miracle. Le miracle avait existé pour vous, mais vous avez repoussé, plus loin encore la limite.
Je laissai le silence reprendre sa place, quelques instants.
— Je ne suis pas sûr de comprendre, Gorynovitch.
— Vous avez débuté une proto-fusion avec un système informatique complexe à neuf ans. Votre esprit s'est imbriqué dans la masse de données d'Internet sans en subir les plus redoutables dommages. Vous avez fait de ce réseau une extension formidable à votre conscience, sans vous en rendre compte. Mais le processus fut arrêté, faute de temps et de recul. Eurotech ne pouvait pas gâcher l'unique espoir encore en vie. Imaginez les conséquences si un tel rapprochement pouvait avoir lieu.
L'immortalité... ou la puissance de réflexion. Le choix n'était qu'une façade, car le pouvoir enfoui dans cette expérience vieille de quinze ans devait être formidable. Alors, seulement, j'entrevoyais l'enjeu final. Alors seulement, j'étais en mesure de comprendre.
— Vous avez vieilli, les technologies se sont accélérées. Nos corps en sont marqués jusque dans leurs structures intimes. Mais le pouvoir caché dans l'enfant que vous étiez n'a pas disparu. La capacité subsiste.
— Je crois comprendre, répondis-je d'une voix calme.
— Imaginez le pouvoir dont vous disposerez si le processus s'achève. Si votre esprit pénètre le Rezo. Qui et quoi serait en mesure de vous résister ?
— Un contrôle absolu, murmurai-je.
Je comprenais, mais n'étais pas en mesure de réaliser l'étendue des conséquences qui s'ensuivraient.
— Mais il reste encore un obstacle, continuai-je.
— Oui, murmura Gorynovitch. La Fusion Totale est la seule solution, Regalium.

bluelab
bluelab
Niveau 5
30 avril 2012 à 23:58:40

J'ai pas tout compris mais j'aime toujours même si j'ai un peu peur de savoir ou sa nous emmènes.

Typhoon666
Typhoon666
Niveau 10
07 mai 2012 à 07:42:07

j'adore!Le contexte sombre et froid,le héros déchiré entre ses deux mitié, le rythme etc...J'adooooore!
Penses tu poster la suite?Je l'espère :ok:

Comandus_Magnus
Comandus_Magnus
Niveau 7
07 mai 2012 à 14:50:25

Oui, bien sûr, pas de problèmes Typhoon :-) ...

bluelab
bluelab
Niveau 5
11 mai 2012 à 00:42:27

Crazy? Té la?

bluelab
bluelab
Niveau 5
27 mai 2012 à 14:41:33

Je up pour avoir la suite (s'il y en a une).

:up:

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
27 mai 2012 à 18:36:02

Je m'en occupe ce soir, vers 22.00 .

Sarezzo
Sarezzo
Niveau 8
27 mai 2012 à 20:29:43

Étrange, tu es ici mais pas ailleurs (ailleurs devant être compris comme MSN).

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
28 mai 2012 à 01:18:14

VII.
La salle s'était vidée. Tous partis, en même temps, sans vraiment me regarder. Dans leur attitude tendue, la honte et la crainte surgissaient comme de cruels démons. Et pour me consoler, il ne me restait plus que l'annonce, merveilleuse et terrible qu'ils me léguaient.
La fusion.
Un concept aussi beau qu'étrange, que j'avais effleuré sans le savoir quinze ans auparavant. La chair n'en avait gardé aucune trace, mis à part les implants cérébraux qui couraient encore sous mon crâne. Mais l'esprit pouvait-il le deviner ? Ma conscience pouvait-elle en percevoir les effets minuscules, délavés par la durée de cette inaction involontaire ?
Je fouillai en moi. Le livre des souvenirs s'ouvrait, tel un gouffre sous mes pieds où je tentais de ne pas sombrer. Mais les efforts étaient vains. Les souvenirs ne choisissent pas de détruire. Juste aspirer l'étincelle du présent, la digérer, pour forcer à revoir les images mentales. Les images oubliées, insidieuses. Les souvenirs trompent la raison en un jeu destructeur. Et personne ne peut y échapper.
Sombrer dedans semble un passage obligé. Sombrer, et ne plus savoir ce qui se présentera. Obligé, enchainé. Contraint.
La plage était bondée. L’air chargé de sel et d’iode s’agrippait à nous au rythme de bourrasques refroidies par l’eau. Tout cela était si naturel. Tout cela était un autre monde, rempli d’émotions et de vie. Crier, courir, chanter au vent de l'innocence, voir l'astre doré en face, porté par cette insolente candeur, cette force que seuls les enfants peuvent encore connaître. Papa me tenait la main. Il souriait, maman lui tenait la main. Elle aussi, elle était heureuse.
L'image reste ainsi. Figée. Magnifique, incroyablement belle et si heureuse, mais figée à jamais. Le flou qui un instant s'était écarté pour laisser un peu de passé filtrer vers moi, ce flou en eut assez. L'image, elle, resta. Au loin, perdue dans les souvenirs. Je n'aurais eu qu'à tendre un peu la main. Oui, un peu plus, et elle serait revenue. Mais je n'ai pas su le faire.
Le présent sembla reprendre ses droits. Le passé se fit moins incisif, s'émoussant sous le poids d’une réalité alternative. L'illusion demeurant, sublime, intrigante, insondable.
— Kristian ?

Elle se tenait là. Juste à côté. Elle n'avait pas peur. Elle effleura ma main. Je la retirai.
— Djalin tim ?
L'accent chaud de la langue albanaise se dévoilait sans concession. Elle savait que j'en devinerais le sens, sans avoir à le justifier. « Mon fils ». Mais elle avait tort. Son erreur m’attrista, je ne tentai même pas de la rectifier. Au plus profond de moi, quelque chose l’avait déjà rencontrée, bien avant. Et ce même petit bout de mon âme savait qu’elle n’existait plus que dans mon esprit. Triste fantôme sur mon chemin, elle ne semblait pas consciente que sa présence n’avait plus aucun sens pour moi. Classée comme une erreur de logique, elle ne resterait qu’une hallucination fugace.
Une rafale tiède balaya son visage trop maigre. Elle détourna son regard flamboyant un court instant, et sourit.
La nuit l'enveloppait doucement, comme un cocon.
— Est-ce que c'est ça, la fin ?
— Toi seul le sais, djalin tim.
L'harmonie se brisa net. Le seul réconfort que je pensais trouver, celui d'une femme morte voilà plus de vingt ans, s'envola dans le mouvement fluide du vent. Je sentais les derniers repères se perdre en moi. Si seulement je pouvais tout oublier. Si seulement, je pouvais redevenir le passé, cesser d'être un présent en eau trouble. Aïda sourit encore une fois, son regard se perdant dans le vague de ma chair de métal. Mon cœur se serra. Je savais quel serait le prix de cette erreur sensorielle.
— Lamtumire, Kristian ...
Un néon brilla plus fort sur la terrasse. Il s'éteignit juste assez longtemps pour lui laisser le temps de mourir. Lorsque la lumière revint, elle avait disparu définitivement.
La femme qui me prenait pour son fils venait de mourir, une seconde fois.

La nuit d'été. Je savais qu'elle serait l'une des dernières. Que le temps n'aurait plus sa place avant même que les autres ne s'en rendent vraiment compte. Déjà l'heure, Kris. Tu ne pouvais plus fuir, car le temps ne voulait plus de toi. Le ciel d'Ivry était si noir. On y aurait croisé l'univers tout entier si on l’avait voulu. On y aurait croisé son destin, et on aurait pris un verre avec lui, s'il y avait encore eu un bar. Les flammes qui mangeaient Paris avec appétit se faisaient moins cruelles, presque sensuelles, m'invitant dans cette salsa lente et langoureuse, toute en rondeur. Oui, ce soir, le monde ne tournait plus avec la même violence. Je croyais qu'il voulait me parler. Si les mots de la Terre avaient existé, ils me l’auraient dit ainsi :
« Tu vois, Homme. Moi aussi, je peux apaiser les cœurs. Moi aussi, je peux me taire pour laisser un peu de repos aux guerriers fatigués. Moi aussi je peux consoler la mère qui berce son enfant. Moi aussi, je suis capable d'accorder ensemble les vies qui furent séparées. Mais je ne peux pas tout faire, Homme. Je ne peux pas tout faire, et toi, tu connais déjà la réponse avant même que je ne te pose la question. »
Les mots étaient inutiles. Répondre, c'était briser ce qui se créait. Répondre, c'était accepter de n'être qu'un Homme. Se taire, c'était franchir tout cela. Se taire, c'était savoir que l'on saurait tout, à la Fin. Se taire, c'était savoir rester humble
Je me suis tu, car la raison plus que le cœur, a décidé que je ne pouvais pas faire autrement. Je me suis levé. J'ai laissé la nuit à elle-même. Je l'ai laissée seule, car elle saurait attendre. Oui, attendre que finalement j'y arrive.
J’étais une machine, mais j'entendais l'appel de Vie. Le son de milliers de feuilles bruissant dans un platane à demi brulé me parvenait avec une clarté quasi chamanique. Oui, j’existais en tant que machine, et je pouvais sentir le Cœur de la Nature battre car le mien venait de cesser sa folle danse. Je pouvais voir la Vie, car la mienne était sur le point de s'achever. Je pouvais comprendre le Monde. Je pouvais être Dieu. J’aurais pu l’être.
Tout s'enchaina, dans le chant mélodieux d'un corps qui suivait le rythme transcendant de cette dans sans nom. Tout s'enchaina, car il devait en être ainsi. Une farandole de sens me prit par la main, me tirant vers le bas. Les escaliers, illuminés par une lumière crasseuse qui ne brillait que par son existence. Un escalier de béton brut, qui plongeait en colimaçon vers le rez-de-chaussée de l'immeuble. Personne n’assistait à la scène. J’avais conscience qu’un seul corps se tenait sur la plateforme, à sentir le souffle inexplicable de la Vie sur lui. Mais cette unicité n’était qu’apparente. Derrière un repli de son esprit, une autre conscience se tenait sur le seuil de ce futur. Venu des profondeurs du temps, porteuse d’un message cruel et nécessaire. Mais j’acceptais d’être ce monstre aussi.
L'image sertie de verts nuancés tressautait de plus en plus. L'activité électrique ne cessait de s'amplifier. J’étais là, il était à côté, mais je ne pouvais pas encore le voir. Simplement le sentir. Lentement, nous descendions les escaliers. Mon pas nous guidait, jusqu’aux portes du Laboratoire. Ma main s’approcha sans hâte du détecteur. Ma voix résonna dans le couloir. Elle prononça quelques mots, mais j’étais incapable de les retenir. Tout cela m’échappait. Tout cela était tellement futile.
Je m'installais dans le siège de métal, trop inconfortable. Les sensations n’avaient plus d’importance. Il savait les supprimer, en se tenant derrière moi. À présent, je sentais son aura m’envahir. Incapable de lutter, je le laissais prendre place dans ce réceptacle. J’étais sa machine. Prisonnier de ce monde sans espoir et rêvant d'autre chose. Je n’étais pas triste, ni heureux. Je devais agir ainsi. Rien ni personne ne serait en mesure de comprendre. De nous comprendre, lui et moi. C’était l’ordre de mon âme. Les câbles se pressèrent comme mille cordes qui m'enserrèrent avec force. Impossible de reculer. Impossible d'agir. L'un après l'autre, ils se connectèrent. Dans peu de temps, tout ça ne serait plus qu'un souvenir. Le monde serait en paix avec lui même. Et j'en serais le nouveau Guide.

Il en fut autrement, cette nuit-là. Le temps existait encore.

Un bras puissant m'arracha du siège. Le béton gris sembla voler autour de moi. Pendant une fraction de seconde, rien n’était à sa place. La lumière, les objets, mes idées. Cet homme. Bien réel.
— Qu'est ce que tu comptais faire ?
Plus personne ne se servait de mon corps. Il m’avait laissé seul. Pour seul interlocuteur, un homme. Vieux, le regard gris rempli de colère. De colère ? Peut être, mais il n'y avait pas que ça au fond de ses prunelles.
— Il faut que je le fasse.
Une voix fine et froide. Un murmure, presque inaudible.
— Pas ce soir, Kris... C'est encore trop tôt.
Je souriais.
— Je crois que vous n'avais pas compris, Hasqueniet.
— Non, Kris. Tu ne feras rien.
Il bougea. Je ne vis rien d'autre qu'un peu de lumière blanche sur un béton gris, un éclat rouge, et une grande douleur envahir mon crâne. Le trou noir, un homme debout qui reste dans le flou, un chapeau sur la tête. Il s'approcha, sans cesser de rester aussi intrigant. Je ne parvenais pas à la distinguer.
— Bienvenue dans ton futur, Kris.
J'ai hurlé. J'ai déchiré les ténèbres. Mais rien ne changea

bluelab
bluelab
Niveau 5
29 mai 2012 à 23:37:18

Tu m'énerve, tu dit rien pendant plusieurs semaines, on se résigne a pas connaitre la fin ou a l'avoir dans 3 ans ou a qu'elle soit bâclés et paf! Tu nous sors un chapitre génial et plein de suspense!

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
29 mai 2012 à 23:44:59

Allez, pour me faire pardonner, je te poste une suite :hap: ...

bluelab
bluelab
Niveau 5
01 juin 2012 à 01:01:35

" :ouch: "

Je peut pas dire grand chose d'autre désolé, mais je dois juste te dire un grand bravo! Ta changé de style, perso moi je préfère et puis l'histoire... :bravo:

Après, désolé de dire sa mais je trouve que le style (de la p.1 a maintenant) est trop irrégulier, pour faire simple c'est comme si dans un bouquin y avait un chapitre écrit a la zola, un a la tolkien, un a la asimov et un a la baudelaire, le tout les uns a la suite des autres (j'exagère). Sa me fais penser au manga bakuman (les héros sont mangakas) ou les héros écrivent l'histoire au fur et a mesure des retours des lecteurs, a raison d'un chapitre par semaine. Sinon, essaye de prendre un rythme de "parution" régulier stp, ce serais plus simple pour les lecteurs.

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
01 juin 2012 à 14:31:50

Oui, c'est vrai qu'il y aune irrégularité dans le style. Et celle-ci n'est pas franchement désiré ... C'est bien pour ça que je compte retravailler le texte, mais je sais que ce sera assez ardu car s'attaquer à la forme sans modifier le fond ou le sens global ...

Quant au rythme, mettons un passage tous les deux à trois jours ?

Je me répète, mais si tu vois d'autres éléments qui te font tiquer, n'hésite pas. Et merci encore pour ta lecture :-) ...

bluelab
bluelab
Niveau 5
03 juin 2012 à 03:51:34

J'ai la flemme (trop fatigué, dsl) d'écrire un commentaire alors va voir celui d'avant stp, ce sera le même (comme sa c'est clair!).

PS: Pour raison IRL, je ne pourrait pas me co pendant 3 semaines mais poste quand même, je ne pense pas être le seul lire.

Sujet fermé pour la raison suivante : Topic verrouillé.
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