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Liste des sujets

R. et J.

SophyErzengeI
SophyErzengeI
Niveau 6
09 décembre 2009 à 23:20:16

D'un simple petit mouvement. D'une simple petite pression. Attendez, qu'est-ce que je suis en train de faire. Mes doigts. Mes longs doigts effilés. Que l'on dit de pianiste, et ce même si je suis incapable de produire une note correcte avec n'importe quel instrument. Et leurs ongles. Rognés, rongés. Par moi. A cause d'elle. Par le stress. La pression. La pression. Exercée sur cette si fragile, si fébrile, si tremblotante vie. Exercée sur cette si fragile, si tremblotante et si douce et sublime nuque. Celle qu'autrefois je parcourais de baisers. Celle qu'autrefois je me plaisais à caresser. Je la chérissais. Et maintenant je la serre. Peut être pas de toute mes forces, mais je la serre. Suffisamment. Suffisamment pour lui faire mal. Suffisamment pour l'empêcher de respirer.

Elle a gigoté. Quelques temps. Puis s'est calmé. Plus d'agitation. Plus de coups de poings, plus de coups de pieds hasardeux. Juste son regard. Ses grands yeux marrons, grand ouvert, aux coins desquels perlent des larmes. Ses yeux implorant. Me demandant pourquoi. Mais pourquoi ? Mais pourquoi tu fais ça ? Pourquoi, mon amour, pourquoi ? Et c'était une excellentes question.

Pourquoi ? Mais tu le sais très bien pourquoi. Tout ça c'est de faute connasse. A me crier dessus à longueur de temps. A me reprocher la moindre de mes petites erreurs. Fais pas ci, fais pas ça. J'ai toujours eu l'impression que rien n'était correct à tes yeux. Et pourtant. Et pourtant je prends tout le temps soin de toi. Je fais attention. Et en cas d'erreur, je me fais pardonner en te cuisinant un bon dîner, en t'offrant un petit bijou ou en t'emmenant au restaurant. Mais rien à faire, tu restes toujours la même. Compulsive. Jalouse. Maniaque. Et parano. Oui, parano. Totalement toi ça. A croire que tout le monde te déteste. A commencer par moi. Et ça me donne envie de presser. De serrer encore plus fort. De détruire ta trachée et de faire gicler son cartilage par ta bouche. Là tu feras moins la maline hein. Tu pourras plus parler, tu pourras plus me gueuler dessus, plus rien me reprocher. Il suffit que je serre encore un petit peu, et hop, silence. Silence éternel. Plus un mot, plus un souffle. Juste ton corps étalé sur le lit. La perfection. Ta perfection.

Mais pourquoi ? Pourquoi n'ai-je pas pu aller jusqu'au bout ? Pourquoi j'ai relâché mes doigts ? Déserrer la pression ? Je la sentais pourtant partir doucement, s'éteindre petit à petit. Et là, à l'instant crucial où il lui fallait absolument la moindre petite bouchée d'air pour survivre, j'ai relâché. Une traîtrise cérébrale. J'étais si sur de la vouloir sans vie, froide et aimante. Mais non. J'ai abandonné. Et je t'ai donc laissé tomber sur le lit. Faible, mais en vie. Imparfaite. Et après avoir respiré, tes fines lèvres se sont entrouvertes et ont murmurés deux mots presque inaudibles. Excuse moi.

SophyErzengeI
SophyErzengeI
Niveau 6
09 décembre 2009 à 23:26:02

Putain, j'avais oublié la mise en page merdique de jv.com. Certains mots sont à l'origine en italique, parce que ça fait joli, mais bon... Ah, et j'anticipe en disant qu'il y aura une suite et que ce n'est pas juste un petit truc romanticopompeux à la Zech (du moins, j'espère). Pour l'occasion, je poste un second petit texte (pas inédit pour le forum cette fois, mais bon, qui lit mon blog ?).

Yugowski
Yugowski
Niveau 7
10 décembre 2009 à 13:31:52

Tu t'es fais larguer ??

encore une pensée, un peu flippante, ça fait vraiment peur car on dirait une vraie pensée. Je plains ta copine (ou ton ex) :ok:

ça ressemble un peu à la chanson Kim d'eminem. C'est assez horrible.

SophyErzengeI
SophyErzengeI
Niveau 6
12 décembre 2009 à 19:48:13

Excuse moi. Mais qu'est-ce qui m'a pris ? Pourquoi ai-je voulu faire ça ? La tuer. M'en débarasser. On était certes dans une passe difficile, mais la violence n'était pas une solution. Pas du tout. Elle restait sur le lit, tremblotante. Et moi je m'étais isolé dans la salle de bains. De peur. De peur de lui faire encore du mal si je reste à ses côtés. De la blesser. De la tuer. Je devais me ressaisir. Me contrôler. Mes mains, encore crispées semblaient être démangé par cette folle violence. Mon visage, ou plus exactement mon reflet, était secoué par les spasmes.

Excuse moi, m'a-t-elle dit. Excuse moi. Et pourquoi ? Excuse moi de me faire étrangler ? Je suis tellement désolée que tu doives exprimer tes instincts violent sur ma personne. C'était stupide. Je n'aurais jamais du faire ça. C'était indigne. Répugnant et haïssable. Et maintenant ? Que reste-t-il ? Allons nous tirer un trait sur cette dispute ? Faire comme si de rien ne s'était passer. Donner l'apparence que tout va pour le mieux, que tout est parfait entre nous. Ou bien va-t-elle m'abandonner ? Me laisser là, dans cette petite salle de bain, avec mon seul reflet pour compagnie. Ce ne serait que justice. Elle ne mérite certainement pas quelqu'un comme moi. Tout ça, c'était de ma faute, pas de la sienne. Elle m'a certes énervé, mais j'aurais du me contrôler. La laisser parler, l'écouter tranquillement. Religieusement.

Mais non, il a fallu que je bondisse sur elle. Que je l'insulte. Que je la frappe. Que je l'étrangle. C'était minable... Minable... Minable... Minable... Et c'est donc ça que je suis au fond. Un minable. Comme je me déteste, comme j'ai envie de retourner en arrière et de tout changer. J'aurais tout arrangé. Je me serais contrôlé. Mieux encore, je serais retourné en arrière de quelques années. Et j'aurais fait que l'on ne se rencontre jamais. Pour son bien. Pour la protéger. Car je n'étais certainement pas digne d'elle. Et quelle vie heureuse elle aurait eu ! Sans moi. Sans moi pour l'énerver sans cesse. Sans moi pour l'étrangler. Sans moi, au fond, tout serait parfait.

Je ne parle pas de suicide. Car j'ai peur. De la mort. Du sang. De moi. Ce serait peut être une bonne solution, mais j'en suis tout bonnement incapable. Trop lâche pour mourir dignement. Se couper les veines. Assumer mon acte. M'excuser. M'excuser. Et comment on s'excuse de ça ? On apporte un joli bouquet de fleurs et hop, le problème est réglé ? Un petit restau et tout redevient comme avant ? Cet avant idyllique. Ces premières années où l'on s'aimait. Pour de vrai, je veux dire. Où l'on s'aimait et où l'on était heureux. Pour de vrai, je veux dire. Heureux, tous les deux. Ensemble, épanouis. Et maintenant, opposés et malheureux. C'est triste de grandir. C'est triste de changer. Mais c'est ainsi, on ne peut s'y opposer. Ou alors on est tous trop lâches pour ça.

Alors, que reste-t-il ? Un couple brisé qui va tenter de recoller les morceaux ensemble. Un couple qui va réapprendre à s'aimer mutuellement. Ou alors, une ruine. Une vaste plaine désolée ou plus rien en poussera jamais. Plus d'émotions. Plus d'envies. Plus d'excitation. Juste la vie. Terne et fade. Sans elle. Sans nous.

Yugowski
Yugowski
Niveau 7
13 décembre 2009 à 21:24:13

Je pense pas que l'on soit concerné par ces disputes.

Sinon, bah, c'est bien écrit, voilà.

redsissi
redsissi
Niveau 10
14 décembre 2009 à 01:17:42

merd* Soul, t'as fait plein de fautes...

Bon je te corrige tout ça!!
qu'est-ce tu ferais sans mamie Red hein??!!

D'un simple petit mouvement. D'une simple petite pression. Attendez, qu'est-ce que je suis en train de faire. Mes doigts. Mes longs doigts effilés. Que l'on dit de pianiste, et ce, (une virgule ici, c'est essentiel!) même si je suis incapable de produire une note correcte avec n'importe quel instrument. Et leurs ongles. Rognés, rongés. Par moi. A cause d'elle. Par le stress. La pression. La pression. Exercée sur cette si fragile, si fébrile, si tremblotante vie. Exercée sur cette si fragile, si tremblotante et si douce et sublime nuque. Celle qu'autrefois je parcourais de baisers. Celle qu'autrefois je me plaisais à caresser. Je la chérissais. Et maintenant je la serre. Peut-être (avec trait d'union!) pas de toute(S) mes forces, mais je la serre. Suffisamment. Suffisamment pour lui faire mal. Suffisamment pour l'empêcher de respirer.

Elle a gigoté. Quelques temps. Puis s'est calmé(E). Plus d'agitation. Plus de coups de poings, plus de coups de pieds hasardeux. Juste son regard. Ses grands yeux marrons, grand(S) ouvert(S), aux coins desquels perlent des larmes. Ses yeux implorant(S). Me demandant pourquoi. Mais pourquoi ? Mais pourquoi tu fais ça ? Pourquoi, mon amour, pourquoi ? Et c'était une excellente(s) question. (depuis quand le singulier prend un S!!)

Pourquoi ? Mais tu le sais très bien pourquoi. Tout ça c'est de (TA) faute connasse. A me crier dessus à longueur de temps. A me reprocher la moindre de mes petites erreurs. Fais pas ci, fais pas ça. J'ai toujours eu l'impression que rien n'était correct à tes yeux. Et pourtant. Et pourtant je prends tout le temps soin de toi. Je fais attention. Et en cas d'erreur, je me fais pardonner en te cuisinant un bon dîner, en t'offrant un petit bijou ou en t'emmenant au restaurant. Mais rien à faire, tu restes toujours la même. Compulsive. Jalouse. Maniaque. Et parano. Oui, parano. Totalement toi ça. A croire que tout le monde te déteste. A commencer par moi. Et ça me donne envie de presser. De serrer encore plus fort. De détruire ta trachée et de faire gicler son cartilage par ta bouche. Là tu feras moins la maline (ce ne serait pas plutôt maligne?) hein. Tu pourras plus parler, tu pourras plus me gueuler dessus, plus rien me reprocher. Il suffit que je serre encore un petit peu, et hop, silence. Silence éternel. Plus un mot, plus un souffle. Juste ton corps étalé sur le lit. La perfection. Ta perfection.

Mais pourquoi ? Pourquoi n'ai-je pas pu aller jusqu'au bout ? Pourquoi j'ai relâché mes doigts ? Déserrer la pression ? Je la sentais pourtant partir doucement, s'éteindre petit à petit. Et là, à l'instant crucial où il lui fallait absolument la moindre petite bouchée d'air pour survivre, j'ai relâché. Une traîtrise cérébrale. J'étais si sur (sûr?) de la vouloir sans vie, froide et aimante. Mais non. J'ai abandonné. Et je t'ai donc laissé tomber sur le lit. Faible, mais en vie. Imparfaite. Et après avoir respiré, tes fines lèvres se sont entrouvertes et ont murmuré(s) deux mots presque inaudibles. Excuse(-)moi.

Excuse(-)moi. Mais qu'est-ce qui m'a pris ? Pourquoi ai-je voulu faire ça ? La tuer. M'en débar(r)asser. On était certes dans une passe difficile, mais la violence n'était pas une solution. Pas du tout. Elle restait sur le lit, tremblotante. Et moi je m'étais isolé dans la salle de bains. De peur. De peur de lui faire encore du mal si je reste (restais?) à ses côtés. De la blesser. De la tuer. Je devais me ressaisir. Me contrôler. Mes mains, encore crispées semblaient être démangé(es) par cette folle violence. Mon visage, ou plus exactement mon reflet, était secoué par les spasmes.

Excuse(-)moi, m'a-t-elle dit. Excuse(-)moi. Et pourquoi ? Excuse(-)moi de me faire étrangler ? Je suis tellement désolée que tu doives exprimer tes instincts violent(S) sur ma personne. C'était stupide. Je n'aurais jamais du (dû) faire ça. C'était indigne. Répugnant et haïssable. Et maintenant ? Que reste-t-il ? Allons(-)nous tirer un trait sur cette dispute ? Faire comme si (de >enlever) rien ne s'était passer. Donner l'apparence que tout va pour le mieux, que tout est parfait entre nous. Ou bien va-t-elle m'abandonner ? Me laisser là, dans cette petite salle de bain(s), avec mon seul reflet pour compagnie. Ce ne serait que justice. Elle ne mérite certainement pas quelqu'un comme moi. Tout ça, c'était de ma faute, pas de la sienne. Elle m'a certes énervé, mais j'aurais du (dû) me contrôler. La laisser parler, l'écouter tranquillement. Religieusement.

Mais non, il a fallu que je bondisse sur elle. Que je l'insulte. Que je la frappe. Que je l'étrangle. C'était minable... Minable... Minable... Minable... Et c'est donc ça que je suis au fond. Un minable. Comme je me déteste, comme j'ai envie de retourner en arrière et de tout changer. J'aurais tout arrangé. Je me serais contrôlé. Mieux encore, je serais retourné en arrière de quelques années. Et j'aurais fait que l'on ne se rencontre jamais. Pour son bien. Pour la protéger. Car je n'étais certainement pas digne d'elle. Et quelle vie heureuse elle aurait eu(e) ! Sans moi. Sans moi pour l'énerver sans cesse. Sans moi pour l'étrangler. Sans moi, au fond, tout serait parfait.

Je ne parle pas de suicide. Car j'ai peur. De la mort. Du sang. De moi. Ce serait peut(-)être une bonne solution, mais j'en suis tout bonnement incapable. Trop lâche pour mourir dignement. Se couper les veines. Assumer mon acte. M'excuser. M'excuser. Et comment on s'excuse de ça ? On apporte un joli bouquet de fleurs et hop, le problème est réglé ? Un petit restau et tout redevient comme avant ? Cet avant idyllique. Ces premières années où l'on s'aimait. Pour de vrai, je veux dire. Où l'on s'aimait et où l'on était heureux. Pour de vrai, je veux dire. Heureux, tous les deux. Ensemble, épanouis. Et maintenant, opposés et malheureux. C'est triste de grandir. C'est triste de changer. Mais c'est ainsi, on ne peut s'y opposer. Ou alors on est tous trop lâches pour ça.

Alors, que reste-t-il ? Un couple brisé qui va tenter de recoller les morceaux ensemble. Un couple qui va réapprendre à s'aimer mutuellement. Ou alors, une ruine. Une vaste plaine désolée ou (où) plus rien en (ne au lieu de en) poussera jamais. Plus d'émotions. Plus d'envies. Plus d'excitation(s). Juste la vie. Terne et fade. Sans elle. Sans nous.

Bon, bonne chose de faite. :hap:
Bon texte bien appuyé, pas un de tes meilleurs, mais un de tes bons. J'en dirai plus s'il y a éventuellement une suite... et que je repense à passer par ici :-p
t'es toujours aussi fucké mon cher Soul :coeur:

SophyErzengeI
SophyErzengeI
Niveau 6
20 décembre 2009 à 16:40:23

Silence. On se toise chacun de notre côté. En silence. On ne sait comment réagir. On ne sait que faire. Elle, assise sur le lit, lèvres pincées, yeux embués. Moi, debout, bras ballants, air empoté, regard fuyant. Raclements de gorge. Reniflements secs. Mains qui se croisent. Qui se décroisent. Pied qui bat la mesure. Ambiance pesante. Que dire ? Que faire ? La consoler ? La laisser seule ?

Et soudainement, elle hurle. Un long cri, d'une puissance inouïe. Et elle se lève devant mon regard ébahi. Folle. Hystérique. Incontrôlable. J'aurais pu tenter de faire quelque chose. La prendre dans mes bras pour tenter de la calmer par exemple. Mais non, je suis resté planté là, debout comme un con, interloqué. Et elle, elle a foncé dans le mur. Comme ça, sans prévenir, sans dire quoique ce soit. Elle a foncé dans le mur et son nez s'est brisé dans un craquement sec. Elle a foncé dans le mur, laissant une marque ensanglantée sur la tapisserie. Puis elle est tombé au sol. Inconsciente, KO.

Ok. Alors là, je ne sais vraiment plus du tout quoi faire. Et c'est ainsi que je suis resté une nouvelle fois amorphe. Toujours debout au même endroit, toujours l'air aussi con. Et elle, son sang se répandait sur la parquet. Petite flaque vermeille. Ok. Il fallait que je bouge, que je sorte de mon étonnement et que je me porte à son secours. Surtout ne pas l'abandonner. Surtout ne pas prendre la porte, monter dans sa voiture et partir loin, loin d'ici. Histoire de tout oublier. Histoire de pouvoir tout recommencer. Une belle histoire, sans dispute, sans étranglement, sans sang.

Ok, il suffit que je la soulève doucement dans mes bras. Ce sang qui imbibe ma chemise et qui coule contre les paumes de mes mains. Et que je l'allonge sur le lit. L'oreiller, ensanglanté, les draps, tâchés. On perd vraiment autant de sang en se cassant le nez ? Elle est toujours en vie, j'ai vérifié. Pouls constant. Rien à craindre. Techniquement. De l'eau, une serviette, du coton. Essuyer son visage. La désensanglanter. Et puis mettre du coton dans les narines pour calmer l'écoulement. Il paraît que ça suffit. Je l'espère.

Et maintenant, la question reste la même. Que dois-je faire ? Tout cela, ça n'évolue pas beaucoup. Mais partir maintenant, ce serait un peu rude pour elle. Attendre qu'elle se rétablisse. Attendre qu'elle se réveille. Qu'elle me dise ce qu'elle pense. Et selon ça, partir ou rester. Au fond, c'est bien elle qui doit choisir et pas moi. Même si du coup, je pense qu'elle va surtout me demander de l'emmener aux urgences.

sub-009
sub-009
Niveau 9
20 décembre 2009 à 20:45:14

Je suis mal placé pour faire un commentaire objectif, intelligent et analysant ta façon d'écrire, alors je vais simplement dire ce que j'en pense.

J'aime bien. :) Ça se lit bien. Pas original, mais sympathique. J'aime bien les textes portant sur la psychologie humaine.

Voilà, désolé du commentaire bref et peu constructif.

redsissi
redsissi
Niveau 10
24 décembre 2009 à 03:25:46

y a moins de fautes cette fois! :hap:

j'attends la suite Soul :oui:

SouIblighter
SouIblighter
Niveau 5
02 janvier 2010 à 02:07:16

Et elle est morte. Comme ça. Sans prévenir. Elle a juste rouvert les yeux un instant. Elle m'a regardé et m'a dit Merci. Merci d'avoir pris soin de moi. Merci d'être resté à mon chevet. Et puis elle est morte. Pas d'au-revoir. Juste un Merci et un dernier souffle. Étranglement, nez cassé, mort. Tout cela m'échappait. Tout cela allait trop vite pour moi. Et tout cela, c'était surtout de ma faute. Merci de m'avoir étranglé. Merci de m'avoir tué. C'était ça qu'elle voulait dire en fait.

Et bien, Merci de m'avoir claqué entre les doigts. Et bizarrement, la question reste éternellement la même. Que faire ? Appeler les urgences ? La police ? Fuir ? Loin, très loin. Oublier la mort. Refaire la vie. Ou alors appeler quelqu'un d'extérieur à la situation ? Un ami. Quelqu'un de confiance qui saura quoi faire. Qui saura quoi dire. Oui, c'était ça la meilleure solution. L'appeler.

Et il est venu. En une dizaine de minutes. Une dizaine de minutes pendant lesquelles je suis resté devant son corps. Inanimé. Plus belle que jamais. Plus désirable que jamais. Et je suis juste resté comme ça, debout devant elle, toujours bras ballant, toujours air con. A me dire qu'elle est tellement belle. Tellement. Tellement vraie en fait. Comme si la mort avait révélé sa véritable nature. Et son érotisme surtout. Cette envie. Cette envie d'elle. De la caresser tout d'abord. La douceur de ses longs cheveux noirs. De son visage. De ses traits fins éternellement figés dans cette expression sereine. Ses lèvres, pulpeuses, généreuses. Pas encore froides. Embrassables. Délicieuses. Redescendre doucement. Profiter de chaque parcelle de son corps. Passion. Humer les traces de son doux parfum. Et cette gorge, si attirante. Comment ne pas la désirer ? Et descendre encore. Découvrir la poitrine. Et ses seins généreux. Mon obsession. Les seins. Les toucher. Les embrasser. Les aimer, les chérir. Formes parfaites. La sensualité absolue. Et comment ne pas y succomber ?

Il a sonné. Et nous nous sommes rhabillés. Et nous avions fait comme si de rien n'était. Sauf que c'est moi qui l'ai revêtu. Sauf qu'elle est morte, en fait. Et lui, une fois la porte ouverte, une fois le décès constaté, il a réagi. Il a dit qu'il fallait l'enterrer, le plus loin possible. S'en débarrasser. Absolument. Je lui ai demandé pourquoi, il m'a répondu parce que. Parce que tu crois vraiment qu'on va deviner qu'elle est morte naturellement avec des marques de strangulation et un nez cassé ? Il fallait que je me mette à la place d'un policier. Marques à la nuque, nez fracassé, sang un peu partout, du sperme chaud dans une carcasse froide. Je n'étais pas du tout crédible. J'étais déjà étiqueté coupable. Cacher le corps, ça me donne quelques précieux jours. A m'inventer un alibi. A m'enfuir et à me cacher loin de toutes autorités. Reconstruire une nouvelle vie. Sans problème, sans souci.

SophyErzengeI
SophyErzengeI
Niveau 6
02 janvier 2010 à 02:09:02

Oups, petite erreur de pseudonyme. Mes excuses.
J'en profite donc pour remercier redsissi. Et puis les autres. Mais moins de remerciements pour les autres tout de même.

redsissi
redsissi
Niveau 10
02 janvier 2010 à 06:04:39

le pseudonyme y change pas grand chose... Soul ou Sophy, même combat.

du Soul, pur et dur! du moins dans mon souvenir...
toujours cette impersonnalité, toujours ce détachement et toujours ces chutes ignobles.

SophyErzengeI
SophyErzengeI
Niveau 6
06 janvier 2010 à 01:54:15

Comment la déplacer ? Dans les films, c'est un corps emballé dans un tapis. Un cadavre démembré et placé dans des sacs poubelles. Ou des valises. Dans la vraie vie, c'est comment ? Ou découpe vraiment la femme que l'on aime. Tirer sur ses bras le plus fort possible histoire de déboîter quelques os. Puis couper aux articulations. Et les faire sauter en utilisant la lame comme levier. Recommencer la procédure pour les jambes. Et pour la tête faire levier sur les vertèbres cervicales. Ce que je ne savais pas, c'était comment réussir à faire ça proprement. Comment couper une jugulaire, ou toute autre artère sans mettre du sang dans toute la pièce. Je n'ai jamais vu ça dans les films, en tout cas.

Lui, il me dit qu'on peut toujours nettoyer après. Un seau, une serpillière, quelques heures devant soi. Ménage complet. Ou alors, et là, il met en avant une hypothèse, on peut la mettre dans un bain glacé histoire que le froid ralentit le sang et ne le fasse pas couler à flot. L'idée est bonne. Mais moi. Moi, incapable de couper un poulet sans me blesser. Moi, je préfère finalement trouver une autre solution. Moins violente. Moins glauque.

On a donc attendu la nuit. La nuit, c'est bien. Tout prend une forme différente. Ainsi, deux hommes transportant un cadavre devient deux hommes aidant leur amie bourrée à rentrer chez elle. Ou alors deux violeurs qui ont trouvé la proie idéale et qui vient bien s'éclater ce soir. Ou l'éclater, au choix. C'est cependant ainsi qu'on a réussi à aller de l'appartement à la voiture. Seulement quelques mètres en fait. A quoi ça aurait servi de découper le cadavre pour seulement quelques mètres ? A part étaler quelques litres d'hémoglobine au sol ?

On a roulé. Jusqu'à une forêt. Et là encore, on a continué de rouler. Dans la nuit, entre les arbres, sur un chemin boueux et cahoteux. Moi, j'étais à l'arrière. Avec elle. Ignorant totalement où l'on se rendait. Lui, au volant semblait le savoir parfaitement. Cela se voyait à la manière où il conduisait au milieu des arbres et des hautes herbes, vite et sans hésitation. Sans crainte de se prendre un arbre de plein fouet, sans crainte de s'embourber. Comme s'il connaissait la route par coeur. Nous avons ainsi débouché dans une espèce de clairière, ou du moins dans un endroit moins pourvu d'arbres, et là, il a stoppé son véhicule.

Deux pelles sorties de son coffre et une heure plus tard, il n'y avait plus d'elle. Tout juste un petit monticule de terre sur lequel la végétation allait vite repousser. C'était la fin. Morte et enterrée, il ne restait plus que moi. Et cette fois, rien ne m'empêchait de fuir. Loin. Peut être en Amérique du Sud. Fuir comme un criminel de guerre nazi. Et se réfugier jusqu'à prescription, tout en continuant à mener une vie normale. Mais avant tout cela, avant de retirer tout l'argent sur mon compte, me rendre à l'aéroport et prendre un avion pour la destination la plus lointaine et sécurisée, il fallait que je retourne à l'appartement. Son appartement. Notre appartement. Réunir quelques affaires.

redsissi
redsissi
Niveau 10
06 janvier 2010 à 03:28:27

une vie normale? après un truc de ce genre??! pas possible!!

le protagoniste n'arrivera jamais à oublier ça... du moins s'il l'aime vraiment... nan?

Yugowski
Yugowski
Niveau 7
06 janvier 2010 à 15:32:24

Je pense que sous la panique, soit on pense d'abord a fuir, soit a se balancer aux keufs. Là, le narrateur a choisi la seconde option, c'est tout à son honneur, j'aurais fait pareil. :fou:

C'est pourquoi, Redsissi, je pense que t'avais pas comprit que le narrateur était complétement taré ! ^^

Ce que j'aime dans les deux derniers chapitres, c'est que les dernières phrases est la même, ou dans le même style

- prendre un avion pour la destination la plus lointaine et sécurisée
- Reconstruire une nouvelle vie.

Cela prouve que le narrateur, malgré son sang froid (c'est vite dit), tourne complétement en rond. Et je suis presque sur qu'il ne partira pas :-p

Finalement, j'aime beaucoup cette histoire :-) De plus, ça me fait penser à un fait divers du même acabit qui s'est déroulé il y a environ un mois en banlieue parisienne, avec des gamins d'une quinzaine d'année. Marrant ^^

Yugowski
Yugowski
Niveau 7
06 janvier 2010 à 15:34:11

ps : J'en profite Soul pour te dire que, de temps en temps une réaction c'est pas mal, enfin si t'as envie de discuter ton récit sinon c'est pas la peine ^^

SophyErzengeI
SophyErzengeI
Niveau 6
10 janvier 2010 à 04:14:01

J'assume mon autisme. :)
Mais pour te faire plaisir, voici des réponses :

Mon couple va bien, merci. Même si je plains également ma copine. Le couple d'un de mes amis par contre... Merci aussi de ton exemplaire fidélité. Grâce à toi, je me sens moins seul sur ce topic :). Bon, ce texte, je dois dire que pour l'instant je l'adore (dans le sens que j'adore l'écrire) et je compte le travailler et le retravailler le plus possible pour en faire quelque chose de bien. De mieux. Un regret c'est de le poster trop rapidement et du coup d'avoir mal agencé mes chapitres, mais bon, ça reste bénin. L'autre regret, c'est qu'il manque une originalité certaine rendant le tout moins prévisible.

Enfin bref, bientôt une suite. Techniquement.

SophyErzengeI
SophyErzengeI
Niveau 6
16 janvier 2010 à 03:01:37

Peut être que d'ici quelques jours on dira qu'ici, c'est la scène du crime. Peut être que l'on grattera la tapisserie pour prélever les tâches de sang. Peut être que l'on relèvera le moindre petit poil, la moindre petite empreinte, histoire de trouver quelque chose faire avancer l'enquête. Même s'il paraît assez évident que le suspect ce soit moi. Le petit copain qui disparaît du jour au lendemain, laissant le cadavre de son amie se décomposer au beau milieu d'une forêt. Et ce n'était même pas de ma faute. Je l'ai un peu violenté, c'est vrai. Je l'ai aussi un peu enterré, je l'admets. Mais bon, elle est morte naturellement. Du moins, plus naturellement que si je l'avais poignardé à douze reprises. Elle est décédée entre mes mains sans que je ne puisse rien y faire. D'une crise cardiaque, ou d'une tout autre maladie fulgurante. Je n'en sais rien, je ne suis pas médecin. Tout ce que j'ai pensé sur le coup, c'était Merde, merde, merde, merde, merde, merde. Et mine de rien, je crois que c'est ce que tout le monde pense en découvrant un cadavre. Un macchabée, rien de tel pour vous gâcher une journée. Et plus si affinité.

Mais lui, il a pas pensé Merde, merde, merde, merde, merde, merde. Il a pensé Génial, enterrons la, je connais un coin superbe, tu verras. Je l'ai suivi, comme un con. Sur le coup, ça semblait une bonne idée. J'allais pouvoir m'en débarrasser et filer loin d'ici. L'occasion de fuir. M'échapper loin d'elle, recommencer sans elle. C'était idyllique. Et puis, avec le recul, je regrette. Car même si ces derniers temps étaient difficiles, même si elle savait se montrer détestable au plus haut point, et bien, je l'aimais. Et ça, ça ne s'efface pas comme ça. L'amour, c'est encore plus dur que de faire disparaître un cadavre.

Quel con. J'aurais mieux fait d'aller voir la police, ou appeler une ambulance. Ils auraient compris. Un médecin légiste l'aurait peut-être autopsié, et il aurait parfaitement compris qu'elle n'est pas morte par ma faute. Que je suis innocent. Sauf que non, maintenant je suis devenu totalement coupable. J'ai un cadavre sur la conscience, et en prime des regrets qui m'assaillent. La vision paradisiaque de ma vie refondée à l'autre bout du continent, était bien loin. Tout n'était plus qu'un abominable cauchemar. Et cet appartement n'allait probablement pas m'en réveiller.

Les souvenirs m'attaquaient. M'agressaient. Des images d'elle. De nous. Partout. Toutes les pièces en étaient pourvues. Je la voyais dans le couloir, titubant après une longue nuit de cuite. Et moi derrière tentant de marcher vainement le plus droit possible. Elle est tombée. En voulant l'aider, je suis tombé également. Et nous avons rigolé. En choeur. Comme des gosses. Plaqués au sol par l'alcool, incapable de se relever. On riait. Et puis on s'est embrassé amoureusement. Avant de s'endormir, comme ça, l'un contre l'autre sur le parquet inconfortable. Le salon, c'était toutes les soirées passées ensemble, en tête à tête à se raconter nos vies. Des vies pas passionnantes pour un sou, pas originales du tout, mais qu'on adorait connaître et écouter. Juste pour en savoir plus, juste pour l'entendre parler. Les petits plats que je lui préparais amoureusement en cuisine. Les douches communes s'agrémentant occasionnellement d'une levrette. Et je vous passe tous les évènements s'étant déroulé dans la chambre. Intimité oblige.

Et me voilà donc, dans cet appartement plein de souvenir. Plein de morceaux de nous que je ne pourrais jamais recoller tout seul. Que je ne pourrais jamais recoller sans elle. Et je regrette. Et elle me manque. Et je ne sais plus quoi faire. Une fois n'est pas coutume.

sub-009
sub-009
Niveau 9
16 janvier 2010 à 03:33:35

Salut, juste pour dire que même si je ne poste pas, je continue de lire ton texte avec pas mal d'intérêt et que j'aime toujours autant.

Par contre je comprends pas pourquoi tu as narré à l'imparfait dans le paragraphe "mes souvenirs m'attaquaient" alors que tout le reste est au présent.

A part ça, rien à dire d'autre, à part que c'est un plaisir à lire.

Son meilleur ami semble être un psychopathe habitué à la disparition de cadavres xD

Yugowski
Yugowski
Niveau 7
18 janvier 2010 à 18:38:37

les phrases cultes :

"Un macchabée, rien de tel pour vous gâcher une journée."

"L'amour, c'est encore plus dur que de faire disparaître un cadavre."

J'adore ces phrases qui résonnent, j'essaye de fonctionner aussi comme ça. Tu devrais me lire :fou:

-->"La vision paradisiaque de ma vie refondée à l'autre bout du continent, était bien loin. Tout n'était plus qu'un abominable cauchemar. Et cet appartement n'allait probablement pas m'en réveiller. " Pourquoi utiliser le passé ? --> à l'autre bout du continent est morte. Tout n'est plus qu'un abominable cauchemar. Et c'est pas cet appartement ne m'en sortira pas.
Je trouve que ça sonne mieux :ok:

--> "Les souvenirs m'attaquaient. M'agressaient." Pareil :-( Est-ce moi qui suis totalement à côté de la plaque ?

Voilà, alors c'est ce que j'attends d'un texte : Lecture facile, agréable, dont certaines phrases restent dans l'esprit. C'est toujours aussi flou, et ce chapitre qui explique un peu le passé des personnages, l'histoire d'amour aussi passionné que destructrice est bien expliquée même si le fait de l'introduire maintenant pète un peu le rythme je trouve. J'attends toujours de savoir ce qu'il va se passer.

Mais au moins, j'attends :gni:

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