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Etiam periere ruinae

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
26 décembre 2005 à 00:34:00

32. Etiam periere ruinæ

L’instant d’après, Frensoan tira également sur le robot avatar de Chester afin de l’immobiliser pour ne pas qu’un de ses bras mécanique ne le saisissât.
Stedren, Piers et Solfia hurlèrent de stupeur en voyant Frensoan, une arme à la main et la colère brûlant dans ses yeux.
- Frensoan vous êtes fou ! cria Solfia.
- Enfin mon ami, posez cette arme, ordonna Stedren.
- Silence, dit calmement Frensoan sans les regarder.
Celui-ci ouvrit avec la clé la serrure du coffret en bois tout en tenant en joue ses amis qui ne savaient pas quoi faire. Il sortit du coffret un étrange appareil en forme d’anneau. L’engin avait l’air d’avoir été bricolé en hâte et ne ressemblait pas un appareil renfermant une machinerie d’une très haute sophistication. Des fils s’entrecroisaient partout et des composants électroniques semblaient avoir été montés de manière totalement hasardeuse. Seul un petit cadran et un clavier paraissaient avoir leur place sur le dessus de l’anneau métallique.

Frensoan étudiait attentivement le téléporteur quand Piers se leva de son siège et pointa un point accusateur vers lui :
- C’était donc vous dans le Hermès ! hurla-t-il.
- Evidement, grogna Frensoan en triturant les composants de la machine. Qui croyez-vous que c’était ? Stedren cet empoté ou un des martiens ? Un peu de bon sens voyons. Maintenant taisez-vous et laissez moi travailler !
Solfia était interloquée, la bouche légèrement pendante, elle hésitait entre trembler de peur ou aider Edora qui perdait beaucoup de sang. Stedren semblait plus maître de lui-même et tenta alors de raisonner son ami :
- Je comprends mieux pourquoi vous essayiez de me monter contre Piers, dit-il en faisant signe à l’intéressé de s’asseoir. C’était pour dévier tous les soupçons contre lui. Allons mon ami, posez cette arme et discutons raisonnablement. Qu’est-ce qui ne vas pas ?
Frensoan le regarda d’un regard méprisant tout en continuant d’essayer de savoir comment la machine fonctionnait.
- Ce qui ne va pas ? Oh mais je vais le dire. L’humanité est un fléau. Un fléau qui n’a d’aspiration qu’à gagner en puissance, désirant accroître son pouvoir déjà démesuré, détruisant au passage toute les vertus qui préexistent. Il crée les bases d’un monde ou les malheurs et la terreur prédominent, cédant le pas à un règne cataclysmique et de chaos. Les valeurs dont étaient garants les détenteurs de la conscience et de l’intellect se voient bafouées. Ce fléau ne fait qu’outrepasser les principes moraux rendant l’amour et la générosité ineptes et insipides. L’éthique, la politesse et la courtoisie se faisant remplacer par le mensonge, le vice et la violence. Par leur arrogance, les hommes ont fait sombrer les plus grandes nations, effaçant au passage des millénaires d’histoire. Aucuns pays, aucun continent, aucune parcelle du vaste monde n’a échappé à cette atroce calamité. Ce fléau engendre des problèmes dont les solutions sont inexistantes, ne faisant que dérouter l’avenir. La nature, jadis riche et luxuriante, ressort mutilée, n’offrant plus que des déserts brûlants et des plaines stériles.
- Tout ce que vous racontez n’est pas vrai, et vous extrapolez de nombreux points. Les hommes ont créés des merveilles tel l’art ou la science, tout n’est pas négatif.
- Ce que vous dites ne sont que des mensonges. L´humanité vit dans une peur constante, elle essaie d´expliquer, d´analyser et de comprendre tout ce qui se produit autour d´elle. Pour cela elle a certes créée tout au long de l´histoire la science, l´art, les mathématiques et bien d´autres outils de compréhension. Mais par ses nombreux outils qu´elle a créés et mis en place, quand elle n´arrive pas à saisir et à interpréter un problème qui survient sur le chemin du progrès, elle le renie ou essaie de le détruire. L´humanité se dit ouverte mais en fait elle possède une étroitesse d´esprit qui l’a empêché d´entrevoir les nombreuses possibilités et merveilles du vaste monde qu´elle peuplait. Les hommes se disent solidaires et aimants avec son prochain, mais quelle que soient leurs actions et leurs dires, tout est fait, tout est dit, tout est prévu, de façon à ce que les individus puissent exaucer leurs propres intérêts personnels. L´homme se dit généreux mais ce n´est qu´une créature qui ne s´occupe que d´elle même et se fiche des autres. Elle met en place des sociétés afin d´améliorer son confort et d’augmenter son pouvoir et non pour partager son talent et son savoir avec les autres individus. Cette créature qu´est l´homme refuse d´entrevoir les horreurs qu´elle a créée telle la guerre, la famine et les crimes et préfère entrevoir l´avenir, avenir qu´elle est en train de détruire par sa seule présence. Et je préfère mettre un terme à son existence plutôt que des siècles passent et que d’autres mondes soient détruits.
Stedren regarda attentivement Frensoan, aussi attentivement que celui-ci examinait le téléporteur. Les longues explications qu’il avait données montré qu’il avait mûrement réfléchi à la question et que rien ne pourrait lui faire changer d’avis. Il se remémora les dernières semaines et alors tout s’emboîta dans sa tête.
- Je comprends …
- C’est pour ça que je voulais faire cette expédition avec vous, pour m’assurer qu’elle ne servirait à rien … mais il y a eu les homaridians, continua Frensoan. J’avoue qu’ils ont le don de faire échouer tous les plans, même s’ils sont savamment préparés, vous en savez quelque chose n’est-ce pas Chester.

Ce dernier qui tentait de se rapprocher discrètement du corps d’Edora s’arrêta voyant l’arme braquée sur lui.
- Après tout, vous n’êtes qu’une machine.
Et Frensoan tira dans le générateur du robot qui vola en éclat. Il savait que le robot avatar contrôlait les machines au dehors dans la ville et il avait tiré pour ne pas qu’un robot ne vienne l’arrêter. Subolithe était profondément enfoui sous terre et avait une voûte épaisses et faite d’acier, donc Chester qui était resté à Supra City ne pouvait plus contrôler ses machines par radio et le temps qu’il renvoie d’autres machines, Frensoan aurait déjà fini ce qu’il voulait accomplir.
- Expliquez vous un peu, demanda Stedren froidement. Que l’on comprenne exactement ce que vous voulez faire.
- Je vous l’ai dis, je veux que l’humanité périsse. Je voulais faire échouer l’expédition de façon à ce que les subolithiens meurent de faim.
- Pourquoi avoir trouvé une issue alors dans le hall du prototunnel, et aussi pourquoi nous avoir aidé à déchiffrer les messages des homaridians ?
Frensoan branchait et débrancher des fils, testant et vérifiant des circuits imprimés.
- Je voulais que Supranet nous trouve et attaque la ville. Quand j’ai vu que les homaridians étaient « gentils » je pensais que tout était perdu, vous devez imaginer ma joie quand Virgon m’a révélé qu’ils voulaient eux aussi détruire les Hommes. J’ai été encore plus abattu quand Chester nous a recueilli. Mais j’avais toujours mes chances, avec les homaridians. En effet, j’ai décodé les messages des homaridians, mais je leur en ai envoyé. Je leur ai expliqué mon point de vue et je leur ai fourni des informations pour qu’ils gagnent la bataille. Malheureusement, je ne connaissais pas l’existence du système de sécurité du prototunnel, mais j’étais toujours en contact avec Léodran. Il m’a dis où placer la charge. Oui, il était nécessaire que je détruise le Hermès pour ne pas que les martiens puissent aider les subolithiens et leur donner de la nourriture.
- Et vous étiez prêt à vous sacrifier pour ça ? s’enquit Piers. Et puis, Chester pouvait toujours contacter Mars pour concevoir le virus contre les homaridians, ou encore envoyez un autre vaisseau. Et de toute façon, l’humanité aurait continué de perdurer sur Mars.
- Vous vous trompez petit crétin, rétorqua Frensoan en ricanant. Déjà, pour ouvrir les portes de Subolithe il faut les codes mais les martiens ne les possèdent pas donc ils n’auraient pas pu aidé les habitants. D’ailleurs, ils n’auraient pas pu atterrir car les homaridians seront bientôt capables de voyager dans l’espace, et ainsi d’empêcher d’autres vaisseaux de se poser. Concernent le virus, se serait futile car ils vivent sous l’eau je vous le rappelle. Je voulais que Supranet soit détruit pour que les mutants tuent les martiens tranquillement, hélas encore, mon plan n’a pas fonctionné et les satellites ont été inefficaces.
- C’est absurde ! lança Piers. Vous voulez détruire les humains sous prétexte que nous sommes une race destructrice, quitte à laisser une race encore plus destructrice nous anéantir. Cela n’a pas de sens.

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
26 décembre 2005 à 00:35:15

Frensoan voulut répliquer mais une voix très faible le coupa :
- Lâchez le téléporteur …
C’était Edora. Du sang sortait de sa bouche et ses membres se convulsaient légèrement sous la douleur. Elle se retourna pour mieux respirer, laissant apparaître une blessure grave qui déchirait son abdomen. Frensoan ne parut pas choquer de voir ainsi Edora agoniser et il se reporta sur la machine.
Stedren avait une arme braquée sur lui mais il brûlait d’envie de porter secours à la pauvre femme. Voyant qu’Edora avait l’air de survivre et de résister il voulut gagner du temps :
- Que comptez-vous faire Frensoan ? demanda-t-il rapidement.
- C’est très simple, répondit-il en pianotant sur le clavier de l’engin. Edora a dit que la machine pouvait déplacer n’importe quoi. Je compte téléporter le Soleil sur Terre. De ce fait la planète brûlera immédiatement, ensuite l’orbite de Mars va être complément désorienté. La planète va se retrouver avec une orbite elliptique et Mars va se rapprocher, les martiens périront à petit feu. C’est le cas de la dire.
Piers ne pouvait en croire ses oreilles. Frensoan avait parlé sans la moindre émotion, sans le moindre scrupule. Il n’arrivait pas à s’imaginer que d’ici peu de temps le soleil entier allait être téléporté pour engloutir la Terre et tuer inexorablement les martiens.
Frensoan le visait avec un fusil mais il n’en avait cure. Piers préférait se protéger l’humanité, quitte à se sacrifier, plutôt que de rien faire à cause de la peur de mourir. Il appuya ses mains sur les accoudoirs de son siège pour mieux se jeter sur Frensoan. Celui-ci releva la tête et sourit au moment ou Piers s’apprêtait à bondir.
- Que la vie disparaisse.
Stedren et Piers se levèrent et se précipitèrent vers Frensoan mais ce dernier leva prestement le bras et appuya sur un bouton de l’appareil.

L’engin se mit vibrer doucement et les deux hommes reculèrent. Mais alors qu’ils étaient dans l’expectative de la fin du monde, l’image autour de Frensoan sembla se brouiller. Une sorte de globe invisible se forma et des vagues d’ombres déformaient la réalité autour de lui, comme si la sphère était faite d’eau impalpable. L’image se courba davantage puis l’orbe disparut en un instant et sans un bruit. Frensoan s’était complètement volatilisé et il ne restait rien, même pas un petit nuage de fumée.
Stedren, Piers et Solfia, qui s’attendait à mourir dans la minute, restèrent un moment sans bouger pour essayer de comprendre ce qui venait de se dérouler sous les yeux ébahis.
- Que s’est-il passé ? demanda Stedren en s’approchant du téléporteur.
Piers balaya avec son bras l’endroit où se tenait il y a quelques secondes Frensoan puis regarda la machine qui paraissait à présent inactive.
- Où est-il ? interrogea à son tour Solfia. Le soleil a été téléporté ?
- Si tel était le cas … dit péniblement Edora en rampant pour s’asseoir contre un mur, nous ne serions plus là …
- C’est bizarre …
- La technologie n’était peut être pas au point, suggéra Stedren qui secouait l’appareil.
- Je pense plutôt que Frensoan a été téléporté … dit Piers en aidant Edora à se relever. Il a peut être fini sur le soleil.
- Il a eut que ce qu’il méritait, lança Chester.
Tout le monde se retourna et vit un autre robot avatar qui se tenait dans l’embrasure de la porte. Chester venait juste de revenir, sans doute qu’il venait de dévaler le prototunnel à toute vitesse.

Edora fut rapidement conduite à l’hôpital de Subolithe. Grâce aux médicaments apporté à bord du Hermès, elle fut très vite soignée et les médecins dirent qu’elle s’en sortirait.
Quelques jours passèrent pour laisser le temps à Edora de se rétablir et pour acheminer les tonnes de marchandises des soutes du vaisseau jusqu’à la ville. Les membres d’équipages semblaient bien s’intégrer parmi les subolithiens qui les adoraient. Puis vint le jour du départ. Cependant, certains martiens restèrent pour apprendre aux habitants de se servir de certaines appareils complexes et pour les aider à augmenter les rendements de leurs fermes hydroponiques.
Contrairement à Stedren qui adorait Subolithe, et encore plus depuis qu’il était revenu, Piers se sentait confiner et après avoir goûté à l’aventure, il voulait voir du monde et voyageait encore plus. Edora était en train de préparer son retour sur Mars quand il se décida à lui parler :
- Je voulais savoir si vous n’auriez pas une petite place pour moi ? demanda Piers.
Edora signa un dossier qu’un officier saisit. Elle lui fit face et sourit :
- Vous ne vous plaisez pas ici ? La situation s’est nettement améliorée pourtant.
- Je le sais bien mais je ne suis pas comme la plupart des habitants. J’ai parcourut de grands espaces et j´adore ça. Je n’ai pas envie de passer le reste de mon existence dans cette ville en sachant qu’il existence un monde beaucoup attrayant sur Mars.
- Je vous comprends très bien, dit-elle chaleureusement. La population de Mars n’est pas très développée et nous avons pleins de maisons vides où vous pourrez vous loger. En plus, je pense que vous serez reçus comme un invité de marque.
- Vous en êtes sûr ?
- En fait, continua-t-elle sur un ton amical, j’avais même pensé à vous persuadé de venir. Vos connaissances sur les homaridians nous seront très précieuses pour les vaincre. Nos savants sont leur concocter un puissant virus.
- Frensoan a pourtant dis que …
- Je vous arrête tout de suite, coupa Edora. Il ne connaissait rien à notre technologie. Je peux vous assurer que d’ici quelques années on en entendra plus parler. C’est dommage que nous ne puissions nous entendre.
- Je me souviens, dit Frensoan. Un jour un vieil ami m’a dit ceci : « Ce sont les plus forts qui gagnent ».
Et ils terminèrent la conversation sur cette pointe d’humour.
Piers récupéra le peu d’affaire qu’il possédait et il fit ses adieux à Stedren et Solfia. Piers leur proposa de venir également sur la planète rouge mais Stedren allait travailler avec Chester pour désirradier la Terre et Solfia devait assumer ses responsabilité de Maire. Ils s’étaient installés pour vivre ensemble dans un secteur près des sources géothermiques. Piers se savait pas si Stedren c’était épris de Solfia pour se consoler de la perte de Martine où c’était qu’il la connaissait depuis longtemps et qu’il avait finalement osé lui avouer ses sentiments pour elle. Quoi qu’il en fut, il leur souhait tout le bonheur possible.

Le jour artificiel illuminait le secteur Alpha et tout Subolithe était présent pour dire au revoir aux martiens. Ce n’était pas un adieu car ils reviendraient très bientôt, et la relation entre les terriens et les martiens ne faisait que débuter. La porte du prototunnel se rouvrit et tout le monde apprécia ce vent qui soufflait et qui semblait sceller l’amitié naissante entre les deux mondes. Stedren pensa alors que l’installation d’un climat artificiel ne serait pas une si mauvaise chose.
Le long cortège remonta plus facilement le prototunnel car il n’était pas alourdi par des tonnes de marchandises. Au dehors, le Hermès, imposant vaisseau et fier engin spatial, attendait sagement que les membres d’équipages prennent place à bord. Chester fit une cérémonie à sa manière en faisant une longue haie d’honneur, avec ses robots et ses machines, qui partait du prototunnel jusqu’à l’écoutille du vaisseau. Piers n’osa pas se retourner tandis qu’il pénétrait dans l’appareil car il avait peur qu’en regardant l’entrée du tunnel géant, il regretterait la ville et reviendrait sa décision. De toute manière, il pourrait toujours revenir à Subolithe, un jour où la nostalgie de la ville souterraine le rongerait trop. Heureusement, il ne céda pas à la tentation et il monta sans aucun remord dans le Hermès au côté d’Edora qui semblait en pleine forme malgré sa blessure fraîchement guérie.
Edora, Piers et les officiers prirent place sur la passerelle de commandement tandis que les membres d’équipages s’activaient à leur poste. Edora surmonta sa fatigue et s’investit pleinement dans son rôle :
- Rentrez les patins, activez les réacteurs ioniques, fermez les volets.
Piers rigola de la voir si autoritaire, en faite elle paraissait plus s’amuser qu’autre chose.

Le Hermès décolla doucement et s’envola dans les cieux comme s’il eut été porté par un souffle divin. Le vaisseau gagna rapidement l’espace en se cala sur une orbite autour de la planète. Même si l’appareil avait été réparé, Edora devait procéder à diverses vérifications dans l’espace avant d’entamer le long voyage vers la planète rouge.
Contrairement à Stedren, Piers n’était pas allé dans l’espace et n’avait jamais vu les étoiles. Il s’éprit de spectacle particulier et il préféra monter sur le pont panoramique pour mieux contempler les astres qui brillaient paisiblement dans le lointain firmament. Il regarda alors la Terre et fut surpris de la voir si meurtrie. Peut être que Frensoan avait en partie raison pensa-t-il.
Une voix dans les hauts parleurs chassa cette idée saugrenue de sa tête.
- Activation du générateur à antimatière. En route vers Mars !

Piers s’assit sur un fauteuil et contempla la planète blanche. Il se rappela alors une citation latine que Frensoan lui avait dit un jour au mieux de leur relation. Une courte phrase qui décrivait ce que voyait Piers : des ruines à perte de vue, totalement dévastés et qui avait fini par disparaître en grande partie. Cette phrase signifiait que les ruines mêmes avaient péri.
Et pendant, qu’il regardait la Terre qui s’éloignait de plus en plus vite, il grava dans sa mémoire les trois mots ce cette maxime :

« Etiam periere ruinæ »

Dame_Mistie
Dame_Mistie
Niveau 10
26 décembre 2005 à 00:54:06

Fiiiiin !

Tu es arrivé au bout, rien que pour ça :bravo:
Tu connaissais la fin en démarrant la fic ou alors tu improvisais au fur et à mesure ?

J´aime bien ce chapitre. J´aime bien la fic entière :-)

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
26 décembre 2005 à 01:02:56

Et non ! Ce n´est pas la fin, il reste encore un ultime chapitre, dans lequel il y a un dénouement énorme. C´est un épilogue. Encore une dizaine de minutes et je le poste. :)

Dame_Mistie
Dame_Mistie
Niveau 10
26 décembre 2005 à 01:09:24

Ah bon ? Ben j´attends alors.

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
26 décembre 2005 à 01:22:32

33. Epilogue

Dans les débuts de l’exploration spatiale, et en particulier lors la colonisation de Mars, c’était essentiellement des scientifiques qui voyageaient et qui dirigeaient les opérations. Au fil de la terraformation de Mars, les savants avaient toujours eu une autorité prépondérante car ils détenaient toutes les compétences nécessaires. A présent encore, ils possédaient le pouvoir et dirigeaient le pays, bien que Mars était officiellement une démocratie. Le gouvernement n’était donc pas à proprement dirigé par les scientifiques mais ils entretenaient une grande influence dans les décisions politiques. Non pas que les savants voulaient s’accaparer le pouvoir ou accroître leur influence, mais qu’en raison de la place importante que prenait la technologie dans la société martienne ils étaient presque indispensables.
La terraformation de la planète rouge n’était pas tout à fait terminée, l’air était respirable mais pas les plus hautes couches de l’atmosphère. Il était donc nécessaire que les savants eussent une part dans la politique afin de diriger au mieux les actions du gouvernement. Il en était de même avec les innombrables fermes hydroponiques du pays qui
nourrissaient gracieusement la population, les centrales à fusion nucléaire qui alimentaient les foyers ou encore la gestion précise des ressources martiennes. Mars n’était pas dotée d’une armée car il n’y avait pas de territoire à défendre ou à conquérir, donc il n’y avait pas de guerres. Cependant, il existait une police pour arrêter les criminels et tout un organe juridique pour les juger et les punir. La production d’objets manufacturés était beaucoup mois intensive qu’à l’apogée de la Terre car les martiennes avaient retenu la leçon mais aussi à cause des faibles ressources minières exploitables. L’exploitation de la planète Vénus était même en cours d’études selon les dernières rumeurs.
Personne ne s’en plaignait et le système fonctionnait apparemment sans faille, satisfaisant les habitants de Mars qui coulaient des jours heureux. Edora, elle, bien qu’étant elle-même une scientifique, n’appréciait pas ce système hautement hiérarchique. Les savants se querellaient souvent sur de nombreux domaines et contrairement à la démocratie où c’était la majorité qui gagnait, seule la logique et l’irréfutabilité avait le dernier mot. Le problème était que les scientifiques devaient se mettre d’accord et décréter quelle théorie était la bonne, et parfois cela prenait du temps ou engendrait des conflits inutiles.

Edora était de retour sur Mars, enchantée de son aventure dans les airs irradiés et les entrailles de la Terre. Elle était contente de revenir et de revoir ses amis et sa famille mais une certaine appréhension l’habitait car elle devait rendre des comptes à l’Académie martienne des Sciences et Techniques. Une semaine passa puis le gouvernement la convoqua à une audience.
Edora demeurait loin de la capitale et il lui fallut deux heures pour se rendre à Arèsopolis. Pendant que le tramway la menait vers l’académie, elle regarda dehors les gens qui déambulaient tranquillement, ignorant la chance qu’ils avaient de respirer à l’air libre et de vivre sans le poids des restrictions à l’instar des subolithiens. Ces derniers n’avaient pas voulu venir sur Mars, car même si la ville avait été une prison, les habitants tenaient énormément à la cité souterraine et préféraient s’occuper à rebâtir une société meilleure. Edora respectait tout à fait leur choix. De plus, elle et la majorité des martiens admiraient les subolithiens pour avoir tenu le coup, attendant patiemment de l’aide.
Le tramway arriva à la bonne station et Edora descendit pour se noyer à la foule. En voyant toutes ces personnes qui s’affairaient et menaient une vie agréable, Edora pensa à Piers. En bon subolithien qu’il était, il souffrait d’agoraphobie mais il avait très bien su s’adapter à la vie trépidante qui animait la société martienne. Les autorités l’avaient l’accueilli comme un roi, lui laissant choisir le logement de son choix et subvenant à tous ses besoins. Il était devenu une idole et était sollicité de partout car tout le monde voulait connaître l’histoire des humains sous Terre et les folles aventures qu’il avait vécu. Même des écoles et certains collèges le réclamaient pour donner des cours ou faire des conférences. Ainsi Piers refusait rarement une invitation, se faisant un plaisir d’assouvir la curiosité des gens.
Edora ne l’avait pas revu depuis leur retour et elle nota dans un coin de son esprit qu’elle devrait prochainement lui rendre visite. Après une courte marche, elle arriva devant l’académie.
Le bâtiment avait des formes arrondies, l’acier et le verre étant les matériaux qui prédominaient avec l’art au service de la science. Mars n’avait pas une culture artistique très riche mais le gouvernement avait manifestement fait un gros effort pour rendre le bâtiment le plus esthétique possible. Plusieurs ailes se prolongeaient en suivant des lignes géométriques qui rendaient le tout un ensemble cohérent, pas nécessairement gigantesque mais avec une décoration et des structures apparentes très soignées. Edora trouvait ça plus ridicule qu’extraordinaire. Après tout, ses goûts en art avaient toujours été très limités, ou peut être était-elle blasée de venir ici trop souvent.
Elle profita un dernier moment de la lueur du soleil avant de passer sa journée devant une horde de savants qui l’examineraient sous toutes les coutures. L’astre était plus petit dans le ciel car la planète était plus éloignée que la Terre du soleil. Un capteur identifia la jeune femme en scannant son œil. Une porte vitrée s’ouvrit instantanément devant elle puis se referma juste après le passage d’Edora. Presque tout était automatisé dans la société martienne et la vie en ressortant considérablement plus confortable. Edora regarda autour d’elle les gens qui n’avaient aucune conscience de ce luxe si simple qu’ils goûtaient chaque jour et qui manquait tant aux subolithiens.
Les dimensions de l’agora étaient telles qu’on eut dit qu’il n’avait pas été conçu à l’échelle exacte. Les arcades, les portes, les escaliers : tout était complètement démesuré, encore un exemple d’ostentation. Des hommes en costumes, des techniciens et des scientifiques déambulaient un peu partout, chacun ayant une tâche bien précise à exécuter.

Edora alla à la réception pour connaître la salle de réunion et elle eut une surprise de taille. L’audience allait avoir lieu dans un amphithéâtre dans l’aile Eisia, une des parties les plus impénétrable de l’académie et surtout la mieux gardée. Le conseil des érudits siégeait d’ailleurs dans cette section, il était chargé de garder les technologies trop dangereuses et les secrets de Mars. Edora pensa immédiatement à Lution et Beria, les plus éminents savants mais aussi ceux qui avaient la plus mauvaise réputation. Le couple était connu pour vouloir tout contrôler et tout savoir, ce qui n’arrangeait pas les affaires d’Edora.
Elle se dit que ce devait être à cause du téléporteur qu’elle avait ramené de Subolithe et qui avait étrangement réagi quand Frensoan, poussé par son ambition démoniaque, avait vainement tenté de détruire la Terre. Chester s’était montré très intéressé mais il avait finalement accepté de le laisser à Edora car il appartenait de droit aux martiens.
Edora soupira puis de dirigea vers la section Eisa, résignée. Elle dut justifier plusieurs fois son identité et prouver sa venue à maintes reprises pour finalement se retrouver dans un vaste amphithéâtre.
L’endroit devait être ancien car l’architecture était de toute évidence terrienne. La salle circulaire était grande et les gradins avaient été retirés pour donner un vaste espace. Il faisait sombre, seule une chaise au centre de la salle était éclairée par une lampe grésillante. Il n’y avait visiblement personne mais elle s’assit sur la chaise. Aussitôt une porte claqua au fond de la pièce et les deux scientifiques pénétrèrent dans la salle pour s’asseoir à une table métallique.
Ils étaient très vieux, et avaient chacun le visage émacié, ravagé par les rides que le temps avait insidieusement creusé. Lution portait un costume vert très sombre aux formes épurées tandis que Beria était vêtu d’une robe bleue absolument magnifique. A vrai dire on ne connaissait même pas leur âge, pensa Edora. Ils avaient depuis toujours été au conseil et beaucoup de gens s’étonnaient de la longévité peu commune dont ils bénéficiaient.

Lution posa sur la table un épais dossier et essuya ses lunettes. Beria ouvrit le dossier et débuta la conférence en lisant les notes.
- Edora Sinoleo, résidant à Olymtopia, mariée, un enfant, directrice des infrastructures de terraformation et des centrales à fusion, énuméra la vieille femme sans s’essouffler. Revenue depuis peu de la Terre après avoir combattu une race mutante aux côtes de notre ancien ennemi Supranet pour aider les subolithiens. Vous aviez pour ordre de ramener le téléporteur sur Mars pour que le conseil étudie l’appareil en détail et en tire des applications pratiques. Votre mission a donc été correctement remplie et même au-delà puisque les habitants de Subolithe sont saufs et la Terre est en voie de désirradiation, et nos savants sont en train de composer un virus mortel pour cette race mutante.
Beria referma brusquement le dossier et la seconde d’après son mari, Lution prit la parole sans qu’Edora eût son mot à dire.
- L’appareil que vous avez ramené est-il le téléporteur qui se trouvait dans le coffret du Maire ? demanda-t-il d’une voix profonde.
Lution et Beria, les yeux froncés, fixaient tout les deux Edora qui avait l’impression d’être passée aux rayons x. Elle se demanda pourquoi il n’y avait que le couple de présent et pourquoi Lution posait une question pareille. Connaissant leur réputation, et elle se dépêcha de répondre sans tarder.
- Bien sûr, acquiesça-t-elle d’un ton incertain. Les subolithiens n’en connaissait pas l’existence, même pas le Maire, donc ils n’ont pas pu le subtiliser pour le remplacer par un autre. Et ce ne peut pas être un membre de mon équipage car ils ne connaissaient pas la nature de l’appareil et ils n’ont pas été témoins de ce qui s’est passé avec Frensoan et …
- C’est justement de cela dont nous voulons parler, coupa Lution.
Il prit un stylo et le fit tourner entre ses doigts, réfléchissant à ce qu’il allait dire. Un silence dura quelques minutes et Edora s’abstint de faire toute remarque.
- L’appareil a été conçu au moment de la construction de Subolithe et il avait pour but d’avoir la capacité de téléporter les objets, expliqua-t-il mécaniquement. Or, au moment où Frensoan a voulu téléporter le soleil sur la Terre pour la détruire, il s’est littéralement volatilisé.
- Tout ça est dans mon rapport que j’ai rendu à l’académie il y a quelques jours.
Beria haussa un sourcil et se redressa sur sa chaise avant d’intervenir à son tour.
- Vous vous méprenez, nous ne vous avons pas convoqué pour vous soutirer des informations ou pour faire un compte rendu. Vous êtes ici car nous avons quelque chose d’important à vous dire et vu vos compétences et votre rang dans la société, nous avons jugé bon de vous informer.
- De m’informer de quoi ? s’enquit Edora.
- Que le téléporteur a été détruit, ainsi que ses plans, rétorqua Beria calmement.

Dame_Mistie
Dame_Mistie
Niveau 10
26 décembre 2005 à 01:49:42

:ouch:
Bon.
Une fin comme ça, je veux bien. Je ne m´y attendais carrément pas, c´est bien trouvé mais si Martine était morte comment Stedren l´a récupérée sans changer le monde ? Je suppose qu´il a fait un voyage dans le temps non ? Ils n´ont qu´une macine donc il fallait bien aller la chercher avant qu´elle ne soit morte.
Je ne sais pas si je m´exprime bien.

En tout cas, c´était assez étrange comme fin.

J´aurais une critique.
Ca me donne la même impression que pour Da Vinci Code.
La fin est tirée par les cheveux, on ne se rend compte de rien tout au long du récit. On ne se serait jamais douté que Stedren et Martine était amants et là ils sont amoureux et complices.
Ce genre de fin me dérange parce qu´on a l´impression que l´auteur a décidé ça sur un coup de tête.

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
26 décembre 2005 à 02:04:56

En fait, je n´ai pas décidé ça sur un coup de tête, j´avais la fin en tête depuis un bon moment.

Je vais expliquer en détail. En fait, l´humanité s´est détuire elle-même et il ne resté plus rien, sauf Stedren et Martine il y a des millénaires. Ils ont alors remontés une centaine de fois le temps pour que l´humanité survive et à chaque fois ils ont changé des détails pour que le futur soit correct.

Les Stedren et Martine de la fin ne sont pas ceux de l´histoire, ce sont des personnages différents mais qui ont voyagé pleins de fois dans le temps. Dans mon récit, ce ne sont que leur homologue temporel.

Je sais pas si je me suis bien exprimé mais bon. Sinon je suis désolé de faire une fin si bizarre, c´est juste que j´aime bien les plans préparés en avance et les trucs dans ce genre ...

Agraf
Agraf
Niveau 10
26 décembre 2005 à 02:44:14

Tu as déjà été publié?Car tu m´a l´air sur la bonne voix.En tt cas, felicitations pout être arrivé à la fin de ton roman.

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
26 décembre 2005 à 11:21:04

Non je n´ai pas été publié, et cette fic n´est pas tout à fait un roman. Il va falloir maintenant que je réécive tout que enlever le spetites incohérences, améliorer le style et surtout : corriger toutes les fautes. :)

chocobo3
chocobo3
Niveau 10
26 décembre 2005 à 12:24:42

Wholalala...
Tous ces chapitres qui tombent d´un coup... :ouch2:
Et voila que EPR est fini! Même si je n´ai pas encore lu la fin, bravo d´avance pour cette fiction mon cher Ostra :)

Va falloir que je me remette a jour, et que je ratrappe mon retard qui est devenu vraiment ennuyeux :(

Dame_Mistie
Dame_Mistie
Niveau 10
26 décembre 2005 à 12:48:27

Compris !
Merci pour les explications je crois que cette fois je saisis l´histoire ^^

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
26 décembre 2005 à 23:22:36

Je remercie tous ceux qui ont lu EPR ou du moins une partie. Tout comme Ffrules, je voulais faire une liste des lecteurs les plus fidèles et les plus actifs mais bon nombre mon abandonné en cours de route donc je ne fais rien.

Cependant je remercie quand même car vous avez consacrez un peu de temps à me lire, même si c´était juste le cours d´un chapitre.

Encore merci à tous !

:globe:

chocobo3
chocobo3
Niveau 10
27 décembre 2005 à 00:10:49

J´ai tous de même lu 24 chapitre moi! :-d
Et je compte terminer ma lmecture :)

Dame_Mistie
Dame_Mistie
Niveau 10
27 décembre 2005 à 10:29:07

Ben moi j´en ai lu 33 :-p

Sechat
Sechat
Niveau 10
27 décembre 2005 à 14:48:27

Ben moi j´en ai lu 33 et demi :-p
(pour l´info c´est parce que môa j´ai eu droit au brouillon du premier chapitre)

Ostramus, lors de ta réécriture, je pense qu´il faudra plus bosser l´épilogue, parce que ton historie avec Stedren et Martine, quand tu l´expliques, on comprends, OK, mais dans le récit c´est présenté de manière plus ambigue...

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
06 janvier 2006 à 13:00:01

Je me permets de uper ma fic. Après tout, elle est finie et j´invite quiconque aime la science-fiction à la lire.

PS : Séchat, aucun problème :)

Saternathe
Saternathe
Niveau 5
21 janvier 2006 à 14:16:37

Je remonte EPR parce que ça en vaut vraiment la peine.

Ostra, j´attends ta réécriture avec impatience!

Allez, lisez donc, je vous assure que vous ne le regretterez pas du tout!

chocobo3
chocobo3
Niveau 10
21 janvier 2006 à 15:31:27

Je confirme, un exelent récit de SF, palpitant et merveilleusement écrit :-)

(Même si l´ortho ne suis pas le talent bien souvent :o)) )

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
22 janvier 2006 à 00:08:43

J´anonce offiiclement que j´ai commençé la réécriture de EPR. De grand changements en perspective. je compte même peut-être refaire un nouveau topic. :)

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