Vieux bout de texte d'il y a quelques années et que je viens de retrouver. Apparemment baptisé "Euuh", le contexte de l'époque me parait un peu flou
Je me souviens surtout avoir ressenti une forte vague de sentiments (très adolescents je pense) qui m'avait poussé à écrire ça d'un jet en pleine nuit :
Ahh ! Qu'écris-je ? qu'écris-je ? Je ne sais, mais je le veux, il le faut. Pourquoi ? Tout est étrange et je veux fixer cette atmosphère, peut-être pour mieux comprendre, peut-être pour mieux me souvenir. Une force, dont la soeur pourrait être la douleur m'oblige ici à écrire une drôlerie.
Appelons donc Dame Mémoire pour tirer au clair tout ce qu'il arrive, tout ce qu'il est arrivé. Il y a six années, une dame est entrée dans mon champ de vision. Vue, oubliée, rappelée furtivement puis soudainement éclatante et que sais-je encore ? Cinq années pourtant de banalité, d'indifférence, cinq années tournées vers autre chose. Et alors l'ignorée est apparue. Etonnante, surprenante, picotant délicieusement le coeur. Mais pas assez encore. Les mois, les semaines, les jours s'écoulent dans une nouvelle insouciance où tout redevient inouï et invisible. La solitude et la banalité joyeuse font vivre objectivement.
Comme la Nature semble arrangée ! Cinq ans d'ignorance, quelques jours lumineux. Encore un an d'oubli, puis voilà de nouvelles et scintillantes journées.
Mais Dame Mémoire est trop prolixe, demandons lui du détail et de l'anecdote ! Croquons donc du récent. Prenons une semaine, cette dernière semaine, sept jours pour nous rappeler une évolution. Oui, c'est sûrement là que le tintement interne s'est fait, doux et violent. Une forme, une voix, tout un être qui m'adresse sa compagnie en plein visage. Le coeur se coupe d'un plaisir fin et minuscule, une vérité inavouable qui paraît ne pas exister pourtant. De douces paroles se font entendre, rappelant, intensifiant cette récente blessure inconsciemment réouverte. La cicatrice était invisible, sûrement. Un bonheur sournois s'intègre comme un venin dans tout mon sang. Puis rien, ou plutôt un court répit. Survient alors un événement, une vague, une lame de fond avec pour débris entraînés une multitudes de souvenirs. Mon esprit est inondé, joyeux mais soucieux. Nouvelle attente, mais cette fois-ci connue et consciente de mon esprit. Leitmotiv tortionnaire...
Alors enfin ! La lumière surgit véritablement, la lance élargit violemment la petite blessure. Mon cœur saigne abondamment et devient gourmand d'Amour. Monstrueusement glouton, il espère le plus beau. Tout autour l'encourage et une journée encore lui fait déverser des litres d'espoir. Le picotement lointain est maintenant un tressaillement brusque. Chaque seconde serre et sa voisine soulage. Chorégraphie paradoxale car douloureuse et quasi-extatique. Trop confiant, l'esprit s'exalte visiblement, Éros aveugle. Il aveugle car il ne nous montre justement pas tout.
Et tristement, tout s'effondre en ce dernier jour. La divine cause détruit la noble conséquence. Un prémice lointain éclate. Le fer incandescent fiché en mon cœur change soudain de couleur. TOUT s'inverse et se dépolarise. Le véritable se conserve cependant et laisse apparaître un cumulus dodu au loin, au très loin...
Demain nous montrera. Demain nous indiquera les vents. Vers moi ou plus loin. Deux sens, deux réponses.
Sentiment unique quoiqu'il en soit que cela. Une décharge unique qui laisse un choc unique lorsqu'on le rencontre pour la première fois, comme une naissance. Milles idées fugaces s'évaporent alors et des milliers d'années seraint nécessaires pour les développer. Le corps se divise en trois : l'un veut revenir, l'autre courir mais les deux fuient l'Actuel.
A demain donc...