Expeditions: Samurai veut révolutionner le RPG tactique avec une aventure entièrement jouable en coop
Vous avez été nombreux (21 !) à participer à cette première session, et nombre d’entre vous sont d’ores et déjà invités à poursuivre l’aventure. 21 textes. Du bon, du moins bon, de l’excellent, des surprises, et beaucoup de travail de correction (mais si, mais si). Au final, en très grande majorité, vous vous en sortez tous honorablement. Pas question pour autant de se reposer sur ses lauriers ! Attendez-vous à une seconde session plus difficile et à des corrections plus sévères.
Les auteurs sont classés par sujet, puis par note, de la plus élevée à la plus basse. Chaque note sur 20 est la moyenne arithmétique des notes attribuées indépendamment par chaque juge, selon ses propres critères et sans concertation avec les autres juges. Pour que les juges souhaitant participer puissent avoir le même nombre de notes que tout le monde, Carnaval a été nommé « juge des juges ». A l’issue de cette session, seuls sont invités à poursuivre l’aventure les participants ayant une note supérieure à 10/20.
Sujet 1 : La mer. 5 participants. Moyenne : 13,56/20
1) CARNAVALE : 16,6/20
Agraf : Un texte difficile. Difficile à l’approche et difficile à la compréhension. Il m’a en fait fait penser à quelques uns des textes réussis de cette première session qui, devant la contrainte de la taille, ont été travaillé de telle manière que, pareil à un rublik’s cube (pardonnez la comparaison), on doive les tourner encore et encore pour en extraire l’essence. Et chaque fois qu’on repasse sur tel ou telle ligne, qu’on la met en corrélation avec telle autre, un peu de la subtilité évanescente des personnages se dévoile. L’histoire prend alors forme petit à petit, au fil de lectures successives et pas forcément linéaires. C’est au final un petit conte, un petit bijou qui s’extraie de ces douces lignes aux parfums mélancoliques. Un style bien particulier qui fait encore mouche ! 16
Aristimbault : Un beau texte, plein d'une certaine poésie. Les gouttes, les personnages atypiques, la façon de même de raconter et de présenter l'histoire, certaines expressions. tout est plein d'un charme étrange et rare. En somme, d'une double originalité, puisque c'est également centré sur la mer, qui il faut bien le dire n'a pas eu un grand succès. Une petite perle d'océan. 18
Azerty : Très joli conte, très joliment écrit. Le style n’en fait pas trop et on se laisse bercer par cette promenade onirique. Typiquement ce que l’on aurait pu attendre du sujet, mais suffisamment bien traité pour que ça ne gêne pas. 17
Epitaph : Un joli conte, fort bien mené. Les personnages, nombreux pour un texte de cette taille, sont très vite esquissés et attachants dès le début. Le style et le vocabulaire sont du pur Carnavale. La chute par contre, enlève au texte ce qu’elle aurait dû lui apporter de sourire en coin, et tombe un peu à plat (sur l’eau). 16
Ostramus : La lecture est très pénible à cause des phrases hachées qui donne de l'étroitesse au texte et un rythme étouffant. Le style est bon et l'idée originale, presque poétique. Le bémol vient du fait que le texte aurait pu être magnifique, onirique mais quelques passages et certaines tournures gâchent l'effet. Un mot pour résumer : dommage. 16
2) MINIMUS : 14,2/20
Agraf : Un texte très classique mais écrit dans un style efficace et élégant, il est agréable à lire, et c’est bien le principal. Comme point négatif, il y a le lourd pavé que tu nous sers, c’est beaucoup une page sans saut de lignes… 13.5
Aristimbault : Le style est joliment mené et à l'évidence poli avec soin, des phrases bien tressées malgré quelques fautes (principalement de temps). Ceci dit, la transition monde réel/onirique est amenée trop brusquement, ce qui gâche quelque peu la continuité du texte et rend sans vrai relief cette dualité. Le thème de la mer est traité correctement. 14,5.
Azerty : Bon texte, très bien mené. Quasiment aucune faute relevée, et l'on entre facilement dans la tête du personnage et ses délires qui, finalement, se mêlent à la sombre réalité. Bien qu'effectivement j'aie eu peur du HS au début, la fin supprime ce problème sans effort : le thème de la mer (vengeresse, dans ce cas) est bien traité, de manière moins onirique que ce à quoi je me serais attendu, mais ça n'est absolument pas un défaut. Un bon 16/20 bien mérité.
Epitaph : Assez sympathique dans l’ensemble, même si on a l’impression de lire une succession brouillonne de scènes sans continuité, comme si l’auteur avait voulu coûte que coûte caser toutes ses idées. Idées qui ne sont donc pas toujours très claires, et on a du mal à vraiment s’intéresser. J’ai trouvé que la métaphore des pantins crachés par Lucifer était très bien pour désigner les éclairs et la tempête, sauf que non, c’était vraiment des pantins géants, et après, c’est assez brouillon. 13
Ostramus : Un style soutenu est travaillé. Cependant, il est mal géré notamment dans les passages d'actions qui s'enlisent et plombent la lecture. Les mots compliqués obscurcissent l'imagination si bien qu'on visualise mal ce qui se produit. 14
3) JEDI-WARS : 13,8/20
Agraf : Un style qui oscille entre le bon et le moins bon, une histoire un peu étrange, pas vraiment intrigante pour autant, mais qui distille tout de même d’agréables senteurs marines. Un texte tout à fait correct en fait, et une petite histoire qui colle bien avec la taille. 13
Aristimbault : Léger dépassement sur le bas, qu'on peut accepter, car inexistant en enlevant l'entête. Le texte est globalement inégal, assez lent à démarrer et s'accélérant trop sur la fin. Un traitement globalement peu adapté au format très bref. La fin est plutôt convenue et l'ambiance, notamment autour de la solitude, pas assez bien installé. 12.
Azerty : Beau texte, sobre, dont la fin n’est pas surprenante mais reste touchante. Pas grand-chose à dire là-dessus si ce n’est : attention aux pavés ! Le texte dépasse quand même la limite, et histoire d’appliquer les règles je ne mets « que » 16.
Epitaph : Un texte d’une grande simplicité, et c’est ce qui fait sa force. Les quelques descriptions sont brèves mais explicites, et n’ont pas besoin d’être davantage développées. L’histoire, banale, devient un prétexte à la mélancolie et l’inquiétude du personnage, et en ce sens, c’est réussi. 15
Ostramus : Texte moyen. Le récit n'est pas très bien structuré et le style est banal. On sent un certain effort et une ambiance est quand même installée. 13
4 EX-AEQUO) POLGRAD : 11,6/20
Agraf : Peut-être est-ce moi qui suis idiot, mais il me semble que ton texte n’a ni queue ni tête. Tu commences par nous parler de la mer dans un style assez classique, puis tu fais allusion à l’Atlantide, et ensuite à des glaces… Pourquoi le garçon ne pourra-t-il jamais voir la mer ? Parce que c’est un morceau de glace ? Mais dans ce cas là quel rapport avec l’Atlantide ? Je n’y ai rien compris, et pour couronner le tout, c’est un immonde pavé indigeste que tu nous sers. N’aurais-tu pas pu sauter des lignes ? Cependant, le texte étant relativement bien écrit, sa note sera sauvée des abysses. 8
Aristimbault : L'idée de présenter la mer du point de vue de quelqu'un qui ne l'a jamais vu (à fortiori un bloc de glace) est assez originale et bien exploitée. On trouve quelques phrases maladroites qui gênent quelque peu l'immersion. Deux gros défauts : une présentation cataclysmique (les monolithes de texte, c'est mal) et cette partie sur l'Atlantide qui me semble totalement incohérente. Bref, un texte qui finit par traîner en longueur malgré une originalité bienvenue. 13.
Azerty : Intéressant, original mais malheureusement ça ne va pas plus loin. Certaines tournures sont un peu lourdes, peu naturelles et du coup on ne rentre que peu dans le texte. La forme est donc plutôt moyenne, ou plutôt quelconque devrais-je dire, mais il y a déjà des idées et c’est suffisamment sympa pour avoir un 12
Epitaph : Si on savait pas dès le début où tu voulais en venir, ça aurait pu être bien plus intéressant. Comme on sait que tu vas parler de la mer, ça traîne en longueur, on attend une chute qu’on connaît et le reste perd de sa saveur. Cependant, et malgré quelques lourdeurs, le texte reste plutôt fluide. 12
Ostramus : Un style fluide, élégant mais un peu discordant. On voit que le texte est travaillé, peut être un peu trop car l'émotion traîne parfois en longueur. Le lien entre la dissolution du souvenir et de la glace n'est pas évident. La chute est bizarre mais atypique. 13
4 EX-AEQUO) VISITEUR3 : 11,6/20
Agraf : Deuxième mot (Je fixai) et déjà une erreur. Voilà un texte qui commence mal… Impression qui ne se confirme pas vraiment par la suite, mais qui ne s’infléchit pas pour autant. C’est un texte court, très court, et ma foi… Je suis assez mitigé, le sujet ne t’a pas inspiré et ça se sent. Tu nous sert ici le stricte minimum. Ce n’est pas mauvais, mais j’ose espérer que tu sauras mieux tirer partie des prochains sujets pour nous montrer ce que tu vaux vraiment. 11
Aristimbault : Bon, le traitement est assez peu original dans la description de la mer : on retourne dans les mêmes poncifs souvent éprouvés. Ceci dit, j'ai trouvé assez sympathique cette idée de noyer le temps dans les flots. Mais globalement, le traitement est un peu trop banal à mon goût, le dialogue entre deux personnages sans vraiment de relief, c'est un peu décevant... Dommage, la base était bonne, mais ça manque de lyrisme, d'ambition, et de virgules. 12.
Azerty : Chute sympathique, qui tranche un peu avec le reste du texte. Le problème, c’est que ce « reste de texte » manque de naturel, je n’ai pas vu l’intérêt du dialogue qui sonne complètement artificiel. Il y a de plus un nombre non négligeable de fautes au vu de la très petite taille du texte. Dommage, il y a un certain potentiel pour les chutes mais ça ne suffira pas pour les textes plus longs…un 13.
Epitaph : Manque de descriptions et d’approfondissement, qui font que le dialogue (donc presque tout le texte) sonne très faux. On a du mal à accrocher, et il y a beaucoup de fautes. 11
Ostramus : Un texte sans éclat. Il s'agit d'une sorte de dialogue à portée philosophique mais l'auteur est passé à côté. Le style est simple et le fond pas mirobolant. 11
Sujet 2 : Ecrivez la dernière page de votre journal intime. 13 participants. Moyenne : 12,89/20
1) SKYSOFT : 16,1/20
Agraf : J’ai adoré. L’humour omniprésent n’enlève rien à la crédibilité et au dramatique du texte, et l’aspect « journal intime » ne t’a pas empêché de pousser la narration assez loin ce qui fait que sur une page, on a en fait beaucoup, énormément même ! Et le tout sans une once de lourdeur ou de répétition, une flamboyante réussite donc ! Merci pour cette dernière lecture (ton texte est le dernier que j’ai corrigé). 18
Aristimbault : Un texte plus enjoué et drôle que les autres participations ; un souffle de fraîcheur dans ce sujet qui tend plus vers le drame que vers l'humour. On voit deux trois fautes parsemées au hasard des paragraphes, mais rien de grave (ah, si, quand même : coller les points d'exclamation et le texte, c'est mal). D'un point de vue histoire, c'est sympathique, même si on comprend vite, la brièveté évite de tomber dans la répétition et la chute reste dans la continuité. 16,5
Azerty : Un bon texte, qui cache une tragédie assez poignante sous son ton enfantin. La forme de journal rend bien (même si l'enfant semble pas avoir plus de dix ans et qu'à cet âge un journal intime paraît bizarre), le ton est juste sans être trop exagéré... Pas grand-chose à dire : un 16/20 pour l'utilisation judicieuse du sujet. (et le titre rosque, aussi)
Epitaph : Mais… lol ! Ou pas, tout compte fait. Bon texte, avec un style qui colle bien au narrateur (à part quelques expressions par moments qui font trop « adulte »). Cela dit, les points d’exclamations, ça fait vite trop et ça sent bon le truc pour qu’on comprenne bien à qui on avait affaire. C’était peut-être pas obligé d’être dans de telles proportions^^ 15
Ostramus : Je hais l'expression « ou pas » que l'on voit partout et qui ne sert à rien ! Cela dit, le texte est frais, fluide, agréable avec un petit récit. On ne se perd pas dans des enfilades de mots compliqués et au final on prend du plaisir même si ce n'est pas transcendant. 15
2) EPITAPH : 15,6/20
Agraf : Il est dommage que des phrases telles que « Je pose ma plume pour reposer mes doigts » cassent complètement le texte. Il me paraît totalement invraisemblable d’écrire dans un journal intime « je pose ma plume », je suis peut-être vieux jeux, vieux chieur ou vieux con, mais je trouve ça assez mauvais. C’est d’autant plus dommage que par ailleurs, le texte est, comme à l’accoutumée, très bon. Au niveau de l’inspiration, j’ai cru discerner Lanfeust de Troy, le thème de la dernière page est bien abordé, l’écriture est fluide et agréable. Que dire de plus ? Il aurait peut-être été intéressant de marquer une date, pour faire plus « journal intime » mais le fait de commencer au milieu d’une phrase est un très bon point. 15
Aristimbault : L'idée du journal intime d'un dieu est d'une certaine originalité. Tout est teinté d'une certaine mélancolie dans ce texte : les dieux agonisent, dépérissent lentement alors que la foi les quitte, laissant derrière eux un monde qui a perdu de sa magie. Ce sentiment est très bien rendu et globalement ça change pas mal des autres traitements, bien qu'on s'éloigne dans la forme de la structure et des codes du journal intime. 17.
Azerty : Sujet intéressant. Le style est très efficace, et semble à peu près crédible (pour ce que je peux imaginer de la locution d’une divinité multimillénaire) sans en faire trop. La fin est particulièrement efficace. J’ai l’impression de donner les mêmes notes à tout le monde, mais 16 quand même.
Ostramus : Un autre qui a eu l'intelligence de commencer la page du journal comme une continuité d'un texte plus long. Style impeccable, soutenu, sans tomber dans l'emphase. L'approche mythologique est remarquable et la psychologie ainsi que la réflexion sur la fin est fascinante. 18
Carnavale : Un texte qui prend un parti difficile. Adopter la voix d’un dieu et vouloir absolument se tenir à un langage épique et hiératique, propre aux récits mythologiques, ça n’est pas inintéressant mais ça enferme beaucoup la figure surhumaine dans une certaine image préconçue, que tu aurais pu dynamiter davantage, en humanisant de façon plus moderne la syntaxe et le vocabulaire. On sent bien l’intention de tracer les lignes d’une organisation polythéiste en crise, et l’idée ne manque pas de charme. Mais l’avalanche des noms propres (ce qui fait partie du code des récits de ce genre, ceci dit), de leurs groupes apposés à fonction qualifiante, et le fil même du propos, qui tend à se découdre dans des considérations un peu succinctes, des précisions temporelles, spatiales, et autres éléments du décor, du réseau mythologiques, ne parviennent pas à tenir le lecteur en haleine. L’esthétique du récit reste d’ailleurs plutôt glaciale, comme si on avait davantage affaire à des vitraux de cathédrale qu’à une histoire menée tambour battant. Les images que propose le texte semblent figées dans des profils, des parchemins antiques, parfaitement hermétiques à la sensibilité primitive du lecteur en quête de sensations percutantes. Et ce choix, encore une fois, n’est pas du tout impertinent, au contraire. Mais du coup, la prise de parole dans le journal intime n’a plus trop de sens, et l’on a vite fait de voir dans le texte un honnête et simple récit. Dire je dans un journal intime ce n’est pas dire je dans une histoire à la première personne.
Finalement, le coup de cœur ne vient pas, et l’on regrette que tout cela n’ait pas été au fond conçu de manière plus simple, moins alambiquée, moins épaisse, et que le respect du genre mythique ait été trop zélé. 12
3) IAN CURTIS : 15,2/20
Agraf : C’est assez effarant de voir comment en respectant à ce point scrupuleusement les règles (il s’agit juste de la dernière page, pas de fin du monde, de suicide, ou autre pour le justifier, juste une dernière page), tu arrives dans un style simple et pourtant très intimiste (je rappel à ce propos que le « style » ne dépend pas de la capacité à être lourd en utilisant du vocabulaire compliqué, avis à quelques participants…) à donner une âme à ce texte. C’est très touchant d’une part, véritablement touchant, comme pourrait l’être la lecture d’un journal intime étranger, et la réflexion menée au départ donne de la consistance au texte, qui dépasse alors le simple cadre de l’exercice imposé. Tu as su te jouer des règles tout en les respectant scrupuleusement. Bravo. 16
Aristimbault : Un texte porté par l'idée de mise en abîme, et soutenu solidement par une écriture claire et précise.. La réflexion et le cadre du journal intime sont bien rendues ; toutefois, ça manque un peu de profondeur, et on ne trouve pas de « patte » particulière qui rende le style plus marquant. 15.
Azerty : Texte agréable à lire, qui change de ce qu'on pourrait attendre d'un journal intime « classique ». Cependant, ça ne va pas plus loin qu'être « agréable à lire » : à part son thème, le texte n'a rien de particulier, et c'est traité de manière assez facile oserais-je dire. Il n'y a que l'idée qui soit véritablement intéressante, et pour cela ça n'aura pas plus de 14.
Epitaph : Après des premières lignes assez maladroites qui font peur pour la suite, on assiste à une réflexion intéressante, et plutôt bien traitée, compte tenu de la limite du texte. Réflexion bien expliquée, crédible, mais qui aurait gagné à un tout petit peu d’approfondissement. Le style comme le vocabulaire sont très passe-partout. 14
Ostramus : Une mise en abîme de prime abord clichée mais qui passe en fait très bien. On assiste à une réflexion solide et sensible qui ne tombe pas dans les archétypes et qui s'articule correctement grâce à un style neutre mais très fluide et très prenant. 17
4) AZERTY : 14,9/20
Agraf : Je ne sais pas vraiment pourquoi je te mets cette note, c’est actuellement la meilleure que je mets, et je crois avoir été assez vache en général avec les autres mais… Je ne sais pas, bien que ton texte ne soit pas exempt de défaut, j’ai beaucoup aimé ta manière originale de procéder. Il n’y a pas de fioritures du langage, très brute ici, il n’y a rien de particulièrement transcendant … Je ne sais pas, après tous ces textes classiques sur le même sujet, j’ai enfin l’impression de découvrir quelque chose d’original. Tu as su profiter de la taille d’une page maximum pour pondre quelque chose qui, s’il s’était étalé sur un texte plus long aurait rapidement été très lassant sans doutes, mais là, ton texte limpide glisse comme une lame de rasoir sur une chaire tendre. C’est violent, c’est bref, mais c’est diablement prenant et ça fait du bien ! 17
Aristimbault : La déstructuration du texte est assez intéressante et originale ; ceci dit, ça rend difficilement à l'écrit, paraissant un peu « artificiel ». Les notes de l'éditeur servant à préciser le contexte gênent parfois la bonne marche du texte, et on peut regretter que le côté « combat intérieur » ne soit pas plus décrit (même s'il est rendu par la narration décousue). 14,5.
Epitaph : Texte traité de façon originale, avec un dédoublement plutôt bien rendu. Ca aurait tout de même été sympa d’avoir une progression plus marquée. 14
Ostramus : Texte indubitablement schizophrénique. La présentation est un peu originale si le sujet est commun. Le style n'est pas au rendez-vous, ce qui s'explique cependant par la folie. Folie qui est retranscrite sans trop de saveur. 14
Carnavale : Un texte expérimental qui, sans être génial, apparaît aussi efficace dans le fond que dans la forme. C’est un Document Word qu’on a sous les yeux et pourtant on a très vite l’impression que c’est à un parchemin déchiré, sur lequel plusieurs voix s’affrontent et se confondent, qu’on a affaire. La distance créée par les commentaires entre crochets de l’Editeur confère à l’ensemble une valeur testamentaire et documentaire assez intéressante. Le lecteur éprouve le sentiment très intense d’être plongé dans un texte en train de s’écrire sous ses yeux – les éternels work-in-progress, mise en abyme et compagnie – le narrateur se décrivant d’ailleurs lui-même en train d’inscrire ses ultimes palabres.
La lecture devient alors flashs de mots, bribes de récits, à la fois coupures de vie, et mosaïque d’impressions torturées : la dernière page du journal intime d’un dément, ou apothéose d’un processus d’autodestruction, dont le lecteur se fait très rapidement le complice. Lire devient alors pleinement en jeu, en enquête, en déchiffrement de signes, et le travail sur les différences de mises en forme typographiques est, à ce titre, tout à fait maîtrisé. Majuscules, italiques, paragraphes interrompus, phrases tronquées, ponctuation de l’émoi (points d’exclamation, points de suspension), confusion des pronoms personnels… Autant d’artifices qui font mouche. L’effroi est au rendez-vous – même s’il est élaboré sans grande originalité, les actions du personnage principal étant pour le coup assez traditionnelles pour quelqu’un de son genre. En somme, un grand texte polyphonique bariolé de Folie (dont on te sent le frère intime) écrit avec implication, et qui dynamite un peu ce que la facture « classique » du sujet laissait attendre.
Un texte sans grands bémols à la clef, et qui mérite sans problème son 15.
5 EX-AEQUO) FFRULES : 14,6/20
Agraf : Avis très partagé sur ce texte… Tout d’abord j’ai été déçu : Venant de FFrules j’avais un à-priori très favorable, et la forme très classique de la dernière page (qui s’apparente à une lettre plus qu’à un journal intime, mais je ne considère pas ça comme un hors-sujet) doublé de quelques fautes d’inattentions « Tu a été un témoin privilégié », « alors que j’écris ses mots », « de devoir choisir en le père ou la mère » m’ont laissé un goût amer dans la bouche. Puis, à la fin, on ne sait s’il s’agit d’un texte militant gaucho de base ou au contraire d’une nouvelle à chute finement menée et masquée sous la dernière page d’un journal intime. Je pense que c’est très risqué d’avoir fait cela, car ton texte peut susciter débat, et en rebuter plus d’un par son aspect « politique à papa ». Cependant, faire une nouvelle à chute n’était pas chose aisée, tu as bien respecté les contraintes, et ton texte par son double sens mérite bien deux ou trois relectures, relectures où l’on prend de plus en plus plaisir à lire le texte. Texte qui apparaît banal au premier abord, mais qui au final s’avère très fouillé. Une réussite donc ! 14.5
Aristimbault : Indéniablement un bon texte. Le style est de qualité, sans fioritures mais efficace et bien dans le cadre de ce qu'on était en droit d'attendre d'un journal intime. La chute est intéressante et bien placée sans être mirobolante. 15,5
Azerty : Texte sympathique, qui prête à sourire. Néanmoins si l'idée est bien trouvée, le texte comporte des fautes relativement nombreuses et puis surtout, il y avait sûrement matière à faire beaucoup mieux qu'un simple texte prêtant à sourire avec un journal intime, et ce sans nécessairement tombé dans le cliché absolu. 14, donc, parce que ça reste plutôt bien ficelé.
Epitaph : Bon petit texte, style fluide et sans fioritures mais un peu léger, et la fin fait légèrement sourire. 14
Ostramus : Très fluide. Style élégant : léger et soutenu à la fois. L'intimité est bien présente et le plaisir de la lecture également. 15
5 EX-AEQUO) MUTAKO : 14,6/20
Agraf : Ton texte est original car il propose comme raison de cette dernière page, le fait que ce soit la dernière page du dernier journal intime de l’humanité. C’est assez original comme scénario apocalyptique. J’ai donc valorisé l’originalité, toutefois, ton texte a quelques défauts : d’une part, il y a quelques fautes et répétitions qui auraient pu être évités (coûte que coûte ; répétition de « là-bas » ou encore de « ancien ») et d’autres part, tu nous fait rentrer dans le journal d’un PDG d’une firme multinationale sans vraiment y rentrer. Je m’explique : le vocabulaire est un peu « banal », étant donné que c’est le journal d’un PDG on pourrait s’attendre à voir plus de vocabulaire économique, de termes un peu obscurs que personne ne comprendrait vraiment et de calculs spécieux démontrant par une logique mathématique foireuse qu’il a raison. (Ceci n’est bien sûr que mon point de vue, mais je pense que la critique peut être entendue de manière plus générale en ne gardant que le fait que le personnage devrait transpirer un peu plus avec ses écrits)
Ton scénario est assez irréaliste. Il est quasiment improbable que tous les arbres disparaissent de la surface de la terre, enfin pourquoi pas…
J’aime beaucoup la première phrase et son « aussi » qui ainsi fait rentrer la dernière page dans la continuité du journal. 13
Aristimbault : Un texte très agréable à lire, bien que dérivant « dangereusement » vers le récit. Toutefois, l'idée est très intéressante et change agréablement des morts, disparitions et autres maturations du personnage ; cet apocalypse d'un genre particulier ainsi que le côté symbolique de cette dernière page permet à ce récit de sortir du rang. 16,5.
Azerty : Bon texte, auquel on ne s’attend pas vraiment. Sujet traité de manière très intéressante, et le style fluide est agréable. Un bon petit 16.
Epitaph : Avis assez mitigé, puisque malgré quelques répétitions au début et maladresses de-ci de-là, le texte se laisse lire sans problème, et ce malgré un ton assez distant qui contraste un peu avec le propos. Propos assez original, ceci dit, et traitement du sujet tout aussi original. 13.5
Ostramus : Bien écrit, fluide et bien construit. Seulement, ce n'est pas vraiment intime. Disons que l'auteur décrit plus ce qui se passe que ce qui lui arrive. Ça fait un peu trop récit. De plus, ce n'est pas très crédible de dire que dans quelques siècles il n'y aura plus de papier, car on peu en fabriquer avec autre chose que du bois. Un potentiel pas assez exploité dirons-nous. 14
6) NEGATUM : 14,4/20
Agraf : Très bon texte, mise en abîme remarquablement menée, je n’ai pas grand chose à redire, ça se lit facilement, agréablement, c’est intelligemment pensé… Bref, du tout bon ! 17.5
Aristimbault : Un texte de très bonne facture. L'orthographe est correcte malgré quelques hideuses fautes. Le dialogue fille-parents via le journal intime est très bien réalisé. On vogue volontiers entre le portrait d'une adolescente désabusée et un côté presque petite fille et onirique. On tombe cependant dans certains clichés un peu trop facilement et la personnalité du personnage pourrait être plus creusée. 16 sur 20 tout de même.
Azerty : Classique, mais touchant quand même. Le sujet est traité sans concession — peut-être pourrait-on regretter trop d’exagérations, d’ailleurs, mais cependant ça souffre d’un peu trop de facilités. Il est difficile de toucher le lecteur avec ce genre de textes, et celui-ci ne fait malheureusement pas vraiment exception. Un petit 14, donc.
Epitaph : Propos assez classique et attendu, mais plutôt bien rendu dans la bouche de cette fille de 13 ans, qu’on sent paumée et au bord du cas clinique. Quelques lourdeurs, quelques fautes, mais le gros problème, c’est que ça ressemble furieusement à une première page de journal plutôt qu’à une dernière, avec cet avant-propos, ces explications de ce qu’on est censés déjà avoir lu… 13.5
Ostramus : Haine fatigante d'une fille qui se venge sur ses parents. La psychologie est à peine esquissée pour ne sortir qu'un portrait vague d'une fille capricieuse. Le style est très commun sans réelle trouvaille. 11
7) ARISTIMBAULT : 14/20
Agraf : Texte très bien écrit (avec une légère baisse de niveau vers le milieu, où quelques fautes se succèdent assez rapidement), avec une bonne idée qui est celle de commencer en plein milieu d’une phrase. Hélas, ton texte a le problème de beaucoup de texte, c’est qu’il vire assez rapidement vers le récit et on n’a plus alors l’impression de lire un journal intime mais… un récit (bon, j’me répète). J’ajouterais qu’il est assez bizarre : Comment se retrouve-t-il à l’hôpital après s’être coupé le doigt ? Et pourquoi le fait de se couper le doigt ramènerait-il le parfum de sa dulcinée ? Une inspiration de Süskind qui aurait pu être mieux exploitée.13
Azerty : Certes, ça ne semble pas mourir d’une overdose d’originalité. De plus, il y a des passages, principalement dans le début du texte, qui sont trop alambiqués et donc trop lourds. Malgré cela, le texte reste poignant, on réussit à comprendre ce grand malade à la fin de la page, ce qui est une belle performance. Le style est très beau (là où il n’est pas lourd), et c’est probablement un des meilleurs textes possibles sur ce couple (thème, sujet) (désolé, les maths reviennent
). En conséquence de quoi, un beau 17/20.
Epitaph : Un style indéniablement bon. On a malgré ça une impression d’impersonnalité, et on dirait que cette dernière page n’est qu’un résumé de tout le journal, ce qui fait perdre un peu de spontanéité et, à force d’expliquer pourquoi on est là, pose quelques problèmes de rythme. A part ça, c’est bien écrit, et original étant donné le traitement du sujet. 14
Ostramus : Le seul qui se soit montré malin en faisant comme si cette dernière page était la suite d'une autre, le texte s'étalant sur les deux. Très simple et pourtant d'une originalité délectable. Le texte en lui-même est très bien écrit, peut être trop à la façon d'un récit que d'une réflexion personnelle, car il est plus décrit ce qu'il fait que ce qu'il en pense. Une fin presque brutale mais qui termine bien. 15
Carnavale : Un texte qui, j’en suis désolé, m’a assez vite ennuyé. Le style se veut recherché mais pèche par son obsession de l’élégance, de la perfection (et pour cause !), et fatigue l’attention. Ce qui ne lui ôte pas pour autant ses qualités esthétiques et poétiques. Mais cette absence de naturel formel finit par rendre factices, peu crédibles, les sentiments, d’amour notamment, qui motivent le personnage. En outre, on est très peu sensible à la dimension confessionnelle de sa démarche. Il est vrai qu’on a plus l’impression de lire une nouvelle, un récit à la première personne, qu’une véritable dernière page de journal intime.
On finit cependant par oublier un peu ce vice de forme lorsqu’on se concentre sur l’histoire. Celle-ci s’affirme, mine de rien, comme une belle réécriture, quoique malsaine, du mythe de Pygmalion et le personnage est travaillé, construit – sans être pour autant toujours très subtil dans la manière qu’il a de révéler son intériorité. C’est un fou, mais un poète aussi, qui, tel son congénère Grenouille, use du corps des hommes comme de simples moyens au service d’un projet poétique et donc inapproprié, et incompatible avec la logique et la rationalité. Ce décalage entre la réalité telle que la norme la perçoit et telle que lui veut la voir est une idée intéressante mais aurait mérité, de fait, plus qu’une seule page. Si celle-ci avait véritablement été la dernière, elle ne serait pas terminée par l’annonce d’une mort (ce qui est attendu, étant donné le sujet), et n’aurait pas raconté une histoire construite (situation initiale et élément perturbateur : tu me manques, péripéties : je te reconstruis avec ce que je trouve. Situation finale : j’échoue et te retrouverai dans la mort), mais plutôt les derniers moments de ce double processus (1/La recherche et le remodelage des corps 2/L’attente des retrouvailles au-delà de la mort), ce qui aurait davantage permis au lecteur de reconstruire toute l’histoire en amont.
L’ensemble demeure un travail honnête, pas transcendant, un peu fastidieux, mais honnête. 11
8) CRAZYMARTY : 12,8/20
Agraf : Texte sans grande originalité. Forcément, la dernière page d’un journal intime évoque la fin de la vie, un suicide, de la mélancolie… Et c’est exactement ce qu’il y a dans ce texte. Le style est soigné et propre, sans être transcendant. L’idée de faire figurer des documents imprégnés de larmes dans le journal est intéressante, la succession de phrases courtes donne effectivement une impression d’abattement de l’auteur du journal, et le fait d’avoir incarné une femme à l’écrit alors que (il me semble) tu es un homme apporte à ce texte une touche d’originalité et de fraîcheur, des plus appréciable. C’est donc une participation tout à fait honnête, que je noterais 12/20.
Aristimbault : Ce n'est pas mauvais. Malheureusement, on ne peut pas dire que ce soit original : une histoire d'amour, une rupture, elle est triste, bon. Un texte très délié, d'un genre finit par fatiguer à haute dose. Ceci dit, le texte a clairement été travaillé et enjolivé dans cette optique, ce qui finalement constitue une grande part de son intérêt. 13.
Azerty : Sujet délicat à traiter de manière aussi courte, et pour cela le texte ne s'en sort pas mal. On regrettera des fautes trop nombreuses au vu de la très faible longueur du texte, et qui, du coup, se voient plus qu'à l'accoutumée. Cependant les mots choisis sont justes, le vocabulaire est généralement varié, et le texte arrive à remplir plus que le « minimum syndical émotif ». 13/20 avec quelques regrets.
Epitaph : Très classique, pour ne pas dire cliché, ce thème particulier avec toutes ces métaphores pas toujours très judicieuses, et cette fin qu’on sent venir mais qui traîne en longueur. Un peu trop de fautes, aussi. Le tout laisse malheureusement de marbre. 13
Ostramus : Encore un truc amoureux. Si le style est effectivement relevé et très travaillé, le fond du texte reste obscur. En fait, c'est encore un récit de déprime et de rupture amoureuse sans réelle originalité. Est apprécié le fait qu'il y ait plusieurs jours sur une même page. L'intention esthétique est louable mais un peu trop étouffante. 13.
9) SQUALL46 : 11,8/20
Agraf : Ce n’est pas un journal intime, même s’il est marqué que c’en est un. Il n’y a pas de dates, pas de confessions, c’est un début de récit un peu pompeux et bardé de métaphores plus ampoulées les unes que les autres. De plus, le titre « bleu comme l’enfer » est un peu inutile (il n’apporte rien au texte) et malgré la tentative d’humour de la fin, ce n’est franchement pas réussi et particulièrement indigeste. Dommage pour quelqu’un qui maîtrise pourtant avec aisance le langage soutenu et qui sait par ailleurs écrire avec rythme et réflexion. Il ne s’agit pas de montrer à quelle point tu plies aisément le français à ton bon vouloir mais de faire un texte intéressant en respectant les contraintes imposées. 11
Aristimbault : Ce texte m'a plongé dans une perplexité assez profonde. Le style, assez frappant au premier paragraphe, se perd assez rapidement dans ses propres méandres, créant un texte hermétique, avec une fin totalement incompréhensible. De plus c'est presque hors-sujet. 12.
Azerty : Moui, pas convaincu. Le style, qui se veut lyrique, se révèle au final lourd et vraiment pas à-propos. On ne comprend pas grand-chose et j’avoue ne pas avoir trouvé de réel intérêt au texte. Un 12, donc, parce que ça reste quand même pas trop mal écrit.
Epitaph : Le style oscille entre « bon » et « trop ». Le texte est assez vague et ne suscite pas l’intérêt qu’il pourrait. 12
Ostramus : Texte vague et flou. Le style ne frappe et on se perd à certains moments dans les élucubrations de la guerre. Moyen sans pour autant être mauvais. 12
10) BOBBY_PENDRAGON : 10,4/20
Agraf : Je ne vois pas trop quel commentaire faire, c’est assez banal, un peu scolaire. Je sèche un peu à vraie dire, j’espère ne pas être passé à côté de quelque chose dans le nom ou dans la date, quelques indices qui apporteraient un nouvel éclairage au texte. Ma foi, c’est écrit correctement, c’est fait sérieusement, j’espère qu’il y aura un peu plus de malices dans tes prochains textes, car tu me sembles avoir le potentiel de faire beaucoup mieux. Bonne chance pour la suite ! 11
Aristimbault : Le style est sans relief, bien qu'étant potable ; on ne trouve rien de particulièrement travaillé ou personnel. Le fond est clairement peu intéressant, racontant uniquement la sucess story d'un écrivain. J'ai cherché une référence, apparemment il n'y en a pas. Ceci dit, la base est potable et il n'y a rien de particulièrement négatif à reprocher. 11.
Azerty : Manque d’intérêt. L’ « histoire » est plate et absolument pas crédible, sur à peu près tous les points (17 langues ! Mwarf ! Pour un aspirant écrivain, ça montre une connaissance du monde de l’édition en-dessous de 0%). Le style n’a rien de mirobolant, ne possède aucune touche personnelle. Bref, un texte moyen qui reçoit la note moyenne de 11.
Epitaph : Une histoire assez banale dans l’ensemble ; le début est un peu lent, se répète et fait légèrement cliché ; on a l’impression d’attendre quelque chose qui ne vient pas. Quelques métaphores bancales. Heureusement, le style est clair, le texte coule facilement et se laisse lire. Le gros problème, c’est qu’il n’y a rien de raconté. Une dernière page pas vraiment intéressante. 11
Ostramus : Texte plat et ne trahissant aucun effort tant sur le style que sur le fond qui sont tous les deux banals et sans intérêt. 8
11) DJOKER : 8,4/20
Agraf : Malgré une fin originale, le reste de ton texte cache mal le Hors Sujet que tu as fait. Ton texte se résume à un poème, poème qui, de plus, prend énormément de place pour pas grand-chose, te faisant ainsi dépasser d’une bonne demi-page la limite de taille imposée… 07
Aristimbault : Un texte à mon avis assez médiocre, où l'histoire n'est qu'un habillage grossier pour introduire un poème. A côté de ça, il y a une tentative de chute, mais globalement, c'est très brouillon ; on a l'impression d'avoir trois parties de texte totalement distinctes entre elles. De plus, il y a des fautes d'orthographe, un irrespect des règles de ponctuation et surtout, c'est supérieur à une page. Bien que cela soit du au poème et aux sauts de lignes, voir qu'il n'y a même pas d'effort de fait pour mettre la marge 1 n'est pas preuve de bonne volonté. 9
Azerty : Le texte a peu d'intérêt, souffre d'un manque plus que terrible d'originalité et ne distille aucune émotion (c'est vrai que je suis pas très réceptif aux poèmes, mais en même temps je corrige un concours de nouvelles, là...). Le texte n'a rien à voir avec le sujet et ne tire strictement aucun avantage de la forme de journal intime, puisque c'est juste un poème avec un intro basique et une outro miteuse. Pour un texte limite hors-sujet, inintéressant et avec aucun point fort, je ne vois pas pourquoi je mettrais plus de 7.
Epitaph : La limite d’une page est dépassée, la ponctuation plus qu’hasardeuse, les fautes nombreuses ; le sujet, classique, vient avec son lot de clichés et d’enfonçage de portes ouvertes, et en prime quelques questionnements superficiels. Au final, on ne sait pas si le texte est un prétexte au poème banal et ennuyeux, ou le poème un prétexte au texte. 09
Ostramus : C'est un texte qui sert à déguiser un poème qui n'est pas mirobolant, donc c'est un hybride bancal. La ponctuation est douteuse, le vocabulaire basique, les émotions également et la crédibilité moyenne. Tout juste 9.
12) DESPE : 05/20
Agraf : C’est… Euh, j’en ai du mal à trouver mes mots. C’est à la fois vide, vide de mot et vide de sens, et à la fois d’une lourdeur extrême. 02
Aristimbault : Texte bâclé. Côté mise en page, c'est déplorable : l'absence d'espace après les virgules amènent à un texte collé et indigeste, ce n'est même pas en justifié, il y a des fautes d'orthographe et d'autres, de frappe qui prouvent une absence totale de relecture. On ne sent pas du tout la folie, l'histoire n'a aucun intérêt. 5.
Azerty : Y’a rien, là. Aucune émotion, que des phrases bateau agglutinées. On ne voit aucun rapport avec le mot « schizophrénie », que ce soit dans son sens réel ou faux. (le plus utilisé) Dommage, parce que ça aurait sûrement pu donner quelque chose avec ce sujet (personne n’ignore que j’adore la Folie), mais là ça fait juste pseudo-réflexion d’ado en crise. Donc 7.
Epitaph : Très court, mais pour débiter autant de banalités, c’est sans doute pas plus mal. Dans le genre enfoncer des portes ouvertes sans rien développer ni approfondir… 06
Ostramus : Longueur non respectée. Ponctuation cataclysmique. Texte sans qualité particulière. 5
Sujet 3 : Exercice de style. 3 participants. Moyenne : 15.5/20
1) SANPHI : 16,2/20
Agraf : Eh bien, ton texte est pleins de mots que j’ignorais jusqu’alors : Talé, Taveler, gouaille, par exemple. J’hésite entre valoriser cela ou pas, car il est agréable de découvrir de nouveaux mots, mais pas de chercher toutes les dix lignes dans un dico la signification de tel ou tel mot. Bon, j’essaierai je ne pas en tenir compte (après tout, ce n’est pas de ta faute si l’un des juges est inculte). Que dire sinon que ton texte respecte de la manière la plus classique qui soit, mais néanmoins dans les règles de l’art les contraintes du sujet. La première phrase était une invitation à parler de prostituées, et tu as parlé de prostituées. La fin est amenée non sans humour, et s’insère bien dans la continuité du texte. Il est à regretter cependant, d’une part l’absence totale d’espace, qui rend le texte étouffant et indigeste à souhait alors qu’avec quelques sauts de lignes bien placé il pourrait devenir un régal, et d’autre part un souffle, un air de… de trop fictionnel peut-être, je ne sais pas comment le décrire, quelque chose d’invraisemblable peut-être, bref, sur tout le développement avec la prostituée. De plus, alors que le vocabulaire est bon, les tournures correctes, le tout très français, il n’y a pas de véritable « style » qui se dégage du texte, il manque en quelque sortes une âme aux mots. Mais c’est tout de même une bonne participation ! 14
Aristimbault : Un texte joyeux. Le personnage principal est assez incongru, par ailleurs. Et l'intégration des phrases dans l'exercice de style est plutôt bien faite, dans une histoire cohérente. Le style est clairement sympathique et bien manié. 15.
Azerty : Vraiment excellent, c’est un véritable texte qui réussit magistralement à raccorder les deux phrases sans aucun artifice, ce qui n’était pas forcément donné. Je n’ai pas grand-chose à dire sur ce sujet de toute façon, donc juste un beau 17.
Epitaph : Simplement excellent. Bien écrit, drôle, vivant, et les deux phrases sont vraiment très bien raccordées. Rien à dire. 17
Ostramus : Époustouflant. Un texte riche, fantastique et teinté d’humour. L'aisance du maniement des mots hypnotise si bien que le fond comme la forme sont excellents, presque parfaits. Enfin, il a su jouer admirablement bien avec la phrase de fin. 18
LES TEXTES (classés selon le même ordre que ci-dessus)
Sujet 1 : La Mer
1) Legende, par Carnavale (16,6/20)
L’homme qui voulait boire la mer. Norbert buvait du thé sur la terrasse. Son gros peignoir dodu lui tombait sur les cuisses. Petit, ratatiné, son sexe pendouillait entre deux lattes. Sa chaise longue rendait l’âme. Il avala ; brûlant ; ne sentit rien. Cette tasse était petite, trop petite. A cinquante ans passés, il avait tout mangé. Viandes, poissons, herbes, écorces, fleurs, insectes, ferraille, hommes ; plus rien n’avait de goût. Boulimique étonnant, ogre, géant, obèse, Norbert, dégoûté de tout, n’en pouvait plus. Ce monde était minuscule, petit, étroit, mal fait. Sur la terrasse, épais, énorme, pesant, explosant, il laissait ses mâchoires craquer sur la grande tasse, porcelaine de Chine, recrachait les morceaux, soupirait. Las, c’était broyer du noir. Le soleil plongeait, le sable rougeoyait, la mer était calme, et le vent soufflait, doux. Seul dans sa maison de bois, branlante sur la plage, Norbert fixait les flots avec l’excitation des veaux qui vont téter. Vrai, il n’y a que l’océan qui puisse t’égaler, grosse bedaine héroïque ! Si vaste, cette surface, qu’on n’en voit pas la fin ! Je voudrais te manger, salivait-il, t’absorber, t’assécher, t’uriner dans le ciel, ainsi, Océan, tu serais mon territoire ! Et si je parvenais à te boire tout entier, alors, je serais triste, car plus rien désormais ne me tiendrait en laisse. Je pourrais m’en aller, mourir dans une fabrique de glucose périmé, regretté de pas un, heureux de t’avoir bu. Ses yeux scintillaient. Il la voulait cette mer narquoise, toujours même, toujours autre, infinie, presque. Demain, oui, demain, il prendrait la barque.
La femme perdue au milieu des flots. Amélie, pendant ce temps, attendait patiemment qu’un gentilhomme velu – mais pas trop, s’il vous plaît – vienne, farouche, la chercher, la cueillir. Cette jeune femme, fort jolie, au petit teint coquet, avait été – goujaterie douteuse – laissée là, sur ce rocher au milieu de l’océan. Elle ne se souvenait plus exactement ; le jour où le bateau l’avait rejetée, sur ce deux mètres carré de calcaire et de gris, elle ne se souvenait plus trop. Je crois qu’un marin s’en était lassé, et s’était contenté, amoureux emphatique, radical en rupture, de la balancer là, par-dessus bord, ni vu ni connu, et plouf. Lasse, elle attendait son Prince, son beau Prince nageant. Ses jambes s’engourdissaient sur la pierre acnéique parcourue d’algues rouges et de petites moules, qu’elle imaginait riches de perles de pluie fine. Les nuages passaient, parfois gris, parfois jaunes, un peu roses, verdâtres, ou orangés. Le temps passait avec le temps. Elle ne s’ennuyait pas. Elle attendait, tout simplement. Pour se nourrir, elle agrippait, d’un geste, les tout petits poissons qui passaient autour d’elle, et qui lui souriaient, clowns, fripons, frétillants, avant de disparaître dans son menu gosier. Elle soupirait souvent, car il est dur d’attendre tout en restant jolie. Quand il ne pleuvait pas, elle parcourait les flots de son regard moelleux. La surface demeurait un miroir enchanté. Elle vérifiait son teint, la roseur de ses joues, le dessin de ses cils, le rebondi des lèvres, la tenue des cheveux. Parfois, comme alanguie, elle se couchait un peu sur le dos, et laissait ses orteils, fluets et délicats, s’immerger dans le bleu. Sa poitrine était noire d’immenses coups de soleil ; elle en était fâchée.
La romance des deux gouttes. Fine et Flou, de leur côté, étaient deux gouttes aériennes, et circulaient, gracieuses, dans un grand cumulus, Nuage, dit l’Autobus. Nuage était, je crois, un dépressif heureux. Tous les jours, il faisait le tour de l’univers. Il connaissait jusqu’à la moindre particule. Nymphomane, il accueillait tout le monde, connaissant les potins sur le bout de ses dômes. De son éternelle vie, jamais il n’avait vu deux gouttes s’aimer autant que Fine et Flou. Depuis leur plus jeune âge, ils ne se quittaient pas. Dans les feuilles d’Amazonie, comme dans les glaciers de l’Himalaya, en flocons, en buée, en vapeur, toujours main dans la main, ils cheminaient, gaiement, filant l’amour léger, plus haut que le septième des cieux qu’on nous promet. Mais désireux d’un plus profond contact, Fine et Flou firent un jour à Nuage cette confidence : « Oh Nuage, cher Nuage, permets-nous, je t’en prie, de faire de nous des hommes. Nous voudrions connaître les joies de cette chair sur laquelle nous ne sommes que de petits enfants sur un toboggan lisse. Nous sommes parfois, tu sais, gouttes de transpiration ; mais nous ne sommes qu’effet, jamais cause. Peux-tu nous faire ce plaisir ? Nous resterons dans la mer, quoiqu’il arrive. » Nuage soupira quelques vents aigres doux – il n’aimait pas l’idée – et, plus brise que bise, finit par accepter. Ainsi, c’est en ce jour, Norbert nageait alors derrière sa barque moite en buvant l’océan, Amélie, insouciante, arrangeait sa beauté, qu’il plut sur l’Océan un homme et une femme.
Légende. Flou tomba dans Norbert et Fine dans Amélie, dont les jambes engourdies s’étaient, comme attendu, transformées sous les flots. L’obèse et la sirène se reconnurent au loin. Il cessa de vouloir avaler sa lubie ; et elle cessa d’attendre en vain. Une dernière fois, elle regarda son reflet. Sublime, je te confirme. Elle le reçut. Fine et Flou se retrouvèrent dans la chair, à travers ces deux âmes choisies. Ils n’avaient que vingt-quatre heures pour faire oublier à nos corps leur petite solitude. Mais vingt-quatre heures étaient suffisantes pour permettre à la Mer, fille et sœur de la Pluie, de faire surgir d’elle-même son enfant légendaire. Le minuscule rocher, de sève recouvert, prit de telles proportions qu’il devint continent. Fine et Flou, dans l’orgasme, s’évaporèrent. La jeune terre émergée fut alors engloutie. Norbert se noya, heureux, mais pas Amélie, puisque sirène. Sous les abysses, la Reine ne raconta que fort tard à ses enfants les origines du Royaume de l’Atlantide.
2) Songes de vigie, par Minimus (14,2/20)
– Allez, le mousse ! Grimpe là-haut. Le crépuscule arrive, c’est le moment idéal.
Peu de temps avant le coucher du soleil, pour ma plus grande joie, et parce que la vigie était tombée malade, le capitaine du Maeva m’offrit la permission de monter sur le mât. J’étais sur un beau et grand navire, destiné uniquement à la pêche en haute mer. Nous étions un équipage de vingt pêcheurs, moi le plus jeune. J’escaladai donc les haubans pour gagner la petite cabine circulaire, là où, habituellement, un matelot muni d’une longue-vue annonçait une terre en approche. En ce qui nous concernait, et puisque nous n’étions ni pirates, ni autres espèces d’explorateurs, le travail de notre vigie consistait seulement à nous prévenir si l’on s’éloignait trop des côtes ; il fallait que notre port reste dans son champ de vision. Je posai les mains sur la rambarde et hissai mon corps à l’intérieur de l’habitacle exigu.
Je ne savais pas si c’était dû à la hauteur, mais l’air ici me semblait plus frais. Mon long manteau aussi devenait idéal. Je m’emmitouflai alors, serrant davantage le vêtement contre mon corps, et rajustai le col pour qu’il recouvre le bas de mon visage. Tout à coup, sans que je les visse venir, la bruine et la brume m’enveloppèrent elles aussi. Je discernais déjà assez mal le pont du navire, et cette pluie fine avait rendu le cordage des haubans si glissant que c’en devenait trop dangereux pour redescendre. Je restai donc dans cet espace étroit, accroupi, le dos contre la balustrade, le menton rentré dans le cou pour éviter les bourrasques malsaines. Et je fermai les yeux, alors que je sentais le tangage lourd du navire. C’était comme si une tempête s’annonçait.
Le ciel crachait des spirales de feu, et d’immondes pantins jaillissaient des nuages noirs. Lucifer lui-même devait agiter ces marionnettes démoniaques. L’une d’entre elles tomba tout près de moi, et je vis, dans un effroi paralysant, sa main squelettique s’agripper à la rambarde. Son visage mécanique, qui arborait un sourire démentiel, m’apparut alors. Deux billes opalines qui lui servaient d’yeux semblaient tournoyer à leur guise. La marionnette ne me voyait pas, mais on aurait dit qu’elle sentait ma présence. Son bras émacié se balançait de droite à gauche, tranchant l’air devant ma figure. Soudain, elle me saisit par le col et se laissa tomber dans le vide, comme pour m’entraîner par son poids hors de mon abri. Je fus emporté, ma frêle silhouette ne pouvant résister à ce lourd corps métallique. Mais j’eus le réflexe inespéré d’attraper la rambarde au dernier moment, alors que je semblais plonger tout entier vers une mort certaine. Baissant la tête pour voir le pont et ce qu’il advenait de mes camarades pêcheurs, je fus témoin du plus terrible spectacle qu’il m’eût été donné de voir dans ma courte vie. Des créatures abyssales aux tentacules suintants du sang de mes amis avaient envahi notre vaisseau. Lui-même était pris par les flammes et sombrait déjà dans les profondeurs opaques. Les jointures de mes doigts me faisaient atrocement souffrir. Et pour cause, mon bras décharné n’avait jamais su soutenir un tel poids. Dans un effort désespéré, je lâchai prise, happé par les ténèbres. Mais, dans ma chute, je me sentis encore ballotter par un navire qui tangue et roule.
Mes paupières s’ouvrirent doucement. Il pleuvait à verse. J’étais tout tremblotant, recroquevillé dans mon refuge humide. J’entendais, venant d’en bas, les cris d’hommes affairés. On appela mon nom, très fort. Mais, l’esprit étourdi par la fatigue et le froid, je ne réagissais pas. J’eus à nouveau le sentiment que notre navire était malmené par la tempête. Et, non loin de moi, j’entendis comme une vague déferlante s’abattre sur nous. Même à ma hauteur, je sentais les embruns qui me chatouillaient le visage. Le vent secouait et brutalisait ma sphère céleste, le mât semblait sur le point de se rompre, et je ne me souciai guère de mes camarades. Mais j’eus la nausée, et je me levai précipitamment pour rendre à la mer sa soupe de poissons. D’un revers de manche, je m’essuyai la bouche. C’est alors qu’une autre de ces visions cauchemardesques m’assaillit. Mon rêve infernal se poursuivait-il ? D’énormes brèches laissaient s’infiltrer l’eau dans notre embarcation. D’autres voix qui hurlaient mon nom me réveillèrent un peu mieux. Je ne rêvai plus. Il avait dû se passer quelque chose pendant mon sommeil. L’avant du navire était déjà inondé, et l’ensemble s’enfonçait un peu plus à chaque seconde. J’entendais mes amis qui me suppliaient de descendre, pour ma sécurité et pour leur venir en aide, mais ils ne semblaient pas s’apercevoir que le cordage qui me séparait d’eux avait été brisé par les coups déchirants des bourrasques. J’étais là, seul, toujours ballotté par les intempéries, et le mât sous mes pieds, qui craquetait et craquait encore, paraissait aussi fragile que mon corps. Soudain, la simple panique précipitée laissa place à une peur incommensurable ; la peur de la mort qui approche. Une vague, plus monstrueuse et terrifiante que jamais, s’avançait vers nous. Nos hurlements vains furent étouffés par le concert océanique qui nous gagnait, et c’était comme une main divine et aqueuse qui nous submergeait. Puis, plus rien. Le noir complet. J’eus le réflexe inutile d’ouvrir les paupières. Quel capharnaüm devant mes yeux entrouverts ! Des bancs de bulles virevoltaient çà et là, effleurant les morceaux de planches brisées qui tournaient autour de moi. Je me sentais secouer en tous sens. Etais-je près de la surface ? De l’air, vite. J’agitai les bras, en vain. Une forme vague, longue comme un grand tronc d’arbre, s’approchait de moi. Le mât, rompu, s’apprêtait à fendre la mer au-dessus de ma tête ! Mais déjà j’étouffai, et de grosses bulles sortaient de ma bouche. Mes yeux se refermèrent. Un bruit sourd. Plus d’air
3) La solitude du fils de pêcheurs, par Jedi-Wars
J’habite un village de pêcheurs. Un petit village tranquille, où la rue principale est bordée de maisonnettes faites de bois, de pierres et d’algues. Seule la maison du chef du village, Kerrec, est entièrement faite d’une pierre blanche. Impossible de la manquer. Kerrec s’occupe de tout : de la vie de ses villageois, de la pêche, des problèmes de voisinage, des quelques récoltes que nous pouvons faire dans l’année. Il m’a toujours intimidé, avec sa grande taille, ses épaules larges, son visage et sa mâchoire carrés. Mais sous ces muscles se cache un homme à l’écoute, souriant, ouvert à toutes propositions et attentif au bien-être des gens. Ce qui ne l’empêche pas de pouvoir assommer d’une claque un espadon mâle de plusieurs mètres, s’il le trouve un peu trop remuant. Je l’ai vu faire une fois : j’étais vraiment impressionné. Et c’est quelqu’un qu’il ne faut pas chercher trop longtemps, sinon, c’est cette même main que vous aller trouver…
Dans la rue, on voit beaucoup de gamins jouer ensemble. Comme les parents sont soit dans la forêt pour ramasser du bois, soit dans les quelques champs qui entourent le village, soit à la pêche, les enfants sont livrés à eux-mêmes dans la journée. Mais dès que la famille est de retour, nous sommes réquisitionnés pour aider à vider les poissons, faire de menues réparations et d’autres petits travaux.
Mais cet après-midi, je n’ai pas envie d’aller jouer avec les copains. Ils m’ont bien héler depuis la rue, me criant : « Kylian ! Tu viens jouer ? », « Hé Kylian, ça te dit d’aller courir dans les bois ? », mais rien à faire, je veux être seul. Je remonte la grand rue jusqu’au port. Machinalement, je regarde les bateaux : Gwagenn, Kanevedenn, Beg-sabrenn, Balum… Non, ils ne sont pas encore rentrés… Cela fait quand même trois jours qu’ils sont partis… Triste et inquiet, je me dirige vers la plage. Un rocher chauffé par le soleil, des vaguelettes qui viennent lui lécher les pieds. Parfait, je m’y installe. Mes pensées se perdent dans le vague, mon corps ne bouge pas.
Petit déjà, mon père m’emmenait dans son bateau. J’ai toujours aimé sentir la frêle coque tanguer sous les coups des vagues. Je ne comptais plus mes chutes jusqu’à mes quatre ans : ça y est, j’avais enfin saisi le truc, j’avais le pied marin. Dès lors, se sont enchaînées ballades sur ballades, parties de pêche sur parties de pêche, en compagnie de mes deux parents, entourés de dauphins. Tout allait à merveille. Mon père m’apprenait à aller chercher les coquillages en apnée, ma mère à préparer un filet et à vider les poissons…
Vous l’aurez compris, mes parents sont pêcheurs. Ils ont coutume de dire qu’ils sont tous deux nés sur un bateau, et que seule la mer leur fait ressentir l’impression de « chez soi »…
Mon regard se perd dans les vagues qui viennent s’écraser non loin de moi. Ces mêmes vagues qui bercent la vie de mes parents… Qui me bercent depuis ma naissance… Qui berce notre quotidien à tous…
Les oiseaux de mer se disputent un pauvre poisson à grands cris stridents, mais je ne les entends pas. Je suis toujours inquiet. Je suis encore triste. Trois jours… A Attendre… A contempler la mer, à regarder voler les oiseaux, à observer les vagues, à examiner les flaques d’eau et les crevettes… Trois jours à m’angoisser, peut-être pour rien… Trois jours à entendre « Kylian, tu es encore tout seul ? »…
Je tente de m’échapper par les fonds marins. Couleurs chatoyantes, poissons multicolores, algues ondoyantes, sprints des dauphins, chants des baleines… Tout ça m’est familier. Je les connais par cœur, ces couleurs, ces formes et ces sons. D’ordinaire, ils me rassérénèrent.
Je scrute l’horizon. Est-ce la vingtième, centième, millième fois ? Mais mes yeux, mélange de vert et de bleu, ne rencontrent que la mer et le ciel. Je suis seul entre ces deux ensembles qui font ma vie. « La solitude du pêcheur ». C’est ainsi que mon père appelle ce sentiment d’être pris entre ciel et terre, sans rien pour l’accompagner. C’est la première fois que je la ressens, cette solitude.
Je me jette à l’eau. La fraîcheur de l’élément ne parvient pas à me sortir de mes pensées. Je nage quelques brasses, toujours vêtu de ma tunique bleu pâle. Un albatros m’observe, intrigué. Et plonge. Je le suis. Peut-être n’aurais-je pas dû. Mais je continue à penser que si. Cela m’aura évité de passer d’autres journées à patienter…
Devant moi, à une ou deux brasses maximum, un morceau de bois recouvert d’algues repose dans le sable. Intrigué, je m’approche, tout comme l’oiseau de mer, qui a repéré un petit poisson argenté. Ses ailes soulèvent légèrement les algues lorsqu’il passe. Mon cœur rate un battement. J’en suis tellement choqué que j’ouvre la bouche, avalant du même coup une bonne quantité d’eau salée.
Je remonte en catastrophe, manquant de boire définitivement la tasse et de me noyer du même coup. Je tente de me calmer. Mon cœur danse la salsa, ma respiration se pend pour un serpent. Je replonge, toujours en proie à la panique.
Le morceau de bois est toujours là, posé sur le sable. Malgré la terreur qui m’habite, je le saisis et le remonte. Ensuite, je nage jusqu’à la plage, évitant de poser mes yeux sur la planche.
Je m’assois sur le sable, le visage ruisselant. Je frotte les algues… D… Puis E… LFI… Mes mains tremblent…
Pourvu… Pourvu qu’il ne reste pas qu’une seule lettre… N… Puis plus rien. Une seconde eau salée s’ajoute aux flots qui ruissellent sur mon visage… Le Delfin a sombré…
4 ex-aequo) Une mer de temps, par visiteur3
Je fixai l’horizon de tous mes yeux. J’y mettais tout mon regard. Il n’y avait que la mer, si belle.
- Oui, nous y sommes, murmurai-je pour moi-même.
- Comment pouvez-vous prétendre le savoir, me répondit une voix rauque.
- Je pourrais utiliser une carte. Je pourrais user du savoir des étoiles. Je pourrais même, si le besoin ou l’envie m’en prend, calculer la profondeur exacte et la comparé aux proportions géographiques. Mais tout ceci m’est inutile. Ils auraient pus me servir autrefois, lorsque j’étais toujours cet homme que l’on admirait. Mais remarquez cette senteur Monsieur Hudson. Ne l’avez-vous pas déjà humée auparavant.
Hudson prit une grande bouffée d’air à plusieurs reprises.
- Je ne sens rien, professeur, j’en suis navré.
- Mais ne sois pas désolé, mon cher, puisque cette senteur, moi seul peut la sentir. Elle est de moi, ou plutôt de mon ancien moi dont je ne veux plus. Je le sens s’apeurer à la vue de cet endroit.
- Professeur, allez-vous donc me dire ce pourquoi nous-sommes venu jusqu’ici?
Je détachai ma montre de mon poignet et regarda l’heure. Presque midi. Bientôt serait venu l’heure fatidique de me séparer de ce dont j’avais eu le plus d’haine et le plus d’amour.
- Ah, Hudson, si vous saviez. Regardez ce paysage. Certain me prendront à dire qu’il peut être laid. Mais pourquoi croyez-vous qu’il est si envoutant. La mer, elle est si belle. Elle a sa vie. Elle change, parcoure des milles, elle engloutie ce monde dont je commence à être las. Oui, la mer est vivante Alfred. La mer a ses senteurs, ses caprices et ses colères. J’aime la mer. Même si elle m’englouti et m’emmène dans ses profondeurs et ses ténèbres, je l’accueille à bras ouvert. Elle est si lointaine, et pourtant si près de chaque homme. Elle aime nous caresser de son eau tendre et fraîche. Chacune de ses gouttelettes représente la vie. Pour moi, pour vous, pour les hommes, les animaux, les plantes et pour elle.
- La mer est donc si importante pour vous?
- Oui, répondis-je d’un ton sec. Oui, elle l’est. Elle me procure la vie dont j’ai besoin. La mer est la seule chose sur cette terre à pouvoir éteindre le temps. Lorsque vous atteignez son fond, le temps s’arrête pour ne plus jamais repartir. Tout reste calme et ne bouge point. Entendez ce murmure délicieux, ces vagues frappant la coque. N’est-ce pas cela le sens de la vie. On croirait à un appel. Une proposition. Elle me donne cette délivrance de la vie que j’attends depuis si longtemps. Je suis las, Hudson, las de cette vie que je mène. Je voudrais la donner à un homme qui la désire. Je veux tuer cet homme que je suis et ne plus jamais le revoir.
Hudson eut un air d’affolement. Enfin, il semblait commencer à comprendre le sens de mes paroles.
- Vous avez donc financé un équipage et un bateau de 450 000 dollars pour vous… pour vous suicider? Vous avez tout fait ce voyage pour donner fin à votre vie sur l’océan Atlantique?
-Me donner la mort? Oh, bien sûr que non, dis-je en riant. Aujourd’hui je me délivre de mon ancienne vie monotone et du temps qu’elle m’imposait. Je ne veux plus compter les heures.
À ce moment, je jetai ma montre par-dessus bord, allant se perdre dans les décombres de l’océan.
4 ex-aequo) La mer, par Polgrad
Je ne l’ai jamais vu. Pourtant tout le monde m’en parle. Tout le monde m’en parle de manière différente. Avec inquiétude, joie, nostalgie, et toujours avec une immense admiration. J’aime ces récits qui nourrissent mon imagination et qui me procurent le souvenir de quelque chose que je n’ai jamais connu, forgeant une image indécise, fragmentée mais passionnante car cela ne cesse de changer à chaque nouveau récit. Étrangement, je ne ressens ni peine, ni regret. Mon esprit est davantage animé par une insatiable curiosité. Je veux en savoir plus, toujours plus pour améliorer mon souvenir fictif comme on meuble une maison par le temps et les envies. À dire vrai, ces histoires ne m’intéressent pas beaucoup, ce que j’apprécie bien plus c’est l’attention que chacun me porte. Je suis la seule à ne pas l’avoir connu, je ne la verrai sans doute jamais à cause du mal qu’elle a fait, ainsi ils veulent tous me raconter comment elle était. Comment elle leur a permis de grandir, de prospérer, pour ensuite tout leur prendre. Ils en parlent comme d’une personne, avec ses bons et ses mauvais côtés, si bien que leurs histoires rendent à la fois plus grand et plus trouble mon souvenir imaginaire. Ils savent tous que je suis l’incarnation d’une nouvelle génération, et ils sont terrifiés à l’idée que ce souvenir s’efface avec leur départ. Mon attention les rassure et je bois leurs paroles qui me donnent de l’importance. Ils en parlent comme un monstre et me considèrent comme une déesse. Seulement, leur chagrin m’affecte par moments et parfois, je leur demande de m’y emmener, de me la présenter, mais ils refusent, même ceux qui l’admirent et parlent d’elle avec tendresse. C’est la seule chose que je ne comprends pas. Mes requêtes demeurent invariablement vaines. J’ai fini par ne plus leur demander à force. Toutefois, un jour ou l’autre j’irai la voir parce que je trouve presque cruel de m’en parler sans cesse. En même temps, il est vrai que je suis moi-même paradoxal puisque je me plais à échafauder un souvenir merveilleux au risque de le détruire par la réalité. C’est étrange tout de même la menace qui en émane. Je sais qu’elle a causé des dégâts considérables et une peine immense, et c’est précisément ce qui me fascine. Une chose si paisible, si belle, si époustouflante, que je m’interroge sur la véracité de leurs chroniques. D’un autre côté, je doute quant à un mensonge collectif, d’autant plus que leur émotion est bien réelle. Néanmoins, cette puissance ouvre en moi un sentiment que je peine à contenir : le doute. C’est quelque chose d’irrépressible et qui fait vaciller tout ce que je connais. Je leur en ai parlé, et ils m’ont félicité. Selon eux, le doute est à la base de notre conscience et permet l’ouverture de notre esprit pour nous remettre toujours en question et ne pas s’enfermer dans un paradigme. Je l’admets sans réserve. Malgré cela, il s’avère que c’est leur plus grand récit, l’histoire la plus tragique et impressionnante, qui soulève en moi toutes ces questions. L’Atlantide. Ce nom est cité avec fierté. Il renferme cependant une immense énigme puisqu’aucun ne veut m’en parler. Ce qui lui est arrivé, sa fin tragique m’est connue, mais tout le reste m’est interdit. Je sentirais presque une certaine honte de leur part. Si je ne les connaissais pas j’avoue que je les rendrai responsables. Leur comportement est ainsi ambigu. Ils m’ont dit qu’il n’y avait plus de ruine, que tout avait disparu. Même si j’ai là aussi de sérieux doutes, je trouve ça dommage. Qu’une aussi belle cité ait pu ainsi être détruite me consterne. Son souvenir semble le plus tenace dans leurs esprits, mais entache le mien d’un manque que mon imagination ne parviendra jamais à esquisser. Mais ils parlent de moins en moins de la ville fantastique, préférant l’étendue. Celle qui est la source de tous les espoirs et des pires craintes. Pour tout dire, ce qui me frustre le plus, c’est que je ne connais rien d’elle, rien de précis, rien de concret, rien de tangible autre que son nom, la Mer. Mais un jour viendra où je fondrais pour devenir liquide et je me glisserai jusqu’à elle par les fleuves pour me mêler à elle et m’élever dans les cieux grâce à notre ami le plein soleil.
Hudson eut un air d’affolement. Enfin, il semblait commencer à comprendre le sens de mes paroles.
- Vous avez donc financé un équipage et un bateau de 450 000 dollars pour vous… pour vous suicider? Vous avez tout fait ce voyage pour donner fin à votre vie sur l’océan Atlantique?
-Me donner la mort? Oh, bien sûr que non, dis-je en riant. Aujourd’hui je me délivre de mon ancienne vie monotone et du temps qu’elle m’imposait. Je ne veux plus compter les heures.
À ce moment, je jetai ma montre par-dessus bord, allant se perdre dans les décombres de l’océan.
Sujet 2 : écrivez la dernière page de votre journal
1)Que d'aventures! Ou pas... par Skysoft
Bonjour cher journal !
Ça fait un petit moment que je n’ai pas pu écrire! Mais j’ai été très occupé ces derniers temps! Après toutes leurs disputes (moi, je passais mon temps dans ma chambre, dans mon lit, caché sous les couvertures), papa et maman ont finalement l’air de s’être réconcilié! Je ne sais pas ce qu’ils avaient comme problème, mais apparemment, ils ont trouvé la solution, alors je suis content! En plus, le soleil est revenu et papa m’a emmené faire plein d’activités! Alors je vais essayer de te raconter tout ce que j’ai fait ces derniers jours!
D’abord, j’ai été en forêt avec papa! Au début, j’avais un peu peur, parce qu’on est partis de nuit. J’entendais des hurlements de loups, mais papa a dit que c’était dans ma tête, alors j’ai essayé de ne pas y prêter attention. En plus, il faisait un peu froid, et je n’avais pas pris de manteau, parce que papa disait qu’il y avait juste un peu de vent. Lui il avait pourtant pris sa grosse doudoune. Il est frileux mon papa! On a marché longtemps, si bien qu’on est arrivés dans les profondeurs de la forêt. Je ne connaissais pas du tout cette partie-là. Papa a dit qu’il allait chercher du bois pour le feu, et que je n’avais qu’à me promener un peu, pour découvrir. Et puis au bout d’un moment, je ne l’ai plus vu. J’ai eu un peu peur, je me suis mis à le chercher partout. Heureusement, quand je l’ai rattrapé sur le chemin de la maison, il a eu l’air surpris et a crié « T… Tu m’as trouvé…! ». C’était une chouette partie de cache-cache ! Papa l’a visiblement prise très à cœur, parce qu’il avait l’air triste que je l’ai retrouvé…
Le lendemain, papa a proposé qu’on aille faire une partie de pêche. Moi j’avais pas très envie parce que j’aime pas trop ça, la pêche, et puis j’ai peur de l’eau, mais comme je savais que papa était déçu d’avoir perdu à cache-cache la veille, je me suis dit que je devais lui faire plaisir. On a pris sa petite barque et on a été sur l’étang à côté de la maison. C’était un peu bizarre, parce que papa avait oublié de prendre les cannes à pêche. Mais quand j’ai voulu le lui faire remarquer, j’ai vu son visage concentré, alors je n’ai rien dit. Arrivé au milieu, papa s’est levé, la barque a un peu tangué et je suis tombé par-dessus bord. Je me suis retrouvé la tête sous l’eau! C’était effrayant, mais excitant à la fois! Quand je suis remonté à la surface, je ne voyais plus la barque, ni papa. J’ai battu des jambes et des bras, comme le fait Scotty quand je lui lance sa balle dans l’eau, et j’ai réussi à rejoindre la barque. Papa m’a dit qu’elle avait dérivé. Comme j’ai vu à son visage abattu qu’il avait eu très peur et qu’il était épuisé d’avoir lutté contre le courant, j’ai pris les rames qu’il tenait et je nous ai ramenés sur le bord de l’étang.
Et puis hier, papa est arrivé avec une surprise! Il a dit que comme ça faisait longtemps que je lui disais que Scotty voulait un compagnon, il s’était enfin décidé! J’étais super content! Papa m’a emmené dans la grange où se trouvait mon nouveau chien. Il faisait très sombre, et je n’y voyais pas grand-chose. Papa m’a dit que le chien s’appelait Bobby, et que je n’avais qu’à l’appeler, il viendrait me dire bonjour. Il a dit qu’il nous laissait seuls pour que l’on fasse connaissance. Alors j’ai appelé. « Bobby !!! » Au début, je n’entendais rien. Et puis tout à coup, j’ai senti qu’il accourait vers moi! Je ne le voyais pas mais j’ai ouvert les bras, et Bobby m’a sauté dessus! Au début, j’ai trouvé ça gentil, mais après qu’il m’ait léché le visage, il m’a mordillé au bras et a essayé de m’attaquer à la gorge. Heureusement, Scotty a entendu mes cris et il est venu me défendre. Lui et Bobby ont commencé à se battre, et puis papa est arrivé. Il a dit que c’était pas possible, que ça n’en finirait jamais, et je n’ai pas compris ce qu’il voulait dire. Il a emmené les deux chiens avec lui et les a conduits chez le vétérinaire. J’ai eu beau lui dire que c’était Bobby le méchant chien, que Scotty était venu me défendre, il ne m’a pas écouté. Et puis il est revenu, l’air désespéré, et je n’ai pas voulu lui en reparler. J’étais très triste de perdre Scotty, et apparemment lui aussi, parce qu’il a sangloté dans le salon toute la soirée…
Et ce matin, papa est venu me réveiller très tôt ! Il a dit qu’il fallait que l’on se change les idées tous les deux ! Alors je termine vite d’écrire ces quelques mots, et je prépare mes affaires ! Aujourd’hui, on part tous les deux à la chasse!
Sans titre, par Epitaph
temps, l’entropie et la mort. Longtemps, comme les autres, je me suis cru à l’abri de leur pouvoir, à jamais préservé de leurs atteintes. Nous nous figurions puissants, immortels, invincibles et éternels. Comment des êtres si exceptionnels que nous pourraient-ils mourir ? J’avais le monde ; la mort ne me faisait pas peur. Tout ce temps, j’en riais, comme je riais de ceux qui m’avertissaient, me prévenaient, me menaçaient.
Mourir, moi ? Inconcevable ! J’ai été partout, j’ai tout vu, tout fait. Des côtes grecques aux déserts de Sibérie, en passant par les mégalopoles américaines et européennes, les tartares, les déserts et les archipels, il n’y a pas à ce jour un seul endroit sur Terre que je n’ai foulé de mon pied. J’ai participé à des guerres ; j’ai créé des guerres ! J’en ai perdu des dizaines et gagné des centaines. J’étais le plus grand guerrier qui se puisse imaginer ; tour à tour fantassin, capitaine et stratège, je me suis baigné dans le sang par moi répandu de mes innombrables ennemis. Pour chacune de la myriade de cicatrices qui parsèment mon corps, j’en ai infligé cent en retour.
J’ai aimé des femmes, aimé mes enfants, les ai regardé mourir et toujours, invariablement, je survivais. Lorsque les frontières du monde reculèrent plus loin qu’aucun homme ne l’eut imaginé, je fus toujours parmi les premiers à fouler les terres nouvelles. J’ai côtoyé les plus grands penseurs et philosophes qui furent, et ai imprimé dans leurs esprits des idées et doctrines dont on débattra aux siècles des siècles. J’ai été adoré, béni, maudit, conchié, prié ; on m’adressait des offrandes, suppliait ma pitié, implorait mon jugement. On m’a construit temples et palais.
Moi, mourir ? Il y a peu encore, cette idée m’amusait. On ne tue pas un dieu ; ou, du moins, pas longtemps. Moi moins que quiconque. L’idée de Zeus pourrissant dans le Tartare n’était, autrefois, ni plus ni moins qu’un blasphème.
Pourtant, il me faut admettre que les doigts qui tiennent cette plume sont gourds et tremblants, rongés par l’arthrite. Le bras sur lequel repose ce manuscrit, perclus de rhumatismes. Pour la première fois de mon interminable existence, je me sens comme ce que je suis devenu ; un vieillard, presque sénile et impotent.
Assis sur mon trône de pierre du Saint des Saints, cachés aux yeux de Temps l’omniscient et de Nuit la redoutée, je pose ma plume pour reposer mes doigts, et laisse mon regard errer autour de moi. Nombreux, nous le sommes de moins en moins. Grands, forts, imposants ; un vestige de notre passé. Les liens sont brisés, et nous en subissons les conséquences. Les liens, à vrai dire, ont commencé à se briser il y a bien longtemps mais – et cela me coûte de l’avouer – nous étions trop occupés à jouer pour le réaliser. Les croyants qui ne sont pas morts ont tout simplement cessé de croire ; ceux qui continuent sont trop vieux et trop peu nombreux. Leur Foi, ce nectar dont nous nous gorgions jadis à longueur de temps, jusqu’à en oublier l’existence – orgie machinale et mécanique de fluide vital – est désormais trop rare, trop ténue, pour nous maintenir en existence. Je ne me fais pas d’illusion ; bientôt, Nyx la noir et Chronos, mon père avide de vengeance, nous trouverons, nous tuerons, et mourront à leur tour. Seuls demeureront les hommes, ceux-là même qui ont cessé de croire en nous et scellent aujourd’hui notre sort.
Le Sanctum Sanctorum fait office d’ultime et pitoyable refuge ; jadis abandonné par ses occupants bouffis d’orgueil, il est depuis longtemps retourné à la même poussière que nous embrasserons rapidement. Hors du temps et de l’espace, ce n’est guère plus qu’un rocher qui dérive entre les étoiles, parti pour un dernier baroud d’honneur au sein des astres les plus étincelants. Au fil de mon écriture, mes doigts se font de plus en plus douloureux, et je repose ma plume un nouvel instant.
Shiva Natarâdja, l’absolu, le destructeur, est mort. C’est arrivé d’un coup ; assis entre Loki et Nehebkaou, il a soudain levé la tête vers le ciel cobalt, s’est dressé sur ses pieds et a serré ses quatre poings.
"Ca y est (a-t-il dit) ; ça y est, ma vieille Aishwarya Chhambria a trouvé le repos dernier ; et, comme il fut prophétisé à sa mère, son nom se révéla détenteur du Vrai ; car à la vérité, elle m’a bel et bien apporté en abondance la foi dont j’avais besoin (Taranis m’apprit plus tard qu’Aishwarya signifiait « abondance »). Mais la voilà morte, et c’était la dernière à croire en moi ; ainsi, je vais désormais partir à mon tour. Mais ne me pleurez point ! Car peut-être vais-je enfin accéder à la Transcendance, que j’avais oublié de chercher de tout mon être, et qui désormais dans la mort se rappelle à moi. La Trimûrti va à présent se retrouver réunie dans le grand Par-Delà, et j’embrasserai mes frères Brahma le créateur et Vishnu le conservateur."
Dans le silence solennel et pesant qui s’était abattu sur le Saint des Saints, Shiva a drapé ses épaules d’une peau de tigre usée, s’est appuyé sur un trident fissuré et à longuement soufflé dans une conque ébréchée. Le son, pourtant, en était magnifique, et de nombreux dieux avaient les larmes aux yeux.
"Aujourd’hui (a-t-il repris), je me nomme Shiva Natarâdja Śambhu, car mon cœur n’abrite nulle ire ou peur."
Il a fait quelques pas ; Têt, Apollon et Manitou se sont inclinés en pleurant silencieusement tandis qu’il passait, tête haute, visage crispé, devant eux.
L’instant d’après, il n’était simplement plus là. Je ne saurais dire quand cet évènement a eu lieu, car j’ai longtemps pleuré avec les autres.
Je vais m’arrêter d’écrire à présent. Vondas Damokles Askliopoulos vient de mourir.
3) La dernière coïncidence, par IanCurtis
Cher journal,
Comme tu as pu le remarquer durant toutes ces années, j’ai toujours été intéressé par le hasard. La chance aussi. Les coïncidences surtout. Cette non science sur laquelle repose, en fait, l’Humanité tout entière. Et le déroulement de notre vie ; entre autre. J’aurais presque envie de dire, paradoxalement. Pour moi, il est de toute façon assez clair que l’égalité n’existe pas. Tout comme aucun être humain n’est semblable à un autre. Durant toutes ces années, et encore -surtout- aujourd’hui, nous avons tenté de garder un certain équilibre, une certaine parité chez les libertés de l’Homme. Il me semble plus qu’évident que cette tentative s’avérera toujours veine. Enfin bref, tout ce long paragraphe guère intéressant juste pour te dire qu’une coïncidence assez frappante c’est produite aujourd’hui même. Tandis que je flânais sur Internet sans trop savoir quoi chercher, je suis tombé sur un concours d’écriture (dans un forum quelconque, enfin bref …). Un putain de concours d’écriture anonyme. C’était exactement ce qu’il me fallait. Souviens toi, toi. Toi qui étais posé dans un recoin de mon bureau. Tu as bien dû m’observer au moins une dizaine de fois, lors de mes nuits blanches, passer des heures et des heures à écrire des pages et des pages, avant de tout brûler et de jeter les cendres à la corbeille. Je ne regrette toujours pas d’ailleurs. Bien qu’étant persuadé que mes œuvres, maintenant détruites, étaient brodées d’une écriture virtuose et d’une histoire intelligente et intéressante, je ne regrette pas. Putain, je ne regrette pas. Néanmoins, il est vrai que j’ai toujours pensé que la plus grande carence de l’être humain était le manque d’ambition. Toujours. Maintenant je me demande vraiment si je n’ai pas pris le mauvais chemin. Si je ne me suis pas englouti dans cette idéologie. Parce que je suis quand même allé jusqu’à détruire au moins cinq cents pages. Un roman quoi. Et un putain de bon roman. Pourquoi ? Bah tout simplement parce que ce n’était pas un chef d’œuvre. Le chef d’œuvre.
L’obsession.
Celle de ma vie.
Je pense qu’il n’y a rien de plus dur que de changer sa façon de penser. Oh comme j’aimerais changer mon rapport à l’écriture ! Il s’agit d’un tourbillon de lettres, rien de plus. Chaque phrase peut-être retravaillée pendant des heures et des heures. Le temps qui coule ne compte absolument pas. On est face à sa page. Certains ont la tête vide, d’autres pleine. C’est enfantin que Diable ! Enfantin. Et pourtant … Me relire me fait mal. Je déteste ça.
A vrai dire, je ne cesse de me faire croire que je n’aime pas ce que j’écris, pour avoir constamment l’idée en tête que je peux mieux faire. Peut être. Ou peut être pas.
Se mentir à soi-même. Je le pratique bien ça aussi
Mais il y a peut-être une autre explication. Ce serait la comparaison. Comparer mes textes à ceux des autres. Entendre dire que le mien est moins bien. Ne serait-ce que par rapport à une personne. Je ne peux imaginer le désespoir qu’il en suivrait. Toutefois, j’ai décidé de me plonger dans le grand bain. Je te parlais des coïncidences tout à l'heure. Il s'avère que j'écris ta dernière page. Il s'avère également qu'un sujet du concours d'écriture est d'écrire la dernière page d'un journal. Alors je te donne, chère page. Advienne que pourra. Je n’oublierai jamais que les coïncidences sont réelles. Qu’aucune signification n’existe. Néanmoins … Néanmoins je pense que mon rapport à l’écriture a été horrible et dur. En fait, je pense que j’attendais quelque chose. Quelque chose pour me tester. Moi. Elle est arrivée aujourd’hui. Et c’est une coïncidence. Comme par hasard.
4) Dernières volontés, par Azerty
[Le texte présente deux écritures distinctes, très différentes. L’une d’entre elles, difficile à déchiffrer, a ici été mise en italique par l’éditeur pour faciliter la compréhension et la langue, originellement un mélange étrange, a été ramenée à la normale.]
Le 12/02,7/[Les années sont illisibles : plusieurs chiffres se superposent]
La main tremblante, j’entame cette dernière page, qui est également la première de cette espèce de journal intime. Je lutte à chaque instant pour garder la plume et ne pas prendre le couteau. Cette somptueuse lame, déjà couverte de sang, me tend amoureusement ses bras métalliques...
Tue !
Mon cœur remonte dans ma gorge à cette pensée. Je crains ne pas tenir très longtemps…
Ignoble ! Tu (l’)es ! Prends-le !
Cette voix démoniaque est intarissable. Broyant mon corps comme mon âme, elle ne mettra plus longtemps à avoir raison de moi. Elle m’a déjà vaincu tant de fois…
Le sang réclame le sang !
C’était…il y a longtemps, je crois. Je ne fais plus partie du monde réel et ai perdu toute notion de temps. Tout ce qui compte…
Le couteau ! La Lame !
…douleur qu’elle m’inflige sans cesse. Je crois me souvenir que le ciel était bleu. A l’époque je voyais autre chose que le rouge sang ! et le gris insondable. Me promenant dans un parc sans but autre que de flâner, je la vis. Elle semblait heureuse, avec ses amies, riant avec le cœur de celle qui vit insouciante. Le genre de vision qui illumine la journée de l’optimiste que j’étais.
Tu n’as jamais été !
Sans que je ne sache pourquoi, je l’ai suivie une fois qu’elle a pris le chemin du retour. De loin, bien sûr. La sensation de ces tremblements étranges restera à jamais gravée dans ma mémoire. Plus elle s’éloignait de la civilisation, plus j’étais excité. Alors qu’elle traversait une longue ruelle sombre, un couteau sortit des abysses et vint se loger dans ma main. Et j’entendis la Voix. Déchirée, inhumaine : le sang coula de mes tympans alors qu’elle prenait possession de moi. Incapable de lutter, je me vis courir vers l’angélique victime. Mes membres se tordent de douleur Vie et souffrance ! lorsque je me revois taillader, découper son corps avec une violence inouïe. La Voix me força à prendre avec moi le cadavre et à le disposer dans une posture indescriptible dans ma cave, en vue d’accomplir je ne sais quel rituel. Elle recommença, plusieurs fois. Je tentais toujours de résister, mais un être mortel ne peut vaincre un avatar du mal. Derrière moi se trouve désormais celle qui est sûrement ma dernière victime. Je ressens sa peur d’ici, je sens son regard sur la lame maudite qui fait dorénavant partie de moi Je sais que le but de la Voix sera atteint si je cède. Quelque soit ce noir objectif, il ne doit…
Pourquoi ? Ne comprends-tu pas…insecte ! Sous-être, misérable larve, que me résistes-tu ? Prends un scalpel, ouvre tes misérables yeux et TUE !!! [Des signes indéchiffrables se suivent sans aucune cohérence après ce qui semblait être des points d’exclamation]
Des larmes coulent de mes yeux, pour la première fois depuis des siècles. Je ne sais si ce sont des larmes de douleur, de peine ou de rage. Ma main a de plus en plus de mal à se contenir.
[Il semble avoir vainement lutté pour ne pas écrire de manière trop chaotique. Le résultat est un mélange des deux écritures précédents, difficile à décrire. Pour ne pas altérer le contenu, l’éditeur n’a pas corrigé la syntaxe des phrases dans ces dernières lignes.]
Le sang…appelle le sang. Oui…tu je dois tuer ! Lame…éloigne rapproche moi d’el moi. Non ! Tue ! Ce corp DOIT ETRE COUPE !!!!!! Sang VIe..! Mort… ? Sacr…TUER !
[Suivent une ligne de traits indéchiffrables, comme s’il n’avait pas su se décider sur quelle lettre écrire]
SaNG…
Jamais !
[Après ce dernier mot, la feuille est entièrement trempée par le sang de l’individu, que l’on a retrouvé déchiqueté.]
5 ex-aequo) Sans titre, par FFRules
16 mai 2007, 9h26 :
Cher journal, nous voici enfin au bout de la route commencée il y a tellement longtemps. Que de chemin parcouru ensemble, moi écrivant entre tes lignes les hauts et les bas de ma vie et toi, me lisant sans me juger, me conseillant sans me parler. J’ai trouvé en toi un compagnon merveilleux mais alors que la fin est proche, elle l’est aussi pour notre relation.
Te souviens-tu de moi au tout début ? Quand j’étais au fond du trou duquel tu m’as sorti, moi, soi-disant traître à ma cause, alors que tout ce que j’avais fait avait été de devoir choisir en le père ou la mère. Ce choix impossible et ses conséquences m’ont poursuivi pendant près de dix ans, mes amis m’ont craché dessus, m’ont traité de « lâche », de « traître ». De cette souffrance tu m’as vu me relever, de ces « amis » tu m’as vu me venger. Et ce soir, cette vengeance sera totale. Ils reviendront vers moi, imploreront mon pardon alors qu’ils ne m’avaient pas accordé le leur, mais leur mépris.
Pourtant, cette vengeance m’a couté. Tu le sais bien, j’ai trouvé puis perdu l’amour de ma vie dans ma quête de justice, Cette famille recomposée que nous avions créée de toutes pièces, s’est finalement décomposée sous mes yeux sans que je ne puisse rien y faire et celle en qui j’avais le plus confiance, celle qui a le plus cru en moi durant toutes ces années, m’a trahi, juste en fin de course. Quel destin que le mien, que d’épreuves se sont présentées sur mon chemin. De fils prodigue, je suis passé traître avant de devenir martyr et de finir en beauté, ce soir, en héros.
Et demain ? Demain, tout sera fini. Ou tout commencera plutôt. Un nouveau chapitre dans lequel les possibilités qui s’offriront à moi seront sans limites. Il n’y aura plus de bien ou de mal, juste ma volonté de vengeance. J’ai bien peur que tu n’aies eu raison. A force de comploter dans le noir mes sombres desseins, j’ai changé, consumé par mon désir de tous les annihiler, de leur faire ravaler leurs paroles et il m’apparaît clairement, alors que j’écris ses mots, que tu n’es plus ce dont j’ai besoin.
Tu a été un témoin privilégié d’une époque que je ne veux plus jamais revivre, dont je ne veux plus jamais me souvenir, et ce journal, autrefois mon radeau, mon phare dans la nuit, n’est plus qu’un ramassis de mots et de pensées écrits par un faible dans des moments de faiblesse, par la personne que j’étais mais que je ne serais jamais plus. Cette personne que tout le monde appelait le « petit Nicolas » et qui ce soir deviendra « Monsieur le Président de la République Française ».
Tu comprendras donc pourquoi il me faut te détruire, toi la victime innocente d’un conflit dans lequel je t’ai attiré. Mais je ne supporterais pas de te voir me trahir à ton tour. Qu’il en soit donc ainsi.
Au revoir,
Ton ami, Nicolas S.
d
5 ex-aequo) Sans titre, par Mutako
27 septembre 2249
Hier les locaux de Rio ont été brûlés eux aussi. Les dernières réserves de bois de la compagnie, parties en fumée. Les gars là bas aussi ont été attaqués, mon ancien bras droit Javier, qui avait décidé de rester là-bas coute que coute pour veiller sur ce qui restait des forêts mondiales, de notre grande œuvre. Je ne sais pas trop s’ils s’en sont échappés. De toutes façons, c’est l’enfer là-bas, ils trouveront bien un autre moyen de se faire tuer. On m’a fait transmettre la rumeur comme quoi la ville entière serait en proie aux flammes. Ca fait trois mois maintenant que tout le pays est ravagé par cet incendie. Le gouvernement a disparu dans la nature et laissé le territoire à l’abandon. Heureusement que j’ai pu m’enfuir, il doit y en avoir pas mal qui veulent ma peau là-bas. On m’a aussi dit ce matin que l’eau n’est plus délivrée. Et apparemment, c’est le cas dans toute l’Amérique du Sud, mais je ne sais pas si c’est vrai, impossible d’être sûr depuis que la radio et la télé ont cessé d’émettre. On va encore dire que c’est de ma faute…
On a quitté le village ce matin après une nuit terrible. Ce n’était pas vraiment un village à vrai dire, juste un petit groupe d’habitations misérables qui étaient apparues dans la semaine, où viennent se cacher des réfugiés des villes. Il y en a des centaines comme ça à travers la région. Mais je pense que c’est l’un des derniers que nous croiserons. Tout le monde nous regardait bizarrement, je crois que certaines personnes m’ont reconnu mais ils n’ont rien osé dire, car je bénéficie toujours de quelques gardes du corps. On a eu juste de quoi manger un peu, un tapis pour dormir, et j’ai pu échanger deux trois mots avec un type qui était arrivé là il y a deux jours. Apparemment, Londres a été détruite elle aussi, m’a-t-il dit. Sinon rien, la méfiance régnait. Maria me parle de moins en moins, et les enfants pareil. Je crois qu’ils commencent à croire tous les autres, à croire que c’est moi le responsable de tout ça. Mes quelques gardes sont les seuls avec qui je peux encore m’entretenir, mais je ne sais pas si cela va continuer bien longtemps, parce que je n’aurai bientôt plus de quoi les payer. Ils tenteront alors sûrement de me détrousser avant de partir de leur côté… Bah, je les tuerai dans leur sommeil demain, et j’accuserai des pillards. De toutes façons, je n’ai plus besoin d’eux, nous sommes trop loin de la civilisation maintenant pour croiser quelqu’un qui saura qui je suis. Demain nous traverserons probablement l’ancienne frontière avec la Bolivie et j’essaierai de retrouver l’ancien campement de l’exploitation locale de la compagnie. De là, je saurai nous guider pour arriver à la grotte au ruisseau dont j’ai parlé à Maria, en évitant le désert d’Amazonie. Nous y serons tranquilles là bas.
Je constate avec regret que j’arrive à la dernière page de mon carnet. Ce carnet, composé des dernières pages officiellement imprimées, avant que je ne fasse stopper la production mondiale. Dernier privilège du directeur de la compagnie ! Les ultimes pièces de papier au monde, l’unique vestige de mon œuvre, dernier bastion d’écriture. J’en avais bien besoin pour conter notre incroyable voyage, mais apparemment j’ai trop écrit. En même temps, il fallait que j’en profite, car maintenant c’est un savoir qui va se perdre. A travers le monde, il n’y aura bientôt plus personne qui pourra avoir ce luxe. J’y ai pensé ce matin, je l’ai dit à Maria et elle m’a jeté un regard noir. Mais moi je ne me sens pas coupable. Ce n’est pas parce que j’ai coupé tout le bois à travers le monde que je suis responsable de son effondrement. Je n’ai toujours agi que dans l’intérêt des autres, pour fournir aux hommes de quoi se chauffer, de quoi construire, de quoi écrire. Ce sont les hommes qui se sont détruits eux-mêmes en me demandant de couper plus, toujours plus, couper puis brûler. On a eu vite fait de me pointer du doigt, moi et ma compagnie, comme seuls fautifs de cette catastrophe, tout en m’implorant de continuer à consommer, et consumer. Je ne suis que l’humble bras qui agit. Mais quand le navire coule les rats quittent le navire, et on accuse la voile… Je ne sais pas trop si ça se dit ça, mais bon tant pis je ne pourrai jamais le vérifier ni l’effacer. Maintenant que tout a brûlé nous allons pouvoir nous inventer nos propres expressions, sans nous accrocher aux autres et au passé ! Un moyen de recréer notre monde artificiel, sans avoir besoin des autres livres, avec ce carnet comme seule Bible. Ca c’est une chouette perspective, une liberté immuable pour tout le monde et pour les siècles futurs ! Mais ça n’a pas l’air d’emballer Maria. Mon stylo s’épuise et le papier blanc s’évapore. Est-ce la dernière fois que j’écris ? Suis-je le dernier à avoir ce plaisir ? Me l’assurer me rassurera, c’est une perspective bien plus amusante ! Les enfants et Maria dorment déjà, je suis seul assis sur un rocher surplombant les vallées nues brésiliennes. La lumière faiblit, et à l’horizon je vois déjà la lueur sombre de la nuit s’installer sur la voute rouge du ciel. Ce soir avec ma plume se tourne la dernière page et avec moi s’éteint le soleil. Bonne nuit l’humanité !
Yeah, on commencait à se demander
Bref, voila, bravo aux premiers, bonne continuation pour ceux dont la note à été en dessosu de dix, et bonne chance pour les moyens de classements qui galérent comme moi
J'ai pas encore lu les textes, j'en lirais un ou deux certainement (j'ai déja feuilleté celui d'Epitaph et lu celui de Sky.)
Pour les jugements de mon texte, j'suis à la fois content et décu. COntent parce que c'est un stye qui est loin d'être le mien d'habitude, et qui m'a quand même valu un 14.4, et déçu parce que... Y a personne (à part Agraf, peut-etre) qui semble avoir pigé la chute XD. C'est pas Elodie qui parle lol ^^ J'essaierai d'être plus clair dans les prochains textes XD
Bon, faut se préparer pour le suivant maintenant! ![]()
Woah ! Sixième meilleure note et texte publiée
Champagne
^^
Publié*
(j'avoue que ça la fout mal)
Et bien je suis satisfait d'avoir enfin ma note (c'est une bonne chose en soi
) et également de cette note elle-même, pour un texte que j'ai essayé de soigner un maximum mais que j'ai tout de même rédigé assez rapidement (et c'est bien mieux que lors de ma dernière participation à un concours d'écriture ici
).
Pour ce qui est de l'aspect récit qui m'est reproché je le conçois totalement et ça m'a fallu la crainte d'avoir fait un peu HS mais j'ai été poussé par la frustration de devoir m'arrêter à une seule page. Et la distance du narrateur, également reprochée, est elle totalement voulue.
Mais bon ce n'est pas grave. Grand merci en tous cas aux correcteurs pour leur bon boulot.
Je lirai également une bonne partie des textes je pense et j'essaierai de poster un avis un peu général sur eux (on le droit n'est-ce pas ?). J'ai déjà lu celui de Neg et je pense pas non plus avoir compris la fin (la fatigue j'intuite). ![]()
"Y a personne (à part Agraf, peut-etre) qui semble avoir pigé la chute XD"
C'est une nouvelle post-moderne, m'voyez ![]()
Youhou c'est moi djoker ![]()
Bon ok, je me suis un peu foutu de votre gueule et le but, c'était juste de placer le poème, j'ai pas pris de plus 3 minutes pour le reste.
Ceci dit, heu je vous trouve très vache par rapport au poème. Autant le reste était du foutage de gueule, autant, j'aurai aimé, plus d'explication quant à cet avis sur le poème, qui était le seul truc travaillé, comme vous l'avez tous très bien remarqué, je vous applaudis d'ailleurs pour votre absence de naïveté.
Ceci dit, je m'excuse quand même surtout que j'avais posté ce poème y a quelques temps déjà sur mon topic, m'enfin, qu'est ce qu'on ferait pas pour être un peu plus lu. :p
Bah, c'est pas grave Zech, c'est juste dommage pour toi, tu pourras pas participer à la suite. Quelqu'un a quand même fait plus mauvais que toi, serais-ce Soul qui nous a fait une blague ?
Epitaph
C'est moi ou t'a pas publié les textes de Djoker et despe ?
Bravo aux juges pour leurs commentaires et notes et félicitations aux meilleurs du round 1.
Voilà un concours qui commence très bien. ![]()
C'est pas grave, non plus agraf, si je l'ai pas fais le concours, c'est parce que j'avais la flemme, je suis pas fait pour participer à un concours, avec date de remise, régulières.
J'aime faire que les sujets qui m'inspirent.
Je suis passée
Malgré ce texte un peu limite à mon goût...
Y'a des textes super sympas ![]()
Mais c'est que j'ai bien fait de passer ici moi !
Un beau 16.2 et en prime la 2ème place! Je n'en espérais pas tant. De quoi booster pour la prochaine session et mettre la pression aussi
Pardon pour le pavé indigeste, Agraf. Parce que tout faire tenir sur une page a été un véritable casse-tête pour moi, j'ai carrément zappé que c'était le nombre de caractères qui comptait et pas le nombre de lignes! Je ferai mieux la prochaine fois.
Un grand bravo aux juges pour leur commentaires, un sacré boulot quand même! Et aussi aux participants. 19 encore en lice, ça promet une sacrée bataille pour la suite !
Sur ce, je vais de ce pas lire quelques textes, étudier la concurrence, tout ça quoi... ![]()