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Piège de glace

KaiM
KaiM
Niveau 11
22 juillet 2008 à 18:16:58

Quand Olaf prit pied sur le sol de la grotte, Alkion avait déjà la main plongée dans le sac fixé à sa ceinture et qui abritait son matériel se survie. Il en tira une barre de verre d’une vingtaine de centimètres de long, parcourue de symboles qu’il effleura du bout des doigts. Une lumière blanche naquit au cœur de l’objet, assez vive pour éclairer la cavité, mais suffisamment douce pour ne pas éblouir les deux Paladins. Une création fort utile des mages au service de leur Ordre.
Olaf activa sa propre torche et la brandit devant lui. Comme l’avait annoncé Caderem, le tunnel descendait selon une pente plutôt forte et la roche qui le constituait, lisse et humide, rendrait la progression difficile.
Alkion hocha la tête et s’engagea dans le boyau. Sa démarche était souple et maîtrisée, presque gracieuse, ses pas sûrs, son équilibre parfait. Il donnait l’impression de ne même pas savoir qu’il risquait de déraper. Olaf savait bien sûr que ce n’était pas le cas. Alkion, comme toujours, faisait preuve d’une extrême prudence ; mais il ne le laissait pas transparaître, conservant en permanence son attitude calme et détachée.
La progression devint de plus en plus difficile. De raide, la pente devint abrupte ; Olaf dut redoubler de vigilance pour ne pas glisser et s’aider de sa main libre pour avancer. Parfois, la marche se transformait en escalade, le temps de descendre une portion presque verticale du tunnel.
Alkion, pourtant, se déplaçait toujours avec la même aisance. Il ne se retournait même pas pour s’assurer que son compagnon le suivait ou qu’il ne rencontrait pas de problème.
C’était inutile.
Les deux hommes se connaissaient depuis des années, presque une décennie. Quand, après avoir servi dans l’armée dümréenne, Olaf avait rejoint l’Ordre des Paladins Noirs, Alkion avait été son professeur. Le jeune homme n’aurait pu avoir de meilleur maître. L’enseignement de l’Elfe Noir avait fait de lui ce qu’il était aujourd’hui : un excellent combattant, un cavalier émérite, un espion aussi discret qu’une ombre.
En un mot, un Paladin Noir.
Après sa formation, Olaf avait fait équipe avec Alkion à de nombreuses occasions. De professeur, l’Elfe Noir était devenu son ami le plus cher. Plus que l’admiration liée à ses exploits et à sa légende, Olaf lui vouait une profonde et véritable affection. Alkion, par nature, ne faisait guère état de ses émotions. Mais il était manifeste qu’il éprouvait plus que de la fierté pour son ancien élève. Ils formaient un duo exceptionnel, soudé par l’amitié née des innombrables missions qu’ils avaient accomplies côté à côte.
Jamais ils n’avaient échoué.
Et ils n’allaient sûrement pas commencer aujourd’hui.
Olaf se demandait même pourquoi on les avait désignés pour cette opération. Cela tenait sans doute beaucoup au hasard, au fait qu’ils étaient les plus proches de ces montagnes au moment où Caderem avait demandé l’aide de l’Ordre. Cette mission de sauvetage n’avait pas du tout l’envergure de leurs actions habituelles. Et elle serait sûrement très vite terminée. Après tout, il ne s’agissait que d’explorer une grotte et d’en ramener au mieux des rescapés, au pire des cadavres.
Olaf en était là dans ses pensées lorsqu’il remarqua quelque chose d’inhabituel. Personne d’autre que lui n’aurait pu s’en rendre compte, mais il côtoyait Alkion depuis si longtemps que le moindre mouvement de l’Elfe Noir lui était familier. Et justement, malgré l’assurance et la fluidité de ses gestes, Alkion ne se déplaçait pas comme à l’ordinaire. Des pas légèrement plus brusques, une allure imperceptiblement plus sèche.
Alkion était inquiet.
Et même s’il n’en comprenait pas la raison, Olaf sentit une tension inaccoutumée se nicher entre ses puissantes épaules. Peut-être son compagnon, par une sorte de sixième sens propre à sa race, percevait-il confusément un danger. Quoi qu’il en fût, Olaf n’avait pas envie d’en parler. Cela n’aurait fait qu’accentuer son malaise.
Ils continuèrent ainsi leur progression, en silence, à la lueur de leurs torches, dans ce boyau qui, pour l’instant, ne semblait pas avoir de fin. Même s’il avait connu des situations autrement plus oppressantes, Olaf commençait à en avoir assez.
C’est donc presque avec soulagement que, plus une heure après le début de leur descente, il vit Alkion s’arrêter et, d’un geste, lui donner l’ordre de l’imiter.
- De la lumière, murmura l’Elfe Noir.
Olaf baissa sa torche et scruta la galerie devant lui. En effet, à quelques dizaines de mètres de là, une faible lueur bleutée perçait les ténèbres. Le Paladin n’avait pas la moindre idée de son origine.
Alkion reprit sa marche et Olaf, en le suivant, remarqua que la pente se faisait de plus en plus horizontale. Quelques instants plus tard, le sol était redevenu plat, et Olaf distingua nettement un coude, dix mètres devant lui, d’où provenait la lumière.
Alkion s’en approcha prudemment, le dos collé à la paroi, plus silencieux qu’un chat dans la nuit. Avec d’infinies précautions, il approcha sa tête du tournant et risqua un regard de l’autre côté. Après plusieurs secondes, il se retourna vers Olaf.
- Aucun danger en vue. Allons-y.
Sa voix était neutre, mais la surprise se lisait sur son visage. Olaf comprit pourquoi dès qu’il eut franchi le coude.
Ils venaient de déboucher dans une large cavité, aux parois tout entières faites de glace. Elle n’aurait pas été plus lumineuse si la surface s’était trouvée un mètre au-dessus du plafond et si le soleil avait brillé au-dessus de leurs têtes. Pourtant, quand Olaf leva les yeux, il ne vit que de la glace, aussi loin que la transparence le permettait.
Le sol était tout aussi lisse que les parois. Malgré ses bottes conçues pour adhérer aux surfaces les plus glissantes, Olaf eut du mal à conserver son équilibre. Quand il fut sûr d’avoir stabilisé ses appuis, il remarqua qu’Alkion s’était déjà avancé vers le centre de la caverne et observait les alentours. Il remarqua alors que d’autres galeries partaient de cette salle. Mais à la différence de celle qu’ils avaient empruntée, elles avaient, comme la caverne, un sol et des murs de glace.
- C’est étrange… commença Olaf.
Sa voix résonna dans toute la salle, amplifiée dix fois, semblant venir de toutes les directions. L’écho mit plusieurs secondes à s’apaiser. Quand il fut remis de sa surprise, Olaf comprit qu’il vaudrait mieux parler plus bas.
- Qu’est-ce qui est étrange ? chuchota Alkion, qui n’avait même pas sursauté.
- En général, les glaciers se forment sur la roche des montagnes, répondit Olaf de la même manière. Pas en-dessous.
L’Elfe Noir acquiesça.
- C’est exact. Néanmoins, il y a plus surprenant. Observe bien.
Le regard d’Olaf parcourut le sol et les murs. Tout d’abord, il ne vit rien de particulier. Puis il comprit.
- Cette salle est circulaire, constata-t-il. En fait, nous sommes dans une parfaite demi-sphère. C’est naturel, ça ?
- Peut-être, répondit Alkion, mais à mon avis, non. Nous nous trouvons dans un lieu créé par une race intelligente.
Il leva à nouveau les yeux vers la courbure sans défaut des parois, vers la lumière surnaturelle qui jaillie d’on ne sait où, provenait de tous côtés pour illuminer la pièce.
- Magnifique, souffla-t-il.
Olaf haussa un sourcil. Les compliments sur l’architecture n’étaient pas vraiment dans les habitudes de son ami.
- A ton avis, qui a construit ça ? Et quand ? Et pourquoi ?
- Peut-être le saurons-nous quand nous aurons tout exploré, répondit simplement Alkion.
Il reporta son regard sur Olaf. L’émerveillement brillait toujours dans ses yeux.
- Mais nous ne devons pas perdre de vue le but de notre mission. Il y a des gens, peut-être tout près d’ici, qui ont besoin de notre aide. Nous devons les retrouver.
Olaf opina.
- Il y a trois couloirs qui partent de cette salle. On se sépare ?
- Mauvaise idée. Essayons d’abord de comprendre ce qui s’est passé. Les hommes de secours sont arrivés ici. Manifestement, ils ont poursuivi leur route, certainement car la fillette n’était pas là non plus. C’est d’ailleurs surprenant. En admettant qu’elle ait glissé dans la première grotte et que la chute à travers tout le boyau ne l’ait pas tuée, elle aurait dû attendre de l’aide ici. Mais elle s’est engagée dans un des couloirs. Soit son père et ses oncles se sont séparés pour explorer les trois, soit quelque chose les a conduits à emprunter le même. Par exemple, ils ont peut-être appelé la fille, qui leur a répondu…
Prenant garde à son équilibre, Alkion s’avança vers les couloirs et les observa attentivement. Son regard perçant ne lui fut d’aucune utilité, car l’indice qu’il cherchait sautait aux yeux : la marque d’un coup de piolet, qui blessait cruellement le mur d’une des galeries.
- Cette trace est récente, dit-il en l’examinant. Ce Rhôlj Alman est un homme intelligent. Il a compris qu’il risquait de se perdre dans les couloirs, et il a laissé des repères derrière lui.
Olaf esquissa un sourire. La présence d’esprit d’Alman allait leur faciliter la tâche. Enfin une bonne nouvelle. Il sentit ses épaules se détendre légèrement.
- Nous n’avons plus besoin de ça, déclara Alkion en caressant sa torche, qui s’éteignit.
Olaf l’imita. Après quoi les deux Paladins s’engagèrent dans le corridor de glace.

:)

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
22 juillet 2008 à 18:24:22

...schlunk?! C'est tout? Et...où qu'y sont passés les bôôôôôôôô pavés du Maître?
Bon sinon c'est super bien c'est sûr, mais...voilà quoi, çay trop court. ><

P.S. Ah...enfin je retrouve ma place de premier commentateur du Maître! \o/
Et mes posts sont toujours aussi inutiles, évidemment. :-)

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 22 juillet 2008 à 18:30:49

J'adhère totalement au commentaire de Az' :p
Bon d'un côté si on continue à en avoir deux par jour ça compensera la taille réduite des textes ^^

SkySinks
SkySinks
Niveau 9
22 juillet 2008 à 18:47:33

Excellent.

Zangetsu05
Zangetsu05
Niveau 10
22 juillet 2008 à 18:50:44

C'est vraiment très bon, tout ça... J'en redemande !

  • Part lire le Cycle* :-)
Jedi-Wars
Jedi-Wars
Niveau 10
22 juillet 2008 à 19:34:32

C'est super, ce que t'écris ! On rentre tout de suite dans l'histoire, tu as un très bon style, y'a pas de fautes (ou du moins des grosses fautes, j'ai pas vu en détail :) ).

Une question : tu t'es déjà fait publier ? (d'après ce que j'ai compris, le Cycle est génial)

J'attends la suite avec impatience :-)

iron66
iron66
Niveau 6
22 juillet 2008 à 20:11:26

...

  • est muet d'admiration*
  • essaye de vaincre son mutisme*
  • admire le maitre*
  • est toujours pétrifié*
  • en à marre de dire de la merde*
  • s'agenouille devant la toute puissance de Kaim*
  • retire la dernière ligne (après tout c'est pas un dieu)*
  • pars se trancher tous les doigts de pied un à un pour se faire pardonner son blasphème*
Grhyll
Grhyll
Niveau 7
22 juillet 2008 à 22:03:06

Hé hé ben si y a une personne ici qui peut recevoir autant de commentaires en si peu de temps, c'est bien toi ^^ Et tu le mérites, je crois :) Comme dit auparavant, on sent le professionnalisme... Tu me donnes autant envie de relire ton cycle que de me remettre moi-même à l'écriture ^^' Vàlà, un lecteur de plus à te suivre ;)

Ostramus
Ostramus
Niveau 33
22 juillet 2008 à 23:23:25

Fluide, riche, mais un peu ça traîne légèrement en longueur à mon goût. Le titre n'en dit pas un peu trop ?

Cela dit, ça fait plaisir de te revoir de retour.

KaiM
KaiM
Niveau 11
23 juillet 2008 à 14:07:25

Merci.

Bon, deux bonnes nouvelles :

La première : je suis cinquième à l'X. Donc admis. Donc c'est génial.

La seconde : voici la suite :

Fascinant.
Olaf ne voyait pas d’autre mot pour qualifier ce qu’il voyait.
Plus ils s’étaient enfoncés dans les couloirs, plus le génie des bâtisseurs du lieu était devenu manifeste. Après des couloirs en demi-cylindres, ils avaient débouché dans des salles de plus en plus imposantes, descendu des escaliers de glace, traversé de longues galeries, aperçu des pièces plus petites qui, autrefois, avaient sans doute été meublées. Ils avaient également remarqué un nombre croissant d’ornements : statues d’animaux, colonnes décorées de sculptures, arches imposantes qui semblaient soutenir les salles, tout ceci taillé dans la glace, unique matière qui se présentait à leurs yeux.
Ce n’était plus une grotte qu’ils exploraient.
Ils avaient découvert un véritable palais de glace, créé sous la montagne par un peuple ancien et mystérieux, disposant de moyens techniques ou magiques que les deux Paladins n’auraient su imaginer.
Olaf ne voyait que trop bien le charme presque hypnotique qu’exerçait l’endroit sur son ami. Alkion brûlait manifestement d’explorer le bâtiment de fond en comble pour en découvrir les moindres secrets. Quand la mission serait terminée, il reviendrait sans nul doute avec toute une équipe pour mener à bien ce projet.
Quand la mission serait terminée.
Car leur priorité était encore de secourir Rhôlj Alman, ses frères et sa fille. Les trois hommes, apparemment, ne s’étaient pas laissés détourner de leur tâche par les merveilles du palais : les marques laissées par le piolet à chaque embranchement montraient qu’ils s’étaient enfoncés toujours plus loin dans la montagne.
Au bout d’une heure et demie d’une marche prudente, le décor changea. Ils venaient de descendre un escalier plus long que les autres, qui s’enfonçait en spirale dans les profondeurs du palais. Le couloir qui s’ouvrait devant eux était nettement moins ouvragé que les précédents : si la lumière était toujours aussi claire, le sol et les parois avaient perdu leur régularité. Cette partie semblait plus ancienne, peut-être la première à avoir été creusée.
Les Paladins y pénétrèrent.
Plus le temps passait, plus Olaf sentait la tension revenir. Le bref soulagement qu’il avait ressenti à l’entrée du palais n’était plus qu’un souvenir. Il avait désormais l’impression d’étouffer. Le froid s’était insinué sous son armure et le pénétrait jusqu’aux os. Les murailles de glace qui se dressaient autour de lui, écrasantes, semblaient prêtes à se refermer pour l’engloutir à jamais. Quand il se rendit compte que, pour la première fois depuis longtemps, une boule d’anxiété nouait son estomac, il ne s’en étonna même pas.
Le plus dérageant pour Olaf était qu’Alkion avait perdu son air imperturbable. Il avançait, visage tendu, la main prête à se refermer sur la poignée de son épée, scrutant les corridors aussi loin que possible. Vingt minutes s’étaient écoulées depuis le dernier escalier. Comment le palais pouvait-il être aussi étendu ? Ils auraient dû retrouver les Alman depuis bien longtemps !
Et en effet, ils les retrouvèrent.
Alors qu’ils venaient de repérer une nouvelle entaille dans la glace, à l’entrée d’un couloir qui partait à angle droit sur leur gauche, une forte odeur assaillit leurs narines. Une odeur qu’ils ne connaissaient que trop bien.
Celle du sang.
Ils franchirent le tournant pour découvrir un horrible spectacle.
Au bout de quelques mètres, le couloir s’ouvrait sur une salle un peu plus vaste, où gisaient, dans d’impressionnantes mares écarlates, les corps de Rhôlj Alman et de ses frères.
Alkion s’avança. Deux cadavres étaient étendus au centre de la pièce. Le troisième se trouvait à l’entrée d’un des deux autres couloirs qui partaient de la pièce, au bout d’une longue traînée de sang. il avait visiblement rampé dans cette direction avant de succomber.
Olaf avait tiré la hache qui pendait à sa ceinture.
- Je ne sais pas quel est le truc qui leur a fait ça, mais j’espère qu’il est encore dans les parages…
Une colère froide l’avait saisi. Ce n’était pas un animal qui avait tué ces gens : il les aurait dévorés. Il y avait donc quelqu’un, ou quelque chose, dans ce palais de glace, qui avait assassiné des hommes tentant de secourir une petite fille. Un tel crime devait être vengé.
Alkion se pencha sur les corps pour les examiner, l’air si calme qu’il ne semblait pas ressentir la moindre parcelle de la rage qui bouillonnait en Olaf.
- La mort remonte à plusieurs jours, observa-t-il. Ils ont été tués avec leurs propres outils. Celui-ci a reçu plusieurs coups de piolet dans le torse ; celui-là a été lardé de coups de couteau. Quant au dernier…
Il s’approcha du corps gisant à la limite du couloir. Il correspondait à la description que Caderem lui avait faite de Rhôlj Alman.
- C’est aussi un coup de piolet qui l’a éventré. Leur agresseur ne l’a même pas achevé. Il l’a laissé tenter de s’enfuir en agonisant…
La main de Rhôlj était serrée sur son couteau. La lame était rouge de sang.
- Ou alors, l’agresseur s’est enfui lui aussi. Il semble qu’Alman ait réussi à le blesser…
- Qu’est-ce qu’on fait, maintenant ?
Alkion se redressa.
- Combien d’embranchements avons-nous déjà dépassés ?
Surpris par la question, Olaf réfléchit quelques secondes.
- Aucune idée, finit-il par avouer.
- Je ne sais pas non plus, répondit Alkion. Mais il y en avait un nombre considérable. Surtout depuis que nous sommes dans cette partie du palais.
Il revint vers son équipier.
- Voici mes hypothèses : la partie haute de cette structure était probablement habitée. Il doit d’ailleurs y avoir d’autres voies d’accès, dont les extrémités ont été bouchées avec le temps. Celle qui a été révélée par le séisme, et que nous avons empruntée, était sans doute secondaire. Vu sa longueur et la difficulté de sa traversée, c’était peut-être même un passage secret…
Alkion sembla se rendre compte qu’il s’égarait.
- Quoi qu’il en soit, la partie où nous nous trouvons est radicalement différente : pas d’ornements, pas de beaux couloirs réguliers ni de salles somptueuses ou d’escaliers impressionnants. Il s’agit d’un véritable labyrinthe, conçu pour égarer ceux qui s’y aventurent, et apparemment protégé par une sorte de gardien.
Olaf regarda à nouveau les cadavres. Une part de lui n’aspirait qu’à en découdre avec ce fameux « gardien ». Une autre lui conseillait la plus grande prudence…
- Et maintenant, on fait quoi ? questionna-t-il.
- Honnêtement, je ne sais pas, répondit Alkion. Jusqu’ici, nous avons suivi les marques laissées par ces hommes. Maintenant, nous n’avons plus aucune piste. Je serais tenté de remonter et de revenir avec du renfort pour explorer complètement cette structure. Mais la fille, si elle est encore vivante, n’en a plus pour très longtemps...
Olaf hocha la tête. Depuis quatre jours, elle se trouvait dans une grotte glacée, sans rien à boire ni à manger, et un tueur rôdait dans les couloirs. S’ils partaient sans elle, elle ne survivrait pas.
Les deux Paladins n’avaient rien pu faire pour son père et ses oncles. Ils devaient au moins essayer de la sauver, elle.
Alkion retourna au corps de Rhôlj.
- Nous n’avons aucune piste, mais lui en avait une, semble-t-il. Sinon, il serait allé chercher de l’aide au lieu de s’enfoncer au hasard dans les souterrains. La question est : qu’est-ce qui le guidait ?
Pris d’une inspiration soudaine, il mit ses mains en porte-voix et lança :
- Ana !
Son appel résonna longuement dans les couloirs de glace. Quand enfin il s’éteignit, le Paladin attendit une réponse.
Qui ne vint pas.
- Ana ! cria-t-il à nouveau.
Il répéta cinq fois son appel. Si la fillette dormait, il espérait parvenir à la réveiller. Mais elle ne se manifesta pas.
Olaf poussa un long soupir teinté d’amertume.
- Elle doit être morte elle aussi. Nous arrivons beaucoup trop tard…
Mais à peine avait-il terminé sa phrase qu’un son leur parvint, très faible.
Un très léger murmure, à peine audible.
Les deux Paladins se figèrent, l’oreille tendue.
- Je suis là !
La voix était plus nette, à présent. Elle provenait du couloir où avait voulu s’engager Rhôlj.
Olaf sentit son cœur se réchauffer. Tout n’était pas perdu !
- Nous arrivons ! hurla Alkion.
Et les deux Paladins reprirent leur progression.

:)

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 23 juillet 2008 à 14:14:18

J'étais presque sûr qu'il se passerait quelque chose dans ce goût là... :p Bref, le récit s'accélère, et en plus du mystère de ce souterrain, on se retrouve désormais avec un tueur, peut-être inhumain, qui se prête à mon avis fort bien dans ce labyrinthe à une traque... où les paladins risquent bien de ne pas être les chasseurs.
Et bravo pour tes résultats, vraiment, je m'incline.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
23 juillet 2008 à 14:17:30

Réaction à la première nouvelle : OMGWTFBBQ! :ouch: :ouch2: :ouch:

Réaction à la seconde : Cool! Mais c'est toujours trop court. :noel:
Sweet? :noel:

SkySinks
SkySinks
Niveau 9
23 juillet 2008 à 14:25:02

T'es que cinquième? On parlait de toi comme un gars sur-balèze en cours... J'suis déçu :(

Blague, m'voyez :noel: Félicitation, mon p'tit pote :o))

Pour la nouvelle, c'est toujours aussi prenant. Je laisse les éloges de ton texte aux autres et demande juste la suite :)

Moicesmoi
Moicesmoi
Niveau 10
23 juillet 2008 à 14:26:59

Félicitations pour tes résultats.
Pour le récit, question style, fluide et tout, mais toujours avec des répétitions et des lourdeurs. Côté scénario... Bof, assez prévisible jusque-là, mais j'attends de voir comment ça évolue.

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
23 juillet 2008 à 14:37:08

arhh, elle est ou la suite :snif2:
ça y est, je suis addict à kaim :fou:

Grhyll
Grhyll
Niveau 7
23 juillet 2008 à 14:38:19

5° '_' Eh bien... il en faut bien ^^' Veinard, être payé pour ses études...

Pour le texte, c'est toujours aussi agréable à lire ^^

Ostramus
Ostramus
Niveau 33
23 juillet 2008 à 14:43:54

C'est étrange l'impression que me donne ton texte. En premier lieu, j'aurais plus pensé à un ancien peuple vivant là, reclu, dont il ne resterait que quelques représentants, ou alors un ultime gardien genre fantôme ou démon.
Mais en fait, ton palais des glaces me fait plus penser à une prison. Oui, on dirait le mythe du Minotaure revisité. Une prison de glace pour un monstre mythique, profondément creusé dans la montagne pour éviter que nul n'y entre, et que rien n'en sorte.

Deux trois phrases m'ont semblé pas très bien tournée, mais sinon le reste est très bon. L'ambiance manque peut-être un peu de mordant, quoique le suspense viendra croissant peut-être.
J'ai trouvé une chose stupide, il trouve des cadavres pour en conclure qu'il y a quelqu'un d'autre, ou autre chose dans les lieux. Et au lieu de partir en douce, ils hurlent dans les galeries. Pour des paladins noirs, je ne trouve pas ça très futé, même si cela leur permet d'avoir une réponse. Quand on est seul dans une forêt, la dernière chose à faire c'est de se faire remarquer.

Entre nous, je sais pas pourquoi, mais vu le titre, ce qui a tué les alman a du prendre la fille pour attirer d'autres intrus, et les zigouiller tranquillement. Je ne vois pas d'autre explication, car une petite fille qui survint là où une groupe d'homme a échoué, c'est louche (ou alors tu la joues à la Alien2 avec la petite fille qui a réussi à échapper aux monstres). C'est surtout louche de voir que les paladins noirs n'ont pas fait ce genre de rapprochement.

Bon texte cela dit, l'action nous dévore. :)

PS ; le suspense est un peu à plat vu qu'on sait qu'Olaf et Alkion vont forcément survivre puisqu'ils apparaissent plus tard dans le cycle d'Alexandre.

iron66
iron66
Niveau 6
23 juillet 2008 à 15:05:46

5eme à l'X ? Grands Dieux ! Je te venerait déjà pour tes texte mais là !! Je m'incline...
J'en reviens toujours pas...

Sinon je texte, ben rien à dire, toujours aussi prennant !

5eme a polytechnique... notre rêve à tous, nous taupins !

TheBoss1606
TheBoss1606
Niveau 10
24 juillet 2008 à 01:39:19

J'ai lu le début.
Ta manière d'écrire à le don d'allier facilité de lecture et qualité d'écriture. Impeccable.
Niveau scénar', c'est pour l'instant léger, mais je lirai la suite le plus tôt possible savoir ce qui arrive à nos deux compagnons Paladins. :)

Zangetsu05
Zangetsu05
Niveau 10
24 juillet 2008 à 03:06:33

Lu, et avec plaisir, comme d'habitude, quoi.
Az', ça te dirait de former un club de commentateurs inutiles ?

Et merci, au fait. :-)

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