'lut!
Bon, un peu marre des longues intros à la con, donc pour une fois je serai sobre.
Juste dire que ce titre est pas forcément définitif : j'en suis pas vraiment satisfait, mais j'ai pas trouvé mieux, donc forcément...
(sachant que j'ai déjà utilisé "Monstres" qui aurait aussi pu convenir ici)
Ah, et aussi : même s'il n'est pas raconté dans les moindres détails, un des passages du texte peut être considéré comme choquant. Enfin, ici, comme on est une population de cinglés, ça devrait pas concerner grand-monde...
Bref, sur ce, j'vous laisse avec ce bô pavé écrit d'une traite. (ça f'sait longtemps qu'j'avais pas pu rester presque trois heures comme ça, à faire quasiment qu'écrire. Presque 23.000 caractères quand même
)
Enjoy!
(ili niet)
Au nom de quelle humanité ?
Je marche, lentement, laissant mon regard vide planer sur cette immense couche de béton. Il n’y a rien d’autre à voir par ici : le ciel, noir comme à son accoutumée, nous rappelle le monde dans lequel nous, enfin dans lequel je vis. La plupart des vieux buildings manquent de s’écrouler, certains réussissent d’ailleurs. Et entre les buildings et le sol uniforme, il y a…rien. Le vide, le néant. Il n’y a presque plus personne dans ces bas-quartiers. Les gens normaux sont soit très loin depuis une ou deux éternités, soit endormis pour autant de temps. Depuis Leur arrivée, le Monde a bien changé, accroissant le fossé entre les « pauvres » et les « riches », qui sont devenus les « condamnés » et les « vivants », ou « en sursis » pour les pessimistes.
Ils nous sont tombés dessus par hasard, sans que l’on ne comprenne trop pourquoi. Un jour, on a retrouvé un cadavre mutilé, une expression d’horreur pure peinte sur le visage. Le lendemain, une femme était transformée en soupe informe, avec juste quelques restes encore solides. Les gens ont commencé à parler, à trop parler, de plus en plus souvent et de plus en plus fort. Au début, on a cru à un psychopathe qui voudrait entrer dans la légende, se faire passer pour un démon ou n’importe quelle créature de cauchemar. C’est vrai que ça doit être assez jouissif, sur les bords. Alors les flics ont commencé à réagir : ils ont coffré trois types sans raison, histoire de faire croire à la populace que les monstres étaient partis. Il paraît qu’ils n’ont pas été tendres avec leurs nouveaux jouets…certains passants ont parlé de cris de douleur horribles, suivis de hurlements proprement inhumains…de rage d’abord, puis de douleur. Le lendemain, on retrouvait un commissariat tapissé de sang et les cadavres éventrés de deux prisonniers. Mais l’image la plus terrible, celle qui marqua tous les esprits, fut cette vision de trois policiers éviscérés, comme des poissons. C’est à ce moment qu’on a compris que les humains n’étaient plus seuls. Une créature quelconque rôdait dans notre belle ville, et avait décidé de massacrer ses habitants.
Une semaine plus tard, on a entendu parler d’évènements semblables dans la capitale. Puis dans le monde. On aurait dit qu’une chaîne s’était brisée, qu’une des lois fondamentales de notre monde avait été abrogée par le Diable pour faire souffrir ces abrutis d’humains. Très rapidement, les nouveaux aristocrates ont profité de la situation pour créer de gigantesques centre-ville blindés, laissant la majorité de la population dans des quartiers sans défense. La police a déserté les quartiers pauvres, ne défendant que ces nouveaux petits rois. Voilà pourquoi nous sommes les « condamnés » : peu importe quand, nous mourrons tous, à moins de trouver un moyen miraculeux pour rentrer chez ceux dont la vie importe.
Aujourd’hui, le ciel est plus noir encore que d’habitude. Je n’aime pas jouer les devins, mais je dois avouer que ces derniers temps, les signes mystiques m’ont bien aidé à survivre. Peut-être est-ce juste mon intuition, en réalité. Toujours est-il que cet air lourd, cette lumière absente et cet infâme parfum de mort nouent mon estomac alors que j’approche du bâtiment miteux qui nous sert de mairie. Autrefois, c’était sûrement une belle bâtisse : plutôt haute, en belle pierre, de riches gravures sur l’entrée…sa déchéance a de quoi révolter. Mais de nos jours, c’est surtout le seul bâtiment un tant soit peu peuplé, surtout aujourd’hui : c’est le jour de la distribution de nourriture. Même parmi les protégés, il y en a encore qui pensent à nous et qui font livrer de quoi nous faire survivre. Il y a même parfois des armes, pour ceux qui voudraient s’auto-proclamer défenseurs des opprimés. M’est avis qu’ils nous regardent surtout à travers un aquarium…et il n’y aurait plus de spectacle si nous venions à tous mourir…si ?
Mais, malgré mon immense joie à l’idée de survivre une semaine de plus, je ne peux m’empêcher de ressentir une certaine appréhension lorsque je franchis le seuil de la porte principale.
Et le ciel avait raison.
— Pi…pitié ! Nous faites pas de mal ! On fera tout ce que vous voudrez !
— Cela m’étonnerait…
La voix me glace le sang. Ce son aigu, désincarné, semble poussé par une âme damnée. Cette voix écorchée, inhumaine, traduit une douleur que je suis incapable d’imaginer. On dirait la voix d’un avatar de la vengeance.
Pourtant, pour une raison inconnue, j’entre. J’entre et je me fige sur place. C’est la première fois que j’en vois une : normalement, elles ne laissent aucun témoin. La créature n’a rien d’humain, c’est clair : une mousse rouge sang recouvre son corps, indiscernable sous cette couche. De nombreux pieux rougeâtres sortent de partout, comme s’ils perforaient sa chair. De dos, je devine ce qui ressemble à des ailes meurtries, ne pouvant certainement pas voler. Malgré sa laideur apparente, quelque chose dans cette monstruosité m’interpelle. Devant elle, au loin, j’aperçois une foule apeurée. Belle prise en effet que ces dizaines de personnes. Bon jour, bonne heure : le massacre promet d’être sanglant. Certains sont recroquevillés sur eux-mêmes dans une position de vaine protection, d’autres, à genoux, prient un Dieu qui ne viendra pas les sauver. Les plus pathétiques rampent devant la créature, implorant un pardon qu’elle ne semble pas prête à accorder. Soudain, un homme se lève, brandit un revolver et braille :
— Bon, ça suffit maintenant. Casse-toi et mon père te laissera peut-être chasser quelques misérables bâtards. Les Hommes en Noir ne pardonnent pas, chienne.
Les Hommes en Noir, c’est la seconde preuve de l’intérêt des haut placés pour notre vie. C’est une unité de prisonniers, d’anciens légionnaires sociopathes et d’autres malades mentaux qui traque les Créatures chez nous. En échange de leurs trophées, on les laisse vivre, et certains le font même par plaisir. Intégrer les Hommes en Noir, c’est le meilleur moyen pour un assoiffé de sang de passer pour un héros tout en perpétuant quelques massacres. Le père de ce jeune homme bien habillé et prétentieux en ferait donc partie ? Il a dû terriblement le décevoir pour être forcé de rester ici. Ou alors est-il venu se moquer de nous ? Ce n’est pas impossible.
Il n’aura cependant pas l’occasion de le faire. Sa main armée tombe par terre dans une gerbe de sang tandis que, de l’autre, il tient son moignon. Relevant la tête, il se prépare à beugler une insulte pour oublier la douleur au moment où un pieu gigantesque vient le perforer de part en part. Il ne peut rien faire, la Créature semble évoluer dans un monde où le temps ne s’écoule pas de la même manière. Il n’a même pas eu le temps de crier qu’il baigne dans ses propres entrailles.
Laissant le corps à l’agonie, elle se rapproche d’une foule de plus en plus paniquée, probablement pour son plus grand bonheur.
Alors, tandis que ma raison m’ordonne de détaler, un quelconque instinct guerrier stupide me fait ouvrir ma grande gueule :
— Regarde par ici, plutôt.
Contre toute attente, elle se retourne. Sa tête, contrairement au reste de son corps, semble presque humaine. Le teint est tout aussi rouge que le reste, la peau semble comme mise à vif par une torture quelconque, mais les formes rappellent celles d’un être humain.
Lentement, elle se rapproche de moi. Le sol vibre sous ses pas, et je sens qu’elle essaie de me terroriser. Pourtant, mon estomac s’est dénoué et, en vérité, je n’ai plus l’impression de la craindre. Peut-être ai-je toujours voulu mourir ?
A quelques mètres, elle s’arrête et, de sa voix démoniaque, me demande :
— Que veux-tu, humain… ?
Elle prononce ce mot avec dégoût. Derrière elle, tous les yeux sont rivés sur l’abruti qui défie celle qui a osé tuer le fils d’un des Hommes en Noir.
Avant de répondre, je prends le temps d’observer son regards, maintenant qu’elle est plus proche de moi. Ses yeux jaunes pétillent, comme si…comme s’ils cachaient une âme. Même, en plongeant mon regard dans le sien, en soutenant ses menaces, je parviens à gratter légèrement la carapace monstrueuse. Et, au-delà de l’insoutenable haine, au-delà de cette colère noire qui broie les humains comme des fétus de paille, je vois une douleur indicible. Cachée dans les tréfonds du « monstre » se trouve une âme en peine, une créature profondément blessée par je ne sais quoi qui a transformé cette blessure en force.
— Tu as…une âme, réussis-je à articuler faiblement en guise de réponse.
La surprise se peint sur son visage, qui semble encore se durcir après mes paroles. Ses yeux rétrécissent, je vois bien qu’elle tente de cacher ce que j’ai vu. Soudain, sans prévenir, elle hurle un « Assez ! », avant de murmurer quelque chose que je ne comprends pas, quelque chose qui a un rapport avec la mort, sûrement la mienne. Je ne suis déjà plus de ce monde.
Le tonnerre gronde. Je me dépêche de rentrer chez moi. D’après mes sensations, je suis dans un corps plutôt faible, et jeune. Une fillette je dirais. Elle court sous la pluie, elle se dépêche de rentrer. Elle n’aime pas être mouillée, et puis je sens qu’elle a envie de rejoindre sa mère. Elle est pleine d’illusions, ce qui est normal à son âge. Soudain, je la sens trébucher. Elle tombe sur le sol sale, s’écorche les mains en tentant de se protéger. Pourquoi est-elle tombée ? La réponse vient des deux côtés, de derrière les sombres bâtisses qui bordent la route : d’autres enfants, au regard malfaisant, s’approchent. Ils ont dû tendre un fil de nylon, mais elle ne le comprend pas. La petite fille, apeurée, regarde à gauche, à droite, ne comprenant pas. D’autres encore viennent par devant, toute fuite est impossible.
— Qu…qu’est-ce que vous faites ?
Aucune réponse. Le premier des gamins, un gros garçon, se contente de l’envoyer par terre d’un coup de batte de baseball. J’ai mal. Mes nerfs, non-habitués à cela, sont en feu. Mais d’autres coups pleuvent. Je sens des pointes s’enfoncer dans mes petites jambes : l’un des « enfants » a une chaussure avec des sortes de crampons. Je crie de plus belle, mais eux rigolent. Je suis ballottée : un coup de pied m’envoie d’un côté, et la seconde suivante je suis prise par le cou pour être jetée à nouveau. Qu’ai-je fait ? Rien.
Cela dure de longues minutes. Mon corps, meurtri, est sur le point de lâcher lorsque le gros porc lâche on « Allez on se casse », mettant fin à la séance de torture.
Mais je sais qu’un jour, ils paieront. Tous.
Puis un voile noir.
Un fracas. Une porte que l’on défonce, je crois. Il fait sombre dans la maison (une maison ?), j’ai l’impression que le courant a été coupé. Un orage peut-être ? Un cambriolage ? Après quelques minutes d’attente, je descends (une maison à plusieurs étages ?) pour aller voir ce qui se passe. D’après ce que je ressens, je dois désormais avoir une douzaine d’années, et les blessures ont fini par cicatriser. Nul n’en a jamais rien su, pas même mes parents. C’est le bordel, j’entends des cris étouffés. Un coup de feu : un cri m’échappe et mes jambes accélèrent. Lorsque j’arrive aux dernières marches, je vois un spectacle terrible : mon père est étendu sur le sol, baignant dans son sang. Son visage reflète son incompréhension, sa surprise lorsqu’il a compris qu’il allait mourir pour…rien. Je relève la tête, et mon esprit crie lorsque je reconnais ces uniformes : ce sont les Hommes en Noir. La gamine, elle, ne les connaît pas et les regarde, médusée, entailler la peau de sa mère qui se débat comme une damnée.
— Laissez ma maman tranquille…tente-elle de crier, rattrapée par ses sanglots.
Les hommes prennent alors conscience de sa présence, les torches se tournent vers elle, l’aveuglant.
De mon regard embué, je les voir sourire. Ils ont une idée tordue. Ce sont des démons. L’un d’eux, un homme gigantesque dont je ne vois pas le visage, me prend la main. Je résiste, je sens que je ne dois pas, mais je suis trop faible. Il me donne un couteau, et m’emmène vers ma mère, qui est ligotée à demie-nue sur une chaise. Ses yeux sont rouges d’avoir trop pleuré, c’est tout ce que je vois. Je vois aussi ma main, forcée de se rapprocher de son ventre dénudé. Je pleure, je hurle, je me débats, mais je ne peux rien faire : lentement, la lame perfore le corps de « maman », qui crie sa douleur, amplifiant la mienne. Et je frappe, encore et encore. Le ventre s’ouvre, je suis pleine de sang, et maman n’est toujours pas morte ! Son corps est encore secoué de spasmes, de sanglots. Alors, pour la dernière fois, ma main s’abaisse. La lame perfore la gorge dans une gerbe rougeâtre, et je m’effondre sur le sol. Le choc est tel que je sens mon véritable corps lâcher prise en même temps.
L’un des hommes coupe alors les liens qui retenaient ma mère, et pousse le cadavre d’un coup de pied. Je me sens à nouveau emportée, et je remplace bientôt maman sur la chaise. Je suis comme elle : mes yeux sont rougis par les pleurs, et c’est un flot continuel qui s’écoule sur mes joues. Que peuvent-ils faire de pire que me forcer à tuer ma propre mère ? J’ai ma réponse lorsque l’un d’eux, qui semble être le chef puisqu’il aboie de temps en temps des ordres aux autres, déboutonne sa ceinture. Bien sûr. Un haut-le-cœur prend mon esprit alors que je comprends l’étendue de la monstruosité de ces créatures.
Je peux sentir son haleine fétide. Je l’entends susurrer des mots imprononçables. Et puis je ferme les yeux, ne pouvant supporter cette scène. Je le sens à l’intérieur de moi, j’entends ses cris et ses gémissements de plaisir. Je les sens tous, qui souillent chacun leur tour le corps de cette pauvre fille.
Et puis ils s’en vont, laissant là cette âme morte dans un corps encore vivant.
Et là, je sens la Haine prendre forme. Toute ma vision s’obscurcit, je ne vois plus que des flammes. Tout ce monde maudit part en fumée, aucune de ces créatures abjectes ne pourra y survivre. Tout doit périr. Il n’y a plus que la Mort qui puisse sauver ce monde de l’inhumanité humaine.
Haletant, je reprends connaissance dans le monde réel. Je sens un goût désagréable dans ma bouche, et je comprends que j’ai failli vomir. Je me sens en effet très mal. J’ai du mal à faire la part des choses, du mal à sortir de cette Haine si vivace qui m’animait il y a encore quelques secondes. Puis je me souviens : ce regard de braise, cette créature étrange. Elle se tient là, devant moi mais plus loin que la dernière fois, attendant probablement ma réaction. Devant son absence, elle prend la parole :
— Ils méritent de mourir ! Tous !
Elle hurle de rage. Je dois réagir si je veux pouvoir servir à quelque chose. Je fais un pas, deux, trois vers elle. Elle détourne le regard, je le sens. Elle ne veut pas avoir à soutenir mes yeux, elle ne veut peut-être pas voir son reflet à l’intérieur.
— Regarde !
J’accélère le pas. Plus que quelques mètres. J’arrive enfin à son niveau. Elle tremble, elle ne comprend pas ma réaction. Moi non plus, en vérité, mais je ne m’embarrasse pas de ce détail. Je plonge mon regard dans le sien. Cette fois, c’est à moi d’envoyer mes souvenirs si je veux qu’elle ait la moindre chance de s’en sortir.
La Haine. Encore et toujours. Immédiatement, elle m’emporte. Je résiste. Cette fois je suis le maître du jeu, c’est à mon tour d’envoyer des souvenirs. Malgré la pauvreté de ce monde, je tente de penser à quelque chose de joyeux. Si ma propre vie ne vaut rien, pourquoi tenter celle des autres ? Je prends un souvenir quelques années en arrière, alors que je vivais encore dans une certaine insouciance.
Je crie. Je lève les bras. Nous sommes dans une fête foraine, dans un manège à sensations comme j’aime tant. Comme tous les adolescents. Je crie. Je hurle ma joie d’être en vie, tout simplement. Le bonheur de sentir mon corps vivre, sans artifice comme l’alcool ou le pétard. Je n’ai pas besoin de cela. Je suis en vie, c’est tout. Et ça me suffit à être heureux, pour le moment. Qu’en dis-tu, Créature ? N’as-tu jamais vécu cela, toi ? Parmi tous ces souvenirs atroces que tu m’as montré, n’y en a-t-il pas un seul qui ne soit une définition de la joie, tout simplement ? Passons à un autre souvenir.
Autour de moi il n’y a pratiquement que de l’herbe. Je suis bien ici. Mais je me sens bien surtout grâce à la présence de la somptueuse créature de rêve qui est allongée à mes côtés. Cela doit faire plusieurs heures que nous sommes là, côte à côte, main dans la main, sa chevelure blonde venant effleurer ma tête. Je sens la Créature énervée par ces bons sentiments. Alors je laisse couler le souvenir. Je la laisse vivre nos baisers fougueux, nos échanges de regards et de sourires. Il n’y a pas besoin de plus que cela pour que je revive ce doux moment.
Ô Créature, n’as-tu jamais vécu cela ? Ou au moins rêvé de le vivre ? Je suis persuadé que si. Au fond de toi, tu aimerais être à la place de cette fille à mes côtés, tu aimerais que je te regarde comme je la regarde. Ne le nie pas, Créature, et viens avec moi !
Les larmes ont tracé un sillon sur mes joues. Je suis seul. Elle est morte. Ma vie est morte, écrasée par ce connard d’alcoolique. La lame de rasoir est mon seul salut. Je l’approche de mon bras, lentement. Je continue de pleurer, mais la lame avance, centimètre par centimètre.
Et puis la porte s’ouvre. C’est ma sœur, je crois. J’ai du mal à la reconnaître, sans ses kilos de maquillage. Elle ne me laisse pas parler, elle m’enlace. Elle qui m’a toujours détesté. Du moins l’ai-je cru. A ce moment elle me prend dans ses bras, et mes larmes trouvent enfin une épaule. Je ne cherche pas à parler, à réfléchir : c’est inutile. Elle passera de longues heures avec moi s’il le faut, mais une chose est sûre : elle ne me laissera pas retoucher à cette damnée lame. Jamais.
Vois-tu, Créature, même dans la peine on peut trouver du bonheur. C’est dans la peine que j’ai découvert de nombreuses choses. La peine n’engendre pas forcément la haine. Ce chauffard s’est repenti, est devenu un homme bien, et est mort dignement quelques temps plus tard. Aurais-je dû le tuer de mes propres mains ? Je ne le crois pas.
Nous revenons à la réalité. C’est le moment de vérité. Elle n’a pas bougé, tentant de comprendre ce que je lui envoyais. Dans son regard, la Haine perd du terrain.
— Tu m’as montré des atrocités. Mais l’humain n’est pas que cela. Tu as choisi la voie de la destruction : mais à quoi cela sert-il ? A rien. Ce monde est pourri, tu dis ? Alors viens, viens avec moi et nous le changerons afin que dans dix ans, plus personne ne puisse penser cela. Ta Haine ne résout rien.
— Je…
La voix se transforme, peu à peu, et je mesure mes paroles. J’ai agi par instinct. Je ne suis pas du genre à défendre l’humanité, d’habitude. Peut-être est-ce le fait d’avoir replongé dans ces souvenirs qui m’a donné envie de ne pas voir tout ceci disparaître. Peut-être ai-je volontairement occulté ce monde noir pour ne voir que ses quelques rares bons côtés ? Ou alors ai-je été dans le vrai pour la première fois de ma vie ?
Sous mes yeux médusés, la Créature se transforme. Les pieux qui la transperçaient se rétractent, retournant dans les Enfers d’où ils n’auraient jamais dû s’échapper. Elle redevient une créature humaine. Elle est belle, très belle, elle me rappelle mon premier amour. Etait-elle comme cela avant de se transformer, ou a-t-elle voulu ressembler à ce qu’elle a trouvé de plus beau ?
Une larme de bonheur perle à mes yeux. J’ai transformé un monstre en être humain. J’ai montré la victoire de l’Espoir sur la Haine. Cela ne me ressemble pas, mais j’en suis heureux malgré le monde en décomposition qui m’entoure.
— Crève !
Un cinglé se jette sur elle. Je n’ai pas le temps de bouger. Elle non plus, elle ne s’est pas encore remise de son humanité, elle est en train de revivre. Il la poignarde. Il a un regard de fou, un regard digne d’un Homme Noir. Il fait partie de ceux qui rampaient, salopards hypocrites. Dès que la puissance disparaît, ils laissent libre cours à leur méchanceté. Je me crispe.
Le reste de la foule ne l’arrête pas. Au contraire. Hommes, femmes, enfants, tout le monde se jette sur la fille désormais démunie. Elle est rouée de coups, et je ne peux rien faire.
— Arrêtez ! Bordel, arrêtez !
Je cours vers eux malgré tout. Il faut que ce massacre cesse. Je ne l’entends plus. Elle doit pleurer en silence, ayant déjà vu par le passé que les cris de douleur ne font qu’augmenter le plaisir des tortionnaires. Un homme se retourne vers moi et me jette par terre sans ménagement. Je les ai sauvés, et ils l’ont déjà oublié. Ce ne sont qu’une bande de sauvages.
C’est quand ma vision se voile et que je les imagine tous morts que je comprends. Ils le méritent.
Au nom de quelle humanité ai-je refusé à cette créature une juste vengeance ? Au nom de quels principes ? Quelle humanité pouvez-vous voir dans ce déchaînement de bestialité ? Maintenant que personne ne les menace, ils laissent libre cours à leurs instincts. Leur cruauté est sans limite, leur sadisme insupportable. Est-ce ça, l’Humanité qui se cache derrière mes belles paroles ? J’en ai un haut-le-cœur, je manque de défaillir tellement mes propos me dégoûtent. Au nom de quelle humanité ai-je osé m’interposer ?
Je comprends alors. Il n’y a plus que la Mort. Sans raison apparente, je hurle de douleur. Des pieux me transpercent le corps de part en part, rougissent de mon sang. Ils l’absorbent. Ce corps ne vaut plus rien, je refuse d’être assimilé à ces animaux. Moins je leur ressemblerai, mieux ce sera. Que tout ce sang pourri aille sur ces pieux, et qu’il y reste pour l’éternité ! Qu’ils crèvent ! Tous ! La Haine libèrera ce monde !
— Regardez-moi, chiens !
Ma voix s’est déformée. Je suis méconnaissable. Je ne suis plus humain. J’en suis bien heureux. Les humains ne méritent pas de vivre. Cette bande de porcs vient d’implorer une mort lente et douloureuse, et je vais lui offrir.
Lentement, je me relève et marche vers eux. Ils s’éloignent, montrant le corps martyrisé sur lequel ils s’acharnaient. Elle est morte, depuis plusieurs minutes. Elle n’a rien dit, elle a juste laissé perler une larme. Une larme de regret. Ma rage s’intensifie. Je les vois brûler alors même que je n’ai encore rien fait. Je ne peux plus supporter leur présence. Qu’ils crèvent ! Qu’ils crèvent, bordel !
Leur regard est plein de terreur. Leurs yeux se sont rétrécis. Ils pensent à m’implorer. Bande de sous-merdes hypocrites. Sans aucun honneur. Comment osez-vous vivre, comment osez-vous fouler ce monde de vos pas purulents ?
Crevez !
La Haine a entendu mon appel. Ma volonté a été assez forte, enfin. Je les transperce avec mes pieux, je les transperce avec mon sang, avec leur propre sang maudit. Je les force à regarder leur création. Ils baignent dans leur liquide vital. Il n’y a nul autre endroit pour eux que celui-ci. Ils doivent tous rester ici, pourrir sur place. Ils n’ont plus qu’à être rongés par les vers comme l’est leur âme depuis trop longtemps.
Je le sais désormais. Seule la Mort délivrera les humains et, peut-être, leur fera comprendre ce qu’ils sont. Alors seulement je m’arrêterai de les pourchasser, de les massacrer, de les abattre à la chaîne comme les animaux qu’ils sont.
![]()
Merci de ta lecture, et content que tu aies aimé. Oui, j'ai pas mal changé depuis le temps. ![]()
Pour "Monstres"...ben je l'ai déjà utilisé, d'ailleurs tu peux aller voir le topic, d'après Neg' c'est un de mes meilleurs textes (et il aime pas trop ce que je fais d'habitude, ma misanthropie lui sort de la tête je crois^^)
Mais ch'uis preneur si t'as des suggestions.
Faut juste que ça parle d'humanité et/ou de "monstres", tu l'auras d'viné.^^
Sinon, pour les coquilles :
-Ben je savais pas trop comment l'accorder...je crois que j'ai mis "centre-villes" au début, et j'ai changé je sais pas trop pourquoi. Schizo, moi? Nonnnn.... ![]()
-P'têt bien, en effet.
-Mouais...là non par contre, j'aime bien c'te phrase^^ Puis elle dévoile quelques trucs en filigrane, donc c'est pas mal, et ça correspond bien. Au cas où ce soit pas clair (parce que niveau descriptions il a encore du progrès à faire, le Az'), la voix que j'avais en tête est typiquement celle d'un chanteur de black metal. Et je trouve que ça correspond bien à l'idée que je me fais d'un avatar de vengeance misanthrope. ![]()
-Grosse coquille à la con, en effet. ![]()
-Ch'ais pas, y m'semblait l'avoir déjà lu quelque part mais j'avoue que ça sonne un peu boîteux...
-"damnée lame" est peut-être moche, mais j'aime bien utiliser ce mot "damné" et là je trouve qu'il colle plutôt bien. ![]()
-Word m'a repris quand j'ai voulu mettre un 'd', donc j'l'ai écouté pour une fois. Et le site "Le Conjugueur" lui donne raison. ![]()
Bahn ça fait peu de coquilles quand même, ch'uis content^^ Enfin, après, c'est pas comme si c'était l'biquiou qu'avait lu.
En tout cas, content d'avoir un lecteur si rapidement -j'ai d'la chance d'avoir l'idée d'ce texte à un moment où tu passes et lis quasiment tous les textes j'ai l'impression^^-, et surtout content qu't'aies apprécié, parce que vu que j'ai écrit ce texte d'une traite (comme "Monstres" d'ailleurs), j'savais vraiment pas si ça allait plaire. Et en plus, je crois que t'aimais pas trop c'que j'faisais avant.
Ouais, en fait, c'est qui m'a changé pour ce texte, c'est de trouver un certain style. Rien de bien marquant, mais déjà beaucoup moins plats que dans certains de tes textes précédents, où c'était plus en enchainements de phrases autours d'un thème, sans odeur ni saveur.
Merci, ça fait toujours plaisir à lire. ![]()
Le texte est agréable à lire, et pour une fois on a une créature un peu moins déshumanisée que tes autres textes.
On retrouve toujours l'ambiance sombre de tes nouvelles
J'ai pas trop lu les dernières, attendant toujours la fin de tes quelques fics, mais pour ma part j'ai toujours apprécié ton style, et il évolue bien.
Quelle surprise!
(faites pas gaffe les autres)
Merci d'avoir lu et commenté, et content qu't'aies apprécié en tout cas. ![]()
J'ai tout simplement adoré ton texte. L'idée qui le sous-tend est formidablement bien trouvée et l'écriture qui l'accompagne est fluide et agréable.
Juste pour que mon message ne serve pas à rien ^^ je me forcerai à émettre une critique : ça manque de descriptions. A part les pics, on ne sait même pas à quoi ressemble la créature.
Très, très beau texte à part ça et je le dis d'autant ingénument que je n'ai pas lu tes autres récits. ![]()
Eh bien, merci d'avoir lu, et content que tu sois si enthousiaste. ![]()
Pour les descriptions...c'est vrai que j'étais peu inspiré là-dessus, mais je pense que t'exagères un peu quand même.
En plus, c'est un mec cultivé (plus que moi du moins, mais c'est pas dur) qui dit ça, alors que d'habitude, les gens cultivés et intelligents, y z'aiment pas c'que j'fais. ![]()
Merci azerty d'écrire un texte aussi, aussi, ... vraie
![]()
La chute est magnifique de sa noirceure et de sa fatalité. C'est ellemnt bien tourné (m'enfin cest quand même au grand, au terrible Az' qui est accesoirement écrivain que je m'adresse
Rien à dire, porté par le flot des mots, juste frustré que ce ne soit qu'une nouvell est pas un texte beaucoup, beaucoup plus long
à toi Az', car même si tu écris moins, ta qualité de texte est prodihieuse par sa qualité
![]()
Eh ben merci beaucoup, même si je dirais que t'en fais un peu trop quand même. ![]()
M'enfin ça fait toujours plaisir.^^
Le problème, c'est qu'après je vais avoir peur de poster d'autres textes. ![]()
meuh non
![]()
on te brulera vif sinon
![]()
Bon allez, je tente un upounet. ![]()
Ben tu fais bien :D (Ou mal suivant la manière dont tu vas prendre mon commentaire...)
Je commence par le positif : J'ai apprécié la lecture du texte ^^ Au niveau de la façon dont ça avance, au niveau des descriptions choisies, des thèmes, de l'ambiance, j'ai trouvé ça chouette, c'est pour ça que j'ai lu jusqu'au bout.
Après, par contre... Ben pour tout t'avouer, sans vouloir paraître trop difficile ou je ne sais quoi, ben le style euh... Après la lecture du premier paragraphe, je suis allé voir la date à laquelle ça avait été posté, histoire de voir si ce n'était pas une vieille fic qui aurait été remontée...
Bon j'ai pas tout relevé, je le faisais dans le temps mais à présent j'ai un peu la flemme, ceci dit je trouve que pas mal de phrases sont assez maladroites, la façon d'aborder certains passages de l'histoire sont très clichés et/ou peu réalistes, bref sur ce plan j'ai été pas mal déçu...
Si tu le souhaites je pourrai te citer quelques passages qui m'ont un peu choquée, afin que peut-être tu voies mieux ce dont je parle...
Merci d'avoir lu.
Et ouais je suis pas contre que tu cites les passages qui t'ont choquée, vu que t'es quand même la première à pas aimer ce texte. ![]()
Ouais, en fait j'aurais pas dû upper, histoire de rester dans mes illusions. ![]()
Mh bon alors j'espère que tu ne prendras pas mal ce que je vais dire, je tiens quand même à rappeler que jusque là tu n'as eu que des retours positifs, et qu'en aucun cas ma parole n'est parole d'évangile (bon en principe tout le monde s'en doute mais je précise). Plutôt que de citer chaque passage qui m'a fait tiquer (ce qui, tu m'en excuseras, serait trop long >_<), je vais juste te montrer le genre de formulations qui coince un peu. Bon deuxième précision, je suis assez difficile ici, je signale des trucs que je laisserais sans doute passer ailleurs.
"le ciel, noir comme à son accoutumée, nous rappelle le monde dans lequel nous, enfin dans lequel je vis"
Par exemple, le "noir comme à son accoutumée" ; c'est pas grand chose, mais je trouve que l'effet de style, donne une certaine vie au ciel, n'a pas grand chose à faire ici... Rien ne justifie cette expression, qui à la base n'est pas adaptée au ciel. Alors après, si y avait eu une métaphore filée, ou bien une plus ample description du ciel visant à le personnifier, pourquoi pas, mais là ça sonne un peu creux.
Deuxième remarque sur cette phrase, le "dans lequel nous, enfin dans lequel je vis." Bon j'imagine que c'est fait exprès, mais ça fait extrêmement oral, comme phrase, pas littéraire du tout, et ça n'est pas vraiment l'ambiance du texte, selon moi. Ici c'est doublement lourd, non seulement à cause du ", enfin" qui fait vraiment rattrapage oral, mais aussi à cause de la répétition de "dans lequel", qui est vraiment inutile dans la fin de la phrase.
"La plupart des vieux buildings manquent de s’écrouler, certains réussissent d’ailleurs."
Presque pareil que comme le ", enfin", ce "d'ailleurs", ça fait vraiment genre tu as commencé une phrase, puis en cours de phrase tu t'es dit que ça serait bien d'ajouter ça et hop tu l'as ajouté. C'est peut-être pour amener un effet un peu cynique, je ne saurais pas trop dire, mais là encore ça me paraît un peu "de trop".
"Et entre les buildings et le sol uniforme, il y a... rien."
Encore cette idée de discours oral. Il y a un gouffre entre le champ lexical utilisé, l'agencement de certains mots, et la manière dont ils sont dits. Ptête que certains aiment, moi je n'accroche pas plus que ça. A l'oral on aurait pu dire "il y a... rien", parce qu'on aurait pas réfléchi à la fin de la phrase, mais à l'écrit ça fait artificiel, à mon sens. (Je fais vraiment la personne chiante, hein, parce que ton choix doit pouvoir se justifier, mais j'explique pourquoi je n'ai pas accroché.) Donc même si ça fait un peu perdre l'idée du "je réfléchis à ma phrase et me rend compte que vraiment il n'y a rien et que c'est la seule fin possible", j'aurais préféré "il n'y a... rien". A l'écrit, il n'y a pas vraiment de suspense, quand on lit le début de la phrase on ne s'attend pas à ce qu'il y ait quelque chose à la fin parce qu'on a déjà vu le "rien" juste après...
"Les gens normaux sont soit très loin depuis une ou deux éternités, soit endormis pour autant de temps."
Le "soit... soit..." est pas du plus bel effet selon moi...
"Depuis Leur arrivée, le Monde a bien changé, accroissant le fossé entre les « pauvres » et les « riches », qui sont devenus les « condamnés » et les « vivants », ou « en sursis » pour les pessimistes."
Là c'est pas la même chose, juste qu'il me semble un "les" supplémentaires avant "« en sursis »" aurait aidé à la compréhension de la phrase.
Bon vàlà je m'arrête là, parce que dans l'ensemble, ça doit quand même pas être loin d'être une histoire de goût, mais au moins c'est dit ![]()
Oui en effet, je pense que c'est principalement une histoire de goût, et à ce titre je suis désolé mais je crains que tu n'aies perdu de ton temps à faire une remarque aussi longue.
Je vais toutefois y répondre, histoire de :
-Je l'ai dit, j'écris en un jet la plupart du temps, je ne réfléchis pas spécialement à ce que je dois mettre, sinon ça dénature le tout et au final je laisse tomber le texte. En l'occurence, je voulais juste signaler discrètement que le ciel est à l'image de son monde. Même si c'est probablement faux -les choses sont déformées par le narrateur-, ça introduit l'ambiance d'éternel automne lourd. En cela, je pense que la formule est un minimum justifiée.
Pour le "enfin", tu as raison, à la relecture ça semble bancal. Faudra je remanie c'te phrase. Idem pour la répétition. (je me demande même comment j'ai pu laisser passer ça^^)
-Là par contre, c'est en effet un de mes "tics" on va dire, et que je n'ai pas spécialement envie de renier. Même s'il y a certains textes, certains passages où je suis obligé de me retenir pour ne pas tout casser, ici j'ai pensé que ça passait quand même. Pour moi, le "d'ailleurs" n'est pas forcément oral, ou alors donne-moi un synonyme qui le soit moins, parce que sinon je le réutiliserai forcément, ne voyant pas comment formuler l'idée autrement.
-Idem, c'est juste que ça me vient comme ça, et même si j'en supprime une partie, il y en a certaines que je n'ai pas envie de supprimer, tout simplement car c'est ce que veut exprimer le personnage : imagine un mec qui s'apprête à faire une description, qui jette un vague regard dans le vide, et qui se rend compte qu'il est entouré de...néant.
Ce n'est pas pour faire un pseudo-suspense, c'est juste que moi, je vois pas comment formuler autrement cette idée.
-Bah c'est une tournure de la langue française, donc je l'utilise...j'avoue que je comprends pas cette remarque.
-Euh je vois pas pourquoi, puisque le deuxième terme entre les guillemets est là pour "remplacer" le premier, moi la compréhension me paraît naturelle. Peut-être parce que je suis l'auteur aussi, c'est vrai.
Moui...je trouve dommage que de tels détails t'aient empêché d'apprécier pleinement le texte. Je l'ai toujours dit : à part dans quelques cas, je n'aime pas m'attarder sur ce genre de détails formels, même si tout le monde (enfin surtout Neg') me répète que c'est l'essence d'un texte. Je suis comme ça, et tant que je serai l'adolescent stupide et borné que je suis, ça restera sûrement comme ça.
L'impression générale est pour moi plus importante que les détails. (après, quand y'a des énormités, des fautes ignobles, des passages complètement ratés...c'est autre chose, ce ne sont plus des "détails")
Mais bon, on en revient au fait que oui, ça dépend des goûts : certaines personnes ne peuvent pas s'empêcher de regarder tous ces détails auxquels je ne fais attention que dans le cas d'une hypothétique correction, dans le cadre d'un concours par exemple.
Donc désolé, mais ouais, je crains que tu ne perdes ton temps avec mes textes si tu es du genre à observer tous les détails...car d'autres auteurs feraient sûrement meilleur usage de tes critiques.
Ceci dit, je suis content que t'aies lu, quand même. ![]()
Arf vui si tu le dis ^^'
En fait je ne fais pas vraiment attention à ces détails, la preuve je l'ai lu jusqu'à la fin parce que j'aimais l'histoire en elle-même, mais après je ne peux pas pour autant en faire abstraction quand je lis un texte, c'est juste comme ça. Ce n'est pas vraiment le genre que je préfère, mais j'ai lu du Proust, du Corneille, des trucs comme ça, et après de telles perles de perfection au niveau des phrases, je ne peux plus ne pas être difficile !
Pour le "d'ailleurs", par exemple, je n'ai pas d'équivalent à proposer, pour moi c'est le concept de la phrase qui est à remanier ^^'
Après pour le "il y a... rien", ce qui me gênait c'était juste le "il y a rien" au lieu du "il n'y a rien".
Le "soit", "soit", ok c'est une expression française, mais "ça déchire le string" aussi c'en est une, et pourtant j'irais pas la placer dans une phase de narration :D
Enfin pour le "et les « vivants », ou « en sursis » pour les pessimistes.", là où j'ai eu du mal à comprendre, c'est une bête question de syntaxe, c'est un peu comme si tu disais (totalement au hasard) "J'ai envie de pêcher ou de gaufres", chaque truc pris indépendamment de l'autre est bon, mais les deux ne sont pas de même nature. Ici il y a "les vivants" et "en sursis", d'où ce que je te proposais, "les vivants" et "les « en sursis »" même si le deuxième groupe n'est pas très élégant (ceci dit les guillemets rattrapent le coup).
En bref, c'est quand même tout un débat... Même si je suis parfaitement d'accord que l'impression globale est plus importante que les détails (sinon, encore une fois, je n'aurais peut-être pas fini le texte, mais l'impression globale m'a séduite), mais mine de rien les détails participent à créer cette ambiance... Pour moi (je ne me base que sur ce texte, même si je t'avais déjà lu j'ai la mémoire courte...), tu as déjà l'ambiance générale, tout ça, et donc ce qu'il te resterait à travailler, ce sont ces détails.
Je ne dis pas de passer des heures à choisir un mot pour une phrase en plein milieu de l'écriture d'un texte, ça dénaturerait tout comme tu dis, mais simplement de s'entraîner à faire attention à ces trucs, pour que ça devienne naturel...
Bref je veux pas passer pour un geek pédant, même si là je dois un peu en avoir l'air, mais vàlà c'était juste mon avis ^^' On peut pas plaire à tout le monde, mais on peut s'efforcer de plaire au maximum ![]()
"Pour le "d'ailleurs", par exemple, je n'ai pas d'équivalent à proposer, pour moi c'est le concept de la phrase qui est à remanier ^^' "
==>Ca reviendrait à demander à quelqu'un d'autre que moi d'écrire mes textes, donc.
Après, certainement qu'en effet ça peut gêner mais...ce style oral fait partie de moi, je pense. Et c'est d'ailleurs pour ça que toutes mes nouvelles ou presque sont à la première personne. Parce qu'à la troisième, ça passerait absolument pas^^
"Après pour le "il y a... rien", ce qui me gênait c'était juste le "il y a rien" au lieu du "il n'y a rien". "
==>Relis ce que j'ai dit : le mec s'apprête à décrire quelque chose, donc il parle à l'affirmatif...mais la seule chose qu'il voit, c'est "rien". C'est, ici, à prendre comme un synonyme de "néant". Enfin je le vois comme ça, mais c'était peut-être pas comme ça dans ma tête au moment où j'ai écrit.
"mais les deux ne sont pas de même nature"
==>Ben là si, justement.
Le terme "en sursis" s'applique également aux "vivants". Moi ça me paraît clair, dit de manière directe, ça donnerait : "Il y a ceux qui sont "vivants", qui sont "en sursis" pour les pessimistes."
Bon, peut-être que ma formulation n'est pas très "normale", mais moi j'ai trouvé ça naturel^^
Et non, tu passes pas pour un "geek pédant", j'te rassure. ![]()
Simplement, les "détails" je n'y fais attention que dans le cadre d'un exercice de style, lorsque je veux vraiment faire un truc très bon au niveau de la forme. Mais comme généralement ça me gave un peu, ça arrive plutôt rarement. ![]()
Ahh ok, j'ai compris ce qui me gênait pour les "en sursis", c'est qu'en fait j'avais lu "condamnés" et "vivants" comme des noms et non comme des adjectifs, désolé ^^' Du coup j'avais deux noms, pis tout à coup un adjectif, c'est pour ça que dans ma tête ça collait pas.
'fin bon, vàlà j'ai donné mon point de vue, libre à chacun d'en faire ce qu'il veut
Et ça m'empêchera pas de lire tes prochaines textes ![]()