Du moment, qu'il y a la traduction, ça pose pas trop de problème je pense.
Lu la dernière partie du prologue.
J'ai pas trop accroché au dialogue. Déjà, parce que je ne visualise pas les personnages. La principale description est celle de leur vêtement, après ce sont des petits détails épars. Ça fait quand même peu pour quelque chose qui soit si important.
Ensuite, je pense que ça doit être aussi dû au fait qu'on ne sait pas trop de quoi on parle. On est entraîné dans leur conversation, mais on a aucune idée de ce qui s'est passé et ce qui semble important (la découverte du gisement appelé "source" ) ne l'est pas vraiment pour nous.
Quoiqu'il en soit, je trouve que cette partie manque d'un petit quelque chose qui pourrait nous entraîner dans la conversation.
Pour ce qui du côté "déjà-vu", même si c'est fait exprès, j'espère qu'ils seront bien utilisés ^^
c'quoi le problème avec les citations en anglais ?
Parce que ca nous fais chier, qu'on trouve même pas ça beau^^
Ça agace beaucoup de monde.
Moi par exemple, franchement, à la base j'étais pas du tout attiré par ce texte, je l'aurai jamais lu, si épitaph me l'avait pas demandé.
Et quoiqu'on en dise, c'est peut être bête, mais un titre c'est important, et les autres détails aussi.
Enfin faut voir après, mais vu que ça semble agacer pas mal de lecteur, laisser de l'anglais pur, sans traduction c'est vouloir restreindre la lecture à une élite, ou plutôt un groupe limité, dans les faits.
Mieux vaut un peu de malhonnêteté intellectuelle et les traduire ?
Oui c'est plus divertissant et agréable à lire.^^
Mais si la malhonnêteté pose un problème autant en trouver d'autres françaises qui correspondent à l'idée.
Mais bon quand même tout les romans de fantasy quasiment qui ont ce principe de citation dans leur traduction, voit ses citation traduites, donc je pense pas que ça pose une réel problème déontologique.
Citer The Wire dans un texte de fantasy, c'est ridicule. Sinon j'ai pas envie de lire cette merde qui ne connaitra jamais de fin au vu de la volonté de son auteur. Comment ça mon commentaire est inutile ? Mais si, Epitaph comprendra ainsi que je l'aime toujours autant.
Merci d'avoir lu McM ![]()
Pour les descriptions effectivement, j'avais pas percuté que ça manquerait à ce point. Je vais les rajouter pour la prochaine partie où on voit ces deux personnages, à savoir, bientôt.
Pour ce qui est de la source, c'est normal qu'on visualise pas encore ce que c'est ni ce que ça implique, dans le sens où ça va conditionner une très très grosse partie du récit. Et on va en parler beaucoup dans les deux premiers chapitres (qui font à eux deux plus de soixante-dix pages). Donc j'ai préféré y aller doucement, et je trouvais ça plus logique de montrer d'abord l'importance que ça pouvait avoir dans le récit, quitte à ce que le lecteur ne voie pas en quoi. Ca, ca viendra^^ (sinon oui, je rappelle que tout ce qui a été posté représente 10 pages sur un total qui en fera probablement pas loin de 4-500, donc c'est normal que tout vienne pas d'un coup). J'espère que tu liras la suite
Soul : Je t'aime aussi. Pour la citation c'est simple, The Wire c'est de la merde, mon texte c'est de la merde, donc ça colle parfaitement. La prochaine fois, je prendrai une citation de toi ![]()
(Et j'ai déjà dit merci à Zech mais je le redis ici, des fois qu'on me prenne pour un connard ingrat. Je suis pas ingrat.)
"Pour ce qui est de la source, c'est normal qu'on visualise pas encore ce que c'est ni ce que ça implique, dans le sens où ça va conditionner une très très grosse partie du récit."
Je sais pas pourquoi, mais j'ai le pressentiment que ça va finir dans un trip du genre "Le fléau" ou un truc du genre... ^^
10 pages sur un total qui en fera probablement pas loin de 4-500,
Ca veut dire entre 400 et 500 ou 4500.
Si c'est le deuxième je t'admire ![]()
Sinon peuf ![]()
![]()
J'ai à peine commencer à lire, que j'ai un truc à critiquer ![]()
Un prologue c'est une même scène là y a un décalage, c'est pas les mêmes personnages, c'est pas au même endroit, c'est pas en même temps.
Autant dans un chapitre tu peux faire varier, pas obligé forcément que y ait une unité, mais le prologue, faut vraiment que y ait une unité.
maintenant relancons nous dans le pinaillage.
"Tout, autour de lui, était d’un blanc impeccable"
Alors là, je mettrais personnellement Autour de lui, tout était d'un blanc impeccable.
Pourquoi ? parce que premierement, le "Tout, autour de lui" même si la virgule est claire, il y a cette ambiguïté à l'oral de confondre "Tout autour de lui" comme une unité. Changer cette phrase permettrait de simplifier.
Et en ce début de seconde partie les phrases deviennent réellement complexe alors je pense qu'il faut tout faire pour les simplifier, insérer l'autour de lui est une complication inutile selon moi.
Surtout que cette phrase franchement, elle s'étend, on peut facilement sy' perdre.
ici "jusqu’au petit manoir à moitié en ruines au nord,"
Je trouve que les deux "au" si près sonne pas bien.
Donc je suggère de placer le "au nord" autre part, mais je vois pas où cependant.
"à une période qu’il aurait été bien en peine d’approximer. "
C'est vraiment très lourd, et en plus approximer c'est pas français. faut trouver un terme français, pas simple, d'approcher, ça colle pas trop, estimer, ça colle un peu plus mais ça gène aussi.
JE changerai aussi "période" par époque.
"indiquant qui était réveillé et qui ne l’était pas. " c'est pas forcément gênant, mais si ça indique qui était réveillé, implicitement ça indique qui ne l'est pas, donc peut-être, je dis bien peut-être, ce n'est pas nécessaire.
"Plus bas encore, il distinguait vaguement la capitale massée autour de la forme, imposante et élégante, tout en tours et pointes de flèches d’obsidienne, de la Grande Université Vlastoï."
Là encore critique générale de ce premier paragraphe, tu fais déjà des propositions avec pleins de subordonnées t'es pas obligé de compliquer la chose, en rejetant la Grande université Vlastoï au bout de phrase.
Je pense comprendre pourquoi tu l'as fais, parce que t'aurais eu la redondance du "de" .
C'est pas faux.
Mais alors faut simplifié en retirant le terme de "forme", qui je trouve ne rajoute pas grand chose à l'affaire. De plus, moi qui suis pour éviter les redondances, ici "tout en tours et pointes de flèches d’obsidienne", ici je rajouterai personnellement un an, qui bizarrement allégerait la phrase à l'oreille.
Donc je dirais pourquoi ne pas faire ça:
"Plus bas encore, il distinguait vaguement la capitale massée autour de la Grande Université Vlastoï, imposante et élégante, tout en tours et en pointes de flèches d’obsidienne"
Donc critique du paragraphe en générale, la syntaxe est maitrisé, les phrases sont maitrisés, y a pas de grosses lourdeurs malgré la complexité des phrases, cependant, ce serait plus agréable en simplifiant la syntaxe.
"Il était habillé comme lui, en fait,"
Je trouve le ", en fait," lourd en plus encore une insertion qui coupe le rythme. Tu pourrais le supprimer je pense, mais si tu veux garder l'idée. Tu pourrais faire plus simple:
"Pourtant il était habillé comme lui, arborant..."
Ou peut être encore mieux à l'oreille, "IL était pourtant habillé comme lui, arborant..."
"à laquelle scintillait" Ca me semblerait mieux "sur laquelle scintillait".
"Cependant, l’arrivant portait " C'est affreux l'arrivant, vraiment laid^^
"J’t’ai dit, on allait ou le type disait au colonel d’aller."
où*
"soi-disant entr’aperçu "
AperçuS* sont plusieurs.
Bon sinon pour le reste, c'est bon.^^
VOilà voilà.
Sinon j'ai beaucoup aimé personnellement les dialogues, c'est agréable, j'ai déjà commencé à m'attacher à ces deux militaires, mais que va t il leur arriver^^.
Mais pourquoi le titre en anglais ainsi que les chapitres ???
Sérieux ca apporte quoi ?? .......
C'est des titres de chansons ou d'albums. Ca apporte quoi? Strictement rien. J'aime juste faire ça, et du moment qu'il y a la traduction, je vois pas le problème, ça demande pas un effort surhumain de baisser les yeux vers une note de bas de page.
Merci à ceux qui ont lu sinon ![]()
Je sais pas pourquoi, mais j'ai le pressentiment que ça va finir dans un trip du genre "Le fléau" ou un truc du genre... ^^
Nan, désolé de te décevoir (ou pas?), mais pas du tout^^
Zech, je t'ai déjà dit merci, donc merci encore de ton pinaillage^^
Et pour ces deux soldats, comme ce seront deux des personnages principal du récit, on les reverra, oui ![]()
Je suis désolée, mais je n'ai pas réussi à lire au delà du premier paragraphe. Je ne suis pas experte en écriture, donc je dois probablement avoir tort, mais je trouve que dès le début tu casses le rythme de ton récit, tu ajoutes beaucoup de détails qui personnellement ont fait que je me suis ennuyée. Voilà, encore désolée, mais comme apparement tu es plébiscité par le forum, j'irais jeter un oeil sur tes autres écrits un jour ou l'autre (en espérant trouver mieux à dire que ce commentaire ci).
N'empêche tu pourrais être plus prolixe quant à tes remerciements ![]()
Merci quand même d'avoir commencé Anna.
Zech, je suis pas prolixe comme garçon^^
(la suite demain dans la journée, au fait)
Moi qui ai cru qu'en attendant, j'en aurais plus. ><
Bon, j'ai rien à dire sinon, enfin rien d'intelligent. J'suis le seul à avoir pensé à Vladek à la lecture du nom de ton personnage? Ouais, faut croire.
Et sinon...j'ai hâte de lire la suite, histoire de comprendre un peu mieux ne serait-ce que l'univers dans lequel on se trouve.
(à priori ça sent la Renaissance, mais la première partie du prologue me faisait penser à de la fantasy plus classique perso^^)
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C'est en buvant une goutte d'eau que l'on se rend compte de sa soif.
"L'homme choisit, l'esclave obéit." (Andrew Ryan)
Merci Az ![]()
Pour la période et l'univers, puisque ça a l'air de vous tracasser (^^), normalement ça sera rapidement assez clair et précis.
Sinon désolé, mais des problèmes informatiques font que je n'ai pas pu relire la suite et donc la poster. J'essaie de faire ça d'ici ce soir.
Bon. Moi, j'ai tout d'abord tenté de lire la première partie, mais en fait elle m'a tellement emmerdée (pardonne-moi le terme "cru" par le début trop plein de descriptions que j'ai préféré finalement commencer par la deuxième partie (celle dans la neige à Vlastoi) où j'ai enfin réussi à m'accrocher à l'histoire. Et finalement, bien plus tard, j'ai décidé de lire la première partie pour voir ce uq'elle avait l'air en la lisant du début à la fin.
Le défaut majeur, c'est le début. Le crémage sur le gâteau, c'est la deuxième partie. Bon, bien sûr on parle de prophéties, de menaces, d'élu, et bon ça avait l'air assez cliché. La deuxième partie est plus plaisante à lire, selon moi. Ah et oui, commencer une histoire par une scène de c** bienqu'elle ne soit pas vraiment complète a tendance à repousser moultes catégories de lecteurs, parce que bien entendu l'adultère je t'avouerai que j'ai tendance à sauter ces passages lors de ma lecture.
Bonne histoire, et à défaut de commentaires plus constructifs et/ou chiants que ça, je te laisse sur un "ça m'a donné le goût de lire la suite!" plein d'espoir. ![]()
Merci de ta lecture Charly.
C'est marrant que certaines persones aient du mal avec le début, y'a quand même pas tant de descriptions que ça... Faudra que je réécrive cette partie.
Sinon, pour te répéter ceque j'ai déjà dit, je suis tout à fait conscient que le début fait assez (voire très) cliché, et c'est tout à fait conscient et voulu. Un des intérêts de l'histoire étant bien sûr de se détacher de ces clichés progressivement, ce que je pense avoir pas trop mal réussi pour l'instant. Et pour la scène de cul qui n'en est pas vraiment une, là aussi y'a une raison, ce ne sont pas des relents d'un esprit pervers
En espérant que tu t'embarques dans l'aventure
Et comme j'ai réussi à récupéré un PC assez stable, la suite arrivera ce soir.
Perso je trouve la description très bien faite.
Y a rien à changer, d'un point de vue écrit.
Et c'est vraiment court description.
Mais c'est vrai que commencer par une description très bien écrite, ça en découragera peut être (à tort d'ailleurs) plus d'un qui vont penser que y aura beaucoup de descriptions.
Surtout qu'elle est vraiment bien écrite, à part les détails que j'ai relevé, et quand c'est bien écrit, dès le début, beaucoup vont y voir quelque chose de trop littéraire, qu'ils associeront à un truc qui manque d'action et qui est chiant.
J'arrive absolument pas à me relire sur mon vieux portable, et comme je dois faire avec pendant un temps indéterminé, je poste la suite maintenant. A noter que ce passage m'embête, parce qu'indépendamment du reste, il présente somme toute assez peu d'intérêt. C'est pourquoi j'essaierai de poster rapidement la suite, qui est plus intéressante. Merci à ceux qui liront.
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Chapitre un : Waking Dreams
"We will fuel your minds, colour your thoughts, come to you in waking dreams." (1)
- Ayreon, Waking Dreams -
- 1 -
Hamfarh, trois kilomètres d’Egolia.
- Eh là-haut, quand t’auras fini de rêvasser, tu pourras envisager de me donner un coup de main ?
Elora se redressa brusquement, tirée de sa somnolence par la voix essoufflée. Le soleil n’avait pas changé de place, posé sur l’horizon, aussi n’avait-elle pas dû s’assoupir très longtemps. Elle roula sur le côté, s’arrêta au bord du toit et passa la tête par-dessus. Son père était en bas, son puissant torse nu luisant de sueur, luttant pour maintenir droites les deux brouettes qu’il tractait derrière lui, en sueur et voûté.
— Bah fallait m’appeler !
— Ca fait une éternité que je t’appelle, jeune fille ! La sieste était bonne, au moins ?
— Mais ! Je dormais pas, d’abord, je nourrissais les oiseaux. Et puis j’ai rempli un panier entier de cerises, ensuite.
— Oui, je m’en doutais de ça, répliqua Fermaël, les mains sur les vertèbres.
— Ah?
—. Essuie-toi le menton, tu ressembles à un vampire. Et viens donc m’aider avec ces brouettes avant que je me coince un démon dans le dos, tu veux ?
Elora gloussa en entendant dans la bouche de son père l’expression désuète des plus vieux habitants du village, et se leva suffisamment vite pour qu’une crampe au mollet lui fasse regretter de s’être endormie sur les planches du toit. Elle se mit à croupetons, puis sauta au sol. Elle atterrit en souplesse, se redressa, et offrit à son père son sourire le plus radieux.
— Tu feras moins la maligne quand tu te casseras une cheville.
— Mais non.
— Le vieux Arck disait ça aussi avant d’y laisser un bras dans la scierie, tu sais ?
— Mais non.
Toujours assené du même ton calme et assuré, les mains derrière le dos, la tête légèrement inclinée vers la droite et les lèvres étirées en un sourire malicieux. Le fameux ton élorien, comme l’avait baptisé Lysal. A cet instant, Fermaël n’aurait pas pu refuser grand-chose à sa fille.
— Enfin bref, grommela-t-il. Amène-moi donc cette brouette à l’écurie, tu veux ?
L’adolescente s’approcha du chariot, les mains toujours jointes dans le dos, et se hissa sur la pointe des pieds pour en contempler le contenu, bien que la brouette ne lui arrive qu’à la taille.
— Mais ça pue !
— Oh, pardon princesse.
— Gnagnagna, répliqua-t-elle en lui tirant la langue. C’est quoi d’abord ce… miasme?
— Ca s’appelle la nature, princesse. Allez, au boulot.
Elle suivit son père et sa brouette les mains sur les poignées de la sienne, luttant pour lui faire conserver son équilibre. A plusieurs reprises, son contenu faillit se renverser sur le chemin bosselé, et elle pesa de toutes ses forces du bon côté pour l’en empêcher. Elle eut assez rapidement mal aux bras, puis aux jambes, mais ne dit rien, ne s’autorisant même pas à soupirer, encore moins à gémir. Son père ne lui en voudrait pas du tout si elle ne pouvait pousser la lourde brouette jusqu’à l’écurie – elle n’avait jamais que quinze ans – mais elle tenait à le faire. A le faire toute seule, sans aide.
Ce qu’elle réussit finalement, pénétrant cinq bonnes minutes après son père dans la grange où quatre chevaux l’accueillirent en remuant tranquillement la queue. Là seulement elle se permit de pousser un soupir de soulagement. Il faisait frais dans l’écurie, le soleil ne perçant qu’en de rares endroits les planches de bois des murs et du plafond. Des balles de foin et des tas de paille étaient amassés contre le long mur de gauche, de l’autre côté des stalles. Ca donnait une furieuse envie de faire une sieste.
Elle poussa sa brouette au fond, l’amenant près de celle de son père. Fermaël était déjà en train d’en décharger le contenu à la pelle, le lâchant au-dessus d’une tranchée qui courait le long du mur du fond. Avisant une autre pelle, elle se mit à l’imiter.
— Merci ma puce, ça va aller. Beau boulot pour la brouette.
— Mais non.
Elle plongea sa pelle à l’horizontale dans la brouette, pesa de toutes ses forces sur le manche pour l’en sortir, ce qu’elle fit en projetant une bonne dose d’engrais à ses pieds, aux pieds de son père, et sur leurs pantalons à tous les deux. Ignorant le sourire amusé de Fermaël, elle s’avança vers le sillon, répandant au sol le peu qui restait dans sa pelle.
— Mais si, fit-elle finalement, avant de quitter l’écurie la tête haute.
- 2 -
La fraîcheur de la maison fut une bénédiction pour Elora, qui y entrait alors que le soleil n’était plus qu’un demi-cercle à l’ouest, projetant son ombre devant elle. Sa mère avait déjà allumé les lampes du salon. Elle la voyait de dos dans la cuisine, les mains dans une bassine qui, au bruit, devait être pleine d’eau, préparant sans doute le repas. Elle dépassa la demi-douzaine de fauteuils rembourrés et la longue table en bois, et s’arrêta sur le seuil entre les deux pièces.
— Eh m’man !
Lysal tourna la tête, les mains toujours dans la bassine. Elle jaugea Elora de la tête aux pieds.
— Jeune fille, vous allez me faire le plaisir de ne pas salir ma maison avec toute cette terre.
— Mais m’man, j’vais juste –
— Te débarbouiller, voilà ce que tu vas juste faire. De suite.
L’adolescente poussa un soupir, et fit demi-tour vers l’entrée en traînant les pieds. Elle croisa son père qui lui adressa un hochement d’épaules et un regard compatissant. Quand elle l’eut dépassé, elle l’entendit lui murmurer solennellement :
— "Et même Sire chevalier jugea plus prudent de battre en retraite devant le Dragon".
— Eh, j’ai entendu ça !
— Oh. Fuis, Elora !
Dans sa chambre, Elora retira son maillot sans manches et le jeta en boule au pied de son lit. Elle se dirigea vers la commode pour en prendre un propre, et s’arrêta un instant devant le vieux morceau de vitrail qui faisait office de miroir. Son reflet lui apparut enchâssé au milieu d’un chevalier barbu au garde-à-vous, ambré au-dessous du nombril et à peu près normal au-dessus. Elle chassa ses cheveux châtains de son front encore humide, les ramena derrière ses oreilles, et tourna la tête à droite et à gauche pour contempler le résultat. Elle eut une moue insatisfaite, ce qui consistait en un savant plissement du nez et de la lèvre supérieure, et les plaqua sur son crâne, avant d’enlever brusquement ses mains. Ils se rebellèrent instantanément, retombant aussi bien sur ses épaules que sur ses yeux. Elle les chassa d’un « pfffff ! » appuyé, puis les réunit en une queue de cheval sommaire, et se tordit le buste pour tenter d’avoir une vision assez large du résultat. Finalement, elle poussa un nouveau soupir, secoua vigoureusement la tête, indifférente aux mèches rebelles qui lui retombait approximativement partout autour du visage. Après une ultime tentative pour les discipliner, elle descendit ses mains vers ses seins, qu’elle palpa doucement, les poussant vers le haut, se mettant de profil, de face, puis encore de profil, le ventre rentré, sur la pointe des pieds… Sa poitrine semblait pousser un peu plus chaque jour, attirant chaque jour vers elle un peu plus d’attention masculine. Comme disait Adala, les garçons s’intéressaient à tous les melons qui poussaient hors de leurs fermes.
Se détournant du miroir, elle enfila une tunique bleue à manches courtes, et une ceinture qu’elle serra de façon à ce que le tissu soit plus ample au-dessus de la boucle qu’en dessous. Ainsi, on ne distinguait que vaguement ses formes, ce qui lui convenait au plus au point. Et puis, ça semblait être à la mode chez les autres filles.
Son père l’appela d’en bas, pour savoir si elle était rentrée. Elle cria un « ouais » sonore et s’écarta du miroir, plongea les mains en coupe dans sa bassine à moitié vide, et se frotta rapidement le visage. Le maillot sans manches fit office de serviette avant d’être de nouveau lancé au pied du lit. Puis Elora regagna le rez-de-chaussée. Ce n’était plus qu’une question de minutes avant la nuit maintenant, et avec le crépuscule revenaient les odeurs printanières portée par un vent doux né des collines voisines. Portes et fenêtres étaient ouvertes, et un bouquet d’odeurs flottait doucement dans la petite maison ; le parfum des frangipaniers qui bordaient la route vers la capitale, l’arôme des fraises du jardin voisin, la fragrance sucrée des niilaël, la senteur de leur propre cerisier et le fumet d’une dizaine de fours proches se mélangeait pour former une effluve douce-amère qui chatouillait agréablement les narines.
Lysal était toujours en cuisine, occupée à découper un poulet, et Fermaël était assis dans un fauteuil poussé contre le mur, un gobelet dans une main, un pion blanc dans l’autre. Il tenait ce dernier au-dessus d’un échiquier parsemé, réfléchissant à son prochain mouvement. Elora regarda sa mère s’activant avec un soufflet, penchée au-dessus du four. Elle regarda son père, tranquillement renversé dans une bergère incroyablement accueillante, surtout après une dure journée de labeur. Tout bien réfléchi, la définition d’un dur labeur était toute relative, et il y avait deux autres fauteuils devant l’échiquier.
—Tu joues tout seul ? demanda-t-elle en s’enfonçant entre les accoudoirs de l’un d’eux.
— Puisque les noirs ne se déplacent pas d’eux-mêmes, oui.
Elle l’observa un moment sans rien dire. Il posa son pion blanc devant la dame adverse, qui le prit aussitôt.
— Mais c’est idiot, commenta-t-elle.
— Tiens donc ? fit son père, levant un sourcil et amorçant un sourire patient.
— Bah oui… Si tu joues tout seul, ça a aucun intérêt, t’as pas d’adversaire.
— Mais comme ça je peux pas vraiment perdre, non ?
— Tu peux pas vraiment gagner non plus ! Et même si tu gagnes, tu perds ! Enfin j’veux dire… Tu vois, quoi.
— Je vois, oui. Prends les noirs, on va voir si je peux pas gagner, championne.
Elle sourit, ravie, et commença à replacer les pièces sur l’échiquier. Lorsqu’elles furent toutes à leur place, elle tenait encore une dame noire dans sa main.
— Pourquoi y’a deux reines ?
— Sais pas. Le jeu était comme ça quand je l’ai trouvé. Deux reines noires.
— Tu l’as trouvé ?
— Bien sûr ! Tu croyais quand même pas qu’on pouvait s’offrir un échiquier avec des pièces en argent, non ?
— Ben j’sais pas…
Elora, songeuse, tournait et retournait la pièce entre ses doigts. Comme les autres, elle était finement ciselée à l’argent noir, donc précieuse, donc chère. Elle ne s’était jamais posé la question. Elle ne se la posait pas plus à présent tandis que, à la lueur d’un candélabre, son visage se reflétait, grossi et arrondi, sur le corps de la dame. Elle avait, comme le roi, une couronne, bien que plus petite et moins fournie en piques. Elle était lisse au toucher, sans la moindre imperfection, la moindre rayure. Dessous, en revanche, était gravé un croissant de lune, au-dessus d’un étrange symbole ressemblant à un fer à cheval.
— Eh, c’est quoi ça ? questionna-t-elle en montrant le socle de la pièce à son père.
— Aucune idée, répondit celui-ci, sourcils froncés. J’avais jamais remarqué.
— C’est une lune, ça d’accord, enchaîna l’enfant en se frottant le menton, mais en dessous ? Tu crois que c’est un fer à cheval ? Pourquoi on mettrait un fer à cheval en dessous d’une lune papa ? Ou une lune au-dessus d’un fer à cheval ? Ca monte à cheval, une reine ? Ca fait du cheval au clair de lune, peut-être ?
— Sérieusement, j’ai l’air d’un homme qui a croisé beaucoup de reines dans sa vie ?
— Ah ouais, pas faux. Mais c’est bizarre quand même…
Elle retourna la pièce, comme si les symboles pouvaient avoir une autre signification dans l’autre sens. Elle amena la couronne à quelques millimètres de son œil, approchant dangereusement les quelques piques de son iris.
— D’accord, je vais te dire, fit son père en lui prenant la dame. Si tu gagnes, tu peux la garder.
— Vrai ?
— Aussi vrai qu’un dragon pète des flammes.
Une autre expression totalement désuète. Elle sourit, posa la pièce sur la table, et tendit sa main droite au-dessus du plateau.
— Tope-là.
(1) Nous nourirons vos esprits, colorerons vos pensées, viendrons à vous en rêves eveillés.