C´est la première fois que je poste ici.C´est une nouvelle écrite pour un concours à la fac,et comme je fais toujours les choses au dernier moment,j´ai fait ça vite fait,donc il y a quelques fautes que je n´ai pas corrigées malgré tout.D´habitude j´aime pas trop montrer ce que je fais,mais là j´ai assez de recul pour m´en foutre un peu^^.Voilà:
SOUS UN CRÂNE
Antoine ne savait pas encore qu´il allait mourir aujourd´hui.Il faut dire que le suicide est une mise à mort qui demande un peu de réflexion,et donc,de temps.Mais le jeune homme déciderait de mettre fin à ses jours de manière brusque,et pour une cause qui n´a aucun rapport avec une quelconque affaire de coeur-à l´origine de bien des sauts dans le vide et de cordes autour du cou-mais avec une partie de son anatomie située un peu plus haut:le cerveau.
Depuis quelques années déjà,Antoine avait décidé qu´il serait écrivain.Des livres,il en dévorait depuis l´enfance,et s´était mis en tête que les gens allaient en faire autant,voire plus,avec ceux qu´il écrirait lui.Seulement,il lui avait manqué une chose essentielle pendant très longtemps:des idées.Il ne s´en était que très peu soucié,profitant de sa jeunesse,en se disant qu´il s´attaquerait à la création littéraire lorsqu´il serait adulte.Et voilà qu´un beau jour,surgit une idée.Elle arriva dans le cerveau d´Antoine alors qu´il se trouvait dans un ascenseur.Dès que l´idée se fit remarquer,le jeune homme chercha un stylo dans son sac,un bout de papier,et posa l´idée sur celui-ci pour ne pas qu´elle s´en aille.Pourtant,depuis ce jour,Antoine ne toucha plus à cette idée.Il n´y pensa qu´à de trop rares reprises,l´oubliant aussitôt.Elle,décida au bout d´un moment que les choses ne pouvaient continuer ainsi.Elle s´était donné tant de mal pour arriver jusqu´à lui...car les idées aussi sont vivantes.Elles vont et viennent comme n´importe qui.Sinon,comment expliquer qu´elles émergent subitement dans nos esprits?On ne peut pas croire qu´elles apparaissent comme par miracle.Non,les idées vont et viennent comme n´importe qui.La seule différence,c´est qu´une fois à l´intérieur,elles ne peuvent sortir que par la volonté de celui qui la possède.
L´idée d´Antoine était enfermée depuis trois années maintenant.A l´espoir du début avait succédé une frustration évidente.L´idée,qui avait choisi Antoine sans raison particulière,et même sur un coup de tête,regrettait sa décision.Elle s´en voulait terriblement,passait ses journées à se faire des reproches et ses nuits à se maudire.Ce comportement d´un masochisme extrême était d´autant plus délétère que cette idée n´avait aucune compagnie.Isolée dans le cerveau d´Antoine,l´idée n´avait personne à qui se confier.Elle avait peur de devenir folle à force de se parler toute seule.Se parler...elle ne pouvait faire que ça dans un cerveau si étroit.L´idée pouvait à peine bouger,et quand elle bougeait,elle était prise de violentes crises de panique dues à sa claustrophobie.Enfermée dans un espace réduit,elle espérait qu´Antoine daigne enfin se consacrer à sa carrière de romancier.Mais rien ne se passa.L´idée aurait voulu briser les parois qui l´empêchaient de vivre,mais son impuissance n´avait d´égal que la paresse d´Antoine.Elle se sentait humiliée de ne pas être prise au sérieux,et commençait,au bout de trois longues années,à décrépir.Elle ne se reconnaissait plus,et ne voulut de toutes façons plus se reconnaître tellement elle se haïssait.L´idée qui autrefois avait eu des rêves de grandeur,pourrissait à présent dans le cerveau d´un apprenti romancier minable,qui jamais,elle en était persuadée,ne la laisserait sortir.Elle avait tort.
Antoine pensait à l´architecture gothique.Il ne savait pas comment ce sujet avait atterri dans son cerveau,mais le sujet lui plaisait alors il continua à y penser.Il dévia ensuite sur la construction de l´Arc de Triomphe,et se demanda combien de temps il avait fallu pour l´édifier,puis se dit que c´était étrange,qu´il ne pensait jamais à ce genre de choses,et tenta de trouver une réponse à la question posée.Il n´en trouva aucune.Et pour cause:alors qu´il se trouvait dans un ascenseur en verre,une idée magistrale lui vint à l´esprit.Il n´eut dès lors de pensées que pour elle,s´empressa de trouver un stylo,du papier,et emprisonna l´idée sur ce dernier.Et puis les jours passèrent,les mois,les années,sans que le jeune homme ne s´intéresse profondément à cette idée de départ si originale.Il avait bien essayé d´en tirer quelquechose,de faire de cette matière initiale un projet beaucoup plus solide.Mais il n´avait pas le temps,à cause des études,des filles,et des autres occupations si inutiles de la vie d´un jeune adulte.Pourtant,chaque échec l´attristait.S´asseoir devant son écran d´ordinateur,écrire quelques phrases,s´interroger sur la vie de son héroïne principale,et n´obtenir aucun résultat intéressant le frustrait à un plus haut point.C´était simple,il n´y arrivait pas.Il avait,à chaque fois que ses envies créatives se manifestaient,l´impression d´étouffer.Plus il passait de temps à écrire,ou à vouloir écrire,plus l´air semblait se raréfier.Lentement,le jeune homme était pris d´une sensation d´angoisse qui,tel un serpent,s´enroulait autour de lui pour le priver d´oxygène,de vie.Antoine avait finalement décidé de ne plus lutter contre cette impuissance,de laisser le temps s´écouler et de mettre sa frustration de côté.Mais l´idée n´accepta pas la mise à l´écart.Elle le rongea de l´intérieur,petit à petit.Et vint le jour où elle allait triompher,où son travail de longue haleine pousserait le jeune homme à en finir avec elle,et avec tous les tourments qui l´accompagnaient.
Ce jour-là,Antoine sut que c´était la fin.Il se demanda longtemps si son acte tenait de la lâcheté ou du courage,et décida qu´il y avait un peu des deux.Avant de mettre fin à ses jours,il décida de sortir,une dernière fois.Il prit sa voiture et roula en direction de la campagne.Là,il marcha un peu et se retrouva bientôt dans un pré.L´endroit était magnifique.Un grand espace,avec quelques collines au loin,et derrière elles,un soleil qui enrobait le ciel de sa couleur orangée du crépuscule.Antoine se sentait bien.Il resta allongé quelques heures,jusqu´à la nuit noire.Et rentra chez lui.Une fois arrivé,il alla dans sa chambre,et en allumant l´interrupteur,se rendit compte que l´ampoule était sur le point de griller.La lumière tremblotante ne le gêna pas,au contraire.Il était plutôt amusé de constater qu´il allait mourir en même temps qu´elle.Le garçon ne se posa plus de questions.Il savait qu´il serait trop dangereux d´hésiter.Il fallait y aller maintenant.Alors,il se dirigea vers son bureau et en sortit une arme,un pistolet à l´intérieur duquel se trouvait une balle.Il se plaça sous l´ampoule qui pendait,et qui hésitait entre lumière et ténèbres.Il pointa l´arme sur sa tempe,ferma les yeux,et prononça cette phrase:
"Sors maintenant"
Il tira.L´ampoule n´émit plus aucune lumière.Le cerveau du jeune homme avait éclaté,et du sang recouvrait le sol poussiéreux de sa chambre.L´idée,elle,profita du trou artificiel causée par la balle pour s´échapper.Elle se sentait un peu mieux désormais,et se dit qu´elle réfléchirait plus longtemps avant de choisir quelqu´un d´autre.Elle s´envola par la fenêtre.Au sol,le corps sans vie d´Antoine,libéré désormais,gisait,comme une preuve ultime de son impuissance.Quelques minutes passèrent.Puis,lentement,une autre idée s´extirpa du crâne fracassé du jeune homme.Il s´agissait de la seule idée qu´il suivit ce jour-là,celle qui lui avait conseillé de mettre fin à ses jours.