Dedans, il y avait tant de papiers. Des milliers de mots couchés sur le papier, par la magie de la plume et de l´encre. Des papiers usés par le temps et par les émotions, comme une partition inédite que nul ne soupçonnait.
Le paoier jauni sent l´humidité. L´encre s´est effacé, juste assez pour deviner des traces de mots. Des mots si doux. Des mots d´amour, ceux de tout les jours. Une vie oublié, que le temps avait fini par voler.
Ma mère est morte il y a cinq semaine. Personne ne s´attend à l´accident de voiture, aussi fus-je boulversé. Mon père s´était éclipsé depuis bien longtemps, laissant la maison familliale aux bons soins de ma mèreMaman la faisait vivre de tant de bonheur. Des gateaux aux chocolats. Des parfums de cadeaux. Des souvenirs heureux.
Plus aucun rire d´enfant ne resonnera sous les boiseries du salon. Plus aucun rire d´ailleurs. Juste le décompte sonore de mes larmes sur le parquet. J´étais seul, et je ne pouvais pas reprendre la maison. La vendre était la seule solution. La vider fut une maigre consolation. Jusqu´à aujourd´hui. Des dizaines de lettres de mes parents, mais pas seulement. Des poèmes, qui versaient leurs "je t´aime" comme le sang d´un animal bléssé par sa faiblesse soudaine.Un couple disparu dans l´Eternité qui revient un court instant. Juste une dernière fois. Un dernier aveu. Le plus triste de tous.
"Nul rose ne saurait te dire
A quelle point tu me fais souffrir
Et je ne puis tricher
sans te dire que je t´aimais
Souviens toi des nuits à t´attendre
à seulement ésperer t´entendre
Toi qui voulais me fuir
Mais ne pouvait t´enfuir
Souviens toi de ce décembre
Ou tu m´as échappé
Je ne pourrais jamais te rendre
ce que je t´avais emprunté
DEs funérailles improbable
sous un amandier gelé
Une fin acceptable
pour celui qui voulait me tuer.