En fait, j´aimerai également l´avis de quelqu´un qui cette fois connaît l´univers de FFVIII justement, pour pouvoir ajuster mon écriture par la suite ^^
Oui donc je devrais pouvoir te donner le mien, même si ma dernière partie remonte à un bail (mais comment oublier ce jeu, hein?). Là j´ai pas mal de boulot, mais demain soir dernier délai, j´ai lu ![]()
´Pitaph est trop occupé alors tu devras te contenter de moi
C´est bien. J´accroche pas particulièrement au style très..."onirique" avec plein de métaphore et tout mais ça m´empêche pas de trouver ça bien.
Sinon, j´me demandais si Seifer, c´est le Seifer ( j´avais le guide avec le nom de famille mais j´l´ai pu
).
Et aussi, j´ai pas l´impression de me rappeler d´un docteur Geyser ( mais ça fait longtemps que j´ai joué à ce jeu quand même^^ ) donc je sais pas s´il était dans le jeu ou pas ).
J´ai bien envie de comprendre l´histoire du revolver aussi, j´lirai la suite donc ![]()
Suite et fin du chapitre 1. Attention, les prochains changent quelque peu de registre ^ ^
Si les réponses à vos questions ne sont pas dedans, c´est qu´il faudra encore attendre!
***
Un laboratoire, sombrant dans les plaines claires et ensoleillées d’Esthar, à l’aube d’une ère nouvelle.
« Petit enfant deviendra grand, petite fleur aimée l‘accompagnera,
à l‘aube des soleils levant.
Petit enfant deviendra grand, à la lumière des étoiles couchantes,
Souriant à la vie et déclarant au monde : je te protégerais de ma vie. ».
Ce fut le refrain d’une petite cantine chantonnée par la bohémienne durant les neufs moi de sa grossesse. Sans doute attirée par ses cordes vocales si sèches et pures, l’enfant prisonnier du corps de sa mère, se débattait à bon train. Peut-être était-il, dès sa naissance, prédisposé à être un combattant, un guerrier, ou ce genre de personnes qui ne peuvent pas se contenter de ne rien faire, ou ne serai-ce que laisser leur esprit s’apaiser le temps d‘un repos. L’influence d’Edea peut-être? Son tempérament incontrôlable, sa nécessité à se jeter corps perdu vers une nouvelle aventure… Et le physique autrefois si avantageux du père, la clarté de ses traits, son aura si bienveillante et douce… Seifer Almasy avait hérité de bien des choses, mais alors qu’il se nourrissait à plein poumon de ses quelques minutes d’existences libre, pouvait-il se douter de quelque chose? Il est parfois sot, pour ne pas dire idiot, de sous-estimer les sens, naissant mais affûté, des premiers âges. Certains, comme les bohémiens, les conservent tout le long de leur vie, au prix d’une souffrance perpétuelle et insondable, d’autre les perdent. Dans le jargon urbain, on les appelle les être humain normaux… Enveloppé dans de soyeuses couvertures blanches, où brodées en capital, l’insigne « Produit Geyser » se dorait de prétention, le nouveau né se défendait de tout pleurs. Excepte de cri, pas une larme ne vagabondait sur ses joues rosies, nul son ne justifiait sa présence…. Seule une petite masse d’un petit quelque chose de vivant, qui gît au son des murmures d’à côté. Il semblait dormir. Ou, quelque part en lui, une oreille se dressait pour écouter les échos d’une dispute aussi silencieuse qu’invraisemblable, tout du moins pour un couple qui se côtoyait avec amour depuis de nombreuses années. C’était la voix de la bohémienne qui semblait porter le plus.
Dans cette salle d’à côté, l’étreinte des deux amants s’était défait, et, empoigné par la surprise et la douleur, Cid se caressait la pommette gauche. Une empreinte rougissante de main s‘y était incrustée.
« _ Qu’est-il arrivé à notre enfant Cid? Lança Edea dans une aspiration rauque.
Un bien étrange retournement de situation. Toujours perdu dans une douleur physique qui s’insinuait sournoisement entre chacun de ses battements de cœur, Cid se retira de la scène et se perdit quelque part dans sa pensée. Bien qu’Edea ne lui eut rien dit, il le savait, le devinait, les bohémiennes percevaient les secrets, les non-dits, toutes ces choses là que l’on aimerait voir perdre à jamais au fin fond du gouffre de l‘oubli. Durant ce cours instant où il s’était approché de la chambre de sa femme, du moment même où Geyser s’était retiré, Cid suppliait le seigneur que les sens de sa belle se soient autant endormis, si ce n’est plus, qu’elle-même. Aussi, s’attendait-il à recevoir le châtiment propre à son pêché. Quelque minute s’écoulèrent dans le flot discontinu du temps, et le jeune Kramer se sentit l‘âme de plus en plus pécheresse. Il avait accepté, de son plein gré et dénué de toute torture, sans même s’en référer à sa femme, de laisser son propre enfant, qui venait à peine de naître, aux mains d’un scientifiques dont il ne connaissait rien… Les échos qu’il en avait eu cependant, présentaient Geyser comme une rapace sanguinaire envers ses sujets, qu‘il considérait ni plus ni moins que comme cobaye. On disait que le peuple Moomba en avait tellement souffert qu’il n’était plus réduit qu’à une petite centaine de survivants, éparpillé dans les quartiers du laboratoire, essuyant la poussière des murs, s’adonnant à des tâches ingrates… Alors pourquoi l’acceptation avait jaillit, bien que sous les altérations de l’hésitation, sur les traits creux de son visage? La réponse que Cid voulu retrouver à tout prix en cet instant, se trouve en réalité enfoui dans les vérités sombres et cachées du passé.
A cet instant, ce n’est plus le présent ni le futur qui agiteront les cordes de ce récit, mais les tortueuses voix d’autrefois.
Des années auparavant. Chambre 48, Cobaye N°77, sous camisole.
« _ Maman ? Père?
Fermement attaché, les yeux saphirs du jeune garçon blondinet, suppliaient une ombre qui lui faisait face. Cette ombre, c’était celle du scientifique Geyser.
_ Tes parents t’ont confié à moi, mon garçon. Murmura Geyser, d’une voix qui portait à l’époque un timbre claire et machiavélique.
L’enfant, âgé de seulement huit ans, ne compris pas tout de suite.
_ Vous êtes ma nouvelle nounou?
_ Haha. Oui, on peut présenter les choses de cette façon. Une nounou qui va s’occuper de toi un bon moment, je ne crois pas que tes parents aient vraiment envie de te revoir. Tu comprends mon petit Cid, pour eux, vu leur renommée, un fils qui a plus l‘allure d‘un monstre, qui donne vie aux choses qui devraient pas l‘être, c’est plus une gêne qu’autre chose… »
Ce fut un rire d’amusement qui accompagna les pleurs silencieux de l’enfant. Il allait être soumis à de nombreuses années d’expériences, de test, qui affûteront au fil des années ses dons, adoucissant sa peine, durcissant son cœur.
A nouveau, les ficelles du temps s’entremêlent. Nous sommes maintenant dans les rues de Timber, face à la devanture de l’hôtel de ville, où se jouait un bien triste spectacle. Un homme était étalé à terre et accroupie à ses côtés, une femme à la chevelure noircie, aux contours gracieux, pleuraient à chaude larme. Face à eux, à la porte de l’établissement, un homme massif et au visage dur les toisaient avec un mépris manifeste et sans borne.
« _ Je ne veux pas de… de… Ce genre monstres dans mes chambres! Peu importe qui vous êtes et ce que vous cherchez, je ne veux pas de ce genre de… de… CHOSES chez moi! Partez, partez d’ici sur le champ! »
Cid, se releva péniblement aidé de sa femme. Ce n’était alors pas la première qu’il affrontait cette situation, ni la dernière. Ses marionnettes jonchaient le sol, détruites pour la plupart, à moitié déchirées pour d’autre. Des gestes lents manoeuvrant ses mains meurtrit, Cid rassembla les bouts en une petite masse d’ordure, joignit ses mains à ceux de son épouse puis chantonna l’incantation :
« Écrin de petites choses sans vie,
Je m’en remet à mon désir le plus chéri,
Qu’âme habite votre corps, que les débris se rassemblent,
En pairs qui se complètent,
Ainsi je vous donne vie, sortez, vivez, de votre éclat le plus brillant,
Pandore, toi qui règne sur la misère et le chagrin,
Soleil, toi qui éclot des plantations de l’espoir,
Que vos deux voix nous guident, vers le jardin du bonheur éternel… »
C’est ainsi que naquirent les deux marionnettes fétiches du ventriloque, celles qui dorénavant composeraient chacune de ses représentations. Se posant à nouveau sur terre, Cid se retourna vers sa femme, qui bien qu’échevelée d’une nuit sans pareil, d’une expérience atroce, le regardait en souriant.
« Edea, je suis désolé… Je… »
Mais cette dernière ne lui laissa pas le temps d’achever son sanglot, et délicatement, peut-être plus que aucun autre « être humain normal » n’aurait pu le faire, le pris dans ses bras, le serra contre sa poitrine. Cette nuit là, alors que son mari s’était improvisé une balade nocturne en solitaire, la bohémienne avait été violée dans sa chambre. Ou presque tout du moins. Au dernier instant qui précédait l’acte, ses pouvoirs avaient violemment jailli et repoussé le gérant de l’hôtel, qui n’avait visiblement par résisté aux charmes de la belle Edea. Alors qu’elle se reposait dans son lit, une quiétude d’ange peint sur son visage, il s’aventura au deuxième étage, ouvrit la porte et la suite, votre imagination peut la deviner désormais… Alors qu’elle était plaquée au sol, que ses vêtements se déchiraient petit à petit des mains du gérant, elle supplia ses pouvoirs, dans une tentative désespérée, de lui venir en aide. Son agresseur fut alors projeté au loin, au moment même où Cid, sentant le danger par les liens sacré de l’amour qui l’unissait à sa femme, ouvrait la porte de volée. Après quoi, les deux amants furent chassé de l’hôtel, tels des ordures de l’humanité qui n’avaient pas lieu d’être. En réalité, c’était là la vengeance d’un mâle frustré de pas avoir accompli ses desseins…
Cette fois, les ficelles du temps se dissipèrent et nous somme de retour auprès des deux amants, dans le laboratoire du docteur Geyser. Ce passé, qui n’est qu’une partie de la misère qui toucha le couple Kramer, était la réponse que Cid recherchait, avachit sur le lit et de retour sur scène.
« _ Qu’est-il arrivé à notre enfant Cid? Lança à nouveau l‘aspiration rauque de la jeune femme.
_ Il est mort. »
Il eut été cruel de répondre aussi sèchement une réponse si sanglante… Mais Cid le savait, mentir lui aurait été impossible, si cela devait s’éterniser sur plusieurs réplique… Baissant la tête, il fit mine de réprimer ses larmes. Cette enfant devait survivre, loin du destin qui s’afférait autour de leur couple. Il ne pouvait se séparer de sa femme, mais avant de ne ressentir ce même attachement vis-à-vis de son enfant, Cid préféra le laisser là, à une vie certes difficile, mais sûrement plus heureuse que tout ce que lui-même et sa femme n’auraient pu lui apporter. Ce n’était pas très courageux, mais après tout « j’ai toujours été un lâche », pensa le vieux ventriloque avec tristesse.
Dans cette même salle, à quelque centimètre de lui, Edea se vidait de son âme. Il lui semblait qu’une partie d’elle-même, lui avait été arraché et retombait plus bas que sous terre, loin de son corps, de son cœur, de son chagrin… Cet enfant était l’espoir inespéré qui l’aurait ramené elle et son mari, vers un bonheur éternel. Ses pensées s’engluaient dans de tristes et tortueuses voix. « C’est ma faute. » Une larme. « Que vais-je faire maintenant? » Deux larmes. « Comment Cid pourra-t-il un jour me pardonner? » Trois larmes. « Devra-t-il toujours payer de mes erreurs? » Quatre larmes.
Peut-être qu’en regardant avec plus d’attention son mari, Edea se serait rendu compte qu’aucune lumière d’honnêteté ne brillait dans ses saphirs. Son enfant était toujours là, privé de tout amour maternel, à quelques mètres de son lit, dans la pièce d’à côté. Au-dessus de la porte de cette même pièce, on y lisait en écriture minuscule « Cobaye n°128, SUJET SPECIAL ».
FIN DU CHAPITRE 1
Chapitre 2 : Eyes on me
Au milieu d’un champ jauni de Tournesols, un cadavre gît, emmitouflé de solitude et bercé par les cloches du repos éternel.
« _ Monsieur? Monsieur? »
Une petite fille, tout de bleu vêtue, s’agenouille auprès du corps, ses obscurs iris reflétant la dépouille du macchabée. Peut-être en raison de son jeune âge, Linoa n’était ni habitée par la peur ou la crainte, mais plutôt par cet élan de curiosité, qui saisit les plus jeunes au moment il le faudrait le moins. Ses cheveux s’allongeaient en une longue volute brune, qui s’étendait jusqu’à ses épaules et qui recouvrait un attendrissant visage d’enfant. En la regardant de plus près, il semblait évident qu’elle était issue de la noblesse, non par ses habits, mais plutôt par ses manières, sa posture, son élégance, qui trahissaient à eux seuls ses origines. Avec douceur, elle s’approcha du soldat déchue et déposa ses paumes froides sur son front pali. De fines perles nacrées, témoins de son chagrin, s’écumaient à grand flot de ses paupières embuées. Déchiré par endroit, le gilet du soldat recouvrait tel un voile son enveloppe charnelle. Y posant un regard vide, Linoa, dans un sursaut d’enfant, joignis ses mains au-dessus du corps, abaissa légèrement sa tête, ferma les yeux et se mit à murmurer une prière.
« Douce éclosion de vie,
Tu en retourne au néant,
Oh comme je te remercie,
De m’avoir protégée séant,
Mes larmes t’accompagnent,
Vers une nouvelle voix qui s’œuvre,
N’aie crainte, ma lumière te guide,
Vers le repos sempiternel,
Qui te mènera bon vivant à la terre promise. »
Un éclat de lumière. Un bourdonnement assourdissant. Un défilement d’étoiles.
« Merci. »
Au milieu des plantations jaunes, dans l’enceinte de cette forteresse florale, de gigantesques ailes d’anges se déploient. Elles s’étendaient à une centaine de mètre au loin et de blanches plumes illuminées s’en échappaient; à l’image de ces moments où l’on souffle sur le pollen, pour y voir nos rêves et nos illusions inavouées, s’envoler librement vers le ciel. Une guerre aux grands éclats avaient beau se vêtir de plus en plus d’horreur et d’agonie à quelque kilomètre de là, rien ne pouvait ternir la beauté de cet instant. Cette vision où une jeune enfant, agenouillé près d’un soldat vaincu, déployait ses ailes angéliques. Une auréole, comme comble de ce spectacle, vint même se déposer à quelque centimètre de la chevelure brune de Linoa. Et, tandis que son corps s’élevait de plus en plus haut dans les airs, la dépouille du guerrier s’irradia progressivement de lumière. Perdu dans son chagrin, le subconscient de la petite Heartilly s’était éveillée : répondant à une volonté enfouie, ses pouvoirs sorciers avaient ouvert leur yeux, dans une tentative d’accorder au soldat, un dernier instant à son nom. Plus jamais son anniversaire ne serait fêté, les nouvel ans lui seraient désormais étranger… Il le fallait bien, lui laisser un dernier semblant de vie dans le chemin qui le guidait à la mort. C’était là la floraison funèbre, la cérémonie d’accompagnement vers les limbes, que Linoa gratifiait à son sauveur. A en perdre les mots, l’image de ce moment défiait les lois les plus insensées de la beauté, de l’amour d’une petite fille envers un homme dont elle ne connaissait rien.
Soudain, une brindille écartée. Un mouvement au milieu du champs.
Le corps de Linoa retomba brutalement au sol. La lumière s’enfuit, les ailes se rétractèrent, la scène reprit ses traits habituels. Un jeune garçon aux cheveux blond, aux pupilles bleues, s’avança vers le corps de la petite fille et du soldat. Étaient-ils tout deux mort? Seifer n’en aurait pas été étonné mais il prit tout de même la peine de s’approcher davantage. Elle était belle. Ouvrant peut-être d’ores et déjà les portes de l’enfer, mais très belle malgré tout. Sa chevelure brune légèrement brumeuse, ses rougissantes lèvres pulpeuses, lui conféraient un charme à tout épreuve, même ad patres. Elle était cependant vivante. Trahissant sa rigidité par un infime mouvement de cil, les yeux de Seifer percèrent l’étincelle de vie qui brûlait en elle. Découverte, Linoa se dressa instamment sur ses jambes, le visage marqué, prête à bondir. Quelque chose dans ce garçon l’avait cependant amener à se calmer presque aussitôt. Son visage blanc, sa chevelure blonde, son regard bleu… Ou peut-être l’aura de puissance, d’instinct protecteur qui émanait de cet enfant, qui devait avoir le même âge qu‘elle... Adulte, on appelle cela les rouages de l’amour naissant, du coup de foudre aussi. Enfant, ce n’est qu’une des nombreuses forme du don de l’innocence.
« _ T’es qui toi? Lança Seifer, sur un ton grossier relativement mal venu en ces circonstances. Ses yeux la jaugeait de part en part. Il semblait évaluer ses possibilités de mouvement. Face au silence qui lui teint lieu de réponse, il s’approcha à son tour du soldat, s’agenouilla et lu la plaque argentée brodée sur son gilet. « Almasy ».
_ Bon, je te le demande encore une fois et je peux t’assurer que je ne me répéterais pas, qui es-tu exactement?
Un léger sursaut engloutit les mouvements de la petite, et reprenant ses tonalités habituelles, elle lança :
_ En voilà des manières! Présente toi et je me présenterais!
_ Seifer. Voilà, à ton tour.
_ Mais… Mais…
Attisé par l’impatience, Seifer dégaina d’un éclair une épée qui semblait beaucoup trop grande pour son propre corps. Elle semblait résulter d’une combinaison habile entre une épée et un révolver. Pointant son arme au cou de Linoa, il lança d’un ton menaçant :
_ Tu vois ceci? C’est une gunblade. Le croisement parfait entre le tranchant d’une lame et la précision des balles. Certains bretteurs donnent un nom à leur épée, non pas qu’ils y soient attaché, mais parce qu’ils souhaitent que ce nom emplisse de terreur ceux qui oseraient les défier. La mienne se nomme Hypérion. C’est ma meilleur amie en toute circonstance et la chose que j’ai de plus cher au monde.
Calmé, il laissa glisser sa gunblade qui vint se poser en un léger « boom » sur le sol.
_ Voilà, tu connais toute ma vie. Ou presque. Raconte-moi la tienne maintenant.
Lui parlant toujours comme si ils se connaissaient de longue date, Seifer s’assit en tailleurs au milieu du champ. Il prit son aise, s’étira quelque instant et fixa Linoa d’un regard bleu intense et perçant.
_ J’écoute ».
A y´est, j´ai lu le premier post.
Alors, j´ai eu du mal avec les trois quatres premiers paragraphes descriptif, un brin trop contemplatifs selon moi. C´est dommage aussi que les mêmes termes reviennent sans cesse dans les description (vent, peintre, etc.) Cela dit, faut bien avouer que c´est bien écrit, aucun doute là-dessus. Et puis, tout à fait personnellement, je trouve sympa de commencer par des personnages qui ne sont pas les principaux du jeu.
J´essaierai de lire la suite dans pas trop longtemps ![]()
Merci d´avoir lu! :D
Etant donné que j´ai pris une avance conséquente, voici la suite.
Il brillait dans ce garçon une leur inexplicable qui instaurait d’emblée un climat de confiance, de sérénité et de plénitude. Peut-être parce qu’il s’adressait à elle aussi facilement que si ils avaient été amis, peut-être aussi parce qu’elle ignorait tout de ce qu‘était l‘amitié. Lentement, les yeux braqué sur le parterre embaumé de feuilles, Linoa se mit à ouvrir l’écrin de ses souvenirs. Parler lui remémorait des évènements terribles, c’était vrai, mais pouvoir ainsi les cracher aussi facilement que l’on vide un verre d’eau, l’emplissait d‘imperceptible ressentis, qui lui étaient jusqu‘alors inconnu. La désinvolture, le soulagement, la joie… Un peu comme si ses épaules devenaient moins lourde à mesure qu’elle faisait défiler sa vie, comme si ses jambes lui faisait moins mal, comme si son cœur aspirait davantage de joie entre chacun de ses battements… Peut-être parce qu’elle n’était âgée que de 9 ans, Linoa décelait ses souvenirs comme on dénoue un nœud, progressivement, lentement, sans jamais savoir où elle se retrouverait par la suite. Parfois c’était sur les plaines de Grandidi, souriant à un visage féminin qui lui était caché, ou encore à Galbadia, accompagnant son père dans diverses rencontres professionnelles… Son père… Le Général Caraway et sa mère, une jeune femme dont elle n’avait qu’une abstraite description, se résumant à une affiche publicitaire qu’elle emmenait partout avec elle : « Hit du mois : Eyes on me — Composée par la douce et ténébreuse Rose Rouge, JULIA ».
Enfant, il arrivait souvent à Linoa d’imaginer sa mère au présent, l’attendant quelque part au loin, priant que sa fille unique ne vienne à elle. Une mère douce, attentionnée, qui la prendrait dans ses bras, lui susurrerais des mots doux « je t‘aime », pour la bercer tendrement au creux de sa poitrine « je suis là… », chantonnant, claironnant… Mais elle se trompait. L‘éphémère qui portait ce mirage s‘en était allé.
Bien qu’elle eut été une pianiste et compositrice de talent ainsi qu’une jeune femme au cœur vif, Julia parcourait désormais les tortueuses voûtes des limbes et du trépas. Revenons sur son histoire. Revenons quelques années auparavant, dans le fief de la festivité, Deling City. A cette époque, les forces galbadiennes sillonnaient la région de part en part et il était difficile, pour ne pas dire impossible, de ne pas se faire arrêter, contrôler, pour x ou y raison. Aussi, était-il beaucoup plus aisé d’être soi-même membre de ces unités d’actions, ce qui assurait alors une liberté de mouvement quasi-totale. Les habitants eux, restaient paisiblement dans leur logis, à l’abris des ennuis, à l’abris de tout. C’est un petit hôtel du quartier commerçant de Deling qui bordera le brouillard de ce flash back.
Enveloppée dans un élégant tissu de soie pourpre, une Julia au tendre visage hispanique, captait tout regard, toute attention, telle une lumineuse étoile qui scintille au milieu d’un ciel assombri. Le hall de l’hôtel tremble. A chaque note qu’elle insuffle à son instrument, ce sont de nouveaux cieux qui s’embrasent, de nouveaux soleils qui rayonnent, un nouvel élan de bonheur qui jaillit… Son corps à l’arrêt, ses délicates mains de porcelaines se promenaient tel un poisson dans l’eau sur le piano, manoeuvrant les Do, les Ré et les Sol, d’une poigne gracieuse et sans pareil. Sa robe en décolleté suivait chacune des intonations du chant, vagabondant de gauche à droite, s’élançant presque sur scène, le rythme d’une valse au pied. Tout sentiment abandonné, Julia s’adonnait à sa chanson à corps perdu, oubliant ce qu’elle était, où elle était, comment elle s’appelait… Son habit semblait même lui glisser tout le long du corps. Pour quelque bref instant, son âme et son cœur, au son du plus magique des chants, « Eyes on Me », s’en remettait à la quiétude, au repos. Ce caprice ne lui était permis qu’à ce moment là, derrière son instrument de rêve, sa passion à elle, le chant, la musique. Julia était à présent loin de son chagrin, loin de sa peine.
Car Julia était une bohémienne.
Derrière la vitre, de notre place, il est sûrement difficile, en tant « qu’être humain normaux », de reconnaître ce statut, autrement que par son nom. A titre de comparaison, les bohémiens sont à ce monde, ce que les sorcières furent à une époque oubliée du nôtre. Leur fardeau est autant injuste qu’inconcevable; Peut-on imaginer un seul instant, qu’il existe une perception des choses différente de la nôtre? Un sentiment à nos yeux, signifie tout autre chose pour les bohémiens. C’est la raison pour laquelle très peu d’entre eux survivent, c’est la raison pour laquelle si peu d’entre eux s’y essayent. Isolée tout le long de sa vie de « l’autre monde » comme elle l’appelait, Julia avait finie, comme sa consoeur Edea, par incorporer des notions humaines. Cela dit, marcher dans la rue au milieu de tous, c’était pour elle le parcours d’un film en noir et blanc, où le son, entrecoupé à chaque instant, l’empêchait de comprendre l’univers dans lequel elle se trouvait. Jusqu’ici, grâce aux rouages de la chance et de sa bonne étoile, elle était parvenue à s‘en tirer. Pour combien de temps encore?
Un bruit.
Les échos de la réalité, ramenèrent Julia dans le hall de l’hôtel. Ses yeux se posèrent sur ce qui semblait être un soldat galbadien. « Qui est-ce? ». Il l’a contemplait de ses yeux verts criard et son visage, légèrement incliné vers le sol en une demi révérence, trahissait un profond malaise. Il semblait vouloir la saluer… Puis avec autant de hâte que si ses fesses avaient prit feu, il disparut à l’autre bout de la pièce, rejoignant deux de ses collègues à une table, où gisaient des alcools forts. L’un était enveloppé, mal rasé, l’autre avait la peau noircie et ses traits finement taillé lui donnaient l’air d’un combattant intellectuel. Et soudain…
Julia était saisi par l’amas d’inconnu qui la submergeait de toute part. Car à ce moment précis, où ce jeune homme s’était présenté à elle, ce n’était plus un film en noir et blanc qui défilait sous ses yeux, ce n’étaient pas des grésillements qui toisaient ses oreilles, ce n‘était plus le vide qui flirtait avec ses narines… Ce fut un déluge de couleurs. D’odeurs. De sons. Des couleurs vives, claires, ensoleillées. Du bleu, du gris, du blanc, du rouge, du noir! Des odeurs diverses, de pain, de vain, de fumée aussi… Quel étrange sentiment. Elle n’arrivait plus à le lâcher des yeux. C’était la première fois, depuis toujours, que ses pupilles châtaines percevaient toutes ces choses, qui n‘avaient de cesse d‘entourer son corps depuis toujours. Elle ressentait aussi un léger petit quelque chose, qui l’entourait par instant, puis s’en allait presque aussitôt, pour revenir de plus belle et s‘en aller encore. Le vent. Le comment, le pourquoi, elle ne l’expliquait pas, ne pouvait le faire, mais depuis que les yeux verts de Laguna Loire, jeune recrue des forces Galbadiennes, s’étaient fondu dans les siens, Julia était devenue humaine. Un être humain normal.
Elle se décida en une fraction de seconde, toute pensée subterfuge abandonnée. Laissant de côté son piano, elle se leva et laissa ses pas la guider. Arrivée à sa hauteur, peu importe ce qui se passait autour, elle n’avait d’yeux que lui. Elle se mit à humer avec délice et plaisir son parfum puis se posa avec délicatesse à ses côté, son regard méticuleusement braqué sur les traits du jeune homme. Fallait-il qu’il soit si beau… Laguna semblait transporté dans un autre monde, à mi-chemin entre rêve et réalité. Qu’allait-il faire? Comment allait-il s’y prendre? Elle lui plaisait tant… Et ces horribles bourdonnements qui s’articulaient dans son esprit l’empêchant de se concentrer… Que faire?
S’exprimant d’une voix suave et posée, Julia s’exprima avec franchise :
« _ Détends-toi. Tu as l’air si nerveux… Je t’effraie donc à ce point?
Il lui sembla que le jeune soldat murmura quelque chose, mais elle n’en tint pas compte. Elle affina les traits de sensualité qui s’échappaient de sa voix, puis reprit :
_ Merci d’être venue encore ce soir…
Balbutiant de toute part, se perdant dans sa phrase, Laguna lança, un peu plus fort qu‘il ne l‘aurait fallu :
_ Qu… Que…. Quoi? … Tu m’avais vu??
Un petit rire s’échappa de ses lèvres pulpeuses, qui scintillaient d’un rouge bordeaux aguicheur. A cet instant, il eut été difficile de ne pas avoir eu l’envie de l’embrasser…
_ Difficile de faire autrement! Tu viens me regarder tous les soirs!
_ Je euh…
_ Tu aimes tant que ça venir m’écouter ici?
Les yeux rivé au sol, il s’empressa de répondre, presque instinctivement :
_ Je suis ton plus grand fan!
Puis visiblement soulagé d’un poids, il se fit moins mal à l’aise.
_ En tout cas, rejoins-moi dans ma chambre, d’accord? C’est que c’est pas très intime ici, pour discuter… A tout de suite. »
Elle se leva et lui tourna le dos. Intérieurement, tout de Julia s’embrasait de rouge, de pourpre et de rose… Son visage n’en laissait rien paraître, mais au plus profond d’elle-même, elle rayonnait, d’un bonheur et d’une joie sans borne. Elle était heureuse. Et ce n’était pas la première fois que Laguna venait la voir. Ce n’était pas la première fois qu’elle ressentait de tels sentiments. Mais c’était peut-être la dernière.
Comme à chaque fois qu’il s’en allait, sa grisonnante vie refaisait surface, chaque moment où il revenait, était pour elle d’uniques éternités, intenses et brûlantes de passions. A chacun de ces instants, elle s’emplissait de sentiments nouveaux, apprenaient les ressentis humains et devenait ainsi toujours un peu plus humaine encore. Un sourire aux lèvres, elle s’élança avec joie dans les escaliers de l’hôtel, ouvrit la porte de la chambre 409 et rejoignit la salle de bain. Il ne lui fallu que quelque minute pour en ressortir, fraîchement préparée, puis patiente, elle se posa sur le lit. Les secondes s’écoulèrent au rythme d’une valse rondement menée et beaucoup plus rapidement qu’elle ne l’avait prévue, trois coup rugirent de sa porte. Laguna se tenait derrière. Entre deux battements qui lui serraient le cœur et l’envoyaient quelque part au niveau de son cou, Julia s’approcha de la porte, et l’ouvrit.
L’homme en face d’elle était toujours aussi beau.
« Entre. »
…
« _ Après, je ne sais pas exactement ce qui s’est passé. Je crois que ce Laguna est reparti et ma mère est tombée dans une dépression… Elle a rencontrée mon père et me voilà… Conclut tristement Linoa après avoir passé en revu son souvenir, un brin de regret articulant sa voix.
Chers lecteurs, ne m´oubliez pas, la suite dépend de vous ![]()
J´hésite tellement à poster un nouveau pavé, je doute que quiconque ait envie de lire après :p
:up déguisé:
« _ Après, je ne sais pas exactement ce qui s’est passé. Je crois que ce Laguna est reparti et ma mère est tombée dans une dépression… Elle a rencontrée mon père et me voilà… Conclut tristement Linoa après avoir passé en revu son souvenir, un brin de regret articulant sa voix.
Tout le long de son récit, Seifer n’avait pas dit un mot. Préférant le mutisme aux interventions impromptues, il avait continué de la fixer. A présent, un certain mélange de défis et de méfiance s’insinuait dans les traits de son visage. C’est d’un timbre sec et ferme qu’il s’adressa à nouveau elle :
_ Comment tu sais tout ça? Cette histoire sur ta mère là… Julia… Comment est-ce que tu pourrais savoir autant de choses sur elle?
_ Grâce à mon père. D’ailleurs, c’est l’une des seules chose qu’il m’ait dite à son sujet… En fait, je ne crois pas qu’il aime me parler d’elle. Ça doit lui rappeler de trop mauvais souvenirs…
_ Non. C’est un adulte, c’est plus simple pour lui de se débarrasser des choses qui l’encombre.
Derrière eux, le ciel se nuançait d’orange et de jaune. L’aube. L’éveil du jour.
Linoa s’était laissé allée à un demi sommeil et Seifer, qui lui tournait le dos, contemplait l’horizon. D’où il était, il pouvait voir au loin deux nations qui se faisaient la guerre à grand éclat. Il s’adressa à la jeune Heartilly :
_ Hey, toi! Je voulais te dire… T’es pas responsable des malheurs qui t’entourent, OK? Ce soldat là, il est mort en essayant de te protéger c’est ça? Alors rends lui service : profite de ta vie tu veux, et éloigne toi des rouages de la guerre. T’es pas faite pour ça.
Il reprit la gunblade qu’il avait planté dans le sol quelques heures plus tôt, les yeux clos il cantonna :
« Viens à moi, asphalte protecteur! »
Une légère bise vint agiter les brindilles et tournesols qui sillonnaient le champ. Et se matérialisant comme si il surgissait de nul part, un énorme chien vient se poser face à Linoa, toujours à moitié endormie. Seifer, légèrement attendri par l’animal, s’approcha et lui caressa son pelage marron, qui se mêlait avec harmonie à une teinture nacrée. Il lui chuchota à l’oreille :
_ Prends soin d’elle d’accord? Je me fiche de ce qu’elle est, mais elle a rien à faire ici. On est a deux pas du champ de bataille, elle pourrait se faire tuer n‘importe quand. Emmène-là chez elle, protège là jusqu’au bout. Je compte sur toi, Angel.
Le chien lui répondit d’un aboiement sec. A petite foulée, il s’approcha de son invoqueur et lui lécha la main dans un geste qui se voulait réconfortant. « Je prendrais soin d’elle », semblait-il dire. Affichant pour la première fois un sourire, Seifer porta à nouveau ses yeux bleus vers la silhouette de Linoa.
_ A la prochaine. »
Puis dans un dernier élan, il se tourna à nouveau dans la direction du champ de bataille. Là-bas, deux nations, Galbadia et Balamb, s’affrontaient dans une guerre occulte sans pareille, où magie et combat s´entremêlaient en un spectacle sanglant.
Et il le leva son épée au ciel, les yeux fermés.
Et il murmura au monde : je vais me battre. Je vais te protéger de ma vie.
Et il chargea, son Hypérion brandie.
Le temps passé dans le Laboratoire Geyser avait durcit son coeur, renforcé son corps, mais rien au monde n’avait terni sa devise : il protégerait le monde au prix de sa chair. Aussi loin qu’il pouvait remonter dans les cuves du temps, seule une comptine, chantonnée par ce qui semblait être sa mère, lui revenait en tête.
« Petit enfant deviendra grand, petite fleur aimée l‘accompagnera,
à l‘aube des soleils levant.
Petit enfant deviendra grand, à la lumière des étoiles couchantes,
Souriant à la vie et déclarant au monde : je te protégerais de ma chair. »
C’était là le seul et unique souvenir qu’il conservait de ses parents. C’est du moins ce qu’il en pensait. Et ce chant, ce fut une flamme, un brasier intouchable qui n’avait cessé de germer au creux de âme. C’est-ce qui lui avait permis de survivre. C’était la clé qui lui avait ouverte toutes les portes du laboratoire Geyser. C’est en se récitant ce chant à chacun des moments où il se sentait partir, que Seifer réussi à s’échapper de cet enfer.
Aveuglé par son jeune âge, ce combattant né se jetait à corps perdu dans un champ de guerre où horreur et agonie composaient à l’unisson une peinture macabre. Peut-être peut-on considérer cela comme un acte fou, irréfléchie, mais à cet instant, Seifer ne faisait que suivre les impulsions qui avaient depuis toujours guidé son cœur. Ainsi, pour protéger ce qui lui était cher, pour sauver le peu de vie qu’il restait en lui, il s’élança, les yeux fermés, tout sentiment délaissé, vers la bataille.
« Et je reviendrais vivant ! » Hurla-t-il aux cieux.
Mais là, il se trompait.
Les premiers battements du jour vinrent bercer le réveil de la jeune Linoa Heartilly. Sans savoir vraiment pourquoi, peut-être sans même s’en rendre compte, elle avait déversée durant son demi sommeil, une pluie de larme, de gémissements, qui recouvrirent l’espace de quelques heures, le silence ambiant. A ses côté, une chienne au magnifique pelage marron blanc, n’avait cessée de braquer ses pupilles sur la jeune fille, soucieuse de respecter les dernières paroles de son ancien maître. S’étirant avec douceur, Angel approcha son museau de Linoa, toujours avachie sur le parterre de fleur, sa gueule se contorsionnant en une drôle d’expression; elle semblait murmurer : « Lève-toi. Il faut partir. »
Avec des gestes lent, la fille du général Caraway parvint à se hisser hors de son sommeil, laissant à l’air libre ses iris marrons. Fatiguée, Linoa ne comprit pas tout de suite où elle se trouvait. Les derniers échos de la nuit passée en compagnie de Seifer, lui semblait être un long et lointain souvenir dont elle ne conservait que des bribes; une chevelure blonde, une longue veste mi-blanche mi grise, une leur d‘espoir… Levée, les brumes s’estompèrent et par de vifs concentrées d’image, tout ce qui lui échappait lui revint d’un trait. Elle essuya son visage qui s‘embuait de tristesse et remarquant enfin sa présence, s’agenouilla près du chien qui ne l‘avait pas quitté des yeux. Ne cherchant pas à savoir à qui appartenait l’animal, ne prononçant pas même un mot, elle lui sourit, d’un mouvement de lèvres sincères. Ses paumes vinrent tendrement caresser l’animal, qui lui répondit en lui léchant la main. Un fil invisible semblait les lier, comme si leur cœur se rapprochaient inexorablement l’un à l’autre, comme prémices d’une amitié naissante et profonde.
A pas feutrée, Angel s’avança un peu plus vers sa nouvelle maîtresse, se cabra tel un cheval et sembla lui murmurer à travers son regard : « Monte. Je te ramène chez toi. » Et comme pour lui répondre, Linoa prit place sur le dos de la bête, qui s’élança, face au vent, en route vers une odyssée d‘un mois, qui la ramènera saine et sauve chez elle. A son retour, d’abord inquiet, son père lui adressera sa colère, puis soulagé, l’enveloppera de ses longs bras protecteurs. C’était là la vie à laquelle elle appartenait depuis toujours.
Et alors que le paysage changeait peu à peu de forme, que les champs jaunes devenaient collines vertes, Linoa lança un dernier regard en arrière et le timbre empli de chagrin, chuchota à l’asphalte :
« A la prochaine, Seifer. Moi je m’appelle Linoa. Linoa Heartilly. »
Une fine larme accompagna ses mots, tandis qu’elle s’éloignait de plus en plus du champs de bataille. Après tout, elle aussi avait les pouvoirs d’une bohémienne. Elle aussi, pouvait écouter durant son sommeil.
***
Un. Le lobe intérieur gauche de la cage thoracique est touché. Mort, le soldat vaincu s’effondre à terre, rejoignant ses compères dans les bas fond du trépas. Deux. C’est cette fois la clavicule qui est brisée. Se vidant de son sang, un nouveau guerrier vint retrouver l’espace grandissant des macchabées. Trois. La giclure de sang occasionnée vint se répandre sur sa longue veste blanche, maculant l’habit de traces rouges. Il s’était écoulé quelque heure depuis que Seifer avait quitté l’espace chaud et tranquillisant du champs de tournesols, et à présent, son Hypérion sabrait la moindre parcelle de vie qu’elle pouvait atteindre. A des kilomètres au-dessus de sa tête, la voûte céleste s’assombrissait à intervalle régulier, comme pour refléter les atrocités dont elle était le témoin. Des cadavres par centaines gisaient sur le parterre embaumé d’agonie, des volutes de fumées s’échappaient de toute part; des cris, des rugissements même, retentissaient de par et d’autre.
Et au milieu du décors funèbre, Seifer se tenait là, l’épée en garde, se battant avec rage et hargne. Jusqu’à présent, trois étincelles de vie s’étaient éteintes de ses mains.
Tuer… Je n’avais encore jamais connu ça. Au laboratoire, on m’a souvent raconté que c’était nécessaire, primordial, pour survivre dans ce monde. Alors la première flamme de vie qu’il m’est apparu, je l’ai arraché à son existence; le premier petit animal, la première plante que j’ai vu en sortant… Je les coupé, tué, avec cette même rage qui m’anime lorsque je manie l’épée… Suis-je destiné à répandre le sang? J’ai peur… Mais je ne comprends pas, enroulé dans la crainte, quelque chose, je ne sais pas quoi, me pousse à agir… Me battre, mettre ma vie en jeu; cela m’excite t-il tant?
Vive ma connexion! ;_ ;
:up déguisé:
J´aime bien les gens qui se disent d´entrée fidèle lecteur dès la première page pour disparaître ensuite ...
Bref, sache que j´ai lu ( pas tout il me reste encore 2 pavés que je vais lire desuite ), que j´ai adoré, que je compte bien revenir demain en esperant que t´ais posté la suite d´ici là.
Je sais pas qui de nous 2 est le plus chanceux sur le coup, car en général je ne clique jamais sur ce "genre" de fic ( Entends par là FFVIII et compagnie ... ), mais cette fois, comme j´avais envie de recommencer FF8, je me suis pas trompé, et t´as un nouveau lecteur. ![]()
Bon alors j´ai lu ce qui me manquait, ça me plaît toujours autant. J´apprecie que tu t´interesses à Seifer.
En fait, j´ai trop les boules car j´aimerais plus que tout recommencer FF8, à cause de toi en partie, et que mon jeu ne marche plus. ![]()
Il faut les comprendre, ils ne sont pas obligé de lire si ils ne le veulent pas ou n´en ont pas le temps ^^ Et puis je n´écris pas uniquement pour être lu :p
Sinon merci de ta lecture! Pour FF8, prépare ta tirelire, parce qu´il est pas toujours donné, surtout sur internet. Vois avec tes potes pour que l´un d´entre eux te le prête, comme pour FFVII, l´acheter se résumera souvent à une belle arnaque...
Et puis je n´écris pas uniquement pour être lu :p
Dans la mesure où l´on poste sur un forum, je presume que c´est pour être lu. De toute façon, dans ton cas, il serait bien dommage que tu gardes tes ecrits pour toi tout seul.
Oui je sais ça, mais je ne devrais pas avoir de problème à me le faire prêter. ( du moins j´espère. ^^ ) Encore faut-il que ma saloperie de Playstation 2 arrête de deconner et me lise mes jeux, bordel !
Bon enfin, je remarque qu´il n´y a toujours pas de suite. ![]()
Il y en a une. L´histoire est même beaucoup plus avancée et s´est bien plus développé, mais je ne vais remettre un nouveau pavé sur cette page, je crois que ça ferait un peu trop... Je vais laisser le temps aux autres de lire petit à petit et là je mettrais la suite.
Donc si j´ai bien compris, j´ai plus qu´à poster des messages totalement inutiles ( comme celui-là ^^ ) pour vite passer à la page suivante.
Enfin... tu prends le risque de me perdre comme lecteur, mais c´est toi qui voit. ![]()
Puisque tu insistes tant, mon cher Pezzou, voici la suite (au prochain post) ^^
Et alors qu’il s’avançait au milieu des combats, il entrevit à quelques dizaines de mètre devant lui, deux éclats de lumières qui semblaient se défier. Il ne s’en saurait pas soucié le moins du monde si elles avaient appartenu à de banals soldats, mais les silhouettes qui se dessinaient à mesure qu’il s’approchait n’y ressemblaient pas. Elles étaient petites, plus petites que lui. Arrivé à hauteur des deux combattants, il pu enfin les distinguer avec davantage de clarté. L’une semblait être une jeune fille, pas plus âgée que celle qu’il venait de quitter. Ses cheveux courts resplendissaient d’une teinture grise, presque blanche et son bras s’était armé d’un énorme shuriken bleu. Face à elle, un jeune garçon à la peau matte, la silhouette étonnamment musclée pour son âge, répondait à ses assauts d’un énorme bâton de bois, façonné à la mode des amérindiens. Si ces armes pouvaient paraître incroyablement enfantine dans un tel champ de bataille, il n’en était rien : de chacune d’elles jaillissaient un destructeur pouvoir magique, qui était la principale cause du désastre ambiant. Du shuriken s’échappaient de gigantesques ouragans, tels de monstrueuses bêtes aux crocs acérés, déchiquetant avec cruauté ce qui leur tombaient dessus. Quel impressionnant pouvoir! Le visage de la petite fille était sans équivoque : elle était prête, sûrement autant que Seifer à cet instant, à se battre, à perdre sa vie. Il explosait de son pouvoir un tel rugissement de volonté… Mais elle n’était pas la seule. Le jeune garçon qui la combattait lui rendait ses coups par d’aussi puissants jets de lumière; il semblait maître de la foudre. A mesure qu’il se jetait sur son opposante, le ciel se couvait un peu plus d’orages, d’éclairs, qui venaient le soutenir dans sa lutte. Ces parcelles de lumières électriques s’installaient avec grâce dans son bâton de bois (ce qui constituait un phénomène paradoxal) et se lançaient à la vitesse de loup, vers la moindre partie du corps adverse qu’elles pouvaient atteindre. L’affrontement semblait alors s‘équilibrer. Semblait seulement.
Les deux assaillants, furent-ils d’égal force, détruisaient le maigre paysage qui les entourait, sans se soucier le moins du monde des dommages causé, corps et âmes perdu dans le combat. La jeune fille s’écria alors dans le tumulte :
« _ Abandonne Raijin! Tu n’es pas de taille face à moi! »
Et une myriade de jet céleste jaillit de son corps, telle une invocation religieuse, heurtant à la volée le jeune garçon, peu réactif. A terre, les bras en croix, le dénommé Raijin semblait vaincu. Ses lèvres remuèrent péniblement, comme dans un dernier souffle expié, lâchant ce qui aurait du être son dernier soupir : « Fujin… ». Et la petite fille, comme pour le suivre, vacilla dangereusement, tomba à genoux, la tête baissée, comme si le repentir engourdissait aussitôt ses membres de force. Regrettait t-elle de s’être battu ainsi? Ou peut-être voulait-elle cacher au monde son chagrin, qui se reflétait dans ses larmes? Sans crier gare, Seifer s’avança alors à pas lent vers les deux jeunes combattants. Désormais, il ne considérait pas plus que ça toute l’agitation ambiante, il ne ressentait plus l’ardeur de son Hypérion et ses yeux continuaient de fixer le corps inerte de Raijin. Au fur et à mesure, de petits miroirs, échos du combat entre ces deux jeunes gens, jaillissaient dans son esprit, reflétant par des bribes ce qu’il venait à peine de voir. La dénommée Fujin avait fait preuve d’une impressionnante volonté et d’un pouvoir qui dépassait de loin tout ce que Seifer avait pu voir, imaginé ou rêvé, dans le Laboratoire Geyser. Mais ce n’était pas la véritable lueur que ses iris bleutées percevaient en elle. Confiné dans un écrin de lin, au plus profond d’elle-même, un havre de douceur, de tendresse et d’innocence… C’était le jardin de fleur qui se cultivait en elle-même, jaillissant parfois à la surface, par sa chevelure blanche neige, sa peau si douce derrière des traits artificiellement sec, ses larmes incolores, témoins de la pureté de son âme.
« _ Qu’est-ce qu’il représentait pour toi?
Arrivé à sa hauteur, Seifer lui fit face et s’adressa à elle comme si de rien n’était. On eut dit la suite d’une conversation laissée en suspend quelque instant plutôt. Fujin, malgré ses efforts, n’arrivait pas à relever la tête. Et d’ailleurs, pourquoi le devrait t-elle? Si c’était un ennemi, la mort lui serait assurée et elle pourrait les rejoindre tous… Si ce ne l’était pas, qu’avait-il de mal à répondre à cette question? A présent, plus rien ne pouvait l’atteindre, plus rien ne pouvait toucher son cœur d’ores et déjà parti pour l’autre monde. Bien que secouée de sanglots incontrôlable, Fujin répondit d’un trait, sans marquer de pose, les yeux toujours rivé au sol.
_ Un ami. On était comme les doigts de la main, à Balamb. Il a toujours été un peu con, jamais capable de me comprendre vraiment… Mais…
Et tandis que sa voix se perdait dans les échos lointain de la guerre, Seifer s’agenouilla à son tour et posa ses mains sur les épaules de la jeune fille. Les effets furent immédiat. En quelque seconde, ce fut comme si un baume parfumé enveloppait le corps Fujin, revigorant ses membres, soignant ses plaies… Les larmes se séchaient d’elles-mêmes quelque part au niveau de ses paupières, comme si soudainement les éclats d’un soleil radieux illuminaient son visage humide. Le guerrier à la veste blanche se pencha légèrement en avant, apportant un peu plus de chaleur au chagrin de Fujin, afin qu’elle puisse poursuivre son récit.
_ Et puis c’est arrivé… Sa mère vivait à Galbadia et lui implorait de revenir à elle… Elle prétendait être mourante. Je lui ai dis… Je lui ai répété de ne pas y aller, qu’ils appelaient un à un les soldats au front, mais il n’a pas voulu m’écouter… Nous nous sommes disputé devant chez moi et il est parti… Je ne l’ai plus revu depuis ce jour. Quelque mois après, j’étais moi-même appelée au front… C’était ma seule chance de le revoir et…
Leur regard se percutèrent alors. Des yeux couleur perle, au regard profond, d‘où s‘arrachaient avec difficulté de petites gouttelettes d‘eau. Et d’une infinie tristesse, elle avoua enfin :
_ Je n’ai que lui.
Ce fut seulement à ce moment là qu’elle se rendit qu’elle s’ouvrait à un quelqu’un qui lui était totalement inconnu. Elle releva alors la tête avec brusquerie, une onde de « quoi, comment » saccageant ses esprits, repoussant violemment de ses main meurtris la silhouette agenouillé de Seifer. Ce dernier, éjecté à quelque mètre plus loin, se releva presque aussitôt, le regard impassible, l’habit maculé de boue et de poussières.
_ Qui es-tu? Lança Fujin, levée à son tour, prête à combattre de nouveau. Elle semblait proie à une frénésie folle et instinctive. Un Galbadien? Un déserteur? Allez, dis-moi tout avant de tâter du Fujin!
Durant quelque seconde, Seifer parut complètement pris au dépourvu. Fujin avait soudainement reprit les traits qui s’étaient incrusté sur son visage quelque minute plutôt et semblait soudain décidée à se battre avec davantage de brusquerie encore. Mais Seifer, malin, se reprit presque aussitôt; après tout, lui-même était un combattant hors pair, il n’avait rien à craindre d’un tel affrontement futile. D’un geste gracieusement désinvolte, il balaya avec son sabre le tourbillon céleste qui lui avait été lancé. Cette première offensive eue l’effet escompté : en abaissant son arme, Seifer avait perdu toute possibilité de garde, laissant son buste à découvert. C’était ce que Fujin avait prévu. Vive comme un éclair, elle lança son Shuriken chevaucher l’asphalte, la visière braquée sur le cœur de son ennemi. Et comme pour ne lui laisser aucune chance de survie, l’arme se multiplia en plein vol, en deux boule lamées, plus tranchantes qu‘aucune autre épée, aussi aiguisée fut-elle. Une exaltation insoupçonnée résonnait dans le cœur de la petite fille aux cheveux gris : libérer ne serai-ce qu’un peu de son poids lui avait redonné des couleurs. Oubliant la silhouette inanimée de son ami, elle voulait s’adonner à son combat avec tout ce qui lui restait de corps et d’esprit. C’est donc avec une déception manifeste, parfaitement lisible sur son visage jaune, qu’elle se prépara à regarder le trépas inéluctable de son opposant. Il n’en fut rien, cependant.
Beaucoup de choses s’enchaînèrent alors. Les deux Shuriken s’enroulèrent sur eux même juste avant d’atteindre leur cible et disparurent en un gigantesque brouhaha, recouvrant les plaintes qui sillonnaient de part et d’autre le champ de guerre. Presque aussitôt, l’ombre éclaircie de Seifer disparue et sa lame, à nouveau sujette à un accès de rage, réapparut à l’angle du cou de Fujin. Cette dernière semblait tétanisée par une telle célérité. Un maniement d‘épée plus loin et son œil gauche rendit l‘âme.
_ Tu pensais vraiment que ce serait si simple? Railla Seifer, amusé. J’ai vu et combattu des forces auxquels tu n’as jamais pu rêver, même dans les cauchemars les plus sanglants qui ont pu traverser tes songes. » Il s’exprimait avec une certaine aisance, nul impatience ne venant nuancer ses paroles. C’était comme si rien ne s’était produit…
« Je ne suis ni un galbadien ni un habitant de la cité de Balamb, et mes intentions sont toutes autres que la guerre et le sang. »
Fujin ne savait que répondre, de crainte d’engendrer sa propre fin. A cet instant, ses pensées étaient entièrement focalisée sur l’Hypérion qui la menaçait de l’achever à tout moment. Mais peut-être était-ce réellement finie après tout? La douleur provoquée par la perte de son œil gauche émergeait peu à peu à la surface, laissant écouler sur ses joues de fins filets de sang. Elle ne savait plus que penser. Deux idées s’opposaient à grand fracas dans sa tête, l’une l’incitant à accepter l’inévitable, rejoindre Raijin dans les limbes, l’autre la poussant à se battre avec les derniers rouages de la vie qui lui restaient… Un cruel dilemme s’imposait à elle, qui fut rapidement balayé par les paroles de Seifer. Ce dernier manifestait à nouveau une tendance à apaiser les âmes, à y faire couler un flux de paix et de sérénité. Était-ce dû à ses origines bohémiennes?
« _ Raijin n’est pas mort. Et je ne permettrais pas à un être aussi pur que toi de verser le sang. Je comprends ta peine, celle qui anima chacune de tes journées passées loin de ton ami. Ce chagrin continuera de se répandre, tant que toi et lui resterez confiné dans vos vies respectives. »
Où veut-il en venir?
« _ Joignez-vous à moi. Devons maître de nos destins et battons nous pour nos rêves, ensemble! Après avoir soigné Raijin, nous irons à Galbadia, s’occuper de sa mère mourante. »
Était-ce possible? Raijin n’était donc pas mort? Et comme si il avait lu dans ses pensées, Seifer s’avança vers elle, pris ses mains dans les siennes, approcha son séduisant visage du sien et susurra :
« _ Suis-moi jusqu’au bout du monde Fujin et jamais plus tu ne souffriras d’être éloigné de lui. Fais de moi l’écrin de ton cœur, alors je cristalliserais de tes espoirs une réalité où toi et Raijin pourrez vivre en paix. Avec moi. »
Et alors que leurs lèvres se collaient l’une à l’autre en un langoureux baiser, Seifer se mit à penser avec une sournoiserie que l’on ne lui connaissait pas « Tout est pour le mieux. Ces deux là me seront utile… ». Il lâcha également, dans une petite bulle au-dessus de sa tête que seule Fujin pouvait entrevoir à cet instant « Désolé pour ton œil… ».
Il était difficile de croire que tout cela se passait au beau milieu d’un champs de guerre. Mais plus un son n‘agitait les entrailles du combat, nul écho ne venait perturber ce calme inhabituel; il n‘y avait plus âme pour combattre. Tous en étaient retourné à la poussière. Une première bataille venait de s’éteindre et avec elle, des soldats sans nom, dont on ne retiendra rien, pas même un visage ou le timbre d’une voix.
FIN DU CHAPITRE 2
Je précise que je suis moyennement satisfait de cette suite... Je l´ai retravaillé ce matin mais pas suffisamment à mon goût, il y manque encore quelque chose...
Bref, les choses s´accélèrent à partir du chapitre 3, "ça" commence enfin! =D