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Liste des sujets

FFVIII : Il était une fois...

daconta
daconta
Niveau 4
04 novembre 2007 à 21:45:50

:salut:

Voici une petite "fiction", dédiée au jeu vidéo "Final Fantasy VIII", relativement courte et qui relate des faits antérieurs à ceux auxquels nous avons accès. Je préviens d´emblée : l´ héroïc fantasy en elle-même est très peu présente et n´occupe pas le thème principal de mon écrit. Je dirais plutôt que c´est secondaire, voire même tertiaire tant le côté surnaturel est mit de côté (mais pas ignoré non plus, histoire de rester fidèle à l´œuvre dont je m´inspire).

Voilà voilà, tout est dit, je tenais à faire cette précision pour faire face au préjugé facile et tout fait envers l´héroïc fantasy (que je comprends tout à fait^^).

    • ******************************************

FFVII : Il était une fois…

Chapitre 1 : La Bohémienne et le Ventriloque

Une ville assombrie, au soleil couchant, une voûte étoilée empreint de nostalgie et de passé. Deling City, le soir, bien avant que le mécanisme temporel ne s‘enclenche.

Durant tout l’après-midi, de fines gouttelettes d’eau s’étaient échappé des nuages célestes et s’attelaient à présent à recouvrir la majeure partie du sol urbain. Aidé sciemment par un vent concis mais tenace, elles semblaient s’adonner à cette conquête avec joie. Les ruelles vides de toute agitation, ne se doutant de rien, se reposaient d’un sommeil paisible; pas un bruit, pas un pas, ni même les assaillants aqueux, ne vinrent troubler ce repos d‘enfant, bien mérité ma foi. Car si l’écrivain devait peindre cette fois l’éveil et non le sommeil de ce pays, alors le lecteur en aurait, non pas la vision apocalyptique ou ennuyeuse qu’elle pourrait dégager en ce moment, mais plutôt l’image de la vie par excellence, de la luxure et du profond dégoût de tout ce qui aurait attrait à la retenue, à l’abstinence. Au sein de Deling City, luxure et passion rime avec éternité dans l’esprit de tous; au travers de kermesses d’une fantaisie absurde, de ces manifestations de joie excessivement bruyantes ou ne serai-ce encore de par ces décorations festives, qui jonchent et sillonnent chaque habitât, aussi riche ou pauvre fut leur propriétaire. La nuit cependant, était l’alarme qui donnait à la ville elle-même l’opportunité de sortir de ses gons, de reprendre un peu possession de son territoire et de jouer de ses cordes, une mélodie propre à elle-même. Ainsi, on ne s’étonnera pas du plaisir qu’une simple goutte d’eau tombée du ciel puisse éprouver à l’idée de parcourir aussi paisiblement et sans gène, ces magnifiques édifices, de l’arche d’or séculaire en passant par les bas quartiers de la ville, aussi empreint de misère fut-ils. De même, le vent s’était permis de faire fuir toutes éclosions de chaleurs, se faufilant parmi les eaux, tel un félin que l’on aurait contenu dans une cage trop longtemps. C’était un contraste frappant entre deux existences qui, en s’opposant aussi farouchement de part en part, n’en était pas moins lié, par ce mystérieux concept et dieu créateur, qu’est le temps.

Une onde jaillit de nul part. Au loin, c’est une musique qui fait rage, dans le silence et la plénitude la plus totale. « FITHOS LUSEC, WECOS VINOSEC ». Un lamento ? La gouttelette, suivie de ses pairs, se disperse péniblement, entravée par son corps limité en mouvement. Le vent, couard, s’est réfugié dans le néant et ne laisse rien paraître de sa présence. Deling City n’avait alors jamais été aussi étiré entre l‘agitation et le calme, comme elle l’était cette nuit. « FITHOS LUSEC, WECOS VINOSEC ». La peur, l’inquiétude que provoque toujours l’inconnu, ce petit déclic qui jaillit du noir lorsque le petit enfant toise le dessous de son lit avec la crainte d’y voir surgir un monstre de ses cauchemars… « FITHOS LUSEC, WECOS VINOSEC ». Jamais ce pays n’avait été sujet à un tel vacarme, aussi silencieux qu’assourdissant.

Sous l’arche d’or qui surplombe la place centrale, au milieu d’une foule tant prolétaire qu‘aisée, c’est la peinture de deux artistes qui s’exhibent. Nageant dans l’air ambiant, accompagné d’un voile transparent, une longue chevelure brune encadrait le magnifique visage de la bohémienne. « Fithos, Lusec… » Son délicieux corps, dénudé au niveau de son ventre creux, se hanche et se déhanche au rythme du chant latin. « Wecos, Vinosec… » Sa proéminente poitrine, aguicheuse, se mousse et se trémousse, découvrant au travers d’un habit nacré, une forme ronde parfaite. On eut dit un corps qui, en plus de refléter la perfection, se moquait éperdument de l’attraction terrestre et qui dansait comme nul autre aurait pu danser. Qui soufflait à la grâce même son essence. Sa robe pourpre vagabondait, valsait même avec ses fines jambes, emplit d’aisance, d’amplitude, de lenteur et de passion. Ses yeux clos empêchaient à tous d’y percevoir la couleur, mais chacun y devinait une autre beauté divine cachée sous ses paupières maquillées au crayon noir. Elle dégageait l’aura d’une peintre qui, peignant son œuvre, écoutait attentivement la muse qu’il lui insufflait l’inspiration. « Fithos, Lusec… Wecos, Vinosec… » Évidemment, habitée de telles émotions, la jolie bohémienne ne pouvait chanter.

Sous cette même arche séculaire, un tantinet plus discret que son amante, le musicien au visage cireux et marqué, était à l’origine du lamento latin. Qu’il fut observé d’un œil averti ou par le plus niait des spectateurs, les instruments dont il agitait les cordes n’auraient pu paraître si étrange et déplacé. Son violon et son piano s’était déguisé en bout de bois coloré, qui eux-mêmes avait prit une forme inhabituelle : d’un côté une version grossière de ce qui serait pour nous un Pinocchio honnête, de l’autre un pain d’épice qui n’aurait rien de comestible. Ces marionnettes, guidés par la magie de leur maître, se tenaient dos à dos, quelque centimètre devant la danseuse et s’attelaient à interpréter, toujours par procédé magique, un ancestral chant latin. « FITHOS LUSEC, WECOS VINOSEC ».

En somme, l’épaisse nuit de Deling City, offrait à ces deux progénitures de l’art, une liberté illimité qu’ils pouvaient user pour y déverser un peu de leur âme. Ce dit, à travers tout cet élan de poésie, il était essentiellement question d’argent. Car, loin de ne pas habiter leurs pinceaux de passion, Cid Kramer et sa femme, subissait également la misère et la pauvreté d’un couple qui s’était mit en ménage trop jeune. Peut-être était-ce cela qui donnait à la danse d’Edea, aux marionnettes de Cid, une telle empreinte de vie. Lorsque les fithos et les lusec se mélangèrent aux Wecos ainsi qu’au Vinosec afin de retourner au néant; lorsque la magie de la bohémienne, qui n’avait rien de surnaturel, s’estompa à l’image de sa danse, un amas de spectateurs éblouis mais comblé, vint à leur rencontre, surgissant de l’ombre, des buissons, des parcs, des maisons.

Si avant ce déluge, la nuit avait été calme, à présent, seul le tintement des pièces d’or qui rejoignaient le sac des deux amants rompait le silence ambiant.

« _ 572 Gils pour aujourd’hui… Pas mal du tout hein! Lança une voix fatiguée mais heureuse.

_ C’est formidable… Tu sais mon amour, je crois que je n’y serais jamais arrivée sans toi… Tu es vraiment un musicien qui fait de moi un instrument à ta merci… et sache-le, j’aime la mélodie que tu as insufflé dans ma peau susurra la jeune et jolie Edea, un sourire ému aux lèvres et le regard embué d’amour.

Un petit rire nerveux accompagna ce témoignage d’amour, puis faisant les comptes à nouveau, le fils unique des Kramer murmura :

_ On en a suffisamment pour passer une nuit à l’hôtel et pour manger demain de bon appétit… »

Souriant à sa douce, il s’approche avec douceur de son corps parfait. Il l’enlace, colle les seins ronds de la bohémienne à sa poitrine, agite une main ferme sur ses fesses élancées et lui dépose avec tendresse un baiser. Cajolée et protégée par son homme, Edea se laisse faire, et, lentement, petit à petit, se mit à rendre le baiser à son âme sœur, sa moitié, son cœurs. Cette amour n’avait jamais brillé d’un éclat aussi pure et sincère qu‘à cet instant. Mais les ficelles du temps étant ce qu’elles sont, ce même instant ne dépassera pas le seuil de la journée suivante.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
05 novembre 2007 à 00:16:05

Question : c´est une fanfic pour les fans ou je peux comprendre (autrement dit, y´a pas trente-cinq termes techniques inconnus et les personnages/lieux sont décrits un minimum) même sans avoir touché à un FF?
________________________________________________
C´est en buvant une goutte d´eau que l´on se rend compte de sa soif.
"L´homme choisit, l´esclave obéit." (Andrew Ryan)

daconta
daconta
Niveau 4
05 novembre 2007 à 11:33:07

Tu pourras comprendre le texte sans avoir touché à un FF, le problème étant que tu percevras le texte différemment et que tu passeras à côté de quelque clin d´œil : mais c´est tout ;)
Pour les termes techniques, le nom des villes mis à part (vu que ce n´est pas très important), tout le reste sera expliqué et détaillé.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
05 novembre 2007 à 13:53:08

Très bien, heureusement que tu m´as dit ça parce qu´effectivement...c´est excellent, purement excellent. Tu as un style très bon et maîtrisé (ça me rappelle celui d´Amir sur certains points, la manière dont tu décris la ville par exemple), très peu de fautes ("niait"^^), et tu as réussi à me captiver, ce qui n´est pas si facile avec un texte où il n´y a grosso modo que de la description.

Bref, tu as au moins un lecteur d´acquis. :) Ca faisait longtemps que je n´avais pas été aussi agréablement surpris et envouté par un texte, et j´en suis tout content. :-)
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C´est en buvant une goutte d´eau que l´on se rend compte de sa soif.
"L´homme choisit, l´esclave obéit." (Andrew Ryan)

Zangetsu05
Zangetsu05
Niveau 10
05 novembre 2007 à 14:42:03

Je crois avoir remarqué un petit problème...
"FFVII : Il était une fois… "
C´est pas plutôt FFVIII?

Sinon, en tant que fan inconditionné de la saga Final Fantasy, je ne peux qu´apprécier une fic de cette qualité (ce qui est extrêmement rare sur ce forum :hum: ). C´est agréable à lire, l´univers est très bien posé ce qui rend l´immersion quasi-totale.

Tu viens d´acquérir un deuxième lecteur fidèle ^^ :ok:

Epitaph
Epitaph
Niveau 10
05 novembre 2007 à 15:03:23

"ce qui est extrêmement rare sur ce forum :hum: "

Ce qu´il faut pas lire comme connerie...

Sinon en tant que fan incommensurable de FF8, tu peux compter sur ma lecture prochaine :-)

Marcel-Proust
Marcel-Proust
Niveau 9
05 novembre 2007 à 15:05:48

J´ai eu un peu de mal avec les descriptions... la fatigue sans doute...

Zangetsu05
Zangetsu05
Niveau 10
05 novembre 2007 à 18:27:58

Epitaph :d) Quand je parle de "ce" forum, ce n´ets pas celui d´écriture, mais celui de FFVII...

srphirothn98
srphirothn98
Niveau 10
05 novembre 2007 à 23:25:39

J´me devais quand même de lire, FFVIII ayant été mon premier RPG et je suis pas déçu. Je m´attendais à mieux après les commentaires mais je tombe pas de trop haut, c´est vraiment bien, surtout pour du descriptif. J´ai trouvé la première réplique d´Edea un peu artificielle mais c´est la seule "critique" que j´ai.

En tout cas, ça fait plaisir de retrouver Edea et Cid ( surtout Edea en fait^^ ) et je lirai sûrement la suite.

PS: T´aurais du mettre un lien pour la musique, lire avec Liberti Fatali en fond renforce vraiment l´effet.

daconta
daconta
Niveau 4
06 novembre 2007 à 01:39:55

Zangetsu > "C´est pas plutôt FFVIII?"
Exact, petite faute de frappe de ma part. Il faut dire qu´entre tous ces F et ces V et ces I, j´ai toujours eu du mal ^^

Merci à tous pour vos remarques, particulièrement à Srphirothn (à mes souhaits!) concernant la réplique d´Edea : comme toi, je la trouve affreusement artificielle, sans aucun doute étrangère à ce que je montrerai de sa personnalité à l´avenir... :x Je change ça de suite!

Sinon je tiens à dire que seul le premier chapitre (qui se clôturera dans un prochain post) est aussi descriptif. C´est un peu un prologue, une introduction sans en être une, pour les deux protagonistes principaux : Cid et Edea ;)

daconta
daconta
Niveau 4
06 novembre 2007 à 01:47:30

***

« Muiiinnn, Muiinnn! Muinnnn muinnn »! Entre deux mugissements courroucé, entre deux vifs battements de cœur, un regard apaisé brillant dans ses pupilles bleutées, Cid s’accorda un répit qui ne durera que quelque minute. Peut-être plus ironiquement qu’il ne l’aurait fallu en ces circonstances, sa mémoire fit défiler quelque part au-dessus de sa calvitie naissante, les dernières longues minutes qui s’étaient écoulées, sous forme d‘un film hollywoodien à vitesse grand V. D’abord l’évanouissement de sa bohémienne, l’élancement vers une chute qui semblait sans fin, puis l’étonnement, la surprise qui débouchèrent inéluctablement vers la crainte. Un Spielberg de notre époque se serait sûrement senti petit à côté de ça! Puis vinrent les neufs prochains mois, au son d’un George Lucas à la guerre des étoiles discrète, aussi long que bref; neufs mois d’inquiétude, à satisfaire les caprices d’une femme dont les tourments semblaient échapper à toute compréhension masculine. « C’est mieux comme ça! » Lança une petite présence maligne dans un recoins de sa tête. « Muiiinnn, Muiinnn! Muinnnn muinnn ». Cette nouvelle détonation l’incita à retarder l’inévitable, braquant dans un premiers temps ses lunettes vers l’insigne : « Bienvenue chez Geyser! ». A nouveau, quatre balles véloces surgirent de part et d’autre de ses tempes. Le sniper isolé qu’avait été le petit Kramer tout le long de sa vie, voyait à présent son propre revolver pointé vers son cœur, prêt à l‘achever. Si la détente était à nouveau pressée, en résulterait un tir à bout pourtant auquel il ne survivrait pas, il le savait. Si son cœur l’avait toujours ressenti ainsi, peu à peu, l’influence de sa belle s’était insinué dans son mode de vie. Interpeller l’amour par son nom, déroger à son destin tout tracé, se lier d’une quelconque façon au sentiment le plus beau qu’il eut jamais connu… Jamais pourtant, ses pensées ne l’aurait amener à prédire que son pèlerinage avec Edea s’achèverait ainsi, dans le laboratoire grisâtre du célèbre Geyser. Peut-être que si ce dernier, quelques heures auparavant, avait prit la peine de lui mentir, comme tout bon médecin se serait permis de le faire pour quelque instant en plus de bonheur, sa pensée s’enroulerait différemment. Mais la fourberie du scientifique l’éloignait ostensiblement de ce que pouvait être à médecin dans ce monde, aussi différent que puisse être cette notion dans le notre. Car loin s’en faut, l’effusion de joie qui avait animé l’annonce de l’arrivée imminente d’un fils, était aussi réel pour Cid que son amour envers sa femme. La tragédie cependant avait eue vent de ce bonheur insondable, et c’était mêlé à la partie…

« _ Il y a un prOblèm Siid… Couina la voix du Docteur Geyser, quelques minutes après l’accouchement.

Trop empreint à un bonheur qu’il leur avait été refusé si longtemps, la nouvelle ne semblait avoir atteint le cœur de Cid. C’est un peu comme si le fait de savoir Edea en vie, après ses neufs d’agonie, lui conférait un gilet par balle spirituel, insensible et sourd à la joute du scientifique.

« _ Elle nèz pas nOrrmall… Je crrois ke le bébé…

La mention du bébé fit taire l‘écho de bonheur qui sonnait joyeusement dans son esprit.

« _ Bin… Il va mourrrir… Le gosse… Saaauf si tu mle laisse… Je pourrrè en fère kelke chose d’utille…

« _ Mais… Et Edea? Qu’est-ce que tu fais d’Edea?

A cet instant, une fureur glacée, que même la patte de l’auteur ne pu retranscrire en mot.

« _ Kelle importance? Racoonnte lui une hiztoir kelkonnnque… J’apprrrrouveré si nézessaire… »

De manière aussi soudaine et incompréhensible qu’insolente, un sourire vint se former aux coins des lèvres du ventriloque. C’était un peu la marque d’un anime brisé, qui, tournant le dos aux larmes et à la peine, se laissait aller à un sourire désabusé. Toujours quelque part, dans les bas fonds de son cerveau, une phrase se promenait gaiement : Les Kramers, bouc émissaires désigné du destin. Un peu clichés quand même… se permit-il de penser, toujours sous les traits d’un sarcastique accablé. « Muiiinnn, Muiinnn! Muinnnn muinnn ». Un pas. « Muiiinnn, Muiinnn! Muinnnn muinnn ». Deux pas. « Muiiinnn, Muiinnn! Muinnnn muinnn ». Trois pas. Puis finalement dix neuf foulées. Deux minutes et quarante deux secondes. Décrit de la sorte, cette éternité ne représente qu’une infime partie de la vie humaine. Une démarche chaloupée, hésitante, tel un suicidaire qui porte un monde trop lourd sur ses épaules trop frêles, l’amène au chevet de sa bien-aimée, endormie. Le révolver qui était braqué droit sur son cœur avait décoché une douzaine de balles, plus qu’il n’en fallait pour le mettre à terre. Il était mort depuis trois minutes et une cinquantaine de secondes, son cadavre gisant auprès des révélations tranchantes du Docteur. Sans doute influencé par son excursion à Deling City, le temps révélait là sa déplaisante fantaisie.

Edea, bien que sous l’effet d’un sommeil tenace, toujours inconsciente, l’entendait. Ou l’écoutait plutôt. Peut-être était-ce dû à sa stature de bohémienne, à cette image dont elle avait tant souffert enfant, qui voulait que ces personnes là aient une perception des choses différentes. Pour elle, les cinq minutes passées avaient plus l’allure d’une plaisanterie aussi bassement ignoble qu’insensée, que son mari ne tarderait pas à balayer de sa magie. Une parole rassurante, un geste de réconfort, Cid en était sûrement capable…

« _ Tu te rappelle de la fois où nous nous sommes rencontré? Dit-il, sur un ton empli de tendresse.

Un épit se dégagea de la chevelure noircie de la bohémienne et vint s’allonger péniblement sur son front. Cid le prit comme un avertissement.

« _ Tu as raisons… Ça ne me ressemble pas, d’évoquer de vieux souvenirs… Je ne l’ai pas compris après deux ans de mariage, mais tu n’as jamais aimé que l’on remonte le cours du temps…

Comme pour lui répondre d‘en venir aux faits, l’épit s’exila d’un pas vif vers le sourcil gauche de la jeune femme.

« _ Tu en demande trop à un pauvre lâche comme moi Edea… Si j’ai choisi d’en recourir aux poupées, plutôt que de chanter de ma propre voix, tu le sais bien, c’est que j’en ai jamais eu le courage… Mais peut-être m’en reste t-il assez pour te poser la question… Comment l’appellerais-tu, ce fils aux mèches blondes si énergique?

L’emploi du conditionnel ne sembla pas échapper à la future malheureuse et son corps parvint à se mouvoir douloureusement, en guise d’inquiétude : la main gauche d’Edea, où une bague de fiançailles sertie d’un griffon ornait son index, vint se poser sur le genoux de Cid. L’impact le fit frissonner.

« _ Je n’ai jamais aimé choisir… Alors je crois pour un enfant aussi vivant, Almasy serait un bon prénom non? Tu ne le sais peut-être pas, mais c’est ainsi que se nomme le général qui guide les troupes de Balamb vers la prochaine guerre occulte… Il insuffle le respect et le courage à ceux qui le suivent… Qu’en penses-tu?

Avant que ses mèches, ses mains, ses jambes ou tout autre partie de son corps ne puisse lui répondre, il finit par éclairer la vérité :

« _ Et j’aimerai que l’on lui laisse une partie de toi aussi… Il a déjà mes cheveux, mes yeux, alors parce que tu ne peux le faire toi-même, je vais lui léguer un présent de sa mère. Seifer. C’est le lieu où tu es née, cette superbe colline en amont d’Esthar… Un petit rire vint saupoudrer sa réplique. C’est vrai, tu n’aimes pas revenir en arrière… Dans mon cœur et dans le tiens, à jamais, cet enfant mort-né s’appellera : Seifer Almasy. »

Que répondre? C’est sûrement ce que se serait dit Edea si elle était en l’état de le faire. Puis à nouveau, l’étau du temps se serra quelque part au niveau de sa poitrine. Dit quelque chose. Une seconde. Dit quelque chose. Deux secondes. Dit quelque chose bon sang… Et comme pour répondre au signal de détresse d’un bateau à la dérive, les longs bras de Cid vinrent entourer tendrement le corps de la bohémienne, qui se souleva l’espace de cet instant. Elle crue ressentir dans son dos, l’écoulement d’une rivière froide, où chaque larmes témoignaient d’un instant de regret et de chagrin.

« _ Je suis désolé… Pleurait-il. Vraiment désolé… »

Prise dans les bras de son mari, les six sens d’Edea s’éveillèrent à l’unisson et ses yeux révélèrent enfin leur couleur : rouge. Rouge de colère et de tout sentiment, aussi abstrait fut-ils, que pouvait procurer une telle perte; un enfant qu‘elle venait seulement de mettre au monde…

« Muiiinnn, Muiinnn! Muinnnn muinnn ».

Seul le bruit lointain d’une gifle monumentale fit taire les plaintes de l’enfant. A quelque mètre de là, c’en était fini du couple Kramer. La graine de l’amour entre ces deux êtres s’était fané, avant même d’éclore en une fleur. Plus jamais la bohémienne n’exécuta sa danse sous l’œil charmé du monde et jamais plus le Pinocchio et le pain d’épice n’auront la joie d’être, l’espace d’un spectacle, d’une représentation, un peu plus que de simple bout de bois. La bohémienne et le ventriloque ambulant n’était plus...

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
06 novembre 2007 à 08:26:39

En tant que pas-fan, je n´ai pas encore trouvé le courage de lire, même si le fait que Az´ a apprécié m´inclinera sans doute à le faire :-)

Nan en fait j´ouvrais ma gueule parce que j´ai vu une faute en bas de page : "La bohémienne et le ventriloque ambulant n’était plus..."
=> "n´étaient"

Voilà :-)

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
06 novembre 2007 à 13:03:39

C´est pas gai ton truc.^^ Enfin je crois pas que les FF soient réputés pour cela.
Bon, euh j´ai pas tout compris, j´ai eu un peu de mal à démêler les métaphores de la réalité, les simples allusions des descriptions..., je comprends pas non plus réellement la fin du passage...

Donc c´est toujours aussi prenant et agréable à lire, mais mon pauvre esprit est légèrement largué. :o))
________________________________________________
C´est en buvant une goutte d´eau que l´on se rend compte de sa soif.
"L´homme choisit, l´esclave obéit." (Andrew Ryan)

daconta
daconta
Niveau 4
06 novembre 2007 à 13:07:38

Dis-moi donc ce que tu n´as pas compris, que je puisse éclairer ta lanterne ^^

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
06 novembre 2007 à 13:14:09

Un peu tout.
-L´histoire du revolver : si, bien sûr, je comprends parfaitement la métaphore, j´ai eu l´impression que tu citais ce revolver comme présent depuis toujours, et je vois pas pourquoi.
-Pourquoi qu´il parle comme ça le docteur, et pourquoi qu´il fait aussi peur à notre ami Cid. (je suppose que c´est un personnage connu de la série, mais comme je suis parti en lisant ça comme n´importe quel autre texte, vu que je suis censé comprendre... :) )
-Pourquoi que le couple est décrit comme mort, alors que bon ok leur enfant il l´est quasiment, mais Cid il est en vie, et la fameuse Edea, c´est flou mais j´ai quand même l´impression qu´elle va survivre.
-Pourquoi tu dis que les Kramer sont les cibles du destin, aussi, puisque dans la première partie ils semblaient parfaitement heureux...
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C´est en buvant une goutte d´eau que l´on se rend compte de sa soif.
"L´homme choisit, l´esclave obéit." (Andrew Ryan)

daconta
daconta
Niveau 4
06 novembre 2007 à 13:15:44

Ah, oui, mais si ce sont là tes questions, j´ai pas besoin d´y répondre alors ^^
Lis la suite :]

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
06 novembre 2007 à 13:21:02

J´attends que ça. :-)
Mais...elle est où? :o))
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C´est en buvant une goutte d´eau que l´on se rend compte de sa soif.
"L´homme choisit, l´esclave obéit." (Andrew Ryan)

daconta
daconta
Niveau 4
06 novembre 2007 à 13:24:21

Quelque part entre mon cerveau et mes petits doigts :x)

daconta
daconta
Niveau 4
07 novembre 2007 à 21:23:55

J´hésite à poster la suite si peu de temps après avoir mis la fin du premier chapitre :|

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
07 novembre 2007 à 21:28:49

Moi ça me dérangerait pas, mais c´est vrai que comme plusieurs lecteurs se sont manifestés mais n´ont toujours pas posté...

Enfin moi, plus y´a gros pavé plus j´suis motivé t´façon. :content: (enfin ça dépend, faut pas que le premier post soit énorme, ou alors faut que je connaisse et apprécie l´auteur)
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C´est en buvant une goutte d´eau que l´on se rend compte de sa soif.
"L´homme choisit, l´esclave obéit." (Andrew Ryan)

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