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Fic : Demon nomed

AtomiX-BreezeR
AtomiX-BreezeR
Niveau 10
29 octobre 2007 à 22:40:31

Bonsoir bonsoir.
Demon nomed est un projet auquel je réfléchis depuis déjà des mois. Ce texte parlera de quelques sujets pas toujours fascinants, mais je ne cherche pas à être séduisant... Trois personnages seront abordés dans cette nouvelle, le sujet central sera... Le sexe, sous quelques unes de ses formes les moins appréciables. Mais mon texte ne se limitera pas qu´à ça, et j´aimerai le travailler pour aborder tous ses sujets avec assez de force, sans tomber dans le grotesque. J´y tiens.
Mais avant de me lancer dans l´aventure, j´aimerai vous proposer le premier chapitre, pas encore définitif, mais juste pour récolter quelques critiques et les observer méticuleusement pour la suite.
Bonne lecture peut-être.
Ou pas.

Demon nomed

Prologue

Fuyez.
Cette histoire parle de choses que vous préféreriez sûrement ignorer.
Il y a probablement mieux à faire. Comme tout simplement ne rien faire ; tant que vous ne lisez pas cette histoire.
Il y en a tellement d’autres qui méritent d’être lues.
Car je vous préviens : vous ne tirerez aucune satisfaction hors de ce récit, même la fin ne vous procurera aucun plaisir.
Même si, paradoxalement, ce texte parle du plaisir.
Cette obsession qui peut vous aliéner.
Le sujet inavoué de « la fin justifie les moyens. »
Un démon nommé plaisir. Vous comprendrez.
Votre démon ne trouvera probablement aucune jouissance à la lecture de ce qui suit.
Alors zappez. Zappez, comme vous avez toujours su le faire face à ce qui ne vous intéressait pas.

1.

Je vois une femme, une jolie jeune femme blonde qui se mord la lèvre inférieure, le regard plongé dans le mien.
Je vois une femme qui n’a pas de passé et peut-être pas d’avenir.
Je vois une femme qui semble me contempler avec dégoût, mais je sais qu’elle n’y pense pas. Pour elle, seul l’instant présent existe réellement.
Mon regard quitte le miroir du plafond et se pose sur Joshua. Joshua qui est couché sur le lit, les yeux fermés, et dont le visage est traversé par une collection de cicatrices toutes tailles confondues. Joshua qui est prisonnier entre mes jambes et dont les mains agrippent mes hanches nues, son torse tapissé d’une épaisse couche de poils noirs qui descend en forme de flèche jusqu’à son nombril avant de disparaître sous mon corps. Je sens ses mains qui m’aident à me soulever, avant de me laisser retomber sur ses cuisses avec un bruit ignoble.
Je lève la tête et retrouve ma vieille copine blonde dans le miroir. L’expression sur son visage est interprétable, mais quiconque se mettrait à l’examiner préférerait conclure qu’elle prend du plaisir. Quiconque, à commencer par moi.
Le reflet de Joshua ouvre les yeux, il essaye de se lever pour m’étreindre. Ses mains moites remontent le long de mon dos et je bascule sur lui. Je sens son sexe sortir de moi dans un petit plop! répugnant. Avec deux doigts, je le refais glisser entre mes fesses et il replonge dans mon anus sans difficultés.
Joshua m’embrasse dans le cou, sa fine barbe mal rasée pique, et j’adore ça. Je passe mes mains derrière sa tête et l’attire vers ma poitrine qu’il embrasse avec passion. Mes doigts semblent ne jamais avoir fini de caresser ses cheveux noirs. Je sens sa main appuyer contre mon ventre plat et il me fait tomber sur le dos.
Ma copine blonde est de retour, et ses grands yeux bleus m’interrogent. Elle me pose des questions qui n’existent pas. Tout ce qui existe, c’est l’homme accroupi sur le lit aux draps rouges, qui retire le préservatif de son pénis et le jette hors des frontières du monde.
Ma copine blonde frissonne, le reflet de son amant se penche sur elle et embrasse son ventre. Elle étire ses bras et ses mains disparaissent. Elle les ramène vite contre son corps, sur le lit aux draps rouges qui constitue son monde chaleureux et doux. Elle sent la bouche de Joshua l’embrasser de plus en plus bas et elle frémit lorsque sa barbe frôle son sexe.
Je contemple le dos de Joshua sur lequel est tatoué une femme aux formes généreuses s’appuyant sur un panneau routier où l’on peut lire « Démon ». Mais dans le monde de ma copine blonde, ça se lit « nomed ».
Dans le plus basique des franglais, on pourrait croire que « nomed » veut dire « nommé », réflexe naturel d’une interprétation hasardeuse, mais je sais que nomed ne signifie rien d’autre que le sens que je peux lui donner. Demon nomed. Demon nomed.
Comme les paroles d’une chanson sans mélodie.
Je tourne la tête, Joshua remonte le long de mon corps en rampant, son sexe ressemble à une lance cherchant à m’attaquer. Il m’enjambe et marche sur ses genoux vers mon visage, et je me retrouve avec son pénis appuyé contre mes lèvres, comme pour forcer l’entrée d’une porte, que j’ouvre. Je fais rouler son gland sur ma langue. Ca a encore le goût du lubrifiant du préservatif, mais je n’y pense pas. Il donne de longs coups de hanche et fait glisser son sexe dans ma bouche. Je sens qu’il prend plaisir et se retient de jouir, histoire d’en profiter un peu plus longtemps. Mais j’aimerai en finir.
Mes mains aggripent ses fesses et le forcent à bouger plus vite, sans interruptions. Ma langue caresse son gland avec plus de force et bientôt, je sens les muscles de ses fesses se contracter, ses hanches se figent, et un goût d’eau de mer se répand dans ma bouche. La respiration de Joshua passe de petits coups saccadés à de longs soupirs détendus. J’avale son sperme et me rince la bouche avec ma salive. Je le lâche et il retire son sexe de ma bouche, lève une jambe et s’écroule sur le lit à côté de moi.
Ma copine blonde apparaît et me demande, dans un élan de mélancolie, comment j’ai pu en arriver là. Les frontières de mon monde s’estompent et les murs de la chambre reprennent leurs droits sur la réalité. Les couleurs des draps rouges semblent se ternir et retrouver ce coloris fané qu’ils ont toujours eu.
Tout devient froid et sale.
J’entends la respiration de Joshua et je lui demande si il a aimé. Il me retourne la question et je dis : oui.
Ma main rejoint la sienne. Il sourit, se lève et marche vers la salle de bain en titubant.
Il dit : j’vais m’laver. Et il ramasse le préservatif qui traîne sur le tapis avant de disparaître dans la salle de bain. Sur son dos, la femme aux formes imposantes semble rire de moi.
Demon. Nomed.
Un démon nommé ?
Un démon nommé Joshua, voilà ce qu’il est.
J’entends la chasse d’eau des toilettes, puis l’écoulement de l’eau de la douche. Je lève la tête et me replonge dans le regard triste de ma copine blonde.
Je m’appelle Lana Smith et je ne sais toujours pas qui je suis.

SkySoft
SkySoft
Niveau 10
29 octobre 2007 à 22:51:41

Une chose est sûre, ça donne envie de lire la suite.

C´est intense (peut-être un chouïa pas assez), réaliste, bien décrit (encore une fois peut-être pas assez^^) et ça éveille en nous un petit paquet de sensations.

J´aime. La suite a intérêt d´être à la hauteur, voire encore mieux.

:coeur: Breezounet :coeur:

Zlink
Zlink
Niveau 9
30 octobre 2007 à 12:52:09

Hummm lu.
J´sais vraiment pas quoi dire quand je vois ce genre de texte.
J´aime bien la ptite intro, fuyez etc, sachant que dans la plupart des cas ça a l´effet inverse (et j´suis sure que c´est fait expres en plus là :-p )
Sinon, le texte en lui même ... bha j´dirais pas grand chose sur le sujet, mais bon, ça se laisse lire tout seul (so, c´est bien écrit et ya pas (trop) de fautes (j´en ai pas vu, mais bon, pour le coup j´ai vraiment pas cherché, donc yen a ptet quand même)).

Vala, donc j´ai bien aimé, même si, à cause du sujet j´pense, ça aurait du mal a être une de mes lectures de tous les jours.

AtomiX-BreezeR
AtomiX-BreezeR
Niveau 10
30 octobre 2007 à 18:57:00

Laisse les chapitres arriver peut-être, ce ne pourra qu´être mieux.
Ou pas.

Merci d´avoir lu :ok:

Marcel-Proust
Marcel-Proust
Niveau 9
31 octobre 2007 à 13:12:04

Moi aussi je trouve ça bien écrit.
Nan vraiment ce texte m´a bien plus, je le trouve très bien foutu, les descriptions, et tout...

J´attends la suite.

AtomiX-BreezeR
AtomiX-BreezeR
Niveau 10
31 octobre 2007 à 16:25:01

Je n´avais pas prévu de mettre la suite avant un petit temps (ce topic étant à l´origine une preview, un test) mais elle est bouclée, j´la poste ou pas ?

Marcel-Proust
Marcel-Proust
Niveau 9
31 octobre 2007 à 16:55:49

La question ne se pose même pas, allez fais péter ^^

AtomiX-BreezeR
AtomiX-BreezeR
Niveau 10
31 octobre 2007 à 22:07:45

2

Mon cœur bat fort, et c’est peut-être un avertissement.
Ce que je vais faire laissera une marque définitive. Je ne pourrai pas l’effacer.
Sens unique, aucun retour possible.
Et c’est probablement ça qui me fascine, qui fait que mon cœur bat si fort.
D’un doigt tremblant, mais déterminé, je presse le bouton de la sonnette.
Voilà, j’ai signé le contrat, je me suis engagé.
J’attends.
Derrière moi, quelques voitures passent. Des robots de chair spécialement conçus pour être figurants dans ma vie défilent sans me prêter aucune attention.
On est tout le centre névralgique de notre histoire tragique, de notre petit monde unique.
A l’arrière d’une voiture, une fillette me regarde, ses petites mains blanches appuyées contre la vitre. Je ne suis pour elle qu’un personnage auquel elle peut naïvement inventer une histoire. Le-petit-garçon-ou-le-monsieur que je suis souhaiterait entrer dans sa vie et lui dire la vérité.
Mais la voiture s’éloigne et déjà, nous n’existons plus l’un pour l’autre.
Il fait froid, j’ai les joues qui piquent. Il y a seulement une heure, j’étais sous une douche chaude. Je me préparais pour le soi-disant anniversaire d’une amie. Je me suis rasé, douché, la totale. Ce furent les dernières minutes de mon ancien Moi. Quand je rentrerai à la maison, je devrai cacher les marques de quelque chose que je garderai secret. Pour mes amis, pour ma famille, je tâcherai d’être bon acteur. Mais j’aurai mué en un nouveau Moi.
J’attends.
Je suis là, et je ne sais pas si je voudrai être ailleurs. J’ai des jambes pour prendre fuite, mais je reste figé. Le froid est mordant. Mes mains s’engourdissent. Je les glisse dans mes poches. Je suis surpris quand mes doigts touchent les dés que j’ai emportés avec moi.
« On les lancera, celui qui aura le meilleur score enlèvera un vêtement du perdant. »
J’ai écrit ça avec une excitation folle, c’était hier soir, sur internet. L’excitation, c’est quand vos couilles prennent le contrôle. Mais quand la raison est de retour, elle se lamente toujours du bordel qu’il faut nettoyer.
Je peux encore partir, dit ma raison.
Mais mes couilles protestent, elles attendent ce moment depuis une semaine.
Dr. Jeckill et Mister Hyde-les couilles.
Le seul antidote aux effets éphémères serait de faire vomir Mister Hyde, vous voyez ce que je veux dire. Mais j’ai déjà fait mon choix, et le retour du Jeckill sera amer.
Quelqu’un monte sur le perron et passe à côté de moi. Il prend ses clés et ouvre la porte. Il tourne la tête, me voit, et fronce les sourcils.
« C’est toi Frédéric ? »
Plus aucun retour possible, je me suis engagé.
Jérôme entre dans la réalité pour la première fois.
C’est une particularité des rencontres sur le net : ça marche à deux niveaux. Vous avez pu tout dire sur Internet, vous connaissez les fantasmes les plus intimes de votre correspondant. Vous avez peut-être même reçu la photo d’une bite haute et dure en gros plan. Et puis quand vous vous rencontrez, vous êtes pris d’une sorte d’amnésie.
Vous faites la rencontre d’un étranger-intime.
Jérôme semble un peu plus gros que je l’avais imaginé. Je l’observe de haut en bas, on peut voir les marques de son bronzage derrière les branches de ses lunettes.
C’est toi Frédéric ? Je réponds : oui.
Aucun retour possible.
« Ah, très bien. J’étais juste au magasin en face. Je viens de rentrer de vacances et je n’avais plus rien à boire. »
Au loin, j’entends les pneus d’une voiture qui souffrent d’un freinage trop brusque.
« Tu entres ? »
J’entends une dernière voiture passer, un chien aboie dans l’immeuble voisin. J’inspire une ultime bouffée d’air pur.
Ok. Je te suis.
Et j’entre dans l’immeuble derrière mon étranger-intime et monte les escaliers.
Je me sens prisonnier de mes propres actes.

Retour arrière.
Ce que vous devriez entendre, c’est « Clair de Lune. » de Beethoven.
Ce que vous entendez, ce sont les clop-clop des touches d’un piano muet.
Avec seulement dix doigts, on peut créer un univers. Ca aussi ça me fascine.
Mes mains se promènent sur le clavier comme des araignées et la réalité semble se fondre dans un doux rêve dont je suis le maestro.
Mais vous ne pouvez rien entendre. Je joue avec un casque audio.
Les clop-clop des touches sont du Beethoven d’une remarquable intensité, seulement pour moi.
Même mes parents ne l’entendent pas.
Ma mère prépare le repas dans la pièce voisine, de Beethoven, elle ne perçoit que les clop-clop monotones. Et lorsqu’elle m’appelle pour manger, je dépose mon casque et rejoint la table où ma famille écoute les informations à la télévision. Moi, j’écoute Beethoven en silence.

Installés à la table de sa cuisine, Jérôme me regarde en me racontant ses vacances. Il me parle de ses amis universitaires et de ses penchants secrets pour l’un d’entre eux. Puis il me demande si je suis bi ou gay ;
Je réponds bi.
On va bien s’entendre, me dit Jérôme en souriant. Je bois une gorgée de coca fraîchement achetée puis ajoute : mais j’ai l’impression que bi, c’est une autre manière de dire qu’on a honte d’être gay.
Jérôme me regarde d’un air grave, puis parle de ses vacances.

Retour arrière.
J’ai cinq ans. J’ai déjà une cicatrice sur le front et je perds mes dents de lait. Aujourd’hui je suis malade et papa me garde. Tandis qu’il travaille sur son ordinateur, je regarde mes dessins animés préférés à la télé.
Ce qui est marrant quand on est enfant, c’est qu’on peut regarder les mêmes films en boucle, on sera toujours capable de croire que la fin peut changer.
C’est sûrement la centième fois que je vois Aladdin. Et à chaque fois, j’espère qu’Aladdin pourra encore faire d’autres souhaits marrants grâce au génie de la lampe.
Puis je mets la pause. L’image se fige sur l’éternel sourire d’Aladdin. J’attache une feuille de papier sur l’écran de la télévision et je décalque.
C’est comme ça que je m’occupe.
Mais le défaut majeur d’un enfant de cinq ans arrive bien vite. Je laisse mes crayons et mes dessins traîner et je passe à autre chose.
Je monte l’escalier sur quatre pattes, comme un chat, et regarde l’étagère à cassettes vidéo. J’aimerai voir quelque chose que je n’ai pas encore vu. Mais à cinq ans, on ne sait généralement pas encore lire. Je ramasse donc une dizaine de cassettes au hasard et les empiles sur mes bras, et les bloques avec mon menton.
Je m’assied devant la télévision et insère la première cassette dans le magnétoscope.
L’image qui apparaît est des plus commune, et la suite du film m’est rapidement ennuyeuse.
Je sors la cassette du magnéto et la dépose à côté.
Film suivant.
Des militaires envahissent Ohama Beach. A cinq ans, on ne tiens pas dix minutes devant ça : l’ennui l’emporte vite.
Film suivant.
Un homme embrasse une femme sur la bouche. Comme Aladdin et Jasmine à la fin. Sauf que le baiser est plus long, et qu’on peut voir leur langue. La caméra cadre plus bas et je suis surpris de voir que la madame tiens le zizi du monsieur dans sa main.
Et quand la cassette est finie, je la regarde une seconde fois.
Ce que je remarque le plus, c’est que les garçons ont des grands zizis, comme papa !
Et à cinq ans, ça, ça me fascine.
Je vois des hommes qui me semblent bien plus fort et intéressants que les femmes.
J’aimerai leur ressembler.
A un moment du film, j’appuie sur le bouton pause et colle une feuille de papier sur l’écran.
Et puis vient le moment où je veux passer à autre chose. Je sors la cassette du magnéto et laisse mes crayons et mes dessins traîner près de la télévision.

Je lance le dé, 6. Jérôme, 4.
Il sourit et je déboutonne sa chemise, son torse est glabre et son ventre est gras. Il me regarde pendant que je fais glisser sa chemise sur ses bras.
Partie suivante.
En voyant le score, Jérôme rigole. Moi, je retire ses chaussettes.
Le jeu continue, et je suis seulement pieds nus quand vient le moment d’ôter son slip. Avec détermination, je glisse mes pouces sous l’élastique, et son caleçon descend lentement le long de ses jambes. Son sexe est petit, mais raide. Et rasé.
Je prends son pénis dans une main et l’approche.
Sens unique. Point de non retour.
J’ouvre la bouche, et j’abandonne définitivement l’ancien Moi.

[EagleDawn]
[EagleDawn]
Niveau 10
01 novembre 2007 à 13:48:36

C´est dégoûtant :noel:
Je crois que c´était le but dailleur, non? :noel:

[EagleDawn]
[EagleDawn]
Niveau 10
01 novembre 2007 à 13:54:44

Mais c´est super bien écrit. En même temps je suis peut-être naïf parce que je lit pas beaucoup, mais ça m´a l´air super bien rédigé, et ça a du style.

Marcel-Proust
Marcel-Proust
Niveau 9
01 novembre 2007 à 14:24:42

C´est merveilleusement bien écrit :coeur:
Bravo, tu es vraiment doué !
L´histoire est absolument dégueulasse mais c´est tellement bien écrit que s´en est presque beau :p)

SkySoft
SkySoft
Niveau 10
01 novembre 2007 à 14:34:26

Mwahaha. Très bien. =)

On ne voit pas le rapport avec le premier chapitre mais on s´en fout. =)
Je suis curieux de voir ce que ça va donner dans le long terme, mais pour le moment c´est vraiment chouette. On voit que c´est travaillé et réfléchi. Du bon boulot Breezounet. :coeur:

[EagleDawn]
[EagleDawn]
Niveau 10
01 novembre 2007 à 23:50:17

Je crois qu´il n´y a pas de rapport, c´est des histoire sur 3 personnages différents, ça a pas de lien, pour l´instant du moins.
Seulement, pourquoi Demon nomed comme titre pour le deuxième texte aussi?

sanphi
sanphi
Niveau 8
02 novembre 2007 à 00:05:00

Dans l’ensemble, je trouve que cela se lit plutôt bien et de fait, je lirais certainement la suite avec plaisir^^

Lana Smith m’a fait penser à Anna Nicole Smith, la reine du paraître et faux semblants, d’autant plus qu’elle (Lana) passe son temps à contempler son reflet qui campe sa personnalité. L’analogie avec l’appareil photo et le mannequinat m’a sauté aux yeux… Personnellement j’ai bien aimé cette nature double exprimée ici, via le truchement d’un miroir. Il y a réellement matière à faire beaucoup de choses avec, par la suite. Enfin, la touche de réalité sordide est assez bien rendue sans tomber dans le vulgaire. Donc, de ce côté-là, le pari est réussi pour ma part.

Pour Frédéric, l’approche est sensiblement différente. A l’inverse du 1er chapitre où la réalité est mise en avant, pour le 2ème, l’action est en retrait, un peu comme un arrière plan, les pensées occupent le devant de la scène et sont presque trop omniprésentes, par rapport à la longueur du texte, je dirais. Lorsque l’on lit les deux textes d’affilée, on sent une certaine retenue dans le 2ème, pour ne pas dire réserve, qui est absente dans le 1er. Donc, il manque un petit quelque chose. Du moins, c’est ce qui m’est venu à l’esprit en les lisant. Sinon, j’ai bien aimé le retour en arrière sur l’enfant de 5 ans. Sympathique.

That’s all ! :)

AtomiX-BreezeR
AtomiX-BreezeR
Niveau 10
02 novembre 2007 à 00:57:07

Merci d´avoir lu !

Demon nomed pour le deuxième chapitre parce que demon nomed pour le deuxième chapitre. Ne me demande pas plus.

Sanphi, thanks pour ta critique fort intéressante. Mais j´aimerai te faire remarquer une chose : quand tu t´embarques dans quelque chose qui t´es inconnu seul, en cachette, quelle est la seule chose qui te reste ? Ton esprit. Ton seul réconfort viendra de là.
Mais je note quand même, manque "d´action". J´essayerai de rééquilibrer l´ensemble à la correction.

Merci beaucoup :ok:

AtomiX-BreezeR
AtomiX-BreezeR
Niveau 10
02 novembre 2007 à 00:59:31

Dernière chose, je parle bien de trois personnages. Le troisième sera abordé au chapitre suivant, avant de retrouver Lana dans le quatrième chapitre et ainsi de suite.
Je tâcherai d´être assez clair, je ne tiens pas à ce que vous compreniez à qui vous avez affaire à la dernière ligne.

AtomiX-BreezeR
AtomiX-BreezeR
Niveau 10
04 novembre 2007 à 19:19:48

Petit up, huhu, j´espère pouvoir vous proposer un troisième chapitre dès demain.

AtomiX-BreezeR
AtomiX-BreezeR
Niveau 10
12 novembre 2007 à 20:09:23

3

« Y a-t-il vraiment une différence entre un adulte et un enfant ? »
J’aime partager. C’est rare quand je garde quelque chose pour moi. Même mes secrets les plus intimes, il m’arrive des les révéler, après un méticuleux maquillage. Des secrets qui deviennent des mensonges, des mensonges qui deviennent la vérité, même pour moi.
Je pense que le meilleur moyen de garder vos secrets pour vous, c’est de les révéler au monde.
Même ceux qui font de vous un monstre, ceux qui sont trop intimes.
Tant que vous n’insistez pas, vous remarquerez que la plupart des gens ne vous prendront pas au sérieux. Ceux qui vous aiment rejetteront la vérité sans jamais y avoir cru : ils ne voudront tout simplement pas modifier l’image qu’ils ont de vous.
Vous savez, cette espèce de sculpture que vous avez soigneusement construit dans leur cœur.
Ce monument funéraire qui vous survivra et dont seuls les affres du temps auront le pouvoir d’en effacer vos traits, de vous réduire à l’état de silhouette.
La différence entre un adulte et un enfant, selon un correspondant anonyme, c’est : « Des poils sur la kète. »
Si j’avais ce type devant moi, je lui ferais copier ses conneries mille fois. Consonnes en rouge, voyelles en vert.
Cette question a dût être posée la semaine dernière, au marqueur noir sur le mur des toilettes, entre d’autres graffitis du genre :
« Antoine cherche relation H/H ou H/F ou F/A (= animaux). »
Ou « SI TU RENCONTRES UNE PERSONNE POUR QUI TU EPROUVES UN AMOUR PUR ET UNE HAINE INTENSE TU ES FACE A TON DESTIN (de névrosé obsessionnel). »
C’est remarquable comme les chiottes, quand vous y faîtes autre chose que déposer votre colis, peuvent ressembler à un forum de discussion.
En lisant ces étrons de philosophes du dimanche, ce pot-pourri de contre-culture vaseuse, j’ai presque envie de rire.
Je pourrai appeler ça mon cabinet de psychiatrie.
Asseyez-vous.
Prenez un marqueur.
Dîtes-moi tout.
Mes patients me laissent des messages de toutes sortes.
« Le cul de ta mère. »
« NON DE LA MIENNE ! »
C’est grave docteur ? Et mon diagnostic reste toujours le même. Je devrai leur prescrire du plomb dans la tête, de l’acide en intraveineuse, une cuillère à soupe de cyanure, une chute de trois étages ou une corde autour du cou.
Alfred de Musset est passé aux chiottes, et quelqu’un a prit soin de noircir certaines lettres de ses vers :
« Quand je Vous jure, hélas, un éternel hommAge
Voulez-vous qu´un insTant jE ChAnge de langage
Vous avez su Captiver les sentiments d´un cœur
Que ne puis-je, avec vous, goûter le vrai bonHeur
Je vous aime, ô ma bElle, et ma plume en déliRe
Couche sur le papier ce que je n´ose dire
Avec soin, de mes vers, lisez le premier mot
Vous saurez quel remède apporter à mes maux. »
Avec mon statut d’enseignant, j’ai accès aux toilettes réservées au personnel. Mais je préfère celles des étudiants, j’aime me sentir proche de mes élèves et chercher à mieux les comprendre.
Vous ne m’avez pas cru ? Bravo, vous êtes lucide et sensible à l’ironie.
Je suis professeur de langue et littérature française dans une université américaine.
Ici, nous formons l’avenir.
Nous pouvons lire le passé dans les hiéroglyphes, et l’avenir peut se lire dans les toilettes des étudiants.
Vous êtes psychanalyste d’une génération, et diseuse de bonne aventure.
Et Madame Irma dit : je vois, je vois…
Je vois les futurs engrenages d’une gigantesque machine qui se détraque fumer des joints et s’évader dans l’ignorance, attribuant leur sort à la fatalité.
Je vois les brouillons des prochains ingénieurs fantasmer sur le dernier modèle de lecteur MP3. Avec assez d’espace pour une semaine de musique en continu, de quoi être sûr de survivre sur cette île déserte de presque un milliard d’habitant.
Je vois des ascendants avocats, vautours qui prendront la défense des innocents comme des criminels récidivistes et encaisseront leurs honoraires sous le regard aveugle d’une justice défaillante.
Je vois des philosophes égarés, créant l’illusion de la sagesse avec des vêtements et une cigarette entre les lèvres, baguette magique transformant leurs bêtises en vérités.
Je vois nos prochains politiciens, de beaux parleurs apprenant les vertus de l’équilibre entre les relations et les intérêts, un exemplaire du prince de Machiavel en poche.
Je vois des voleurs, dont le seul intérêt du diplôme servira à prouver à papa et maman qu’ils sont dignes de vivre dans le luxe et l’opulence, et de recevoir l’héritage familial. Mais quel service rendrez-vous donc à la société ?
Chut.
Madame Irma me murmure de me taire. Elle dit que voir le monde ainsi, c’est prétentieux.
Je lui réponds que je me considère comme un fou parmi eux. Que rien ne m’élève, mais que j’ai peine à voir l’humanité ainsi, car c’est ce qu’elle est, et je lui appartiens. La folie n’est qu’une question de point de vue.
Madame Irma me regarde avec tristesse, et lorsqu’elle veut ouvrir la bouche, je lui hurle : « Ta gueule ! »
Je me rends compte que j’ai parlé à voix haute. Au dessus du rouleau de papier-cul, quelqu’un a écrit : « Je suis au bout du rouleau ! »
Tu l’as dit bouffi. Je lui adresse un sourire dépourvu de gaieté et quitte les toilettes.

Deux heures plus tard, je suis de retour chez moi, dans ma petite maison propre et nette de banlieue. Imaginez une maison entourée d’un jardin, perdue au milieu d’un parc où poussent d’autres maisons identiques, des rues impeccables serpentants gracieusement dans des étendues de verdure où les enfants peuvent jouer sous un ciel dépourvu de nuage et vivre sous un toit où la misère semble être le problème d’une autre planète.
C’est chez moi. Le rêve américain, j’y ai eu droit.
Quand je pousse la porte d’entrée, j’entre dans une maison rangée, nettoyée, mais vide. J’accompagne le claquement de la porte d’un « C’est moi ! » dont aucune réponse ne vient. Je suis seul. Je jette un coup d’œil sur ma montre. Dans une petite demi-heure, je sauterai dans mon monospace familial et irait chercher mon gamin de sept ans. Alice sera peut-être rentrée du travail.
Si vous imaginez cette scène, n’oubliez pas les bandes noires en haut et en bas de l’image, vous pouvez même imaginer que vous entendez les rires du public lorsque ça vous semble drôle, ou une musique douce lorsque c’est romantique. C’est cliché, mais être heureux, c’est entrer dans une norme qui n’aime pas les extravagances.
Et si être heureux ressemble à ce que l’on voit à la télévision, c’est qu’être heureux peut se réduire à l’apparence.
Le masque rieur du bonheur.
Voyez-le comme ça pour le moment, c’est simple et ça marche bien. Les coulisses du spectacle, ce sera pour après

J’attends devant l’école de mon fils. Je voulais l’appeler Dick, mais Alice, qui est américaine de souche, riait de ce nom qui me paraissait tout à fait normal et viril.
Nous nous sommes mis d’accord, et notre fils s’appelle tout simplement Johnny.
Lorsque la cloche sonne la fin des cours, je n’ai pas à attendre plus de deux minutes avant de voir mon petit Johnny courir vers la voiture, avec son sac bombé bleu sur le dos, ses cheveux encore brun clair flottent sur sa tête comme un drapeau. Il ouvre la portière avant à côté de moi, et je lui demande d’aller derrière, car la place de devant est réservée aux adultes. Il claque la porte et saute sur la banquette arrière, jette son sac à côté de lui et commence à me raconter sa journée.
« Mets ta ceinture, Johnny. »
Il obéit et reprend le récit de ses aventures. Mon regard passe de la route devant moi au reflet de Johnny dans le rétroviseur. Je suis émerveillé par la ressemble qui nous unit, et l’écoute sans vraiment prêter attention à autre chose que sa beauté.
Je ne me suis peut-être pas tout de suite rendu compte que je désirais mon propre fils.

sanphi
sanphi
Niveau 8
13 novembre 2007 à 00:16:23

Tu sais, c’est drôle. On dirait un compte à rebours. Lana assume, Frédéric a enfin décidé de franchir le cap, alors que le 3ème (sans nom) est encore englué dans le conformisme qu’il s’est créé, et dans lequel il est en train de boire la tasse tandis qu’affleurent lentement ses obsessions, grignotant peu à peu ce qu’il reste des remparts. Je ne sais pas si c’est fait exprès mais cela m’est venu tout de suite en tête en lisant. C’est peut être pour cette raison d’ailleurs que tu as traité l’épisode Frédéric de cette façon…Si c’est le cas, je comprends beaucoup mieux à présent même si je pense toujours qu’il faudrait un peu plus d’interactivité entre les pensées de Frédéric et la réalité de ce tête à tête avec Jérôme, sur la tension physique qui s’en dégage. Je te suis pleinement lorsque tu dis qu’on se réfugie dans sa tête dans ces moments là mais le corps s’exprime aussi forcément (timidité, nervosité, écarts brusques, gestes non maitrisés, etc…)

Mais j’étais là pour parler du 3ème, il me semble! Je dois dire que pour moi c’est le plus abouti. J’aime bien la façon dont tu l’as abordé, cette incursion nous faisant plonger dans les méandres de l’esprit de notre banlieusard d’enseignant. C’est maitrisé, fin et incisif. Pas à dire, tu as du pas mal travaillé dessus et cela porte ses fruits, on dirait.

NB : Sympa l’idée de faire un acrostiche dans celui de Musset. Tu as pris le plus soft. Celui de Sand est beaucoup plus sulfureux et t’aurait attiré plus de lecteurs ! :gni:

Well done ! Awaiting the next one now… :hap:

AtomiX-BreezeR
AtomiX-BreezeR
Niveau 10
16 novembre 2007 à 00:06:56

Up, eeeeet oui.

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