Je me choppe le vingtième et je uppe!
Si l´oeuvre devait se réduire à un simple reflet du monde observé, elle ne livrerait qu´une image confuse de la vérité.
lu ^^ (sa fait longtemps que je suis pas revenu tien)
Sympa le scénario continue a se mettre en place tout en nous enfonçant d aventage dans le mystère...
Par contre beaucoup de noms pour peu de description; je m emmele un peu les pinceaux par moments... Sans doute du fait que l on suit de nombreux personnages ^^
Merci beaucoup de ta lecture. J´essaierai de suffisemment faire intervenir les personnages par la suite pour moins de confusion ^^.
j´ai lu la première nouvelle, et je suis assez d´accord avec l´ensemble des critiques ^^ donc, étant donné que j´ai la flemme de poster un long truc.
Oui, c´est bien. Même si, au niveau des noms, plus d´originalité aurait été bienvenue. Mettre des h partout ... ^^
Bref breavo, je lirais la suite quand j´aurais moins faim ^^
Lu le deuxième chapitre.
Cette idée de faire des petites nouvelles sans lien apparent, avec des personnages différents, je trouve ça moyen moyen. C´est un peu le principe du 10e tome du trône de fer, et c´est très lourd à la longue, parce qu´on a pas vraiment le temps de s´attacher au personnage.
Donc, du coup, on va de texte en texte en se forçant un peu. J´espère que ça payera et que d´un coup vers la fin tout s´éclairera.
Bref.
La deuxième partie, même si beaucoup on dit qu´ils la préféraient à la première, bah moi c´est l´inverse ![]()
J´veux dire. La première, malgré un manque d´originalité latent, fait quand même un peu mystérieux.
La deuxième. Oh mon dieu! Mais quel est donc cet empilement de stéréotypes de fantasy. Genre, comme l´autre Neg´ l´a dit:
"je t´attendais", ou l´espèce de pseudo coup fourré..
"Il faut que je protège les miens?"
Un magicien de cet envergure qui se méfie pas parceque une voix de fluet fait le gentil, alors qu´au départ il était là pour tuer...
Ensuite, toute le premier paragraphe qui explique que nianiania y a pas d´autres alternatives que la mort...C´est un babillage totalement inutile, amoncellement de vocabulaire cherché employé à tort et à travers.
Après l´humouir de fin, j´aiem moyen, mais là, c´est que mon goût personnel, donc ca compte pas
Bon, j´suis super dure là, il est bien quand même ton texte, bien écrit (avec des fautes d´accords quand même, assez fréquentes, mais pas trop non plus), avec du vocabulaire (mais..voir plus haut) Mais un scénario des plus...pas original ![]()
Ce futur noir et sombre...Mouais mouais...
Bref, bravo quand même! Des efforts niveau scénario, peut être?
J´lirais la suite plus tard ![]()
Merci de ta lecture. ^^
Pour répondre à ta question, je pense (bien que je ne sois pas le meilleur placé pour le dire) que le scénario va évoluer en quelque de plutôt intéressant, voir même de compliqué sur certains points.
Si j'arrive à trouve quelques minutes pour relire le prochain chapitre, il devrait arriver bientôt.
==Signature==
J'ai essayé de me suicider en sautant du haut de mon égo... J'ai toujours pas atterri.
Petite partie du prochain chapitre. Quatre petites pages qui décrivent les prémices d'un important siège. J'espère ne pas avoir perdu la main pour ces choses là d'ailleurs.
Goedfroid rêvait. D’un monde où il était allongé dans l’herbe, à côté de celle qu’il aimait. D’un monde où il n’avait pas à guerroyer. D’un monde de bonheur.
Et puis le lourd réveil. Couché sur une petite piteuse paillasse bossuée, qu’il partageait avec Elven, il n’avait jamais trouvé la grande tente bleutée dans laquelle il passait ses nuits aussi peu accueillante. Il se leva, enfila rapidement ses vêtements et feignit de se plonger dans les cartes de la région. En fait, il tentait de dissimuler ses expériences à Elven, celle-ci faussement endormie dans son dos. Pourtant, il sentait à quel point ce qu’il faisait était vain : le regard de sa compagne donnait l’impression de pouvoir percer sa chair et d’observer ses agissements.
Goedfroid regarda sa main gauche, concentrant sa magie. Instantanément, l’air entre ses doigts se mit à onduler, comme le gaz qu’il invoquait se groupait. Il agrippa son poing de l’autre main et puisa dans son énergie. Chaque matin, il faisait la même chose, et chaque matin, ça ne donnait aucun résultat. Cette fois-ci fut différente : une légère étincelles apparut, et alluma la sphère incandescente. Mais les flammes ne se contentèrent pas de rester en équilibre autour de sa main : elles s’attaquèrent à la chair, combustion instantanée qui noircit la peau.
Goedfroid regarda sa main gauche, dont il avait fait taire les flammes. La souffrance remplaçait sa jubilation première, même s’il sentait qu’il progressait. Depuis les mois qu’il s’entraînait, qu’il sillonnait la campagne avec sa vaste armée, brûlant tout sur son passage et capturant les plus puissants mages pour qu’ils lui « montrent » leur savoir, il sentait enfin que son pouvoir augmentait.
Le pouvoir. C’était ce que Maldas lui avait dit de chercher. Si son pouvoir était suffisamment grand, il ne succomberait pas à la faiblesse, et il pourrait protéger Elven. Donc il lui fallait du pouvoir, à n’importe quelle prix.
C’était pour ça qu’il avait commencé cette campagne guerrière. Il avait d’abord désiré s’orienter vers l’ouest, vers la forêt des elfes noirs. Elven avait protesté, l’avait supplié d’épargner sa patrie, et il avait finalement préféré partir vers le sud et le royaume des humains ; plus que l’envie d’écouter sa Muse, il avait préféré tenter de chercher les deux autres mages humains, plutôt que de tabler sur le nombre important de sorciers existants dans l’autre domaine.
Ça avait été amusant comme guerre. Pendant un temps. Chacune des sept cités de ce pays, qui avaient été élaborées pour contrer justement un assaut provenant des Danaroths, maintenant aux mains de Goedfroid, avait vaillamment tenu, avant de finalement tomber. Et en chemin, quelques sorciers s’étaient interposés… Mais aucun humain.
Goedfroid en était frustré : le pouvoir qu’il gagnait des magiciens d’autres races était toujours inférieur à celui que Maldas lui avait procuré. Il progressait trop lentement. Et chaque minute passée lui rappelait que les jours d’Elven étaient comptés. Il était effrayé à cette idée, tout autant qu’à la pensée que, dans son sommeil tourmenté, il puisse révéler ces informations à celle qui partageait son lit. C’étaient donc les insomnies qui l’attendaient, chaque nuit, avec leur froide ponctualité qui leur est propre. Ce qui tourmentait encore plus Goedfroid : la magie nécessitait un certain repos pour être utiliser. Et la magie, il allait en avoir besoin.
Le plus long siège qu’il ait mené jusqu’à maintenant avait duré deux mois. En effet, la cité de Guenewair offrait des remparts hauts et épais, de vaste faubourg pouvant contenir des dizaines de milliers de civils et des casernes où les soldats et les non-soldats venaient se fournir en armes, par milliers, dans le but de venger leurs compagnons des six précédentes cités. Goedfroid avait vraiment joui de ce siège pour sa tranquillité : chaque matin il se levait, s’habillait, regardait dans toutes les directions pour vérifier qu’aucuns guerriers d’une autre nation ne venait en renfort, allumait une boule de feu et s’en servait pour passer le bonjour aux habitants de la cité, avant de retrouver sa dulcinée dans sa tente. Si il avait eu la main heureuse au cours de son lancer, ils pouvaient s’asseoir tous les deux, Elven et Goedfroid, à regarder le jour décliner sur la ville flamboyante, puis se lever, le soleil rajoutant de sa magnificence au spectacle. Comme quoi, le bonheur était simple.
Dans le cas de la cité qu’il s’apprêtait à assiéger, Habrina Senaro, Goedfroid savait qu’il devrait se refuser ces instants de plaisirs qui, quelque nuit, frisaient le comble de l’hédonisme. Les nains étaient en branle, très loin au sud, tout comme les elfes noirs, au nord. S’il voulait atteindre son objectif, la ville devait être à feux et à sang en moins de sept jours. Non pas qu’il craignait d’affronter les renforts : son armée, déjà effroyablement grande lors de leur départ, s’était, par un prompt renfort systématique à chacune de ses victoires, agrandie et diversifiée. Finis les simples rebuts aux faciès blancs ou noirs, maintenant les humains côtoyaient les Gitrashs, les elfes plaisantaient avec les nomdh-haus, les nains comparaient leurs armes avec les gobelins ; soit un rêve de tolérance dont rêvait autrefois l’ancien maître des Danaroth. Ce qui inquiétait vraiment Goedfroid, c’était qu’il savait qu’au plus profond des monts Azur, auxquels son campement était adossé, la vieille tour de Sox abritait en ce moment même les deux derniers mages humains. Ceux qu’il cherchait depuis le début étaient réunis et cherchaient sans doute à arrêter sa folie meurtrière. C’était pourquoi Goedfroid désirait en finir avec la cité du lac argenté, pour s’emparer au plus vite de ce pouvoir qui l’attendait.
Le maître des Danaroths se tourna vers la paillasse, vide : Elven s’approchait déjà de lui. Elle se colla à lui et effleura du bout des doigts la main brûlée, libérant son pouvoir d’elfe noir. La chair morte changea de couleur, et les parties disparues durant la calcination se reformèrent, le membre blessé retrouvant sa beauté et sa vigueur d’autrefois.
« Toujours pas ?
- Il s’en est fallu de peu cette fois-ci… Après quelques autres essais, je pourrais peut-être y arriver… »
Elle fit une grimace et l’enlaça de ses bras nus.
« Tais-toi et embrasse-moi… »
Il la repoussa sans brutalité, s’excusa du regard, et sortit.
L’effervescence du camp contrastait avec l’ambiance de la tente : ici, la douceur n’avait pas sa place ; dans un coin on préparait la tambouille pour les soldats, piochant dans les réserves colossales des derniers pillages, ajoutant à cela les différents ingrédients trouvés sur place, que l’on jetaient pêle-mêle dans une énorme marmite plus haute et large qu’un troll ; de l’autre côté, on affûtait les lames, on polissait les armures, on préparait les flèches, tout ça à moitié volé, mais aussi à moitié fabriqué, car les forgerons gobelins pratiquaient leur art dans n’importe quelles conditions, surtout quand on leur offrait les meilleures réserves du principal pays exportateur de métaux en tout genre ; à la périphérie de la base, de multiples créatures en tout genre s’acharnait avec de pauvres haches émoussées sur des arbres tordus pleurant sève et copeaux, qui seraient sacrifiés sur l’autel de l’industrie ; et, au milieu de ce monde de brutes et de guerre, de ces cris, ces tintements, ces glougloutements, cette cacophonie, de délicats doigts elfiques allaient et venaient, sur une mandoline cabossée qui produisait des sons étranges.
Goedfroid s’approcha de l’elfe en question. Il se leva, et le salua, posant sa mandoline.
« Tout est prêt ?
- Oui, seigneur.
- Alors allons-y. »
« C’est vraiment… une petite ville. » Dit Goedfroid à son compagnon elfe, Halgor, lorsqu’ils émergèrent de la forêt, celle-ci étant plus haute que la forteresse elle-même, située dans un creux au milieu des collines.
« Ne vous fiez pas aux apparences, seigneur. Elle n’est peut-être pas aussi grande que Guenewair, mais elle d’autant plus difficile à prendre. »
Un long moment de silence passa, seulement interrompu par le claquement des capes agitées par le vent froid de ces régions.
« Vous étiez commandant des armées de cette cité, n’est-ce pas ?
- Correct. »
Un autre instant de mutisme, avant que Goedfroid ne poursuive :
« Pourquoi êtes-vous un mercenaire désormais ?
- Il y a… des choses qui sont contre nature. »
Il fixa la ville, entourée d’une épaisse muraille scintillante, garnie de nombreux fanions aux couleurs de la cité. Les douves scintillaient du même argent que le lac qui les alimentait, brillant comme le métal froid d’une lame polie.
« C’est triste, mais ça doit être fait. »
Le lourd pont-levis s’abaissa, frappa le sol, et la herse se releva pour laisser passer cinq soldats en armure dorée.
« Savez-vous ce qui différencie les elfes du clan de Githoraï des autres, Goedfroid ? C’est leur oubli. Ils ont oublié qu’ils étaient les esprits protecteurs de la nature. Ils ont oublié tout le noble savoir que les grands Créateurs leur ont appris. Aujourd’hui, ils travaillent comme des humains, ils aiment comme des humains, ils vivent comme des humains. Alors Dieu a décidé qu’ils mourront comme des humains. C’est pour ça que nous avons perdu notre immortalité : parce que nous sommes des humains. Aujourd’hui, il est trop tard.
- Vous avez décidé de vous venger ?
- Venger ? Non. Je me contente de purger la gente elfique. Les idéaux de Githoraï périront avec lui. »
L’air vibrait presque de cette haine tangible qu’il dégageait désormais. La simple évocation du nom de ce seigneur considéré comme un Dieu par les siens semblait le mettre hors de lui.
Goedfroid s’accroupit et dessina, dans la poussière, des runes cabalistiques formant une spirale encerclant un triangle équilatéral. L’humain y déposa sa main, et laissa son esprit faire corps avec la nature.
Par cette vulgaire figure, il accéda au courant magique présent dans le sol. Il se laissa porter par sa puissance, conscient de chaque chose qui l’entourait : un écureuil grimpant à un arbre, une pie alertant les hôtes de la forêt, les soldats qui s’approchaient d’eux. Il se dirigea lentement vers la ville, afin d’en juger les défenses. Comme il s’y attendait, il ne franchit pas les murailles : un autre pouvoir bloqua son avancée vers l’intérieur.
La main d’Halgor se posa sur son épaule, et il sortit de sa transe magique. Les soldats elfes s’arrêtèrent à trois mètres d’eux, une main sur leur épée.
« Déclinez votre identité, je vous prie. » Leur ordonna le plus grand d’entre eux, au casque plus carré, et au plastron recouvert d’une toile blanche arborant une croix latine rouge sang.
Halgor recula d’un pas, laissant à son seigneur le soin de parlementer.
« Je me nomme Goedfroid Main de l’Ombre, seigneur des terres du nord et souverain de tous les peuples rebuts, passés, présents, ou futurs. »
Les deux petites fentes rectangulaires à travers lesquelles le chevalier voyait n’étaient que deux points sombres qui ne laissaient transparaître aucune émotion.
« Je suis actuellement venu sur ces terres avec mon armée pour trouver Merlin et Zoriak, qui sont deux magiciens humains avec lesquels je dois m’entretenir.
- Pour quelles raisons devez-vous les trouver ?
- Ces raisons ne regardent que moi et eux, et un simple troufion de votre acabit n’a pas besoin de les connaître. »
Goedfroid sentait son serviteur tendu comme la corde d’un arc, prêt à fondre sur le groupe si jamais l’un d’eux faisait le moindre geste malveillant.
« Nous ne les connaissons pas, mais, si d’aventure nous les apercevons sur nos terres, nous leur transmettrons votre message.
- Bien, je vous remercie… Toutefois… »
Les soldats, momentanément soulagés, se raidirent soudainement, comme fouettés.
« Je dois également vous signaler que votre cité doit déposer les armes dans les heures qui suivent, sous peine de subir un siège qui s’achèvera dans un bain de sang pour votre peuple. »
Le chevalier tira sa claymore et se jeta vers un Goedfroid surpris et sans défense. Halgor réagit plus vite : rapide comme un tigre et précis comme un faucon, sa lance mordit la gorge de son ennemi, libérant un torrent de sang et de gargouillis étranglés. Les quatre soldats se jetèrent sur eux, un instant trop tard : la dague du seigneur, sortie de sa manche, cueillit le premier au thorax, s’immisçant entre deux plaques dorées. Les épées se tirèrent d’un même mouvement, et se croisèrent dans une gerbe d’étincelles blanches.
D’une poussée d’épaules, Goedfroid écarta l’un des assaillants de la mêlée. Il tenta d’enrober la lame, mais la prise de l’elfe se raffermit. L’humain feignit de s’attaquer au flanc, puis décala son assaut vers le bas. Un cri d’horreur, de surprise, et de souffrance jaillit de la gorge de l’ennemi, au moment où l’arme de l’assassin tranchait à moitié sa jambe, suivi d’un hoquet muet lorsque la dague récupérée par télékinésie s’enfonça dans sa bouche.
Le seigneur se retourna, au moment où un autre corps s’effondrait, la tête à moitié tranchée. Halgor regarda le dernier soldat, et l’apostropha : « Retourne voir ton maître, et dis lui que la mort est venue le chercher. » L’elfe ne se le fit pas dire deux fois : il tourna les talons et s’enfuit vers la ville.
Halgor s’approcha du chevalier agonisant dans l’herbe rouge. Il cracha sur la croix latine et dit : « Ils ont même été jusqu’à chercher le culte impie des humains pour satisfaire leur oubli. ». Et il donna la mort.
Bon, on remonte là.
Lecteurs, petits, petits, petits,...
Looking for reader =/
Waiting for chapters ! XD
Ouais, mais bon, voilà quoi.
Sinon, j'ai toujours pas arrangé la suite, mais, pour vous faire patienter un peu, j'ai dépoussiéré un vieil article de ma fausse encyclopédie en vrac. Cet article parle d'un personnage qui fera son apparition dans les prochains chapitres... Peut-être. Enfin bon, c'est vieux, mal écrit, et totalement inutile... Et un peu long quoi.
Amäranth est le nom de la divinité elfique de la lumière. Il fait partie de la race des Elfareï, premiers êtres nés, et dont l’espèce ne comptent plus qu’une poignée d’individus. Il est célébré dans tout le monde des elfes, et des humains, et son nom est craint des démons depuis la fin du règne de Dämon.
Les Elfareï sont toujours restés à l’écart des autres races. Leur culture, longtemps demeurée inconnue, est basée sur un profond respect et un usage modéré de la lumière. Pacifiste de nature, ils ne se mêlèrent qu’une seule et unique fois aux guerres des autres peuples : lors du début de l’avènement de Dämon, seigneur des démons. Ceux-ci, plongés par leur maître dans une rage sanglante, envahirent les royaumes limitrophes de leur contrée avec une bestialité sans nom. Ils instaurèrent un culte où seules les ombres et l’adoration de leur seigneur avaient leur place.
Les réactions des humains, alors au début de leur indépendance, des elfes sylvains et des elfes noirs ne se firent pas attendre : ils mobilisèrent une vaste armée pour se porter à l’encontre de démons. La première bataille fut sanglante et vaine, les créatures de l’ombre l’emportant sans difficulté, en usant de leur magie impie. Désorganisées, les troupes du bien battirent en retraite, désertant leurs terres, en partance vers le nord-est. Sans le savoir, ils venaient de pénétrer dans les royaumes enchantés des Elfareï.
L’un d’eux vint à leur rencontre. Il se prénommait Gabriel et, malgré son apparence commune, ressemblant en tout point à un elfe sylvain, les soldats prirent peur, car il était entouré d’un halo de lumière qui guérissait le corps et rafraîchissait l’âme.
Gabriel mena les chefs de guerre de chaque peuple – Githoraï pour les sylvains, Lamana pour les elfes noirs, et Guenewair pour les humains – à la ville secrète des Elfareï, où les principaux dirigeants de ce peuple, après avoir entendu l’histoire de leurs invités, décidèrent de fonder un corps armé pour soutenir les peuples du bien face aux démons. Ce corps fut nommé « Les Anges », à cause de leurs armures qui comportaient des ailes dorées dans leur dos.
La situation changea très vite : les démons furent repoussés en quelques années seulement, alors que de nouvelles alliances se faisaient. Ainsi, certaines races comme les trolls ou les nains oublièrent les anciennes querelles du passé pour se joindre aux troupes angéliques, désormais sous la tutelle totale de Gabriel et des autres Anges. Les quatre grands maîtres du peuple de lumière inculquèrent leur culture aux troupes étrangères, créant de nouveaux Anges maîtrisant la lumière.
Mais des dissensions apparurent. Les elfes noirs durent se retirer du conflit, soucieux de préserver leur culte lunaire, et leur pays constamment sous révolte. Les nains, ayant subis de lourdes pertes matérielles, demandèrent un tribut aux autres peuples, que les Elfareï refusèrent de payer, pour ne pas céder leurs précieux métaux et secrets. La haine et les rancunes du passé revinrent, tandis qu’une antipathie naissante pointait envers le peuple de la lumière.
Ceux-ci furent accusés de trahisons par les humains, désireux de contrôler le pouvoir de la lumière. Les royaumes enchantés furent mis à sac, et ses habitants exécutés sommairement. Le peu qui parvint à s’enfuir furent traqués pendant de nombreuses années, pour des primes dérisoires.
Les humains obtinrent en partie ce qu’ils désiraient, puisqu’ils possédaient désormais presque toutes les reliques et les livres secrets des Elfareï. Néanmoins, ils leur manquaient le plus important de tous les objets saints : la lance de Longinus.
Le pouvoir des Elfareï dépassait l’entendement et les limites terrestres. Avant sa capture et son exécution, Gabriel confia la pointe de la lance à ses jeunes fils : Samaël et Amäranth. Il usa ensuite de tous ses pouvoirs pour les envoyer par-delà les cieux, vers les étoiles.
Des siècles de guerre passèrent, sans qu’on entende à nouveau parler de la lance ou des enfants.
Et puis, un jour, le ciel se déchira, et une pierre de feu s’écrasa dans les montagnes naines, creusant la roche sur des dizaines de mètres de profondeur.
De cette pierre, jaillit sept individus, chacun différent. Et avec eux, ils apportaient l’espoir.
Varan, la divinité des montagnes, grand reptile à dressé sur ses pattes arrières ; Valère, maître de la magie, humain aux yeux d’un blanc laiteux ; Angel, reine de la nature, qui changeait constamment d’apparence pour souvent adopter celle d’une jeune femme svelte et d’une froide beauté ; Aeren, apprentie de Valère, créature d’une blancheur immaculée et à la peau tirée sur de ténus membres alanguis ; et, les deux derniers Elfareï : Amäranth et Samaël.
Tout deux étaient devenus de puissants guerriers, équipés par les peuples venus des étoiles, loin au-delà du monde, disposant d’armes et d’armures inconnues jusqu’à alors.
Amäranth ne connaissait pas ses origines, et il en souffrait. Lorsqu’il questionnait son frère à ce sujet, il lui répondait qu’il ne s’en souvenait pas non plus. Amäranth était loin de se douter qu’il allait découvrir la sinistre vérité sur son peuple et sa destinée.
Alors qu’ils quittaient provisoirement le cratère formé par la chute de la pierre, les sept compagnons furent attaqués.
La scène fut aperçue par des nains, qui coururent trouver leur roi en personne, pour l’avertir de se qui passait sur ses terres. Des inconnus, un petit groupe, affrontait les démons, des milliers, et ils les repoussaient. De leurs mains et de leurs yeux sortaient de puissants jets de lumière qui transformaient les créatures impies en cendres.
A la fin de la bataille, le roi vint s’adresser à Varan, dans la langue antique des dragons, l’invitant à rejoindre sa demeure.
Les inconnus se joignirent à la guerre, sans qu’on ne comprenne jamais pourquoi. Les plus grands théologiens déclarèrent qu’ils cherchaient quelque chose pour repartir sur leur pierre de feu, mais peu y croyaient.
Les démons, qui avaient presque exterminé toutes formes de résistance, ne purent contrer les puissants assauts des nouveaux Dieux. Apportant la cendre et la ruine à chacun de leurs pas, ces déités balayèrent et repoussèrent leurs ennemis jusqu’aux plus profond de leur terres.
La bataille désormais chantée dans tous les chants de tristesse et d’idéaux brisés, connues sous le nom de « la lutte des morts » marqua la fin de la croisade contre les démons, et la dissolution du corps des Anges, qui était sous le commandement de Samaël.
La défaite fut dure pour les forces du bien : assaillies par des pluies de flammes, confrontées à des démons beaucoup plus nombreux et beaucoup plus puissants, même avec l’aide des Dieux, la bataille était perdue d’avance.
Durant l’assaut, Amäranth perdit de vue son frère. Il se mit à sa recherche, craignant d’avoir perdu sa seule famille. Mais il trouva autre chose.
Se tenant au milieu des cadavres de toutes sortes, droit comme une corde d’arc, sa double lame nue et froide à la main, Dämon se tenait, éternel face au combat.
Amäranth se jeta dessus, convaincu que le roi sombre avait tué son frère.
En un instant, l’Elfareï fut défait, son armure brisée et son arme rompue. Le seigneur des démons leva son épée et l’abattit. Mais à cet instant, Samaël s’interposa, et fut atteint par la lame de l’ombre. Sa peau pâlit, ses cheveux blonds se noircirent, et un voile sombre tomba sur son visage, corrompu par le mal qui sommeillait dans l’attaque de Dämon.
Celui-ci et Samaël disparurent, laissant Amäranth seul, désorienté.
Par la suite, les Dieux ne se firent plus voir, et la méfiance des peuples libres commença à s’installer à leur égard. Leur seule réapparition fut en la personne d’Aeren, qui apparut dans la forêt elfique pour en drainer l’énergie magique. Elle paya cette traîtrise de sa vie, Angel et Valère unissant leurs pouvoirs pour l’arrêter avant qu’elle ne détruise les bois enchantés.
Amäranth s’était quant à lui retirer dans les anciennes ruines de son peuple, où il commença à apprendre les arcanes de la Lumière, qu’il maîtrisa bientôt avec autant de brio que son père.
Et puis les Dieux s’allièrent à nouveau. Fussent-ce le désespoir d’Amäranth, la folie d’Angel qui commençait à poindre, ou la soif de justice de Varan, quoiqu’il en soit, ils jetèrent tous dans la plus improbable des batailles : à cinq, ils défièrent la plus importante de toutes les citadelles du mal. Leurs pouvoirs, qu’ils s’étaient entraînés à manipuler, dévastèrent les rangs qui les encerclaient, tandis qu’une marée sans fin de démons arrivait vague par vague.
La lutte dura des heures, des jours, des semaines, ou peut-être seulement quelques minutes.
Quoiqu’il en soit, la cendre fut tellement soulevée, qu’elle alerta les elfes noirs, et la rumeur de la bataille se transmit de peuples en peuples.
Tous vinrent, d’abord en simples spectateurs, puis en combattants, pour observer, aider les Dieux reniés.
A un moment, les démons se retirèrent, et Samaël apparut, en une version corrompue de lui-même, rayonnant une aura maléfique qui oppressait le cœur.
Et le combat reprit.
On ne sait à quel moment, mais Dämon se matérialisa en haut de sa forteresse, enjoignant Amäranth à le rejoindre.
Ils se battirent, avec tous leurs pouvoirs, toute leur puissance. Aucun des deux ne ployaient sous les assauts, alors que tous les regards se posaient sur les lames s’entrechoquant.
Et puis, au loin, vint Masamune, seigneur elfe noir portant une épée à la main. Il courait, comme si les créatures les plus monstrueuses de l’univers le poursuivaient. Amäranth l’aperçut, et lui fit signe de lui remettre l’arme qu’il tenait.
Masamune, qui était l’un des plus grands forgerons de son temps, s’était vu confier la tâche de fondre la sainte relique de Longinus, et de l’allier à la lame brisée de Gabriel. La puissante épée ainsi créée resplendit immédiatement de la lumière la plus pure qui soit, lorsque la main d’Amäranth l’atteint. Dämon n’eut pas le temps de réagir que l’estoc perçait déjà son armure pour reparaître derrière son corps, ensanglanté.
Sa vie le quittait peu à peu, et les soldats d’en bas criaient pour sa mise à mort, pour qu’ils puissent ramener sa tête sur une pique à leur cité.
Mais Amäranth les fit taire. Il s’agenouilla, et apposa ses mains sur la plaie du démon. « Je te pardonne. » Murmura-t-il en le guérissant. Dämon ne répondit pas, puis disparut, en laissant traîner deux mots dans l’air : « Moi aussi. »
Amäranth devint le gardien de la lumière, alors que la guerre s’achevait. Il est dit dans les anciens écrits que sa lame attendrait de servir à nouveau contre le mal, de défendre les idéaux dans lesquels son père croyait. Il tente toujours de trouver un remède au mal de son frère, qui est désormais l’un des plus puissants lieutenants démoniaques.
Bon ben, encore un topic qui finira sans lecteurs, on dirait
Enfin bref, je up, et j'attends... je crois.
Je ne connais pas, et je ne crois pas encore avoir lu un texte de toi. Je lirai donc ceci demain matin.
Merci d'avance ![]()
Je suis désolé, je n’ai lu que les deux premiers chapitres, et je n’ai pas le courage de lire la suite.
C’est peut-être plus ma faute que la tienne, mais j’avais du mal à m’empêcher de penser à autre chose. Je décrochai très facilement. Beaucoup de phrases sont trop longues, lourdes, et pompeuses (recherche de vocabulaire qui la plupart du temps ne semble pas marcher…), maintenant ne me demande pas d’exemples, j’aurai du mal à relire pour les retrouver, c’est assez général de toute façon…
J’ai repéré quelques fautes par-ci par-là, mais je ne suis pas un as de l’orthographe :
Je m’attendais… à quel… quelque cho-ose… de plus…. spectaculaireS.
Maintenant, il ne s’agit plus que d’une autre piqueS
Jamais il n’aurait pensé que son propre corps […] sa propre chair chétive pourrait surmonté (er)
Voilà, je lirai peut-être la suite plus tard, mais un bref survol me permet de tomber sur d’autres phrases que je trouve mal tournées, comme celle-ci « Il se retourna, juste à temps pour voir le sabre d’argent d’Elven s’avancer vers, et la pointe entrer dans son casque. »
Ciao
Merci de ta lecture. Juste une petite question: les phrases sont mal tournées dans le sens où j'essaie d'introduire trop d'idées dans une même phrase, ou c'est la juxtaposition des mots qui laissent à désirer? (ou quoi que ce soit d'autres, on est pas aux puces non plus.)
Goedfroid et Halgor entrèrent dans la tente, encore tachés du sang de leurs victimes.
Elven regarda le premier, surprise et légèrement effrayé.
« Je ne suis pas blessé » la rassura-t-il. « Nous avons rencontré quelques… importuns. Un d’entre eux s’est échappé, ils vont se préparer pour notre assaut. »
Le maître jeta rapidement un regard aux deux autres personnes présentes : un elfe noir et un Hinaro.
Le premier se nommait Anastastica, et Goedfroid n’aurait jamais compris qu’il s’agissait d’un parent d’Elven si elle ne lui avait pas dit. Sa peau était plus clair, et ses cheveux courts à l’avant, mais arrangés en une longue tresse à l’arrière, bien moins ordonnés et lisses. Il conservait toutefois son allure sévère et droite, voire effrayante, qui faisait de ces elfes un modèle de discipline militaire. Ses profonds yeux d’un rouge sang semblait sonder l’âme de quiconque lui parlait, instaurant cette sensation de malaise qui se crée quand vous sentez que l’on vous juge sans que vous puissiez rien y faire. Sa grande armure de bataille était d’un blanc pur, malgré de fines ciselures argentées représentant le symbole de l’armée d’Isa, dans laquelle Anastastica avait combattu des siècles auparavant : Des ailes entravées par des chaînes. Il n’avait pas pris son arme – une espingole garnie d’une large lame de hache, symbole de l’avancée technologique de sa patrie – mais Goedfroid savait parfaitement qu’il serait capable de tuer à mains nues s’il en recevait l’ordre.
Le deuxième se faisait appelé Hurlenfer, et était le commandant des forces terrestres de Goedfroid. Il représentait le type même de l’Hinaro de base : Grand de taille, large de carrure, une allure de bête féroce. Vêtu pour l’occasion de son armure noire hérissée de pointes aux spallières et aux gantelets, il avait retiré son casque et dévoilait ainsi sa peau foncée tirant sur le rouge, ainsi que ses traits bien moins harmonieux que celui d’Anastastica : le visage lisse faisait place à des contours anguleux au grotesque, le nez grec devenait bossué, comme brisé à de nombreuses reprises, les sourcils nets et bien dessinés séparées par une unique blessure de guerre disparaissait en une broussaille continue qui se mêlait aux cicatrices en tout genre irrégulières,… Pourtant, il y avait un point commun que Goedfroid ne pouvait pas nier : leurs yeux. Ce rouge éclatant et pénétrant.
Goedfroid se souvenait avoir lu il y a bien longtemps que les elfes noirs et les Hinaros seraient parents ; que ces derniers seraient nés de l’union des premiers avec les Orcs – qui n’étaient après tout qu’une version corrompue de ce genre d’elfe, toujours selon les légendes. Pourtant, ce qu’il avait sous les yeux prouvaient que les veilles histoires sur les apparitions des races étaient peut-être fausses. Comment autant de disparités pouvaient-elles exister ? Encore un mystère de la nature sans doute.
« Bien, nous allons devoir réviser nos stratégies de bataille avec le plus de hâte possible. » Commença Goedfroid en déployant la carte qu’Halgor lui avait remise et qui montrait les différents points d’entrée de la ville.
« Très bien » reprit l’ex-général d’Habrina Sénaro « il faut savoir que, militairement, leurs stratégies sont très différentes de tout ce que nos soldats ont pu voir. Ils ne monteront pas aux remparts : ils sont en grande partie sylvains, ils riposteront en se cachant dans leur cour, où ils croiront être à l’abri de nos attaques. Leurs boucliers les protègeront de nos flèches, mais certainement pas de nos boulets, n’est-ce pas ? »
Le visage d’Anastastica se fendit d’un sourire, qui s’écarta pour libérer une voix cristalline :
« Avec quelques ajustements, les canons de Guenewair devraient se révéler efficaces.
- Parfait. La neutralisation de leurs forces à distance ne devrait pas poser de problèmes alors. Néanmoins, il faut faire attention aux tirs de la citadelle. »
Il pointa le centre de la ville.
« Elle est surélevée, et nos boulets ne pourront pas l’atteindre. Les arcs sylvains tirent loin et sont très précis, et nos forces devront rester à découvert du moment où elles sortiront de la forêt et où elles atteindront la porte. »
Hurlenfer, à qui le message était destiné, ne répondit pas.
« Le but est d’arriver à faire monter nos ingénieurs gobelins sur les remparts tout en les protégeant des assauts de la citadelle. Nos échelles sont prêtes, ainsi que nos tours-trolls, mais il est probable qu’elles ne dépassent pas la moitié du champ de bataille. Il faut donc appliquer l’alternative. »
Cette fois, l’Hinaro décroisa les bras, et parut se concentrer.
« Nos mineurs, nains et gobelins, creusent en ce moment un tunnel afin d’atteindre les anciens passages qui s’étendent en dessous de la ville. Ils ont été condamnés il y a de nombreuses années, mais avec un peu d’explosif, je suis sûr que les gobelins arriveront à se frayer un chemin.
- Nous devons donc faire en sorte que nos ennemis se concentrent sur les forces dans les plaines pour pouvoir les prendre à revers ? » Questionna Hurlenfer, d’une voix féroce et impatiente.
« Oui. Et une fois à l’intérieur, nous pourrons abaisser le pont-levis, relever la herse et ouvrir la porte. Nos troupes se déverseront alors dans la ville. La seconde étape sera alors simple. »
Il pointa le centre surélevé de la ville.
« Ils se réfugieront là-haut. Et ils ne pourront pas nous échapper. »
Halgor marqua un moment d’arrêt, la phrase qu’il devait prononcer était trop difficile pour lui. Goedfroid compléta :
« Ne faites pas de prisonniers. Et brûlez la cathédrale de leur Dieu impie.
- Gardez Githoraï en vie. Je veux lui trancher la tête moi-même.
- Combien sont-ils ? » Demanda précipitamment Hurlenfer, comme s’il avait peur qu’on ne lui réponde pas.
« Les soldats en faction dans la ville n’ont jamais excédé trois cents. Néanmoins, nous n’avons pas rencontré de sylvains dans la forêt, il est donc possible qu’ils aient été rappelés. Si on ajoute à cela un éventuel renfort qui a dû venir du conseil elfique de la Forêt, on doit obtenir un nombre d’environ un millier, voire mille cinq cents au maximum. Ce qui reste ridicule comparé à nos forces. »
Toutes les inquiétudes de Goedfroid au sujet d’une quelconque défaite contre cette ville s’évaporèrent : mille cinq cents soldats, soit dix fois moins que son armée entière. Un sourire se dessina sur son visage.
« Seigneur, devons-nous également vous apporter les sorciers qui se mettront en travers de notre chemin ?
- Comme toujours Anastastica. Rompez maintenant, et préparez-vous pour la bataille. »
Ils sortirent tous en silence, sauf Elven.
« Et après ? »
Cette question, qu’elle posait chaque fois qu’ils allaient partir au combat.
« Après, Sox, et les mages.
- Et ensuite ?
- Ensuite… Ensuite, ce sera fini, j’aurai ce que j’ai toujours voulu. »
Elle eut un petit rire incrédule, et s’en alla en lâchant : « Bien sûr. »
Bon là, je vais sans doute me mettre à enchaîner les suites plus ou moins rapidement, c'est selon. Enfin voila ![]()
La forêt changea. Son orée devint noir du monde qui en émergeait : les humains, les nains, les elfes, mais aussi les gitrashs, créatures brunâtres trapues aux longs doigts agiles, les nomdh-haus, de grands être noirs à la face plate et aux larges épaules, les gobelins, petits êtres verts aux oreilles pointues, … Toute l’armée de Goedfroid s’était apprêtée, au sommet des collines, regardant cette toute petite ville qu’ils écraseraient.
Les gobelins poussaient déjà les canons capturés lors de la campagne chez les humains, préparant la poudre, les mèches et les boulets. Les cordes des arcs étaient détendues, mais les flèches déjà encochées, les boucliers pas encore levés, mais déjà en main,… Ils se préparaient à la bataille, soldats aguerris et complices dans la violence de la guerre.
Au devant des soldats, un troll marchait, péniblement, courbé par son fardeau. Sur ses épaules, Anastastica et Hurlenfer, installés dans une tour de bois construite pour s’adapter à la carrure de la bête, passaient en revue leurs troupes en bavardant stratégie.
Le troll se dirigea en titubant vers Goedfroid, un peu à l’écart, en compagnie d’Elven et d’Halgor, tous silencieux.
Le nouveau seigneur avait revêtu sa meilleure armure de cuir noir, aux formes arrondies et disposant de cachettes pour ses poisons et ses dagues, dans les manches et les bottes. Son regard déterminé et clair inspirait la peur, plus encore que son armée.
« Nos troupes sont prêtes ma Dame et messires. Ils sont à vos ordres. » Cria l’elfe noir dans la tour cahotante.
Goedfroid ne lui prêta aucune attention, et resta concentré sur la ville.
Tout était silencieux : la franche camaraderie des troupes du nord avait disparu, soufflée par la tension montante, la ville au lac d’argent semblait déserte, comme si personne ne s’y préparait à défendre sa vie, même la nature elle-même respectait ce moment décisif dans l’Histoire.
Excédée, Elven s’écria :
« Ca suffit, pilonnons cette ville et qu’on en finisse. »
Halgor rit doucement.
« Quoi ?
- Rien, vous me rappelez simplement votre sœur.
- Vous avez connu ma sœur ?
- J’ai combattu avec elle pour défendre les frontières du royaume des Elfes noirs. Vous vous ressemblez beaucoup. »
Elven baissa les yeux, et commença à jouer machinalement avec ses nombreux bracelets à son poignet.
Goedfroid la regarda, et réfléchit un instant à cette parole. Oui, les deux sœurs se ressemblaient beaucoup. La même pâleur séduisante, la même noirceur envoûtante des cheveux, le même rouge hypnotisant des lèvres,… Pourtant, elles avaient aussi quelques différences : Elven était plus petite, et possédaient des traits plus fin, ainsi qu’une mine moins sévère… Et ses cheveux formaient des boucles voluptueuses que Goedfroid admiraient. Il en perdait tous ses moyens, et il se confortait dans son ambition de la protéger de sa faiblesse à lui.
Toutefois, il savait qu’elles avaient un dernier point commun : cette fougue, cette hargne, cette force qu’elle tirait de leur désespoir, cette chose qui faisait d’elles deux guerrières que personne n’avait encore réussies à défaire.
Goedfroid ne l’avait vue qu’une seule fois combattre : lors du massacre des autres assassins.
L’ancien Maître avait un grand projet : former un groupe d’enfants soldats entraînés pour le combat, dirigé par Goedfroid. Conditionnés depuis leur plus jeune âge par des maîtres d’armes émérites, ils auraient pu être l’assemblée d’assassins les plus craints de ce monde. Sans Elle.
Elle vouait une haine intense à son Maître. Il n’en ignorait rien, mais il savait également qu’il se priverait de son meilleur élément si il la tuait.
Un soir, Elle était entrée dans la pièce où les janissaires se reposaient, et les avaient tous provoqués. Une dizaine de soldats entraînés s’étaient jetés sur elle.
Ce combat resta gravé dans la mémoire de Goedfroid comme celui d’une danse macabre d’une beauté morbide. Sanglant, mais somptueux.
Il se rappelait également être au sol, la pointe de la lame sur la gorge. Et puis Elle, tremblante, les larmes au yeux :
« A cause de toi… Abanfir est… Mort… »
Elle leva sa lame.
« Non !
-Elven ! »
Le bruit du pont-levis s’abaissant le tira de ses souvenirs. La herse se releva, et un elfe en armure sortit de la ville. Le soleil frappa son armure dorée et éblouit ainsi Goedfroid, légèrement surpris de cette approche. A mesure qu’il s’avançait, l’elfe s’éclaircissait à sa vue : grand et blond, un air résolu et grave, une hallebarde étincelante, sur laquelle il s’appuyait comme un voyageur sur un bâton. Il s’arrêta à quelques pas de l’armée, légèrement plus bas. Il fixa son regard sur Halgor, droit et fier comme la corde d’un arc.
Le mercenaire elfique s’avança. Goedfroid ne fit aucun geste pour l’arrêter, conscient que ce qui allait se passer entre cet ennemi et Halgor resterait entre eux deux.
La main sur sa lourde épée, il s’arrêta à distance raisonnable, à peine plus loin que la portée de la hallebarde.
« Chiniro…
-Halgor. »
Ils restèrent droits, se fixant, les yeux dans les yeux. L’ambiance semblait tendue, et chacun avait sans doute mille choses à dire à l’autre. Mais aucun mot ne s’élevait pour briser le silence éloquent des amis qui se retrouvent en ennemis.
La main de Chiniro se serra sur sa hallebarde, produisant un grincement caractéristique du bois sur le métal.
Les paupières d’Halgor battirent, chassant une larme qui roula sur sa joue.
La mâchoire du premier se crispa.
Les poings du deuxième crissèrent.
« Pourquoi es-tu venu ? »
Chiniro avait craqué le premier.
« Certaines choses… doivent être faites. » Un instant de silence. « Je n’ai jamais apprécié la façon dont Githoraï avait mené notre vie pour nous transformer en… ça.
- Pourtant, toi aussi tu as participé à la fondation de cette ville. »
Leurs voix étaient pleines de rancœur, et de tristesse aussi.
« Mon utopie n’a rien à voir avec ce que nous sommes devenus ! Ouvre les yeux ! Vois ce que nous sommes ! Nous rêvions d’un monde où tous les elfes pouvaient mener l’existence qu’ils leur plairaient, et au final, on nous en dicte une nouvelle !
- Et tout ça pour quoi, Halgor ! Pour que tu viennes tout raser ? Toi aussi tu es devenu un humain… Belliqueux… et puéril !
- Jamais ! tu m’entends ? Jamais ! Je suis venu mettre un terme à tout ça !
- Regarde-toi. »
Toute colère avait quitté Chiniro. Halgor baissa les yeux sur son corps, et son armure d’humain, grise et terne, faite dans un métal à peine travaillé.
« Et au final, tu reviens ici, pour assassiner tes amis… ta famille… Celle que tu aimais. Halgor… pourquoi ? »
Le regard flou, les bras tremblants, Halgor tira sa longue épée à deux mains, et se mit en garde.
Chiniro ne dit rien, et tira de sa main gauche un léger sabre poli. Il ferma les yeux, les muscles détendus, mais paré sur ses jambes de félin.
Leurs deux cœurs, leurs deux respirations, leurs deux corps, semblèrent s’arrêter en même temps. La tension entre eux deux aurait été palpable, si l’un des combattants avait pris la peine de se sortir de la transe dans laquelle ils venaient de plonger. Leurs esprits tendaient vers d’autres moments, qu’ils avaient en commun. Des moments que seuls deux amis peuvent avoir. Ils étaient tout l’un pour l’autre. Et il en serait de même dans la mort.
Le bleu électrisant du regard de Chiniro fut le déclencheur : ils se jetèrent l’un sur l’autre en poussant un cri de rage qui résonna dans le cieux.
Personne ne vit ou ne comprit ce qu’il se passa. Ils étains simplement passés l'un à côté de l'autre, et maintenant, ils se tournaient le dos, Chiniro les bras croisés, le sabre sur l’épaule droite et la hallebarde sur l’épaule gauche, Halgor l’arme basse, comme s’il avait porté un coup vertical durant la fraction d’instant où il avait croisé son ami.
Un léger souffle balaya leur cape. Et tout s’enchaîna.
Le sabre de Chiniro se brisa en une dizaine de morceau. Le blond tomba à genou, lâchant ses armes. Une longue estafilade barrait son torse, d’où se déversait un flot de sang.
Halgor se détendit, les bras le long du corps. Il lâcha son épée, bruit mat rompant les gémissements de souffrance de Chiniro.
Puis le mercenaire s’effondra, à quatre pattes. Il porta sa main à la poitrine, et, avec un cri de rage, arracha la pointe brisée de la hallebarde, fichée à l’endroit de son cœur.
L’herbe s’empourpra, et les larmes se mirent à couler, à plus gros bouillons que le sang lui-même.
« Vois… Où ta haine t’a mené…
- Je n’ai… Aucun regret.
- Crétin. »
Ils ne se retournèrent pas. Aucun n’eut le courage d’affronter le regard de l’autre.
Et, finalement, comme deux amants qui venaient de vivre un instant parfait d’amour, ils se couchèrent, pour ne plus jamais se relever.
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Alala...
On devrait te remettre le César de l'auteur le moins lu de ce forum
Je lis ça incessamment (sûrement demain, ou tard ce soir)
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