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Boys Don't Cry

[Darky]
[Darky]
Niveau 10
26 juin 2007 à 12:50:08

Je me souviens la première fois de ma vie où je me suis trouvé beau, je venais d´avoir dix-huit ans.
Ce soir-là j´avais assouvi un désir de masturbation récurrent des heures durant. Effet secondaire dû à la surconsommation d´amphétamines. Que ce soit sous sa forme simpliste, le speed, sous sa forme MDMAique, l´esctasy ou bien encore métamphétamique, le Crystal Meth ou Ya baa.
La longue phase d´excitation dûe aux flash back pouvait me forcer à réitèrer ce geste jusqu´à trente fois dans une journée, et là, justement je venais d´assouvir une crise aigüe.
Une fois mon gland récuré au savon sec et mon torse frotté jusqu´à le rendre rouge, j´avais croisé ces deux grands yeux verts.
Je contemplais une beauté noire, inaccessible, qui me passionnait.
Mon nom est Victor Iboge et je vais mourir.
Si vous me voyiez dans la rue, vous penseriez sûrement que je suis comme vous. Un homme fade se nourrissant de jeux télés et de sous culture enveloppée dans du plastique biodégradable.
Vous auriez tort, ce que vous ignorez c´est que vous n´êtes rien, votre existence ne se résume qu´à ce moment précis où nos regards se sont croisés.
La raison de votre existence est de satisfaire la mienne.
Bien sûr il y aura toujours des sceptiques pour prétendre que non, que leur vie est simplement le fruit de Dieu ou pire de la fusion d´un spermatozoïde avec un ovocyte.
A ceux-là je leur répondrai que le simple fait d´être entré dans mon domaine de conscience et de cognitivité prouve le contraire.
Ces mots je les écris avec difficulté et sincérité.
Difficulté car malgré le savon et la Javel je sens toujours le sang sur mon épiderme mais aussi car je bouillonne encore de la découverte que je viens de faire.
Sincérité enfin car j´éprouve un besoin, celui de vous faire ma confession, de vous expliquer votre rôle dans ma vie maintenant que je vois en moi comme dans un miroir.

Pour comprendre il faut remonter à l´origine.
L´origine se trouve être le premier jour de mon année de terminale. Ma mère et moi venions d´essuyer tous les malheurs humains. Nous avions fui nos vies et notre pays, la Belgique, pour Caen dans le Nord-Ouest de la France.
Non, il faut remonter encore plus loin.
Suite à la mort de mon frère, mon père avait sombré dans l´alcoolisme. Ma mère après la fausse couche qui avait provoquée la mort prématuré de ma seule et unique soeur avait depuis prés de vingt ans développé une pharmacodépendance aux analgésiques en tous genres. Elle avait d´abord traversé quelque phase clean dont nous étions le fruit Clément et moi, et puis peu à peu l´espace de temps entre ces alternances ou nous pension que ça aller mieux pour elle c´étaient réduites. C´est je crois lorsque nous avions huit ans que ça pharmacodépendance a commencée d´aller de pire en pis. D´après ce que j´avais pu lire sur les ordonnances signées de sa main, celle du Dr Iboge, elle avait d´abord donné dans une addiction dure à la phencyclidine. Mais lorsque les hallucinations et les manifestations dissociatives d´allure psychotiques étaient apparues c´est dans la codéine qu´elle avait trouvé ses réponses. La codéine est un alcaloïde extrait de l´opium réputé dans le milieu toxico pour ses actions analgésiques. Comprenez par là que ma mère vivait jusqu´ici comme un automate. Brillant médecin au service gérontologique le jour, camée aux médocs la nuit.
Tout avait changé le jour de l´enterrement de mon frère, comme si cette longue descente aux enfers qui avait débuté avec la mort d´une fille prenait fin avec la mort de son fils. Comme si avoir touché le fond lui avait permit de trouver la force de remonter. Bien sûr loin de moi l´idée de penser que ce sevrage ne s´est jamais accompagné de quelques doses de méthadone.

J´en voulais à ma mère d´arriver à oublier ce frère que j´aimais tant. J´en voulais à mon père d´avoir besoin de sa dose quotidienne d´éthanol pour oublier.
Je m´en voulais de ne pas vouloir l´oublier.

Nous ne supportions plus la décrépitude permanente qui habitait mon père alors nous l´avons laissé là, le regard vide sur son canapé et nous somme partis sans même lui laisser une adresse. Je venais de perdre le deuxième homme de ma vie.

-Mutako
-Mutako
Niveau 10
26 juin 2007 à 13:01:47

Le titre étant celui d´une de mes chansons préférées (que je me plais à écouter en boucle en ce moment d´ailleurs) je me devais de lire ce texte.
Mais tout d´abord, c´est une nouvelle ou un début de roman ? J´opterais pour la deuxième solution tout de même parce que sinon il n´y a aucun rapport entre le début et la fin. Il faudrait que tu le précises :ok:
Bon sinon quoi dire, sinon que c´est très plaisant à lire, tu me sembles assez calé sur l´univers des médicaments et des drogues, et décrire la vie de personnes camées n´est pas facile mais extrêmement intéressant. Je lirais donc surement la suite. Le style est très bon, très mature, et alterne bien les phrases d´humain déchu et d´humain dieu. Néanmoins je te conseille de ne pas faire porter à ton personnage le chapeau d´un messie maléfique méprisant toute l´humanité, parce que ce n´est jamais très intéressant à lire (vu et revu douze mille fois...).

[Darky]
[Darky]
Niveau 10
26 juin 2007 à 13:06:37

C´est un debut de roman en effet. J´ai effectivement fais pas mal de recherche dans le milieu toxico (notament un stage en HP qui ma pas mal ému).
Non mon personnage ne méprise toute l´humanité mais surtout lui-même. C´est juste un petit gars pommé.
Le livre est - je pense- bouré de rebondisement, d´ou un énorme travail sur les personnages.
Enfin j´en dis pas plus pour le moment

Merci pour ton commentaire, ça me touche et m´encourage pour la suite :rouge:

-Mutako
-Mutako
Niveau 10
26 juin 2007 à 13:09:28

Non je veux juste dire que des phrases du genre "Vous auriez tort, ce que vous ignorez c´est que vous n´êtes rien..." ne doivent pas être ressorties à tout bout de champ. Mais après comme tu dis elles vont bien dans la bouche d´un gars pommé détestant la vie, et je ne doute pas que tu arriveras à lui donner une psychologie plus profonde qu´un type qui se croit au dessus de tout. De toutes façons, spa à moi de juger :fete:

[Darky]
[Darky]
Niveau 10
26 juin 2007 à 13:12:06

Il se peux aussi, qu´il est raison, que dans l´état/Lieu où il se trouve, ces gens ne sont RIEN^^

Enfin tu verras.

linus13
linus13
Niveau 10
26 juin 2007 à 18:08:07

Ca envoie, continue comme ca ! A quand la suite ?

[Darky]
[Darky]
Niveau 10
27 juin 2007 à 07:27:52

Ce qui est le plus étrange c´est que j´avais toujours eu l´impression que ma vie passait au ralenti. Je n´avais que dix sept ans mais j´avais l´impression que je foulais cette terre depuis des millénaires déjà. Tout s´était accéléré le jour où j´avais retrouvé le corps froid et dur de Clément Iboge, mon frère. J´étais resté allongé dans la chambre durant des heures m´étouffant dans mon vomi et mes défecations, trop occupé à regarder ce corps nu pendu au lustre.
Dés lors la vie passa très vite, trop vite. Mes parents d´abord puis la police me posaient régulièrement des questions mais leur voix étaient aigües, les mots mâchés, prononcé trop rapidement, j´étais incapable de comprendre.
Plus tard j´associeirai les effets de cette expérience à ceux d´une prise d´acide lysergique, plus communément appelé LSD.
La vie m´avait accordé un dernier arrêt sur image lorsque nous pûmes ma famille -ou ce qu´il en restait du moins- et moi, dire adieu à Clément.
J´avais demandé à être seul avec lui. Je me souviens que ça sentait drôlement bon dans la petite pièce du crématorium. Je m´étais agenouillé prés du cercueil et je l´avais vu, plus blanc que jamais. Mon regard se porta d´abord sur les lacérations rouges de son cou, que l´embaumeur avait tenté de cacher bon gré mal gré, pour finir sur son visage. Ce visage que je connaissais par coeur car c´est celui que je vois chaque matin dans le miroir.
La plaquette de Lexomyl que j´avais avalé pour l´occasion m´interdisait toute émotion. Durant la crémation j´étais sorti m´allonger sur l´herbe quelques minutes pour allumer un joint. Je respirais profondément la fumée chargée en delta-9 tétrahydrocannabinol, la molécule active du cannabis, ou plus simplement THC. Je venais de faire mes adieux à mon frère jumeau comme une fillette pleure son poisson rouge.
Je regardais le ciel, vu la vitesse de déplacement des nuages j´estimais l´accélération de ma vie du simple au double.
Je pris conscience que plus je fumais et plus je semblais proche d´une vie à vitesse normale.
J´aimais ça, sentir la fumée chaude courir le long de ma gorge, s´inviter dans mes poumons et la cracher comme un dragon.

Nous somme rentrés chez nous, personne n´avait pris la peine de venir me voir, tout le monde m´évitait. Comme si le suicide de Clément faisait de moi un mort vivant
Dans la voiture j´observais mon père pleurer pendant que ma mère arborait son plus beau sourire. Ma mère conduisait la voiture et moi j´étais assis devant, mon père était a l´arrière avachi sur la banquette. Il semblait faible vu du rétroviseur.
Si on m´avais demandé à ce moment-là ce qu´il se passait dans ma tête je n´aurai su répondre. A vrai dire je crois que j´avais totalement cessé de penser.
Tout ce que je savais c´est que mon frère me manquait plus que jamais.
Les deux autres plaquettes de lexomil absorbées pour "pouvoir dormir" comme disait ma mère avait fait leur chemin dans mon cerveau.
Je mis fin à la lutte à laquelle s´adonnaient mes paupières et m´endormis.

Je me réveillais une poignée d´heures plus tard dans un café. Tout mes amis étaient la. Dans ma léthargie je me souviens les avoir entendu me parler, les conneries habituelles, "tu sais on est là pour toi, tu peux compter sur nous".
-"Vous pouvez me le rendre ? Non, alors fermez la"
Je m´en voulais déjà d´avoir dis ça, mais trop tard les mots étaient sortis tous seuls.
C´est drôle mais si je voyais tous ces gens maintenant je serai incapable de les reconnaître. Quelques mois sont passés seulement mais j´ai tellement changé depuis.
Déjà, lors de ce rendez-vous mes amis, ceux de Clément surtout d´ailleurs, m´avaient parus lointains.
L´ambiance était trop lourde, malgré les difficultés que j´éprouvais à me concentrer, je brisai le silence:
-"Ou est Victoria ?"
Victoria était la copine de Clément, et accessoirement la mienne.
On me répondit quelque chose comme:
-"je sais pas on n´est pas arrivés à l´avoir sur son GSM"
GSM, c´est comme ça qu´on disait, là-bas, en Belgique.
-"On ne l´a pas vue à la..."
Délphine venait de buter sur sa phrase, j´ai toujours détesté Délphine :
-"A la quoi, à la piscine, à la patinoire, on peut avoir une précision ?"
Elle ravalait ses larmes:
"-A la cérémonie"
Je prenais conscience de la connerie de ma réaction. J´avais besoin d´être seul, de me réveiller, je ne supportais plus cette impression d´être ensuqué en permanence.
Je me dirigeais vers les chiottes en attrapant Greg au passage.
J´adorais Greg, c´était exactement le type dont j´avais besoin à ce moment précis.
-"Ferme la porte, j´ai besoin d´un truc là, t´aurais pas un peu de coke ?"
-"Ecoute Victor je sais que ça doit pas être facile pour toi mais je suis pas sûr que ce soit la meilleure solution..."
-"Me fais pas chier, si je te demande ça à toi c´est justement pour ne pas avoir droit à vingt minutes de moral, je suis sûr que cette poufiasse de Délphine a un demi gramme de poudre sur elle"
-"Tu fais chier"
Greg avait été parfait, il m´avait laissé son tube de Lysopaine qui devait contenir un bon gramme de poudre. Je m´étais aligné trois traces, de quoi tenir jusqu´à ce soir.

egsod
egsod
Niveau 10
27 juin 2007 à 11:42:33

Fiou...impréssioné , franchement :)
Je serai pas pret pour te balancer une critique constructive etc... mais ce texte me plaît beaucoup :)

Zlink
Zlink
Niveau 9
27 juin 2007 à 12:22:54

Hum, bon texte.
Je pense que pour le coup, t´es plus calé que moi sur toutes les drogues donc j´suis incapable de dire si ya des incohérences ou pas, mais je pense pas.
Après l´histoire, ben c´est triste, on se demande comment ça va finir, j´vois pas quoi dire de plus.
C´est assez bien écrit sinon ^^ et peu de fautes.

J´en ai vu quelques unes quand même, mais bon, yen a peut être d´autres : quand je lis un texte que j´aime bien et ou ya globalement peu de fautes, j´ai tendance à relacher mon attention :p)

-"quelque phase clean dont nous étions le fruit Clément et moi, et puis peu à peu l´espace de temps entre ces alternances ou nous pension que ça aller mieux pour elle c´étaient réduites" --> quelque phase clean, j´ai un doute, t´es sûr qu´il n´y a qu´une phase ? même si le narrateur et Clément sont jumeaux ? je sais qu´on peut écrire ça au singulier, mais ça a pas le même sens ... enfin, j´sais pas, juste une question là ; pensions ; allait
-"les mots mâchés, prononcé trop rapidement" --> prononcés
-"Plus tard j´associeirai" --> j´me disais bien qu´un truc clochait ^^ : j´associerai
-"vingt minutes de moral" --> dans ce cas-ci, c´est la morale non ?

Ben c´est tout, je dis pas que je lirai la suite, je viens pas assez souvent ici :)

[Darky]
[Darky]
Niveau 10
27 juin 2007 à 13:14:51

J´aimerai déjà remercier tout le monde pour vos commentaires, j´ai énormément de mal avec cette histoire (j´en suis plus loin dans l´écriture car mon personnage m´échappe et en postant ici je me sens obligé de la finir^^) et vos remarques me pousse a continué. Pour ça merci :ange:

-Mutako
C´est un roman en deux partie, la première est celle de Victor, ensuite lorsque pour des raisons que je tais pour le moment Victor cédera sa place a Christina une prostituer...

ZLink
Je ne sais pas, je ne suis pas un toxico si c´était le sous entendu^^. J´ai simplement pas mal d´heures de recherche a mon actif. Mon travail au sein de la Croix rouge m´a permis d´apprendre énormément de junk´y mais je n´ai pas la prétention de tout maîtriser, mais les encyclopédies de médecine de ma maman m´aide pas mal.
Pour les fautes je suis vraiment désoler mais ma correctrice (très bonne amie en fait) n´a en ce moment pas trop le temps, et comme je souffre d´une dyslexie dysorthographie j´ai un peu de mal.

Quelque mot sur l´histoire.
Cette histoire me tiens a coeur, ayant perdu moi aussi mon frère jumeau il y a quelques années je continue a vivre avec son souvenir aujourd´hui encore.
Si je vous dis ça c´est pour expliquer certains trip d´écriture qui risque de se produire. Je m´en excuse d´avance.
Il va se produire dans la suite du texte des choses gênantes, j´aborderai des sujets encore tabou dans notre société et je sais que je ne vais pas plaire a tous (homosexualité, amour/sexe entre ethnies, drogue dure en relation avec une sorte de religion, crime passionnel, folie, pédophilie...)
Voila qui j´espère vous a mis l´eau a la bouche.

-Mutako
-Mutako
Niveau 10
27 juin 2007 à 13:21:14

Je lirai la suite avec plaisir.
Si tu transcris bien la descente aux enfers de Victor (dont tu peux connaître certains aspects comme tu viens de le dire...) ton roman peut être très intéressant. Et bien que ces sujets soient tabous, ils n´en restent pas moins passionnants et terriblement prenants. Je lirai la suite en tous cas :ok:

The Cure :snif:

[Darky]
[Darky]
Niveau 10
27 juin 2007 à 20:19:41

Clément et moi avions découvert la cocaïne en même temps que le reste de la bande. Comme tout les trucs nouveaux c´était Grégoire qui avait lancé le mouvement. Vous connaissez l´histoire, son frère en prenait, il lui en avait piqué.
Clément avait toujours était le plus clean de nous tous, lorsque Delphine, Greg et moi pouvions nous enchaîner un gramme à trois dans une soirée, Clément se limitait à quelques rails. J´avais eu ma période compulsive avec la cocaïne. Aujourd´hui nous étions plutôt dans l´optique d´utilisation récréative de cette drogue, enfin jusqu´à ce fameux douze juillet du moins. Je savais qu´avec celle de Clément une autre âme allait quitter cette terre : la mienne.
J´avais remercié Greg et tout le monde pour leur "soutien", et été rentréchez moi.
Je fermais le verrou, en face de moi il y avait mon père, hagard. Il venait visiblement de cramer la dernière parcelle de neurones encore active.
-"Papa ?"
Aucune réaction. Je lui envoyais mon trousseau de clefs à la gueule. Rien.
-"Maman ?" avais-je alors hurlé.
Ma mère était apparue instantanément, un sac à la main:
-"On s´en va"
-"Où ?"
-"Plus tard, suis moi"
-"Hein ? Mais merde t´as repris de la phencyclidine, tu fais chier, tu sais très bien que c´est pas bon pour toi"
Elle m´a regardé comme jamais personne ne l´a fait, ses yeux étaient des fusils, je me souviens avoir eu peur l´espace d´un instant. Peur de mourir.
-"Maman merde, t´es en pleine hallu"
-"Ecoute, je suis clean ok ? Tu es tout ce qu´il me reste au monde, et je t´aime plus que tout, je veux que tu aies une vie normal, alors suis moi".
J´ai failli vomir. Pour la première fois de ma vie ma mère m´annonçait qu´elle m´aimait. Pour la première fois de ma vie quelqu´un m´annonçait qu´il m´aimait.
A ce moment précis elle aurait pu nous mener tout droit en enfer, je m´en foutais je l´aurai suivie.

Voila comment une semaine plus tard je me suis retrouvé a Caen, une ville à mon image, terne et morte. La rentrée scolaire était proche et ma mère et moi jouions à la comédie de la vie.
On n´avait pas mal de retard mais nous avons très vite appris à imiter les autres famille. On mangeait devant la télé, on allait faire les course en discutant avec les commerçants. Ma mère avait trouvé un boulot dans un hôpital tout neuf de la région, et nous avions trouvé pour moi une place dans un lycée, non sans se heurter d´abord aux administrations françaises.
Quinze jours plus tard c´était la rentrée.

On appelait mon nom, je rejoignis un groupe déjà bien chargé.
Pour la première fois de ma vie j´allais devoir affronter une nouvelle classe seul.
D´habitude Clément avait toujours parlé pour nous deux : "Lui c´est Victor, c´est mon frère, il est pas bavard". Là je l´avoue, j´étais totalement effrayé par la perspective de devoir faire face à cette masse d´adolescents. Mais tant pis, foutu pour foutu.
Cette première journée avait été une catastrophe, je n´avais qu´une envie c´était d´en finir, rentrer chez moi et fumer un joint.
Assis sur mon lit je brisais ma cigarette, une camel, sortis ma feuille slim OCB. Oxyde Carton Blindé. Au moment de terminer le roulage je me rendis compte que j´avais oublié d´y ajouter l´ingrédient essentiel : le cannabis.
Je fouillais la poche de mon manteau à la recherche de ma barrette mais je savais pertinemment que j´avais depuis longtemps totalement consommé cette dernière.
"Pas grave" annonçais-je à voix haute. J´empoignais mon portable et commençais à composer le numéro de mon dealer. Je laissais trois sonneries avant de comprendre que c´était peine perdue, je n´étais plus chez moi. Je n´avais aucun contact ici. Je devais trés vite trouver un dealer.
Pour le moment tout ce dont j´avais besoin c´était de quoi me décontracter, juste oublier.
J´allais dans la salle de bain. Je faisais ces gestes avec automatisme tellement durant les semaines précédentes j´avais répété ce scénario. Ouvrir l´armoire à pharmacie, trouver un psychotrope, lire la notice, appliquer la notice.
Ma mère avait fait le ménage depuis mon dernier passage. Mon choix allait être simple, une boite - sûrement périmée- de Ritaline, un médicament indiqué dans certaines formes d´hyperactivité chez les enfants, c´est-à-dire Clément et moi dans notre jeunesse, ou un flacon d´éther. La Ritaline ou la méthylphénidate, un psychostimulant qu´elle contenait ne me seyait guère, pas ce soir en tout cas, je rentrais dans ma chambre la bouteille d´éther en main. Je ne m´étais jamais considéré comme un toxico car il est vrai que je n´avais jamais développé aucune sorte de dépendance à toutes ces drogues. Cependant si j´avais pu faire mon choix je pense que je serais devenu éthéromane. J´aimais l´éther pour ce qu´il représentait, l´élément parfait des alchimistes mais aussi pour ses propriété narcotiques et dépressives du système nerveux central, faisant suite à une phase initiale d´excitation. Je mis quelques gouttes du liquide incolore à l´odeur pénétrante laissant une sensation de froid intense sur mon mouchoir en soie et respirais profondément.
Quelque minutes plus tard mon esprit était dans un épais brouillard, je reçus un texto de ma génitrice m´indiquant que je n´avais pas à l´attendre pour manger, qu´elle rentrerait tard. J´aspirais une dernière fois l´éther éthylique et m´endormis.

Accélération de nouveau. J´avais éteinds mon cerveau, en classe j´étais en mode automatique, j´appliquais la stratégie de l´homme moderne. Rire quand quelqu´un rit, marcher quand les autres marchent, faire semblant de travailler quand les autres travaillent.
Je pris la télécommande de ma vie et passais la vitesse supérieur.
Ma vie pouvait se résumer à une dipsomanie , des déambulations automatiques, des errances sans but, un dégoût de moi même, des envies suicidaires. J´étais un faux toxicomaniaque paroxystique entrecoupé de périodes d´abstinence plus ou moins durables. Je piquais les ordonnances de ma mère, trop souvent absente. Je la soupçonnais d´avoir un amant. Elle semblait tellement heureuse depuis notre arrivée que je m´en serais presque voulu d´avoir eu un jour un frère jumeau, de m´être appelé Victor, d´avoir existé et d´avoir pendant dix sept ans gâché sa vie.
La pharmacodépendance de ma mère semblait être génétique.
Je me réveillais avec du Modafinil, un médicament "éveillant" non amphéminique qui bloque le mécanisme du sommeil. Je prenais mes cachetons tous les matins comme un homme d´affaire prend son café. Je n´aimais pas trop le Modafinil car je devais aussi prendre de la Ritaline avec pour contrer la surexcitation. Pour le moment cela convenait, à défaut d´avoir trouvé un dealer sérieux.
Ma journée se partageait entre une prise de Lofexidine, un antihypertensive (qui avait sûrement du service lors du sevrage de ma mère) accompagné de quelque joints. Je faisais monter le tout avec du poppers, seul drogue vendue sans ordonnance dans ce putain de pays.
Mais nuit se faisait sous l´action de la mépéridine, un opioïde de synthèse d´action voisine de celle de la morphine, faute de véritable morphine. Non pas que la morphine soit rare mais j´avais besoin d´une ordonnance de catégorie supérieure. Avec toutes ces substances mes rêves avaient des airs de Mescaline, un alcaloïde hallucinogène.
Mes rêves ne se résumaient qu´ une seule et unique chose : mon frère et moi. Seuls au monde, nous foulions des prairies immenses jusqu´à l´aurore. Le soir nous dormions dans des tentes autour d´un feu pendant que nos chevaux broutaient quelque herbe.
Réveil, une pilule de Ritaline, deux de Modafinil, bus, lycée, rire, dire bonjour, rire, injections de Lofexidine, rouler un joint, fumer un joint, sniffer du Poppers, rire, bus, manger (si possible), broyer les gélules de Mépéridine, sniffer la poudre de Mépéridine, dormi, rêver à la Mescaline.
Une vie en narcose.

[Darky]
[Darky]
Niveau 10
28 juin 2007 à 12:42:40

Réveil en pleine nuit. Prise de conscience. Pourquoi Clément s´était-il suicidé ? Etrange que personne ne se soit jamais posé la question. Je ne me rappelle pas avoir trouvé de lettre, de mot, une quelconque trace, un adieu.
Cela m´était apparu comme un flash, en l´espace d´une seconde les deux derniers mois étaient repassés dans mon champ de conscience.
Seul dans mon lit, je me sentais apaisé, je venais de découvrir la raison de mon trouble. Ce n´était pas la mort de Clément, il vivait toujours en moi, non, ce qui bousillait ma vie, c´était l´absence d´explication. Et aussi pourquoi tout le monde avait-il semblé si conciliant ?
Je me sentais comme un de ces junky´s qui émergeaient d´un bad trip suicidaire.
J´ai le souvenir d´une histoire, une femme qui avait prit le triple de sa dose prescrite de Veronal, un médicament hypnotique, sédatifs et anticonvulsivant. L´intoxication aux barbituriques, contenus dans le Veronal, se caractérise par des pulsions suicidaires causées par son activité hypnotique. Cette femme, prête à sauter de son balcon s´était soudainement éveillée, heureusement pour elle le barbiturique a une action rapide lorsqu´il est prit par voie orale. Lors de sa prise de conscience elle avait dit se rappeler de tout mais croire que ce n´était pas elle, qu´elle assistait seulement incapable de faire quoi que ce soit.
Voila comment je me sentais, le joint que j´avais fumé quelques heures auparavant m´avait laissé un goût de merde dans la bouche, je devais rentrer en Belgique.
Je courais vers la chambre de ma mère lorsque que je me rappelais qu´elle était partie pour une conférence intitulée "Vieillir n´est pas une maladie" a Ekaterinbourg. Une ville russe perdue a l´est de Moscou d´après son message.
Je la préviendrai plus tard. J´étais comme un enfant qui après trois heures de classe pendant lesquelles une léthargie profonde s´est installée, se retrouve hyper-actif en cour de récréation. J´aimais ce moment de ma vie, j´avais enfin un but, mon frère.
La gare de Caen ressemblait à toutes ces gare du nord de la France, ou à l´image que je m´en faisais du moins. Un énorme hangar sans mur, comme si l´absence totale d´architecture et d´esthétisme avait été la directive principale.
Je remontais à la source, Caen-Paris Saint Lazare, direction Gare du Nord. Thalis, arrivée a Bruxelle.

Téléphone, Greg.
-"Allo ?"
-"C´est Victor"
-"Putain on te croyait mort, mais où t´es passé bordel ?"
-"Rejoins moi à la gare, je te raconterai"
Une demi heure est passée, où j´enchaînais clope sur clope.
A son arrivée je n´ai pu m´empêcher d´éprouver un pincement au coeur, j´adorais Greg, quand ça n´allait pas, ou que je me disputais avec Clément, c´était toujours vers lui que j´allais, il était en quelque sorte mon meilleur ami. Mais en réalité mon meilleur ami avait toujours été Clément, celui que j´aimais plus que tout au monde.
Nous nous sommes installés dans un café et je lui ai tout raconté depuis le début, depuis le jour où ma mère et moi avions fuit ce monde, ce pays, cette famille détruite. Je n´avais pas envie de parler de Clément et Greg l´avait compris, il n´avait dit mot.
Je sentais que j´étais proche d´une réponse. Mais j´ignorais la question.
-"Je dois retourner voir mon père"
Greg avait fermé son visage, les yeux dans sa bière.
-"Tu veux que je vienne avec toi ?"
-"Non je dois le faire seul, merci"
Nous savions tous deux que nous ne nous reverrions pas avant longtemps, si ce n´est jamais, malgré les "tu viens me voir pendant les vacances d´accord".
Je l´avais serré dans mes bras, l´avais remercié d´être lui, d´avoir été là pour moi, je l´ai en fait simplement remercié d´être mon ami. Greg est l´un de ces amis comme on n´en rencontre pas beaucoup dans une vie, quelqu´un de discret, léger d´apparence, mais sage lorsqu´il le faut. Une sorte de tendresse virile.

Greg n´avait pas de poudre sur lui, mais il m´avait laissé sa fiole de poppers, j´espérais que ça suffirait. Je montais dans le bus, celui que nous avions toujours pris Clément et moi pour rentrer chez nous durant dix sert ans. Dans le bus, j´étais pris de doute, qu´allait dire mon père en me voyant, aurai-je le courage de franchir de nouveau le palier de l´ancien appartement familial ?
Je sniffais le poppers, le solvant me donnait mal à la tête et chaud. Greg m´avait filé de la merde, sans doute était-il à la dèche, obligé de remplacer la C par du poppers de mauvaise qualité. Tant pis.
Que s´était-il passé pendant vingt minutes, comme étais-je passé du bus au hall de l´immeuble, je l´ignorais.
Je repris un dernier trait de poppers, histoire de trouver le courage de frapper à la porte. Etrange sentiment qu´est celui de frapper à sa propre porte. J´avais bien cherché mes clefs mais la dernière fois que je les avais vu c´etait lorsque je les avais balancées sur mon père.

La porte s´ouvrit. Je le vis, mon père. Il ne ressemblait plus à l´homme que j´avais connu. Etais-je en pleine hallucination ?
Je sentais mes glandes lacrymales s´activer, et dans le coin de ma bouche je léchais de petites goutes salées.
Derrière mon père tout un monde prenait vie. Une femme était allongée dans une robe de nuit en soie blanche devant la télé, un marmot trottait gentiment à ses côtés. Pendant ce temps une petite fille, celle que ma mère n´avait jamais eu, coloriait une planche qu´elle offrirait plus tard a sa mère qui l´afficherait avec fierté sur le réfrigérateur.
Mon père avait-il mené une double vie, avait-il joué la comédie sur son alcoolisme ?
Quelque chose m´irritait les oreilles, me sortit de mon hallucination
-"Jeune homme !? "
-"Je...pardon, je... Je dois y aller".
J´avais besoin d´air, ça allait à toute vitesse dans ma tête: "Putain, Greg fait vraiment chier, j´ai besoin d´un truc hard la".
Toutes les substances psychotropes qui m´avaient permis de survivre jusqu´ici, venaient de me le faire payer au prix fort.
Je courais dans le hall quand tout à coup mon regard se fixa sur la boite à lettres. Numéro 121, j´étais habitué à voir écrit ici Iboge. Maintenant on pouvait lire Vanderberg.
Je vis ce père qui n´était pas le mien, cette famille si heureuse, je m´en voulais d´avoir occupé ces lieux alors que des gens qui le méritaient vraiment attendaient. Je n´arrivais pas à retenir les contractions de mon estomac, je vomis mes tripe, mais comme je n´avais rien mangé depuis des heures seule une bile vert jaune sortit. L´acidité du liquide me brûlait l´oesophage. Je n´arrivais plus à respirer, je crus mourir.
Puis plus rien, le calme plat, comme un film dont on aurait coupé le son.

Mais où était donc passé mon père ? Deuxieme mystère. Mon voyage ressemblait de plus en plus à une enquête policière.
Je devais retrouver mon père, lui seul avait les réponses à mes questions, je le sentais, tout comme je savais que si je n´apprenais pas pourquoi Clément avait commis ce geste sans même m´en parler, nous qui partagions tout, je ne resterai pas en vie longtemps.

egsod
egsod
Niveau 10
29 juin 2007 à 12:08:19

Tu as dis auparavant que tu taffais à la croix rouge et que tu avait rencontré des junky´s , serait-ce la vie de l´un deux que tu conte ? :)

[Darky]
[Darky]
Niveau 10
29 juin 2007 à 13:13:25

Non, non tout ça est parfaitement fictif, même si je me base sur des experience personnel. Pour le moment l´intrigue reste basique mais tu comprendra vite que cette histoire n´est possible que dans un livre.

[Darky]
[Darky]
Niveau 10
29 juin 2007 à 14:49:04

J´étais à la mairie. Deux heures que je déambulais tantôt à pied tantôt en bus dans les rues de Bruxelle. J´étais arrivé ici car j´imaginais que l´administration de la capitale était la mieux adaptée dans ma quête d´un père perdu. Bien sûr j´avais fait un détour par mon dealer habituel, qui fut fort heureux de me revoir. Je lui avais pris un gramme de poudre, enfin ! En cadeau j´avais eu droit à un carré de crac*k, je l´avais gardé pour le prochain coup dur.
C´est le nez blanc de poudre que je m´étais installé dans le hangar d´accueil de la mairie.
Prise de tiquet. Attente, une heure, deux. Pression insoutenable, j´avais besoin d´un joint, je pensais à mon frère, à mon père. Je réalisais: Que faisait ma mère ?
Il fallait que j´attende encore un peu, d´ici un quart d´heure une de ces femmes aux mammelles trop gonflées allait appeler mon numéro.
Je patientais avec de la musique, j´avais besoin de quelque chose de calme, de posé, la coke que j´avais prise m´avait sacrément surexcité.

Rien, c´est comme si mon père n´avait jamais existé, Ernest Iboge était un fantôme des administrations belges. Mon père était-il un espion, peut-être est-ce réellement mon père que j´avais vu dans cette appartement ? Avec la chirurgie on fait tellement de choses de nos jours.
-"Attendez j´ai quelque chose"
Mes glandes surénales venais de lacher tout leur stock d´adrénaline, entrainant une accélération du rythme cardiaque, une augmentation de la force des contractions du cœur et une hausse de la pression artérielle. Elle répond à un besoin d´énergie, je venais de trouver une réponse.
-"Un certificat de décés"
Mon coeur venait de s´arrêter, les hommes de ma famille semblaient tous mourir les uns aprés les autres. Je ne pouvais pas craquer, je n´avais pas de quoi tenir une nouvelle attaque sur mon psychisme alors que je n´avais sur moi que quelques grammes de coke.
Le plus calmement du monde je demandais
-"Vous avez une date, un lieu ?"
-"Ici même, le douze juillet."
Mais non, mon père n´était pas mort, c´était Clément qui était mort le douze juillet, je n´oublierai jamais ce jour. J´étais soulagé que mon père soit encore en vie, mais il avait visiblement prit soin de faire place nette avant son départ pour...pour où d´ailleurs ? Et puis pourquoi falsifier le certificat de décés de Clément, quel genre de père pouvait bien faire ça ? Je commençais à croire que mon père avait eu quelque chose à se reprocher, il y avait un lourd secret derrière tout ça, et il allait m´exploser à la figure.
J´en avais assez appris pour aujourd´hui, je devais rentrez chez moi au plus vite, et dévaliser la premiere pharmacie venue, et aussi trouver un dealer sérieux.

Je me réveillais quelques minutes avant l´arrivée du train à la gare de Caen, comme si inconsciemment mon cerveau avait fait le décompte des heures ecoulées.
J´aimais cette ville, j´y revenais avec plaisir, elle était comme moi. Sale, froide, grise et terne. Une de ces villes où personne ne voulait vivre, on y allait par obligation. Comme pour moi, les gens ne venait pas vers moi par plaisir mais par besoin.
Je regardais l´heure, presque minuit, trop tard pour les pharmacies, mais pas pour un dealer. J´accostais le premier mec en capuche venu. Je venais de trouver un messie, il avait de l´herbe, de la suisse, autrement dit de l´ogm, une herbe qui vous mettait le cerveau en vrac.
Je rentrais chez moi à pied, sur la route j´avais roulé un cône, et puis un deuxieme dans mon lit. Effectivement j´étais explosé, calme et serein, comme un vieil homme qui attend la mort.

Le reveil me sortit de ma torpeur, quel jour étions-nous, dimanche, non lundi, je devais aller en cours. Je regardais mon téléphone, douze appels en absence, tous de ma mère, aucun de mes amis. Etrange comme vos amis vous oublient vite lorsque vous n´allez pas bien.
J´avais une heure de retard, devais-je aller en cour ?
Ca me changerait les idées, douche, clope, café, clope.
A la sortie du bus je me precipitais pour rejoindre le lycée. Il me restait quelques minutes, j´allumais une cigarette et respirais profondemant la fumée cancerigène.
La sonnerie me fit sursauter, je montais les marche quatre à quatre.
Je dis bonjour à l´espèce de poufiasse qui me sert de voisine de classe.
-"On a quoi ? "
-"Math !"
-"Merde, y avait des exo ?"
Question con, il y avait forcément des exos, encore une heure à croiser les doigts pour ne pas passer au tableau. Deux heures passent, je suis à moitié endormi, à moitié réveillé. La récré est passée, et pourtant je ne m´en souviens pas, me serais-je endormi ?
Oui sûrement, plus qu´une heure de cours et je pourrais combler le trou que j´avais dans le corps, depuis combien de temps n´avais-je pas mangé ?
A la sonnerie je fonçais au self malheureusement je n´avais plus d´argent sur ma carte, je pouvais toujours demander à un des connards de ma classe de m´avancer un repas mais j´avais envie de tout sauf de leur être redevable !
Je plongeais les mains dans mon sac à la recherche de quelques pièces histoire de réalimenter mon compte de quelques centimes, à la place je fis une autre decouverte.
Un demi ecsta, je ne me souvenais plus d´avoir prit l´autre moitié, un Daisy, reconnaissable à sa couleur orange et à la lettre D à moitié amputé sur la face. Je l´avalais, ça ne me nourrirait pas mais au moins je n´aurais pas faim.
J´avais cours de philosophie et les amphétamine avaient fait leur chemin dans mes synapses, je n´avais jamais été aussi actif en cours.
Le problême est qu´en philo on se devoile vite, j´avais commis plusieurs erreurs graves, sous les effet de l´excitation j´avais parlé de deuil, de drogues, d´alcoolisme, et je n´aimais pas ça !
Il me restait quatre heures à tuer, quatre heures où je consommais les molécules illégales encore présentes dans mon corps en refaisant encore et encore, inlassablement le parcours de la Belgique. J´étais parti là-bas avec une inconnue, je revenais avec un paquet d´incompréhension.

A la sortie de cours j´avais envie de me changer les idées, je laissais mon sac en classe et gagnais le centre ville en tramway, je sentais une tension dans mon bas ventre. J´avais une sérieuse envie de baiser, ma dernière relation remontait à des mois !
Aprés plus de quatre heures à offrir des verres, et même des lignes dans des bars tous plus miteux les uns que les autres, je n´avais toujours pas trouvé de quoi assouvir mes pulsions.
Heureusement j´avais un plan B, j´avais repéré quelques putes en bas de mon immeuble quelque jours auparavant.
Je regardais dans mon portemonnaie, je n´avais que trois cent euros, je dealais ce qui me me restait de poudre, je partais sur quatre cent cinquante euros, de quoi se payer quelque chose de pas trop mal, et surtout faire cesser cette douleur lancinante.

Christina, prostituée en provenance du Congo, droguée depuis l´âge de treize ans.
Belle comme la nuit, noire comme la Rose. Elle était montée chez moi sans même une parole, elle m´avais offert bien plus que ce que je lui avais demandé.
Je ne l´avais pas pénétrée au debut, trop fasciné. Je lèche ses mamelons fermes et bruns, je sentais ces odeurs suaves, je goutais ses lèvres chaudes.
Et puis j´avais senti monter en moi une douleur, avec brutalité je l´avais conquise et elle avait aimé ça.
Voilà déjà trois heures que Christina et moi ne nous sommes pas parlés, nos saccades consommant la totalité de l´oxygéne de nos organismes.
Je m´apprêtais à jouir encore une fois lorsque Christina me poussa et rentra dans ma salle de bain. Elle ferme la porte, je doute.
-"Ca va ?" demandai-je alors par le trou de la serrure.
Pas de réponse, au lieu de ça j´entendis un bruit, un bruit que je connaissais.
-"Je t´entends, t´es un train de te faire une ligne, ne t´en fais pas il ny´ a pas de problême avec moi, je comprend que tu aies..."
La porte s´ouvrit brusquement. Christina est la, elle se jette sur moi et m´embrasse !
-"Tu es différent toi, hein, t´es pas comme les autres mecs qui me sautent."
J´en prends plein la gueule, je suis heureux, d´autant que j´éprouve une attirance autre que charnelle pour cette fille.
-"C´est quoi que tu prends ?"
-"Ecoute je dois y aller sinon ça va barder pour moi mais j´ai besoin d´un petit truc avant, histoire de tenir jusqu´à demain"
Elle partait, c´était trop tôt je regardais sa peau brune comme sa chevelure, ses fesses rondes, ses seins doux et fruités. Je ne contrôlais plus rien:
-"Non reste, ne me laisse pas seul".
Elle a pris ma tête entre ces mains et m´a embrassé avec tendresse.
Alors on l´a fait, Christina a sorti une cuillère, un briquet, un sachet et une seringue.
Une seringue pour deux, bien sur ce n´est pas le top en pleine épidémie du sida mais de toutes manières nous avions mis des préservatifs qu´au début de notre communion.
Elle m´avait préparé un fixe d´héroïne.
Je ressentais une sensation soudaine et irradiante de chaleur, un changement d’état très rapide et bref, qui se produit au moment où l’héroïne irriguait le cerveau. Une montée rapide des effets tant physiques que psychiques, le flash. L´héroïne apaisait la douleur morale, au font de moi j´éprouvais une sensation de bien-être physique et psychique, euphoriser tout en restant lucide, comme un sentiment de confiance en soi, de calme, d´apaisement créant une sensation de chaleur agréable. J´étais resté ainsi des heure durant, oubliant même Christina qui tripait à côté de moi. Et puis plus rien, seulement une envi de dormi, fermer les yeux.

A mon réveil, Christina n´était plus là.
J´étais dans un épais coton encore, je n´irais pas en cours, pas aujourd´hui. J´allais dans le parc en face de chez moi, fumer quelques joints.
J´avais besoin de faire le bilan, depuis la mort de Clément je n´avais pas eu le temps de faire un introspection sur ma vie. La mort d´un frère jumeau est un fait considérable dans une vie, une remise en cause du moi profond vis-à-vis du monde, ce qui entraîne une modification psychique de son inconscient redéfinissant ainsi son Surmoi. Ce même Surmoi cédant à de nouvelles pulsions, créant de nouveaux refoulements, façonne un nouveau Moi !

[Darky]
[Darky]
Niveau 10
01 juillet 2007 à 18:46:19

Ce soir-là je m´étais endormi aussi clean qu´un bébé. A mon réveil je me sentais différent, comme étranger à moi-même. Je crois qu´avec le recul on appelle ça la digestion, je venais de tourner la page sur toute cette histoire, je me sentais seulement bien. Pour la première fois de cette année j´avais envie d´aller en cour, pour voir des gens, pour sortir de chez moi, pour me nourrir du soleil.
-"Salut Victor"
Je me retournais, une fille de ma classe me souriait, se jetait sur moi, me prenait dans ses bras. Avais-je changé à ce point ?
-"Tu sais ça m´a fait plaisir de discuter avec toi l´autre jour, t´es vraiment quelqu´un de super, et tellement drôle"
Drôle. J´en avais entendu pas mal sur mon compte, mais jamais personne ne m´avait dit “drôle”. Et puis de quelle conversation parlait-elle ? Je ne m´en souvenais pas ça c´est sûr, je devais être déf, c´était la seule explication.
Elle s´appelait Sophie, elle n´était pas très belle, mais elle m´avait paru gentille. Effectivement j´avais changé, des gens me parlaient, me demandaient comment j´allais, on me proposait de déjeuner avec eux, bien sûr je refusais toujours. Même si je n´avais que faire de ces jeunes que je croyais à des années lumières de mes propre soucis cela m´avait touché. Ils n´étaient pas tous si cons à la réflexion.

Une semaine passa, une semaine où le souvenir de la peau mate de Christina accompagnait mes plaisirs solitaires, une excitation relative due au speed que j´ingurgitais chaque matin. Une semaine où je ne pensais plus à Clément. Ma mère avait fait son retour, des cadeaux plein les mains, avec notamment une veste de l´armée rouge que j´aborais fièrement dans toute la maison. C´est là que Clément avait fait son retour, ce soir-là, lors du retour de ma mère devant la glace je l´avais revu, au fond de mes yeux.
C´était étrange, comme un adieu, un véritable adieu. J´avais songé tout au long de cette semaine que peut-être le bonheur pointait le bout de son nez, ma mère et moi étions faussement complices, je ne prenais presque plus aucun médoc durant la journée car j´aimais être conscient de ce qui se passait autour de moi au lycée. Seulement quelques amphétamines. Clément avait été de retour quelques instants, j´approuvais comme un soulagement. Comme si ma vie commençait a bien vouloir rentré dans l´autre des choses.
J´ai même songé pouvoir vivre comme tout le monde, me soucier des autres allumé une télévision, m´abrutir sur des forums informatique.
Cette vérité m´était revenue en pleine face, et papa, où était-il passé ? Non quelque chose clochait, la vie me tendait un piège.

On oublie très vite de dormir, c´est comme manger, moins on le fait moins on en a besoin. J´occupais mes nuits à faire des recherches sur le net sur le devenir de mon géniteur. Le tout surmonté par du café et de l´ecstasy. Ce qui me donnais une haleine de poney, l´ecstasy me forçait à boire de grandes quantités d´eau, à uriner régulièrement.
Rien, des jours que je cherchais, pas la moindre info. J´étais désespéré.
Mon histoire aurait pû s´arrêter là, oui, mais comme dans toute histoire il y a toujours un coup de théâtre au moment ou l´intrigue semble s´effondrer. Ce coup de théâtre se nomme Dorien.

La première fois que nous nous sommes rencontrés je venais d´ingurgiter une gélule de mélasse dans le but de donner vie au cours d´histoire. Je prenais régulièrement de la mélasse en classe avec Clément, avant. Ce concentré d´hallucinogènes en tout genre, mélangé a du naltrexone présent dans le Révia, un soutien à l´abstinence que prenait notre mère, nous permettaient de vivre des tripes "contrôlé" par le court d´histoire. Lors des court sur la guerre froide Clément et moi avions vécus de grands moments historiques sous mélasse, comme l´ouverture du mur de Berlin.
Lui, Il était si beau, tellement que je l´avais d´abord pris pour une hallucination. Visiblement il n´était pas nouveau, tout le monde le salua. Comment ne l´avais-je pas vu avant ? Il fallait vraiment que j´arrête les amphét.
Et là j´ai vu ses deux grand yeux noirs se plonger dans les miens, ses lèvres esquissé un sourire. J´étais en nage, en transe. Il s´assit à côté de moi.
Son corps m´irradiait, comme en présence d´un ange.
L´espace d´un instant oublions, la classe, les autres élèves, le monde je contemplais cette beauté. Alors c´est à cela qu´avait fait allusion Oscard Wild dans le portrait de Dorian Gray. La mélasse faisait son effet mais je n´en voulais plus, je devait rester conscient, dieu me parlait et je ne voulais pas fuir ce qui s´annonçait comme la plus grande émotion de toute ma vie.
Je ne pus retenir mes larmes, la musique de Wolfgang Amadeus Mozart vint à mes oreilles. Dies Irae !
Il se retourna de nouveau vers moi, et me sourit.
Le professeur m´interpella, me demanda d´écouter, dit à Dorien de ne pas m´écouter, que j´étais mauvais, que j´étais "une mauvaise fréquentation", qu´il y avait sûrement pleins d´autres personnes dans la classe avec qui il pourrait être ami. Rex ! Je voulais le tuer, lui faire bouffer sa merde à cet espèce d´incompétent, le voir souffrir.
Au lieu de ça je me suis tu, j´ai pris ma tête dans mon livre Je ne voulais pas souiller une telle beauté.
Je sentis un contact doux et chaud dans ma main, de longs doigts me prirent la main avec tendresse et y glissèrent un mot. Je me hatais de le lire: Il a pas l´air commode le vioque"
Je ne pus m´empêcher de rire, et lui non plus.
Je répondis sur le champ:
"tu est nouveau je ne t´ai pas vu avant".
La réponse me plus beaucoup sur le moment:
"Ha bon, moi je t´ai vu pourtant, je me souviens t´avoir trouver cool, mais j´avais peur de venir vers toi, mais oui je suis la que depuis quelque jours et visiblement tu es souvent absent"
-"Oui j´ai des petits problèmes en ce moment, je ne veux pas que tu es peur de moi, bien au contraire". J´avais terminé mon mot par un petit sourire, je me sentais comme une petite fille.
Désormais nous deux étions à la vie à la mort.

Il était ma raison de vivre, le matin je me levais pour le voir, le soir je me couchais pour rêver de lui. Je n´avais jamais vraiment eu de meilleur ami, Clément avait toujours trop pris de place dans mon coeur pour ça.
Mais en réalité Dorien n´en était pas un non plus, ça je l´ai compris un lundi. Voilà une semaine que nous nous connaissions et j´avais affronté le premier week-end de séparation avec Dorien comme un comdanné affrontait la guillotine. La douleur avait été trop dure et seule l´héroïne avait pu combler ce manque. Pour la deuxième fois de ma vie. J´avais hâte de reprendre les cours.
J´étais arrivé tôt, très tôt devant le lycée, il n´y avait personne ce qui aurait dû me laisser le temps de fumer un joint, mais au lieu de ça deux bras me prirent par le cou et m´enlacèrent. Un baiser avait été déposé sur ma joue. Dorien était là, enlacé dans sa chaleur, la tête posée contre son buste, j´avais compris pourquoi j´aimais tant Dorian. Lui et Clément ne faisait qu´un, comme une réincarnation, non mieux une résurrection, cela expliquait leur ressemblance, même manière d´être, même légereté dans la vie, même façon d´être l´ami de tous sans jamais être le confident d´aucun, sauf de moi. J´aurai pu passer ma vie avec lui, là devant ce portail taggé d´insultes, à la pénombre du mois de décembre.

[Darky]
[Darky]
Niveau 10
10 juillet 2007 à 11:18:38

Est-ce utile que je poste la suite ?

Negatum
Negatum
Niveau 10
10 juillet 2007 à 12:36:30

Oui oui, j´a rattrapé mon retard, et j´attend la suite, même si j´ai pas grand chose à dire :o))

[Darky]
[Darky]
Niveau 10
11 juillet 2007 à 23:28:54

Je suis désoler la suite est brute, j´avais tout perdu et j´ai du convaincre Word de me rentre mon texte mais il n´en fait qu´a sa tête, enfin vous verez.

Mais voilà, entre lui et moi, il y avait les autres. Parce que comme Dorien était fantastique il savait attirer l´attention sur lui. Dieu merci jamais fille n´avais posé la main dessus, mais je devais être aux aguets sans cesse, je ne l´aurai pas supporté.
Mais inéxorablement Dorien m´échappait. Plus il s´approchait des autres, plus je le sentais loin de moi. Moi qui m´étais tant retrouvé dans ses bras, ils m´étaient maintenant fermés. J´en ai terriblement souffert, j´ai pensé arriver à l´oublier, mais c´était peine perdue.
Aussi la drogue a été encore une fois un refuge. Ma mère devait encore trainer quelque part, encore absente, mais elle avait prit soin de planquer son carnet d´ordonnance. Je cherchais un bout de shit, un cachet de lexomil ou de lofesidine.

Et puis il y a eu ce fameux aprés-midi. J´avais pris Dorien dans mes bras et lui avait chuchoté au creux de l´oreille, "suis-moi, on s´en va". Je regrettais déjà mes paroles jusqu´à ce que je vois un sourire accroché sur ce visage d´ange.
Alors nous avions passé le reste de la journée dans un parc prés de notre lycée, ma tête posée sur son torse. Je ne pouvais parler, j´etais bien trop occupé a écouter son coeur. D´ailleur nous n´avions plus besoin de nous parler, il suffisait que l´un de nous pense quelque chose pour que instantanément l´autre le pense aussi.
Plus tard lorsque nous parlerions aux autre, l´un commencerait une phrase et l´autre la finirait, comme avant avec Clément.
Là dans l´herbe au milieu de quelques joints, je lui dis que j´étais bien quand j´étais avec lui et que lorsqu´il n´était plus là j´allais mal. Il ne dit rien. Alors je lui dis que j´aimerais rester comme ça, allongé contre lui jusqu´à la fin de ma vie, comme si Clément et moi étions à jamais unis dans la mort, il ne dit rien.
Je songeai quelques instants à lui parler de Clément et puis me refoulai. A quoi bon, à quoi bon tout gâcher. Je lui dis que je l´aimais comme un frère, et comme un frère je serais prêt à mourir pour lui. Il ne dit rien. Il me sert, sert fort contre lui. J´ai le soufle coupé, je pleure, l´air me manque, il me sourit et je pleure, pleure de bonheur.
Il s´accroupit et fume une cigarette, je le regarde. Il me regarde et prend ma tête dans sa main, nous sommes comme deux adolescents découvrant l´amour. Il m´embrasse sur le front et s´en va.
Je m´allonge dans l´herbe et sourit. Durant quelques heures j´avais eté le plus heureux des hommes, Dieu m´avait accordé la resurrection.

Je rentrais chez moi, seul et heureux, j´écoutais la piste huit du best of de Scorpion.
Dans ma douche, une envie folle de me masturber m´avait prise de nouveau. Comme d´habitude je calmais ce désir en nettoyant mon gland à l´eau chaude et au savon sec, mais je continuais à ressentir les effets d´une agitation puissante. J´allumais une cigarette, j´empoignais mon téléphone
-"Christina ? Ouaip c´est moi, j´peux passer chez toi"
-"Oui, d´accord, soit là d´ici une demi heure".

En réalité c´etait plus pour le plaisir de parler à quelqu´un d´intéressant que pour sauter Christina que j´allais la voir. Bien sûr je devais assouvir mon excitation, mais je passais mes journées avec des ados dont les seuls malheurs était de savoir si tel ou tel groupe de musique dont je n´avais jamais entendu parler allait ou non gagner les prochains NRJ music awards. Christina avait une histoire, des soucis, un sexe bien formé et chaud, des llèvres tièdes. Et puis Christina était devenue ma dealeuse réglo, je pouvais l´appeler à n´importe quel moment je savais que j´aurais de la bonne came. Elle m´avait initié à l´héroïne et pour ça je lui en serai à jamais reconnaissant.

Onze heure trente, plus d´une heure que Christina me fessai poiroté sur le palier.
Bruit de porte, de verous, grincemnt.
-"C´est pas trop tôt"
-"Desoler je devais finir un truc"
Elle s´ecarte et un espece de gros porc qui devais bien avoir dans les cinquante piges et les cent vingt bombe sorti de la piole sans mme un mot. Le regard dÈbil, la braguette encore ouvert, je le regardÈ dÈvalÈ les escalier. J´avais envi de le poucÈ et de le frapÈ jusqu´a ce qu´il meure.
Je regardais Christina exaspÈrÈ.
-"Tu n´entre pas"
Non, je n´entrais pas, je suis restais la, assi sur les escalier, j´allumais un cigarette. Christina, vient tout contre moi et me prend la main.
-"Tu le sais, je dois le faire, c´est tout ce que j´ai pour me payer de la cam, non mais serieusement tu ma vu, je suis capable de rien, moi je suis pas une de ces grandes dames qu´on voit dans les films arrivant a conscillÈ une vie familliale avec un cariËre proffesionnel resectable"
-"les Grandes Dames, Áa fait drole dans la bouche d´une putain"
-"Tu veux quoi au juste, t´es juste venu pour vitÈ tes couille ou pire pour tas dose de Horse"
-"Escuse moi, c´est que.."
-"Non tu as raison, je fou ma vie en l´aire, mais un jou Áa ira mieux, dans quelque annÈe tu viendra me voir et on partira tout les deux, on ira vivre en irlande dans un cotËge au bord de la mËre"
Je la sert dans mes bras, elle est si chaude.
-"Parle moi de toi, comment une aussi belle fille a pu finir dans cette ville sordide, a se prositÈ pour se payer sa dose d´ hero ?"
-"Parler de moi, voila bien longtemps que plus personne ne c´est intÈrÈsÈ a ma vie. Je suis nÈe au congo, a Kisangani, une de ces grosse villes ou la misËre et a chaque coin de rue. J´y est vecu une vie heureuse, mon pËre s´occupÈ trËs bien de moi, mais il Ètait aussi un activiste. Il c´est opposÈ au milice du colonel Mobutu Sese Seko".
Je n´avais jamais entendu parlais de cet homme
-"Le colonel quoi ?"
-"Mobutu Sese Seko, il avait instaura un rÈgime autoritaire. Avec l´arrivÈe au pouvoir du prÈsident Mobutu, apparut le concept officiel du recours ‡ l´authenticitÈ. Cette authenticitÈ fut dÈfinie comme le dÈsir d´affirmer l´africanitÈ congolaise et le refus d´adopter les valeurs Occidental. Mais pËre avait Ètait tombÈ amoureux d´une occidental, qui Ètait morte en me metant au monde. Un jour les hommes de Mobutu sont venu le cherchait, et je ne l´ai plus jamais revu. Je n´avais que dix ans mais je savais ce que je devais faire. Mon pËre avait tout prÈvu, je devais prÈvenir mon oncle. Deux mois plus tard, une femme est venu me cherchais a l´aÈroport, elle ma dit que nos dÈstinÈ Ètait liÈ mais que je ne devais pas cherchais a la revoir. Ce que je n´ai pas fait d´ailleur. Je me suis retrouvÈ a caen, avec a peine de quoi m´acheter a manger. Le reste de l´histoire tu la connais."
-"T´as mËre Ètait franÁaise donc, c´est de la que tu viens ton prËnom je suppose.
-"Oui, ma mËre Ètait une doctoresse venus aidert au pays, c´etait je crois le nom de la mËre de sa mËre".
Alors je lui raconte, tout, tout de ma naissance jusqu´a la mort de ClÈment. Cependant je ne lui parle pas de Dorian, je veux le garder tout a moi.
Elle me dis qu´elle aurait voulu connaitre CLement que Áa devait Ítre quelqu´un de bien. Je lui dis que non, qu´il Ètait seulement parfais, qu´il l´aurait surment aimÈ, qu´il serai venu la cherchÈ dans quelque annÈ et qu´il seraient parti, qu´ils serai aller en irlande, et qu´ils y auraient fondÈ une famille.
J´ai fini la nuit dans un mÈlange d´heroine et de sex. Je lechais le reste de poudre dans le nombril de Christina quand elle me dis qu´elle m´aime. Je lui carrese les cheveux. Nous nous sommes endormi.

Quand je me suis reveillÈ il Ètait midi, j´etais dans le parc, prËs de mon lycÈe, celui ou Dorien et moi nous etions retrouvÈ seul. J´avais un vague souvenir des heurs prÈcÈdante. Des flash incontrolÈ, je me voyais faire tel ou tel chose, comme si mon corps avait Ètait manipulÈ. Toujours cette putain d´impression d´Ítre en pilot automatique. Dorien Ètait la aussi, pas avec moi. Il discutait avec d´autre gens, des gens de ma classe. Premier coup de point en plein coeur, Sophie la fille a qui j´avais visiblement plu lors de notre discution hypotÈtique n´arretÈ pas de darguer Dorien, elle lui prenait la main, riait ouvertement achaque fois que Dorien daissais quelque chose. La j´avais besoin d´un truc hard, mais alors vraiment hard. J´avais toujours le bout de crac*k que m´avait filÈ mon dealer en belgique, je sorti ma cuillaire celle dont Christina c´Ètait servi la veille pour faire fondre l´heroine, je crachÈ dedant, j´y mis le crac*k. Briquette. J´avallais le mÈlange. C´Ètait comme se faire ÈlÈctrocutÈ pour un rayonnement gamma.
Le crac*k, chlorhydrate ou sulfate de cocaine prÈsente sous forme libre, par opposition a la coke conventionnel sous forme salifiÈ. Le crac*k rÈsulte d´une technique de purification de la cocaÔne permettant d´obtenir de la cocaÔne base: la techniqu du free-basing. Ce procÈdÈ nÈcessite normalement l´utilisation d´Èther Èthylique, rare et trËs inflamamable. Il fut donc adaptÈ par les usagers. La cocaine sous forme chloryhhydrate fut alors simplement chauffÈ avec du bicarbonate de sodium solubilisÈ dans du rhum en solution aqueuse. La cristalallisation de la cocaÔne obtenue permettait d´obtenir une forme aisÈment fumable, le rock cocaine. Cette technique d´obtention de cocaÔne bas a ÈtÈ employer avec non plus du bicarbonate mais de l´ammoniaque . Cette operation souvant rÈalisÈ par le consomateur est appÈlÈ le coo*king, la cuisine. Le produit encore plus pur obtenue n´Ètan autre que le crac*k. En deux mot, une saloperie !

Je tripÈ a max, du moins c´est ce que je croyais. Je la voyais, Sophie, recouverte de sang, la gorge lacÈrÈ comme celle de ClÈment. On lui avait emputÈ les mains, son utÈruse et son vagin avait servi de voile a sa horrible tÍte difforme. Ca ce moment prÈcit si j´avais eu la force de me lever voila ce que je lui aurai fait subir. Mais malheuresemnt les effets du crac*k m´interdisai toute action. Je les regardais partir. Avec toujours cette boule dans la ventre, comme si je sentais ma vie m´ÈchappÈ a petit feu chaque mintute un peu plus.
Je devais la tuer, ou peu Ítre le tuer !
PrËs de vingt minute que je tripÈ sur un univere parralËle. Je commenÁais a redÈcendre mÈchamant, en plus du crac*k je santais comme un plain dans mon coeur. Sophie, mon pire cauchemard, elle s´etait imitÈ entre Dorien et moi et Áa je ne lui paronnerai jamais.
Je sentais en moi comm un ronflement, comme si mon champ de conscience venait de se mËtre ne mode vieille. Mes testicules d´agitairent, mon vibreure. j´empoignÈ mon tÈlÈhone.

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