Laisser moi vous narrer la fabuleuse aprés-midi que je vie à l´école d´architecture de Bordeaux.
Aujourd´hui, c´est rendu de VTP. En gros, c´est un énorme exposé sur lequel on planche depuis des mois, à savoir le réaménagement d´un quartier. Route, trottoir, banc : tout y passe. C´est une matière ressemblant à de l´urbanisme, assez complexe mais haut combien passionante.
Nous sommes en groupe d´environ quatre personnes, et nous avons passé des semaines à faire des maquettes hyper précises, des croquis gigantesques, des montages sur ordinateur, sans compter le rassemblement et l´organisation d´une foule de documentation. Plusieurs nuits blanches furent nécessaire au parachavèment de cet incroyable travail, qui se fait juger aujourd´hui.
Il est à noter que plusieurs personnes n´ont pas eu leur unité de valeur en VTP au premiet semestre, et sont donc obligé d´avoir une bonne note à ce rendu afin de valider cette matière, et en passant l´année entière.
Nous conviendrons tous qu´il y a une certaine tension.
Et que se passe-t-il ?
Ce matin, les professeurs ont eu la brillante idée de faire une correction à huis clos, nous faisant bien mariner dans notre angoise. Pour ensuite nous demander de rester toute la journée à l´école et attendre notre tour avant la présentation de notre projet. Chaque membre du groupe doit faire un petit speech et répondre à des questions poussées sur son projet tout en défendant ses idées. Il faut être assez solide à l´oral.
Bref, notre journée est bien pourries puisque nous sommes submergés de travail, et pourtant on doit attendre à ne rien faire que les professeurs daignent bien accorder un peu d´attention à nos projet.
Que font les professeurs ?
Alors que cela fait des mois que l´on planche sur nos projets, qu´on pose pleins de questions, qu´on montre l´évolution de nos idées et l´avancé de nos travaux aux professeurs. Ces derniers se contentaient d´opiner gentiment de la tête en nous conseillant de modifier de ça et là quelques menus détails. Et bien aujourd´hui, ces mêmes professeurs qui hier acquiecçaient sur notre projet, crachent dessus comme des charognards. Ils critiquent des idées qu´on leur a maintes fois soumises, ils démontent des projets qui jusqu´à n´avait jamais eu à essuyer la moindre critique. Tous ces moins de consultation et de questionnement sont réduits à néant par l´hypocrésie de nos professeurs. Car c´est bien de l´hypocrésie de dire qu´un élément du projet est bon avant le rendu pour le démonter le jour même.
Ainsi donc, des élèves qui ont passé des heures et des heures à faire des maquettes et travailler sur le rendu, voient leurs espoirs se fracasser. Pire, ceux qui comptaient sur ce rendu pour valider leur année se remettent en question quant à leur avenir dans le milieu de l´architecture.
Je vous laisse imaginer les mines déconfites aux yeux injectés de sang et de larmes. Les visages déchirés par des rictus mélant rage et tristesse, incompréhension et amertume. Les mains se crispent, les membres se tendent.
En somme, je vous le dis, la fin du monde, c´est maintenant et ici : à Bordeaux dans l´atelier 5 de l´école d´architecture.
Me concernant, mon projet n´est pas passé à la moulinette mais j´espère sauvé quelques meubles du déluge. Mouais. Mon projet se tient et au premier semestre on avait bien torché quand même.
Je vous tiendrai au courant cela dit.
PS : ceci n´est pas mon texte, juste que j´attends comme un con que mon groupe passe et je trouve que la situation présente s´apparente bien au sujet actuel. 