Le prologue. Il est court lui aussi, comme l´intro.
Les chapitres, je me répète, devraient être plus longs.
Bonne lecture!^^
Prologue
« Bonjour Tel’. Ca va ?
- Salut Indis. Ni pire ni mieux que d’habitude, et toi ?
- Moi ça va »
Avec un sourire de bonheur, elle pris Telchar par le cou et échangea avec lui un long baiser, plein de douceur. Il sentait l’odeur acre du soufre qu’on utilisait pour allumer les foyers dans la cuisine, qui se mêlai au léger parfum de la chevelure de son amie.
Quand ils se détachèrent, il jeta un coup d’œil à la table. Toujours les mêmes personnes, avec qui il s’assit et se mit à dévorer, un bras autour de la taille d‘Indis.
Le pain avait son arrière goût de cidre et de miel, les œufs étaient aussi bien cuits qu’à l’habitude. Il n’y avait vraiment pas de quoi se plaindre de la cuisine ici.
La lumière des torches faisait se mouvoir les ombres sur les murs, pendant qu’il échangeait les dernières nouvelles avec ses camarades. Le soleil ne pénétrait jamais dans cette pièce. Elle se trouvait au deuxième sous-sol. La forteresse de la Guilde était réputée imprenable. Des dizaines de milliers d’âmes y vivaient.
Après le petit déjeuner, il embrassa Indis et se dirigea du coté de l’atelier de son père. Habituellement, il avait le temps de se réveiller, de ranger un peu l’atelier et de se remémorer la leçon de la veille.
Mais ce matin, son père était en train de l’attendre quand il arriva.
« Bonjour mon fils. Tu as bien dormi ?
- Bonjour père. Oui, comme toujours. Et vous ?
- Oui. J’avais l’intention de te tester aujourd’hui, tu t’en doutes, mais il y a un empêchement.
- Comment ça ?
- Tu sais cette lame que je dois réaliser pour un seigneur étranger ?
- Oui.
- Et bien j’ai reçu ordre de m’en occuper ; expressément. La commande a été modifiée, et tu n’as pas encore assez de technique pour t’en occuper.
- Bien. Je vous aiderais donc à la réaliser.
- Allez, viens, allons-y. »
L’atelier était vaste, bien équipé et bien éclairé. Plusieurs apprentis y travaillaient, ainsi que trois mages. Tout le monde allait être réquisitionné ce matin devant la tâche à accomplir.
Avec les trois autres apprentis qui se trouvaient là, Telchar entreprit de rallumer le feu et de l’amener à une température suffisante. Son père préparait ses outils et cherchait une barre de métal de la bonne dimension.
« Bien, écoutez-moi tous. Ce travail risque d’être difficile, et même dangereux. Alors personne ne prend d’initiative, vous faites tous ce que je vous dis, et tout se passera bien. L’enchantement lui-même est, paraît-il, particulièrement difficile à manœuvrer. Tout le monde a bien compris ?
- Oui monsieur ! »
Une belle déclaration, tous en cœur, les yeux ardents.
Telchar s’empara d’une paire de gants anti-chaleur, et vint fixer l’enclume au milieu du brasier. Les artisans de la Guilde avaient une manière bien spécifique de travailler, bien plus efficace, quoique plus dangereuse, que celle des autres forgerons. « Plus chaleureuse » disaient-ils.
Son père fixa la barre de mithril au bout d’une pince, et la plongea dans les flammes. Le métal chauffa et rougit en peu de temps. Les assistants s’affairaient à préparer de l’eau, les outils du maître, et de quoi intervenir en cas de départ de feu.
Les mages formaient un triangle autour de l’enclume brûlante. Ils commencèrent à réciter une liturgie longue et profonde. Des langues de flamme se mirent à crépiter, faisant voler des étincelles multicolores dans la pièce. Un halo rouge orange émanait de ces hommes, leur donnant un air inquiétant et mystérieux.
Pendant deux heures, le maître officia dans la chaleur ; les sorciers dans la magie ; et les apprentis dans leur sueur. Quand enfin la lame prit sa forme définitive, le maître la souleva. Le plus dur était à venir. La magie est très dure à maîtriser. L’énergie dégagée par les mages allait modifier la forme de l’épée, et le forgeron devait rester au centre de ces énergies tout en rectifiant la forme de l’objet. La moindre erreur pouvait être dangereuse. Mortelle.
Soudain, un des mages bafouilla. Son regard s’emplit de terreur et se perdit dans le lointain. Les autres, ne s’étant aperçus de rien, trop concentrés, continuèrent.
La catastrophe arriva très vite. Avant que quelqu’un eu le temps de réagir, la magie s’échappa d’un coup du corps sans vie du mage qui avait perdu sa concentration. La surcharge de puissance provoqua la rupture du sortilège, et les deux autres mages s’affalèrent, morts. Leurs magies les quittèrent de la même manière, et tous ces flux de puissance cherchèrent un moyen de se matérialiser. Le forgeron, ébahit, ne compris jamais ce qui lui arriva. Les énergies convergèrent vers l’épée, et la secousse que cela engendra le projeta dans les flammes.
Le temps d’une convulsion et ses chairs étaient brûlées. Son regard parcouru la pièce tandis qu’il se tordait de douleur, et il se posa sur son fils. Ses lèvres formèrent des mots que Telchar ne compris pas.
Et il mourut.