Salut les z´amis! Un courte fic ou grande nouvelle, qui devrait faire au final une dizaine de pages.
Rien d´autre à dire, si ce n´est Enjoy
Bonne lecture!
--------------------------------------------
Non.
--------------------------------------------
Décidément, je n´aime vraiment pas Paris. Ses rues bondées, ce stress permanent que je déteste tant. J´imaginais vraiment pas la capitale comme ça. La quiétude du Louvre, la grandeur de la tour Eiffel... Tu parles! Des trottoirs sales, des murs vieux, vieux, et si beaux s´ils n´avaient pas été souillés par je ne sais quelles immondices. Pouah! Et dire que je suis installée ici depuis à peine deux semaines, et que je dois y rester pour trois ans! J´ai tout abandonné pour trouver ça. Tant pis. Vivement que je retourne au pays, mon diplôme en poche.
En attendant, je dois me rendre à l´université, bouffer de la nourriture de chez Liddle et bosser dans ce resto pourri. Et puis, je suis seule. Pas pour longtemps, je le sens, mais ça me fait quand même bizarre. Comme un poid sur le coeur que la nuit ne fait qu´alourdir. Une chaîne à la cheville qui m´empêche de marcher. Je sens le regard des autres sur ma peau, comme de milliers de lances qui me chatouillent les nerfs.
« T´es parano, Jeanne, n´y pense pas et avance. »
Alors j´avance, encore, un pied devant l´autre. Mes pas foulent le trottoir, comme le font les milliers de pieds en cet instant. Je marche vite. Je suis pressée, comme les hommes d´affaires qui me bousculent sans ménagement. Je frotte mes cernes un instant. Ca y est, j´y suis. L´immense Faculté de Droits me nargue du haut de ses larges fenêtres. Je cours pour ne pas rater le début de mon cours.
Mon sac craque sous le poid des livres qui s´échappent allégrement de la déchirure. Putain de journée.
Je me penche pour ramasser mes affaires. Mon livre sur l´Antiquité Romaine s´est déchiré, et la feuille parlant de je ne sais qui s´envole et se promène autour de moi, au gré du vent. Elle raconte la vie de qui? J´sais pas. Platon, Archimède, Voltaire...J´sais plus. Tout se mélange dans ma tête. Je vais être en retard. Mais j´en ai rien à foutre! Pourquoi je rentre pas?
Doucement, je me mets à pleurer. Je tente d´essuyer les larmes qui coulent sur mes joues, mes elles reviennent à la charge, toujours plus nombreuses, prenant d´assaut mes yeux rougis par la lutte.
-Hey! Ca va pas?
Recroquevillée sur moi même, agitée de tremblements, je lève un peu les yeux. A peine. Mais assez pour voir le gars qui me regarde, l´air inquiet. Je me rend compte du ridicule de la situation. Son regard fixé sur moi est comme un rayon de soleil qui sèche instantanément mes larmes. Sauf que moi, j´aime pas le soleil. La pluie est infiniment plus mélancolique. J´aime à poser mon front sur le carreau froid de ma petite chambre. C´est la seule fenêtre de tout mon appart, alors je passe beaucoup de temps à regarder la rue bordée de poubelles qui s´offre à moi. Le bruit de la pluie sur le toit, ça me rappelle la Jamaïque. Je mets souvent mes petits pots de fleurs sur le rebord pour entendre les gouttes tomber sur les feuilles. Ca me figure les bananiers chargés d´eau quand vient la saison des pluies.
Le mec est sans doute alarmé par mon regard vide, car il répète sa question:
-Ho! Vous allez bien?
Avec difficulté, je m´arrache à mes souvenirs. Lentement, je me lève, et je lui adresse un sourire incertain.
-Oui! Enfin j´espère...
Un coup d´oeil à ma montre me fit l´effet d´un coup de fouet.
-Ha! J´vais être en retard!
Fébrilement, je ramasse mes affaires. Il me tend la feuille arrachée, que je fourre vite fait dans mon sac déchiré.
Je lève les yeux pour le remercier.
Il est craquant!
Ces grands yeux bleus, on dirait le regard d´un bébé. Le portrait de Kurt Cobain avec ses cheveux longs, même s´il est mieux rasé. Il est grand, porte un jean un peu large, et un T-shirt délavé.
Il ne sourit pas.
-Je crois pas que ce soit une bonne idée d´aller en cours. Vous allez...
-Faire une rechute? Non, non, ça va! Merci de vous inquiéter, mais ça devrait aller.
Il est pas convaincu et tente de me dissuader. Mais il doit bien se rendre à l´évidence, y a le cerveau d´une petite intello sous mes dreads.
-Je m´appelle Daniel.
-Enchantée de l´apprendre! Bon, j´y vais!
Et je m´éloigne d´un pas allègre.
Je dois aller en cours. Pas me perdre dans des histoires qui n´aboutiraient à rien. Même si, secrètement, j´espère qu´il me rattrapera. Mais il n´en ai rien. Ce type n´a vraiment rien dans les...
C´est pas croyable comme la vie n´est pas intéressante. On vit toujours dans la crainte de perdre notre petit bonheur, on le cache, on le protège, on le garde au cas où, et quand on l´a perdu, on se plaint d´en avoir si peu profité quand on l´avait à sa portée.
Tel est mon état d´esprit en sortant de cette faculté. Les cours sont pas vraiment pas ma tasse de thé. Je me demande pourquoi j´étudie le droit, si j´aime pas ça. Faut bien faire quelque chose, non?
Apparement, en ce bas monde, y en a que ça plait de ne rien faire.
Comme le mec de ce matin. Il est là, à attendre quelqu´un, à la sortie de la fac. Ce quelqu´un, c´est moi bien sûr. Quand il me voit, tout son visage s´éclaire (il est encore plus beau quand il sourit). Il se dirige vers moi. Je voit déjà la phrase qui se forme dans sa tête. Pas manqué:
-Salut! Figure toi que j´avais envie de te revoir alors...Bah...J´t´ai attendue...
Je ris devant son embarras. Mais je vois pas pourquoi je répondrai à ses avances. Je crains que le bonheur ne soit pas fait pour moi.
-C´est gentil. Mais j´ai du boulot.
Je commence à partir. Cette fois, il me rattrape.
-Je peux t´aider, peut être?
-Non.
Vu sa gueule, il est pas très content de ma réponse. Un vent dans la tronche, ça fait jamais plaisir. Mais qu´il ressente au moins un centième de la douleur qui m´habite!
-Alors...
Il me lâche. Je me barre.
Je suis vraiment la plus conne de toutes les imbéciles de la terre. Je l´ai laissé filer. Et maintenant, accoudée à mon bureau de fortune, je pleure, je pleure de toutes les larmes de mon coeur, de mon corps.
Mange. Pour oublier ce que tu viens de louper. Tu es seule. Tu as décidé toi même de rester seule, en envoyant bouler le plus beau homme de la terre. Alors ne te plains pas.
Je cherche dans ma cuisine une baguette de pain frais. Je n´en trouve pas. Je dois me contenter de vieux croûtons durs. Je prends un couteau, et son éclat fait jaillir une idée de mon esprit. Je tourne et retourne l´arme dans mes mains. Et si...
![]()
Je te jure que dans genre les deux premiers paragraphes t´as mis un mot sur exactement ce que je ressents.Tu as exprimé ce que je ressens au millimètre près...La fac paris le métro ect ect...J´ai qu´une hate avoir mes diplomes et bouger de cette ville de fous ![]()
En tout cas lire ce truc m´a fait du bien ![]()
La suite?
Merci!
C´est marrant ce que tu dis, pasrce que moi, j´suis jamais allée à Paris, et je suis même pas au lycée.
Enfin, contente que ça te plaise.
La suite? Un peu tôt, nan?
![]()
J´ai lu, les émotions sont biens retranscrites, j´aime bien ^^.
Apres je peux pas dire si le contexte est bien décrit ou pas, n´habitant pas a Paris et n´étant pas a la fac
Sinon, quelques fautes telles que :
Je voit
je pense que tu vois où
si tu te suicidai,
idem, je te pense capable de corriger
(j´ai pas tout relevé, en plus je suis pas tout le temps sure de moi, donc si d´autres peuvent les signaler)
Heuu , oui aussi, faut mettre un espace avant les points d´exclamation. idem pour les points d´interrogation.
Sinon, ça j´ai pas compris (enfin si j´ai compris le sens, mais la syntaxe est zarb) :
y en a que ça plait de ne rien faire
merci zlink ![]()
Pour les fautes de temps, faudrait que je fasse plus gaffe...
Merci beaucoup.
"y en a que ça plait de ne rien faire"
Ha heu.... oui...
Si je mets: Y en a qui se plaisent à rien faire (ou foutre). C´est mieux ?
Moi je dirais "Il y en a qui se plaisent à nerien faire"
Concernant ton récit, j´aime bien, mais c´est comme Zlink, je ne suis pas à Paris et moi ´suis au collège, donc je peux pas juger beaucoup plus.
Merci loki pour ton com´s!
Bon, je vous mets la suite, j´ai pas trop trop cherché les espaces pour les points d´exclamation et les fautes de temps, parce que j´avais vraiment trop la flemme. -_-´
Enjoy!
-Non.
Bravo. Je parle toute seule, à présent. De mieux en mieux. Je ne m´arrange pas. Faut peut être aller voir un psy, dans ces cas là, non? Pourquoi faire? Raconter ma vie ne changerai rien. Je suis malheureuse. Et le pire, c´est que c´est de ma faute. Fais une croix sur Daniel. Courage. La vie continue.
Je retourne dans ma chambre, m´appuie contre ma fenêtre. Un ivrogne passe dans la rue. Il se prend deux trois poubelles et continue sa route en chantant sa joie de vivre. Quelle misère.
La fac était blanche, avant. Maintenant, couverte de déjections de pigeons, elle est grise. Grise comme le ciel de cette matinée d´automne. Grise comme mon humeur. J´ai envie de tout casser. Remarque, ça change pas de d´habitude...J´ai une légère tendance à me prendre pour une fille à problèmes. Enfin. Là, en sortant de la fac, j´ai une surprise. Une bonne surprise. Enfin du bonheur en ce monde! Daniel est là. Il m´attend, me sourit. Il est surpris quand je lui rend ce sourire.
-Tu as beaucoup de boulot, ce soir?
-Non.
C´est fou ce que j´aime dire non. C´est froid, c´est direct, comme mot. Je l´aime bien. Quand on me demande si je vais bien, je réponds oui, toujours. A contrecoeur. Non, je ne vais pas bien. Mais pourquoi vous me demandez ça? Vous en avez rien à faire de la réponse. Tiens. Un jour, je répondrai non, pour voir.
-On va boire un café? Propose t´il avec espoir.
-C´est d´accord. Mais tu payes.
Il est assez désarçonné par cette réponse. Il va finir par ne plus vouloir de moi.
-Evidement.
Il m´amène dans un petit café kitch. Le Nirvana qu´il s´appelle. Pouah, je deteste cet atmosphère de fumée. Je me mets à tousser. Il s´inquiète.
-Tu n´aimes pas la fumée?
-J´suis asthmatique.
On fait avec ce qu´on a. j´aime pas le Nirvana, et je veux pas faire la capricieuse. Il m´amène dans un autre endroit. Je sais pas où c´est exactement. J´aime bien l´intérieur. C´est tout en bois contreplaqué qui brille dans l´ombre. C´est propre, pas comme l´autre café de clodo. La salle est grande, avec de petites tables rondes parfaitement romantiques.Y a quatre clients, ou plutôt deux couples, mais sinon c´est désert. On s´assoit autour d´une table, côte à côte. Sa cuisse frotte contre la mienne. Les chaises sont rouges, confortables. Comme un accouplement entre un fauteuil et un siège standard. Il me demande ce que je veux. Un coca. Lui une bière. Marrant. Il commence à me parler. Il ne me raconte pas sa vie, mais il veut en savoir plus sur la mienne. Oui, je viens de Jamaïque. Pourquoi tu me parles direct de Bob Marley? T´es banal comme mec. Tout le monde me parle de lui dès qu´ils savent mon origine. A croire que la Jamaïque c´est un morceau du pied du chanteur. Il aime bien. Ouais, ouais, moi aussi. Il blague, dit qu´il avait deviné. Noooon! Ca se voit tant que ça que j´ai des dreads? Il approche sa main de ma cuisse. Impact dans dix secondes. Cinq. Deux. Un. Et voilà, il m´as fait une petite caresse. Il est tout content, le chou, que je l´ai pas repoussé. Il est fier, même. J´vais faire une BA. Allez, je lui caresse la joue, il sourit.
Nos lèvres s´approchent. Et voilà, gagné, on s´emballe. Quel drageuse je fais, vraiment. Vive moi.
Sans rire, il embrasse merveilleusement bien. Alors, on continue. Moi, j´ai l´impression qu´il a un goût de fraise. J´aime beaucoup la fraise.
Il m´enlace, je fais pareil, logique, sinon il va se sentir seul.
Enfin quoi, quand on sort, on est main dans la main. J´attend la question fatidique, celle que j´attend depuis bien une heure. Mais il se tait, il me regarde en souriant, les yeux rêveurs. Comme ça ne vient pas, je décide de faire le premier pas.
-Tu dors avec moi, ce soir?
Son sourire disparaît. Il me lâche la main, fronce les sourcils, s´arrête.
-Tu me veux juste pour le lit?
Alala. Je suis tombée sur un gros coincé qui croit encore à l´amour véritable. On va naviguer avec prudence.
-Non.
Quel mot! Je me délecte de lui quand il me passe sur la langue. Pour la peine, je le répète:
-Non. Tu me manqueras ce soir. C´est tout. Si tu veux pas dormir avec moi pour être sûr que je suis pas une grosse perverse, j´ai un matelas de rab.
Il est pas convaincu. Mais il accepte. J´espère qu´il ne m´entendra pas dans mon sommeil fantasmer sur lui.
Pour patienter jusqu´au soir, il m´amène au « resto ».
« Nous, c´est le goût »
Non, chez Quick c´est dégueulasse. Quand je l´ai fait remarquer à Daniel, il était bien gêné après de m´avoir amené là.
Il se rattrapera ce soir. Je parie la terre entière que je l´amènerai dans mon plumard, de gré ou de force.
Il m´aide à sortir le matelas tout poussiéreux. Il avait pas de pyjama, alors je lui ai prêté un horrible truc rose à fleur, qui serrait de partout. Il a pris une douche et s´est changé dedans. J´ai pas pu voir son corps d´athlète.
On a dormi chacun de notre côté. Je vous dois la terre entière.
´tain, ça m´enrage de voir des plus petits que moi écrire aussi bien^^. Non, sérieusement, je sais pas si c´est de la grande littérature mais c´est un peu comme Evidance, t´as un style et j´aime bien ce style^^.
En plus, j´accroche au perso principal, les sentiments sont bien retranscris, les descirptions bien placées...j´dirais presque que c´est parfait ( j´dis biens presque
) .
J´lirais donc la suite avec le plus grand intérêt
.
Merci beaucoup de ton commentaire!
La suite vient ou demain soir ou vendredi soir...
J´ai bien aimé moi aussi.
Ton héroïne est une fille tellement bizarre qu´elle en est banale (haa, jeunesse paradoxale
) -ce qui convient parfaitement à ce type de texte, car ça maximise l´immersion et l´identification du lecteur. c´est bien simple, pour un peu, j´aurais cru que c´était autobiographique. Et l´oralité du texte, suivit avec un petit ton ironique et acide, nous fait plusieurs fois sourire et nous attendrit. Ce n´est certainement pas un texte grandiose et ça n´a pas un style inoubliable, mais ça détend et nous fait plaisir du début à la fin. Le tout reste aussi trés style, et me fait un peu penser à quelques Heures de ma Vie d´ApoloJ (même si je préfére celui-ci au tiens, tout de même.)
seul le passage sur le Nirvana (joli cirage de bottes envers le modéro, bravo
) parait moins bon que l´ensemble. Un peu court et trop maladroit, je trouve.
Vàlà, la suite ^^
PS: je vous comprnds pas, comment vous faites pour pas aimer Paris? c´est la plus belle ville du monde, j´en suis sur et certain ! ![]()
C´est toujours bien ![]()
Mais y´en a marre des corps d´athlète ect ect pourquoi vous fantasmez pas sur un ptit gros chauve pour une fois
matérialiste
La suite ![]()
Ps: negatum paris c´est bien quand t´es bourré de thunes sinon c´est la galère, la vie étudiante muarfff
Merci merci pour ces commentaires...
Je me demandai si quelqu´un allait relever le coup du Nirvana, alors, c´est vrai, j´ai un peu bâclé ce passage.
Ce que je crains, c´est que la suite vous plaise moins, car on perd ce côté acide... Enfin, vous me direz
PS: Negatum: Autobiographique? Non, non, loin de là! merci beaucoup pour ton coms. (Evidance aussi hein, mais t´étais là avant alors...
)
C´est toujours bien, les émotions sont bien retranscrite, j´attend la suite ![]()
Comment commenter ?
Surtout, comment ne pas répéter le comm´ de Negatum, avec lequel je suis entièrement d´accord ? J´aime bien le ton sarcastique de l´héroïne, et il y a quelque chose que je ne vois pas comment décrire mais qui donne envie de continuer. Le texte se lit sans difficulté, ça détend quoi...
Et au fait, Paris est très bien pour passer ses vacances, mais y vivre... c´est moyen. Sauf si on a une place à H4, auquel cas tout s´illumine... (Je dis ça mais en fait j´en sais rien, hein...)
Bref, j´aime bien. Rien à ajouter
Le lendemain, il m´avait préparé mon petit déj´. Si tu crois que c´est avec ça que tu m´aura, coco... Enfin, c´est bien. En plus, il était bon. Il a pas mangé avec moi, il a dit qu´il devait partir pour le travail. Ok, barre toi, mec, j´m´en fous complet.
Prête, je suis partie à la fac. J´arrive, je m´assoie, seule. Normal, j´ai pas d´amis. Mais là, y a une squatteuse qui s´installe tranquillou. Elle sort ses affaires. C´est le genre de blondasse qu´aurait pas attendu pour sauter (sur) Daniel. Elle est belle, pulpeuse à souhait, bien maquillé, bien coiffé, avec de jolis jeans qui valent quelques centaines d´euros. Franchement, j´ai l´air d´une pecnode à côté.
Elle ose m´adresser la parole:
-Ca avait pas l´air d´aller, hier.
Quoi? La surprise me laisse sans voix. J´ai l´air si torturée que ça?
-Non.
-Qu´est ce qui se passe?
Je répond rien. J´ai pas envie de tou dégueuler à un psy, et encore moins à une pouffiasse qui se fait passer pour une amie.
-Ok, tu me connais pas. Mais tu connais personne, ici, alors un jour ou l´autre, faut bien se confier à quelqu´un.
-Pas besoin.
-Comme tu veux. J´suis là dès que tu changes d´avis.
-Mmmmh.
Ca risque pas d´arriver.
Elle reste quand même à côté de moi, et ce durant toute la journée. Elle aussi elle est seule. Elle doit me prendre pour une perdue comme elle à la recherche d´amis, quels qu´ils soient.
Et le pire, c´est le soir, quand je sors. Elle se retourne vers moi (elle avait enfin décidé de me lâcher les basques) et me dit:
-A demain!
-Ouais, c´est ça.
Daniel est là, il m´attend, comme la veille.
-Salut ma belle! T´as l´air tracassée!
-Non.
Il rit.
-Allez, déballe tout.
-Laissez tomber, c´est rien.
Il doute. Evidement. C´est ma vie, rentre pas dedans. Reste gentiment au dehord, d´accord?
-Ce soir, j´ai pas mal de boulot, vu que j´ai rien foutu hier.
-Pas de problèmes, je t´aide si tu veux.
-Tu bosses pas, toi?
Il a un geste vague de la main.
-Moi? Oui, par ci par là, rien de bien méchant. Je survie, on va dire.
-T´arrives à trouver du boulot dans Paris?
-Quand on sait où chercher, oui.
Il entoure son bras autour de mes épaules et commence à marcher.
-On va où?
-Chez moi.
Ha! Ca y est, il a craqué. Espérons qu´il ai un grand lit.
-Mon matelas de rechange est plus confortable que le tien, ne t´inquiètes pas pour ça.
Je suis dépité. Mais il me distrait vite, me demande ce que je veux manger ce soir.
-Un truc léger...Et pas chez Quick.
Il rit.
-J´ai retenu la leçon. Tu veux que je te fasse une surprise?
-Non.
Sa tête! Avec moi, il a interêt à bannir ces questions qui n´en sont pas.
-Je rigole. Bien sûr!
Il sourit.
-Tu verras ce soir.
Ok. Je verrais.
Chez lui, c´est quand même un peu mieux que chez moi. On pourrait presque y vivre à deux, même si à force de se marcher dessus, on finirai par s´entretuer.
C´est plus beau, y a de superbes dessins accrochés au mur.
-C´est toi qu´à tout dessiné?
-Ouais...
Oh, un artiste. C´est sensible, un artiste. Il va mal réagir quand je le larguerai.
-C´est joli.
-Te sens pas obligé de dire ça!
Pour une fois que je pensais ce que je disais...
-C´est quoi la surprise?
-Bosse et cesse d´y penser. Attend, je pousse les feuilles de mon bureau.
Il assemble en un tas grossier toutes les feuilles éparpillées sur son bureau à dessin (pas très très beau, le bureau, il est couvert de coups de crayons mal placés et d´écritures diverses).
-Voilà! Ca te plait?
-C´est merveilleux! Je m´exclame en m´installant.
Là, par contre, je pensais pas un mot de ce que je disais. Mais enfin, c´est mieux que chez moi, ici.
Je commence à bosser. Lui, je sais pas ce qu´il fait. Je crois qu´il dessine sur son lit, vu que je lui ai piqué son bureau.
Je sais pas trop quoi dire sur la loi interdisant les drogues. J´en ai un peu rien à foutre, en fait.
-Hey, Daniel! Tu saurai pas pourquoi on interdit les drogues?
Y a un silence.
-Bah parce que ça fait du mal à l´individu.
-Et alors?
-La loi protège l´individu.
-Contre son gré?
-Oui, sûrement. Attend, je viens t´aider.
Je l´entend ce lever. Il apparaît dans la pièce et se penche sur moi.
Incroyable! Ce type en sait un rayon sur les produits dopants, leur effet. Même leur prix au marché noir.
-Tu serai pas drogué, par hasard?
Il se fend largement la poire.
-Moi? Non, ça risque pas. Mais mon père était douanier, alors, tu comprends...
Mais il a dût se rendre compte que j´avais des doutes. Alors, plutôt que de tenter par tous les points de prouver son innocence, il change de sujet.
-Tiens ! Première partie de la surprise !
Il me tent un dessin de moi. Il est magnifique. Mais c´est pas des petits trucs comme ça qui vont t´aider mon pauvre.
Je fais la fille submergée par l´émotion:
-C´est...Merci.
Je saute dans ses bras, on s´embrasse deux trois minutes.
Sans un mot, il m´amène dans la rue et se dirige vers un bouche de métro.
-On va faire quoi?
-Héhé. Surprise !
Dans le métro, on est collé comme des sardines, l´un contre l´autre. Je déteste ça, même s´il sent bon.
Quand on sort, il me dirige vers un resto de coin de rue.
-J´ai passé une bonne heure à le trouver ! Je paries que tu le connais pas.
-C´est quoi?
-Un des seuls restos jamaïcains de la ville.
Pour être une surprise, c´est une surprise. Non, ça ne me fait pas plaisir. Ca sert à rien, c´est où la Jamaïque, la vrai, la puissante et la belle, ou rien. Pas de ces copies conforme à l´idéal-Bob-Marley que l´on se fait.
Ca m´énerve. Il croit me faire plaisir, ne sait rien de moi et de ce que je peux ressentir. Il fait juste ça pour m´amadouer. Entrons dans le jeu, ça peut toujours servir.
-Ouah! Je le conaissais pas!
Oh si, je le connais. J´y suis jamais allée, dans ce truc qui se sert de l´image qu´a la Jamaïque. Pouah, ça me fait gerber.
Ce qu´on a bouffé, ça sentait le surgelé. Tu m´étonnes, ça peut pas être frais après avoir traversé l´Atlantique. Lui il est content, il a fait la surprise de la soirée. J´espère que celle de demain sera meilleure.
Quand on est rentré, il m´a demandé:
-Ca t´a plu?
Non. Ca m´a pas plu. Pourquoi tu me demandes? Si je dis ce que je pense, tu vas réagir comment?
-Oui. J´ai beaucoup aimé.
On dort chacun de son côté, comme hier. Ca commence vraiment à me soûler. Mais je veux pas le brusquer, il va le prendre mal.
Je sais bien que c´est pas autobio, j´ai juste dit qu´on aurait pu le croire
ben ben c´est toujours aussi bien, quoi. La suite ![]()
idem que negatum, la suite ![]()
vopus l´avez déjà eu plus tôt bande d´ingrats, alors vous aurez la suite vendredi ![]()
Oh ça va, je me préparais à un délai plus long ![]()
En tout cas, vaut mieux attendre et avoir une meiller suite selon moi. Bonne chance.