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Liste des sujets

Le Monde des Etoiles

Negatum
Negatum
Niveau 10
21 novembre 2006 à 13:20:14

Merci à vous 3 :-)

Pour Az´, disons que si je voulais mettre les 3 en un seul morceau, y aurai un probléme vu que ça ferai dans les 8 pages. Quand au personnages, ils ne seront pas tous présent à chaque chapitre mais oui, y en aura d´autres :-)
Pour la faute, j´arrive pas à repérer. Tu pourrais me montrer ou exactelment s´il te plait? (sur msn ou içi, peu importe)
Sigurdzwei :d) Ah celui-la est meilleur? je l´ai plus retravaillé, ouais, mais je craignais que ce soit un peu longuet..; enfin d´aprés vos comm ce n´est pas le cas, t

Negatum
Negatum
Niveau 10
21 novembre 2006 à 13:21:34

touche tab:
Tant mieux alors.
Voila, remercie pour vos comm´ :)

(Je sais, double post pour pas grand chose, désolé :( )

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
23 novembre 2006 à 23:12:40

C´est très fâcheux ma foi.
Le premier chapire m´avait littéralement transporté de part son style et son originalité.
Seulement voilà que tout l´effet retombe mollement comme une nouille dans le vent, et c´est bien malheureux.
Je ne sais quoi dire : l´étincelle semble s´être éteinte alors que le feu de l´impatience et que des torrents de lave d´admiration s´écoulaient avec violence sur ... ben en fait je ne sais pas comment finir ma phrase alors là termine par un zeugma, à savoir que je saute cette phrase ainsi que mon borassage de dent (je sais je sors).
Reprenons un instant notre sérieux, le mien en l´occurence. Le scénario n´est plus perceptible est c´est complètement éffacé au profit d´un style et d´une "installation" d´un univers, fascinant lors du premier chapitre, mais hélas lassant dans le second. La tension est retombé d´un coup comme dans un ligne à haute tension après une coupure d´électricité (la corde est prête, laisse moi finir ce com et je me pendrai à mon porte-manteau).
Le protagoniste s´embourbe dans une vague histoire, absolument inintéréssante au passage, à propos de la fermeture d´un magasin et ensuite ça dérape car on ne sait plus trop ce qui sa passe avec le livre.
En fait, j´ai peur de voir un espèce de mélange de "L´histoire sans fin" (somptueux romans au passage) et du film "Richard aux pays des livres" (scénarion très intéréssant) mais le ciment semble ne pas prendre dans ton texte alors que les fondations sont de granit.
J´espère que ta fiction n´est pas un amalgame des histoires citées et que le prochain chapitre réhaussera le niveau car cette fiction possède tout de même un potentiel énorme.
Un dernier détail, tu n´as pas beaucoup de lecture mais n´en prend pas rigueur, j´ai écris EPR alors que j´avais parfois un ou pas de lecteur du tout. Ce faisant je ne demande ni n´attend la suite ; je l´exige !

Sur ce, bonne continuation et félicitation tout de même car le style est excellent.

PS : Et voilà ! Je voulaus juste pondre un petit com tranquille avant de passer la nuti à scanner des docs et me voilà encore avec un pavé.

Negatum
Negatum
Niveau 10
24 novembre 2006 à 00:41:10

Troisiéme tentative de postage. Les deux fois précédentes, mon ordi avait buggé. En espérant que ça ne se reproduise pas...
Merci d´avoir lu donc :)
Pour l´etincelle, je ne sais pas trop quoi te répondre, à part que je m´efforcerai de la faire réapparaitre au prochain post :-( (je m´y attendais en plus à un truc comme ça, il me semblait aussi...)
Pour le scénario, je peux en revanche te rassurer: Il n´a aucun rapport avec l´Histoire Sans Fin ou Richard au pays des livres (enfin, je connais pas ce dernier, mais je crois deviner le scénario vu le titre. En gros c´est un type qui arrive au pays des livres, c´est ça? :o)) ). Si le passage avec Antigone peut y faire penser, c´est parceque l´action se passe du point de vue de Raphaël et que... SI je continue, je devrais spoiler, donc je cesse sans tarder.
Merci encore pour ce joli comm´, et je te souhaite un bon scannage et une bonne pendaison pour cette nuit :-) :o))

Negatum
Negatum
Niveau 10
26 novembre 2006 à 19:29:45

:up:
Désolé, pour l´instant j´arrive pas à pondre la suite. Arrive plus à faire grand-chose d´ailleur, sorry, sorry.

Un nouveau lecteur? :ange:

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
30 novembre 2006 à 09:00:29

J´en étais sûr ! C´est du cinéma :-) !

Negatum, c´est du beurre caramel ! J´aime beaucoup le principe de livre-choral, un livre où l´on suit le destin de plusieurs personnages, on imagine le montage parallèle qui va les mettre en relation. Et l´on pressent bien sûr que c´est le livre qui va les réunir tous. Cette séquence du chapitre 2 est bouleversante d´étrangeté lyrique. Elle s´inscrit dans une ambiance fantasmagorique où le livre devient une entité à part entière, l´objet d´une obsession humaine qui nous touche dans ce que nous avons de plus fragile et de plus dépendant aux mots. Car nous sommes faits de mots. Nos prénoms sont déjà des mots, des choix de mots. Et cette fusion entre le livre et l´homme, entre le personnage et la personne est assurée avec un tact émotionnel qui dépasse de loin tout ce que j´ai pu lire en terme de jeune homme à la littérature.

On sent un plaisir et une culture authentiques, solides, quand tous les personnages des grands auteurs du monde entier défilent, on se croirait à un carnaval (^^) et Raphaël (dont le prénom évoque celui du héros de "La Peau de Chagrin" et qui, en lui-même, connote d´une manière si belle la notion même de littérature, notion colorée et musicale), perdu dans ce maëlstrom, ressemble à un fou perdu dans son asile. Il me fait penser à Vol au-dessus d´un nid de coucous. Sauf qu´il est bien au-dessus encore, on comprend nécessairement la métaphore du titre, cette assimilation entre le mot et l´étoile.

Cette déstructuration de l´individu par la diversité dévastatrice de la passion multiforme pour les livres, faits de pages et d´auteurs infinis, de genres aussi nombreux qu´hétéroclites, eh bien voilà qui a de quoi mettre en relief une réflexion très intéressante sur le rapport du lecteur à l´écriture, sur l´impact du mot sur la conscience. Et ton travail sur le langage (restitution de la pensée par le discours indirect libre, marques de l´obsession, de l´attente angoisée, de la désillusion, de la souffrance charnelle, du papier de livre fait peau humaine...) est bien significatif à ce titre.

La pensée est fait de mots et le langage ne préexiste pas à la pensée. Le langage est le moyen humain qui permet de matérialiser, de concrétiser la pensée. Le langage porte en lui la faculté universelle de conceptualiser, d´imaginer, de supposer jusqu´à son inexistence. Suis-je bien sûr que mon langage est le mien ? Est-ce que je ne parle pas toujours avec les mots d´un autre ? Et cet autre, de qui tient-il ses mots ? Un livre peut-il changer une vie ? etc, autant de questions passionnantes que tes deux premiers chapitres soulèvent non sans une certaine grâce qui touche presque au spirituel.

J´aime beaucoup cette redondance de la chanson, comme une prière, une méditation, un air lancinant qui devient synecdoque de l´obsession, de la frustration de l´homme avide de mots. Mais, précisément, un tel homme, avide de mots, n´est-il pas paradoxalement le plus apte à être vide de mots ? Aucun des personnages du récit, pour l´instant, ne semble capable de s´extirper, de vivre en dehors de la réalité du et des mots. Leur passion les fait fusionner et ils deviennent eux-mêmes objets de lecture (ne sommes-nous pas les lecteurs qui les décryptons ? ne sont-ils pas enfermés dans des mots auxquels tu les condamnes, dans lesquels tu les encercles ? Cette impression d´étouffement, cette peur, cette angoisse de Raphaël, n´est-elle pas celle du personnage angoissé de n´exister que par les yeux d´un autre extérieur au livre dans lequel il est enfermé et dont il ne sait rien ? Cet accès brutal à l´intimité de sa conscience, n´est-ce pas faire violence au personnage et remettre en cause la notion même de personnage ? Comme s´il était dans un système, que tu lui imposes en écrivant, que nous confortons en lisant, dont il souhaite sortir mais par lequel il se fait finalement happer. Et c´est donc une mise en abyme, une double chute dans le gouffre des mots : il est prisonnier par deux fois, et nous sommes doublement son geôlier. Tu poses donc le problème essentiel de la liberté. Ne sommes-nous pas également, nous lecteurs, prisonniers des mots et des idées auxquelles ils nous soumettent ?

C´est une manière indirecte et vraiment passionnante de faire participer le lecteur à une réflexion d´ordre métalittéraire et c´est ce qui m´excite personnellement, ça me donne des frissons dans l´entre-deux jambes, tellement les niveaux de lecture s´entremêlent, se confondent, se superposent et s´enrichissent pour former le mot chef d´oeuvre. Je n´aurais pas l´audace de dire qu´il s´agit d´un chef d´oeuvre tout de suite (trop tard ^^) mais ce début en a toutes les odieuses et charmantes aspérités.

Je suis impatient de voir filer l´analogie entre Antigone et Raphaël, c´est une pièce remarquable qui pose précisément la question de la liberté. Antigone, chez Anouilh, n´est pas le jouet du destin mais décide librement de mourir. Et c´est en cela qu´elle est une héroïne sublime. Mais n´est-elle pas précisément enfermée dans son rôle d´héroïne, comme le passage retranscrit de la pièce, à la fin du chapitre 2, le montre bien ? "Elle sait qu´elle va ÊTRE Antigone", comme si c´était marqué dans ses veines de devoir agir librement. Mais si l´on est contraint d´agir librement, est-on encore libre ?

Intrigue d´impasses et de couloirs labyrinthiques, donc, qui plonge le lecteur dans une méditation aussi fluctuante qu´inachevable. Toutes mes félicitations pour ce monde d´étoiles auquel tu ajoutes une féérie aussi lumineuse qu´un astre nocturne. Le Monde des Etoiles de Negatum rejoint les Etoiles qu´il honore ^^.

Bravo et que le triomphe de la continuation soit avec toi :-) !

:bravo:

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
30 novembre 2006 à 10:34:41

en terme de jeune hommage * à la littérature.

Negatum
Negatum
Niveau 10
01 décembre 2006 à 18:41:43

J´avais même pas répondu, mes plus plates escuses. :(
BOn et ben merci, ça fait drolement plaisir en tout cas d´avoir un commentaire aussi positif, surtout venant de toi :rouge: . En éspérant que la suite soit à la hauteur de ton enthousiaste, mon cher carnavale :ok:

PS: Aha, bientôt la suite, j´ai enfin trouvé comment m´y prendre exactement ^^

Negatum
Negatum
Niveau 10
03 décembre 2006 à 22:34:45

:up:
Bientôt la suite ! :monde:

charly_owl
charly_owl
Niveau 7
03 décembre 2006 à 23:15:20

C´est excellent, tout simplement. Je n´ai certe pas la verve de Carnavale pour exprimer le positivisme que ton texte éveille en moi, mais je partage l´avis d´Ostra sur le chapitre II. Mais bon j´attends la suite, et probablement bien d´autres. Tu jouis d´une popularité qui aide probablement tes textes à avoir la qualité et le nombre de lecteurs recherchés, et ce texte est une belle preuve d´une maîtrise des mots qui rend toute lecture agréable venant d´un de tes textes. M´enfin, la suite!

Negatum
Negatum
Niveau 10
03 décembre 2006 à 23:33:28

merci mon bon charly :-)
Pas trop compris en revanche: TU partage l´avis d´ostramus (qui dit que cette partie est beaucoup moins bien que la précédante) ou de Carnavale (qui pense que cette suite prolonge la premiére voire la dépasse)?
POur la popularité, ben, en fait, je n´en avais que pas ou peu avant. mes deux précédante fic´, le début de l´eternité et le pélerinage des immortels n´avaient pas eu un succés extraordinaire (la 1er ayant un mauvais style et la seconde un mauvais scénario). et pour la qualité, ben, c´est surtout la relecture qui fait ça ^^
Et la suite, aprés demain je pense.

charly_owl
charly_owl
Niveau 7
03 décembre 2006 à 23:36:59

Ben j´ai adoré le premier chapitre, mais le deuxième chapitre m´a un tout petit peu moins impressionné, mais il était quand même très bon, bien mieux.

En tout cas, ouais, t´as raison, moi j´en suis à la phase "Coucou, j´ai posté des trucs mais tout le monde s´en balance!"... Chienne de vie! Où sont passés les pubs subliminales?

charly_owl
charly_owl
Niveau 7
03 décembre 2006 à 23:39:11
  • très bon, bien *entendu*. Maladroit que je suis!
Negatum
Negatum
Niveau 10
11 décembre 2006 à 23:29:08

Finalement l´aprés demain se métamorphosa en semaine prochaine :-)

Bon, voila, désolé du retard, mais j´ai particuliérment travaillé ce passage, bien fignolé comme il faut, bref, je vous laisse lire, les anciens lecteurs comme les nouveaux.

Enjoy! (oopaméjespérepa)

Lumiére!

Paris. Six heures.
Quelques lampadaires grésillent un instant. Les nuées étranglent les tours. La brume se dissipe, le vent hurle, les hommes désertent la ville. Paris-lumière devient Paris-ténèbres.
Estelle, pourtant, avait continué d’avancer. Comme toujours, comme chaque jour. La métamorphose de la capitale ne la surprenait guère. Le temps et l’habitude avait fini par tuer l’étonnement.
Ses pieds erraient, l’un devant l’autre, machinalement, mécaniquement. Ils ne faisaient pas grand chose, d’ailleurs, ils se contentaient de suivre un chemin traversé de long en large des centaines et des centaines de fois, imprimé au fin fond de leurs nerfs, de leurs muscle, de leurs os. L’esprit d’Estelle, lui était ailleurs.
Ses pensées voltigeaient. Elles bondissaient, se faufilaient, plongeaient, effleuraient les souvenirs, réveillaient les espoirs. Mais alors qu’ils osaient se poser sur les rêves les plus fous, un souffle venu du néant les balayaient, les renvoyaient aux frontière de l’imaginaire, dansant avec Estelle une valse infini dans la salle de bal de son âme.

  • Dong. Dong. Dong. Dong. Dong. Dong.*

Estelle avait souri en entendant la douce mélodie de Saint-Bernard. Elle aimait tant le son des cloches ! Quand elle entendaient leur chœur, elle avait l’impression que mille bouches murmuraient mille histoires, milles légendes, milles contes que jamais un homme n’avait entendu avant elle. Mais elle ne les comprenait pas. Et elle ne pourrait jamais la comprendre, la langue magique des clochers et des cathédrales, la langue d’un Dieu de pierre et de cire.
Son sourire s’était élargi. La langue des cloches, se dit-elle. Qu’est-ce que j’ose inventer encore ? Mais, dans son sourire, il y avait un fond de regret, de tristesse, un petit reste d’enfance perdu. La langue des cloches…
Ses pas continuaient leur route, imperturbable. Continuer. Tourner à droite. Puis à gauche. Encore à gauche. Devant l’église. Ensuite tout droit. A gauche. Maintenant, tourner à droite. Traverser, à droite. C’est le 5.
Ouvrir la grille, taper le code, ouvrir de nouveau des portes.
Tu prends le couloir de gauche, oui. Tu monte l’escalier. Voilà. Un, deux, trois, quatre étage. Appartement 16. tu tourne la clé. Et puis tu…

Une musique puissante, lente, terrifiante, engloutit Estelle dans un souffle de décibels. Quelques pensées qui flottaient dans son esprit s’enfuirent au fin fond d’elle même. Les autres périrent, sans un mot, sans un souffle, sans un espoir.
Au cœur de la musique, les notes s’égrenaient, lentes et rapides, grave et l’aiguë, dansant dans les octaves, explosant les partitions, expulsant Dieu au-dehors des cloches et des orgues, pulvérisant la vie des chœurs vibrant qui s’élevaient à l’infini. Une tornade de rondes vomissait des cris rauques et graves, qui descendaient, lentement, descendaient, jusqu’au cœur des enfers. Les blanches hurlaient, explosaient aux quatre coins des tempêtes, supernovae dans une galaxie de noires et de croches qui tournaient, tournaient, tournaient, sans fin. Des trous noirs, silences qui ne l’étaient pas surgissaient soudain, aspirant la mélodie, l’affaiblissant, l’épuisant, avant de la projeter dans une fontaine blanche d’horreur. Des trompettes creusaient leurs tombes. Des pianos fracassés gémissaient leurs souffles d’argent. Des chœurs de cadavres hurlaient de leurs voix d’éternité.
De ce chaos informe émergeait ,lentement, irréversiblement, comme une page qui s’arrache, comme un verre qui se brise, une Symphonie, la Symphonie du Désespoir. Une symphonie grandiose comme la mort, belle comme l’horreur et fascinante comme l’enfer. On aurait dit que les trompettes de l’Apocalypse sonnaient les mortels des terres et des cieux pour l’achèvement de la musique du monde, pour l’ultime combat entre Dieu et Lucifer, pour ce que les prophètes nommaient le Jugement Dernier…
Estelle porta la main à son front. Se calmer, se dit-elle, se calmer. Ce n’est rien, d’accord ? c’est juste une musique. Rien qu’une musique.
Mais les pensées survivantes n’arrivaient pas à prendre le dessus sur la symphonie. La salle de bal était devenu champ de bataille. Les rythmes massacraient les pensées obscures pendant que les pianos ratatinaient les espoirs. Les cauchemar trahissent la cause d’Estelle, et, renforcés par la puissance des trompettes et les trémolos des violons, ils continuait l’hécatombe. Un chœur d’opéra, enfin, montait lentement, comme une stèle noire sur la cendre blanche. Et avec elle s’élevait la haine, une haine pure et vorace, qui montait de plus en plus haut, de plus en plus fort.
Se calmer… Se calmer…
L’esprit d’Estelle chercha fébrilement dans sa mémoire. Il fallait combattre la musique par la musique. Il fallait trouver une mélodie capable de sauver la lumière.
Une petite musique venu des brumes de son enfance lui revint soudain. Vite, le chantonner, avant que…

  • Lumière, Lumière

Tourne lumière
Le soleil va encore
Rencontrer la Terre *
Estelle soupira. C’est bon, c’est fini.
La musique tonnait toujours à ses cotés, mais elle n’était plus si violente, si pénétrante. Estelle la trouva même jolie, l’espace d’un instant. La Symphonie était devenu une petite mélodie charmante.
-Ah, te voici Estelle !
Marc, c’était celui qui venait de pousser la porte du couloir. Grand et large, musclé, encombré de sa présence et de son existence, mal à l’aise, il jouait en permanence avec sa montre, dans un geste sec qui irritait Estelle sans quelle sache pourquoi. Mais cette fois-ci, il semblait plus nerveux que jamais, malgré l’air faussement assuré avec lequel il prit la parole.
-Ta mère et moi nous avons quelque chose à te dire.
Il souriait béatement, comme un gamin coupable une mauvaise farce. Estelle haïssait ce sourire, aussi, elle le haïssait lui en fait.
-Il a raison. On a une grande nouvelle à t’annoncer.
Maman, c’était celle qui était apparue prestement derrière Marc. Grande et fine, belle, calme, froide, distante, majestueuse, imposante. Dans sa fine robe de soirée noire, elle était royale… Comment une femme aussi magnifique pouvait être tombé amoureuse d’un homme comme Marc ?
Les trompettes reprenaient de la puissance. Des milliers de mains tordues frappaient des accords sur des pianos brisés.
-On va se marier.

  • Fortissimo, fortissimo.*

Estelle ne fut guère surprise. Elle avait senti le coup arriver depuis un bon moment. Après tout, Marc et Maman ne vivait-ils pas ensemble depuis quatre ans ? Et pourtant… Ca lui faisait mal, pour papa.
Papa… Voilà sept ans qu’Estelle s’était ruée dans le petit cabinet qui servait de bureau au prestigieux médecin. Voilà sept ans que son cœur avait fait un bond dans sa poitrine en le découvrant. Car il avait un drôle d’air, papa, en se balançant au bout d’une corde noire, les cervicales brisés. Le filet de sang qui coulait de sa bouche et le teint gris de ses yeux paraissaient presque comique, d’ailleurs, papa avait toujours eu un grand sens de l’humour. Et puis, sur la table, il y avait quelques bouteilles et une lettre d’adieu à sa famille, pour achever le tableau. Oui, il avait l’air malin, ce pendu que les mouches dévoraient déjà, ce suicidé qui avait abandonné la vie pour se réfugier aux cotés de Dieu, ce pathétique pistolero qui avait abandonné sa Tour Sombre pour partir au pays du Dix-neuf. Et Estelle qui hurlait, qui hurlait, comme hurlent les voix de la Symphonie, symphonie, qui relançait son attaque avec une violence accrue, accrue par la haine de ce couple stupidement heureux qui se mariait en oubliant Papa, papa, papa…
Se calmer, se calmer… Ne pas se laisser envahir. Chanter.

  • Lumière, lumière,

Tourne lumière
L’ombre va sonner le cor
La nuit est dans l’air.*
Mais malgré la comptine qui la balayait, la Symphonie n’abandonnait pas . Les pianos se déchaînaient, monstres mugissants de violence. La Terre elle-même semblait chanter dans cet orage de puissance.
-Qu’est-ce qu’il y a, Estelle ? Tu… Tu n’es pas contente ?
Tempêtes d’orgues, ouragan de batteries. Des violons, par milliers, qui jouent, qui montent dans les graves et descendent dans les aigus. Papa aimait tant jouer au violon…
Le temps semble passer au ralenti. Les deux amants se regardent. Leurs yeux brûlent d’amour.
D’amour ?
De HAINE ! Le chœur reprit, mais avec une telle puissance qu’Estelle sursauta. Basses, sopranos, ténors et barytons hurlant.
La haine.
Déluge de guitare, de rire et de cris.
La haine.
Le visage de Marc couvert de sang.
La haine.
Son sourire disparu, sa langue arraché.
La haine.
Calme-toi, Estelle, calme-toi bon sang.
La haine.
Tu veux essayer ? Vas-y…
La haine.
Non, non, jamais, non !
La haine
Lumière, lumière tourne lumière
La haine
L’ombre étend son corps et ouvre ses serres
Estelle écarquilla les yeux. Elle semblait prendre soudain conscience de la présence de sa mère et de Marc. Puis, elle eut un rictus déchiré, le sourire de celle qui appuie sur la détente revolver braqué sur sa tempe. Et pourtant ses yeux… ses yeux…
-Estelle !
Marc avait crié.

  • C’est lui qui va te prendre maman ? C’est ce déchet humain, ce sous-homme ? Mais tu ne va pas le laisser faire, pas vrai ? Non, bien sur. Tu va t’en DEBARASSER !*

La voix, puissante, divine, parlait d’une voix ou se mêlait vague, torrent, rivière, océan. Une voix que rien ni personne ne pouvait arrêter.
-Estelle !

  • Cours vers la cuisine, comme ça, oui, vite, très vite, il te suit, très bien, oui oui, continue, voilà. Tu sais, Estelle, le plaisir, celui de tuer, il est, il est vraiment, génial. Tu, tu ne, tu ne veux pas, essayer, essayer ? Aujourd’hui, sonne, sonne, les cloches, les cloches, de la nouvelle ère, celle de la HAINE, la HAINE, Estelle !*

-Estelle !

  • Fonce ! Cours, crie, frappe, mord ! Le couteau, là, ici, dans l’armoire, vas-y, prend ! Celui avec, avec deux cercles, qui, qui se joignent ! Là !*

-Estelle ! Arrête ! Non !

  • Maintenant !

Lumière, lumière
Crie lumière
Frappe quand tu le peux encore
Les ombres te mangent, Lumière.*

:peur:

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
12 décembre 2006 à 14:59:50

C´est...génial, tout simplement. T´es un génie, c´est tout, c´est pas juste d´être aussi doué. Il te faudrait juste un bon bêta-lecteur (ou un bescherelle :o)) ) car il y a quand même de nombreuses fautes de conjugaison. Mais on s´en fout, ça change rien à la qualité de ce chef-d´oeuvre (oh oui maintenant j´ose parler de chef-d´oeuvre, c´est farpaitement mérité :) )

Sigurdzwei
Sigurdzwei
Niveau 10
12 décembre 2006 à 17:56:59

:bravo: :bravo:

Franchement je suis d´accord moi aussi je peux parler de "chef-d´oeuvre" :ok:

antalarion
antalarion
Niveau 11
12 décembre 2006 à 18:03:12

D´après ce qu´ils en disent, c´est bien écrit...mais je t´avouerai que les fautes d´orthogrpahe (celle qui sont ultravisibles) me découragent complètement!

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
12 décembre 2006 à 18:25:04

Il est bien rare de lire sur le forum des textes qui ressemblent à de la littérature.
Il est exceptionnel de constater qu´un texte a pu être rtavaillé.
Il est fort plaisant de lire des merveilles de ce genre.

Negatum
Negatum
Niveau 10
12 décembre 2006 à 21:05:38

Merci à vous 3 :rouge: !
Pas grand chose à dire sinon que je sis trés content que ça vous ait autant plus, et que bon, je considére pas ça comme un chef d´oeuvre tout de même :o)) (Mais ça me dérange pas que vous le pensiez :-p )
Antalarion :d) Je sais, je sais, les fautes sont mon grand probléme... ca fait plusieur mois que j´essaye de régler ça, mais bon, c´est pas facile :( .

antalarion
antalarion
Niveau 11
12 décembre 2006 à 21:33:49

C´est pas un grand problème... mais quand on voit une grosse faute on ´saute´ et tou perd de la fluidité!

:)

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