Voila ma nouvelle fic
(encore, diront certaines mauvaises langues
) Bref, j´ai totalement changé de style, j´espère que cela vous plaira. Enfin, je vous laisse découvrir par vous-même.
€njoy, or not
Les Onze Errants.
Perché sur un arbre demeurait un Ylfïn. Un Ylfïn pas comme les autres, véritablement. Mais avant de vous conter les aventures de Gibraël Kalghot, car c’est comme cela qu’il se nomme, une courte description s’impose. Les Ylfïns sont des êtres étonnants, dotés d’une taille semblable à celle des Hommes. Leurs visage fin aux traits délicatement dessinés sont pourvus de fines lèvres légèrement rosée, semblable à quelques pétales de gerbera. Au-dessus d’un nez discret trône, et cela est un des signes les plus distinctifs de cette race, deux yeux légèrement plissés, dont les iris d’un violet profond resplendissent vigoureusement. C’est d’ailleurs à l’intensité de ces iris que se démarque les Grands Ylfïns des moins érudits. Mais revenons à Mr Kalghot, niché sur la branche de son hêtre. Assis en tailleur, portant dans sa main une lame d’un acier rougeâtre parsemée de milles symboles runiques, il aspirait à quelques méditations. Les yeux clos, le visage serein, il savourait son maigre déjeuner tout en écoutant le chant d’un moineau fort bruyant. Tout semblait pour le meilleur des mondes, chez ce jeune Ylfïn. Mais ne vous fiez pas aux apparences, le visage de ces êtres est totalement impassible. Si un jour vous en rencontrez-un, ne tentez pas de lire quelques sentiments sur son visage, cela est impossible. Car tous ces êtres des Montagnes, et dont Gibraël, n’exprime aucune émotion. Les Nöthrugs content même de par chez eux que leurs cœurs ne battent pas, ou pis, qu’ils n’en ont pas. Ce qui est faux, bien entendu. Car bien qu’ils soient des êtres pour le moins étranges, ils sont tout aussi respectables, de par leurs grandes générosités et leurs savoir-vivres.
Âgé de seulement 18 année lunaire, Gibraël paraissait aussi sage qu’un Ancien. Que ce soit par la couleur de ses iris ou par sa carrure imposante. Depuis maintenant des mois, quelques tourments grandissaient sans cesse au sein de son esprit. Bientôt sonnerait la Grande Célébration des Guerriers, et il se devait d’être rayonnant lors de cette fête. Car il le savait, comme tous les jeunes Ylfïns du Village Rouge, que les plus brillants intègreraient les rangs des Ylfïns Impériaux. Durant des années, il voua corps et âme à un entraînement dur et pénible, et son âme en prendrait un coup si elle devait essuyer une si douloureuse défaite.
Mais l’heure était tardive et Mr Kalghot s’en aperçut en regardant la position du soleil. Lentement, il se leva sur la branche et offrit deux biscuits sec à un écureuil passant par là. Puis de son habilité propre à sa race, il sauta dans le vide tête en avant. Le vent fouettait violemment son visage, qui picotait d’autant plus avec le froid automnale. Constatant la distance entre lui et le sol, il effectua un demi-tour avant et se retrouva pied vers le bas, qui ne tardèrent pas à effleurer gracieusement le sol. Le jeune Mr Kalghot parcourut rapidement une dizaine de lieus, avant d’emprunter un long sentier sinueux et difficile d’accès, dont la pente chutait inlassablement vers le Village Rouge. Gibraël savourait sa balade, comme à l’accoutumée. Il s’arrêtait souvent pour cueillir quelques fleurs jonchant le chemin, se délectant de leurs effluves si exquises. Au-dessus de lui, un soleil crépusculaire flamboyait comme un feu dans son âtre. Tout le ciel détenait à présent une teinte légèrement orangée et les contours de quelques nuages éblouissaient le jeune Ylfïn d’une lumière blanche radieuse. Gibraël bifurqua le long d’un chemin parsemé de rocher, puis arriva enfin près du village. Le Village Rouge. Et ce nom, en ce merveilleux crépuscule, lui allait comme une dent acérée sur un Nöthrug. Niché dans une énorme caverne naturelle, le village était baigné d’une délicate lueur rosée. Le trou béant creusé à même dans la paroi escarpée de la Montagne se voyait protégé par un rideau d’eau lumineux. Au-dessus de la caverne, en effet, coulait un long fleuve qui chutait en cascade devant le Village Rouge. Gibraël afficha un large sourire emprunt à la gaieté. Son cœur battait toujours la chamade lorsqu’il voyait un tel spectacle de la nature. Il sortit de la poche intérieur à sa robe une longue flutte en bois peinte d’un blanc nacré. D’une agilité rare, ses doigts parcouraient avidement l’instrument musical alors que son léger souffle ressortait des interstices en une mélodieuse musique. Le bruit de la cascade émerveillait Mr Kalghot, qui s’arrêtait parfois de jouer pour écouter l’eau dans tous ses états. L’Ylfïn arriva enfin au bout du chemin caillouteux, qui terminait au pied d’une haute colline. Une porte en bois dissimulée derrière quelques lierres se dressait-là, gravée des armoiries des Ylfïns Kalghotiens. Gibraël enroula précautionneusement sa flutte dans un petit carré de velours et la rangea dans sa veste. Lorsqu’il ressortit la main de sa robe, une petite branche en bois se logeait dans la paume de celle-ci. Le tunnel qui mène au village est sombre et long, mieux valait prendre toutes ses précautions. Mr Kalghot ouvrit la porte qui grinça vigoureusement, laissant s’échapper par vague une odeur putride du couloir obscur. Surpris, Gibraël fronça les sourcils, puis regarda derrière lui le soleil se couchait derrière les Plaines Ambrées avant de pénétrer dans le tunnel en refermant la porte:
_ Kalghot Lumi’ïna!
Une sphère blanche éblouissante apparut autour de l’extrémité de la branche de bois. L’Ylfïn exprima une grimace de dégoût tant les effluves furent nauséabondes. Son esprit était chamboulé par milles questions sur la provenance de telles odeurs. Avec un pincement au cœur, il entama le Chemin Noir, comme avait tendance à l’appeler les Ylfïns du Village Rouge, dont la pente s’enfoncer à perte de vue vers le cœur de la Montagne. Plus le jeune Gibraël avançait, plus les effluves s’intensifiaient et plus la peur s’insinuait en lui. Soudain, alors que la pente commença à remonter vers le Village, un cadavre apparut face à Mr Kalghot, baignait dans la lumière magique de la branche. Malgré lui, l’Ylfïn poussa un hurlement d’effroi en reculant de quelques pas. Enveloppé dans une armure en acier scintillante, le pauvre défunt gisait dans une marre de sang écarlate. Mais ce qui choqua d’autant plus Gibraël fût les armoiries gravées sur le casque du mort, qu’il parvenait à distinguer dans la pénombre. Des armoiries à la peinture blanche, de toute évidence différente à celle du village. Puis lorsque il s’approcha du corps inanimé, il découvrit avec horreur la couleur de peau du cadavre. Une peau verdâtre et sans nul doute gluante. Les Nöthrug. Horrifié, Gibraël dégaina de son fourreau son épée ancestrale, puis grimpa aussi vite que ses jambes lui permettaient vers la Porte. Durant sa course folle, il rencontra d’autres cadavres de Nöthrugs, aux visages crispés et tendus. Puis vînt les corps inanimés des Ylfïns, plus près de la porte centrale du village. Avec effroi, Gibraël Kalghot reconnut le suzerain du village, gisant au milieu de quatre autres Ylfïns. Les larmes coulèrent sur les joues de Gibraël, qui, épée en main, parvint à la porte qu’il ouvrit à la volée.
Et le spectacle qu’il vît là fût on ne peut plus terrifiant.
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Je dois avouer avoir eu envie de quitter lors des premières lignes : les interpellations au lecteur dans ce genre de récits ne me plaisent que guère. Je trouve que ça fait un peu trop...conte au coin d´un feu peut-être. En tout cas, je trouve le ton bien trop décalé. Au passage, dix lieues représentant pas moins de quarante kilomètres, je doute qu´il puisse les parcourir "rapidement". Il y a également pas mal de fautes (surtout que le texte est assez court), surtout vers la fin il me semble. Peu de fautes d´orthographe mais des fautes :
-de conjugaison ("comme avait tendance à l’appeler les Ylfïns") Attention aussi à ne pas mettre d´accents circonflexes n´importe où comme "vît"==>vit.
D´ailleurs, petit détail, quand j´utilise "le spectacle", j´utilise fréquemment l´expression "le spectacle qui s´offrit (alors) à ses yeux", valà, c´est un peu plus étoffé qu´un simple verbe. ![]()
-de temps (des présents là où on ne voit pas pourquoi)
-de choix du temps ("fût on ne peut plus terrifiant. "==>"était", on utilisera un imparfait ici)
Cependant, malgré un style que, je l´avoue sans peine, j´aime moins que celui des Neiges Pourpres, l´intérêt augmente vers la fin du texte. D´ailleurs y´a un truc qui me paraît un peu incohérent : dans ton texte tu dis que chez les Nöthrug on raconte que les Ylfïns n´ont pas de coeur (en tout cas, telle qu´est tournée ta phrase, c´est ce que l´on comprend) et là, telle qu´est dépeinte la scène, on dirait plutôt que ce sont les Nöthrugs les brutes épaisses. Mais j´espère que tout ceci va s´expliquer avec la suite.
Enfin bref, j´avoue que je préfèrais ton "ancien" style, mais si tu arrives à développer celui-ci, pourquoi pas...(enfin sauf si les interpellations font partie du style, pour ce genre je trouve que ça l´fait pas, surtout un narrateur qui s´exprime comme nous, ça fait très anachronique. A la limite, que ce soit un mec qui l´ait écrit et que se permette des écarts ok, mais il n´utilisera pas alors d´expressions du 21e siècle)
Valà valà. ![]()
"Perché sur un arbre demeurait un Ylfin"
"Dans un trou vivait un hobbit"
Je ne peux me vanter de me rappeler de l´ensemble de Bilbo le Hobbit, mais il me semble que juste aprés cette phrqse, s´ensuit une description de la dite race de hobbit. Inspiration, clin d´oeil ou c/c?
POur le reste du texte, je suis, comme az´, assez dubitatif. Le cotré décalé employé ne rend pas super, surtout pour une fic qui m´a l´air assez "sérieuse". Je n´ai pas grand chose à dire d´autre aprés le comm´ d´az, donc vala ^^
Bien, bien, bien... J´épurerai donc mon style à la suite prochaine et m´attarderai sur celle-ci pour corriger les erreurs.
Merci d´avoir lu à vous deux
D´autres lecteurs, avant une potentielle suite? ![]()
Bon et bien je poste la fin du premier chapitre donc, c´est pas très long. J´espère que vous appréciez plus que précédemment
Les Nöthrugs livraient une bataille féroce face aux derniers Ylfïns. Quatre ce ceux-ci étaient perchés sur la cime de l’Hêtre, décochant avec ardeur une pluie de flèches sur les assaillants. Poussant un hurlement de rage, Gibraël courut sur une courte distance et se mêla au cœur de l’affrontement. Dans sa course effrénée, il transperça un Nöthrug au niveau de la poitrine, puis hacha la jambe d’un autre. Une fois au cœur de la bataille, il fit tournoyer à une vitesse folle sa lame runique et déversa tout autour de lui une mare d’un sang noirâtre. Parfois, il esquivait une flèche en se couchant au sol, avant de se relever et d’attaquer de plus belle. Il reconnut certains des rescapés, et parmi eux son jeune frère. Alors que le soleil se couchait derrière les plaines et que l’obscurité commençait à s’initier, les derniers Nöthrugs partirent vers la Porte en gémissant. La Bataille était gagnée.
Sous la légère lumière d’un croissant de lune, dans une atmosphère lugubre et palpable, les corps des Nöthrugs furent jetés dans le vide et ceux des Ylfïns placés dans des charrettes. Le fils du suzerain, Prince et nouveau Roi du Village Rouge, rassembla les survivants. Le désespoir emplit de plus belle Gibraël lorsqu’il découvrit qu’ils n’étaient plus que huit. Le Roi Karzak leva les bras vers les cieux et déclara d’une voix attristée:
_ Donnons à nos amis des funérailles convenables. Emportez les sur ces charrettes et dirigeons nous vers le grand cimetière.
Sur ces paroles, tous les Ylfïns participèrent à cette douloureuse tâche. Gibraël et son frère se saisirent d’une charrette et s’engouffrèrent à nouveau dans le Chemin Noir. Gibraël parcourut le tunnel en sens inverse le cœur lourd et les larmes aux yeux. Tant de questions résidaient sans réponse. La porte extérieur s’ouvrit à nouveau dans un grincement, et l’air frais de la nuit le réconforta quelque peu. Le cortège se déplaça vers le cimetière situé non-loin, le Prince devant tenant une torche à la lueur vacillante.
_ H’rokäl, Gibraël et Llorïk Kalghot, creusez donc les tombes de nos anciens amis. Ythraël et Jormondïl, montez la garde et prévenez le reste du groupe en cas de tout danger. Obamïl Keorn et moi-même, nous nous chargeons d’enveloppez les corps dans la soie et de coupez du bois pour le Feu d’Adieu.
Les Ylfïns effectuèrent respectivement leurs tâches, puis se regroupèrent en cercle autour d’un feu crépitant.
_ Que dans le cœur des Ylfïns réside à jamais ce jour noir! S’écria Karzak dont la voix vacillait légèrement à l’image de la lueur du feu. Que nos amis demeurent en paix et qu’ils rejoignent sereinement l’Autre Monde.
Jormondïl et Keorn apposèrent tour à tour tout les corps des défunts, ce qui correspondait à une quarantaine. Puis tous rebouchèrent les trous en murmurant des ultimes paroles à leurs amis ou familles.
Une fois les funérailles terminées, Karzak dégaina son épée dans une gerbe d’étincelle et jura:
_ Nos épées vengeront nos confrères, les Nöthrugs paieront pour cette infamie!
Gibraël vit Ythraël et Jormondïl brandir vers les cieux leurs arcs, H’rokäl et Keorn lever leurs haches puis son frère dégainer son épée en même temps qu’Obamïl, avant de brandir sa propre lame pointée vers le croissant de lune.
Ce texte est certainement d´une meilleure qualité que le précédent. Tu as abandonné le style du premier texte (tu devrais d´ailleur tout réecrire, ça découragera moins les lecteurs)Mais de nombreuses lourdeurs et des oublis d´explication (Ythraël? Jormondil? karzak? Llorik? H´Rokal? kékcékca?) casse un peu l´ensemble. Il y a pas mal de faute, une relecture supplémentaire devrait pas te faire de mal.
Je trouve les passages beaucoup trop rapide, aussi, la bataille est raccourcie, tu devrais rallonger un peu.
Bref, dans l´ensemble,c´est pas brillant. Néanmoins, certaines qualités (une action claire notamment) ressortent du texte. Ne déséspérent donc pas
Bonne chance pour tes autres écrits. ![]()
Merci d´avoir lu Neg´
Un petit
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Je plussoie Neg´ pour à peu près tout ce qu´il a dit. Pour les prénoms, tu aurais pu par exemple expliquer très brièvement dans une proposition incise le rôle de chaque personnage. Parce qu´effectivement, même si ce n´est pas très grave, on est un peu paumé.
La bataille est aussi extrêmement rapide. Et surtout, et ça m´a beaucoup déçu venant de toi, Gibraël apparaît comme une espèce de super-héros : dès qu´il arrive, la bataille est pliée en quelques minutes, et tu le fais tuer au moins cinq adversaires en trois lignes. C´est peut-être pas le message que tu voulais faire passer, mais c´est comme ça que je l´ai ressenti.
Donc voilà, le style est moins lourd que dans la première partie, mais ça reste très largement inférieur aux Neiges Pourpres. ![]()
Merci d´avoir lu, Neg´ et Az´
Voici donc le début du chapitre II, j´espère que vous y trouverez un changement appréciable, ou pas
Chapitre II/ La Route de l’Ouest.
Le groupe nouvellement formé médita sur son sort tout au long de la nuit. Certains proposaient de reconstruire le Village, d’autre d’attaquer à huit contre l’armée des Nöthrugs et d’autre encore, dont Gibraël, de demander l’aide des Ylfïns de l’Ouest avant d’une quelconque vengeance. Et si la raison des Nöthrugs était encore incompréhensible, la rage des Ylfïns n’en demeurait pas moins forte. Alors que l’aube se levait et dévoilait un soleil pâle, la communauté avait prit sa décision. Ils prendraient la route de l’Ouest et rejoindraient leurs confrères des Vastes Plaines d’Or. Karzak envoya Ythraël et Jormondïl chercher quatre chevaux, alors qu’il ordonna à Keorn et Obamïl de se charger des vivres. Pendant ce temps-là, Gibraël parlait avec son frère, tentant de déceler des réponses à ses questions:
_ Les Nöthrugs nous ont attaqué soudainement, s’écria Llorïk, tout excité. De grands bruits bestiales résonnaient du Chemin Noir, puis ils ont pénétré dans le Village, armes au clair. Leurs yeux rouges comme les flammes luisaient d’une lueur mauvaise. Nous autres avons accourus vers la forge et nous sommes munis d’épées et arcs. Puis la Bataille commença. On prenait rapidement le dessus, repoussant les assaillants vers le tunnel. Dans notre élan de rage, nous les avons pourchassés alors qu’ils fuyaient vers la sortie. C’est alors qu’un énorme Troll apparut, un gourdin à la main. Notre bon suzerain fut foudroyé par un coup de la masse, ainsi que plusieurs d’entre nous. Conscient de notre infériorité dans le tunnel, nous avons rebroussé chemin et avons tenus nos postes au Village. Les Nöthrugs revinrent, plus furieux que jamais. Les Archers ont rapidement déstabilisé le Troll, et Karzak l’a combattu avec quelques autres Ylfïns, puis le firent battre en retraite jusqu’au Grand Trou. Nous affrontions les derniers Nöthrugs quand tu es apparus.
Les yeux rivés vers le ciel, Gibraël écoutait le récit de son frère de sang avec attention. Un troll… Comment ont ils pu assouvir un troll? Karzak appela les deux frères, puis les chevaux furent partagés par groupe de deux. Gibraël et Llorïk montèrent sur leur destrier, un grand cheval à la robe noir ébène.
Une fois chargés, les chevaux furent montés et le cortège partit vers les Routes de l’Ouest sous un soleil à peine levé. Le groupe d’Ylfïns arpenta ainsi le flanc de la Montagne jusqu’à ce que les étoiles illuminent les cieux. Enfin, ils s’autorisèrent une halte. Ythraël alluma un feu, et tous s’assirent en rond autour des flammes ardentes.
_ Nous avons enfin traversé la Montagne, s’exclama Karzak en dégainant son épée. Demain, dès le levé du jour, nous emprunterons les Plaines Ambrées, et souhaitons la traverser avant la tombé de la nuit…
Un grand silence plana sur les Ylfïns. Chacun connaissait que trop bien les dangers qui rôdaient dans les Plaines d’Or. Gibraël profita de cette halte pour dévisager ses nouveaux compagnons. Face à lui se trouvait Ythraël, arc à l’épaule. Son visage rude reflétait les flammes dansantes du feu, qui illuminaient ses yeux d’un bleu pâle étrange. Massif et grand de taille, il était sans nul doute le plus puissant de tous. Certains se demandaient pourquoi ne se battait-il pas avec une hache. La réponse était clair. Bien qu’il soit incroyablement fort, il détenait les yeux les plus perçants de tous, et on contait même qu’il pouvait voir la nuit. Cela n’était que légende, bien sur. Son cousin de sang, Jormondïl, était complètement différent des autres. Incroyablement maigre et discret, il détenait une longue chevelure blanche et ses yeux bleus marines inspiraient un certain mystère de la part de l’Ylfïn. Sur sa joue gauche se dessinait une longue balafre, de l’oreille au bas du menton. H’rokäl et Keorn discutaient entre eux, échangeant des propos sur l’efficacité de leurs haches et même le nombre d’ennemis tués grâce à elles. Keorn était très petit de taille, mais détenait un corps large. Une longue barbe blonde tombait le long de son menton et caressait la lame à double tranchant de sa hache. Gibraël le fixa avec curiosité. Les origines de cet Ylfïn n’était pas très clair, et nombres de mauvaises langues l’appelaient même « le bâtard ». Bien sûr, personne n’osa le lui dire en face, chacun connaissant bien la nervosité sans égale de Keorn. Mr Kalghot détourna son regard vers Karzak, nouveau Roi des Ylfïns du Village Rouge; Son Roi. Très jeune pour un suzerain, il dégageait cependant une grande sagesse. Son visage aux traits délicatement dessinés démontraient une grande juvénilité. La lame de son épée brillait de milles éclats devant son visage et dévoilait de nombreux symboles ancestraux.
Les yeux rivés vers les étoiles, Llorik Kalghot, quand à lui, semblait serein. Ses lèvres légèrement rosées s’entrouvraient parfois, laissant s’échapper un murmure inaudible. Soudainement, Karzak rangea sa lame dans son fourreau et frotta ses mains l’une contre l’autre:
_ Ythraël, Jormondïl. Pourriez vous donc chasser quelques gibiers? Il serait idiot de ne pas profiter d’un feu si resplendissant.
Un large sourire s’afficha sur son visage, et les deux archers s’exécutèrent. A pas de loups, ils sortirent du rond des Ylfïns et s’éclipsèrent dans l’obscurité. Gibraël profita alors de ce moment pour éclaircir la situation:
_ Kar… Mon Roi, commença t-il.
_ Non, non. Appelle moi Karzak, comme auparavant.
_ Karzak, continua Gibraël. Connaîtriez-vous les raisons de l’attaque des Nöthrugs…
Cette question lança un grand froid au sein de la communauté. Chacun rivèrent leurs yeux vers le Roi, qui souffla longuement:
_ Les Nöthrugs… Tout d’abord, sachez que leur Roi Falgabas est mort depuis peu. Je ne connais pas les raisons de cette mort soudaine, mais on conte qu’elle n’est pas naturelle. Suite à ce terrible événement, les Nöthrugs plongèrent dans la panique. Falgabas, qui n’avait pas de fils, ni plus aucune famille, laissa un royaume sans héritier. Rapidement, des clans se formèrent dans la Forêt, et se vouèrent une guerre acharnée pour prendre le contrôle du Royaume Vert. C’est grâce à cela qu’ils sortirent de l’ombre et arrivèrent au pouvoir…
Tous les Ylfïns absorbaient les paroles de leur Chef, qui ajouta avec mépris:
_ Les Onze Errants sont de retours et dirigent les Nöthrugs.
Seul le crépitement du feu résonnait en cette sombre nuit. Perdus dans leurs pensées, les Ylfïns virent les deux archers revenir, déposant quelques lapins et un sanglier.
_ Ouah! Ca fait plaisir de voir comme vous êtes heureux! Protesta Ythraël, déçu.
Karzak leur expliqua brièvement ce qu’il venait de dévoiler aux autres du groupe, et tous mangèrent la viande fraîche sans dire mot. Une fois le repas terminé, Gibraël se coucha à même le sol et sombra dans un sommeil tourmenté, emplit de Nöthrugs et de Onze créatures aux silhouettes difformes.
Karzak réveilla la troupe d’aventurier alors que la lune brillait encore dans les cieux. Gibraël, habitué à ne dormir que très peu, se leva d’un bond et réveilla son frère:
_ Debout, Llorïk. Une longue route nous attend, aujourd’hui.
Si Gibraël ne broncha pas, Llorïk râla vigoureusement, demandant des explications à un réveil de nuit:
_ Dans une heure à peine, le jour sera levé. Mieux vaut prendre toutes nos chances de notre côté. Si nous demeurons encore dans les Plaines Ambrées la nuit tombée, il faudra alors instaurer un tour de garde et prier pour que les rôdeurs nous évitent.
Le cheval de Gibraël et Llorïk renâcla lorsque ceux-ci y harnachèrent deux lapins de la veille:
_ Tu vois! Lui aussi n’a pas assez dormi! Ronchonna Llorïk.
_ Tais toi et monte donc, répondit Gibraël tout en s’asseyant sur le cheval d’un bond majestueux.
Les Ylfïns repartirent donc vers l’Ouest, suivant un long chemin qui sillonnait de longues plaines. Soudain, Ythraël cria:
_ Plaines Ambrées, droit devant!
Karzak approuva celui-ci, puis déclara à tous:
_ Formons un carré, que personne ne soit en retrait!
Gibraël se positionna en tête, côte à côte avec Karzak.
_ Fais attention à toi, Gibraël. Des créatures sans scrupule souille ces plaines.
Le cortège s’approcha de plus en plus des Plaines Ambrées, et Mr Kalghot comprit enfin pourquoi on les nommait ainsi. Des herbes sèches et longues de plus de deux mètres se dressaient en rang serrés, aussi bien que lorsque Gibraël y pénétra avec le premier, il ne vit plus rien autour de lui. Seul un rideau d’or s’élevait face à eux, et Karzak usa souvent de sa voix pour vérifier la présence de tous. Au-dessus de leurs têtes, le soleil se levait timidement et baignait d’une couleur ambrée les plaines sauvages. Des bruits étranges résonnaient autour d’eux, et Mr Kalghot entendit son jeune frère demander d’une voix timide:
_ Gibraël… Qu’est ce que c’est?
Mais il n’obtint aucune réponse. Mr Kalghot caressait le pommeau de son épée, prêt à tout assaut. Karzak appela à nouveau tous les Ylfïns par leurs noms respectifs, un par un. Tout le monde était là à quelques mètres les uns des autres, et pourtant, personne ne se voyait. Ainsi, le groupe parcourut une vingtaine de kilomètres, avant que Karzak déclare la voix vacillante:
_ Halte. On fait une pause.
Gibraël entendit son supérieur sauter à terre et dégainer son arme. Il en fit autant, et coupa les Hautes Herbes d’Or autour de lui, jusqu’à ce qu’un large cercle réunissent tous les Ylfïns, telle une clairière dans une forêt incroyablement dense.
_ Nous avons dû faire la moitié du trajet, dit Karzak en extirpant d’un paquetage du cheval une gourde. Le soleil est au zénith, il ne va pas falloir tarder. Mangez donc un morceau, buvez et nous repartirons. Gibraël sortit de son sac la gourde et l’offrit à son frère. Celui-ci secoua le récipient et exprima une grimace:
_ Bois à ta guise, Llorïk.
Gibraël laissa son frère se ressourcer et rejoignit son Roi à quelques mètre de là:
_ Nous savons tous deux que jamais nous n’aurons traversé les Plaines avant la nuit tombée, murmura Gibraël pour que personne d’autre ne l’entende.
Karzak porta la gourde à ses lèvres et but une longue gorgée. Puis il la rangea dans son paquetage et fixa Mr Kalghot, dont les longs cheveux blonds resplendissaient sous un soleil radieux:
_ Effectivement. Cependant, je te prie de ne pas affoler le reste du groupe. Chacun connaît que trop bien les légendes qui courent sur ses Plaines.
_ Légende? S’emporta Gibraël en s’approchant un peu plus de son Roi. Vous savez aussi bien que moi que les Gobelins foulent ces plaines et attaquent tout étranger!
Karzak regarda alentours pour s’assurer que personne n’entende, puis répondit:
_ C’est le seul chemin qui mène vers le Royaume de l’Ouest, tu le sais très bien. Il est impossible de franchir cette plaine en une journée seulement. Je ne dormirai pas ce soir et assurerais la garde.
_ Je serais à vos côtés! Contesta Gibraël, qui tourna les talons en laissant un Roi mécontent de l’attitude de son sujet.
_ Respecte ton Roi, Gibraël, ou tu risques d’avoir quelques problèmes à l’avenir.
Mr Kalghot ne se retourna pas et continua de marcher d’un grand pas vers son frère. Llorïk mangeait à pleines dents un morceau de sanglier de la veille, le visage serein. Gibraël le regarda et se promit que rien ni personne ne ferais du mal à son frère tant qu’il serait encore en vie. Quelques minutes plus tard, tous les Ylfïns regagnèrent leurs destriers avant de s’enfoncer à nouveau dans les Herbes Sauvages. Ils arpentèrent ainsi les Plaines, entendant parfois des bruits suspects aux alentours mais ne s’arrêtant plus jusqu’à ce que la lune daigne se montrer:
_ Arrêtons-nous ici, proposa Karzak qui tira les rênes de son cheval.
De multiples indignations s’élevèrent, et l’on entendit clairement Keorn crier:
_ Vous aviez dit que nous aurions franchis les Plaines avant la tombée de la nuit! Je ne dormirai pas ici!
_ Calmez-vous! Hurla Karzak, qui pour la première fois perdit ses moyens. Je suis votre Roi, et vous ferez ce que j’ordonne de faire! Il nous reste beaucoup de chemin avant de franchir totalement ces Herbes, et il vaut mieux être vigilant cette nuit. Je resterais éveillé, vous pourrez dormir sans crainte.
Les Ylfïns se calmèrent peu à peu, puis finirent par accepter la situation, ne voyant aucune autre alternative. Llorïk, apeuré, demanda à son frère:
_ Est ce vrai? Est ce vrai que des Trolls descendent des Montagnes pour manger tous ceux qui traînent dans les Plaines?
Gibraël esquissa un sourire, avant de répondre:
_ Non mon frère. Les Trolls ne s’aventurent jamais en ces Plaines. Cependant, reste vigilant et ne quitte jamais ton épée. Je suis là, ne t’en fais pas.
Les Ylfïns coupèrent à nouveau les Herbes, formant un large cercle où ils se réunirent tous. Faute de bois, la Communauté demeura dans le noir, mangeant sans grande conviction quelques morceaux de viande sans goût. Alors que des corbeaux coassaient au-dessus de leurs têtes, Karzak se leva et répéta:
_ Vous pouvez dormir en paix, mes amis. Je resterai éveillé et vous informerez de tous dangers. Gardez vos armes près de vous.
A ces paroles, quelques murmures désapprobateurs retentirent, puis tous se couchèrent, la tête calée sur les paquetages. Tous sauf deux.
Gibraël attendit que Llorïk soit endormit pour se lever et rejoindre Karzak non-loin. Les bras croisés, celui-ci regardait les étoiles.
_ Pourquoi ne pas me faire confiance, Gibraël?
_ Sauf votre respect, mon Roi, vous êtes à peine plus âgés que moi et ne détenez pas l’expérience d’un Grand Ylfïn.
_ Mon père m’a inculqué tout ce dont un bon Roi doit connaître. Les valeurs, le respect, l’honneur. Laissez moi vous guider vers le Royaume de l’Ouest, faites moi confiance.
_ Je vous laisse nous guider, mon Roi. Mais je vous prie d’accepter mon expérience, qui, j’en suis certain, ne peut être que bénéfique.
Karzak poussa un long soupir, puis opina:
_ Bien. Restes donc avec moi cette nuit. Tu me porterais au moins compagnie.
Gibraël vit un sourire étinceler dans la nuit, puis les deux Ylfïns se postèrent autour du groupe qui dormait déjà à points fermés.
Moui...alors :
-Y´a clairement du mieux au niveau du style. Etant un adepte des dialogues naturels j´ai eu du mal au début avec les tiens, mais il est vrai qu´un Roi ne parle pas de la même manière qu´un nain bourré.
Et puis on s´y fait très rapidement et, à la fin, on finit même par apprécier. Il manque cependant des descriptions. Tu utilises encore de temps en temps mal quelques formules, ça gêne. Par exemple "_ Mon père m’a inculqué tout ce dont un bon Roi doit connaître" n´est pas français. On dirait "tout ce qu´un bon roi". Il y a également pas mal de faute, de conjugaison notamment.
-Nan, là où ça pêche un peu, c´est sur la cohérence. A moins d´avoir des jets privés ou des super-pouvoirs, on franchit pas une montagne en une seule journée. Ou alors on appelle ça un mini sommet, mais pas une montagne. Surtout qu´elle a pas l´air d´être rien c´te montagne quand même, donc bon. De même que pour tes Plaines, je sais pas en combien de temps tu vas les faire traverser, mais pour être aussi connues et mériter une majuscule, elles doivent faire au moins une centaine de kilomètres. Et on fait pas ça en deux jours, même à cheval. Surtout que vu l´environnement dans lequel ils évolulent (hautes herbes) ils peuvent pas vraiment galoper.
-Tu ne décris que trop peu le voyage je trouve. Je sais, moi j´insiste sûrement trop, mais toi c´est vraiment trop rapide. Tu pourrais parler de l´atmosphère, du paysage, et en profiter pour approfondir les pensées de certains personnages.
Accessoirement, tu mets beaucoup de noms en très peu de temps, et j´ai mis du temps à comprendre que Mr. Kalghot et Karzak, c´était la même personne.
Et aussi, au début le roi dit à Gibraël de le tutoyer, mais celui-ci continue à le vouvoyer pendant tout le voyage, c´est étrange.
Valà, y´a du mieux, mais faut encore bosser. ![]()
Alors... Pour me justifier (du moins ce que je pense justifiable
)
Les Montagnes: Le Village Rouge ne se situe pas au sommet, comme dit précedemment. Il est donc pas imporbable de descendre celle-ci en peu de temps.
Les Plaines: Si elles sont renommées et méritent donc une majuscule, ce n´est pas pour leurs longues mais pour les dangers qui y rôdent
Les descritpions: Le voyage sur la partie des plaines est très difficile à décrire ![]()
C´est toujours la même chose, des hautes herbes dorées...
Merci d´avoir lu
D´autres lecteurs ? ![]()
Pour la Montagne, je pense que tu devrais alors faire une carte car du coup je suis paumé. Je pensais qu´ils devaient GRAVIR la Montagne. Parce que descendre la montagne avec des chevaux, j´peux te dire que c´est pas fastoche, donc en plus, chapeau pour tout faire en un jour.
Si un truc fait trois cents mètres de long, t´auras beau y mettre un repaire d´ours, suffit de piquer un sprint et de traverser le truc. Et puis même, une plaine c´est grand de base, sinon on appelle ça un jardin.
Justement, c´est toujours la même chose. Tes personnages le ressentent aussi, donc tu peux en parler. Ca peut être pour eux l´occasion de se poser des questions par exemple, ou de repenser à certains évènements (meilleure connaissance des personnages). Et toi, ça te fait gagner des caractères.
Voilà. ![]()
Je plussoie Az´ pour la plupart des trucs, et il me semble qu´on va se plussoyer pour la plupart du texte
Il y a pas mal de fautes d´orthographes, ça m´a assez gêné, (MODE VENGEANCE ON: surtout que tu est assez hatif à les repérer chez les autres
).
Les descriptions sont quasi-inexistante, et tu n´arrive pas à nous faire rentrer dans "l´atmosphére" du texte. A aucun moment on ne ressent du sentiment, c´est par exemple l´exact contraire des textes d´apoloJ. Mais j´avoue que là, je sais pas quoi te dire pour t´ameliorer ![]()
Il y a aussi pas mal de rupture de ton , au niveau des dialogues surtout , je crois que c´est vraiment ton point faible.
Au tout début (mais tu vas me dire qu´il faut que je me décide), tu as fait strictement la même erreur que la mienne dans la toute premiére versions du Pelerinage: tu as décrit tout les personnages à la suite, sans nous laisser le temps de souffler, et en plus avec des descriptions trés courte. Non seulement c´est lourd, mais en plus et surtout, tu ne nous "habitue pas" au personnage. On a du mal à assimiler plusieurs persos décrit à la fois, ça nous perds encore plus. A la limite avec des descriptions longues, tu aurait pu nous laisser le temps de nous familiariser avec chaque persos (ce que font beaucoup d´auteur classique, balzac, flauber, hugo et d´autres malades mentaux). Mais là, ça ne le rends pas trop.
J´ai aussi repéré non pas une incohérence, mais peut-être une grave erreur de stratégie de la part de Karzak: POurquoi dit-il tout de go à son peuple que des êtres surpuissants et destructeur vont ravager le monde et eux avec, alors que son but premier devrait être de leur remonter le moral Ne serais-ce qu´un "jen sais rien" serait beaucoup plus diplomate
Enfin voila, j´ai dit beaucoup de défault, comme d´habitude, mais cela reste quand même pas mauvais
Bonne chance.
La suite ![]()
Suite
Alors qu’une légère brise naissante enveloppait le cortège, Gibraël entendit des bruits étranges provenant des Hautes Herbes. D’un pas vigilant, il s’approcha du mur d’or et dégaina son épée. Avec un mouvement gracieux, il la fit tournoyer dans les airs avant de l’enfoncer dans les Herbes, droit devant lui. Lorsqu’il retira sa lame, un corps de Gobelin inerte s’affala sur le sol.
_ Des Gobelins! Hurla Gibraël tout en reculant de quelques mètres.
Soudainement, une multitude de Gobelins sortirent des Herbes et se dévoilèrent sous la lune, armes au clair. Gibraël posa un pied en avant et se mit de côté. Un des êtres l’attaqua sans prévenir, l’Ylfïn para sans difficulté, avant d’envoyer une riposte qui n’atteignit jamais sa cible. Le Gobelin repartit à la charge, et Gibraël effectua un saut de côté avant d’enchaîner avec un rapide coup de lame dans l’occiput de son adversaire. Dans un bruit d’os brisé, le Gobelin se coucha sur le sol, une marre de sang à ses côtés. Gibraël vit qu’autour de lui, tous les Ylfïns se battaient férocement contre les créatures souterraines. Alors qu’il se souciait de la situation de son jeune frère, Gibraël reçut un coup violent au niveau de la jambe gauche. Blessé, il posa un genou à terre et reçut un coup de botte en fer dans le visage. Sous le choc, il sentit sa mâchoire se déplacer quelque peu. Une tête verdâtre se pencha devant lui, il en profita pour envoyer un coup de boule dans le nez du Gobelin. Puis il se releva, ramassa sa lame et planta l’être de la nuit au niveau de la poitrine.
_ Gibraël!!
Un frisson glaciale parcourut l’échine de Gibraël. La voix était celle de Llorïk. D’un bond, il para la hache d’un gobelin et se retrouva face à son frère, couché au sol. Un énorme Gobelin se tenait sur lui et lui envoyait une multitude de coup de poing. Dans un hurlement de rage, Gibraël courut et lança un coup de pied dans le visage du gros Gobelin, qui tomba à la reverse. Llorïk se releva, brandit son épée et transperça la gorge de son adversaire, le dernier Gobelin. Essoufflé, les mains sur les genoux, Karzak demanda d’une voix faible:
_ Tout… Tout le monde va bien?
Personne ne répondit. Gibraël arracha un pan de sa robe et enveloppa soigneusement sa jambe dans le tissu autrefois blanc. Llorïk, quand à lui, s’aspergeait le visage d’eau et lavait ses blessures. Tout le monde avait l’air de ne pas être trop mal en point, si ce n’est Keorn, qui était encore au sol. Karzak s’approcha de lui et posa un genou à terre:
_ Keorn?
L’Ylfïn se tourna à demi et laissa apparaître une large entaille sur son flanc gauche. Un sang écarlate en coulait avidement et se répandait sur le sol.
_ Gibraël! Appela Karzak
Mr Kalghot s’approcha de son Roi et comprit ce qu’il devait accomplir. Il apposa ses main l’une contre l’autre et éructa quelques paroles incompréhensibles aux autres. Puis il posa sa main droite sur la plaie béante de Keorn et celle-ci se referma peu à peu, jusqu’à ne laisser qu’une grande cicatrice.
Gibraël répéta la même prière et apposa sa main droite sur son entaille à la jambe gauche. La plaie se referma vivement, mais la douleur persista. Tous les Ylfïns plongèrent dans un silence de mort, reprenant leurs esprits peu à peu. Un tas de Gobelins jonchaient le sol, répandant un liquide vert sombre répugnant. Une odeur nauséabonde s’élevait des corps inertes et faisait grimacer Llorïk, qui marmonna:
_ Comment peut-on vivre avec une telle odeur ?
Karzak rangea son épée dans son fourreau et dégagea les corps de la clairière, alors qu’Ythraël et Jormondïl arrachaient leurs flèches des corps inanimés. Aucuns Ylfïns ne referma un oeil durant toute la nuit, et c’est avec une grande fatigue, tant morale et physique, qu’ils virent le soleil apparaître dans les cieux, flamboyant à ses premières heures. Chacun remonta alors sur son destrier, et Gibraël éperonna son cheval avec vigueur. Avec une grande lassitude, le cortège pénétra à nouveau dans les Herbes denses et retrouvèrent bien vite le rideau d’or qui s’étendait devant eux à perte de vue. Durant le trajet, Gibraël entendait avec amusement la conversation animée entre Keorn et H’rokäl, qui débattaient ardemment sur le nombre de Gobelins tués par leurs Haches. Karzak, en tête de groupe, resta muet jusqu’à la prochaine halte.
L’air frais de l’automne enveloppait les Ylfïns et l’on entendait fréquemment Llorïk râlait sur les conditions du voyage. Un coup ce fût le froid qui ne convenait pas, un autre la faim, qui tenaillait d’ailleurs tout le groupe, ou bien encore une selle trop inconfortable. Alors que le soleil commençait à décliner derrière les Montagnes de l’Est, la Communauté des Ylfïns vit avec une grande joie la fin des Plaines Ambrées. Les dernières Herbes d’Or furent franchies dans la bonne humeur de tous. Llorïk gesticulait en permanence, brandissant des poings et criant sous l’effet de l’excitation. Keorn déclara avec amusement qu’il regrettait quelques peu de quitter ces lieux; il ne pourrait plus hacher du Gobelin tout menu. Derrière les Plaines d’Or s’étendait une vaste forêt dont les cimes des arbres semblaient caresser le ciel; la Forêt des Mystères. Karzak vira sur sa gauche et partit au galop, suivit de tous. Enfin, alors que l’obscurité chassait les derniers rayons de l’astre du jour, ils parvinrent à un petit ruisseau au cours rapide. Tous sautèrent à terre et remplirent leurs gourdes, avant d’avoir pris soin de se laver le visage. Gibraël vit quelques poissons frétiller en surface de l’eau claire, et il regretta amèrement de ne pas posséder un filet ou autre stratagème pour les attraper. C’est donc au coin d’un petit ruisseau jonchant les Plaines Ambrées que la Communauté s’autorisa une pause, jugeant préférable de pénétrer dans la forêt seulement une fois le jour levé. Dans ce vaste paysage, quelques arbres se dressaient-là, solitaires et perdus. Keorn et H’rokäl n’attendirent pas longtemps avant d’en abattre certains et de faire un grand feu pour réchauffer tout le groupe. Alors que Gibraël décrochait les deux lapins de son cheval, Karzak sortit d’un de ses paquetages un petit filet fait de lierres entrelacées:
_ Et si nous goûtions un peu de ce poisson?
Avec un sourire aux lèvres, il se dirigea vers la rive escarpée et prit soin de ne pas tomber à l’eau, avant de jeter son filer dans l’étendue miroitante. D’un geste habile, il releva le filet à contre-sens et dévoila au clair de lune une demi-douzaine de poissons frétillants. Obamïl et Ythraël se chargèrent de tuer les poissons en les frappant violemment contre un rocher, puis les empalèrent par la gorge à des branches. Le repas se passa dans la joie et la bonne humeur, chacun savourant sa part de lapin et de grand poisson du ruisseau.
Gibraël fut réveillé par un matin particulièrement humide et frais. Une légère rosée tombée il y a peu le fit frissonner. Les étoiles brillaient encore dans le ciel quand Gibraël se leva et s’aspergea le visage d’une eau glaciale. Profitant de la solitude qu’il chérissait tellement, il se dirigea d’un pas rapide vers un grand hêtre seul et grimpa celui-ci avec une grande agilité. Sautant de branche en branche, il atteignit rapidement le sommet de l’arbre et s’assit sur la plus haute branche, savourant le levé du soleil. Les yeux rivés vers l’horizon, le cour battant, il vit une lumière de feu apparaître petit à petit, puis engloutir peu à peu tout l’horizon et enfin se lever, dans une nuance de couleur jaune et rouge, le Seigneur de la Lumière. Ses yeux bleus furent légèrement éblouis, mais s’accoutumèrent bien vite à la vive lumière de l’astre du jour. C’est alors qu’il entendit des voix résonner en contre-bas. Karzak et Cie étaient certainement réveillés. Effectuant de multiples bonds et acrobaties, Gibraël redescendit de son perchoir et posa un pied sur le sol. Non-loin, les Ylfïns venaient de se réveiller et dévoraient les restes de la veille. Gibraël s’approcha en regardant avec dégoût les restes s’envoler:
_ Ne t’en fais pas, dit Karzak, comme s’il avait lu dans ses pensées, la Forêt regorge de nourriture.
Gibraël opina poliment, puis s’assit à côté de son jeune frère. Ses dents acérées arrachaient des morceaux de lapin, alors que Mr Kalghot entama:
_ La Forêt des Mystères, Llorïk, est emplit de créatures dangereuses. Peu de gens troublent le calme de celle-ci, et les voyageurs sont très rarement les bienvenus. Ne t’éloignes jamais des autres et ne te sépares jamais de ton épée.
Llorïk lança un bref « oui », jeta les os du lapin dans le ruisseau et se leva pour rejoindre le cheval. La troupe des Ylfïns repartit donc, reposés et prêt à affronter les mystères de la forêt. Ils empruntèrent un long chemin sinueux, qui descendait sans cesse vers l’amas de chênes, de boulots et de platanes. Alors que le chemin sillonnaient à travers un vaste champ en pente douce, Llorïk questionna:
_ Où étais-tu ce matin, frère? Je me suis réveillé et tout le monde te cherchait. Seul Karzak a déclaré qu’il fallait avoir confiance en toi. Bien sur, je savais que jamais tu m’abandonnerais, mais je me posais des questions.
_ N’ai crainte, Llorïk. Je ne suis jamais loin. J’étais simplement… réveillé avant les autres, et en ai profité pour être un peu seul. Tu sais combien la solitude est importante à mes yeux.
Llorïk répondit doucement, et les deux frères replongèrent dans un silence profond. Gibraël regardait avec merveille les différentes fleurs qui jonchaient le sentier, passant des grandes gerbera aux pétunias, et même des tulipes à la mine renfrognée apparaissait à certains endroits. Aussi étrange que cela puisse paraître, les fleurs ne semblaient pas atteintes par l’automne en ces lieux. Peu à peu, la Forêt se rapprochait et inspirait une certaine fébrilité chez la part de tous. Ces lieux faisaient certainement partis des moins connus, et Dieu seul sait quelles créatures y rôdent. Lorsque la Communauté atteignit l’orée des Bois, Karzak tira sur ses rênes et tous s’arrêtèrent quelques instants. Le vent qui soufflait dans la Forêt ressortait en un chant mélancolique et peu accueillant. Gibraël fixa les ténèbres face à lui, et il aurait juré voir de grands yeux de couleurs rouge regarder dans sa direction. Une brise glaciale provenant des bois enveloppa soudainement le groupe des Ylfïns en un souffle puissant. Personne ne dit mot pendant quelques secondes, jusqu’à que Karzak prenne la parole:
_ Il n’y a pas d’autres chemins pour rejoindre le Royaume de l’Ouest. Restons groupés et solidaires, tout ira bien. Gibraël!
Mr Kalghot éperonna sa monture et se plaça aux côtés de Karzak. Celui-ci ajouta dans un murmure:
_ Restes près de moi. Tu veux partager ton expérience? Alors fais le.
Puis le Roi du Village Rouge s’enfonça dans la Forêt des Mystères, suivit de près par le reste du groupe.
La cime des arbres denses opaque empêchait toute lumière de traverser. Un chemin étroit et caillouteux sillonnait entre les grands arbres et semblait ne jamais se terminer. La Communauté l’emprunta, tous leurs sens aux aguets. De grandes lierres sombres enveloppaient les troncs et pendaient par endroit, créant une atmosphère sinistre et lugubre. Des entrelacs de ronces se dressait un peu partout dans les bois, bloquant parfois le chemin et obligeant le groupe à contourner l’obstacle. Parfois, un sanglier traversait à la hâte le passage qu’empruntait le groupe, avant de se cacher à nouveau dans les ténèbres des bois. Souvent, Ythraël encocha une flèche, puis la rangea à nouveau dans son carquois avec rancœur. Gibraël jetait souvent des regards de tous côtés, caressant le pommeau en acier de son épée. Il sentait, il savait que quelques créatures les observaient. La verte lumière qui se dégageait habituellement d’un bois était ici sombre et repoussante, et lorsque la nuit tomba, le spectacle offert par ceux-ci était encore pis. Les Voyageurs se dirigeaient grâce à leurs yeux perçants, mais eux-mêmes avaient du mal à définir clairement la Forêt. Soudain, alors que le cortège avançait à faible vitesse, une flèche trancha l’air et perturba la tranquillité de la Forêt. Le groupe découvrit une dizaine de mètres plus loin un sanglier mort, une flèche plantée dans le flanc:
_ Établissons un camp ici, proposa Gibraël, qui tira sur les rênes de sa monture.
Le teint de Karzak vira au violet, mais celui-ci finit par approuver la décision de son « second ».
_ Bien. Cependant, nous n’aurons pas de feu. Cela risquerait de porter la malveillance de quelques créatures sur nous.
La troupe des Ylfïns accrochèrent leurs chevaux à un vieux chêne à l’aide de corde, puis regardèrent avidement le sanglier qu’ils ne pouvaient manger sans feu. Ythraël ragea à plusieurs reprises, protestant d’avoir enfin touché sa cible et de ne pas pouvoir en profiter. Gibraël sortit sa gourde, but une longue gorgée et passa celle-ci à son frère, avant de déclarer:
_ Je vais chercher dans la Forêt quelques baies et mûres.
_ Je t’accompagne, répondit immédiatement Karzak, la mine renfrognée.
Gibraël accepta, et les deux Ylfïns quittèrent le sentier, s’engouffrant dans l’obscurité de la Forêt des Mystères.
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Aha... ça s´améliore clairement. Surtout le début de ce passage je dois dire, dans la dernière partie y´a plus de fautes notamment. Mais bon. En fait, ne fais pas confiance au correcteur automatique : il ne détecte pas les fautes de conjugaison, sauf les trucs énormes. Par exemple "la troupe des Ylfïns partirent", c´est faux parce qu´il faut accorder avec "la troupe", donc au singulier. Et ça, le logiciel ne le voit pas.
Mais à part ça c´est du tout bon. Enfin bon y´a encore quelques problèmes scénaristiques à mon goût : si ton Gibraël y peut soigner tout le monde, y´aura pas grand intérêt à suivre les batailles vu que les morts seront impossibles. Et si ça le fatigue, ben alors faut préciser, hein.
Mais bon ça, on l´verra avec la suite, hein?
Et sinon il me semble avoir vu un autre truc mais ch´ais pu c´que c´était donc ben...
Enfin bref, la suite? ![]()
Merci à toi, Ô fidèle lecteur
Je tiens quand même à dire que les autres peuvent lire cette fice, parsque j´ai qu´un lecteur là, c´est la première fois
Bref, en tout cas, je continue
Suite et fin du chapitre second.
L’air était saturé et encore plus humide hors du sentier principal. Les deux Ylfïns avançaient à grands pas, se frayant un chemin parmi les ronces et les buissons épineux. Gibraël jetait de plus en plus de regards autour de lui. La sensation d’être observé augmentait au fur et à mesure qu’il s’éloignait dans les profondeurs de la Forêt. Soudain, un craquement sonore se produit dans son dos. L’Ylfïn se retourna vivement et vit tomber d’un arbre une petite branche. Le cœur battant, Gibraël s’approcha du hêtre à l’origine de ce bruit suspect et scruta les hauteurs de l’arbre en plissant les yeux. Il aurait juré voir une silhouette se déplacer furtivement:
_ Dépêche-toi, Gibraël! Dit Karzak au loin. Je ne veux pas rester longtemps dans ces bois sans nos compagnons!
Gibraël fixa encore quelques temps le haut de l’arbre aux feuilles denses, puis fit volte face et rejoignit son Roi à la hâte. Rapidement, les deux Ylfïns trouvèrent une multitude de mûres qui décoraient un petit amas de plantes. Gibraël et Karzak décrochèrent les fruits et les entassèrent dans un petit panier formé d’un entrelacs de paille:
_ Ca suffira, déclara Karzak, fixant le maigre contenu du panier.
_ Certainement pas, répliqua Gibraël d’un ton sec. On continue.
Mr Kalghot enjamba un buisson massif et reprit sa traversée à travers les bois. Dans son dos, il entendait Karzak murmurer des paroles incompréhensibles, pourvus d’un grognement rageur de temps en temps. Lorsque Gibraël voulut virer vers sa droite, il aperçut non-loin, cachés à demi derrière un bosquet fleuri, des champignons qu’il connaissait fort bien. Le sourire aux lèvres, il se rua sur sa trouvaille et déracina huit champignon Grands Jaunes, comme on les appelait de par chez lui. Ceux-ci étaient bien connus de tous les amateurs de champignons pour leurs goût succulent. Avec une certaine fierté, Gibraël appela son Roi et lui fit signe d’approcher:
_ Des Grands Jaunes, s’exclama t-il avec vigueur.
D’un œil intéressé, Karzak prit dans sa main un champignon et l’examina largement. Enfin, il le reposa en soufflant et répondit:
_ On ne peut les manger sans les faire cuir. Or, on n’a pas de feu.
_ Les Grands Jaunes sont connus pour être comestible sans être bouillis. Nous aurons un repas pour ce soir, aussi maigre soit-il.
Les deux Ylfïns rebroussèrent chemin en écoutant les bruits étranges de la Forêt. Alors qu’un hurlement bestial résonna dans les bois, Karzak demanda avec une certaine peur:
_ Quelles créatures rôdent dans ces bois, à ton avis?
_ Certainement des loups. Mais je pense que quelques Gobelins doivent se réfugier ici parfois, une fois sortis de leurs cavernes pour chasser et se nourrir. Espérons simplement que les Ours Noirs n’ont pas élus domicile en cette Forêt.
Un frisson glaciale parcourut l’échine de Karzak, qui ne dit plus mot jusqu’à qu’ils rentrèrent au modeste camp. A peine Gibraël apparut dans le champs de vision de Llorïk que celui-ci cria:
_ Vous avez trouvé de quoi manger? Des mûres? Des fraises des bois? Des baies comestibles?
_ Nous n’avons qu’une poignée de mûres et huit champignons Grands Jaunes.
_ Quoi? Mais qu’est ce que je vais manger? Ces champignons ont un goût infect!
_ Ces champignons sont délicieux, alors assieds toi et mange en silence.
Gibraël s’assit dos contre le tronc d’un arbre à la lisière du chemin et mangea son Grand Jaune. La particularité de ces champignons était leur petit goût sucré fort appétissant. L’Ylfïn, une fois son champignon mangé, piocha quelques fois dans le panier pour en extirper des mûres. Une fois leurs repas engloutit, tous les Ylfïns se calèrent du mieux qu’ils purent et s’endormirent profondément. Tous sauf Karzak et Gibraël, qui ne dormaient que d’un œil.
Quelques rayons du soleil matinaux parvinrent à pénétrer dans la forêt et réveillèrent le groupe des Ylfïns. Tous se levèrent rapidement et détachèrent les chevaux, avant de reprendre une longue route. Gibraël se sentait épuisé; cela faisait maintenant plusieurs nuit qu’il ne dormait qu’à moitié. Llorïk, quand à lui, était de très mauvaise humeur ce matin-là. Il râlait sans cesse sur son envie de manger et hurlait souvent lorsqu’il voyait un animal passer non-loin:
_ Arrêtes d’hurler, Llorïk! Gronda Gibraël, à vif. Cela ne sers à rien de tuer ces animaux, nous n’allumerons pas de feu!
Frustré et surpris, le jeune frère de Gibraël se tût et regarda d’un œil sombre le paysage lui même obscur. Durant le voyage au cœur de la Forêt des Mystères, Gibraël posa de nombreuses questions à son Roi:
_ Dans combien de temps estimez-vous que nous franchirons ces sombres Bois?
_ Demain au crépuscule, peut être. Si nous maintenons cette vitesse.
Gibraël soupira avec tristesse. Ils allaient devoir passer une nuit de plus en ces lieux.
_ A combien de jour serons-nous du Royaume de l’Ouest, une fois sortis de la forêt?
Karzak se caressa longuement le menton, avant de dire d’une voix incertaine:
_ Trois jour, pas plus.
Gibraël regarda au-dessus de sa tête, perdu dans ses pensées. Une goutte tomba sur son fin visage, suivit d’une autre et encore une. Rapidement, une pluie puissante traversait les cimes denses des arbres et chutaient au sein de la Forêt vigoureusement. Tous les Ylfïns rabattirent leurs capuchons sur la tête et ragèrent d’un destin contre leurs faveurs. En peu de temps, tous étaient trempés jusqu’au os et la situation était telle qu’il fallait absolument faire une halte. Après une longue conversation animée, Karzak décida finalement de faire un feu, en dépit de l’avis de Gibraël et de tous les dangers qui rôdent alentours. Keorn et H’rokäl coupèrent du bois et allumèrent celui-ci avec leurs briquets propre aux Ylfïns. Une fois le bois entassés au milieu de tous les êtres des Montagnes, Keorn approcha son briquet et appuya sur une gâchette. Une flamme bleue magique en sortit et alluma un feu crépitant qui résista tant bien que mal aux dernières gouttes de pluie. Tous s’approchèrent des flammes et furent ravis de sentir enfin une chaleur depuis longtemps oubliée. Gibraël aussi profita du feu, bien qu’il râla encore de cette initiative:
_Je préfère trembloter de froid et attraper un vilain rhume plutôt que d’attirer sur moi toutes les mauvaises gens!
_ Profites du feu et cesse donc de geindre, Gibraël! Répondit Karzak de sa voix autoritaire. Et maintenant que ce feu est allumé, Ythraël et Jormondïl, pourriez-vous nous rapporter des gibiers ?
Les deux archers opinèrent avec joie et s’enfuirent dans les profondeurs de la forêt.
Gibraël profita de ce moment pour dégainer sa lame et en observer les signes gravés. Un hêtre y été incrusté profondément, symbole de tous les Ylfïns. Un peu plus en dessous, entouré de flammes resplendissait sous la lueur du feu un œil vif et fin; le symbole de la Magie. L’épuisement de Gibraël se faisait de plus en plus lourd, tant à cause de la fatigue accumulée par un manque de sommeil certain que par l’emploi de sa Magie il y a de cela deux jours, dans les Plaines Ambrées. Lorsqu’il avait guérit la plaie de Keorn et la sienne, il avait usé largement de son pouvoir et il en ressentait encore les conséquences. A chaque fois qu’il usait de celle-ci, c’était comme s’il laissait s’échapper une partie même de son essence. Il avait l’impression de se vider intérieurement, et lorsqu’il en abusait, il sombrait souvent dans le coma.
Une vingtaine de minutes plus tard, Ythraël et Jormondïl arrivèrent en courant, le souffle court. Ils portaient sur leurs épaules un renard, trois lièvres et un lapin. Apeurés, ils jetèrent les gibiers près du feu et déclarèrent en balbutiant:
_ On… On est poursuivis!
Karzak se leva d’un bond et dégaina sa lame au clair. Keorn et H’rokäl ramassèrent leurs haches et la maintinrent fermement dans le creux de leurs mains.
_ Qui nous poursuit? Demanda Karzak en criant à demi.
_ Des… Des…
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase.
Une dizaine de loups sortirent des buissons et attaquèrent sans prévenir les Ylfïns. Gibraël se releva à la hâte et enfonça profondément sa lame dans la gorge d’un des loups. Alors qu’il retirait son glaive, une seconde bête sauta sur lui et le fit tomber à la renverse. Par réflexe, Gibraël se servit de son épée comme une barrière, une main sur la lame et l’autre sur la poignée. Grâce à celle-ci, il parvint à maintenir la gueule de l’animal munis de crocs incroyablement acérés hors de portés de son visage. Mr Kalghot vit au fond des yeux du loup une lueur mauvaise, une lueur bleuâtre menaçante. Comme si des flammes glaciales flambaient au creux de ses pupilles dénuées d’iris. Le loup aboyait violemment et rapprochait de plus en plus sa mâchoire de Gibraël. Le cœur battant, celui-ci cherchait une solution, mais rien ne semblait pouvoir le sortir d’affaire. Alors que les crocs de la bête n’étaient plus qu’à quelques centimètres de la gorge de Gibraël, le loup valsa avec violence quelques mètres plus loin en gémissant. Obamïl se tenait là, la main tendu vers Mr Kalghot. L’Ylfïn agrippa la main de son ami et se releva, avant de se relancer dans la bataille. Lorsque, épée brandit, Gibraël allait frapper de sa lame un loup menaçant, il remarqua que les animaux se tenaient toujours à distance respectable du feu. Dès qu’un Ylfïn reculait vers les flammes, la bête n’osait pas s’approcher plus. Comment n’y avait-il pas pensé plus tôt? Gibraël s’approcha du feu, s’assurant ainsi une légère protection. Puis il joignit ses mains l’une contre l’autre et entama un chant ancestrale. Sa prière s’éleva dans la forêt et résonna dans les profondeurs de celle-ci, comme une chanson aux pouvoirs extraordinaires. La douce mélodie s’envolait vers la cime des arbres et s’échappait en une douce musique, touchant la curiosité des loups qui arrêtèrent un instant l’assaut. Les yeux rivés vers Gibraël, ils virent l’Ylfïn terminer son chant, s’accroupir près du feu et poser une main sur celui-ci. En moins d’une fraction de seconde, tout son corps fut léché par les flammes rougeoyante. Une lumière flamboyante émanait de lui, vive et menaçante. Les loups reculèrent de quelques pas, hésitant, avant de retourner se réfugier dans l’obscurité.
Peu à peu, le feu qui enveloppait Gibraël sans le brûler disparut, et un calme pesant tomba sur la Forêt. Karzak regarda avec attention Mr Kalghot, puis entama d’une voix surprise:
_ Comment as-tu appris ce sort? Il n’est destiné qu’aux Grands Ylfïns.
_ Je devais être élu Grand Ylfïn le jour où les Nöthrugs ont saccagés notre bon Village.
Le reste de la soirée se déroula « normalement », sans aucune autre attaque de quelques animaux. Les lièvres furent cuits, tout comme le lapin et le renard. Enfin, et ce depuis longtemps, le repas fut copieux et les Ylfïns savourèrent leurs viandes:
_ J’en ai eu deux! S’exclamait Keorn, hache brandit.
_ Trois pour moi! Enchérit H’rokäl le visage rayonnant.
_ Fermez là donc! Ricana Llorïk, tout en portant à sa bouche un morceau de renard, mon frère en a eu certainement le double. Pas vrai Gibraël?
L’Ylfïn de répondit pas de suite. Il avala une des pattes du lapin, jeta l’os dans les flammes et commença:
_ Je n’en ai tué qu‘un seul. Et si Obamïl n’était pas des nôtres, je ne serai certainement plus la.
Tous rivèrent leurs yeux sur Obamïl, certainement le plus discret de toute la troupe. Son visage rude et ses cheveux ébouriffés créaient en lui une impression peu sociable. A la lueur des flammes luisaient deux iris d’un violet profond et détenant mille mystères. Sous le regard ébahis de Karzak, Obamïl déclara d’une voix solennel:
_ Je ne suis là que pour vous protéger, vous et les vôtres.
Karzak posa sa part de gibier, furieux, alors qu’Obamïl ajoutait:
_ Maître…
_ N’es tu pas là pour protéger ton Roi! Hurla Karzak en se levant, piqué au vif.
_ Je suis là pour protéger notre dernier espoir, notre représentant.
_ Et quel plus grand représentant qu’un Roi! Cria Karzak, dont le teint virait au rouge.
Un silence de mort plana sur la troupe des Ylfïns. Keorn et H’rokäl stoppèrent leur discussion animée, Ythraël et Jormondïl cessèrent de parler d’arcs, et même Llorïk interrompit une chanson joviale qu’il venait d’entamer. Gibraël, quand à lui, gardait les yeux rivés vers le feu. Obamïl se leva, dégaina son épée et entama:
_ Je suis ici pour servir le dernier des Grands Ylfïns, le plus sage d’entre nous. J’offre mon épée et promet de défendre notre magicien jusqu’à que la mort me prenne.
Obamïl posa un genou à terre face à Gibraël, qui connaissait que trop bien le protocole. Sous l’œil noir de Karzak, Mr Kalghot se leva à son tour, posa une main sur l’avant bras d’Obamïl et commença une prière. Les murmures incompréhensibles de Gibraël sonnaient gracieusement, prononcés dans la langue la plus ancienne de ce monde. Lorsqu’il eut terminé son chant et ôté sa main, un œil entouré de flammes resplendissait sur l’avant bras d’Obamïl. Un serment inviolable, le plus ancien du monde, venait d’être prononcé.
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Bon, et bien...plutôt bien, ma foi. Toujours pas mal de fautes, faut vraiment être plus attentif à la relecture. A part ça, toujours un souci de cohérence : tu te rends compte de ce que c´est, cinq proies en vingt minutes? Je veux bien qu´ils soient doués, mais vingt minutes, en comptant l´aller, le retour et le temps de chasse, c´est limite suffisant pour une seule bestiole. Alors cinq...nan c´est beaucoup trop énorme.
A part ça, je ne crois pas avoir relevé grand-chose, j´aurais bien dit que buter dix loups en étant crevés est impossible, mais t´as trouvé une solution alternative beaucoup plus intéressante.
La scène de serment n´est pas mal non plus d´ailleurs, dans l´genre "maintenant le groupe y va plus être uni"^^
Bon, prêt pour ce soir? ![]()
:s J´ai corrigé les fautes, mais effectivement, je relirais deux fois maintenant
Quant à l´incohérence, je sais pas trop... ´Faut rapeller que c´est pas des humains et qu´ils voient la nuit comme le jour. Mais c´est peut être un peu gros, effectivement.
D´autres lecteurs? (même si j´y crois presque plus du tout
)
Suite!!
Voici maitenant le chapitre III
Chapitre III/ Le Lac des Âmes.
La fin de la soirée se déroula on ne peut plus tristement. Personne n’osa prendre la parole suite au Sacre d’Obamïl envers le Grand Ylfïn, et Karzak resta à l’écart des autres, scrutant l’horizon en solitaire. Les dernières mûres furent mangées sans grande conviction, puis après avoir instauré un tour de garde qui impliquait Keorn, Obamïl puis Jormondïl, tous les Ylfïns dormirent profondément, même Gibraël.
Les Ylfïns furent tous réveillés en sursaut, alors que les étoiles illuminaient encore les cieux. Karzak, déjà sur son destrier, cria à demi:
_ Nous n’avons perdus que trop de temps. Levez-vous, et continuons notre voyage.
Malgré les gémissements plaintifs de certains (dont Llorïk), tous les Ylfïns furent fin prêts au bout d’une dizaine de minutes. Gibraël se positionna à côté de son Roi, comme à l’accoutumée:
_ Pourquoi un réveil de nuit?
_ Tu veux passer une nouvelle nuit dans cet enfer? Riposta Karzak d’un ton sec.
_ Non, mais…
_ Alors exécute ce qu’un Roi t’ordonne, s’il te restes un minimum d’honneur.
Sur ce, il éperonna vivement sa monture et devança de quelques mètre le Grand Ylfïn. Il n’avait sans nul doute pas encore avalé l’événement de la veille. L’air était de plus en plus frais, et Gibraël commençait à s’inquiéter. Si la neige tombait avant qu’ils n’atteignent le Royaume de l’Ouest, ils seraient certainement retardés. Sans compter que la nourriture se ferait d’autant plus rare:
_ Quand aurons-nous traversé la Forêt, frère? Questionna Llorïk avant de porter à sa bouche la gourde bientôt épuisée en eau.
_ Avant la tombée de la nuit, si tout va bien.
_ Dis, frère…
_ Oui? Demanda Gibraël en jetant un œil par-dessus son épaule.
_ Pourquoi est ce que je ne t’ai jamais accordé ma vie, moi, ton frère. Sais-tu quel déshonneur j’ai éprouvé hier soir?
Le Grand Ylfïn ne répondit pas. Toute cette importance nouvellement apportée autour de lui ne lui plaisait guère:
_ Obamïl est un Ylfïn très puissant. Il a acquis la sagesse et la force aux cours des années. Ne presses donc pas les choses, Llorïk. Le moment venu, nous réaliserons ton serment. Cependant, sache que moi, bien qu’il ne puisse se faire comme dans les règles, je t’ai déjà offert ma protection jusqu’à que la mort m’emporte.
Llorïk poussa un long soupir, puis réfléchit tout le long du trajet à ce que venait de dire Gibraël. Lorsque la lumière se fit vive et annonçait une heure avancée, Ythraël s’approcha furtivement du cheval de Gibraël et lui souffla à l’oreille:
_ Sachez que nous vénérons notre Roi à la différence d’Obamïl… Mais que nous vous respectons autant.
Le Grand Ylfïn opina en signe de reconnaissance, puis éperonna sa monture pour éviter de prolonger la discussion. Mal à l’aise, Gibraël ne prononça plus un mot, alors que Keorn et Jormondïl se racontaient de multiples blagues portés sur les Nöthrugs, qu’ H’rokäl discutait des Onze Errants avec Llorïk, fasciné par ces créatures et qu’Obamïl, qui fermait la marche, jouait parfois de la flûte.
La fin des Bois se traduit rapidement par l’apparition d’une lumière beaucoup plus vive, mêlé à un air plus riche. La joie de la troupe des Ylfïns fut proportionnelle à l’avancement ce ceux-ci vers la sortie de la Forêt des Mystères. Et lorsqu’ils franchirent un arche formé par deux boulots penchés l’un vers l’autre et se retrouvèrent hors de la forêt, un magnifique spectacle les attendit. Un soleil rouge flamboyant baignait de sa chaude lumière une vaste étendue de plaines rocailleuses parsemée de mille fleurs, éclairant de ci de là des ruisseaux miroitants. Plus loin à l’horizon, on pouvait apercevoir une énorme falaise escarpée, où trônait sur le sommet une majestueuse ville. D’une voix pleine de bonheur malgré les évènements de la veille, Karzak pointa du doigt la falaise et cria:
_ Le Royaume de l’Ouest!
Certains poussèrent des cris admiratifs, d’autres ne prononcèrent pas le moindre mot devant tant de beauté. Leurs yeux eurent du mal à s’accoutumer à la vive lumière, mais une dizaine de minutes plus tard, ils purent admirer le spectacle de la nature, et Llorïk entama un chant joyeux, que tout le monde reprit y compris Karzak:
« Quand on quitte les Montagnes, qu’on découvre d’autres lieux
Que le soleil brillent, que le ciel est bleu
On aime fredonner ensemble, à l’unisson
Pour exprimer notre joie, nous trinquons! »
Une lune ronde ne tarda pas à se dévoiler, illuminant le ciel et éclaircissant à merveille les longues plaines longeant le Royaume de l’Ouest. Pour la première fois depuis le début de leurs voyages, tous furent d’accord pour ne pas faire de halte. L’impatience de parvenir au Royaume des Ylfïns de l’Ouest était plus forte que la fatigue. Ils traversèrent donc une partie des plaines de nuit, écoutant la morne mélodie de quelques loups enragés provenant des bois. Llorïk déclara d’ailleurs avec une grande sagesse:
_ C’est pas demain la veille que je me ferais dévorer par une peluche, moi!
La blague du jeune frère de Gibraël plongea le groupe dans un rire général, rire qui s’intensifia lorsque Keorn ajouta:
_ Peut être qu’ils demandent à ce que Gibraël refasse une démonstration de torche?
Un sourire aux lèvres, le Grand Ylfïn jeta un œil dans son dos et répliqua en rigolant:
_ Si je n’avais pas fait « ma torche », tu ne serais peut être plus ici à l’heure où tu rigoles grassement!
Keorn rigola à gorge déployée, faisant tournoyer sa hache autour de lui au grand désarroi de sa monture, qui renâclait sans cesse à la vue du métal lumineux.
_ Connaissez vous l’histoire d’Arya, la fille du Lac des Âmes? Commença gravement Obamïl, beaucoup plus taciturne que les autres.
Bien que tous ne voulurent pas sombrer dans une atmosphère lugubre et peu agréable, personne ne déclara son mécontentement lorsque l’Ylfïn entama:
_ Alors que la lune diffusait sa lumière blafarde sur la cime des arbres bordant le Lac Noir, Arya, la fille du Roi Lizmen II, s’approcha de l’étendue miroitante. Vêtue dans une longue robe blanche, d’une peau pâle comme les étoiles, elle était de race Humaine. On conte que ses longs cheveux blonds étaient aussi étincelants que de l’or, et que ses yeux d’un bleu intense resplendissaient de jour comme de nuit. Arya avait quitté son père le Roi pour rejoindre son amant, mort durant la guerre contre les Nöthrugs…
_ Encore eux! Railla Llorïk entre ses dents.
Obamïl regarda le plus jeune du groupe en fronçant les sourcils, puis continua:
… Arya posa un genou à terre et scruta le lac, ondulant légèrement sous une brise naissante. Et ce qu’elle a vu là était tout bonnement incroyable. Des milliers de visages demeuraient sur l’eau, vagabondant sans but réel. Elle vit alors le cœur battant le visage de son amant, un jeune Homme, ancien soldat du Royaume de Lizmen II. Des larmes coulèrent avidement le long de ses fines joues et chutèrent dans le Lac. Lorsqu’elle comprit que ses blessures étaient à jamais inguérissables, elle se releva et plongea dans le Lac des Âmes. C’est la première vivante à avoir offert sa mort au Lac…
On conte que si on s’y présente la nuit, on y voit le fantôme de la femme errant sur la surface lisse de l’eau, cherchant désespérément l’introuvable…
Un grand silence pesa sur la troupe, et personne n’osa prendre la parole. Soudain, alors que tous se demandaient pourquoi Obamïl racontait une telle histoire, le conteur taciturne ajouta de sa voix mélancolique:
_ Si je vous raconte cela… C’est car nous n’avons plus d’eau dans nos gourdes, et que le Lac des Âmes est là.
De sa main droite, il pointa un amas de chênes et d’hêtres perdus au milieu des plaines. Après de vives discutions, le groupe d’Ylfïns finit par se mettre d’accord: Il fallait de l’eau, et le Lac était la seule solution, du moins pour l’instant.
La communauté se détourna donc d’un commun accord de son trajet et pénétra dans la clairière. Seul quelques arbres formés l’orée de celle-ci, et un lac immense trônait au cœur de la clairière. Quelques vaguelettes brisaient la tranquillité de l’étendue, qui paraissait incroyablement sereine. Alors que Keorn et H’rokäl se ruèrent gourde brandies vers le Lac, Obamïl resta en retrait, anxieux. Gibraël, quant à lui, posa un pied à terre et regarda loin à l’horizon. Mêlée à un rayon lunaire qui se reflétait sur le Lac des Âmes, le Grand Ylfïn aurait juré voir une silhouette blanche se mouvoir. Lorsqu’il plissa les yeux pour confirmer sa vision, la silhouette disparut. Le cœur battant, Gibraël observait de part et d’autre du Lac. L’histoire d’Obamïl lui montait elle à la tête? Toujours est il qu’il ne voyait rien de bon en ces lieux, et qu’il donnerait tout au monde pour les quitter au plus vite:
_ Hâtez-vous! Je n’aime pas cet endroit! Cria Gibraël à l’encontre de ses amis.
_ Laisse nous donc nous rafraîchir un peu! Riposta Keorn et H’rokäl, à l’unisson.
Laissant ses compagnons s’abreuver et s’asperger d’une eau mystérieuse, le Grand Ylfïn s’approcha de la rive et se pencha en avant. Rien ne semblait anormal. Soudain, une ombre passa devant ses yeux à une vitesse fulgurante. Absorbé et enchanté par le Lac, Gibraël se pencha encore un peu plus. Des visages de mort apparaissaient alors, horribles et répugnants. Leurs yeux injectés de sang imploraient l’Ylfïn et le suppliaient, alors que leurs bouches s’entrouvraient frénétiquement, de plus en plus vite. Des chuchotements affreux s’élevaient du Lac, et Gibraël n’entendait ni ne voyait plus rien que ce qui avait un rapport direct avec l’étendue d’eau. Un Homme à la chevelure noire tentait de lui confier un secret, mais l’Ylfïn ne parvint pas à comprendre. Il s’approcha alors encore, le cœur battant la chamade… et tomba à l’eau. Le liquide glaciale enveloppa le Grand Ylfïn et le fit sombrer dans la folie. Apeuré, horrifié, Gibraël se débattait tant bien que mal pour remonter à la surface, mais il sentait avec effroi qu’il était happer vers le bas. Les chuchotements d’il y a peu s’étaient transformés en hurlements bestiaux, et des milliers de corps flous tournaient autour de Gibraël dans une danse macabre. C’est alors qu’elle apparut. Le fantôme d’Arya s’approcha délicatement de l’Ylfïn, fantôme dont on ne décernait pas le visage. Les hurlements cessèrent, les silhouettes inanimées s’enfuirent à la hâte. Un calme apaisant régnait à présent dans le Lac. Arya avançait encore, et Gibraël aperçut les contours de sa fine silhouette. C’était de toute évidence une femme sublime. Puis elle s’arrêta à mi-chemin. Le Grand Ylfïn la supplia de venir encore, mais elle resta immobile. Alors elle chuchota d’une vois douce:
_ Me délivreras-tu?
Puis elle reprit sa danse vers Gibraël, jusqu’à être à moins d’un mètre de lui. Son visage incroyablement fin semblait être plus beau que celui de toutes les déesses, et ses lèvres pulpeuses inspiraient la beauté féminine à son apogée. Alors que la respiration commençait à lui manquer, Gibraël voulut rester là pour le restant de sa vie.
_ Comment te délivrer, Ô déesse du Lac ?
Le fantôme sourit légèrement, puis hurla comme une dément:
_ EN ME DONNANT TA VIE!
Son visage il y avait peu angélique se transforma en une horreur sans nom. Ses cheveux fins et blonds devinrent épais et blancs, ses yeux autrefois d’un bleu profond virèrent au rouge pourpre, et sa peau se fripa en une fraction de seconde. Gibraël hurla en voyant les dents acérées de l’esprit s’approcher de sa gorge. Et alors qu’il avait perdu tout espoir, et que les crocs de l’Âme étaient à moins de deux centimètres de sa thyroïde, une main puissante l’attrapa par le bras et le remonta à la surface. Il vit Keorn et tous les autres Ylfïns dans son dos, avant de sombrer dans le coma.
Lorsque Gibraël se réveilla, un ciel couvert de nuages se présenta à ses yeux. Le Grand Ylfïn se redressa tant bien que mal et regarda alentours. Ils étaient revenus dans les plaines, et il était couché à même les herbes basses. A sa droite figurait la communauté, qui tergiversait sur le sujet de la nourriture. Gibraël toussota poliment, et tous se retournèrent d’un bond. Des cris de joie retentirent vigoureusement, et Llorïk se jeta au sol, près de son frère:
_ Enfin, tu es réveillé! Voilà plus de dix heures que tu dors!
_ Je vais mieux, déclara Gibraël.
_ Tiens, bois donc un peu. Et mange un morceau!
Karzak apporta à son compagnon une gourde et une part de lièvre. Gibraël engloutit son repas, puis dit d’un ton vacillant:
_ Nous pouvons reprendre la route.
_ Hors de question! Répondit Karzak. Certainement pas avant que tu ne te sois suffisamment reposé, et que tu nous ai raconté ce qu’il t’es arrivé!
Gibraël raconta donc sa mésaventure, des ombres furtives sur l’étendue miroitante à l’Âme d’Arya qui tenta de le tuer. Une fois le récit terminé, tous regardèrent tour à tour Gibraël et Obamïl. Puis, brisant un silence pesant, Llorïk gronda:
_ Plus jamais de mauvaises histoires la nuit tombée!
Lorsque la communauté des Ylfïns reprit la route vers le Royaume de l’Ouest, la neige commença à tomber, tout comme les râlements intempestifs de Llorïk:
_ Et la neige qui tombe!
_ Perspicace! Railla Jormondïl en riant
_ Hâtons-nous, s’initia Karzak dans la conversation. Ou nous serons morts de froid avant même d’atteindre le Palais de nos confrères.
Au fur et à mesure que les Ylfïns progressaient, la bonne humeur se dégradait lentement, jusqu’à que plus personne ne parle. Un soleil crépusculaire parvint à déchirer les épais nuages, dévoilant de vastes plaines scintillantes. Capuchons sur le visage, tête baissée, les Ylfïns continuaient leurs périples à travers la fine couche de neige. Lorsque le soleil se coucha et que les étoiles se mirent à briller, un vent glaciale se leva du Nord, puis une véritable tempête arriva. Le souffle violent soulevait les flocons de neiges et les faisait virevolter partout, fouettant à de multiples reprises les visage de la troupe de voyageurs. Un vacarme innommable régnait sur la région du Royaume de l’Ouest, le vent hurlant comme jamais. Les chevaux s’épuisèrent rapidement, avançant d’un pas plus que lent et ce aux grands désarrois de tous. Ils passèrent toute la nuit à arpenter ces plaines difficiles, et ce fut avec une grande joie qu’ils virent le Palais du Royaume de l’Ouest non-loin, au levé du jour. Un soleil extrêmement pâle fit son apparition droit devant eux, libérant une faible lumière. Perché sur sa haute falaise escarpée, fait entièrement de pierre blanche, le Palais resplendissait pourtant. A ses pieds trônaient quelques maisons, dont une fumée grisâtre s’échappait avidement des toits. Pensant déjà à manger et festoyer au coin du feu, la troupe accéléra la marche autant que leurs chevaux le purent et commencèrent à gravir la falaise en suivant un chemin qui s’élevait jusqu sommet en s’enroulant autour de l’édifice naturel. La montée fut encore plus difficile que la traversée des plaines, et la neige nouvellement tombée faisait souvent glisser dangereusement les destriers. Conscient d’un danger possible, Karzak hurla à ses compagnons:
_ Serrez bien sur la gauche! Ne montez pas près du bord!
Tous l’écoutèrent, et au bout d’environ deux heures, tous parvinrent au sommet de la falaise. Le chemin sinueux s’arrêtait devant une majestueuse et massive porte en bois, encastrée dans une muraille de plus de dix mètres de hauteurs. Karzak s’approcha de la porte avec méfiance, puis cria aux portiers:
_ Karzak, Roi des Ylfïns du Village Rouge!
La porte resta close un bon moment, puis finit par s’ouvrir légèrement dans un grincement. Toute la troupe pénétra enfin, et ce au bout de nombreux jours de voyage, dans le Royaume de l’Ouest.
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Moui bah pas grand-chose à dire. Dommage que tu aies repris le stéréotype de la femme magnifique qui se transforme en démon, car ce n´est pas crédible. Si elle veut vraiment sa vie, alors elle n´a qu´à l´approcher sous sa forme la plus sublime et le tuer rapidement sans qu´il ne s´en rende compte. Et tu t´es toujours pas décidé à mettre de vrais tirets pour tes dialogues.
Et puis y´a toujours quelques énormes fautes, même si moins il me semble.
La suite? ![]()