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Liste des sujets

Nirvanaphobia

charly_owl
charly_owl
Niveau 7
01 décembre 2006 à 00:16:54

"Putain, j´aime le Kansas"... J´ai éclaté de rire, je sais pas pourquoi... ça me fait penser vraiment à la caricature de l ´Américain moyen qu´ici certains d´entre nous se font... M´enfin je lis la suite quand j´ai le temps!

TiP-Ex
TiP-Ex
Niveau 8
01 décembre 2006 à 19:28:36

J´ai la flemme de faire un commentaire plus ou moins construit. J´aime beaucoup cette suite :)

Mais quand est-ce que le scénario se mettra en marche pour de bon ? Et surtout, qui a gagné le match ? :-d

-Mutako
-Mutako
Niveau 10
01 décembre 2006 à 22:05:50

Il est vrai que, comme le dit TiP-Ex, ce serait bien que cette scène soit le début de l´action et des rebondissements. Car sinon, je crains que les lecteurs finiront par se lasser de la vie de ces adolescents.

Si tel est le cas, alors j´attends avec une très grande impatience la suite, les phrases du type « Il arrive. Il sera bientôt là. Il nous engloutira. Vous n’avez pas rendu Moby Dick, pénalité de deux semaines. Il sera bientôt là. Très bientôt » me rendent fou :fou:

Great chapter :ok:

Epitaph
Epitaph
Niveau 10
02 décembre 2006 à 17:53:42

Merci à vous quatre :-)
Charly :d) le prologue est volontairement dans cet esprit caricatural, content que tu l´aies relevé^^

Sinon pour ce qui est de "l´action", effectivement ça devrait pas tarder à arriver, mais j´ai un plan assez précis en tête pour une fois, et j´aime prendre mon temps pour cette histoire, j´ai pas envie de bousculer les choses.
Mais ça arrive quand même!-)

Negatum
Negatum
Niveau 10
10 décembre 2006 à 21:17:46

Bon et ben que dire? La galerie de personnages m´a l´air bien etoffé ce qui m´amuse au plus au point. La suite vite hobbit :-)

Epitaph
Epitaph
Niveau 10
11 décembre 2006 à 18:29:57

Merci Negatum. Pour le biker, j´avoue qu´il était pas prévu au début, mais je l´aime bien :-)

linkalink
linkalink
Niveau 10
11 décembre 2006 à 18:45:16

Sympa en effet le Milou ^^
Bon ben voilà, c´est chuper tout ça. J´aime bien la fin, surtout que,pour une fois, ça se passe dans une ville que je connais bien :)
J´attends la suite, comme toujours :hap:

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
11 décembre 2006 à 19:17:14

Yooooooooooo! :o))

Voilà, ´ai rattrapé mon r´tard. :o)) Pas grand-chose à dire : excellent, toussa, sympa l´Milou c´est vrai. :-) M´fait penser au personnage de "Noir", la nouvelle d´Ash´.^^ Voilà, la suite? :o))

P.S. Pour Chandler, j´pense qu´il enquête sur le mystérieux évènement qu´a fait qu´y´a plus l´téléphone à Katalonia.

Epitaph
Epitaph
Niveau 10
12 décembre 2006 à 22:30:05

Merci vous deux, surtout Az qui passe très près du carambar :-)

Epitaph
Epitaph
Niveau 10
15 décembre 2006 à 22:11:13

Un p´tit up, la suite sans doute ce week-end.

-Mutako
-Mutako
Niveau 10
15 décembre 2006 à 22:25:22

Ah j´ai enfin lu, c´est toujours aussi bien !
Cette nouvelle scène en France totalement marginale me fait penser au Da Vinci Code. Et le fait qu´il n´y ait aucun rapport entre elle et la scène de Katalonia crée un effet d´envie de suite absolument insoutenable :-p

Pezzou
Pezzou
Niveau 10
17 décembre 2006 à 10:33:55

Excellente histoire. Je me regale. :)

J´ai hâte la suite. ^^

monsieurficX
monsieurficX
Niveau 4
17 décembre 2006 à 10:45:20

Tu oses me faire une remarque sur le upping de mon pic mais regarde toi, tu le remonte après trois jours et en le faisant remarquer.

Epitaph
Epitaph
Niveau 10
17 décembre 2006 à 11:06:29

T´es stupide ou tu le fais vraiment exprès? PAS DE UP EN 1ere page, c´est la règle. Après trois jours, le topic est au moins en 2e page, donc uppable de bon droit. Alors viens pas me gonfler ici, mès règles je les respecte, si t´es pas content, y´a un topic de modération.

Epitaph
Epitaph
Niveau 10
17 décembre 2006 à 11:08:49

Et au passage, merci à toi Pezzou, j´avais pas vu :p)

chocobo3
chocobo3
Niveau 10
18 décembre 2006 à 02:00:15

Par une nuit d´insomnie, une de plus, vla que j´me suis mis à "Nirvanaphobia". Avais envie de lire du hobbit^^
Bah j´suis loin d´être déçu! La premiere partie est un vrai régal, et la rodondance des termes donnent plutot bien moi j´trouve. Puis d´un coté, c´est assez logique, si les trois jeunes sont bon potes, c´est qu´il ont des points commun^^

J´crois que j´passerais lire un ptit chapitre de temps à autre. Je laisserais une trace de ma lecture :ok:

See ya.

chocobo3
chocobo3
Niveau 10
18 décembre 2006 à 02:46:18

J´viens d´me faire 3/4 d´heure de Nirvanaphobia. C´pas bien hobbit d´entretenir mon insomnie. J´continuerais demain. Je t´aime :coeur:

:dehors:

Epitaph
Epitaph
Niveau 10
18 décembre 2006 à 09:11:28

Un chocobo :coeur:
Désolé pour ton insomnie^^ En tout cas, merci beaucoup d´avoir lu. Pour la redondance du début, en fait il aurait fallu éviter que la 2e partie ressemble à ce point à un copier/coller négatif de la 1ere, je pense.
Encore merci :-)

chocobo3
chocobo3
Niveau 10
18 décembre 2006 à 16:53:52

Arf, déja tout lu?!
Bon bah, déja tout lu alors^^
Trop fort cette fiction, des persos bien différent les un des autres, une ambiance prenante du début a la fin... Très très bien :-)

J´ai hate qu´on en revienne à l´histoire du sois-disans satélite qui s´est scratché sur Katalonia^^ Oui, je sens qu´il a quelque chose de louche la dedans^^

On s´laisse guidé par les mots, emporter par ton style magnifique :ange:

(Vive Milou^^ )

Epitaph
Epitaph
Niveau 10
24 décembre 2006 à 18:17:28

Merci Choco :-)

Chapitre 5, partie 1

[ A scene in transitional colours : ]

« Alors champion, ça fait quoi d’être le héros du jour ? »
Steve détourna le regard qu’il tentait de maintenir fixé sur la double porte au fond du couloir, à des années-lumières de là. Les deux rangées de casiers étaient occultées par des lycéens, jusque là rien que de très normal. Sauf qu’il était peu habitué à avoir autant de paire d’yeux posées sur lui, à être la cible d’autant de questions pressées. Le plus gênant étant sans doute les sourires des filles : comment y répondre ? Franchement, en leur souriant à son tour ? Modestement, en les ignorant ? Pour l’instant, c’était plutôt gêné qu’il accueillait regards, sourires féminins et interrogations pressées.
« Je pourrais te poser la même question, répondit-il finalement à Alex. T’étais là avec moi après tout. Alors, ça fait quoi d’être-
- Déjà-vu, l’interrompit l’adolescent en souriant. Ouais, ça me rappelle un truc avec un satellite. »
Il tendit sa main droite devant lui, révélant la cicatrice en forme de croix qui lui tatouait la paume.
« Ouais, pareil » convint Steve en rendant son sourire à une fille qu’il n’avait jamais vue. Il marqua une pause, puis ajouta : « Dis, tu crois qu’on devrait engager un attaché de presse ou un responsable de fan-club, ou un truc comme ça ? Parce que si tous les trucs sortant de l’ordinaire nous arrive à nous… enfin…
- Ouais ouais, l’interrompit de nouveau Alex en poussant la porte de la salle d’Histoire, on y pensera. »
Sans surprise, les deux lycéens constatèrent que Mme McCormick, aussi connue sous le sobriquet de dinosaure du lycée, leur faisait face, son impitoyable sourire carnassier dardé sur eux, exposant deux rangées de dents figurant autant de guillotines.
« Messieurs Hawkins et Simmons, fit-elle de sa voix stridente, encore en retard, quelle surprise !
- Désolé, marmonnèrent les deux adolescents en avançant, faussement penauds, vers leurs places.
- Monsieur Hawkins, continua l’enseignante, pensez-vous que la popularité, aussi méritée soit-elle, exonère d’une quelconque ponctualité ?
- Je sais pas madame, répondit Steve, mais je croyais que le cours de philo, c’était le mardi. »
La classe fut secouée d’un brève éclat de rire, et le sourire dénué d’humour de McCormick s’élargit davantage, se perdant au sein d’un labyrinthe de rides.
« Vous viendrez au tableau nous exposer vos connaissances sur la leçon précédente, monsieur Hawkins. Vous aussi, monsieur Simmons. »
Les deux élèves sortirent de leur rangée en traînant des pieds.
« Grande gueule, murmura Alex à son ami.
-P’tite bite », rétorqua celui-ci du même ton.

La journée précédente avait été, pour Dale Chandler, la plus longue de son existence. C’était ce qu’il se disait tandis que, assis face à Alvaro au restaurant du motel, il n’écoutait pas la blague que leur racontait le tenancier, dressé sur la pointe des pieds, sa tête émergeant à peine au-dessus de la nappe à carreaux. Dale commençait à trouver les évènements non seulement étranges, mais aussi trop gros pour ses épaules. Il n’avait même pas commencé à faire ce pour quoi il était là, et ne savait pas vraiment par quoi commencer. Et il y avait ce prêtre, avec qui il jouait au chat et à la souris depuis la veille, chacun se surveillant mutuellement, le plus discrètement possible. Dale en avait assez d’être assis là, pour tout dire ; il brûlait de mettre les voiles, de ne plus sentir le regard de Giovanni innocemment posé sur lui.
« …Et là, le mec répond : " mon cancer va bien, chérie. Par contre, tu devrais toucher ton héritage d’ici la fin du mois ! " ».
Le nain éclata de rire à la chute de sa propre plaisanterie, et Chandler, sortant de ses pensées, partit du petit rire discret qu’il avait appris à adopter dans ce genre de circonstances. Il croisa le regard du prêtre, qui riait de la même manière, et haussa les sourcils de façon naturelle. Alvaro lui répondit du même geste avant de baisser les yeux vers son café fumant.
« Bon, et bien je vous laisse, messieurs, conclut le nain en repartant de sa démarche claudicante. Et une bonne journée à vous deux !
- A vous aussi », répondirent poliment les deux hommes.
S’ensuivit un court silence, qu’Alvaro fut le premier à rompre :
« Longue journée, hein ?
- Vous m’en direz tant ! s’exclama son interlocuteur. La plus longue de ma vie, même. Tenez, voilà le Shérif. »
Les deux hommes se tournèrent vers la femme en uniforme qui venait de pénétrer dans le restaurant, chapeau à la main. Elle s’arrêta un instant sur le pas de la porte, poussa un soupir à fendre l’âme, et marcha vers la table où ils étaient installés.
« Messieurs, salua-t-elle en s’asseyant.
- Shérif », répondirent-ils du même ton.
Dale étudia un peu plus la femme qui n’était que peu restée au café, la veille. La trentaine bien entamée, c’était une personne assez jolie, bien que son air sévère durcissait ses traits, donnant l’impression que ses sourires étaient aussi fréquents que les chutes de satellites dans le coin. Ses cheveux roux étaient retenus en une queue de cheval, et un grain de beauté, qui avait dû être l’objet de bien des fantasmes masculins, ornait sa joue gauche, tout près de la commissure de ses lèvres.
« Comment va Mrs. Hatkins ? s’enquit le prêtre.
- Bien, bien, répondit le Shérif Shapiro, soupirant de nouveau. A l’heure qu’il est, elle est de retour à Blue Hill. Il semblerait qu’elle s’en soit échappée après une forte… altercation… avec un autre euh… pensionnaire. Le personnel soignant veillera à présent à ce qu’ils logent dans des ailes séparées.
- Mais c’est un petit hôpital, riposta Alvaro. Ils se croiseront forcément de nouveau, ne serait-ce qu’aux repas ou aux promenades, non ? »
Dale ne laissa pas paraître sa surprise face à la connaissance du prêtre de la taille de Blue Hill, mais se promit de retenir l’information. Le Shérif haussa les épaules.
« Manning – le directeur – m’a assuré qu’il prendrait les meilleures mesures pour éviter le pire. Et si un problème survient de nouveau, l’autre patient pourrait être transféré.
- Qui est cet autre patient ? demanda Alvaro, sans remarquer le regard mi-curieux, mi-amusé de Dale.
- Quelqu’un que vous ne connaissez pas, éluda Shapiro. Il est interné depuis bien avant votre arrivée. » Elle consulta sa montre, et se leva. « Bien, je vous prie de m’excuser, mais je dois retourner travailler. Je passais juste vous informer, et vous remercier pour hier.
- Ce sont les enfants qu’il faudrait remercier, rectifia le prêtre.
- Justement, enchaîna la femme. Mon père, pourriez-vous les en informer, et les remercier de ma part ? Je suis vraiment débordée…
- Naturellement, assura Alvaro en dégainant son sourire confiant.
- Merci infiniment, fit le Shérif en poussant un nouveau soupir, soulagé cette fois. Messieurs. »
Ils la suivirent silencieusement tandis qu’elle quittait les lieux. Ils déjeunèrent ensemble, bavardant, tournant de manière insupportable autour du pot, aucun des deux ne parvenant à dégager du jeu de l’autre la moindre information intéressante. Puis Alvaro partit le premier ; il avait un corps à sortir de son coffre, avant que l’odeur ne devienne trop forte.

Le maître était immobile sur son fauteuil de pierre, sa capuche masquant ses yeux. La lueur verdâtre qui irradiait de derrière le trône donnait un aspect malsain à la caverne, déjà difficilement supportable plus de quelques minutes, avec ses fresques immondes et grossières, et son atmosphère lourde de secrets et de vices. S’il savait que la lumière qui émanait faiblement venait d’une série d’ampoules tamisées, le frère Frédéric n’en trouvait pas l’aspect du maître moins effrayant, avec son ombre largement projetée sur les parois. Il jeta un bref coup d’œil aux deux autres frères présent dans le sanctuaire, chacun d’eux affairé derrière un ordinateur, avant que son regard ne soit irrémédiablement attiré par le maître. La pierre verte qu’il portait sertie à son annulaire lançait des éclats quand il bougeait la main, conférant au crâne monstrueux gravé sur l’accoudoir une impression de mouvement.
« Qu’annonces-tu ? questionna enfin le maître, brisant le silence.
- C’est pour bientôt, maître. Nous sommes parvenu à le retrouver en… en Amérique. Dans le Kansas, précisément… C’est au-
- Je sais où se situe le Kansas, le coupa le maître de sa voix glaciale. J’y ai été… autrefois. »
Frédéric frissonna sous l’effet de cette révélation involontaire dont le maître venait de lui faire grâce, probablement perdu dans ses souvenirs.
« Oui, maître. Mes excuses. Nous n’avons pu déterminer avec exactitude le moment de l’émergence, ni celui du réveil, mais nous supposons que cela devrait survenir entre la fin de cette semaine, et la fin de la semaine prochaine…
- Vous supposez ? »
L’homme n’avait ni haussé le ton, ni bougé ; pourtant frère Frédéric sentit un changement dans l’atmosphère confinée du sanctuaire. Les deux autres avaient brièvement cessé de taper sur leurs claviers, et l’un d’eux avala bruyamment sa salive. Frédéric tomba à genoux, une main glaciale et invisible lui étreignant l’épaule. Il grimaça, poussa un bref grognement de douleur, puis reprit, haletant :
« Nous estimons que cela devrait se produire dans ces délais, maître… les astres et les étoiles… les textes anciens… De plus amples précisions pourraient être obtenues, si vous le désirez mais… mais cela prendrait… prendrait du temps… »
La pression disparut instantanément, mais il jugea préférable de rester à genoux.
« Non, dit le maître. Tu parles anglais, il me semble.
- Je… oui, maître, fit-il, surpris par ce brusque changement de sujet.
- Fort bien. Tu partiras pour le lieu. Aujourd’hui.
- Pour… pour le Kansas ? »
Il grimaça sitôt sa question involontairement sortie de sa bouche, et retint sa respiration ; faire répéter une information au maître était rarement une bonne idée.
« Oui, répondit simplement le maître. Tu y aideras à faire ce qui doit être fait. Il y a autre chose que tu ne m’as pas encore dit.
- Oui, maître, avoua Frédéric, inspirant longuement, avant de lancer d’une traite : le frère Alvaro est sur place. »
En cet instant, il s’attendait à à peu près tout et n’importe quoi, mais surtout à être foudroyé sur place, ou quelque chose du genre. Pourtant, le maître enchaîna calmement :
« C’était prévisible. Tu feras ce qui doit être fait. Tu nécessiteras ceci. »
Sans qu’il eut fait le moindre geste ou prononcé la moindre parole supplémentaire, un homme en soutane sortit de l’ombre, tenant dans ses mains un coffret finement ouvragé. Il le tendit à Frédéric, qui le prit.
« Ne l’ouvre pas ici, dit le maître. Sa lumière m’est insupportable.
- Oui, maître. »
L’homme sur le fauteuil leva la main droite, faisant briller la pierre vert émeraude un bref instant, en captant un rayon de lumière. Frédéric leva sa propre main droite, à laquelle brillait le même joyau.
« Gloire, frère.
- Gloire, maître. »
Frédéric sortit, le cœur battant la chamade, et, une fois rendu dans la cour, ouvrit précautionneusement le coffret. Il contenait un poignard, ou peut-être une dague, plus sobre que le coffret ne le laissait supposer. Une inscription à moitié effacée par le temps était gravée sur sa lame, par ailleurs impeccable.
L’arme ne dégageait pas la moindre lueur.

La tête d’Ellen Hatkins dodelinait doucement au rythme d’une musique qu’elle était la seule à entendre, jouer par un orchestre de petites pilules colorées. Elle regardait sans le voir le parc de la maison de repos, debout face à la longue baie vitrée de la salle commune. Derrière elle passaient des patients, certains aussi hagards qu’elle. La plupart regardaient la télé, dans un coin de la vaste salle. Des infirmiers étaient debout aux entrées et à d’autres endroits de la pièce.
Elle était là depuis plusieurs minutes, les comprimés lui interdisant la moindre pensée cohérente, lorsqu’un reflet dans la vitre, au-dessus de son épaule gauche, bloqua sa respiration dans sa poitrine. L’homme, mal rasé, dégageant la même odeur doucereuse de laisser-aller que la plupart des pensionnaires, s’avança jusqu’à la baie vitrée.
« Tu nous a beaucoup déçu, Ellen. Nous avions placé de grands espoirs en toi. Beaucoup déçu.
- Il arrive, haleta la bibliothécaire. Ô Seigneur, il arrive !
- Oui, murmura l’homme d’un ton satisfait, oh oui, ma douce Ellen, il sera bientôt là. Et rien ne pourra l’empêcher, cette fois. »
Deux infirmiers massifs apparurent sur la vitre, matraques en main. Ils posèrent chacun une main sur une épaule du patient, et l’un d’eux dit :
« Harry, tu sais que tu n’as pas le droit de t’approcher d’Ellen. Va donc regarder la télévision.
- Oui, la télé, répondit Harry d’un ton détaché. Foxlife. American Idol. CSI. Deux pour le prix d’un ! Et ce soir, votre film exceptionnel ! Ne nous déçois plus, Ellen. »

Les infirmiers l’entraînèrent vers les fauteuils massés devant l’écran de télé. Dans la vitre, son reflet s’estompa peu à peu, mais Ellen garda longtemps imprimée sur la rétine la lueur que dégageait la pierre verte qu’il avait au doigt.

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