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Liste des sujets

Nirvanaphobia

Luna82
Luna82
Niveau 9
05 mars 2007 à 20:53:39

suite or not suite, that is THE question...

Epitaph
Epitaph
Niveau 10
05 mars 2007 à 22:11:55

Oui mais nan, c´est prévu hein. Quand j´aurais moins de boulot, dans un siècle ou deux. Ou à la fin de la semaine, au mieux.

-Mutako
-Mutako
Niveau 10
05 mars 2007 à 22:22:38

Toi tu bosses ? :o))

bloodychopin
bloodychopin
Niveau 6
06 mars 2007 à 21:08:00

Mais hobbit, fais comme moi:
Fais pas ton taf, moi le mien je le fais jamais à la maison, toujours dans le métro puis dans le bus puis en classe.
prends exemple sur moi :lol:

Gorgot
Gorgot
Niveau 10
06 mars 2007 à 21:10:56

En même temps je doute je vous soyez du même niveau d´étude

:dehors:

(c´te passage-éclair :noel: )

bloodychopin
bloodychopin
Niveau 6
06 mars 2007 à 21:13:58

Mouais, je suis qu´en 3eme mais lui je pense qu´il fait des études supérieures...
Mais malgré mon poil dans la main j´ai des bètes de notes tkt pas pour moi :ok:

srphirothn98
srphirothn98
Niveau 10
06 mars 2007 à 21:39:38

Comme tous ceux de ce forum je pense^^. Enfin, on était tous comme ça au collège je pense ( d´autres le sont encore au lycée mais bon ).

Mais y a quand même une légère différence avec Epitaph...

Epitaph
Epitaph
Niveau 10
11 mars 2007 à 18:57:28

Bon allez, je tente de mettre la suite ce soir ou demain, en espérant ne pas avoir semé trop de lecteurs derrière.

Epitaph
Epitaph
Niveau 10
18 mars 2007 à 19:30:44

Heureusement que personne y a cru, hein? Allez, ce soir ou demain soir sinon vous pouvez me fouetter.

-Mutako
-Mutako
Niveau 10
18 mars 2007 à 19:39:27

OK les gars je pense que cette fois on peut espérer pour avant Pâcques :ok:

Epitaph
Epitaph
Niveau 10
18 mars 2007 à 19:40:50

Ouh, touché.

Luna82
Luna82
Niveau 9
18 mars 2007 à 21:17:03

... lectrice impatiente de lire la prochaine suite...

Moicesmoi
Moicesmoi
Niveau 10
18 mars 2007 à 21:30:03

L´art et la manière de confirmer les craintes d´un écrivain... J´adore...

Negatum
Negatum
Niveau 10
18 mars 2007 à 22:32:13

Depuis le temps :-)

Bon, ben, que dire? Ah oui, le premier passage sur Godzilla est pas super bien écrit, je trouve. Faudrait retravailler tout ça, t´a un peu de mal avec les scénes d´actions, je trouve. A part ça? La suite.

srphirothn98
srphirothn98
Niveau 10
19 mars 2007 à 18:56:23

Tu t´es tellement retardé que personne ne suit :nah:

Sinon, c´est pas mal^^ Moins bien que le reste je pense. Mais comme l´intrigue avance, ça compense^^

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
19 mars 2007 à 21:19:32

J´ai trouvé ça génial perso^^ Surtout la scène d´action, même si j´comprenais pas trop au début, mais ch´uppose c´est fait pour.^^

La suite dans...disons un mois? :o))

srphirothn98
srphirothn98
Niveau 10
19 mars 2007 à 22:40:19

C´est vrai que le début est assez bien fait, suffisamment pour qu´on comprenne pas en premier lieu. Mais l´emploi de paraphrases à outrance met vite la puce à l´oreille je pense^^

En plus, quand on a les suites à un moins d´intervalle, on ne se rapelle plus exactement. Donc, on n´est pas très sûr de ce qui s´est passé avant. Pour un lecteur qui est arrivé jusqu´ici sans interruption, ça doit être moins "énigmatique".

Mais de toute façon, c´est l´écriture que je "critiquais", ça m´a semblé moins intense que le reste et j´ai pas lu d´une traite donc...

L´histoire quand à elle avance et on est content. Surtout qu´on a bientôt savoir qui est ce cher Giovanni et l´annonce du Shériff promet elle aussi. En gros, un chapitre qui laisseprésager une superbe suite^^ enfin, si elle voit le jour... :o))

Epitaph
Epitaph
Niveau 10
21 mars 2007 à 22:43:33

Merci de vos commentaires :-)
Pour le début, le style un peu "distant" de l´action, sans nommer les persos et tout est fait exprès. Mais bon, ça veut pas dire que c´est pas raté^^
Sinon j´essaierai de poster la suite la semaine prochaine, là je replonge sous la vague du boulot (oh elle était pas mal celle-là).

Epitaph
Epitaph
Niveau 10
23 mars 2007 à 19:50:35

Bon, je sais pas pourquoi mais le dernier chapitre posté à disparu... Bref, le revoilà.

Chapitre 8, partie 2

La rue était calme – trop calme, auraient relevé les rares badauds qui l’arpentaient. Le ciel bas et clair semblait bombé, comme soumis à une forte pression, tel un élastique tendu au maximum et sur le point de rompre.
L’adolescent tourna la tête vers son ami, qui lui rendit son regard inquiet et hésitant. Il allait dire quelque chose lorsque soudain, au moment même où ses lèvres s’écartaient, l’élastique se brisa.
Dans un grondement bas et puissant, avalanche de décibels rauques, une large fissure apparût au centre de la route, qu’elle sépara en deux sur toute sa longueur. Elle s’étendit entre les garçons, qui se hâtèrent de se réfugier du même côté. Il y eut un bref répit, tandis que les passants étaient partagés entre la peur qui les poussaient à s’enfuir et la curiosité qui les clouait sur place.
Puis la route s’avala elle-même, les deux files s’engouffrant dans la fissure devenue brèche, bientôt rejointes par les trottoirs qui parurent s’affaisser comme deux longs flancs. La terreur reprenant ses droits sur toutes les personnes présentes, les deux adolescents s’enfuirent au milieu d’un concert de cris paniqués.
Ils n’avaient pas parcouru une vingtaine de mètres qu’un nouveau son, plus puissant encore que les précédents, les fit se retourner pour contempler, ébahis, le spectacle qui s’offrait à leur vue. Jailli de la terre, un colossal monstre écailleux se dressait sur la route, son imposante silhouette saurienne se découpant sur les nuages progressant au ralenti. Ses écailles noires semblaient recouvertes d’un mélange d’huile et du pus qui suintaient des interstices du monstres, et sa gueule était garnie de deux rangées de gigantesques crocs acérés. Pour couronner le tout, une longue queue s’agitait derrière ses antérieurs.
Le monstre émit un grognement qui dressa les poils follets des deux garçons sur leurs nuque ; puis, d’un coup de sa lourde patte avant, transforma deux maisons en tas de gravillons.
De concert, les deux garçons reprirent leur course. Une fois encore, ils n’allèrent pas bien loin avant de s’arrêter ; de l’ombre du Café avança posément une silhouette familière. L’homme était de noir vêtu, comme lors de leur dernière rencontre. Il arborait la même barbe de quelques jours et les mêmes cheveux mi-longs. Seule nouvel ajout au tableau, l’épée qui lui battait désormais le flanc droit. Souriant, il adressa un clin d’œil confiant aux jeunes gens médusés, puis tira son épée du fourreau. Elle capta un rayon de soleil, l’expédiant sur l’œil vert vitreux du monstre, qui poussa un grognement de mécontentement. Sans plus attendre, la lame fermement pointée vers l’arrière au niveau du flanc, l’homme se précipita vers la bête.
Il esquiva habilement le coup de patte que celle-ci lui expédia en se propulsant de deux bons mètres dans les airs, avant de retomber agilement, de rouler entre les pattes arrières du monstre, et de sauter sur sa massive queue. Il se mit à la remonter en courant, s’agrippa d’une main à l’épaule rugueuse du colosse, se projeta sur son crâne et, d’un seul geste, y enfonça son épée jusqu’à la garde.

« Joli coup, commenta laconiquement Alex.
- Hmmm, maugréa Steve pour tout commentaire. Mouais.
- Eh, reprit Alex, où tu ranges tes céréales ?
- Placard de gauche au-dessus de l’évier, répondit Steve du même ton, le lait est dans le frigo.
- Ok », fit le garçon en s’étirant, faisant craquer ses articulations.
Il leva haut les jambes pour franchir celles que Steve avait étendu sur la table basse, puis se dirigea vers la cuisine, masquant brièvement l’écran de télé. Du coin de l’œil, l’adolescent à moitié endormi le vit, par-dessus le comptoir de la cuisine, s’emparer du paquet de céréales, et en verser dans deux bols.
« Tu me dis si ils battent Godzilla, hein ? lui lança ce dernier en cherchant le lait.
- Ca a l’air… ah non, il bouge. »

Le deuxième garçon revint sur le canapé, tendant un bol à son ami. Ils mangèrent sans rien dire, le silence matinal troublé seulement par les cris d’agonie de la bête et le craquement des flocons d’avoine entre leurs dents. Finalement, une fois leur bols vides et le monde sauvé de la menace préhistorique, Steve se leva à son tour, les deux bols à la main.
« Bon allez, je vais prendre une douche. T’as qu’à utiliser la salle de bains du bas si tu veux.
- Ca marche », acquiesça Alex en éteignant la télé.
Privé de la mince lumière qu’elle dispensait, le salon se retrouva plongé dans une semi-obscurité. Depuis leur arrivée, quelques heures auparavant, Steve avait jugé préférable d’appliquer à la lettre et au-delà les directives de l’agent fédéral, en l’occurrence en verrouillant les portes et fermant les volets. Il alluma néanmoins la lumière en quittant la cuisine, et se traîna d’un pas lent dans l’escalier.
La chambre d’amis où dormait une Betty exténuée était juste avant la salle de bains. Il en entrouvrit doucement la porte, laissa à ses yeux quelques secondes pour s’accoutumer à la pénombre, et regarda la jeune fille endormie, son visage las à moitié dissimulé par une masse de cheveux. Il soupira, puis se dirigea vers la salle de bains.

Dale n’était pas content.
D’une part, et surtout, à cause de ce putain de Kansas, cette saloperie de Twin Peaks, ce merdier de Katalonia, cette chierie d’affaire à la mords moi le nœud. Son expérience des sectes était inversement proportionnelle à sa chance actuelle, et il semblait que quelqu’un, là haut, ne l’avait pas à la bonne. Et pour couronner le tout, non content d’être largué dans le plus petit village du Kansas, un bled où il fallait utiliser des signaux de fumée pour communiquer, voilà qu’il avait à s’occuper – seul, s’il vous plaît – d’une affaire de meurtre à laquelle était liés, non pas un, mais une vingtaines d’allumés du bulbe. Y’avait de quoi l’avoir relativement mauvaise, se dit-il en sortant de sa chambre du Motel.
D’autre part, en brillant agent fédéral assermenté, il avait réussi à griller sa couverture en moins de deux jours. Et devant qui l’avait-il grillée ? Devant le Shérif, trop perspicace pour être en charge d’une aussi petite ville ? Devant un quelconque habitant à l’œil un peu trop vif ? Non, bien sûr ; c’était tellement plus amusant de se dire que les premiers à connaître votre véritable identité sont trois gamins. Là-dessus, c’était brillamment joué.
Et enfin, il y avait cet Alvaro Giovanni, sans doute aussi prêtre que lui était agent d’assurances. Ce play-boy au look de rock-star, arrivé en ville peut avant son fameux meurtre, celui dont le corps de la victime avait été transformé en jeu de points à relier. Ca commençait à faire beaucoup, aussi avait-il conscience, à cet instant précis, que si le nabot qui gérait le motel ne foutait pas le camp rapidement, il serait bientôt assez grand pour passer sous son comptoir sans soulever la tablette de bois.
« …Parce que vous voyez, disait le tenancier, accélérant le pas pour se maintenir au niveau de Dale, c’est pas qu’ça m’dérange, moi. M’enfin, ça fait l’deuxième truc qu’apparaît dans l’ciel comme ça, et personne nous dit rien ! Alors j’veux bien qu’on soit que des civils, ou, ou j’sais pas quoi, bon ok, d’accord. Mais quand même ! Qu’on vienne pas m’dire qu’y personne dans c’t’état qui sache pas c’que c’est qu’cette bondieuserie ! Entre les militaires du complexe d’à-côté, le Shérif qui passe sa nuit à faire des rondes – trois fois qu’elle est passé d’vant l’motel c’te nuit ! – et tous ces satellites et j’sais pas quoi… »
Dale s’immobilisa au milieu du restaurant désert. Il baissa les yeux vers le petit homme, fit un effort pour se calmer et, d’un ton qu’il voulut tout à fait charmant et dégagé, demanda :
« Ah vraiment, il y a un complexe militaire ici ?
- Pour sûr, pour sûr ! répliqua William Dunant avec véhémence. Yellow Page Complex, pour être exact. Un genre de base crée dans les années 70.
- Je vois.
- Ouais. Bon m’sieur Chandler, j’adorerais rester avec vous à discuter, mais j’dois aller en ville histoire de faire quelques courses ! A la revoyure donc ! »
Dale poussa intérieurement un soupir de soulagement, et suivit Dunant du regard, attendant que celui-ci se soit hissé sur le rehausseur du siège avant de la guimbarde qu’il conduisait, et que celle-ci s’éloigne dans un nuage de poussière.
Puis il se dirigea vers le comptoir du Motel, décidé à régler dans l’heure son problème immédiat le plus… immédiat.

Il trouva un double des clés de la chambre de Giovanni, qu’il inséra le plus silencieusement possible dans la serrure. En un quart d’heure, il avait arrêté de prendre de multiples précautions au cas où il serait vu ; la ville était vraiment déserte et, selon le registre qu’il avait refermé quelques minutes auparavant, lui et Giovanni étaient les seuls résidents du Motel.
Il fit tourner la clé une fois, la retira en entendant le déclic, et tira son arme de sa ceinture. S’assurant que la sécurité était baissée, il la pointa en avant, le coude replié, à hauteur d’épaule, puis entra dans la chambre.

« J’ai fini le shampooing », annonça Alex à Steve tandis que ce dernier redescendait l’escalier. Il ne répondit pas tout de suite, son regard perplexe pointé vers les fenêtres ouvertes qui laissaient passer la lumière du jour.
« Relax, fit simplement Alex Ca sentait le renfermé. Dis, t’aurais pas quelques fringues à me prêter ? Les miennes sentent un peu la sueur…
- Dans mon armoire, soupira le jeune homme. Tape dans le tas.
- Merci. La belle au bois dormant est réveillée ?
- Hin hin, acquiesça Steve, un cookie entre les dents. Même pas eu à l’embrasser. »
Alex s’arrêta entre deux marches, un sourire amusé aux lèvres. Il croisa le regard gêné de son ami, et sourit de plus belle.
« Enfin j’veux dire, euh… reprit celui-ci. Allez, casse-toi avant que je te passe une robe à ma mère ! »
Le garçon à peine disparu dans le couloir, Betty descendit à son tour. Ses cheveux mouillés étaient entourés d’une serviette-éponge ; tout comme son corps, d’ailleurs, constata Steve, qui se mit à rougir. La jeune fille avança vers lui en laissant sur le parquet des traces de pas humides.
« Euh, bafouilla Steve, euh je… Tu peux prendre des vêtements à ma mère si tu veux, et euh… enfin voilà. »
Elle sourit, se hissa sur la pointe des pieds, déposa un rapide baiser sur les lèvres de l’adolescent.
« Comme ça, c’est fait », murmura-t-elle avant de tourner les talons vers l’escalier. Elle n’avait pas atteint la première marche qu’on sonna à la porte, mais elle ne se retourna pas.
« Décidément… », marmonna Steve.

La porte s’ouvrit sur le Shérif Shapiro qui, pour la première fois, parût réellement avoir plus de quarante ans. Le manque de sommeil, songea mécaniquement Steve, sans en avoir toutefois vraiment quelque chose à faire. Ses lèvres le picotaient trop pour qu’il arrive à se concentrer sur quelque chose qui n’ait pas les cheveux délicieusement châtains.
« Shérif, bonjour, salut, ça va ?
- Salut Steve. C’est plutôt à moi de te poser la question, on dirait que tu viens de te faire passer dessus par un tracteur.
- En quelque sorte… Vous voulez entrer ?
- Merci non, je reste pas. Je voulais juste te demander de passer au Nirvana à midi ; rien de grave, mais tous les habitants de la ville – enfin, tous ceux qui sont pas au Reservoir – sont convoqués.
- Ah bon ? Pourquoi ?
- M’en veux pas, soupira Shapiro, mais je préfère tout expliquer d’un coup. Alex est chez toi ? Il était pas chez son oncle.
- Ouais, et Betty aussi. Vous inquiétez pas, on sera là. »
Il prit congé du Shérif, et marcha lentement au milieu du salon, ne s’arrêtant que lorsqu’il entra stupidement en collision avec un mur bêtement mis là.

Epitaph
Epitaph
Niveau 10
23 mars 2007 à 19:51:31

La fenêtre était ouverte, le store à moitié baissé plongeant la chambre d’Alvaro dans une relative obscurité. Le lit était fait, de la veille, à en croire les chocolats posés sur l’oreiller – vert, c’était pour le mardi. La porte de l’armoire était également ouverte, laissant à la vue du New-Yorkais quelques vêtements et une valise, elle aussi ouverte – et vide. Il n’y avait rien d’autre dans le placard, rien sous le lit, rien dans la table de chevet, rien…
Dale s’immobilisa. Non, il n’y avait rien dans la table de chevet. Absolument rien, même. Pas même la bible dont était équipée la moindre chambre du plus petit hôtel du plus petit patelin. Il se remémora brièvement une plaisanterie de Valence, du service des écoutes ; demander s’il y avait une bible dans la chambre d’un hôtel était comme demander s’il y avait un lit. A défaut d’être drôle, ça avait le mérite d’être vrai. En l’occurrence, ça avait surtout le mérite d’être surprenant, de la part d’un soi-disant prêtre.
Il n’eut guère le loisir de pousser plus loin ses réflexion, qu’une main vint embrasser le rebord de la fenêtre. Si sa chambre ainsi que celle d’Alvaro étaient au rez-de-chaussée du Motel, le terrain à l’arrière de celui-ci était en pente, ce qui excluait d’office la première pensée qui avait frappé le New-Yorkais, à savoir que Dunant s’introduisait par effraction dans son propre Motel. Il fut à deux doigts de se mettre à rire en imaginant le nain grimper par la fenêtre et plonger dans la pièce, mais trouva plus judicieux de se retenir et de s’agenouiller derrière le lit.
Une seconde main vint rejoindre sa jumelle, tentant de hisser le reste du corps et de le faire basculer dans la chambre. Le sommet d’un crâne aux cheveux hirsutes se découpa bientôt dans l’ouverture, et l’homme tomba dans la chambre. Dale se rendit alors compte de deux choses ; un, l’homme n’était pas Alvaro Giovanni, deux, il était sacrément moche.

« FBI, cria-t-il en se révélant, plus un geste ! Les mains en l’air ! »
En plus d’être moche, l’homme était visiblement soit sourd, soit attardé ; s’il demeura immobile, ses bras continuèrent à se balancer bizarrement le long de son corps.
« Les mains en l’air, répéta l’agent fédéral, plus vite que ça ! »
Quelque chose clochait chez cet homme. Il n’était pas seulement laid – jugement de valeur qu’un agent expérimenté n’avait de toute façon pas à porter – mais il semblait… difforme. L’un de ses bras était de toute évidence plus long que l’autre d’une bonne douzaine de centimètres. Ses biceps, saillants comme ceux d’un haltérophile, semblaient également plus épais sur le bras droit. Et son visage, rouge comme s’il avait reçu un coup de soleil particulièrement violent, était boursouflé comme si une ruche d’abeilles s’était défoulée dessus. Ses veines pulsaient sous la peau de ses joues, et un mince filet de sang lui coulait du nez. Le plus effrayant était ses yeux ; agrandis, défoncés comme après un trip au LSD, froid comme ceux d’un mort et pourtant horriblement lucides.
« Mais qu’est ce que c’est que ça ? » fut la pensée qui traversa brièvement son esprit. Pourtant, il était inutile de se voiler la face ; il le savait. Même si le nommer était probablement d’une irrationalité folle, le mot s’était déjà imposé en tant que réponse : zombie.
Trois décennies de films d’horreur défilèrent devant ses yeux, et Dale commença à avoir vraiment peur ; sa nouvelle injonction mourut dans sa gorge. Ce qui fut probablement une bonne chose, sans quoi il n’aurait sans doute pas entendu la porte s’ouvrir. Au lieu de pivoter directement, il fit un rapide pas de côté, et tourna son arme vers le nouveau venu, à sa gauche – Alvaro Giovanni.
« Les mains en l’air ! » ordonna-t-il de nouveau, visant successivement Giovanni et l’autre, resté à sa droite.
Alvaro obéit, le regard fixé sur l’autre, toujours immobile.
« Vous devriez vous occuper de lui, conseilla-t-il d’une voix calme.
- Ouais, j’y penserai, répliqua Dale. En attendant, à genoux.
- Sauf votre respect, je préfèrerais pas, ça risquerait d’être inutilement dangereux. Et croyez-moi, ce type-là est pour l’heure votre plus gros souci. »

Il y avait quelque chose dans la voix calme, sincère et maîtrisée d’Alvaro qui donna envie à Chandler de le croire sur parole, et de loger une balle dans la tête de cet espèce de zombie. Cette même chose lui rappelait en même temps quel excellent menteur il avait fait jusqu’à présent.
Puis, sans un bruit, l’autre se mit à avancer vers Alvaro.
« Voilà, fit ce dernier, c’est pour ce genre de trucs que je voulais pas me mettre à genoux. »
Dale pointa de nouveau son arme sur l’intrus, et lui cria de s’arrêter. Il n’était plus qu’à deux mètres du prêtre lorsque l’agent du FBI lui logea une balle dans l’épaule.
« Je crois pas que ça soit d’un grand secours, commenta Alvaro, laconique. »
Et pour cause, puisque l’autre continua d’avancer. Chandler avait déjà vu ça, chez des personnes sous le coup de certaines drogues. Il aurait préféré ne pas en arriver là, mais…
Les deux balles partirent bruyamment, propulsant le torse de l’assaillant de quelques centimètres en arrière, à la façon d’un pantin désarticulé.
« Visez la tête ! » commanda Alvaro tendit que l’autre continuait d’avancer vers lui.
Incapable de réfléchir, et n’en ayant de toute façon pas vraiment le temps, Dale décocha deux balles de plus dans le cœur du type, qui ne s’arrêta cette fois pas même une seconde.
« La tête, bon Dieu ! reprit Alvaro. Le truc rond, là, sur les épaules ! »
Chandler finit par obéir ; son neuf millimètres brisa net l’os du crâne, qui sembla s’affaisser sur lui-même. Le type finit par tomber au sol, son sang retapissant progressivement le sol.
Dale, sentant l’adrénaline affluer, pointa son arme vers Giovanni.
« Faut qu’on parle, tous les deux.
- Je crois que ça va devoir attendre, rétorqua-t-il du même ton maîtrisé. D’autres arrivent. »
Dale suivit son regard jusqu’à la fenêtre ; une vingtaine de silhouettes avançaient rapidement en direction du Motel.

:(

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