Lentement ton coeur se consume et dans les enfers te plonge, tout ce qui appelle à respirer, répond à crever. La vie sans toi n´est rien, juste un chemin épineux sans rien à la fin...
Je suis seule ce soir, comme depuis déjà bien longtemps. Où es tu ? Loin, trop loin de moi, parti pour un endroit où tu n’as pas voulu de moi. Pourquoi ? Pourquoi m’as-tu abandonnée ?
Aujourd’hui ma seule compagne est la solitude qui s’insinue peu à peu dans ma vie, lentement, sournoisement, inexorablement. J’essaie pourtant de la fuir, mais c’est comme si elle et moi étions liées, et que rien ne peut me permettre d’y échapper.
Tu me manques... J´ai mal, mal au plus profond de moi, ma peine ne me quitte plus, je suis seule, je pleure, je t´en supplie reviens-moi. Je ferais tout pour que tu m´aimes, j´irais décrocher la lune, je vendrais mon âme à Satan, j´irais périr dans les flammes, juste pour toucher ton corps, encore et encore.
Mais tu n´es pas là, tu n´es plus là. De toi il ne me reste que des souvenirs, des bribes de conversations, des miettes de nous, des instants de bonheurs aujourd´hui étiolés. Et il me reste la douleur. Celle qui brise mon coeur en morceaux, qui s´installe partout dans mon corps, qui m´empêche de dormir et manger, et qui me fais vomir sous l´effet de l´angoisse.
Et pourtant, j´aimerais te détester mais je n´y arrive pas, je ne peux que continuer à t´aimer, et espérer que tu reviennes. Mais la réalité est bien loin de mon utopie. Parce que tu m´as laissée, et que je ne peux plus combler ce manque de toi, de souvenirs, de notre complicité passée et désormais fanée.
Ne me quitte pas... Je t´ai tant supplié avec ces quelques mots, mais tu as été intransigeant, des chances j´en avais déjà eu, tu avais pris ta décision, ta vie continuerait sans moi.
Alors pendant ces longs mois j´ai attendu que tu reviennes, que tu t´aperçoive que je te manquais et enfin, ce soir, tu es revenu.
Tu es là. Après tant d´attente nous nous retrouvons. Je me sers contre toi, tu es un peu froid avec moi mais qu´importe, je t´aime. Je presse mes lèvres contre les tienne, et déjà les frissons parcourent mon corps. Ta langue s´insinue dans ma bouche, elle cherche la mienne et enfin elles se retrouvent. Tu me prends dans tes bras, et la plénitude s´installe enfin en moi. Je suis heureuse. Ce soir, mon esprit et mon corps ne veulent faire plus qu´un avec toi, je veux redécouvrir l´alchimie étrange qu´il y avait quand nos deux être se mélangeaient.
Je pose ma tête sur ton épaule, je me sens si bien. Lentement, tes mains se posent sur mon corps, elle caressent mes bras, mon dos, je soupire, tu m´avais tant manquée.
Puis tes doigts glissent lentement sous mon chemisier, rencontrent la barrière de mon soutien-gorge, mais très vite celui-ci est oublié. Nous nous allongeons sur le lit, je suis à demi nue, tu me contemples. Sous ton regard je rougis, mais je me sens belle. Timidement tu poses ta main sur mon ventre, je souris, on dirait que c´est la toute première fois que tu touches une femme. Tes mains sont fraiches, ce qui contraste avec mon corps si chaud qui n´attend qu´une chose. Enfin tu me caresses. Je ne peux m´empêcher de gémir sous ce frôlement, celà fait si longtemps... Je me laisse aller, je ne pense plus à rien si ce n´est au plaisir qui m´envahit petit à petit. Pendant quelques minutes tu ne dis rien, puis tu hésites et je sens que tu veux parler. Peut-être es tu déjà en train de regretter. Alors je secoue la tête, je dois avoir l´air pitoyable puisque tu poses ton doigt sur ma bouche et me regarde avec cet air qui veut dire "on en parlera plus tard". Une larme coule le long de ma joue, tandis que ta bouche descend le long de ma gorge et que ta langue rencontre mes seins. Je tressaille à ce contact et je m´abandonne à toi, à ce plaisir qui monte encore et encore sans jamais s´arrêter.
Tu déboutonnes fiévreusement mon pantalon, j´en fais de même et enfin nous sommes nus.
Je t´aime. J´aimerais te le dire mais les mots ne veulent pas franchir mes lèvres, alors je me contente de te le dire en silence, comme une longue litanie. Et tes mains continuent de parcourir mon corps, elles caressent mon dos, mes fesses, mes hanches, mon ventre, s´attardent sur mes jambes, puis enfin elles remontent. Nos êtres sont fébriles, ce soir plus rien ne va compter que l´extase que nous allons enfin retrouver.
Tes doigts se logent enfin en moi, je soupire, je t´aime. Lentement je retire ta main de mon sexe, et je m´allonge sur toi. Je t´embrasse, je suis folle de toi, tu es tout pour moi. Ma bouche court le long de ton corps pour enfin arriver à la source de nos désirs, à laquelle j´étanche ta soif d´amour.
Tu frémis à ce premier contact, tandis que ma tendresse s´exprime avec toujours plus de vigueur. Mon désir s’accroît alors, et quand mes yeux amoureux rencontrent ton regard langoureux, tout s’accélére.
Je t´aime. C´est sur cette dernière pensée que je m´endors, blottie contre toi. La nuit s´écoule lentement, pour la première fois depuis tant de mois, je dors enfin serainement.
Mais quand je me réveille, tu as disparu. Mon ventre se noue déjà à l´idée que tu m´aies à nouveau abandonée. Non c´est impossible, tu n´as pas pû me faire ça mon Amour, pas après ce que nous venons de vivre. Je fais le tour de la maison, toujours en proie à cette angoisse qui grandit en moi. Je t´appelle, je crie, la panique me fait perdre tout contrôle. Je sors précipitamment, je suis pieds nus mais qu´importe, il faut que je te retrouve.
Alors je cours, encore et encore sans jamais m’arrêter. Ce n’est plus mon esprit qui guide mon corps mais mes jambes. Je ne sais pas où elles m´emmènent mais je n´ai pas le choix, elles m´imposent ce chemin.
Puis soudain je m’arrête. Je viens d’arriver à destination, je le sens, je le sais. Je pénètre dans un jardin, parcours quelques allées. Je m´agenouille, je suis seule, pourquoi m´as tu quitté, les larmes tombent. Larmes de désespoir et de détresse qui maintenant, coulent sur le marbre de ta tombe.