Ils ont pas complètement tort à vrai dire, la sommation de séries divergentes (aka le fait de donner aussi brutalement un sens à des sommes infinies qui a priori n'en ont pas, contrairement à 1 + 1/2 + 1/4 + 1/8 + ... qui elle en a un sans ambiguïté) est un sujet qui intéresse des gens en physique théorique, me semble que les physiciens appellent ça la "renormalisation".
Si je me souviens bien, le point de départ est une EDP dépendant d'un paramètre, dont la solution est connue analytiquement quand le paramètre vaut, disons, 0 pour fixer les idées. L'intuition physique veut que lorsque le paramètre est petit, les solutions doivent être pas trop loin de la solution pour la valeur nulle du paramètre, du coup on commence à faire un développement de Taylor en le paramètre du style :
f^(eps)(t,x,v) = f_0(t,x,v) + eps*f_1(t,x,v) + ...
ce qui donne, l'EDP étant telle que le développement à tout ordre a un sens, une série
formelle
en le paramètre epsilon. Or, la subtilité dans l'affaire, c'est que moralement, les séries de ce style qui convergent au sens classique du terme (cv uniforme, cv dans un L^p, ce qu'on voudra) sont rares, très rares. Ce qu'on obtient en réalité, c'est une fonction seulement C^infini mais pas analytique. Conséquence : le terme de reste, bien loin de décroître, tend au contraire vers +inf assez méchamment. Pourtant, la série tronquée (le DL quoi) a un sens à tout ordre, pourvu que cet ordre soit fini.
Après j'ai pas les détails, mais m'semble les physiciens trouvent des astuces pour sommer tout ce fatras dans le bon ordre de manière à faire se compenser les parties divergentes.
Si Sas' est de passage, il aura ptet' une idée.
Ah et Blue : si des expressions du style "développement de Chapman-Enskog" te viennent à l'esprit, c'est normal, c'est dans la même veine. 