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Liste des sujets

Gbagbo

ougrioum
ougrioum
Niveau 45
28 décembre 2010 à 20:18:00

Qu'a bien pu faire Gbagbo pour soudainement déplaire à la France ?

En général, on sait ce qui se passe quand la France (ou un autre pays selon la sphère d'influence, ou parfois l'ONU) décide de changer de président.
Par exemple, le dernier président Nigérien qui a parlé de remettre en cause le monopole d'Areva sur l'uranium s'est fait remplacer illico par un coup d'Etat évidemment "populaire".

Mais pour Gbagbo, on ne sait pas encore ce qu'il a fait au juste.
Ces petites querelles récurrentes avec la France depuis quelques années ne semblaient pas suffire à le faire détroner, et je ne pense pas que la situation actuelle soit simplement due au fait que la coupe soit pleine côté français.

A votre avis ?

ougrioum
ougrioum
Niveau 45
28 décembre 2010 à 20:50:26

Bah ?

La Françafrique n'a pas l'air de vous passionner :(

eaglescrown
eaglescrown
Niveau 8
28 décembre 2010 à 21:17:09

Gbagbo a gagné les élections en 2000 contre le général guéï qui avait fait un coup d'état à l'encontre du président Henry Konan Bédié.

Le pouvoir en place de Laurent Gbagbo a subit une rébellion en 2002, le pays a été coupé en deux suites à cet évènement. Les militaires français ont aidé le gouvernement gbagbo en arrêtant les rebelles, mais Gbagbo Laurent aurait voulu que ceux-ci mettent fin à cette scission réprimant la sédition, ce qui n'a pas été fait.

En 2004, Gbagbo s'étant réarmé, il a alors entreprit de s'attaquer aux rebelles en allant à l'encontre des accords de paix entre les deux parties.

La France était contre cette entreprise. la base Française de Bouaké dans la partie Nord rebelle du pays a été bombardée par les avions du gouvernement légitime faisant 9 morts côté Français. Cette évènement a marqué une réelle rupture entre les relations Gbagbo/France au niveau politique. Il s'en est suit que l'armée Française à neutraliser tout la flotte Ivoirienne. Gbagbo a répondu en mettant ses jeunes dans la rue, il y a une seule chaine de télévision en Côte d'Ivoire, il a utilisé cette chaîne pour instrumentaliser la quasi-totalité des ivoiriens contre la présence des Français en côte d'ivoire. ( 22 000 environ à cette époque )

Plusieurs milliers de Français ont du revenir vers la métropole car ils ont été la cible des partisans de Gbagbo : maisons pillées, entreprise saccagées etc ...

c'est trop long et compliqué, ça fera un gros pavé si je fait l'historique complètement.

L'actuelle opposant de Gbagbo est Alassane Dramane Ouattara, qui a fait ses études aux états-unis, très brillant, il a été directeur adjoint au FMI ( un peu ce que DSK faiten ce moment ), et il a occupé plusieurs poste en Afrique. ça femme est juive, et est une très bonne amie à Cecilia Sarkozy. L'homme beaucoup de relation au niveau international d'où son soutient par la communauté inter.

Pour rpondre à ta question, en gros Gbagbo est moins pro-français et ouvert sur l'international que Alassane Ouattara.

c'est un petit résumé, mais c'est bien plus complexe. j'ai habité en côte d'Ivoire de 1995 à 2008. J'y suis née en 1990. :ok:

Anken
Anken
Niveau 10
28 décembre 2010 à 21:19:15

Si c'est pour une autre raison, qui est cachée, il y a peu de chances qu'on soit au courant :non:

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
28 décembre 2010 à 21:26:17

On a le droit de manger aussi :p)

Gbagbo a quand même réussi le tour de force de foirer en beauté. Devant des journalistes, l'un de ses partisans a empêché physiquement la CEI de proclamer les résultats, pour que le Conseil Constitutionnel (dont 7 membres sur 8 sont des proches de Gbagbo quand même, ces sept ayant été nommés par lui ou par Koulibaly qui est l'un de ses lieutenants politiques...) valide l'élection en faveur de Gbagbo.

Le truc, c'est que des tricheries, il y a pu en avoir, dans les deux camps. Le coup de génie de Ouattara, c'est de respecter les formes, de ne pas tenter l'épreuve de force pour le moment, quand bien même il aurait pu aller directement au conflit grâce au soutien des Forces Nouvelles tandis que Gbagbo ne semble plus avoir énormement de soutien de poids, hors l'armée qui semble donc être son seul moyen de se maintenir au pouvoir...

Darkman01
Darkman01
Niveau 10
28 décembre 2010 à 21:26:19

eaglescrown, très intéressant, merci. :)

deMoneys
deMoneys
Niveau 9
28 décembre 2010 à 22:04:09

On sent bien bien que le Outtare était un copain des américains et des français, a la gueule des techniques médiatiques utilisées pour nous convaincre que Gbagbo est un méchant. Rien que pour ça il a mon soutien.

Darkman01
Darkman01
Niveau 10
28 décembre 2010 à 22:09:26

Il est plus ouvert aux chinois aussi.

_Socialiste_
_Socialiste_
Niveau 5
28 décembre 2010 à 22:16:03

Oui merci beaucoup eaglesclown, très intéressant en effet.

Après le problème en côte d'ivoire c'est qu'on ne peut pas vraiment dire qu'on en soutien un plus qu'un autre, car c'est un choix entre la peste et le choléra.

ougrioum
ougrioum
Niveau 45
29 décembre 2010 à 01:59:50

On essaye de foutre l'ancien PDG de la Cote d'Ivoire à la porte pour le remplacer par un plus efficace, mais comme il a encore plein d'actions, c'est pas évident on dirait.

Mais ca me parait bizarre : on sait bien qu'il ne suffit pas de "perdre" les elections pour perdre le pouvoir en Afrique.
En général, il y a un casus belli quand ca commence à partir en quequette pour un dirigeant.

Peut-être que d'ici quelques mois on en saura plus.

[Plutonium]
[Plutonium]
Niveau 10
29 décembre 2010 à 09:05:34

On met les deux dans une arène, une machette chacun, et enjoy on prend les paris :noel:

Car sinon, c'est la population qui va se finir à la machette. :(
De toute façon c'est le problème habituel en Afrique : ils souhaitent jouer aux grands, version démocratie occidentale, jusqu'aux élections c va, mais quand vient lejour de l'élection, la tribalité reprend le dessus. Et vas y que je te bourre les urnes, et vas y que je corromps lui et lui...

Car hormis la présentation intéressante d'un des VDD, c'est donc toujours la même histoire : des luttes ethniques de gens qui ne se reconnaissent pas de la même nation que les autres, opposition des deux ethnies majoritaires dont j'ai oublié le nom, les musulmans du Nord ( Ouatarra) et les chrétiens du sud.

De toute façon tous ces dictateurs ou du moins présidents arrivés de façon plus ou moins claires au pouvoir sont tous plus corrompus les uns les autres, dans leurs délires de mégalomanie.
J'entendais l'interview il y a quelques jours de Gbagbo où il avouait qu'il avait perdu, en jouant en gros sur l'aspect de la légitimité / légalité, où il disait que lui seul était légitime et pas l'autre. Or si il en vient à ça, c'est sous entendu " il a été élu, mais c'est mois qui aurait du l'être donc je reste"

Mat_Cauthon
Mat_Cauthon
Niveau 10
29 décembre 2010 à 09:08:58

On procède à l'életion d'un 3ème homme parce que Ouattarra et Gbagbo ne sont plus crédibles :)

Yuyu
Yuyu
Niveau 10
29 décembre 2010 à 09:10:06

Merci eaglescrown, j'y vois plus clair desormais.

ougrioum
ougrioum
Niveau 45
29 décembre 2010 à 11:09:30

Au lendemain du deuxième tour de l’élection présidentielle du 28 novembre dernier, le pays s’est réveillé avec deux « présidents » à sa tête.
L’un, Alassane Ouattara a été proclamé vainqueur par la commission électorale (la CEI) et par l’ONU avec 54% des voix ; l’autre, Laurent Gbagbo a été désigné victorieux par le Conseil constitutionnel ivoirien avec 51,4% des voix. Voilà donc deux gros « crocodiles » en lice dans le « marigot du pouvoir ivoirien » et prêts à s’entre-dévorer.
Pourtant il s’agissait, paraît-il, d’un processus électoral « normal » selon le Conseil de sécurité de l’ONU qui a « salué l’annonce des résultats du deuxième tour de l’élection présidentielle qui s’est tenue dans un climat démocratique (…), élections libres, justes, transparentes (sic)».

La réalité est évidemment toute autre. Cette élection n’a été qu’une sinistre farce qui a déjà fait 55 morts et 504 blessés (cf. Le Monde du 08/12/10). En effet, après le Congo, le Kenya, le Zimbabwe, le Togo, le Gabon et la Guinée tout récemment, c’est autour de la Côte d’Ivoire d’entrer dans l’arène sanglante que représente ce genre d’élections où le futur vainqueur est désigné d’avance par lui-même ou avec la complicité de ses parrains impérialistes. Et comme toujours dans pareil cas, les protagonistes règlent leurs comptes par massacres interposées.
La situation actuelle de la Côte d’Ivoire ne peut que rappeler la séquence morbide précédente, en 2002, où l’élection présidentielle s’était conclue par des tueries en masse et un coup de force militaire avec, à la clef, des années de terreur et la coupure du pays en deux, entre le Nord et le Sud. Depuis cette époque, les cliques ivoiriennes (gouvernement comme ex-rebelles) ont confisqué à leur seul profit les ressources se trouvant dans les zones sous leur contrôle respectif. Surtout, ces criminels puisent dans cette manne pour acheter massivement des armes en vue de poursuivre leur luttes concurrentielle vers le pouvoir. Il va sans dire que cela se fait au détriment de la population dont plus de 50 % vit avec moins de 2 dollars par jour. De surcroît, cette population est régulièrement la proie de rackets et de meurtres. Aujourd’hui, avec ces nouvelles élections, toutes les conditions sont réunies pour des massacres d’une ampleur encore plus dramatique.

De son côté, Alassane Ouattara, se prépare aussi à en découdre et compte sur ses partisans dits « forces nouvelles » qui viennent d’annoncer qu’ils ne resteront pas longtemps bras croisés si Gbagbo reste au pouvoir. De même, Guillaume Soro, nouveau premier ministre d’Ouattara dit son intention d’aller « déloger » Gbagbo (dont il était le premier ministre jusqu’au début des élections). Bref, chaque camp actionne ses chiens sanglants, les escadrons de la mort et autres porteurs de machettes. Mais surtout, chacun compte sur ses soutiens impérialistes à commencer par les grandes puissances en quête du « butins ivoiriens », en particulier la France.

Il suffit de voir comment l’affaire ivoirienne mobilise toute la sphère de la bourgeoisie française pour se rendre compte de l’importance de l’enjeu qui se joue dans cet ancien pré-carré de l’impérialisme français. Depuis l’éclatement de sa « vitrine économique » début 2000, entraînant au passage sa perte de contrôle sur les acteurs locaux, l’impérialisme français se démène pour garder coûte que coûte son influence dans ce pays incarnées par les grandes sociétés comme Bouygues, Total, Bolloré, etc. Ce sont ces sociétés qui constituent la colonne vertébrale de la « Françafrique » en Côte d’Ivoire où les intérêts privés et intérêts étatiques fusionnent comme le montre plus particulièrement la relation incestueuse entre Bolloré et l’Etat français.
Mais la France est mal armée, faute d’appuis sûrs sur place. C’est pourquoi, formellement, elle affiche son soutien à Ouattara le candidat « démocratiquement élu » mais en coulisses, jusqu’à l’annonce des résultats définitifs, Sarkozy n’a pas cessé de « rassurer » Gbagbo pour que celui-ci préserve les intérêts français sur place. Et, c’est en parfaite connaissance de la fragilité du positionnement de la France que Gbagbo traditionnellement proche du PS a décidé de faire « chanter » les autorités françaises en brandissant ses appuis chinois devant leurs yeux. Et effectivement, la France a dû finalement déclarer publiquement sa « neutralité », disant qu’elle n’avait pas de « candidat » parmi les postulants. En somme, il s’agit pour elle de miser sur les deux tableaux, mais sans aucune garantie de succès pour autant.

En fin de compte, derrière ces manœuvres et les appels au « respect des résultats des urnes », on voit en réalité des charognards criminels qui poussent à l’implosion du pays et aux massacres de masse de la population, avec comme conséquence l’extension d’un chaos sanglant dans toute la région.

[Plutonium]
[Plutonium]
Niveau 10
29 décembre 2010 à 12:16:30

Il est tiré d'où cet article stp Ougrioum ?

ougrioum
ougrioum
Niveau 45
29 décembre 2010 à 12:38:00

Ce n'est qu'une partie de l'article.

Ca vient d'un ami à moi qui est à Abidjan.

Anken
Anken
Niveau 10
12 janvier 2011 à 19:17:01

interview de gbagbo sur canal en ce moment :oui:

LordActon
LordActon
Niveau 9
12 janvier 2011 à 19:52:35

Un point de vue très intéressant :

L'Afrique Réelle N°12 - Décembre 2010

Editorial :

En Côte d’Ivoire, le premier tour des élections présidentielles avait fait apparaître un pays coupé en trois, la coalition Kru Lagunaires de M. Gbagbo totalisant 37% des voix, le parti Baoulé 25% et l’ensemble nordiste 33%. Au second tour, M. Ouattara l’a emporté après qu’eut été reconstituée autour de sa candidature l’alliance entre Baoulé et Nordistes qui avait jadis permis au président Houphouët-Boigny de gouverner. Dans un réflexe de survie, M. Gbagbo a alors fait un coup d’Etat et mis le pays en situation de quasi guerre civile. La « communauté internationale » est la grande responsable de ce gâchis pourtant prévisible. Après la partition du pays intervenue à la suite des évènements de 2002, elle a en effet voulu, au nom de la démocratie et de la « bonne gouvernance », contraindre au dialogue, à la réconciliation, à la réunification et au partage du pouvoir des populations qui n’avaient jamais eu de passé commun. Postulant que la paix allait sortir des urnes, elle a englouti des sommes considérables dans un processus électoral bancal. Le résultat de cette cécité ethnologique et politique est catastrophique.

Les positions des deux camps sont en effet inconciliables car elles sont ancrées sur des mentalités inscrites dans la longue durée. Pour les Kru du sud forestier, ensemble ethnique auquel appartient M. Gbagbo, les Nordistes forment un monde rattaché à l’univers du Sahel. Selon eux, ce vaste ensemble malinkédioula-mossi, rêve de reprendre vers le Sud une expansion bloquée durant la parenthèse coloniale. La coupure Nord-Sud entre le monde sahélien, ouvert et structuré en chefferies ou en royaumes d’une part, et le monde forestier littoral peuplé d’ethnies à la géopolitique cloisonnée d’autre part, est bien la grande réalité géopolitique régionale[1].

La priorité est désormais de tenter de circonscrire l’incendie afin d’éviter son extension à toute l’Afrique de l’Ouest, tant les imbrications ethniques y sont importantes. Le problème est que la question ivoirienne étant d’abord ethnique, sa résolution ne passe certainement pas par une artificielle recomposition démocratique à l’ « européenne », mais bien par une redéfinition de l’Etat. Comme il n’existe plus de fédérateur et que tous les dirigeants politiques sont discrédités, tout replâtrage faussement consensuel avec un gouvernement dit d’ « unité nationale », ne serait qu’une solution artificielle, fragile, provisoire et porteuse d’embrasements futurs. Dans ces conditions, et dans l’état actuel de la situation, la seule issue réaliste n’est-elle pas la reconnaissance de la partition entre des Nord pro-Ouattara et des Sud pro-Gbagbo ? Plus tard, peut-être, une nouvelle union pourrait naître, mais sur des bases solides, c'est-à-dire dans le cadre d’une confédération à définition clairement ethnique.

Dans l’immédiat, maître du pays Kru et du cordon littoral peuplé par ses alliés Akié, Abouré et autres Lagunaires, Laurent Gbagbo contrôle la Côte d’Ivoire « utile ». Grâce aux revenus du pétrole, du café, du cacao, des ports, appuyé sur l’armée et la gendarmerie, il va tenter de contraindre les acteurs économiques internationaux à composer avec lui. Jouant la carte nationaliste il va s’opposer avec virulence au « diktat » de l’ONU et accusera tout particulièrement la France, bouc émissaire idéal. Mais dans ce très périlleux jeu du « quitte ou double », il n’est pas certain qu’il ait toujours avec lui sa chance légendaire… Quant à Alassane Ouattara, chef de l’Etat légitime mais désarmé, il n’est encore que le « roi de Bourges » d’un Nord déshérité et il risque d’apparaître bientôt aux yeux des Ivoiriens comme l’homme de l’étranger. Le temps jouant contre lui, il est donc condamné à brusquer les évènements. En a-t-il seulement les moyens ?

Bernard Lugan

[1] Accrochés d’une manière pathétique à leurs vieilles croyances « new age » et post-marxiste, Jean-Loup Amselle, Jean-Pierre Chrétien et Elikia M’Bokolo du CNRS soutiennent que les ethnies sont des créations coloniales. Plus encore selon Jean-Loup Amselle, la notion même de Sahel est le produit de la colonisation. Dans la même veine il serait possible de soutenir que le phénomène des grandes marées en Bretagne est une conséquence de l’occupation allemande de 1940…

http://bernardlugan.blogspot.com/2010/12/lafrique-reelle-n12-decembre-2010.html

vidéo ici :

http://bernardlugan.blogspot.com/2010/12/bernard-lugan-analyse-la-crise.html

Fouine-Polaire
Fouine-Polaire
Niveau 10
12 janvier 2011 à 19:56:45

J'aime beaucoup Bernard Lugan, il fait des très bonnes analyses :oui:

On ne l'entend pas assez à la télé, les seules fois où je l'y ai entendu c'était chez R.Ménard sur iTélé.

Artaeus_074
Artaeus_074
Niveau 10
12 janvier 2011 à 21:55:35

En fait l'Afrique, ça ne concerne pas les africains, juste les démocraties occidentales. Je ne soutiens personne, mais il faudrait laisser l'Afrique se débrouiller seul.

Je trouve consternant l'acharnement des médias contre ceux qui ne font pas ce que les doctrine pro-ONU, pro-Mondialisation dissent.

En fait on fait gagner celui qui nous plait ? :hap:

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