C'est avec beaucoup de tristesse que j'ai appris hier soir le décès de Georges Frêche. Il était en quelque sorte mon modèle de gauche. Son bilan politique est bien sûr plus que positif et n'est en aucun cas contestable. Il a considérablement transformé la ville de Montpellier en la rendant dynamique et attractive. Sa carrière politique traduit son génie qui a réussi à le faire durer plus de 40 ans dans le monde impitoyable de la politique. La seule chose que l'on peut regretter, c'est qu'il ne fut jamais ministre sous Mitterrand. Probablement que ce dernier en avait trop peur.
L'ancien baron du Languedoc-Roussillon était un gaulliste dans la mesure où il était visionnaire et patriote. C'est peut-être pour cela qu'en apprenant sa mort hier soir j'ai tout de suite pensé au récent décès de Philippe Seguin. Georges Frêche était un grand homme de gauche au sens positif du terme. Ce qui me plaisait beaucoup chez lui, c'est qu'il avait le courage de se démarquer constamment par ses propos parfois plus ou moins vrais. Anticonformiste et politiquement incorrect confirmé, tout au long de sa carrière politique il n'a cessé de dire ce qu'il pensait sans concession. Et c'est plutôt rare en politique d'être franc en disant ce que l'on pense vraiment. A droite comme à gauche, les bien-pensants sont nombreux et les quelques personnes qui ont ce courage de se démarquer et de s'émanciper sont forcément étiquetés.
Mais Georges Frêche c'était aussi l'homme aux propos controversés, le provocateur qui n'avait pas peur de la polémique. On s'en souvient encore, à chacune de ses déclarations, l'opinion publique et les politicards étaient outrés de son comportement. Mais comme la si bien dit Hélène Mandroux "40 ans d'une vie politique ne se résument pas à quelques phrases." Ce qui est le plus amusant aujourd'hui, c'est de voir ses pourfendeurs lui rendre des hommages exagérés. Ceux ci feraient mieux de se taire. Ces derniers se ridiculisent une fois de plus en jouant les hypocrites et renforcent donc leur statut de bien-pensants.
Nous avons besoin de ce genre de personnes en politique. Ces gens là sont indispensables puisqu'au delà de représenter une certaine catégorie de la population, ils savent s'imposer et sont donc nécessaires en politique. En effet, durant les commissions, réunions et assemblées, ce sont eux qui ont le plus souvent le dernier mot et qui ont le courage d'aller jusqu'au bout pour porter leurs projets. Frêche avait beau avoir une attitude désinvolte qui choquait les plus sensibles, il n'en reste pas moins un des rares a avoir été le plus à l'écoute des gens et à prendre en compte leurs revendications. Au final, le fait de toujours avoir ce comportement naturel et abrupt lui a permis de renforcer la complicité entre lui et ses électeurs qui se reconnaissaient à travers ce qu'il représentait. Son courage et son honnêteté politique étaient incontestables. En outre, c'était quelqu'un de simple qui n'était absolument pas frimeur ni bling-bling. Il avait compris depuis longtemps que la simplicité et le franc-parler seraient la clé de sa réussite politique.