http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/europe/article7100943.ece
La différence entre les droits-libertés et les droits-créances ou pourquoi voler son voisin n’est pas un droit de l’Homme
Il faut faire la distinction entre les droits de faire quelque chose (par exemple le droit d’expression), et les droits qui impliquent que d’autres fassent quelque chose pour vous, en pratique par la coercition exercée par l’État (par exemple le droit au tourisme). On appelle parfois les premiers « les droits de », et les seconds « les droits à ». Raymond Aron parlait de droits-libertés et de droits-créances.
La déclaration des droits de l’homme de 1789, d’inspiration libérale, contient surtout des droits du premier type, alors que celle de 1946, d’inspiration marxiste, contient surtout des « droits à ». Il s’agit non plus de libertés de faire, mais de droits à des biens qu’il faut produire et financer, ce qui implique des impôts, des percepteurs, des administrations, des lois, des règlements, et finalement qu’on s’en prenne aux propriétés et aux libertés qui font partie des droits légitimes des individus. C’est la légitimisation du vol et de la prédation, sous prétexte de justice sociale ou d’égalité.
Comme l’explique Henri Lepage, cela aboutit à « une philosophie subjectiviste du droit, où chacun a en quelque sorte droit à tout ce qu’il désire pour autant qu’il réussit à en convaincre ceux qui maîtrisent l’agenda politique. Apparemment, on a droit à ce qu’on veut, et ce qu’on veut a droit d’être reconnu comme un droit universel de l’homme. »