"La prohibition entraîne :
- Des crimes et violences commises dans la rue par les dealers et usagers.
Un des défauts majeurs du marché noir est la difficulté de résoudre pacifiquement les conflits qui émergent entre les producteurs et distributeurs ou entre demandeurs et offreurs. Les usagers eux-mêmes, à la recherche de fonds pour financer leur consommation de drogue, commettent des délits souvent accompagnés de violence.
- Des produits dangereux et de faible qualité offerts à la consommation.
Faute d'un contrôle de la qualité des produits offerts sur le marché noir, la prohibition tue les usagers eux-mêmes par overdose. Les drogués usent de seringues. Comme il est interdit d'acheter librement et anonymement (dans un super marché) des seringues, les drogués se les revendent ou se les partagent. L'épidémie du SIDA frappe les drogués autant sinon plus que les transfusés.
- Les sommes dépensées dans la lutte contre la drogue ne sont plus disponibles pour assurer la sécurité des citoyens face à d'autres activités criminelles.
La lutte contre la consommation de drogue a surchargé les prisons. La capacité des prisons est telle que l'on est obligé de raccourcir les peines et de relâcher les criminels plus rapidement que l'on désirerait. Le séjour en prison même une école du crime. Le drogué va y apprendre comment commettre des forfaits pour financer son vice. Devant ce phénomène, les juges hésitent à mettre en prison et mettent des sanctions peu sévères. Mais lorsqu’ils agissent ainsi, ils diminuent l’efficacité de la répression.
- La corruption
Un des aspects les plus dangereux de la prohibition est de créer un marché noir où des sommes fabuleuses sont échangées. Les trafiquants peuvent alors corrompre qui ils veulent: juges, policiers, hommes politiques, hommes d'Etat.
- La violation des libertés individuelles par les policiers eux-mêmes alors qu'ils sont en charge de les protéger.
Le renforcement de la répression conduit à des privilèges et des excès qui sont un danger pour les libertés civiles. Les douaniers, les policiers et les gendarmes peuvent vous arrêter sur le territoire, organiser une fouille, vous obliger à un test d'urine, même vous contraindre à aller à la selle avec un laxatif s'ils soupçonnent que vous êtes un usager, un revendeur ou un trafiquant transportant de la drogue par ingestion. Ils se déguisent eux-mêmes en trafiquants et revendeurs pour mieux repérer les réseaux. Ils peuvent mettre sur écoute votre domicile privé, avoir accès à votre compte en banque sans votre consentement, ils achètent même de la drogue pour remonter les filières etc.
- La destruction de l'environnement urbain dans les banlieues pauvres.
La prohibition a un effet dévastateur sur les banlieues où vivent des minorités et des immigrés récents. Elles créent des ghettos. Quand les jeunes dealers sont ceux qui dans la communauté gagnent le plus d'argent, ils montrent que la criminalité, est une activité plus rémunératrice qu'un travail légal. Elle détruit l'ordre naturel de la communauté. Ce sont les jeunes criminels qui font la loi. Quelle autorité peut avoir des parents d'un enfant de 16 ans qui paie le loyer de sa famille simplement avec son argent de poche?
Comment un instituteur ou un enseignant peut-il convaincre qu'il est bien d'aller à l'école pour avoir un travail alors que ceux qui ne vont pas à l'école roulent en BMW? " (bl)
Frédéric Bastiat écrivait en 1850 dans Harmonies économiques :
" Alors même qu'une action, une habitude, une pratique est reconnue mauvaise, vicieuse, immorale, par le bon sens public, quand il n'y a pas de doute à cet égard, quand ceux qui s'y livrent sont les premiers à se blâmer eux-mêmes, cela ne suffit pas encore à justifier l'intervention de la loi humaine. Ainsi que je l'ai dit tout à l'heure, il faut savoir de plus si, en ajoutant aux mauvaises conséquences de ce vices les mauvaises conséquences inhérentes à tout appareil légal, on ne produit pas, en définitive, une somme de maux, qui excède le bien que la sanction légale ajoute à la sanction naturelle. " (bl)
Voilà qui devrait ramener certains à la réalité. 