« Ce que j´appelle l´état de nature c´est les relations entre deux entités (disons plus simplement deux communautés) qui ne sont soumises entre elles à aucune loi ou sont incapables de les faire respecter, ce qui revient au même. Cet état n´a rien d´hypothétique et, jusqu´à l´avènement récent d´institutions supranationales, était une réalité concrète. Réalité concrète à partir de laquelle ont réfléchi des philosophes comme Hobbes ou Spinoza. »
C’est un problème ce genre de conception. Comment peux tu postuler qu’il y a un état de nature anomique ? Si il y a entité, communauté il y a norme. Premièrement interdiction de l’inceste, du meurtre, etc. etc. Là on peut renvoyer à ce qui ne font que lire, aux ouvrages de Lévi Strauss et de Mauss peut être.
Je crois qu’il faut saisir, qu’à partir de moment ou il y a homme, il y a communauté. Et qu’à partir du moment où il y a communauté, il y a règle.
C’est un processus induit par la communauté, elle se réfère, se structure par rapport à des normes, et des valeurs communes.
« Ensuite, je ne vois pas l´intérêt de faire une étude sociologique du phénomène qu´est la nation, je ne le traite que dans la mesure où cette nation a des attributs judiciaires et des prérogatives guerrières »
Encore un problème, la Nation n’as pas cette prérogative guerrière. L’état peut l’avoir sous l’égide d’une théorique volonté de la nation. Tu ne peux pas en plus préjuger de l’existence d’un individualisme volonté et conscient en ignorant le problème de représentativité de la nation et de l’état.
Vois tu ou je veux en venir avec ces définitions ? L’état n’est pas la Nation et inversement.
« Quelque soit la langue que ces gens parlent ou leur culture, leur association leur confèrera toujours les mêmes droits. »
Sans certitude, car il faut qu’il y ait sentiment d’appartenance. C’est hypothétique de penser la Nation comme une notion fixe et inamovible. Nation, culture, reconnaissance communautaire, à mon avis ça ne va pas forcement ensemble.
« Pour la volonté de la nation, elle n´est rien d´autre que celle de ses dirigeants. Dans nos états démocratiques, la volonté de la nation est la volonté du peuple »
Bon là je vais contester pour contester enfin presque, je me permet de te renvoyer à Tocqueville et à la « tyrannie de la majorité »
Tu cites Montesquieu c’est bien, mais je pense à une chose tu peux rester dans les clous de Bentham. Seulement il y a un problème dans les faits. La puissance n’est pas l’égalitarisation des conditions de vie, ça n’est pas non plus la lutte contre les inégalités. Même si je sais bien que pour vous, mes chers libéraux, les inégalités sont normales, même signe de santé économique et totalement tolérable…
Ensuite, la concurrence qui engendre la démocratie, y a une grosse erreur chronologique, historique à mon avis.
Comme le disait Gijoe il y a quelques jours sur un autre sujet, la concurrence n’apparaît que tardivement d’un point de vue historique. Disons pour être généreux au 16éme…
Et le pouvoir du citoyen que tu décris me semble relativement limité. Dans l’ère de l’argent inquantifiable, il me semble que toutes mesures à une échelle citoyenne est ridicule. Même Bill Gate est ridicule à l’échelle mondiale… Et je ne vois toujours pas le liens avec la liberté, tu peux développer ça s’il te plait ?
Et puis tu cites Bergson, je te conseil alors de relire sa définition de la liberté^^, elle est en léger désaccord avec la liberté théorique induite par la concurrence…
Et puis il persiste le problème de l’asservissement au travail, de l’aliénation à la productivité.
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