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La Concurrence

-dr_thrawn-
-dr_thrawn-
Niveau 9
12 juin 2007 à 19:24:58

Alors que la guerre froide s’est achevée il y a bientôt 20 ans, la folie de la concurrence entre les différentes puissances continue de faire des ravages et de nous faire trembler. On ne parle plus vraiment de course à l’armement ou au développement spatial, maintenant, c’est la société toute entière qui est intégrée à cette folie, mais le pire, c’est qu’elle est complètement incontestée, la concurrence est même glorifiée en permanence, combinée logiquement avec le nationalisme, comme nous allons le voir.

Pour une grande majorité d’économistes, la concurrence, c’est l’efficience, c´est-à-dire le moteur de l’allocation optimale des ressources, la concurrence parfaite représentant le modèle idéal d’une structure de marché. Bien évidemment, la concurrence parfaite n’existe que dans le rêve des économistes, mais il reste que les structures les mieux vues sont les marchés concurrentiels tels que les marchés monopolistiques ou contestables. Bien entendu, il ne s’agira pas ici de faire l’apologie des oligopoles ou des monopoles privés qui, après tout, sont ceux qui font le plus de profits sur notre dos. Non, mais la question que l’on peut par contre se poser, c’est si la concurrence ne doit pas avoir de limites. Les législations de type anti-trust n’ont pas leur équivalentes opposées. Il en résulte des excès qui affectent la société entière, voire l’état de la planète.

L’exemple des sportifs peut faciliter la compréhension du problème : dans certaines compétitions comme le cyclisme, les sportifs vont jusqu’à se doper – et réduire, dans un certain nombre de cas, leur espérance de vie – pour être les plus compétitifs possible. Il y a d’ailleurs des législations dans ce domaine, mais qui sont plus liées à des questions de fair-play que de régulation de la concurrence. Sans aller aussi loin, le niveau de compétition dans les sports populaires est tel que, les sportifs de haut niveau ne font que pratiquer leur sport. Il suffit de les voir se faire interviewer pour constater qu’ils sont intellectuellement assez en retard sur le reste de la population : la spécialisation atteint de tels degrés qu’il devient impossible d’avoir des activités variées. Mais au-delà de ça, et c’est assez similaire dans d’autre branche de l’entertainment, comme la musique populaire, ces individus n’ont pas le temps de vivre avant leur retraite anticipée, aux alentours de 35 – 40 ans, leur jeunesse leur est volée.

Ces exemples ne sont pas des exceptions dans le système, ils sont juste une représentation exagérée de la manière dont nos rapports sont construits. Dès le plus jeune âge, on est initié à une concurrence permanente. A l’école, elle existe à tous les niveaux, il faut avoir les meilleures notes, il faut être le plus cool, le plus marrant, le plus fort, le plus beau, et ceux qui n’arrivent pas à remplir un seul de ces critères sont complètement exclus.
Le seul cadre dans lequel ce rapport de force n’est pas toujours présent (et encore), c’est le cadre familial, mais celui-ci se décompose, les tensions avec les parents, particulièrement à l’adolescence, participent à détruire l’atmosphère de confort ou de relaxation liées à la famille. Au travail, la concurrence est exacerbée, elle se construit d’une part sur l’existence du chômage et donc le risque de perdre son travail, et d’autre part sur l’ambition et la glorification de la ‘réussite sociale’.

Or la réussite sociale est avant tout une réussite pécuniaire. Il suffit pour s’en rendre compte du peu de cas que font les médias des artistes et intellectuels contemporains. Ce qui est glorifié, associé avec la réussite, ce sont les voitures de luxe, les vêtements de marque, voire même les femmes-objet, bref, en résumé, l’apparence. Les grands sportifs sont un parfait exemple de ‘la’ réussite sociale. Ils ont justement tous leur voiture de sport, leur look hyper travaillé, et sortent avec des mannequins. Ils sont donc doublement une exaltation de la concurrence à travers leur profession d’une part, et leur travail de l’apparence d’autre part.
Il en résulte que la réussite par le sport est complètement idéalisée par les médias et la société en général. De fait, on passe sûrement plus de temps à regarder les sportifs qu’à pratiquer un sport nous-même : la santé est un aspect presque dissocié du sport. Par contre, les disciplines sportives nous ramènent à un aspect beaucoup plus dangereux de la concurrence : le nationalisme. En effet, il apparaît qu’on ne verra jamais autant de Français chanter la marseillaise ou se balader avec un drapeau tricolore que lors d’une coupe du monde, le patriotisme et l’esprit de compétition au niveau international sont entretenus par les évènements sportifs, la concurrence entre différents pays est normalisée, sinon plus.

L’un des aspects clés de la concurrence, qui explique bien évidemment son efficience, c’est que si une personne ou une entreprise subit une perte de vitesse / productivité, elle risque de sauter ; en conséquence, seuls les entreprises et employés les plus efficaces conservent leur place et permettent de maximiser la productivité à l’échelle de l’entreprise, du marché, et de l’économie entière. Dans les marchés moins concurrentiels, ça reste vrai, les entreprises ne sautent pas mais perdent des parts de marché. Il en résulte une course effrénée à tous les niveaux, et, encore une fois, ceux qui refusent cette approche sont automatiquement exclus.
Le système est donc autonome et personne n’a le pouvoir de l’altérer.

C’est à partir de là que l’on peut s’intéresser au fonctionnement des rapports internationaux. On peut tout à fait comparer ces rapports à un marché. Le marché est concurrentiel, mais évidemment, imparfait : il existe quelques nations dominantes (qui se revendiquent comme telles d’ailleurs, le G8…) qui monopolisent un gros pourcentage des richesses mondiales, on peut sans doute parler d’oligopole. Le phénomène d’intégration européen s’analyse d’ailleurs exactement comme les fusions : l’existence de superpuissances comme les Etats-Unis, et maintenant la Chine et la Russie créent une pression pour que l’Europe devienne à son tour une superpuissance souveraine, pour conserver son influence à travers le monde. Ici, la concurrence se base sur la performance économique, elle-même calculée par des indicateurs qui enflent les chiffres comme le PIB/PNB. Les nations en développement n’échappent pas non plus à la concurrence, celle-ci est même entretenue par les nations dites développées. Les petites nations se battent pour attirer l’investissement des grandes, et pour cela, elles minimisent les taxes et le coût du travail par exemple. A terme, cela empêche le développement réel : les états sont impuissants et ce sont plutôt les multinationales étrangères qui font la loi, de par leur influence économique. La concurrence déloyale vient de notre côté, puisque le monopole de la recherche est détenu par les superpuissances, et que les chances pour que la situation s’inverse sont infimes.
Mais, encore une fois, il ne s’agit pas d’évaluer la justice de l’économie mondiale, mais plutôt des effets de la concurrence. Comme on l’a vu plus haut, il est impossible pour qui que ce soit de freiner la concurrence, par conséquent, à l’échelle mondiale, on assiste à une course folle et sans limite à la croissance. Ceux qui s’arrêtent, comme Cuba, deviennent hors-jeu, exclus, et n’empêchent de toute façon absolument rien.

Si l’on considère qu’un marché a des déficiences, on peut également penser que ça peut être le cas du ‘marché mondial’ que l’on a identifié : la croissance a des coûts externes, à savoir, visiblement, une destruction progressive des ressources de la planète, la croissance est insoutenable telle que nous la connaissons actuellement et l’on court vers une pénurie d’eau potable, voire vers des famines généralisées. Et si, dans un état, il existe un gouvernement pour intervenir et tenter de corriger les déficiences du marché, à l’échelle mondiale, il n’y a aucun pouvoir supérieur pour tenter de réguler et freiner nos besoins de croissance.

La concurrence est donc source d’exclusion, d’aliénation, de stress et de sur-spécialisation à l’échelle individuelle, mais aussi et surtout, la voie qui nous mène droit vers la destruction de la planète si rien n’est fait pour inverser la tendance, or elle est exaltée à tous les niveaux, comme l’illustre l’exemple du sport.

Acharn
Acharn
Niveau 10
12 juin 2007 à 19:47:22

Très joli topic, mais qui comporte quelques sophismes à mes yeux.

"Bien évidemment, la concurrence parfaite n’existe que dans le rêve des économistes"

-> C´est un modèle purement théorique en réalité, personne n´espère l´avoir car il n´existe simplement pas.

"Dès le plus jeune âge, on est initié à une concurrence permanente. A l’école, elle existe à tous les niveaux, il faut avoir les meilleures notes, il faut être le plus cool, le plus marrant, le plus fort, le plus beau, et ceux qui n’arrivent pas à remplir un seul de ces critères sont complètement exclus"

-> Et? Ce n´était pas comme ça auparavant? Y avait-il ne serait-ce qu´une once d´idée de liberté dans les sociétés passées? Ses différentes n´existaient-elles pas?
On a toujours tendence à idéaliser le passé (et parfois le futur), mais la concurrence ne date pas d´aujourd´hui, n´a pas été engendrée par le capitalisme (juste révélée au grand jour), la concurrence est inhérente à la nature humaine.

"[...]en conséquence, seuls les entreprises et employés les plus efficaces conservent leur place et permettent de maximiser la productivité à l’échelle de l’entreprise, du marché, et de l’économie entière."

-> C´est vrai, mais n´y avait-il pas des concurrences acharnées entre des corporations moyennageuses? (pour ne citer qu´un grossier exemple)

"l’existence de superpuissances comme les Etats-Unis, et maintenant la Chine et la Russie créent une pression pour que l’Europe devienne à son tour une superpuissance souveraine, pour conserver son influence à travers le monde.

-> Fatalement: La présence d´un pouvoir engendre la montée d´autres pouvoirs périphériques qui vont le contrebalancer. Montesquieu le démontre au niveau politique, Hobbes au niveau "public" et Smith au niveau économique.

"Et si, dans un état, il existe un gouvernement pour intervenir et tenter de corriger les déficiences du marché, à l’échelle mondiale, il n’y a aucun pouvoir supérieur pour tenter de réguler et freiner nos besoins de croissance"

-> Tu résumes toi-même la situation. Ce n´est pas un phénomène "arrêtable" vu qu´il va de pair avec la croissance de la population mondiale.

Et pour finir je pense que tu sors bien souvent du champ sémantique de la concurrence pour dériver sur d´autres termes comme la compétition, en plus je trouve la comparaison sportive assez innapropriée et cocasse, dans la mesure où la spécialisation est plus apparente à un disfonctionnement de la concurrence (monopole) et non de son application.

-dr_thrawn-
-dr_thrawn-
Niveau 9
12 juin 2007 à 19:51:35

Je n´idéalise aucunement le passé, au contraire, la concurrence est quelque chose de vieux. Pour le reste, je n´ai pas le temps de te répondre maintenant, mais je le ferai, bien évidemment.

-dr_thrawn-
-dr_thrawn-
Niveau 9
12 juin 2007 à 21:33:28

Bon, d´abord je veux revenir sur le passé.
La géopolitique s´est très longtemps équilibré sur le même type de concurrence que celui que j´ai développé un peu plus haut, la seule différence c´est que la conquête de pouvoir passait par la guerre et les conquêtes territoriales principalement, alors qu´aujourd´hui le conflit est économique seulement : y´a différentes explications à ça mais mettons que les accords internationaux et la dissuasion nucléaire a permis d´éviter des conflits mondiaux majeurs.

´C´est un modèle purement théorique en réalité, personne n´espère l´avoir car il n´existe simplement pas. ´

-> Je le sais bien, c´était juste une façon de porter en dérision la vénération de beaucoup d´économistes pour la concurrence.

Ensuite, est-ce que la concurrence est inhérente à la nature humaine ? En fait, même dans les sociétés primitives, on observe sans doute certains types de concurrence, oui, notamment dans pour se trouver un partenaire, et à ce niveau là, ça sera toujours comme ça de toute manière. Par contre, le rapport sémiologique entre les individus me paraît tout à fait artificiel et simplement dérivé de la hiérarchie sociale. Du reste, on aurait pu dire il y a quelques siècles que l´esclavage avait toujours existé et que par conséquent il existerait toujours.

´Ce n´est pas un phénomène "arrêtable" vu qu´il va de pair avec la croissance de la population mondiale.´

-> Non, ce n´est pas la croissance de la population mondiale qui provoque ce phénomène, si c´était le cas, il n´y aurait pas de pressions dans les pays développés où la croissance démographique est quasiment nulle. C´est bien un phénomène de concurrence qui pousse à la croissance brute du PIB presque partout dans le monde.

´Et pour finir je pense que tu sors bien souvent du champ sémantique de la concurrence pour dériver sur d´autres termes comme la compétition´

-> Là tu m´intéresses, j´aimerais bien que tu développes en quoi la compétition est si éloignée/détachée de la concurrence.

´la spécialisation est plus apparente à un disfonctionnement de la concurrence (monopole) et non de son application.´

-> Là aussi j´aimerais bien que tu développes, je ne suis pas sûr de très bien saisir ton idée. Juste pour la précision, je n´ai pas comparé les sports à quoi que ce soit, je m´en suis servi comme exemples permettant d´expliquer un phénomène plus global.

Merci d´avoir pris le temps de lire en tout cas.

lekhan
lekhan
Niveau 10
14 juin 2007 à 18:53:52

J´y répondrais dans le week end ;)

Mugar_sonkey
Mugar_sonkey
Niveau 10
14 juin 2007 à 22:54:11

SI la concurrence découle de la nature humaine, c´est parce que dans la nature humaine, l´Homme ne supporte pas l´égalité, il a toujours le besoin de se distinguer, et d´avoir ce qui est désiré par les autres, de tout temps, que ca passe par l´argent, par les honneurs ou autres.

Bl00dust
Bl00dust
Niveau 10
15 juin 2007 à 09:31:33

"Dès le plus jeune âge, on est initié à une concurrence permanente. A l’école, elle existe à tous les niveaux, il faut avoir les meilleures notes, il faut être le plus cool, le plus marrant, le plus fort, le plus beau, et ceux qui n’arrivent pas à remplir un seul de ces critères sont complètement exclus."

:d) Pourquoi dis-tu "on est initié" ? Il me semble que les gamins développent eux-mêmes ce genre de concurrence sans que leurs parents ou que qui que ce soit d´autre les y pousse. C´est tout à fait normal de vouloir pour soi le plus d´avantages et de chercher à en obtenir en plaisant aux autres.

"Or la réussite sociale est avant tout une réussite pécuniaire."

:d) Tout à fait, mais contrairement à ce qu´on tendance à en dire les intellectuels frustrés par le succès de tel ou tel musicien ou sportif, la réussite sociale va de pair avec le travail fourni. Où est le problème dans le fait de sublimer les valeurs marchandes ?

"les disciplines sportives nous ramènent à un aspect beaucoup plus dangereux de la concurrence : le nationalisme."

:d) Dire que le sport amène le nationalisme c´est sans doute tiré par les cheveux, les peuples se complaisent plus dans le communautarisme de leur équipe de foot locale que dans le nationalisme. Même si le sport est un mauvais exemple, il est vrai que la concurrence entre nations existe. D´abord dans les secteurs comme la recherche, ce qui est donc une bonne chose, ensuite au niveau des entreprises, chaque pays développant un patriotisme économique. Et c´est bien là que cela devient dangereux car la concurrence est faussée : les pays les plus riches donneront les entreprises les plus compétitves.

"Il en résulte une course effrénée à tous les niveaux, et, encore une fois, ceux qui refusent cette approche sont automatiquement exclus."

:d) En même temps, je ne vois pas qui pourrait refuser cette approche et préférer un système totalement subjectif où les prix ne sont pas indexés sur les salaires (via les coûts de production, bien sûr).

"Les nations en développement n’échappent pas non plus à la concurrence, celle-ci est même entretenue par les nations dites développées. Les petites nations se battent pour attirer l’investissement des grandes, et pour cela, elles minimisent les taxes et le coût du travail par exemple. A terme, cela empêche le développement réel "

:d) C´est bien là tout le problème de la concurrence. Mais il existe des solutions alternatives comme le co-développement, le système n´est pas à jeter pour autant.

"Si l’on considère qu’un marché a des déficiences, on peut également penser que ça peut être le cas du ‘marché mondial’ que l’on a identifié : la croissance a des coûts externes, à savoir, visiblement, une destruction progressive des ressources de la planète, la croissance est insoutenable telle que nous la connaissons actuellement et l’on court vers une pénurie d’eau potable, voire vers des famines généralisées."

:d) Je pense que tu exagères quand même pas mal. D´abord parce que s´il y a des pénuries de denrées alimentaires, ça ne sera pas la faute de la concurrence, dont le but est de satisfaire le consommateur, mais plutôt de la forte croissance démographique. Ensuite parce que les Etats adoptent de plus en plus de normes écologiques pour préserver les ressources naturelles, la marché va finir par s´y adapter. Mais il est tout à fait vrai qu´un marché ne tend en aucune manière à l´écologisme.

"Et si, dans un état, il existe un gouvernement pour intervenir et tenter de corriger les déficiences du marché, à l’échelle mondiale, il n’y a aucun pouvoir supérieur pour tenter de réguler et freiner nos besoins de croissance."

:d) Les Etats s´unissent, là où la France est impuissante, l´UE peut changer les choses. Le problème reste toujours le manque d´harmonie des législations mondiales, et l´OMC n´y changera rien.

vincentdrizzt
vincentdrizzt
Niveau 8
15 juin 2007 à 12:38:27
  • mugar_sonkey profil

* Posté le 14 juin 2007 à 22:54:11 avertir modérateur
* SI la concurrence découle de la nature humaine, c´est parce que dans la nature humaine, l´Homme ne supporte pas l´égalité, il a toujours le besoin de se distinguer, et d´avoir ce qui est désiré par les autres, de tout temps, que ca passe par l´argent, par les honneurs ou autres.

Je ne pense pas que la concurrence soit due à un refus de l´égalité par rapport à son prochain. Je pense que foncièrement, l´Homme n´en a que peu à faire de son prochain, il est d´une nature assez égoïste il faut bien le dire. La fraternité, l´esprit de partage... tout cela a ses limites: qui d´entre vous donnerait son ordi à celui qui n´en a pas. Qui partage sa maison ou son appart avec les SDF du quartier? Je ne crois pas beaucoup me mouiller en répondant personne. ( bien entendu moi non plus)

Non Je pense que la notion de concurence est effectivement innée mais elle est engendrée par le Désir ( dans un sens large pas seulement sexuel). Toute personne normalement équilibrée a des désirs, elle n´ère pas sans but. Or il n´est pas possible pour tous les hommes de réaliser leur désir: ils y en aura toujours plusieurs qui convoiteront la même femme, le même bout de terrain, la même oeuvre d´art...

D´où l´apparition de la concurrence : elle nait du désir de l´homme de satisfaire ses désirs qui pour se faire doit passer avant les autres.

Bon, c´est ma théorie en ce qui concerne l´aspect inné de la concurrence, je serai ravi de discuter de la question avec qui voudra.

gijoe080288
gijoe080288
Niveau 10
15 juin 2007 à 18:09:25

C´est intéressant, mais je pense qu´il faut critiquer plusieurs aspects.
Le premier, serait de s´astreindre à ne pas utiliser d´arguments faisant intervenir les "sentiments naturels" à l´homme, ou "l´Homme", ou sa "nature" etc... Tout celà a des arrières gouts Rousseauistes :rire: et n´est fondamentalement pas vrai en ce qui concerne une discussion autre que philosophique.
Ne pas parler d´auparavant. C´est un temps révolu. D´ailleurs, en ce temps la concurrence n´existait surement pas sous sa forme actuelle. La consommation non plus. Ni même la recherche du profit. Rendre compte des régimes féodeaux ou monarchiques sur le monde de la concurrence, c´est se tirer une balle dans le pied : tout est fait pour empêcher le développement des pleines capacités d´un des membres. Ainsi, toute l´histoire des monarchies est très simple à interpréter : dès qu´un royaume devient un peu trop puissant, tout le monde se ligue contre lui et le lamine. C´est ce qui est arrivé à la Suède, puis au Portugal, puis à l´Espagne, puis à la France, puis à l´Angleterre... De même pour le profit : les mentalités précapitalistes ne pensaient pas qu´il était logique de travailler plus pour gagner plus. On travaillait plus ou moins pour gagner autant, de quoi de nourrir. Ce n´est pas du tout la mentalité de l´excellence qui domine aujourd´hui, mentalité qui nous parait logique.
Le fait est que la concurrence nous paraît "naturelle" et même "bénéfique" (en un certain sens elle l´est : elle permet une production faramineuse, mais au prix d´une enthropie élevée) même si elle crée nécessairement des déséquilibres. Si l´on veut, c´est par la tension que se crée la production. C´est dans le danger permanent d´explosion qu´on fait le mieux, mais le plus fatiguant.
Il y´a certes toujours eu des tournois, des concours, des compétitions, mais jamais de concurrence au sens où elle existe aujourd´hui : généralisée et totale, donc totalitaire. Je pense utile de revenir sur un exemple évoqué : la "concurrence" (competition en anglais...) dans les sociétés primitives entre mâles pour prendre femme. La différence est ennorme aujourd´hui : il ne s´agit pas de prendre une femme "pour soi", mais de la prendre "pour le groupe". On oublie trop souvent que la fonction sociale de l´alliance matrimoniale, c´est d´assurer la cohésion du groupe. C´est pourquoi l´interdit de l´inceste, d´ailleurs, est logique socialement. Il oblige à prendre une femme dans un groupe autre que familial, assurant la mobilité des femmes, et le tissage de liens au sein du groupe entre les "familles"/clans. Or, aujourd´hui, les choses sont différentes : on prend une femme pour soi, voire même pour se valoriser soi suivant ce qu´elle est (riche/pauvre; belle/moche...). Le groupe, d´autre part, disparait, et il ne reste que deux individus entourés d´autres individus et entre lesquels règne la concurrence.

"Du reste, on aurait pu dire il y a quelques siècles que l´esclavage avait toujours existé et que par conséquent il existerait toujours. "
C´est l´argument d´Aristote : certains sont "naturellement faits" pour commander, et d´autres en sont incapable (de commander, et de se commander eux même). Les premiers sont des citoyens, les seconds sont les esclaves.

Ainsi, non la concurrence n´est pas innée.
"Qui partage sa maison ou son appart avec les SDF du quartier? Je ne crois pas beaucoup me mouiller en répondant personne. ( bien entendu moi non plus) "
C´est assez drôle, mais c´est en gros ce qui se passait avant le tournant des années 70 et la révolution du digicode. Les SDF étaient hébergés par les concierges des maisons, sous le porche. On leur fournissait un peu de nourriture (soupe par exemple) en échange de quoi ils travaillaient un peu : s´occupant par exemple des poubelles. Et au matin, ils partaient. L´humanité a la mémoire courte :rire: Le digicode et autre système de vérouillage a supprimé du même coups les concierges et les lieux d´abris : le SDF est laissé en dehors de l´espace semi privé qu´est la cour de la maison.
On pourrait aller même jusqu´à dire tout le contraire. L´homme aime la fraternité et le partage avec le prochain. Aristote explique la formation de la polis par le désir de bien vivre. Hobbes par la nécessité d´être fort (la "fraternité" est absolue dans le Léviathan si je puis dire). etc...
Mais tout celà renvoie au "Désir", qui est un terme bien vague. Le désir c´est plastique, et en plus ça varie. Chaque société désire différemment d´une autre, et ne désire pas la même chose à chaque époque. On se rapellera ce que disait De Maistre de "l´Homme" des Lumières...

vincentdrizzt
vincentdrizzt
Niveau 8
15 juin 2007 à 18:45:52

Pour ce qui est du désir je ne prétends pas le contraire, bien sûr qu´il varie d´une époque à l´autre et d´un individu à l´autre, heuereusement j´ai envie de dire.

Je suis d´accord avec toi sur bien des points que tu as évoqué seulement parfois j´ai l´impression que l´on ne parle pas de la même chose. Quand tu donne ton exemple sur les systèmes féodaux par exemple tu parles des royaumes alors que j´en été resté sur le plan individuel. Tu me rétorqueras que sur le plan individuel justement c´était aussi le cas: au sein même du royaume chaque seigneur qui devenait un peu trop puissant se faisait remettre en place par l´alliance des moins forts à coup d´épée batarde dans la gueule. Tu n´as pas mais justement, cela ne veux pas dire qu´il n´essayaient pas, c´est d´ailleurs la raison de la barbarie de l´époque. Une concurance différente donc, mais néanmoins présente.

Pareil, ton exemple du SDF je ne le mets pas sur le même plan: le concièrge ne donner pas trop de sa personne en donnant le palier de son immeuble et ne s´impliquait pas directement dans la situation. Tu ne peux comparer l´hébergement dans chez TOI et la cour commune de l´immeuble.

Ainsi donc la concurence a évolué mais on ne peut pas dire qu´elle n´a existé que sporadiquement, elle a toujours été présente.

gijoe080288
gijoe080288
Niveau 10
15 juin 2007 à 20:12:07

Non, justement, la concurrence est "structurelle", tandis que la compétition est ponctuelle. L´une informe tous les pans de la vie, l´autre n´est que l´enjeu d´un moment en particulier, moment d´ailleurs choisi/accepté volontairement. C´est ce qui se passe dans les compétitions en sport, ou autrement appellées "rendez-vous sportifs" "rencontres" etc...
La concurrence dont on parle, quand bien même elle serait issue d´un idéal de compétition, n´a rien à voir avec ce que je viens de qualifier de compétition. On est à un autre niveau.

L´individu au moyen age, tu va avoir du mal à le qualifier :rire: L´individu, avant la renaissance, ne se conçoit que comme membre d´une tribu/race/peuple/corporation etc...
Tu pourra me dire que c´est alors le moment de l´individuation. C´est faux là aussi. Il y´a des portraits, des blasons, des poètes qui disent je; et toutes ces formes qui apparaissent alors. Or, l´élaboration des sceaux/portraits etc... est extrèmement codifiée, et ne laisse donc aucune place à l´originalité, ni par conséquence à l´individualité. De même, les oeuvres littéraires se posent comme des imitations de formes préexistantes (un peu comme les westerns ne sont que des reprises simplifiées d´un schéma narratif que l´on trouve chez Hamlet...).
Pour dire vrai, l´individu ne se conçoit que pour une catégorie : l´hérétique...
Donc l´individu, on va le chercher longtemps ^^

Les seigneurs, les petits et les sans grades, justement ne cherchent pas à faire concurrence. Ils sont des sortes de racketters professionnels, établis sur un territoire et le contrôlant militairement, et sous la gouverne d´un seigneur plus puissant. Et ainsi desuite, jusqu´au prince des voleurs : le super seigneur ^^. Le principe de concurrence... ahem...
Puisqu´il n´y a pas d´individus, ni d´acteurs individualisés; il ne saurait y avoir de concurrence, ni même de concurrence d´une autre manière. On le voit d´ailleurs dans les guerres : à presque aucun moment, il n´est question de faire la guerre pour prendre un territoire. Si l´on fait la guerre, c´est pour le butin qu´on peut amasser, pour parvenir à payer ses soldats et ses chefs. C´est pour ça, par exemple, que pendant la période franque, on est en guerre en permanence et avec n´importe qui... Le système franc est plus une fuite en avant pour la survie, qu´une concurrence pour la vie...

Il n´empêche, on partage l´espace qui est aujourd´hui privatisé, avec un SDF. Qui aurait idée, aujourd´hui, de laisser rentrer un type, de le nourrir et de le laisser dormir sous un porche dans une cours ? Ce sont des choses qui ne se font plus, tellement l´espace est maintenant un lieu de tension entre les divers acteurs. Or c´est là une forme de solidarité qui a disparue.

-dr_thrawn-
-dr_thrawn-
Niveau 9
17 juin 2007 à 12:19:08

"Pourquoi dis-tu "on est initié" ? Il me semble que les gamins développent eux-mêmes ce genre de concurrence sans que leurs parents ou que qui que ce soit d´autre les y pousse."

Je pense qu´on y est poussé, pas forcément explicitement (encore que pour les bulletins scolaires, un peu quand-même, et c´est normal que ce soit le plus évident, puisque c´est traditionnellement associé à la réussite sociale), mais notre environnement social fait qu´on a un rapport concurrentiel avec pratiquement tout le monde, l´état d´esprit des sociétés primitives montre que ce n´est pas "naturel", enfin j´ai déjà parlé de ça plus haut.

"Tout à fait, mais contrairement à ce qu´on tendance à en dire les intellectuels frustrés par le succès de tel ou tel musicien ou sportif, la réussite sociale va de pair avec le travail fourni. Où est le problème dans le fait de sublimer les valeurs marchandes ?"

Euh, donc tu serais prêt à dire que Dan Brown, Britney Spears ou Gore Verbinski sont des grands artistes ? Tu sais, Bach ou Mozart n´étaient pas extrêmement appréciés de leur vivant, tu ne te demandes pas pourquoi ? Je suis prêt à te développer en quoi les valeurs marchandes détruisent nécessairement toute formes d´art, mais ça dévie un peu du sujet là non ?

"Dire que le sport amène le nationalisme c´est sans doute tiré par les cheveux, les peuples se complaisent plus dans le communautarisme de leur équipe de foot locale que dans le nationalisme. Même si le sport est un mauvais exemple, il est vrai que la concurrence entre nations existe. D´abord dans les secteurs comme la recherche, ce qui est donc une bonne chose, ensuite au niveau des entreprises, chaque pays développant un patriotisme économique. Et c´est bien là que cela devient dangereux car la concurrence est faussée : les pays les plus riches donneront les entreprises les plus compétitves."

Ne déforme pas mes propos, je n´ai pas dit que le sport amenait au nationalisme, c´est lui donner trop d´importance, j´ai dit qu´il était utilisé pour l´entretenir, là encore pas forcément explicitement, mais au moins dans l´inconscient.
Et ensuite, là encore, je n´essaye pas d´évaluer la justice du rapport de force international, mais plutôt de son danger.

"Je pense que tu exagères quand même pas mal. D´abord parce que s´il y a des pénuries de denrées alimentaires, ça ne sera pas la faute de la concurrence, dont le but est de satisfaire le consommateur, mais plutôt de la forte croissance démographique. Ensuite parce que les Etats adoptent de plus en plus de normes écologiques pour préserver les ressources naturelles, la marché va finir par s´y adapter. Mais il est tout à fait vrai qu´un marché ne tend en aucune manière à l´écologisme."

Je n´exagère pas, il est vrai que j´aurais dû fournir un lien à ce sujet :
http://www.infosdelaplanete.org/1922/planete-terre-planete-desert.html
La concurrence empêche, à terme, de ralentir l´effort de croissance que la préservation de nos ressources nécessite. Les mesures écologiques prises par les différentes nations jusqu´ici sont dérisoires à côté de ce qui doit être fait, c´est de la poudre aux yeux, c´est très important de s´en rendre compte. Et puis alors avec le gouvernement sarkozyste, ce n´est pas près de changer...

"Les Etats s´unissent, là où la France est impuissante, l´UE peut changer les choses. Le problème reste toujours le manque d´harmonie des législations mondiales, et l´OMC n´y changera rien."

l´UE ne peut rien changer, elle sera toujours en concurrence avec les autres superpuissances. C´est comme dire qu´une entreprise peut à elle toute seule améliorer les conditions de travail de ses employés : ce n´est pas son rôle, elle n´est aucune influence sur ses concurrents et risaue simplement de perdre des parts de marché, c´est seulement à l´état d´intervenir !

GIjoe > Evidemment, à la concurrence n´était pas omniprésente comme aujourd´hui. Mais il existait quand-même des prémices de la concurrence, sur le paraître par exemple, pour une infime minorité de la population certes mais cette concurrence a existé dans la noblesse pendant la majorité de la période post-renaissance. Sinon, ne peut-on réellement parler de concurrence militaire et économique entre les grandes monarchies (toujours dans la même période) ? Certes le fonctionnement n´était pas exactement le même, mais c´est un besoin d´équilibre des forces propre à la concurrence qui mène les monarchies à s´unir contre le plus fort ; la collusion existe aussi dans certains marchés d´ailleurs.

Je suis d´accord avec toi pour le reste.

lekhan
lekhan
Niveau 10
18 juin 2007 à 14:18:25

Je répondrais d´abord à Gijoe sur sa conception de l´individu au moyen age, au moins sur le plan littéraire.
Contrairement à ce que tu peux affirmer sur la codification et l´obligation de respect normatif, c´est autour de l´oeuvre littéraire (qui n´est pas alors distincte réellement de l´oeuvre religieuse) qu´on trouve les premiers signes de l´individualisation.

On voit souvent le moyen age, comme un âge obscurantiste, ou le savoir était gardé, codifié, inaccessible et non diffusé. Et pourtant le réseau universitaire que l´on connait quasiment aujourd´hui s´est développé au moyen age.
De même la religion largement en diffusion et en expansion est pleine réforme.

A quelle époque Saint Thomas a dissocié la philosophie de la théologie déjà? N´est-ce pas là, la volonté d´un individu qui profite certes à l´essence du clergé, mais qui restera comme une réforme individuel.

De même, ou se trouve le fondements du gothique si ce n´est dans la volonté de réforme de l´abbé Suger?
Et la réforme Grégorienne?

Toute cette littérature en ébullition autour de la théologie, de son interprétation, marque là, la naissance de ce qu´on peut appeler l´individualisation du raisonnement.
On y trouve pour la première fois depuis des années une opposition ou au contraire une prise de postions positive.

Sur le registre littéraire, l´individualisation se situe au niveau du réseau des troubadours, souvent on le raconte ils étaient poètes. La diffusion de l´amour courtois et de ces topiques, pensons là à Pétrarque, n´est en fait qu´une interprétation de la pensée d´un individu, ou d´un groupe restreint.
La diffusion s´apparente à une interprétation personnelle, on le voit dans les variantes des poèmes et des contes.

On peut ainsi affirmer que l´individu naît au moins dans l´esprit au moyen age.
On le voit avec la religion, et avec l´amour courtois qui se centralise sur des réformes et des pensées d´individu. Qui seront par ailleurs codifié et intégré à la société après. Mais comme on le fait actuellement.

Pour en revenir à un point de vue économique, et purement économique, la concurrence apparaît en effet à la renaissance, à partir du moment ou l´individu s´installe en tant que tel, ou un statut est créé. Comme on l´a vu, c´est également la résultante de son émergence au moyen age. A bien des égards d´ailleurs, les Pétrarque et autres, sont des précurseurs de l´humanisme. (On trouvera par exemple des topiques de Pétrarque chez Louise Labé)

Et en fait pour en revenir à un argument plus Rousseaultien^^, c´est la technique qui permet la concurrence. La technique induit, et on le voit avec l´exemple du digicode de Gijoe, un repli sur soi, tout en provocant un accroissement des possibilités.

Pour bien comprendre pourquoi la concurrence naît à la renaissance, pendant les grandes découvertes (et c´est d´ailleurs sûrement la vrai explication), il faut se référer à l´analyse de Schumpeter.

Que retrouve t´on à la renaissance qui permet le développement de l´entreprise, et ainsi de la concurrence?

Nouveaux marchés, nouvelles matières premières, innovations techniques, innovations de productions et de produits.

Soit les 5 critères indispensables aux cycles de la concurrence.

A ce titre, c´est en effet à la renaissance que naît la concurrence, car les innovations permettent de visibles gains de productivité, et gains de coûts.
Dès lors on voit l´essor de système organisationnel s´individualisant de plus en plus, d´abord les ateliers, puis les manufactures, et ensuite les réformes de la division du travail, et un nouveau cycle dut aux révolutions industrielles.

La concurrence apparaît alors comme ancré dans la structure économique, et à ce titre elle est en effet structurelle. On mesurera son ancrage à la structure au 19éme siècle par exemple et encore plus au lendemain de la crise de 29 qui marquera le renouveau de l’interprétation de la concurrence.

La concurrence devient alors, une notion intégrant la société. Elle devient une norme aboutissant à des dérives de type sociales et sociétales.

Aujourd’hui l´individualisation accrue de la société mets au premier plan les problèmes de la concurrence.
Mais il ne faut alors pas confondre concurrence et productivisme.

Bon et pour répondre à cette remarque vraiment inapproprié:

"La spécialisation est plus apparente à un disfonctionnement de la concurrence (monopole) et non de son application."

A vrai dire la concurrence s´oppose à la notion de monopole. Mais sur ce point la spécialisation est en fait une des conséquences directe de la concurrence, c´est ici au moins la théorie de Ricardo le pastis, la théorie des avantages absolus.

« La concurrence est donc source d’exclusion, d’aliénation, de stress et de sur-spécialisation à l’échelle individuelle, mais aussi et surtout, la voie qui nous mène droit vers la destruction de la planète si rien n’est fait pour inverser la tendance, or elle est exaltée à tous les niveaux, comme l’illustre l’exemple du sport. »

En ce qui concerne la durabilité de ce système, je ne sais pas si il est possible d´en penser un autre en fait. Son adaptation serait sûrement suffisante. La limitation de la concurrence dans certains domaines peut être une piste, par exemple un monopole d´état, ou d´entreprise.

Bien sur c´est un frein théorique à la liberté économique, mais dans des secteurs comme l´énergie il me semble qu´avant d´avoir des industries propres et autonomes il faut passer par cette étape.

Cette implication étatique peut aussi être la solution au travail aliénant, je sais bien que l’idée est assez Marxiste, mais elle a le mérite d’être réalisable et d’avoir eu des conséquences positives.
Par exemple l’intervention de l’état dans des domaines comme le temps de travail, permet de définir des zones, des créneaux de décompression productive, de jeux social, et de sentiments d’existences.

En fait l´adaptation du système concurrentiel aux contraintes du durable et de l´équitable est facilement atteignable par une implication de l´état.

De même qu´un changement de valeurs peut amener à une prise de conscience et à un changement de normes, il suffit pour cela de les diffuser et de les créer de toutes pièces comme des "notions brillantes".

-dr_thrawn-
-dr_thrawn-
Niveau 9
18 juin 2007 à 18:40:06

A l´échelle individuelle, bien-sûr que l´intervention étatique peut limiter les dégâts.
A l´échelle internationale, c´est moins évident, comme je le disais plus haut, il n´y a pas d´état supérieur pour intervenir. Les énergies propres, j´ai presque envie de dire que c´est mineur, je ne sais pas si tu as lu le contenu du lien que j´ai mis plus haut. Il est clair qu´il ne faut pas confondre concurrence et productivisme, mais celle-ci entraîne nécessairement l´autre sous une domination occidentale : le productivisme, c´est la richesse, donc, d´un certain point de vue, le pouvoir.

lekhan
lekhan
Niveau 10
19 juin 2007 à 18:53:03

En fait je crois qu´on doit avant tout se soucier d´agir localement. Les institutions mondiales ne peuvent avoir aucun pouvoir dans ce domaine.

Et d´ailleurs leur en donner serait persévéré dans l´inaction et la simple menace économique.

-dr_thrawn-
-dr_thrawn-
Niveau 9
19 juin 2007 à 18:56:05

Il faut justement que les institutions mondiales aient un pouvoir plus grand. C´est partout qu´il faut agir : on peut très bien choisir de s´isoler et faire de l´écologie dans notre coin, mais je ne vois pas en quoi ça peut sauver la planète.

lekhan
lekhan
Niveau 10
19 juin 2007 à 19:10:06

Je suis d´accord, seulement regarde la réalité de nos institutions internationales, que mettre en place?

Regarde les magnifiques résultats de la banque mondiale au tchad.

Je pense que si il faut donner du pouvoir à des instances, c´est aux instances régionales de type UE, Alena, Mercosur, etc. etc.

A défaut en créer sous l´égide internationale (qui peut être l´ONU).

L´écologie passe par un raisonnement régional puis global. Si nos institutions restent tel quel, il est hors de question de leur confier une once du problème écologique. Ça ne ferait qu´empirer la situation.

La création d´instance régional, chapoté par une instance international indépendante, et étant le fruit de l´accord des ONG environnementale me paraîtrai la seule solution internationale.

-dr_thrawn-
-dr_thrawn-
Niveau 9
19 juin 2007 à 19:18:18

Les institutions internationales actuelles sont complètement contre-productives actuellement, ej suis tout à fait d´accord. Il nous faut de nouvelles institutions en accord avec le peuple souverain et conscient des difficultés écologiques. Certes, on peut déjà se mettre au travail à l´échelle régionale, c´est la première chose à faire a priori, sauf qu´on se rend bien compte que les français, par exemple, sont bien plus préoccuppés par leur pouvoir d´achat et leurs valeurs du travail.
Il faut également mener une campagne d´information sérieuse et efficace si on veut qu´un quelconque changement voie le jour dans les mentalités, or les médias n´ont pas l´air très disposés non plus à remettre en question le système en place.
ON est dans une impasse et ça devient très inquiétant.

lekhan
lekhan
Niveau 10
19 juin 2007 à 19:24:39

En fait je crois que le problème vient du fait qu´on est marginalisé les militants écologistes, et que cela continue. On présente par exemple Greenpeace ou sortir du nucléaire comme des réseaux, des ONG d´extrémiste.
Or depuis 40ans qu´elles mettent en évidence les problèmes que nous aurons, les instances d´acculturation, ou de globalisation sociale ne font qu´étiqueté comme extrémiste.

De ce fait la menace, et le rôle que peuvent avoir les ONG apparaît comme limité à une majorité.

La réalité est que dans la situation actuelle, la seule vraie source de changement sera la première vague d´immigration climatique...

newjedi2
newjedi2
Niveau 10
05 juillet 2007 à 21:40:57

Je trouve le post de Thrawn bien argumenté et intéressant mais je suis bien obligé d´etre pour la plus grande partie en désaccord avec lui
De mon point de vue il contient une éxagération des effets néfastes de la concurrence et un oubli pur et simple de ses avantages dans tous les domaines possibles

En ce qui concerne le modèle de la concurrence parfaite tu le dis toi-même c´est un idéal,par définition quelque chose que l´on n´atteindra JAMAIS
Il est vrai que certains économistes s´imaginent pouvoir la réaliser (les plus libéraux) mais ils sont loin de représenter l´écrasante majorité dont tu parles Dieu merci
En réalité tu confonds la concurrence avec la concurrence exacerbée et sans règles ,pour reprendre ton exemple de l´école dire que l´on est complètement exclu si l´on est pas premier en tout dès le plus jeune âge est évidemment complètement faux
sinon il n´y aurait plus beaucoup d´étudiants^^
Non je crois plutôt que ce que l´on demande alors est d ´"etre compétitif" ou si tu préfères d´avoir le niveau pour ne pas faire trop pâle figure
Il est vrai que l´on rencontre des formes comme celles que tu décris mais elles sont finalement marginales,elles concernent certaines compétitions sportives et certains établissements scolaires très prestigieux

Maintenant je vais te parler des avantages de la concurrence,que tu nies totalement
Oui la concurrence entre pays est normale,tout comme la concurence en entreprise et même celle à l´école
Pourquoi?
Parce que la concurrence est également synonyme de stimulation dans le but d´une d´amélioration,garder la t^te hors de l´eau face aux autres
Dans le domaine économique cela a été prouvé maintes fois,le monopole entraîne une attention moindre sur l´utilisation des ressources(ce n´est qu´un exemple) puisqu´il n´y a pas de "menace" à l´horizon
Je pourrais conclure bètement en disant que la concurrence est tout simplement bénéfique et qu´elle permet de s´améliorer
mais si j´ai parlé de concurrence et de concurrence exacerbée(je vais appeler la 1ère "concurrence raisonnée" ce sera plus simple
En effet je crois profondément qu´il est nécessaire de l´encadrer afin qu´elle ne devienne pa splus une menace qu´autre chose

Je vais réutiliser l´exemple de l´école:

La concurrence raisonnée pour moi ce serait par exemple de chercher à faire mieux que son pote dans telle ou telle matière,d´aller plus loin en s´inspirant (ou aps) de ce qu´il fait

la concurrence exacerbée ce serait de ne bosser que pour soi,de chercher à pourrir les devoirs des autres et tricher tout ça pour obtenir la "distinction suprème"

Je crois donc aux bienfaits de la concurrence du moment qu´elle ne se tranforme pas en quelque chose de malsain

Tu parlais également de l´idéalisation des biens matériels liés à la réussite sociale
Nul ne saurais nier qu´elle est présente,qu´elle nous tape dans l´oeil du jour au lendemain...mais paradoxalement j´ai l´impression que peu de gens rèvent réellement d´etre la caricature du millionaire:villa de 800 m²,filles en bikini à ses pieds,garage rempli de limousine etc...en fait ils auraient même plutôt tendance à trouver cela bien excessif
Ca ne veut pas dire que moi par exemple je refuserais mon statut de millionaire si je l´étais mais ce n´est pas leur objectif,la plupart se contentent finalement d´un objectif considéré comme "raisonnable"

"Je veux avoir une maison et vivre confortablement au coin du feu"

Je vais maintenant aborder le sujet de l´économie mondiale,tu as tout à fait raison de parler de l´inégalité entre qelque pays développés et...le reste du monde
Plutôt que comme un marché j´analyserai ce schéma comme celui de la répartition du patrimoine au sein d´un pays

Exemple : les 10% les plus riches possèdent 50% de la richesse (au pif)

les inégalités Nord/Sud se sont creusées ont le sait,on a fait croire à beaucoup de pays qu´ils pourraient en ouvrant leurs frontières rattraper leur retard
Et c´est là que je vais te contredire,le problème là n´est pas du à la concurrence mais bien à l´absence de concurrence au contraire,on n´a pas laissé à ces pays le temps de protéger certaisn pans de leur économie avant l´abaissement des barrières douanières (alors que certains comme le japon ont pu le faire avant que l´OMC n´adopte l´utilisation de sanctions contre les adhérents ne respectant pas ses règles)
On (l´OMC) ne leur a pas laissé le temps de devenir compétitif,d´atteindre le iveau de compétitivité raisonnable,la solidité dont je parlais plus haut

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