La repentance, comme on dit, se base sur une conscience de l´histoire. C´est cette conscience que je nomme "esprit de patrimoine".
C´est cette volonté de ne pas faire table rase,de conserver tout ce qui est ancien (et par extension exotique). La mentalité européenne est une mentalité de musée.
C´est, si l´on veut, le substrat, de la repentance (à mon avis). La chose qui permet le repentir.
On ne s´excuse pas pour quelque chose dont on ne se souvient pas.
Or, quand l´européen parcourt ses rues, que voit-il ? Il voit de grands noms : Mozart, Napoléon etc... et des lieux qui sont des chroniques vivantes : Paris, Weimar, Vienne, St Petersbourg. [Ce n´est pas comme aux USA, où les rues sont numérotées, ou s´apellent Pine Maple Oak Willow, Sunset etc...]
L´Europe c´est la souveraineté du souvenir. Elle se définie comme un lieu de mémoire.
Mais en tant que telle, elle porte ses propres horreurs : le Jardin de Goethe touche presque Buchenwald, la maison de Corneille cotoie la Place du marché, où Jeanne d´Arc a été brulée
Il suffit alors que le politique s´en empare. Il suffit que la conscience historique devienne devoir de mémoire. C´est ce qui se passe actuellement, a travers les diverses lois condamnant le négationnisme, qui témoignent d´une volonté du politique de controler la production historique (et ça ce n´est pas 68 ^^)
Au fond la "repentance" ne fait que désigner l´attitude tout à fait naturelle qu´on doit adopter à propos des grands tyrans du passé, qui sont pour nous comme une malédiction à porter au présent.
Mais la repentance n´empêche pas d´être fier d´autres aspects...
Quoiqu´il en soit, la dénoncer, c´est dire, comme Ford, que l´histoire c´est de la blague.
Donc, non, je ne dis pas que le "sentiment de la tyrannie de la repentance" vient de là, mais que la "repentance" elle même se trouve au coeur de l´identité Européenne.