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Liste des sujets

La mondialisation de la betise

jenning
jenning
Niveau 8
28 avril 2007 à 14:18:20

je ne veux pas etre engagé dans le debat car je suis encore pas mal indécis. Sinon , je ne lui repond rien car je n´ai jamais voulu lui repondre quelque chose: je lui demandait seulement de prouver ces dires.

quitte a faire un debat , autant qu´il soit de la meilleure qualitée possible non?

:d) le truc c´est que sauf erreur dans ton profile tu n´as pas le droit de vote, donc peut rester indécis encore 5 ans si tu veux.

metalslug12345
metalslug12345
Niveau 8
28 avril 2007 à 14:19:49

le truc c´est que sauf erreur dans ton profile tu n´as pas le droit de vote, donc peut rester indécis encore 5 ans si tu veux.

:d) c´est ca qu´est bon :)

carnaval
carnaval
Niveau 7
28 avril 2007 à 14:24:57

Le ps a trahi le peuple avec le roi mitterand l´imposteur à la francisque qui a su absorber le pcf grace à son machiavelisme,après 1983 l´ère des 39 heures et des nationalisations révolus place au libéralisme et à la rigueur politique catastrophique qui va dégouter le petit peuple de la gauche qui s´en va se réfugier sous la bannière du FN faute d´espoir.
Au deuxième tour j´irai surtout voter contre sarko mais sans me faire d´illusion sur royal et sa politique blairiste,j´attend surtout le troisième tour élèctoral qui se déroulera dans la rue au coté des prochaines victimes du capitalismes qui prone la concurrence entre les citoyens en ouvrant les frontières aux biens de consommations et les refermant aussitot devant ces hordes de miséreux qui espèrent ne plus etre les esclaves de total,firestone ou elf.

jenning
jenning
Niveau 8
28 avril 2007 à 14:27:12

c´est ca qu´est bon

:d) perso j´ai voté pour la première fois la semaine dernière et c´est mine de rien lourd de responsabilité en tout cas comme tu le fais c´est bien de t´y interesser tot!

Jedi_78
Jedi_78
Niveau 10
28 avril 2007 à 18:37:10

La mondialisation de la connerie :

Ceux qui, il y a quelques années, ironisaient sur le niveau intellectuel des américains lorsqu’ils ont porté Georges W. Bush au pouvoir doivent se trouver bien marris d’être français au soir du premier tour de la présidentielle. Car comment ne pas rire de voir que les citoyens des classes moyennes ou populaires ont aidé à placer en tête du scrutin un homme qui demain va leur faire perdre leurs emplois en facilitant les délocalisations, détruire leur système de protection sociale, démolir leur système de retraite, diminuer les impôts des plus riches et augmenter ceux des plus pauvres (par l’augmentation de la TVA), redistribuer leur argent (celui de l’Etat) aux entreprises qui, elles-mêmes, le redistribueront à leurs actionnaires, démantèlera les services publics pour attribuer leurs fonctions à des sociétés privées qui s’empresseront d’augmenter les prix de tous les services.

:d) J´attend que l´on argumente ce bloc d´affirmations :

-Plus de protection sociale?Ou ça?
-Plus de système de retraites?Ou ça?
-Redistribution de l´argent public aux entreprises?Mais tout à fait il faut en redistribuer une partie (surtout pour le spetites) car ce sont ces mêmes entreprises qui créent de l´emploi
-Moins d´emploi à cause des délocalisations?Nous sommes l´un des premiers pays ou les entreprises étrangères s´installent,la création d´emplois se fait ici aussi
Faisos plus que 35 heures aussi et il y aura moins de délocalisations
-les entreprises aidées apr l´Etat reversent les subventions aux actionnaires?Source?Elles ne s´ens ervent pas pour financer leurs investissements plutôt vous etes surs?
:sarcastic:

carnaval
carnaval
Niveau 7
28 avril 2007 à 18:57:30

L´Italie a connu un populiste trés médiatique qui possédait des chaines de tv,un grand club de football tout cela regroupé dans une holding,j´ai nommé le belatre Silvio Berlusconi,et oui l´Italie de Rosselini et de michelange la patrie de la rennaissance s´est vendu il y a quelques années à un bonimenteur de supermarché c´est exactement ce qu´il se passe actuellement en France.
Au fait savez vous quel est le premier homme "politique" à avoir félicité Sarko après les résultats du premier tour?
réponse:Silvio Berlusconi curieux non?

carnaval
carnaval
Niveau 7
28 avril 2007 à 19:05:31

Jedi j´ai pas besoin d´argumenter des propos que toute personne possédant un minimum de culture politique sait déja depuis longtemps.
Et puis si les exonérations de charges concernant les entreprises crèéait des emplois ca se saurait,car depuis 1982 l´impot sur les sociétés est passé de 50 % à 33 % et sans résultats probants,quant à la protection sociale et les retraites il s´agit juste d´écouter les propos de fillon et de savoir ce que cache le mot réforme quant il sort de la bouche d´un mec de droite.

Jedi_78
Jedi_78
Niveau 10
28 avril 2007 à 19:07:12

Tu parles de culture politique mais tu ne sembles guère en avoir,nulle part l´UMP ne parle de supprimer la protection sociale
Et à ce que je sache quand la droite est au pouvoir ce n´est pas arrivé

lolousa12
lolousa12
Niveau 9
28 avril 2007 à 19:10:13

Carnaval ferme ta bouche pauvre con surtout quand on connait pas un pays !

Et les USA t ´encule et s´en fout de ton avis de battard !

Et tu va encore plus rigolé car sarko va gagné facile !

Alors va vite te faire pompé par ségo, ca te changera les idées et débranche sur les USA !

ON est sur la politique francaise et non po américaines !! !

carnaval
carnaval
Niveau 7
28 avril 2007 à 19:13:45

On doit pas vivre sur la meme planete mr jedi,depuis que la droite est au pouvoir on a assisté au déremboursement progressif des médicaments,le nombre d´années de cotisation pour bénéficier de la retraite est passé de 37 ans et demi à quarante ans pour tout le monde (voir règne de raffarin)et la remise en cause du cdi qui devait laisser place au cpe ça te dit rien???
Mais le meilleur est à venir avec Sarko le candidat de la finance et des usa.

Nobudonga
Nobudonga
Niveau 9
28 avril 2007 à 19:14:19

lolusa :d) Mais ta gueule, boulet :honte:

Jedi_78
Jedi_78
Niveau 10
28 avril 2007 à 19:17:13

Tu as dit SUPPRESSION donc selon toi la droit ene veut plus de service public du tout je ne fais que te citer :)
Effectivement on ne vit pas sur la même planète ,j´ai passé l´âge de diviser le monde entre les gentils et les méchants,entre le noir et le blanc

Jedi_78
Jedi_78
Niveau 10
28 avril 2007 à 19:18:38

Au fait demande-toi pourquoi on dérembourse,pourquoi on revient sur le nombre d´années de cotisationParce que ça finit par couter trop cher tout simplement et qu´à l´heure actuelle il faut trouver d´autres solutions

carnaval
carnaval
Niveau 7
28 avril 2007 à 19:20:20

Ne lui fait pas l´honneur d´une réponse nobudonga sa carence d´arguments et ses insultes primaires m´attristent plus qu´elles ne me vexent.

lolousa12
lolousa12
Niveau 9
28 avril 2007 à 19:21:34

Je suis loin d´etre un boulet mais on critique pas tout un peuple comme ca surtout sans rien connaitre !

Ok juste pour info, je suis loin d´etre un ecervellé capable seulement d´insulté mais je n´apprécie le ton de carnaval qui critique un grand pays bien plus que notre pitoyable pays qui part en déconfiture !

Alors ne jugez pas trop vite ! J´ai une culture politique mais franchement le niveau de la politique spectacle d´aujourd´hui me passione plus !

Surtout que les gens votent sur des effets d´annonce mais bon la politique c´est bien ca de la COMMUNICATIOn et a ce jeux la , sarkozy est bien meilleur ....

carnaval
carnaval
Niveau 7
28 avril 2007 à 19:25:46

Si ça coutent cher pourquoi Sarko veut baisser les charges sociales sur les heures supplémentaires,se priver de telles recettes accentuent les déficits des budgets sociaux,c´est pas les gens qui se soignent qui coutent cher ce sont les politiques libérales qui augmentent les déficits.

gijoe080288
gijoe080288
Niveau 10
28 avril 2007 à 19:28:06

:) Bush arrive après le renversement qui se situe en plein milieu de la présidence d´un démocrate. J´ai nommé Carter, où l´on passe d´un consensus keynésien, à un schéma libéral [qui coincide avec la nomination de P.Vockler à la FED].
C´est sous Carter que la Californie a proposé ce référendum : "êtes vous prêts à recevoir moins de votre état contre moins d´impots". Majorité de oui.
Dans d´autres Etats, et au niveau fédéral on a mené les mêmes référendums, et obtenu non.
Il n´empêche, la présidentielle suivante, c´est Reagan qui a été élu (même si le congrès et le Sénat sont restés démocrates. Les différences de partis se sont effacées...)

Bon par contre, celui qui a bousillé la politique sociale en place depuis 30 ans, c´est Clinton qui a "réformé" le Medicare et Medicaid. De même pour la Social Sécurity de 1945.

On ne peut pas nier que Bush, c´est le retours à la tradition, à l´individualisme, au redneck de base.

carnaval
carnaval
Niveau 7
28 avril 2007 à 19:29:56

"un grand pays bien plus que notre pitoyable pays qui part en déconfiture !"

Pas pour tout le monde en tout cas,les habitants des palaces situés sur les hauteurs de Cannes possèdent je pense un compte en banque qui est loin de partir en déconfiture.

carnaval
carnaval
Niveau 7
28 avril 2007 à 19:33:31

Le cerveau d´un homme de droite.

Le cerveau d’un homme de droite.
Portrait de Nicolas Sarkozy, acte 1.
De Boston (U.S.A.) mardi 3 avril, 16h00 heure locale.

La revue Philosophie magazine m’a demandé si, sur le principe, j’acceptais de rencontrer l’un des candidats à la présidentielles pour le questionner sur son programme culturel, son rapport aux choses de l’esprit ou sa relation à la philosophie. Dans la foulée de mon consentement, la rédaction m’a rappelé en me demandant si j’avais une objection contre Nicolas Sarkozy. Pas plus avec lui qu’avec un autre, j’aurais même consenti à Jean-Marie Le Pen tant l’approche de l’un de ces animaux politiques m’intéressait comme on visite un zoo ou un musée des horreurs dans une faculté de médecine. Ce fut donc Nicolas Sarkozy.
Il me paraît assez probable que son temps passé – donc perdu…- avec Doc Gynéco ou Johnny Hallyday le dispensait de connaître un peu mon travail, même de loin. Je comptais sur la fiche des renseignements généraux et les notes de collaborateurs. De fait, les porte plumes avaient fait au plus rapide : en l’occurrence la copie de mon blog consacrée à son auguste personne. Pour mémoire, son titre était : Les habits de grand- mère Sarkozy – j’y montrais combien le candidat officiel drapait ses poils de loup dans une capeline républicaine bien inédite …
Je me trouvais donc dans l’antichambre du bureau de la fameuse grand mère Sarkozy, place Beauvau, en compagnie de deux compères de la rédaction de la revue et d’un photographe qui n’en revenaient pas de se retrouver dans cette géographie de tous les coups fourrés de la République. Epicentre de la stratégie et de la tactique politique policière, espace du cynisme en acte, officine du machiavélisme en or d’Etat, et portraits des figures disciplinaires de l’histoire de France représentées en médaillons d’austères sinistres.
Arrivée du Ministre de l’intérieur avec un quart d’heure d’avance, il est 17h00 ce mardi 20 février. Début houleux. Agressivité de sa part. Il tourne dans la cage, regarde, jauge, juge, apprécie la situation. Grand fauve blessé, il a lu mes pages de blog et me toise – bien qu’assis dans un fauteuil près de la cheminée. Il a les jambes croisées, l’une d’entre elles est animée d’un incessant mouvement de nervosité, le pied n’arrête pas de bouger. Il tient un cigare fin et long, étrange module assez féminin. Chemise ouverte, pas de cravate, bijoux en or, bracelet d’adolescent au poignet, cadeau de son fils probablement. Plus il en rajoute dans la nervosité, plus j’exhibe mon calme.
Premier coup de patte, toutes griffes dehors, puis deuxième, troisième, il n’arrête plus, se lâche, agresse, tape, cogne, parle tout seul, débit impossible à contenir ou à canaliser. Une, deux, dix, vingt phrases autistes. Le directeur de cabinet et le porte-plume regardent et écoutent, impassibles. On les imagine capables d’assister à un interrogatoire musclé arborant le même masque, celui des gens de pouvoir qui observent comment on meurt en direct et ne bronchent pas. Le spectacle des combats de gladiateurs.
Je sens l’air glacial que transportent avec eux ceux qui, d’un geste du pouce, tuent ou épargnent. Poursuite du monologue. Logorrhée interminable. Vacheries lancées comme le jet de fiel d’une bile malade ou comme un venin pulsé par le projet du meurtre. Hâbleur, provocateur, sûr de lui en excitant l’adversaire à se battre, il affirme en substance : « Alors, on vient voir le grand démagogue alors qu’on n’est rien du tout et, en plus, on vient se jeter dans la gueule du loup… » !
Je fais une phrase. Elle est pulvérisée, détruite, cassée, interdite, morcelée : encore du cynisme sans élégance, toujours des phrases dont on sent qu’il les souhaiterait plus dangereuses, plus mortelles sans parvenir à trouver le coup fatal. La haine ne trouve pas d’autre chemin que dans cette série d’aveux de blessure. J’avance une autre phrase. Même traitement, flots de verbes, flux de mots, jets d’acides. Une troisième. Idem. Je commence à trouver la crise un peu longue. De toute façon démesurée, disproportionnée.
Si l’on veut être Président de la République, si l’on s’y prépare depuis le berceau, si l’on souhaite présider les destinées d’un pays deux fois millénaires et jouer dans la cour des grands fauves de la planète, si l’on se prépare à disposer du feu nucléaire, si l’on s’expose depuis des années en s’invitant tous les jours dans les informations de toutes les presses, écrites, parlées, photographiées, numérisées, si l’on mène sa vie publique comme une vie privée, et vice versa, si l’on aspire à devenir le chef des armées, si l’on doit un jour garantir l’Etat, la Nation, la République, la Constitution, si, si, si, alors comment peut on réagir comme un animal blessé à mort, comme une bête souffrante, alors qu’on a juste à reprocher à son interlocuteur un blog confidentiel peu amène , certes, mais inoffensif ?
Car je n’ai contre moi, pour justifier ce traitement disproportionné , que d’avoir signalé dans une poignée de feuillets sur un blog , que le candidat aux présidentielles me semblait très récemment et fort fraîchement converti à De Gaulle, au gaullisme, à la Nation, à la République, que ses citations de Jaurès et Blum apparaissaient fort opportunément dans un trajet d’une trentaine d’années au cours desquelles ces grands noms étaient introuvables dans ses interventions , questions qui, au demeurant, rendaient possible un débat, et que c’était d’ailleurs pour ces raisons que nous étions là, Alexandre Lacroix, Nicolas Truong et moi….
Cette colère ne fut stoppée que par l’incidence d’une sonnerie de téléphone portable qui le fit s’éloigner dans la pièce d’à côté. Tout en se déplaçant, il répondait avec une voix douce, tendre, très affectueuse, avec des mots doux destinés très probablement à l’un de ses enfants. Le fauve déchaîné tout seul devenait un félin de salon ronronnant de manière domestique. En l‘absence du ministre, je m’ouvre à mes deux comparses en présence des deux siens et leur dit que je ne suis pas venu pour ce genre de happening hystérique et que j’envisage de quitter la place séance tenante…
J’étais venu en adversaire politique, certes, la chose me paraissait entendue, et d’ailleurs plutôt publique, mais ceci n’excluait pas un débat sur le fond que je souhaitais et que j’avais préparé en apportant quatre livres enveloppés dans du papier cadeau ! Quiconque a lu Marcel Mauss sait qu’un don contraint à un contre don et j’attendais quelque chose d’inédit dans ce potlatch de primitifs post-modernes …
Vaguement liquéfié, et sibyllin, le tandem de l’équipe de Philosophie magazine voyant leur scoop s’évaporer dans les vapeurs du bureau propose, dès le retour du Ministre, que nous passions à autre chose et que j’offre mes cadeaux… Je refuse en disant que les conditions ne sont pas réunies pour ce genre de geste et que, dans tous les sens du terme, il ne s’agit plus de se faire de cadeaux.
« Passons alors à des questions ? A un débat ? Essayons d’échanger ? » tentent Alexandre Lacroix et Nicolas Truong. Essais, ébauche. En tiers bien à la peine, ils reprennent leurs feuilles et lancent deux ou trois sujets. La vitesse de la violence du ministre est moindre, certes, mais le registre demeure : colère froide en lieu et place de la colère incandescente, mais colère tout de même.
Sur de Gaulle et le gaullisme récent, sur la Nation et la République en vedettes américaines – disons le comme ça…- de son discours d’investiture , sur la confiscation des grands noms de gauche, sur l’Atlantisme ancien du candidat et son incompatibilité avec la doctrine gaullienne, le débat ne prend pas plus . Il m’interpelle : « quelle est ma légitimité pour poser de pareilles questions ? Quels sont mes brevets de gaullisme à moi qui parle de la sorte ? Quelle arrogance me permet de croire que Guy Môcquet appartient plus à la gauche qu’à la France ? ». Donc à lui…
Pas d’échanges, mais une machine performante à récuser les questions pour éviter la franche confrontation. Cet homme prend toute opposition de doctrine pour une récusation de sa personne. Je pressens que, de fait, la clé du personnage pourrait bien être dans l’affirmation d’autant plus massive de sa subjectivité qu’elle est fragile, incertaine, à conquérir encore. La force affichée masque mal la faiblesse viscérale et vécue. Aux sommets de la République, autrement dit dans la cage des grands fauves politiques, on ne trouve semble-t-il qu’impuissants sur eux-mêmes et qui, pour cette même raison, aspirent à la puissance sur les autres. Je me sens soudain Sénèque assis dans le salon de Néron…

carnaval
carnaval
Niveau 7
28 avril 2007 à 19:34:40

Habilement, les deux compères tâchent de reprendre le cours des choses, d’accéder un peu aux commandes de ce débat qui n’a pas eu lieu et qui, pour l’instant, leur échappe totalement. De fait, l’ensemble de cette première demi-heure se réduisait à la théâtralisation hystérique d’un être perdu corps et âme dans une danse de mort autour d’une victime émissaire qui assiste à la scène pendant que, de part et d’autre des deux camps, deux fois deux hommes assistent, impuissants, à cette scène primitive du chef de horde possédé par les esprits de la guerre. Grand moment de transe chamanique dans le bureau d’un Ministre de l’intérieur aspirant aux fonctions suprêmes de la République ! Odeurs de sang et de remugles primitifs, traces de bile et de fiel, le sol ressemble à la terre battue jonchées d’immondices après une cérémonie vaudoue…
Tout bascule quand nous entamons une discussion sur la responsabilité, donc la liberté, donc la culpabilité, donc les fondements de la logique disciplinaire : la sienne . Nicolas Sarkozy parle d’une visite faite à la prison des femmes de Rennes. Nous avons laissé la politique derrière nous. Dès lors, il ne sera plus le même homme. Devenant homme, justement, autrement dit débarrassé des oripeaux de son métier, il fait le geste d’un poing serré porté à son côté droit du ventre et parle du mal comme d’une chose visible, dans le corps, dans la chair, dans les viscères de l’être.
Je crois comprendre qu’il pense que le mal existe comme une entité séparée, claire, métaphysique, objectivable, à la manière d’une tumeur, sans aucune relation avec le social, la société, la politique, les conditions historiques. Je le questionne pour vérifier mon intuition : de fait, il pense que nous naissons bons ou mauvais et que, quoi qu’il arrive, quoi qu’on fasse, tout est déjà réglé par la nature.
A ce moment, je perçois là la métaphysique de droite, la pensée de droite, l’ontologie de droite : l’existence d’idées pures sans relations avec le monde. Le Mal, le Bien, les Bons, les Méchants, et l’on peut ainsi continuer : les Courageux, les Fainéants, les Travailleurs, les Assistés, un genre de théâtre sur lequel chacun joue son rôle, écrit bien en amont par un Destin qui organise tout. Un Destin ou Dieu si l’on veut. Ainsi le Gendarme, le Policier, le Juge, le Soldat, le Militaire et, en face, le Criminel, le Délinquant, le Contrevenant, l’Ennemi. Logique de guerre qui interdit toute paix possible un jour.
Dès lors, ne cherchons pas plus loin, chacun doit faire ce pour quoi il a été destiné : le Ministre de l’Intérieur effectue son travail, le Violeur le sien, et il en va d’une répartition providentielle (au sens théologique du terme) de ces rôles. Où l’on voit comment la pensée de droite s’articule à merveille avec l’outillage métaphysique chrétien : la faute, la pureté, le péché, la grâce, la culpabilité, la moralité, les bons, les méchants, le bien, le mal, la punition, la réparation, la damnation, la rédemption, l’enfer, le paradis, la prison, la légion d’honneur, etc.
J’avance l’idée inverse : on ne choisit pas, d’ailleurs on a peu le choix, car les déterminismes sont puissants, divers, multiples. On ne naît pas ce que l’on est, on le devient. Il rechigne et refuse. Et les déterminismes biologiques, psychiques, politiques, économiques, historiques, géographiques ? Rien n’y fait. Il affirme : « J’inclinerais pour ma part à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie-là. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que génétiquement ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d’autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense ». « Génétiquement » : une position intellectuelle tellement répandue outre-Atlantique !
La génétique, l’inné, contre le social et l’acquis ! Les vieilles lignes de partage entre l’individu responsable de tout, la société de rien qui caractérise la droite, ou la société coupable de tout, l’individu de rien, qui constitue la scie musicale de la gauche … Laissons de côté la théorie. Je passe à l’exemple pour mieux tâcher de montrer que le tout génétique est une impasse autant que le tout social. Face à cet aveu de lieu commun intellectuel, je retrouve naturellement les techniques socratiques du lycée pour interpeller, inquiéter et arrêter l’esprit, capter l’attention de mon interlocuteur qui, de fait, semble réellement désireux d’avancer sur ce sujet.
J’argumente : Lui dont chacun sait l’hétérosexualité – elle fut amplement montrée sur papier couché, sinon couchée sur papier montré…-, a-t-il eu le choix un jour entre son mode de sexualité et un autre ? Se souvient-il du moment où il a essayé l’homosexualité, la pédophilie, la zoophilie, la nécrophilie afin de décider ce qui lui convenait le mieux et d’opter, finalement, et en connaissance de cause, pour l’hétérosexualité ? Non bien sûr. Car la forme prise par sa sexualité est affaire non pas de choix ou de génétique, mais de genèse existentielle. Si nous avions le choix, aucun pédophile ne choisirait de l’être…
L’argument le stoppe. Il me semble qu’à partir de ce moment, le candidat aux présidentielles, le ministre de l’intérieur, l’animal politique haut de gamme laisse le pas à l’homme, fragile, inquiet, ostensiblement hâbleur devant les intellectuels, écartant d’un geste qui peut être méprisant le propos qui en appelle aux choses de l’esprit, à la philosophie, mais finalement trop fragile pour s’accorder le luxe d’une introspection ou se mettre à la tâche socratique sans craindre de trouver dans cette boîte noire l’effroyable cadavre de son enfance.
Dans la conversation, il confie qu’il n’a jamais rien entendu d’aussi absurde que la phrase de Socrate « Connais-toi toi-même ». Cet aveu me glace – pour lui. Et pour ce qu’il dit ainsi de lui en affirmant pareille chose. Cet homme tient donc pour vain, nul, impossible la connaissance de soi ? Autrement dit, cet aspirant à la conduite des destinées de la nation française croit qu’un savoir sur soi est une entreprise vaine ? Je tremble à l’idée que, de fait, les fragilités psychiques au plus haut sommet de l’Etat, puissent gouverner celui qui règne !
Lors de sa parution, j’avais lu Le pouvoir et la vie de Valéry Giscard d’Estaing qui racontait ses crises d’angoisse, ses inhibitions le paralysant dans son véhicule militaire de parade le 14 juillet sur les Champs Elysées, ses prétextes pour quitter le conseil des ministres afin de subir une injection de calmant, son désir de se faire psychanalyser (par Lacan !) pendant son septennat, etc. Je me souvenais de confidences faites par tel ami bien informé sur l’état psychique fort peu reluisant de Jacques Chirac après la dissolution et sur le type de traitement psy qu’il suivait à cette époque. Je me rappelais la fin d’un François Mitterrand , entre voyantes et reliques de sainte Thérèse, invocations des forces de l’ esprit , croyance en l’ au-delà et abandon aux médecines de perlimpinpin.
Et je voyais là, dans le regard devenu calme du fauve épuisé par sa violence, un vide d’homme perdu qui, hors politique, se défie des questions car il redoute les réponses, et qui, dès qu’il sort de son savoir faire politicien, craint les interrogations existentielles et philosophiques car il appréhende ce qu’elles pourraient lui découvrir de lui qui court tout le temps pour n’avoir pas à s’arrêter sur lui-même.
Les soixante minutes techniquement consenties s’étaient allongées d’une trentaine d’autres. Les deux rôles en costumes qui le flanquaient jouaient le sablier. Je trouvais l’heure venue pour offrir mes cadeaux. Au ministre de l’intérieur adepte des solutions disciplinaires : Surveiller et punir de Michel Foucault ; au catholique qui confesse que, de temps en temps, la messe en famille l’apaise : L’Antéchrist de Nietzsche ; pour le meurtre du père, le chef de la horde primitive : Totem et tabou de Freud ; pour le libéral qui écrit que l’antilibéralisme c’est « l’autre nom du communisme » ( il dit n’avoir pas dit ça, je sors mes notes et précise le livre, la page…) : Qu’est-ce que la propriété ? de Proudhon. Comme un enfant un soir de Noël, il déchire avidement. Il ajoute : « j’aime bien les cadeaux ». Puis : « Mais je vais donc être obligé de vous en faire alors ? »… Comme prévu.
Dans l’entrebâillement de la porte de son bureau, la tension est tombée. Qui prend l’initiative de dire que la rencontre se termine mieux qu’elle n’a commencé ? Je ne sais plus. Il commente : « Normal, on est deux bêtes chacun dans notre genre, non ? Il faut que ça se renifle des bêtes comme ça… ». Je suis sidéré du registre : l’animalité, l’olfaction, l’odorat. Le degré zéro de l’humanité donc. Je le plains plus encore. Je conçois que Socrate le plongerait dans des abîmes dont il ne reviendrait pas… Du moins : dont l’homme politique ne reviendrait pas. Ou, disons le autrement : dont l’homme politique reviendrait, certes, mais en ayant laissé derrière lui sa défroque politique pour devenir enfin un homme.
Alors que ses cerbères le prennent presque par la manche, il manifeste le désir de continuer cette conversation, pour le plaisir du débat et de l’échange, afin d’aller plus loin. Tout de go, il me propose de l’accompagner, sans journalistes – il fait un mouvement de bras dans la direction des comparses de Philosophie magazine comme pour signifier leur congé dans un geste qui trahit ce qu’il pense probablement de toute la corporation… Je refuse. Une autre fois ? Les deux amis ont leurs deux paires d’yeux qui clignotent comme des loupiotes…Voyons donc pour plus tard… Dernier mot de Nicolas Sarkozy en forme de lapsus, il est mouvement vers la sortie : « Je suis quand même un drôle de type, non ? Je dois convaincre soixante-cinq millions de français, et je vous dis, là, que je voudrais continuer la conversation ! Hein ? Non ? Il n’y a pas autre chose à faire ? Quand même… ». Soixante-cinq millions c’est le nombre des français à convaincre d’amour, pas celui des électeurs à convaincre de voter…

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