Le nouveau chef d´état-major de l´armée de terre, Bruno Cuche, aimerait recruter plus d´officiers issus des "minorités visibles", noires ou maghrébines.
A quelques jours de la sortie du film Indigènes consacré aux soldats coloniaux, le général Cuche a confié, vendredi lors d´une rencontre avec la presse, qu´il jugeait "opportun que l´armée soit le plus proche possible" de l´image de la nation.
"J´y serai très attentif", a-t-il confié, sans toutefois se prononcer sur la "discrimination positive".
Cela ne précise pas leur grade.
Nommé à la tête de l´armée de terre le 16 juillet, Bruno Cuche avait auparavant commandé les écoles d´officiers de Saint-Cyr Coëtquidan.
"Je n´y ai pas vu ce qu´on appelle désormais les minorités visibles...", dit-il. Et pourtant "il y a une demande", puisqu´on trouve des jeunes issus de l´immigration, "en particulier des femmes", parmi les officiers sous contrat, un statut militaire plus précaire et moins prestigieux que celui des Saint-Cyriens.
Des officiers en plus...
Si l´armée peine à recruter des officiers d´origine immigrée, les militaires du rang engagés issus des "minorités visibles" , se bousculent au portillon.
La loi interdit toute mesure statistique sur l´origine ethnique des soldats, mais une simple visite dans un régiment le montre. "Ils sont très nombreux, au-dessus de la moyenne nationale", avance un officier.
La loi interdit toute mesure statistique sur l´origine ethnique des soldats
Je remercie ceux qui sont responsables de cette loi.
L´armée de Terre revendique sa tradition d´ «intégration», héritée de l´époque coloniale. «Nous avons conservé les traditions de l´armée d´Afrique», se félicite le général Cuche.
Ainsi, il existe toujours des régiments de spahis, de chasseurs ou d´artilleurs " d´Afrique".
Les tirailleurs portent même le croissant musulman sur leur béret. Une aumônerie musulmane a été créée au sein des armées en 2005.
Pourtant, tout n´est pas rose dans le kaki. En 2005, un rapport financé par le ministère de la Défense sur "les militaires français issus de l´immigration" soulignait "les questionnements insidieux et l´éventuelle suspicion qui pèsent sur leur intégration".
Une situation d´autant plus mal vécue, notait l´auteur, la sociologue Catherine Wihtol de Wenden que "les soldats issus de l´immigration se révèlent très attachés aux valeurs militaires". Leurs chefs semblent l´avoir compris.
Vivement une mutinerie.