Le deuxième post de Lekhan dans le topic sur le développement durable:
<< Sortir de l´économicisme
On peut discuter ces chiffres, mais ils sont malheureusement confirmés par un nombre considérable d´indices (qui ont d´ailleurs servi à les établir). Pour survivre ou durer, il est donc urgent d´organiser la décroissance. Quand on est à Rome et que l´on doit se rendre par le train à Turin, si on s´est embarqué par erreur dans la direction de Naples, il ne suffit pas de ralentir la locomotive, de freiner ou même de stopper, il faut descendre et prendre un autre train dans la direction opposée. Pour sauver la planète et assurer un futur acceptable à nos enfants, il ne faut pas seulement modérer les tendances actuelles, il faut carrément sortir du développement et de l´économicisme comme il faut sortir de l´agriculture productiviste qui en est partie intégrante pour en finir avec les vaches folles et les aberrations transgéniques.
La décroissance devrait être organisée non seulement pour préserver l´environnement mais aussi pour restaurer le minimum de justice sociale sans lequel la planète est condamnée à l´explosion. Survie sociale et survie biologique paraissent ainsi étroitement liées. Les limites du «capital» nature ne posent pas seulement un problème d´équité intergénérationnelle dans le partage des parts disponibles, mais un problème d´équité entre les membres actuellement vivants de l´humanité.
La décroissance ne signifie pas nécessairement un immobilisme conservateur. L´évolution et la croissance lente des sociétés anciennes s´intégraient dans une reproduction élargie bien tempérée, toujours adaptée aux contraintes naturelles. «C´est parce que la société vernaculaire a adapté son mode de vie à son environnement, conclut Edouard Goldsmith, qu´elle est durable, et parce que la société industrielle s´est au contraire efforcée d´adapter son environnement à son mode de vie qu´elle ne peut espérer survivre» (22). Aménager la décroissance signifie, en d´autres termes renoncer à l´imaginaire économique c´est-à-dire à la croyance que plus égale mieux. Le bien et le bonheur peuvent s´accomplir à moindres frais. La plupart des sagesses considèrent que le bonheur se réalise dans la satisfaction d´un nombre judicieusement limité de besoins. Redécouvrir la vraie richesse dans l´épanouissement de relations sociales conviviales dans un monde sain peut se réaliser avec sérénité dans la frugalité, la sobriété voire une certaine austérité dans la consommation matérielle. «Une personne heureuse, note Hervé Martin, ne consomme pas d´antidépresseurs, ne consulte pas de psychiatres, ne tente pas de se suicider, ne casse pas les vitrines des magasins, n´achète pas à longueur de journées des objets aussi coûteux qu´inutiles, bref, ne participe que très faiblement à l´activité économique de la société» (23). Une décroissance voulue et bien pensée n´impose aucune limitation dans la dépense des sentiments et la production d´une vie festive, voire dionysiaque.
On peut conclure avec Kate Soper : «Ceux qui plaident pour une consommation moins matérialiste sont souvent présentés comme des ascètes puritains qui cherchent à donner une orientation plus spirituelle aux besoins et aux plaisirs. Mais cette vision est à différents égards trompeuse. On pourrait dire que la consommation moderne ne s´intéresse pas suffisamment aux plaisirs de la chair, n´est pas assez concernée par l´expérience sensorielle, est trop obsédée par toute une série de produits qui filtrent les gratifications sensorielles et érotiques et nous en éloignent. Une bonne partie des biens qui sont considérés comme essentiels pour un niveau de vie élevé sont plus anesthésiants que favorables à l´expérience sensuelle, plus avares que généreux en matière de convivialité, de relations de bon voisinage, de vie non stressée, de silence, d´odeur et de beauté... Une consommation écologique n´impliquerait ni une réduction du niveau de vie, ni une conversion de masse vers l´extra-mondanité, mais bien plutôt une conception différente du niveau de vie lui-même» (24).
Serge Latouche
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Je suis partiellement d´accord sur la nocivité d´un développement. Mais il était bon de préciser qu´en effet le développement durable est une notion assez antithétique. néanmoins le développement est pour moi necessaire dans certains cas.Mais il doit venir d´une meilleur répartition des richesses et non pas d´une recherche d´un profit absolu. Il doit être réfléchit est interpérété selon les contextes. Un pays comme les USA n´as pas besoin de développement matériel ou financié au contraire de l´Ethiopie ou de l´Angola.
Donc je nuance, peut être, en disant que pour ma part je pense qu´un développement est utile dans une optique d´apport positif à une société. >>