Il y´a une mobilisation idéologique, qui a beau être plus faible qu´en temps de guerre, mais qui existe pour autant.
Ne dit on pas que "L´armée ça forge le caractère ?" . Les soldats sont agglutinés autours de mythes communs, de croyances communes, et de professions communes.
Les "croyances communes" sont élaborés par nombre de choses : relations familiales, ou parenté éloignée ce qui peut devenir un "clan"; des relations professionelles, des liens matrimoniaux, des fréquentation de lieux conviviaux (église, temple, cabaret etc...)
La caserne me semble faire partie de tout cela.
Si ce n´est pas valable pour tout le monde dans une catégorie sociale (il existe bien des profs d´extrème droite, après tout, alors que la majorité d´entre eux sont unis par des croyances et des idéaux de gauches; de même que certains cadres sont à gauche, alors que la majorité d´entre eux, se situe plutôt à droite....)
La mobilisation idéologique est latente, et n´attend en fait que le changement des représentations pour être active totalement. Il faut attendre une nouvelle grille d´interprétation de leur position sociale, de leurs problèmes et de leurs interets. Et ce changement permet la détermination d´un sens politique.
C´est en changeant leurs habitudes traditionelles que les immigrés Turcs en France (groupés dans des associations culturelles et religieuses) ont pris conscience de leur dimension politique de leurs actions collectives : réclamer le droit de vote, c´est découvrir un interet commun. L´imam de Clermont Ferrand disait "Pour que quelque chose change pour les musulmans, il faut changer les lois actuelles de l´Etat français"...
Pour ce faire, il suffit d´organiser et d´interpréter les mouvements...
Que l´on sorte de guerre ou pas, ces liens existent; et ne seront pas détruits par magie.