[Arthas-le-franc]
Avant les meurtres d´Anvers, un Gabonais était passé à tabac à Bruges. Il est sorti du coma. Ses amis dénoncent : "Aucune aide"
BRUXELLES La nuit du 6 au 7 mai 2006, un Français de 50 ans, d´origine gabonaise, Raphaël Mensah, était passé à tabac, à Bruges, par des skinheads, sans autre raison que la couleur de sa peau. Le mois suivant, un skinhead d´Anvers tuait deux personnes dont un petit enfant et en blessait grièvement une troisième.
Les deux faits ont subi un sort médiatique très différent, déplorent les amis de Raphaël Mensah.
S´ils se réjouissent de l´émotion unanime suscitée en Belgique et à l´étranger par les assassinats racistes d´Anvers, ils dénoncent l´oubli auquel Raphaël a eu droit.
Les six crânes rasés ne s´en sont pris à lui que parce qu´il était noir. Son portefeuille ne les intéressait pas, pas plus que son GSM. Depuis mai, sa vie n´a tenu qu´à un fil. Pendant deux mois, les médecins brugeois ont répété que rien n´était sauvé. Ce n´est que depuis peu que la victime est sortie du coma. Elle ne pouvait rester indéfiniment à Bruges.
Ce week-end, il a donc été décidé de la rapatrier en France. Il n´a pas été possible de prévoir une ambulance médicalisée. Ses proches s´étaient adressés à diverses autorités et ont frappé à toutes les portes.
Ils nous disent n´avoir obtenu aucune aide de personne. Ils sont particulièrement déçus de l´attitude de l´ambassadeur et du consulat de France à Bruxelles qui, disent-ils, n´ont été d´aucun secours. Ils mettent en cause la classe politique française dans son ensemble. "Nous avons demandé de l´aide aussi bien à droite - M Sarkozy - qu´à gauche - M Hollande : personne n´a répondu " .
L´activité cérébrale semble irrémédiablement atteinte. M. Mensah ne sera plus jamais comme avant. "On s´accroche à l´espoir de récupérer certaines facultés; mais ce sera dur. Il a perdu une partie de la vue. D´accord, il est sorti du coma. Mais sa tête, c´est fini. Il tient des propos incohérents. Il n´a aucun souvenir de l´agression. Il ignorait d´ailleurs qu´il avait été agressé à Bruges. Il pensait que cela s´était produit en France dans une banlieue".
Faute d´une ambulance, la victime de la ratonnade raciste du 6 mai a donc été rapatriée en voiture, ce week-end. Bruges-Paris, de l´ordre de 300 km. Une véritable expédition. Du bricolage "Nous n´avions aucun moyen de faire autrement. On s´arrêtait pour vérifier que tout allait aussi bien que possible, que la sonde urinaire par exemple ne s´était pas décrochée. Le consulat de France ne nous a apporté aucune aide médicale, aucun conseil juridique, aucune aide au niveau du transport. Pas même un encouragement moral : nous n´avons eu droit à rien. Raphaël n´est qu´un Gabonais, un pauvre Africain".
En Belgique, les amis remercient, du fond de leur coeur, les médecins et le personnel infirmier de l´hôpital de Bruges. Ils n´en disent pas autant de notre Justice : "l´établissement d´où provenaient les skinheads est rouvert, et au moins un suspect d´avoir frappé M. Mensah, de l´avoir plongé dans le coma et abîmé pour le restant de sa vie, a déjà été libéré" .
Amertume chez ces gens qui comparent l´émotion provoquée à Anvers, et parlent d´anti-racisme à deux vitesses.
http://www.dhnet.be/dhinfhinfos/article.phtml?id=152193
C´est vrai que c´est des noire et des arabes qu´ils l´ont tabassé... 