"Quel pouvoir exécutif ? Sans monopole de violence, sans politique, on ne peut pas parler de pouvoir et d´oligarchie. Qui posséderaient les sociétés de justice et de sécurité ? Leurs propriétaires peut-être ? Un peu de bon sens. Mais celles-ci n´auraient de "pouvoir" que sur leurs propriétés respectives et celles de leurs clients. "
Vous me faites bien marrer, cher Monsieur Judenstein.
Puisque jamais des sociétés de justice ou de sécurité n´ont été privatisées, on ne peut pas savoir quel argent il faudrait pour pouvoir en posséder et en gérer une.
Mais si jamais c´est à un prix exhorbitant, seuls les riches pourront les contrôler, et là ce sera ce que redoutait Brochard : une oligarchie non-officielle déguisée en anarchie.
Et puis franchement, ouvrez les yeux, vous imaginez mettre un juge au même rang qu´un brave type vendeur de bonbons ?? ? La justice vue comme une simple entreprise de plus au milieu d´un système économique ?
Sans compter que n´importe qui pourrait devenir acteur du système judiciaire sans aucun enseignement digne de ce nom (tant que le patron est d´accord) et juger à la va-vite un meurtre, par exemple ? En imposant sa loi qui sera peut-être injuste ? Et même si on peut refuser d´utiliser cette société injuste, qu´est-ce qui garantira qu´il y aura au moins une société parmi les autres ayant une bonne vision de la justice ? Et puis quel moyen de pression auront ces sociétés pour faire accepter ces jugements ? (houlala, il va falloir employer la coercition pour faire régner notre justice à nous tous seuls, c´est horrible!)
Si pour régler un litige, les personnes chacune de leur côté font appel à deux sociétés, laquelle aura le dernier mot ?
Et elles tourneront avec quel argent, ces entreprises de justice privées ? Celui des clients qui leur font appel, n´est-ce pas ? Dans ce cas, la société sera très tentée de faire pencher la balance en la faveur du plus riche, celui qui aura donné le plus d´argent ou qui aura promis d´en donner plus si le jugement tourne en sa faveur.
Oligarchie non proclamée, là aussi.