Escroquerie monstre à la sécurité sociale
Au rythme d´une visite quotidienne durant un an chez un médecin, un Sénégalais s´est fait prescrire des médicaments qu´il revendait dans la rue. Un manque à gagner pour l´assurance-maladie qui pourrait atteindre près de 300.000 euros
C´est après avoir dérobé des papiers d´identité que le sans domicile fixe est passé à l´attaque. Grâce à ce stratagème, il a d´abord réussi à bénéficier de manière frauduleuse du RMI et de la Couverture maladie universelle ( CMU) avant de prendre la direction, en toute impunité, de quelques 350 cabinets médicaux au cours de l´année dernière.
A chaque fois, l´usager toxicomane et indélicat se faisait prescrire du Subutex, un substitut à l´héroïne, ou un médicament détourné pour se blanchir la peau - très prisé par de jeunes africains -, qu´il revendait à bas prix, selon la police, dans la rue et auprès de proches. En l´état actuel des investigations, le préjudice global est estimé à 100.000 euros mais pourrait atteindre plus de 300.000 euros, selon les enquêteurs.
Vers un " renforcement des moyens de contrôle"
Pour la sécurité sociale, qui avait porté plainte, " il ne s´agit pas d´une première". On précise même que de telles escroqueries ont déjà été répertoriées et " de plus vaste ampleur", même si la facilité et " l´audace" du toxicomane apparaissent comme " déconcertantes". Déféré devant la justice, l´intéressé a été mis en examen sans que l´on sache s´il a été écroué.
Selon Philippe Hourcade-Candele, chargé du contentieux à la CPAM de Paris, il s´agit d´"un cas extrême de nomadisme médical". " En l´état actuel des choses, nous n´avons pas de contrôle automatique de la consommation des assurés, c´est à l´occasion de contrôles individuels que nous pouvons nous apercevoir de dérives et d´abus de droit", a-t-il expliqué sur Europe 1. Mais il a tout de même précisé qu´un " renforcement" des " moyens de contrôle" de la CPAM de Paris était en cours et qu´il " étudiait d´autres dossiers qui pourraient connaître les mêmes suites".