Une récente étude de l’INSEE vient confirmer toutes les analyses de la situation économique française. Elle est grave. Elle est très grave.
Nos entreprises n’investissent plus. Elles subissent depuis des décennies de multiples contraintes, dont les 35 heures ne sont qu’une des dernières.
La trésorerie de nos entreprises est en permanence vidée par les prélèvements que l’État leur fait subir. Quand une entreprise manque d’argent, elle doit équilibrer ses comptes. Elle réduit ses dépenses. Il est très difficile de réduire les salaires et il est impossible de réduire ses impôts. La réduction des investissements est donc une solution possible. Selon l’INSEE, les investissements ont stagné en 2001, ont chuté de -13% en 2002, de -6% en 2003 et stagnent à nouveau en 2004.
Pour investir, les entreprises ont besoin de capitaux. Elles n’en ont plus dans leurs fonds propres et n’arrivent pas à en trouver en dehors pour deux raisons. L’État vivant bien au-dessus de ses moyens s’endette de plus en plus. En 2004, il a emprunté 71 milliards d’euros. L’État aspire ainsi l’épargne disponible en France.
La deuxième raison est encore plus grave. Les investisseurs étrangers n’investissent plus en France, car les contraintes y sont trop pesantes.
Quand les entreprises n’investissent plus, leur productivité ne peut plus augmenter. Le salarié ne disposant pas d’un outil de travail plus performant, est incapable de produire plus. Il ne peut donc pas disposer d’un salaire supérieur. Une augmentation de salaire de 5% qui ne s’accompagne pas d’une augmentation de productivité de 5% débouche sur une inflation de 5%.
La stagnation des investissements depuis 2001 explique la stagnation des salaires pendant la même période. Elle explique aussi la régression de nos exportations. Les investissements n’ont pas régressé dans de nombreux autres pays. Les coûts de production y sont devenus inférieurs aux nôtres. Notre balance commerciale se creuse dangereusement.
Pour que nos entreprises se mettent à réinvestir, il faudrait que l’État cesse de les écraser de contraintes. Il leur permettrait ainsi de disposer à nouveau, avec leurs fonds propres, des liquidités nécessaires. Il cesserait en plus de chasser les investisseurs étrangers du sol national.
Mais, pour que nos entreprises investissent, il faut qu’elles espèrent avoir de nouveaux clients. Or la stagnation de l’économie fait grimper le chômage, donc réduit le nombre des clients potentiels.
Dominique de Villepin a hérité de cette situation dramatique fabriquée de toute pièce par tous ses prédécesseurs qui ne s’intéressent qu’à la consommation des ménages et pensent que les entreprises sont de bonnes vaches à lait qu’il suffit de traire chaque jour un peu plus.
Villepin annonce quelques réformes allant dans le bon sens en libérant les entreprises de certaines contraintes. Mais il annonce aussi de grands travaux réalisés par l’État. Leur bilan sur l’emploi est en général négatif. Les capitaux privés qui achèteront les sociétés gérant les autoroutes ne seront plus disponibles pour investir dans les entreprises privées.
Notre Premier ministre vient enfin d’annoncer une augmentation du SMIC de plus de 5%. La loi Aubry sur les 35 heures est responsable de cette importante augmentation. Mais une augmentation de 1% du SMIC est une catastrophe sur le plan économique. L’INSEE a calculé qu’elle donne 35 000 chômeurs supplémentaires, le MEDEF les estime à 40 000.
Quand la priorité des priorités annoncée est la lutte contre le chômage, on comprend mal une mesure qui va aboutir à
200 000 chômeurs supplémentaires, mettre encore plus en difficulté nos entreprises et éloigner de la France les capitaux étrangers cherchant à s’investir.
Villepin n’innove pas. Il n’est qu’un nouveau représentant du socialo-égalitarisme qui a plongé la France dans le chômage. Il ne nous sortira pas de l’ornière en créant 200 000 chômeurs supplémentaires. Les hommes politiques français ne lisent pas assez les publications de l’INSEE.
source: http://www.les4verites.com