" J´ai eu honte, honte quand j´ai entendu l´un apres l´autre, tous les pays -tous plus pauvres les uns que les autres- dire que, dans l´interet d´un accord, ils seraient prets a renoncer a une grande partie de leurs exigences financieres " , a declare tres tard dans la nuit de Vendredi a Samedi Jean-Claude Juncker, le Premier ministe luxembourgeois, president en exercice de l´Union Europeenne, en conclusion du conseil europeen. La reunion de Bruxelles reunissant les 25 chefs d´Etats et de gouvernements de l´Union a echouee: la Constitution est quasiment enteree, et les discussions budgetaires sont bloquees.
Trois semaines apres les non français et hollandais, un seul constat, l´Europe est en crise, plus personne ne veut de Constitution europeenne. Contrairement aux affirmations des partisans du " non" a l´orgine du vote contre la traite en France, point de plan B ni de possibilite de renegocier le projet ni meme d´un accord sur le budget europeen.
Et les responsables de l´echec ne sont pas ceux qu´on croit. Ceux la meme qu´on presentait en France une annee plus tot, comme les moutons noirs de l´Europe, interesses uniquement pas les subsides financieres, la Pologne, la Hongrie, La Slovaquie,... etaient prets a renoncer a leurs interets nationaux au benefice de l´interet general de l´Union. La cause de l´echec: l´intransigeance des pays riches:
De la Grande Bretagne, qui refuse de revenir sur le fameux cheque britannique,
De la France, votant non et soucieuse de ses agriculteurs, mais aussi de la Suede, de la Finlande, ou de l´Espagne, qui refusent de participer a l´effort de solidarite necessaire pour construire une Europe humaine et politique.
Survient alors une question: voulons nous inventer ensemble une nouvelle communaute politique, une communnaute d´Etats et de citoyens originale, l´Union europeenne et sommes nous alors capables de faire les efforts de partage necesssaires en termes de budget, de richesse et de souverainete pour y parvenir, ou preferons nous rester dans le schema national ? C´est a cette question que nous aurions du repondre le 29 Mai dernier. En d´autrs mots, voulons nous vivre ensemble ? Croyons nous a un interet general europeen qui integre les interets nationaux ? ou preferons nous vivre separes ?