"Le problème est donc le suivant : A partir de quel moment la situation est suffisamment dangereuse pour que l´entreprise doive licencier ?"
En fait, je dirais que le problème ne se pose pas comme ça. Le but assumé de l´entreprise est d´optimiser le profit, et elle le fait quoi qu´il arrive, en exploitant les resources qui lui sont fournies. A partir de là, on considère que l´entreprise licenciera systématiquement dès que ça lui est considéré comme favorable.
Le rôle de l´état, c´est de fixer un juste milieu entre la compétitivité de ses entreprises, et la protection de leurs employés.
Là, le problème des échanges internationaux entre en jeu, à cause des avantages absolus (législations différentes par exemple), qui devraient nous pousser à nous spécialiser plus, ce qui, évidemment, n´est pas toujours possible ou souhaitable.
A court-terme, la meilleure solution pour gagner en compétitivité, c´est la réduction des coûts, ce qui passe par les licenciements, autorisés par notre système, et la baisse des charges, prônées par la droite (a noter qu´une appréciation/révaluation du taux de change peut causer une baisse des coûts aussi). A long-terme, on peut très bien gagner en compétitivité en améliorant la qualité de nos produits, en investissant dans la recherche, et dans l´éducation ; la combinaison des deux politiques devrait être mise en oeuvre pour permettre aux industries françaises de s´étendre et donc d´accroître leur besoin de production.
D´autre part, il faut limiter les excès des entreprises en intervenant au cas par cas, donner les moyens aux chômeurs de trouver un nouveau travail, soit en leur offrant une formation, soit en leur permettant les déplacements qui leur sont nécessaires. Le problème qui se pose alors est alors, comment éviter que les caprices du marché ne requièrent une trop grande mobilité du capital humain ?
"Un autre problème rentre en compte, c´est la consommation. Pour résumer, si l´entreprise vire, elle baisse le pouvoir d´achat des futurs chômeurs qui consommeront moins et ralentiront la consommation nationale. Cercle vicieux, là, c´est l´entreprise qui fera moins de bénéfices puisqu´elle aura moins d´acheteurs ( il y a beaucoup de cas particuliers, par exemple les entreprises de produits de luxe qui ne perdent pas en licenciant puisque ses ex-salariés n´auraient pas acheté de produits luxueux, avec ou sans travail ) ."
Ca, je dirais que c´est un peu plus nuancé. Si le chômage est fort dans un pays, la peur du chômage est sans doute élevée puisqu´il est difficile de retrouver un travail après un licenciement, la peur d´être au chômage constitue un important facteur d´épargne. Dans un pays à faible chômage, l´effet d´un licenciement sur la consommation nationale sera de la modifier, mais sans doute pas de la faire baisser.