12.05.2005
Un haut responsable russe a pour la première fois admis jeudi que Moscou s´était engagée lors du sommet Poutine-Bush de Bratislava à ouvrir certains de ses sites nucléaires aux inspections américaines, une révélation qui a immédiatement provoqué des protestations dans le pays.
" Dans les sites où avec l´argent des Etats-Unis sont installés des moyens techniques de sécurité, nous sommes tenus par l´accord de laisser entrer au moins trois fois les inspecteurs américains", a déclaré le chef de l´Agence fédérale russe de l´Energie atomique, Alexandre Roumiantsev, dans une interview au quotidien Vremia Novosteï.
L´ouverture des sites nucléaires russes aux Américains est " une haute trahison, un crime" commis par les dirigeants russes, s´est insurgé le chef du parti communiste russe Guennadi Ziouganov.
L´accord sur les inspections américaines est inscrit dans une déclaration de coopération nucléaire signé en février lors du sommet Bush-Poutine de Bratislava. Mais le Kremlin a longtemps évité de l´admettre publiquement.
Un quotidien russe, Kommersant, avait à l´époque ressorti l´information, citant un document publié sur le site internet officiel du Kremlin. La Russie, disait même Kommersant, s´engageait à ouvrir aux Américains " d´ici la fin de l´année toutes les usines nucléaires russes, civiles et militaires".
Mais le document cité n´était pas ( ou n´était plus) quelques heures plus tard sur le site du Kremlin.
En réalité les Etats-Unis ont un accès assez large au nucléaire russe depuis plusieurs années, soulignent les experts militaires russes.
" Les Américains, qui ont commencé à financer les programmes de désarmement nucléaire russe au début des années 90, ont déjà pu visiter plusieurs sites nucléaires, notamment de la marine et de l´aviation", explique l´analyste militaire Ivan Safrantchouk.
" Mais les autorités n´ont jamais voulu le reconnaître devant l´opinion publique", souligne-t-il.
A Bratislava, les Russes ont " fait de nouvelles concessions aux Américains", en élargissant la liste des sites accessibles, relève M. Safrantchouk.
On peut remercier les américains de finançer le désarmement de la Russie, les installations civiles et militaires sont dans un etat si misérable que ça évitera sans doute un drame du type Tchernobyl. 