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Manifestations lycéennes : 32 casseurs placés en garde à vue
LE MONDE | 10.03.05 | 14h43
Quarante et une personnes ont été interpellées par la police lors de la manifestation lycéenne à Paris, mardi 8 mars. Selon le parquet de Paris, 32 d´entre elles ont été placées en garde à vue pour avoir commis des vols en réunion ou, moins fréquemment, pour jets d´objets sur les forces de l´ordre. En raison des violences, les organisateurs avaient préféré interrompre le défilé avant son terme. La police avait recensé 9 000 manifestants - 40 000 selon les organisateurs -, dont un millier environ identifiés comme casseurs.
Comme lors de la manifestation du 15 février, des bandes de jeunes, très mobiles, avaient agressé des manifestants pour leur voler portables ou sacs, évitant, cette fois, le contact avec les forces de l´ordre. Le 15 février, une trentaine de CRS avaient été légèrement blessés.
Les personnes interpellées sont, pour moitié, originaires de Seine-Saint-Denis, un quart des 17e, 18e et 19e arrondissements de Paris, le reste des autres départements limitrophes. De source policière, au moins les trois quarts des jeunes interpellés sont scolarisés et vingt-cinq d´entre eux sont mineurs.
" Beaucoup de jeunes d´origine africaine s´en sont pris à des lycéens " blancs". Il faut rester prudent mais il y a très probablement une dimension raciste à ces agressions", explique une source policière, constat partagé par les journalistes du Monde présents sur place. " On avait remarqué des phénomènes similaires lors des incidents qui avaient suivi les rencontres de l´Euro 2000 de football", signale le responsable policier, se référant à des troubles survenus après les retransmissions des matches.
Les forces de l´ordre ne sont intervenues qu´un nombre limité de fois au cœur du défilé alors même qu´elles avaient repéré les agressions en cours. " Les interventions sont difficiles lorsqu´il s´agit d´une manifestation de jeunes et que les casseurs, à peu près du même âge, se réfugient au milieu des manifestants", explique la préfecture de police.
Les forces de l´ordre avaient anticipé une aggravation des incidents. " Lorsqu´il y a une succession de manifestations, il y a souvent un effet d´entraînement", relève la police. Dans ce genre de situation, le blocage en amont des casseurs se révèle difficile, sauf s´ils transportent des objets susceptibles d´être utilisés comme des " armes par destination" ( tournevis, batte de base-ball...).
Luc Bronner
• ARTICLE PARU DANS L´EDITION DU 11.03.05