" je trouve pourtant que l´on é un des pays qui s´intéresse le plus à ses immigrés, non?"
-> Exact
Un petit exemple de ce qui se passe en Syrie:
Dans un document secret intitulé«Étude de la province de Jazira sur les aspects nationaux, sociaux et politiques» ( 1963), Hilal, le chef de la police politique de la région de Hasaka, proposait un «plan» d´arabisation en douze points:
- dispersion des Kurdes de Syrie;
- interdiction d´établissements d´enseignement en kurde;
- mise au chômage des Kurdes;
- extradition des Kurdes turcs vers la Syrie pour être emprisonnés;
- application du principe de «diviser pour régner» entre les Kurdes;
- instauration d´une «ceinture arabe» autour de la région;
- colonisation du territoire par des «Arabes purs et nationalistes»;
- proclamation d´une «ceinture militaire» pour surveiller le départ des Kurdes et l´arrivée des Arabes;
- établissement de «fermes collectives» ( mazari´ jama´iyya) pour les Arabe;
- suppression des droits civils pour tout ressortissant ignorant la langue arabe;
- abolition de l´autorité religieuse des mollahs kurdes et leur remplacement par des religieux «purs arabes»;
- interdiction des «assemblée kurdes», sauf pour des rassemblements religieux.
Par la suite, toutes les minorités non arabes firent l´objet de discrimination en raison de leur origine ethnique, ce qui inclut les groupes qui vivent sur le territoire depuis de nombreuses générations. Le gouvernement n´a jamais adopté de mesures législatives ou administratives d´envergure pour éliminer cette discrimination, qui s´est poursuivie. Pire, tous les villages et toutes les villes kurdes furent rebaptisés de noms arabes, tandis que la Constitution de 1973 ne reconnaîtra jamais ni la nationalité, ni la langue, ni la culture kurdes. Les terres des Kurdes furent distribuées à des Arabes provenant d´autres régions que le Kurdistan, ce qui entraîna une politique de minorisation démographique dans les territoires kurdes. Cette politique provoqua la déportation de plusieurs dizaines de milliers de Kurdes, en majorité de confession yézidi. Privés de leur nationalité et de papier officiels, les Kurdes syriens n´ont jamais pu, du moins légalement, ni se marier, ni aller à l´hôpital ou dans les écoles publiques.