Bonjour ! Je créée ce topic afin de poser une question assez simple: Classer les partis et personnes politiques comme étant de droite ou de gauche est-il aujourd'hui encore pertinent ?
Tout d'abord, sachez que je ne suis pas ce qui se fait de plus érudit en matière de politique.
Pour ma part, je crois que cette classification n'a plus grand intérêt et pour plusieurs raisons.
Historiquement, la division droite-gauche vient du fait qu'à l'assemblée, les partis socialistes et communistes, progressistes, étaient assis à gauche et les partis capitalistes, conservateurs, à droite.
La différence alors à l'époque entre socialistes et communistes étaient alors simplement de l'ordre de la manière d'agir: Ils revendiquaient peu ou proue les mêmes idéaux; les communistes pensant arriver à leur fin par la révolution, les socialistes par les institutions.
Seulement voilà, depuis les choses ont bien changé.
Premièrement, les mots ont changé. Alors que le socialisme de l'époque était clairement anti-libéral, il me semble qu'aujourd'hui représenté par le PS, il est devenu un courant plus social-démocrate que socialiste, et tout à fait pro-libéral et capitaliste. Très loin donc le socialisme historique... De ce fait, le PS ne pourrait-il pas être considéré aujourd'hui comme un parti étant à droite ?
Deuxièmement, à l'époque cette classification s'est faite dans un contexte où les états avaient leur propres politiques bien à eux. L'Union Européenne que l'on connaît maintenant n'était même pas à l'état d'embryon idéologique, et les états étaient "nationalistes". Du coup les notions de progressisme et de conservatisme n'intégraient pas les dimensions nationalistes ou européistes/mondialistes.
Si l'on considère le nationalisme comme étant de l'ordre du conservatisme, le Front National est-il alors de droite ?
D'autres partis comme le NPA ou le FDG qui critiquent vivement l'Europe seraient-ils donc eux aussi de droite ?
Mais ces partis, voulant amoindrir fortement le pouvoir du privé sur le public et qui souhaitent créer un état fort, ne seraient-ils donc finalement pas "de gauche" ?
Et le FN, qui compte en son sein des courants allant de l'anti-capitalisme à l'ultra-libéralisme, où se situe-t-il exactement en fin de compte ?
De même que EELV: Droite ou Gauche ?
Finalement le seul parti dont la ligne politique est classable dans une telle vision des choses me semble être l'ump: liberal, capitaliste et conservateur; il est clairement à droite.
En fin de compte je résumerais ce sujet en quelques brêves question:
La classification Droite/Gauche est-elle toujours pertinente, et si oui, qui est à gauche et qui est à droite ?
Nationalisme/Mondialisme: idées à droite ou à gauche ?
Quelle autre classification plus pertinente pourrait-on proposer sinon ?
Bien à vous, et merci d'avoir lu ![]()
La classification droite/gauche est pertinente. Mais il ne faut pas s'imaginer que les différentes idéologies sont figées dans l'un ou l'autre des deux camps.
Le nationalisme est passé de gauche à droite au fil de l'histoire par exemple. Alors que le libéralisme verse à gauche depuis 68.
Il faut classifier les idées et les projets en se basant sur une pensée dominante dans une société, à un moment donné. Puis essayer de déterminer ce qui est progressiste, ce qui est conservateur, ce qui est réactionnaire, et ce qui est révolutionnaire par rapport à cette même pensée dominante. Par exemple, Staline était d' extrême-droite dans l'échiquier politique de l'URSS lorsqu'il devient tout puissant car le nationalisme est réactionnaire dans l'idéologie communiste qui domine sous Lénine; Poutine est de centre-droit dans la Russie d'aujourd'hui alors qu'il serait clairement d'extrême-droite si l'on se basait sur les normes françaises qui ont rejeté le nationalisme dans les politiques réactionnaires... Quant à Jaurès, il était de gauche en 1914 et serait clairement d'extrême-gauche aujourd'hui.
Bref, il en faut pas voir cette classification politique comme absolue, mais comme relative à un contexte qui évolue sans cesse. Et là, elle devient tout à fait pertinente, inutile de tout réinventer.
Pour ceux qui veulent sortir du modèle "républicain" représentatif tel qu'il est depuis plus de deux siècles, cette dichotomie, forcément, est critiquée.
Oui, je ne trouve pas cette classification ultra-simpliste pertinente.
Surtout aujourd'hui que gauche et droite font à peu près la même chose, hormis quelques sujets de forme sans importance.
Ca dépend de l'échelle.
La classification gauche/droite garde du sens si on la découple sur deux plans : l'économie et le sociétal.
Sur le plan économique on a un centre libéral (au sens très large) et des extrémités étatistes. Comment alors savoir à quelle extrémité placer des partis aussi différents que le Front national et le Parti de gauche ?
C'est là que le plan sociétal entre en scène, mettant à gauche les "progressistes" et à droite les "conservateurs".
Ainsi le classement habituel a du sens, puisqu'on retrouve le PG à l'extrême gauche (étatiste sur le plan économique, progressiste sur le plan sociétal), le FN à l'extrême droite (étatiste sur le plan économique, conservateur sur le plan sociétal), le PS au centre gauche (libéral et progressiste), et l'UMP au centre droit (libéral et conservateur).
C'est assez grossier, mais efficace.
De plus, cela permet de comprendre facilement quels partis sont des alliés objectifs sur tel ou tel plan.
t l'UMP au centre droit (libéral et conservateur).
le PS au centre gauche (libéral et progressiste),
--> ![]()
Sans doute "social-libéral" conviendrait mieux à Baudrillart.
Nan mais faut pas faire attention à lui. Pour Baudrillart, le PS est communiste, tout comme l'UMP, l'UDI, Le Figaro et tout ce qui n'entre pas dans son schéma libéral et manichéen de la politique.
jyrem2 Voir le profil de jyrem2
Posté le 2 avril 2014 à 14:17:38 Avertir un administrateur
Sans doute "social-libéral" conviendrait mieux à Baudrillart.
--> Tant qu'on aura un exécutif qui détient tout les pouvoirs et que ce pouvoir dépassera les question de sécurité et qu'il continuera a piétiner les droit de l'Homme fondamentaux listé dans la constitution de 1789 aucune chance qu'il mérite l'appellation libéral.
viva_MUSE Voir le profil de viva_MUSE
Posté le 2 avril 2014 à 14:21:15 Avertir un administrateur
Nan mais faut pas faire attention à lui. Pour Baudrillart, le PS est communiste, tout comme l'UMP, l'UDI, Le Figaro et tout ce qui n'entre pas dans son schéma libéral et manichéen de la politique.
--> Non. Simplement de la rigueur intellectuelle.
Merci d'illustrer mes propos.
Ben on peut pas dire que le PS est libéral, mais on peut certainement pas les appeler des socialistes... On ne peut également pas parler de capitalisme d'état, peut-être alors d'interventionnisme économique ?
Mais je t'en prie. Ravis de t'éduquer. ![]()
On ne peut également pas parler de capitalisme d'état,
--> Ah bon?? Avec tout les groupes auxquels ils votent des privilèges, pour lesquels ils élisent carrément les patron voir plaçent des amis?? Ce qui d'ailler vaut également pour l'UMP.
" Ah bon?? Avec tout les groupes auxquels ils votent des privilèges, pour lesquels ils élisent carrément les patron voir plaçent des amis?? Ce qui d'ailler vaut également pour l'UMP."
Genre un mec de Total qui devient le chef du gouvernement tunisien ?
C’est rigolo de voir le PS étiqueté “libéral”, terme que ce parti refuse et qui de toute façon est faux. Quand on voit à quel point le PS se prosterne devant les corporatismes de la fonction publique et refuse toute réforme en profondeur du millefeuille territorial et administratif français, je ne vois pas comment on peut honnêtement lui donner cette appellation.
Sans parler du côté économique déjà abordé plus haut…
Grimrold
Tout simplement parce que le PS joue main dans la main avec le Medef et l'UMP depuis 30 ans, démantèle l'Etat et sa souveraineté au profit d'une oligarchie européenne non élue, applique la rigueur, l'austérité, le monétarisme, la concurrence... a envoyé ses cadres diriger des institutions ouvertement communistes telles que le FMI ou l'OMC, ne s'oppose par au traité transatlantique, offre aux entreprises un allègement de cotisations sociales de trente milliards d’euros (le fameux "pacte de responsabilité") sans même exiger quoi que ce soit en retour...
Le PS est de toutes les trahisons idéologiques, il n'a plus rien "de gauche", à part quelques mesurettes sociétales dérisoires.
Quelques citations pour étayer mes propos :
Le 18 juin 1985, le «journaliste» François Hollande écrit : « c’est l’insuffisance des investissements de capacité, plus que l’affaiblissement de la demande, qui [explique] le mieux le développement du chômage ». Dès lors, « qu’il soit nécessaire de transférer une part des charges de l’entreprise sur les ménages, afin de favoriser l’investissement », « qu’il faille plus de flexibilité […], nul ne le conteste sérieusement. »
Le 4 février 1986, le «journaliste» François Hollande approuve fermement la déréglementation financière lancée par le gouvernement socialiste. Désormais, explique Hollande, « le système français ne diffère plus du modèle américain ou britannique. […] La vague d’innovation financière qui a déferlé sur tous les pays exigeait une modernisation de nos marchés financiers ». Le 12 février, dans un autre article, la nouvelle réglementation est qualifiée de « progrès incontestable », fondé sur « la responsabilité des agents économiques et le rôle du marché. »
Je suis « partagé entre deux ambitions, celle de la construction de l’Europe et celle de la justice sociale. »
- François Mitterand, Cité par Jacques Attali, Verbatim 1, Fayard, Paris, 1993, p. 399
Juste avant les élections législatives de mars 1993, le ministre français de l'Industrie et du Commerce extérieur, Dominique Strauss-Kahn, est interrogé par le Wall Street Journal sur « ce qui va changer si la droite l'emporte ». Sa réponse :
« Rien. Leur politique économique ne sera pas très différente de la nôtre »
- Dominique Strauss-Kahn, The Wall Street Journal Europe, 18 mars 1993
« C’est François Mitterrand — avec Pierre Bérégovoy — qui a déréglementé l’économie française et l’a largement ouverte à toutes les formes de concurrence. C’est Jacques Delors qui a été, à Paris comme à Bruxelles, l’un des bâtisseurs de l’Europe monétaire avec les évolutions politiques qu’elle impliquait sur le plan des politiques macroéconomiques. C’est Lionel Jospin qui a engagé les regroupements industriels les plus innovants, quitte à ouvrir le capital d’entreprises publiques. Ce qui lui fut reproché. Cessons donc de revêtir des oripeaux idéologiques qui ne trompent personne. »
- François Hollande, Devoirs de vérité, Stock, Paris, 2006, p. 192
etc...
J'en ai des tonnes.
A part l’acceptation de la concurrence – bien qu’encore très timide en France – vous ne citez rien de libéral. L’UMP et le PS copains avec le Medef ? Traduction : capitalisme d’état et oligarchie assumée avec les grands patrons. Pacte de responsabilité ? Un autre cadeau aux grandes entreprises déjà outrageusement avantagées par rapport aux PME et TPE. Pour le reste, que le PS soit de gauche ou de droite, ce vieux logiciel du découpage bipartiste ne marche plus. Ça ne veut plus rien dire du tout tant le PS et l’UMP se ressemblent et se confondent dans leurs conservatismes, même s’ils s’évertuent à les hiérarchiser un peu différemment.
out simplement parce que le PS joue main dans la main avec le Medef
--> MEDEF liberal...
Au passage, les citations ne sont pas des faits!
viva_MUSE Voir le profil de viva_MUSE
Posté le 2 avril 2014 à 14:21:15 Avertir un administrateur
Nan mais faut pas faire attention à lui. Pour Baudrillart, le PS est communiste, tout comme l'UMP, l'UDI, Le Figaro et tout ce qui n'entre pas dans son schéma libéral et manichéen de la politique.
On pourrait dire exactement la même chose pour toi pour qui tout ce qui se situe à la droite du Front de gauche est libéral. Si tu faisais preuve d'un peu plus de rigueur intellectuelle, tu qualifierais à la limite le PS de social-démocrate (bien qu'il se situe bien à gauche de la sociale-démocrate scandinave ou allemande), mais certainement pas de libéral.
Quant à l'UMP elle est conservatrice mais pas non plus libérale, d'ailleurs Sarko et Copé (ne parlons même pas de Fillon et du reste) ne se sont jamais revendiqués comme libéraux et ont même critiqué le libéralisme et ses prétendues dérives. Le seul qui a été libérale dans la classe politique française, c'est Madelin, et Démocrate libérale a été le seul mouvement à avoir jamais embrassé les valeurs du libéralisme.