19:01 17.11.2004
Le président russe Vladimir Poutine a annoncé mercredi que son pays allait bientôt se munir de nouveaux systèmes d´armes nucléaires, révélant du même coup que, à l´heure du terrorisme et des conflits régionaux, la doctrine de dissuasion nucléaire n´était pas complètement abandonnée.
Ces armes " n´existent pas et n´existeront pas dans les prochaines années chez les autres puissances nucléaires", a déclaré M. Poutine, lors d´une grande réunion des cadres dirigeants des forces armées russes.
Il s´agit, selon l´agence Itar-Tass, de nouveaux missiles mobiles Topol-M, dont les derniers essais sont prévus fin décembre, et dont la production est inscrite aux prévisions des commandes d´Etat pour 2005.
Ainsi, ces engins de 10.000 km de portée pourraient être livrés à l´armée en 2006. Selon des experts cités par Itar-Tass, leur vitesse et leur manoeuvrabilité leur permettent de franchir un bouclier anti-missiles. Ils pourraient rester opérationnels jusqu´en 2040.
Dans son discours, le chef de l´Etat a cherché à expliquer pourquoi la Russie avait besoin de tels missiles, alors que, avec la fin de la guerre froide, le principal danger émergeant, qu´il cite fréquemment, est le " terrorisme international".
Le terrorisme, est, certes, un des principaux défis actuels, a souligné M. Poutine, mais " nous comprenons qu´il suffit d´affaiblir notre attention dans ces composantes de notre défense qui forment notre bouclier de missiles nucléaires pour que nous nous trouvions confrontés à d´autres menaces".
Le discours du chef de l´Etat a été accueilli avec scepticisme par des analystes qui y ont vu une tentative de compenser les insuffisances de la Russie.
Pour Alexandre Golts, un expert militaire indépendant respecté, la Russie " mise toujours sur la doctrine de la dissuasion nucléaire comme dans les années 90, ce qui met en évidence la faiblesse de ses forces conventionnelles" et une " mentalité ancienne et dépassée".
" La dissuasion nucléaire suppose la présence d´un ennemi global, les Etats-Unis et l´Occident. Or, il est clair que la Russie n´a pas l´intention de les frapper ni l´un ni l´autre", souligne M. Golts.
Evoquer de nouveaux systèmes d´armes, estime-t-il, montre que Moscou " n´est pas capable de réformer son armée, ce qui serait la meilleure solution".
Evgueni Volk, de la Fondation Heritage, juge que le président Poutine " est toujours sous l´emprise d´idées dépassées sur un monde bi-polaire".
Ca rejoint ce qu´on déjà dit certains sur ce topic : l´armée Russe est en déroute depuis la fin de l´URSS et essaye de sauver les pôts cassés.